Mental et Vie intérieure

3 règles d’or pour déjouer la manipulation des autres


partages
  • Par Andry R. (Renzo)
  • Le
  • 15 comm.
  • 20 partages
  • vu 45 432 fois

Le désir d’être aimé est un de nos besoins de base.
En effet, s’il existe une force qui puisse autant affecter le comportement humain, c’est sûrement le besoin de se sentir aimé. Et la raison est simple : nous sommes des êtres interdépendants, et nous avons besoin des autres pour survivre. Tout d’abord, de toute personne qui nous dit qu’elle nous aime (les parents, les enfants, les amis, les collègues etc.), des personnes qui nous admirent, qui nous font des éloges, ou d’une chose toute simple comme le fait de recevoir une augmentation. Dans ce sens, le besoin d’amour est un des besoins de base que nous avons adopté pour notre survie. Pensez-y un instant: le simple fait de plaire aux autres peut assurer votre survie.

Mais curieusement, c’est aussi un très grand point faible qui nous rend vulnérable aux tentatives de manipulation.

Il existe 3 grandes méthodes de manipulation

Technique n°1 : Menacer de retirer l’amour

Un grand classique. La meilleure combinaison d’ »outils » pour vous manipuler à la manière de la « carotte au bout du bâton », c’est de vous menacer de retirer l’amour, l’argent, la popularité, ou l’affection que vous procure une personne, lorsque vous n’accomplissez pas ce qu’elle attend de vous. Dans le même ordre d’idées, cette personne peut vous les faire miroiter pour que vous accomplissiez ce qu’elle demande.

Vous pouvez vérifier dans votre vie personnelle ou professionnelle que cette méthode est la plus fréquente. Voici quelques exemples très concrets, tirés de la vie réelle:

  • Vous restez tard au bureau, au détriment de votre vie perso, parce que vous craignez de ne  pas être augmenté
  • Dans vos relations, il y a souvent (quoique subtilement) la menace de perdre de l’affection et l’admiration de l’autre.
  • Ce levier est également utilisé par certains parents pour éduquer leurs enfants, en mentionnant verbalement le retrait de l’amour. Ce qui malheureusement peut provoquer des conséquences dramatiques pour l’enfant
  • Enfin, voici un exemple marketing qui a été utilisé maintes et maintes fois: on installe la peur de perdre quelque chose, et la seule prévention recommandée, c’est d’acheter le produit (la solution à la perte imminente). Pour ne citer que les compagnies d’assurance qui se font des milliards d’euros grâce à cette méthode.

Technique n°2 : Installer la culpabilité

Installer la culpabilité permet également aux autres d’avoir un certain contrôle sur vous. Mais qu’est ce que la culpabilité ?

La culpabilité est une émotion négative que vous pensez ressentir lorsque vous avez violé une règle commune convenue. Maintenant, il s’agit de prendre le temps de vous demander si vous avez consciemment accepté cette règle, et si cette règle est vraiment valide et utile pour chaque parti. Dans la majorité des cas, ces règles sont définies par un seul des deux partis, et servent uniquement ses intérêts. Jamais les vôtres.

Technique n°3 : Rajouter de l’urgence et de l’importance

Cette technique, vous la connaissez forcément si vous êtes dans le monde du travail : c’est l’arme de manipulation massive préférée des managers peu scrupuleux.

Elle consiste à rendre la chose urgente et importante. Si vous vous intéressez un petit peu à la gestion du temps, vous savez sûrement que la classification des tâches selon l’urgence et/ou l’importance est un concept clé.

Mais voyons les choses en face : qui décide de l’importance ou de l’urgence des tâches ? La plupart du temps, ce sont les autres qui essayent de décider de ces deux facteurs, en fonction du levier qu’ils peuvent avoir sur vous (grâce notamment aux menaces de retraits).

Rappelez-vous que l’urgence et l’importance ne sont pas vraiment vitales pour dicter ce que vous devez faire.

Pourquoi ?

Parce que vous demeurez esclave du cercle vicieux : « toujours plaire aux autres » !

Les 3 étapes pour contrer ces manipulations

Première étape : Détachez-vous émotionnellement de la menace du retrait de l’amour

« L’amour vient sans aucune condition. Tout le reste n’est que business. »

Une chose doit être claire et limpide dans votre esprit : l’amour ne demande jamais que vous fassiez quelque chose pour que vous l’ayez. Si quelqu’un vous aime vraiment, cet amour doit être donné sans conditions.

Demandez-vous juste pourquoi un parent n’attend rien à son enfant pour qu’il l’aime ? A partir du moment où il existe une condition, ce n’est plus de l’amour, ça s’appelle un contrat. C’est un contrat d’affaire, où une personne attend que vous fassiez quelque chose et promet de vous donner quelque chose en retour.

Attention toutefois à ne pas mélanger ce type de deal avec l’amour. Si vous prenez ce deal tel qu’il est, et que vous ne le preniez pas pour de l’amour, alors vous pouvez sauter les yeux fermés si vous avez quelque chose à en tirer.

Et oui, c’est un deal. Nous parlons de négociation, et dans ce cas, nous pouvons parler de « prix » pour prendre une décision.

Deuxième étape : Aimez-vous « sans conditions »

C’est sûrement l’étape la plus cruciale, mais aussi la plus difficile. Même s’il est important d’avoir des sources inconditionnelles d’amour comme vos parents, votre partenaire, ou vos enfants, votre plus précieuse source d’amour sera toujours : Vous-même. Vous devez vous accepter tel que vous êtes, et ne pas inclure de conditions.

Si vous arrivez à dire honnêtement : « Je m’aime »… et ne pas ajouter « Parce que » ou « lorsque », alors vous avez une base solide, et ne devriez pas vous sentir menacé par un quelconque jeu de manipulation.

Chaque fois que vous vous regardez dans le miroir, dites-vous que vous vous aimez. Ressentez cette affirmation. Une petite précision : cela n’a rien à voir avec le narcissisme, mais plutôt à un respect et un amour de soi sains.

Disons que cet amour de soi est la base de toute forme de pouvoir personnel. Alors « Just do it ».

Troisième étape : Décidez !

Vient alors l’étape où vous êtes libre de prendre une décision consciente.

Posez-vous ces 3 questions :

  • Quel est le vrai prix à payer si j’accomplis ou pas la chose ?
  • Suis-je prêt à accepter ce genre de deal ?
  • De quelles options je dispose ?

Prenez ensuite votre décision, et restez fidèle à votre décision et à ses conséquences.

Rentrons plus en détails dans ces 3 questions.

Question numéro 1 : Quel est le vrai prix à payer si j’accomplis ou pas la chose ?

Peu importe la décision qui se présente en face de vous, il y aura toujours un prix à payer – que vous le faites ou pas.

  • Partir tôt du travail pour passer plus de temps avec votre famille pourrait vous priver d’une possible augmentation
  • Rester tard au travail par contre, peut engendrer des conflits familiaux, que ce soit avec votre conjoint ou vos enfants

Vous vous dites sûrement qu’aucune voie n’est vraiment meilleure qu’une autre. C’est souvent le cas au premier abord. En vérité, le tout c’est de s’assurer que vous avez le contrôle de votre temps, et que vous êtes le seul à décider sur quelle chose vous concentrer.

  • Peut-être allez-vous voir votre patron pour lui dire que vous avez besoin de passer plus de temps avec votre famille, et que vous allez restructurer votre travail pour pouvoir accomplir plus en moins de temps
  • Vous pouvez également passer de merveilleux instants avec votre famille, tout en expliquant que vous devez passer un certain temps au travail. Si vous le communiquez avec sincérité et honnêteté, ils comprendront

Question numéro 2 : Suis-je prêt à accepter ce genre de deal ?

Maintenant, disons que quelqu’un veuille négocier un deal avec vous (même s’il ne veut pas que vous voyez la chose de cette manière, puisque cela leur enlève beaucoup de pouvoir). Vous devez découvrir si oui ou non, vous désirez poursuivre le deal.

A ce stade, vous savez le prix à payer pour le deal, et à cet instant, vous devez découvrir si le deal est acceptable pour vous. Si ce n’est pas le cas, vous devez le dire à la personne, et assumer les conséquences de votre choix.

Question numéro 3 : De quelles options je dispose, et quels sont les prix à payer ?

Assurez-vous toujours de connaitre toutes les options possibles (pas uniquement celles présentées par l’autre personne !). Et évidemment, ne pas accepter le deal est une option. Mais quelquefois, il peut exister une alternative qui peut convenir aux deux partis.

Si vous vous détachez émotionnellement de la menace du retrait de l’amour, vous pouvez penser plus clairement et d’une manière plus créative !

Prenez une décision, et restez-en fidèle

Une fois que vous avez évalué toutes les options que vous avez en main, vous êtes libre de décider de la voie à suivre. Sachez que vous allez prendre une décision dans tous les cas (le fait de ne pas en prendre constitue déjà une décision en elle-même, et possède ses propres prix à payer). Mais si vous arrivez à vous détacher de toute forme de menace (surtout du retrait de l’amour), vous avez plus de chance de prendre la meilleure décision.

Par Andry R. (Renzo)

Auteur de nombreux ouvrages sur la croissance personnelle, Andry R. (Renzo) a suivi une formation scientifique avant de devenir freelance. Retrouvez son blog sur l'amélioration de soi à l’adresse: http://www.boosteurdevie.com. Renzo y a écrit des articles fondamentaux qui ont connu de grands succès, comme "Votre vie cessera d'être médiocre lorsque vous cesserez de l'être", Vous aimer, l'une des clés maîtresses de votre vie", ou encore "Comment se libérer de ses craintes pour toujours." Article publié par l'éditeur de FTS. Les propos de l'auteur n'engagent que lui, et ne reflètent pas nécessairement l'opinion des responsables du site.

Vous avez aimé cet article ?

Nous essayons de publier des articles de ce genre chaque semaine.

ou cliquez ici pour recevoir nos prochains articles par mail

Ne loupez pas non plus
  • FK

    Merci Renzo pour cet excellent article.
    Très intéressant de savoir reconnaître les gens qui essaient de vous manipuler : ils sont d’autant plus difficiles à voir qu’ils sont souvent proches de nous, et on manque de lucidité dans ces cas là.

    Maintenant que tu as fourni quelques pistes sur la façon de les repérer et de s’en protéger, il pourrait être intéressant de se demander COMMENT réagir et refuser ce que ces personnes veulent obtenir de nous – sans provoquer d’esclandre ou pourrir la relation; comment assainir la relation en évacuant toute tendance à la manipulation, sans créer de tensions ?

    Parce que pas évident de tenir tête au manager qui veut te faire faire le sale boulot le vendredi à 17h, ou la personne de ta famille qui te fait du chantage affectif.

  • Sylvain

    On demande de répondre sans dire des gros mots.

    C’est difficile parce que c’est putain de bien foutu.

  • Tisi

    C’est fou, ma copine a eu droit à la totale de la part d’une branche pourrie de sa famille hier soir, article incroyablement précis.

  • Aina

    Là je suis très fière de moi : je crois que l’auteur de cet article est un malgache comme moi. Chapeau

  • Aina

    Ah! je me souviens de l’auteur , c’est un docteur en psychologie. Il a fait un show sur la psychologie appliquée récemment : Le secret du Subconscient

  • FK

    Salut Aina, je peux me tromper, mais je pense que tu dois confondre, je ne crois pas que Renzo soit docteur en psychologie… ou alors il ne me l’a pas dit :)

  • http://www.boosteurdevie.com Renzo

    FK> Comment réagir sans créer de tension? Tout d’abord, le message que j’essaye de véhiculer dans l’article, c’est qu’il faut arriver à s’aimer assez pour assumer ses choix. Maintenant, pour arrondir les angles, c’est qu’on passe en mode « deal », et c’est une autre histoire. Je crois qu’il y aura toujours une tension si l’on agit selon nos convictions et nos valeurs.
    Si je prends l’exemple de la manipulation au niveau d’un couple, la personne essaye généralement de montrer qu’elle est soit blessée, soit protectrice, soit aimante. Ce qui est factice. C’est une tactique pour cacher son vrai jeu de manipulation. Il faut donc arriver à percer à travers ces émotions.
    Pour un contexte professionnel, je crois que c’est beaucoup plus direct: évaluer le prix à payer si l’on ne cède pas.
    Aina> Tu me confonds avec une autre personne :/

  • FK

    Si je prends l’exemple de la manipulation au niveau d’un couple, la personne essaye généralement de montrer qu’elle est soit blessée, soit protectrice, soit aimante. Ce qui est factice. C’est une tactique pour cacher son vrai jeu de manipulation. Il faut donc arriver à percer à travers ces émotions.

    Renzo, quand tu dis que dans un couple, un conjoint joue sur l’affectif pour faire son chantage, je pense que ce n’est pas forcément factice : certains (certaines aussi !) fonctionnent comme ça. C’est leur personnalité qui les rend manipulateurs, ils ne s’en rendent pas compte. Ce qui, évidemment, ne constitue pas une excuse, mais ce n’est pas forcément quelque chose qu’ils font consciemment. Il faut quand même fuir la compagnie de ces personnes, qui vous feront énormément de mal sur le long terme.

  • http://www.boosteurdevie.com Renzo

    Tout à fait d’accord sur ton point: les gens ne font pas forcément exprès lorsqu’ils jouent sur l’affectif. C’est presque un « réflexe » chez certaines personnes :/

  • JaCk

    Superbe article !! Et une discussion très intéressante entre vous deux, FK et Renzo, merci à vous !

  • Steven

    Bonjour,

    Article intéressant, bien qu’il soit un peu trop général. On ne réagit pas de la même manière selon que le manipulateur en question est un membre de sa famille, un collègue, un employeur,…

    J’aimerais parler plus spécifiquement de ma situation: J’étais en stage. Mon maître de stage n’avait de cesse de me faire des reproches sur tout (sur la qualité du travail, mais pas seulement, j’avais des remarques du style: « si vous saviez ce que vos collègues pensent de vous »; j’étais tour à tour nul, incompétent, associable, c**, je manquais d’imagination, de rigueur, j’étais irresponsable, je manquais d’humilité, je jetais l’argent de l’entreprise par la fenêtre,…). En six mois de stage, je n’ai jamais eu une seule remarque positive.

    J’ai également reçu des menaces, quant à la poursuite de ma carrière professionnelle (grosso modo, il allait faire savoir à tout le monde dans le milieu professionnel à quel point j’étais mauvais).

    Naïvement, j’ai tout accepté de cette personne. Je me demande si je n’aurais pas du plutôt m’imposer, même si il s’agit de mon supérieur hiérarchique.

    Je ne nie pas que certains reproches peuvent être fondés (je ne suis pas parfait et j’en ai conscience).

    Que pensez-vous de cette situation? Est-ce un manipulateur? Un pervers? A-t-il raison?

    Sachant également que ce n’était pas mon premier stage, mais que je n’avais jamais été confronté à ce genre de situation auparavant.

  • FK

    Facile à dire, mais il aurait peut être été intéressant d’enregistrer ses remarques par dictaphone, et de les transmettre à la direction des ressources humaines, avant de demander des prises de dispositions. Ou de transmettre à la presse locale, si l’entreprise est d’envergure (sous anonymat). Et bien sûr, de quitter l’entreprise.

    L’individu en question était sans doute un manipulateur pervers narcissique, se réjouissant de l’emprise et du climat de terreur qu’il impose aux autres. Il n’y a rien à faire contre ces gens là, si ce n’est les signaler à leur hiérarchie, qui prendra les mesures qui s’imposent si elle est sérieuse. Et les fuire, car on ne gagne rien dans la confrontation contre ces gens là : ils adorent la confrontation et le chaos que ça provoque.

  • nora

    Super article!
    Merci beaucoup Renzo!

  • Chuiche

    Petite remarque à propos du commentaire de FK :
    ATTENTION AUX LOIS.
    Je ne sais pas ce qu’il en est en France mais en Suisse il est interdit d’enregistrer une conversation privée sans en informer les différentes parties. Une victime avérée de mobbing en a fait l’amère expérience. Non seulement la preuve est irrecevable au tribunal mais peux vous valoir des démélés avec la justice…

  • http://www.frenchtouchseduction.com/ FK

    Je ne sais pas si ce genre de preuve est recevable dans tous les cas en France : j’imagine que ça dépend beaucoup du contexte et des situations.

Toutes nos rubriques : cliquez pour naviguer et voir nos articles