Sexe : comment faire l'amour

Les filles bi (pour les nuls)

  • Par Dywann
  • Le
  • 9 comm.
Pourquoi les filles bi font-elles autant fantasmer les mecs, et comment mieux gérer le truc si vous en rencontrez

Pour certains hommes aujourd’hui, une femme libérée est une femme bisexuelle. Forcément, elle incarne la nana capable de réaliser un de leur fantasme numéro 1 : un plan à trois.

Le problème c’est que, même si la nouvelle mode c’est de dire que « toutes les filles sont bi », ce n’est pas toujours la réalité…

Avant toutes choses, dans cet article, je mets de côté les “party girls” parisiennes, que je connais bien, pour finalement parler des messieurs et mesdames tout-le-monde et de leur perception de la bisexualité.

Aujourd’hui, quand une femme rencontre un homme, il semblerait qu’une des questions qui lui est posée (et qu’elle redoute le plus) est « Est-ce que tu aimes les filles ? » C’est en tout cas le constat que font de nombreuses femmes.

Selon ces hommes, si tu n’es pas bi, tu es considérée comme coincée ou ringarde.

Ils te font croire que si tu n’es pas bisexuelle, tu n’es pas normale.

La pornographie peut bien sûr être désignée comme la première fautive puisqu’il semble devenu obligatoire dans les films qu’un rapport sexuel se fait au moins à 3 (et pourquoi pas à plus, puisque plus on est de fous, plus on rit).

Mais elle n’est pas la seule à incriminer, des stars telles que Angelina Jolie, Lily Allen ou Lindsay Lohan revendiquent haut et fort leur bisexualité et en font quelque chose de normal.

Ce qui plaît dans l’idée de la bisexualité, c’est le côté orgiaque de la chose, le caractère universel, “partagé” : tout le monde couche avec tout le monde, toutes les frontières sont effacées.

Là où le bât blesse, c’est qu’il est plus facile pour une femme à l’aise dans sa sexualité de s’imaginer en train de faire un cunni dans l’emportement érotique que pour un homme de s’imaginer en train de se faire prendre l’arrière-train par son pote.

Pourtant, selon la psychologue-psychothérapeute Christine Angoujard:

« La vraie bisexualité a à voir avec le déni de la castration. Celui-ci consiste à admettre que nous ne sommes que l’un ou l’autre sexe et à faire le deuil d’une androgynie anté-œdipienne. Or, la castration – vous en conviendrez – ne résonne pas de la même manière suivant qu’on l’a ou pas (je parle du phallus, pas du pénis). D’où le cheminement différent suivant que l’on naît fille ou garçon. »

Ceci dit, pour celles qui ont déjà questionné les hommes sur leur bisexualité, ils nient pour la plupart farouchement sans pour autant reconnaître qu’une nana puisse être aussi farouchement hétéro qu’eux.

Alors pourquoi ? Une fille qui décide d’aller et venir d’un bord à l’autre ne remet pas fondamentalement en question les rapports de force et ne provoque pas de grand chamboulement dans le regard des autres.

À la limite, aujourd’hui, c’est surtout gratifiant. Cela tient notamment au fait que la plupart des gens considèrent qu’une relation sexuelle entre deux femmes n’en est pas vraiment une : c’est atterrant. A plus forte raison quand les femmes en question ont aussi le goût des hommes.

À l’inverse, un type qui couche avec un autre est automatiquement perçu comme un homosexuel passif, quand bien même il aurait le palmarès de Rocco Siffredi auprès de la gent féminine.

C’est ainsi, et c’est navrant, mais tout cela est sous-tendu par une vision profondément archaïque et sexiste de la domination, et donc, finalement, des rapports de force.

Je vais évoquer mon cas : je suis bi. Ma première expérience sexuelle ça a été avec une fille quand j’avais 11 ans (une vraie expérience, pas seulement de la curiosité) et depuis, j’en ai toujours eu régulièrement.

Quand j’ai envie d’une fille, j’ai pas envie d’un garçon. Je ne suis donc pas une grande adepte des threesome même s’il m’est arrivé d’en faire.

Un rapport saphique c’est vraiment quelque chose à part. C’est une façon de prodiguer les caresses, une sensualité et une ambiance que même le meilleur des amants ne peut apporter.

La règle que l’on entend souvent c’est “seule une fille sait ce que veut une fille” et, même si ce n’est pas totalement vrai (dans un rapport hétéro, un peu d’écoute suffit souvent), une fille va tout de suite aller à l’essentiel et beaucoup moins tâtonner qu’un homme.

Elle gère aussi beaucoup mieux le grand et mystérieux orgasme féminin : elle saura le retarder, le faire venir au bon moment et laisser aussi sa partenaire en profiter.

Ensuite, il y a bien entendu les nanas pour qui la bisexualité est quelque chose d’essentiellement réservé aux rapports échangistes/libertins.

Dans le cadre de ces rapports, il vient un moment où personne ne sait (ne veut) savoir d’où viennent les caresses.

Le fait que les hommes aient souvent besoin de pause entre deux rapports favorisent les caresses et les échanges entre les femmes qui souvent restent excitées.

D’autant que la plupart des hommes fantasment à l’idée de voir leur partenaire avec une autre femme, alors autant lier l’utile à l’agréable en lui donnant le plaisir de pouvoir profiter de la scène.

Ce qui plaît finalement aux femmes dans ce type de rapport bisexuel c’est autant le contact charnel d’une autre femme que le fait d’exciter son partenaire.

Pour conclure, la bisexualité est finalement une chose qui demande de la discussion dans un couple et que chacun aborde à sa façon.

Ce n’est pas l’expression d’une ouverture sexuelle particulière et ce n’est pas obligatoire pour prouver que l’on est libéré. C’est une chose que l’on découvre et qu’il convient de respecter, en dehors du fantasme et de la mode.

Être libéré pour un homme comme pour une femme n’est pas synonyme de bisexualité, c’est avant tout une question de perception de soi et d’être à l’aise dans son corps et avec sa sexualité.


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