Ce qui m'ennuie c'est cette contradiction. Tu te poses en sélectionneur / présélectionné, alors pourquoi aller courrir après une fille dans la rue ? Tu ne trouves pas que ça ne tient pas debout ?
La façon de formuler la question est révélatrice et je t’invite à te demander pourquoi tu compares ta situation à celle d’une star de cinéma.
Commençons par définir les termes : Qu’est-ce-qu’un sélectionneur ?
Si tu entends par là un mec sûr de lui qui a le luxe du choix dans sa vie amoureuse alors je suis d’accord .
Allons plus loin, tu parles de présélection ; s’agit-il toujours de cet homme dont la vie amoureuse et sexuelle est riche, variée et épanouissante car il plaît aux femmes qui lui plaisent ?
Il a dans son entourage des femmes, avec qui il couche ou pas, qui apprécient et recherchent sa compagnie. Si on est d’accord sur la définition, je te propose de continuer dans cette réflexion.
Comment a-t-il rencontré les femmes de sa vie ?
Si sa profession implique une forte de dose de culte de la personnalité et une médiatisation à outrance comme dans le cas de George Clooney, il y a effectivement fort à parier que des femmes cherchent à faire sa connaissance avant même de l’avoir rencontré en personne. Généralement, il s’agit d’ailleurs davantage de connaître par procuration le frisson de la célébrité et de la fortune que de véritable sentiment amoureux.
Pour les autres, c’est-à -dire l’écrasante majorité de la population masculine qui ne signe pas d’autographe au Festival de Cannes ni ne reçoit de sous-vêtement d’inconnues par le courrier du matin, nous rencontrons les femmes dans notre cercle social, professionnel ou lors de nos sorties. D’autres encore, recourent aux sites de dating et autres formules de rencontres intercédées dont le succès permet de mesurer la couardise et la paresse de l’homme moderne en matière de séduction.
Et comme il nous appartient de développer et enrichir notre cercle social en saisissant voire en créant les opportunités, une part active est dévolue à quiconque souhaite bien s’entourer. Cela commence par sortir de chez soi, maintenir le contact avec ses amis, entreprendre des activités en commun et aller à la rencontre de nouvelles personnes quand on en ressent l’envie.
L’heureux mâle dont nous faisions le portrait plus haut n’est pas resté chez lui, le cul sur une chaise à attendre qu’une jolie blonde vienne frapper à sa porte pour lui arracher sa chemise. Comme d’autres, il est sorti de chez lui et a initié la conversation avec des gens qui lui paraissaient sympa, des filles qu’il trouvait jolies et il a su leur donner envie de le revoir.
Il devient sélectionneur dans la mesure où ses qualités sociales allant crescendo, il se retrouverait à un moment donné dans l’impossibilité matérielle d’accorder du temps à toutes les personnes qui souhaitent le revoir. Même sans en arriver à cet extrême il souhaite avoir des relations de qualité avec les femmes de sa vie et va se permettre de choisir celles qu'il fréquente sur des critères physiques autant qu'intellectuels et culturels.
Pour autant, s’il est célibataire et même avec quelques bonnes copines pour lui faire passer de chaudes nuits quand il le souhaite, la vue d’une jeune femme élégante et sexy traversant la rue viendra encore susciter son plus vif intérêt (il est « sélectionneur hein ? pas dans le coma…) . Sûr de lui et confiant, il n’écoutera que sa spontanéité et l’appel du désir pour rattraper cette jolie passante avant qu’elle ne s’engouffre dans une bouche de métro. La suite lui dira si elle est aussi jolie de près que de loin et si elle a davantage de conversation qu'un guéridon.
Que font les "sélectionneurs" de pacotille?
D’aucuns, craignant de passer pour des queutards (pensée limitantes) auraient refréné leur envie d’aller la voir et auraient poursuivi leur chemin (stratégie d’évitement leur évitant de se confronter à leurs peurs).
Il peuvent se féliciter de ce qu’il n’aient pas donné l’image d’un mec désespéré qui a besoin de baiser (même si c’est encore plus vrai maintenant).
Ils peuvent également remercier le Ciel que personne ne les ait vu se prendre un vent, cela aurait sans doute amocher leur capital confiance… Personne sauf eux-mêmes, qui étaient aux premières loges de ce drame intérieur qui se joue à chaque fois qu’une jolie fille leur plaît et qu’ils ressentent les symptômes de la peur (boule dans le ventre, gorge nouée etc.) Ils ont vu tout ca se tramer en eux, leur propre pleutrerie les déçoit et ils se maudissent forcément un peu (du coup l’estime de soi atteint des profondeurs abyssales)
Mais pour garder un peu de cohérence interne, ils se rappellent avoir lu quelque part que les hommes préselectionnés ne cavalent pas après les passantes. Ceux sont donc eux au final qui ont raison d’adopter invariablement des stratégies de déni et de retrait. Le mensonge est un peu gros et la réalité d’un lit vide et froid leur rappelle cruellement, mais les mécanismes de l’habitude sont si durs à vaincre quand on ne prend pas suffisamment de distance critique pour trouver le chemin du bien-être qu’il paraît finalement plus aisé de s’y installer.
La réalité est affaire de jugement: confrontez vos peurs à la réalité
La réalité est affaire de jugement et en ce qui me concerne, je ne vois pas de contradiction entre le fait d’aborder une fille dans la rue et le fait d’être ce sélectionneur que tu évoques dans ta question.
J’ai ainsi le bonheur d’avoir dans ma vie non seulement une fille que j’aime et qui m’aime mais aussi des amies qui sont aussi pour certaines des ex (et pour boucler la boucle, elles sont devenues amies
En ce sens, je suis préselectionné et quand je vais en boîte avec elles j’apparaîs comme tel. Pour autant, il s’agit de filles que j’ai abordé soit dans la rue, soit dans des bars et souvent quand je m’y trouvais tout seul avec un verre à la main. Je vais encore en boîte seul de temps en temps et j'y rencontre des filles qui me donnent le numéro avec enthousiasme. Est-ce-que George Clooney sortirait en boîte seul? Je lui demanderai à l'occasion.
Lorsque j’ai rencontré ma copine, je me trouvais dans un café avec une amie. Présélection ? Soit. Il n’en reste pas moins que c’est moi qui me suis levé au moment ou elle partait pour aller faire sa connaissance. Si j'avais attendu qu'elle fasse le premier pas, elle ne serait pas à mes côtés au moment où j'écris ces lignes.
Ce mec que tu as vu courir après une fille dans la rue a peut-être vécu des moments torrides et tendres avec elle.
Des limites du "Fake it until you make it"
Pour finir, je vois dans ce débat une limite criante du « Fake it until you make it ».
En effet, il ne s’agit ni plus ni moins que de mettre la charrue avant les bœufs en espérant que ceux-ci veuillent bien marcher à reculons.
Certes, on peut modifier ses comportements pour enclencher une dynamique vertueuse mais ne faire reposer tout l'édifice sur ce seul artifice me paraît contre-productif et dangereux à plus ou moins long terme.
Alors que faire si vous partez de zéro ?
- Jouir d’une estime de soi juste et saine.
Cela implique de se connaître pour être capable de briser le cercle vicieux de l’échec pour adopter des modes de pensées et de comportement générateurs d’expériences positives. Evitons donc de nous comparer aux autres et de les envier. Apprenons à prendre la juste mesure de nos qualités pour commencer à s’aimer soi-même. Cela seul suffit à changer de perspective : le travail de développement personnel ne vise plus à remédier à ses carences, corriger ses défauts et faire fi de notre personnalité mais à solidifier nos qualités pour devenir la meilleure version de nous même, capable d’atteindre le bien-être et de s’ouvrir aux autres.
- Trouver du plaisir dans les activités qui nous tiennent à cœur et savoir faire partager ce plaisir et cet enthousiasme aux gens que nous rencontrons
- Développer des relations amicales avec quelques filles pour goûter aux joies de s’intéresser à une fille pour autres chose que son cul ou la validation de notre game. Ca vous rendra plus naturel la prochaine fois que vous en draguerez une.
- Prendre une distance critique par rapport aux méthodes miracles et aux recettes toutes faites pour séduire les filles. Sans une capacité de base à socialiser et un look décent, elles sont aussi utiles qu’un pansement sur une jambe de bois. Si ça marchait, vous croyez que je ferais des séminaires sur des thèmes aussi transversaux que la spontanéité et la confiance en soi ?
Entre l’opener et le moment où vous lui dégrafferez le soutien-gorge, il va souvent s’écouler plusieurs heures parfois réparties sur plusieurs jours / semaines, c’est du demi-fond pas du sprint. Par conséquent une boîte de canned stuff ne remplace pas une solide personnalité. A l'inverse, ce n'est pas d'emballer une inconnue sur un dancefloor qui vous donnera les clefs de la psychologie féminine et du bonheur en amour.
En effet, quand bien même vous chopperiez en suivant le manuel, vous seriez dans la situation d’un gars payant des intérêts exorbitants sur un découvert chronique : vous recevrez la facture quand vous serez en LTR.
A en juger par les dissonnances cognitives exprimées dans la question initiale, faire l'économie d'un travail de développement personnel n'est donc pas souhaitable.
- Notes et commentaires reçus par ce post :
- +3 (Ca va mieux en le disant) par Llyandre
- +3 (A lire) par Lust
- +3 (OMG) par Krishna
- +3 (A lire) par Champion
- +3 (Yesssss!) par Venusian
- +3 (CQFD !) par Angron
- +2 (Post de qualité) par MarioDk
- +3 (100% d'accord) par lorenzo
- +2 (Intéressant) par FrenchKiss
- +3 (Post de qualité) par Automatic
- +3 (100% d'accord) par olivier
- +1 (CQFD !) le 08.12.10, 12h51 par shadonkey




