Olivier, puisque tu as déjà des bases d'hypnose ericksonienne, je peux te présenter l’un de mes protocoles antidouleurs préférés.
(
Pour ceux qui démarrent la PNL... Revenez après quelques mois de pratique intensive 
)
Je m’adapte à ce qui m'est amené par le patient de façon personnalisée, en feedbacks permanents : localisations, impressions, images auxquelles la douleur fait penser, etc.
Je suis à chaque fois surpris et réjoui de l’efficacité de la méthodologie éricksonienne, la voici de façon succincte :
1) Je fais faire quelques respirations abdominales, en pleine conscience, je fais relâcher les muscles : je déclenche ainsi le système nerveux parasympathique, je fais baisser le niveau de tension physique et mentale, et je récupére la focalisation attentionnelle,
2) je demande : où se situe la douleur, quelle forme elle prend, et à quel OBJET elle ressemble, quelle est sa matière, sa couleur, sa densité, etc.
Explications :
- L'ici-et-maintenant permet de déconnecter les effets du passé (mémoires de douleurs passées, renforçant l'interprétation douloureuse des stimulis) et de l'anticipation anxieuse futur (peur d'avoir mal après, donc accentuation de la perception de la douleur)
- « Pace & Lead » PNL : je prend le train en marche pour reconnaître la douleur et l’accepter, ce qui décharge les causes profondes et l’énergie de la douleur, pour la rediriger ; la nier aurait pu renforcer le symptôme,
- on s’y concentre pour mieux s’en dissocier en douceur, car au lieu de dire «J’AI mal » comme si le mal et moi etaient la même chose,
la douleur devient un objet DISTINCT de toi, elle devient autonome, et de plus en plus en avançant dans le questionnement.
C’est le processus d’auto-renforcement hypnotique : plus on visualise l’objet, plus il prend vie de façon autonome, dissocié.
Qui dit dissocié, dit moins de douleurs.
- quand tu me donnes un objet auquel la douleur se rapproche, tu me donnes TON ressenti, TA ressource personnalisée vers la résolution, mieux que quiconque, dans l’ici et maintenant de TA réalité : feedback systémique sur lequel je m’adapte pour interagir sur TA carte du monde.
3) Une fois la douleur vue comme un objet, une chose, il est plus facile d’intervenir et d’imaginer cet objet évoluer que d’agir directement sur la douleur.
Manipuler cet objet permet des modifications réelles sur le corps et l’esprit : effet placebo générant de réels effets physico-chimiques, hormonaux, déclenchement d’antidouleurs naturellement secrétés par le corps, etc.
4) On continue le relâchement musculaire, la respiration en EXPIRANT les tensions : ce canal de communication corporel permet d’intervenir par VECTORISATIONS INVERSEES, point à point : si on ressent une forme de cintre tendu dans les trapèzes, on peut imaginer que la forme se relâche à chaque expiration par ex ;
s’il est en métal, on imagine par exemple qu’il chauffe, se ramollit.
Car lorsqu’un muscle se détend, il se ramollit et les sensations de chaleur relaxante s’y associent : de même, si on suggère ces réactions, on déclenche l’activation du sous-système nerveux parasympatique et les mécanismes hormonaux antistress.
C’est l’un des mécanismes sur lequel repose le training autogène de Schultz.
On peut imaginer toutes sortes de modalités : l’objet se dilue, fond, s’égrène comme du sable dans un sablier, se déplace dans le corps, sort du corps par les pieds ou les points de contact avec l’environnement, devient un gaz à expirer, etc…
On expire la douleur, on inspire le calme et le bien-être ...
Laissez-vous guider par votre imagination, vos sensations, votre intuition : essayez et essayez encore …
5) Sans cesse en synchro émotions / sensations / visualisation / langage etc, on demande sans cesse à la personne ce qu’elle ressent, dans quelle mesure ça se relâche : dès que la personne indique une amélioration, on RATIFIE le processus, on l’encourage et on l’amplifie : reformulations, encouragements, « bien ! plus tu respires, plus ça se détend » : on couple un phénomène à un autre pour l’auto-alimenter de plus en plus.
Ceci permet le fameux effet boule de neige qui déclenche l’avalanche, poser le premier acte concret qui déclenche une réaction en chaîne.
6)
Plus on se focalise sur d'autres sensations, plus agréables, moins la douleur a de prise.
Faire prendre conscience des autres sensations agréables de détente, dans le reste du corps, par ex.
Continuer le processus en inversant sa nature (douleur / plaisir) , faire prendre conscience des améliorations, pour que l’énergie se redirige et se transforme en dynamique vers le bien-être : l’associer vers un bienfait physique, sensoriel, émotionnel, holistique, etc. et ainsi éviter tout retour arrière. Une sorte de déconditionnement / reconditionnement comportementale.
On fait imaginer une matière, une sensation agréable, venant prendre la place de l’ancienne, progressivement (technique de la sophro-substitution sensorielle, en sophrologie).
Par ex : une sensation de légère brise fraîche et mentholée venant se diffuser sur le front pour le rafraîchir, si on a mal au crâne…
Je balaye le VAKOG avec la nouvelle image sensorielle en action, en focalisant sur ses bienfaits.
7) Ancrer le changement pour en faire une ressource réutilisable.
Ca demande une bonne pratique régulière pour être acquis, mais utiles pour les petits bobos du quotidien !
Si ca t'intéresse :
« Douleur et Hypnose », sous la direction de Didier Michaux, éditions Imago,
qui est un riche recueil d’expériences de médecins et de chirurgiens utilisant l’hypnose éricksonienne dans le traitement de la douleur.
Si tu veux comprendre en profondeur ces mécanismes : "Psychobiologie de la guérison", de Ernest L. ROSSI, éditions le souffle d'or, livre de l'élève d'Erickson, qui étudie scientifiquement les effets de l'hypnose sur le corps et les mécanismes biologiques.