kero a écrit:
Moi j'aimerais bien connaître les travaux scientifiques qui soutiennent de tels trucs. La civilisation originelle matriarcale, j'en ai bien entendu parler aussi, mais ce n'est rien d'autre qu'un ennième délire pseudo-scientifique.
Par contre, depuis 10 ans que je fais de l'histoire, je n'ai jamais vu un historien (sérieux) soutenir de telles choses.
Alors, je n'ai qu'une question:
Citation:
Si vous me croyez pas, ben z'avez qu'à faire des recherches sérieuses comme moi je me suis embêté à le faire.
D'où viennent tes informations?
(j'imagine quelque site internet d'illuminés, mais sait-on jamais ...)Hello, aujourd'hui je suis d'humeur plus sérieuse

.
Effectivement mes recherches "sérieuses" sont plus un ensemble d'infos sur le net (Wikipédia mon ami je te crois naïvement) et d'anecdotes glanées lors de mes études littéraires et de voyages, rien qui puisse vraiment tenir le choc face à un historien qui me démontrerait que ce sont des foutaises.
Sur le matriarcat :
http://fr.wikipedia.org/wiki/MatriarcatD'après ce que j'ai compris, ce qui va aussi dans le sens d'une société préhistorique matriarcale (ou gynocratie ou autres termes savants) c'est l'idée (prouvée ou fantasmée ?) que les femmes étaient beaucoup plus nombreuses, et plus sédentaires, que les hommes. La logique voudrait que le genre majoritaire en nombre aie plus de pouvoir social...
Il y a aussi les religions primitives avec des idoles féminines, et la théogonie grecque qui commence par une déesse primitive également (Gaïa, aussi appelée Géa et Rhéa).
Enfin, certaines tribus de par le monde auraient conservé des caractéristiques de matriarcat, comme les Moso où l'éducation de l'enfant n'est pas confiée au père, mais à la famille de la mère.
La civilisation minoenne semble avoir été un matriarcat, ou tout du moins une société égalitaire. Par exemple, les athlètes qui participaient à la tauromachie rituelle sont aussi bien des hommes que des femmes sur les peintures. Athènes serait entrée en conflit avec Minos, et aurait perdu, suite à quoi elle devait envoyer comme tribut des jeunes hommes,
et jeunes femmes, pour affronter les taureaux.
Cela a été déformé par les athéniens pour devenir le mythe du Minotaure, où les jeunes gens d'Athènes étaient sacrifiés à un monstre mi-homme mi-taureau, né de la concupiscence de la reine qui se serait déguisée en vache pour s'accoupler avec un taureau

.
Le mythe contient encore une pique supplémentaire contre le matriarcat : Ariane et Thésée tombent amoureux et elle part avec lui pour Athènes, mais ils font escale sur une île qui a perdu sa reine et demande à Ariane de la remplacer. Elle accepte et les amoureux se séparent. En approchant d'Athènes, le chagrin de Thésée lui fait oublier de tirer la voile qui signifiait qu'il rentrait bien vivant , ce qui provoque le suicide de son père et roi.
La mythologie grecque m'a parue encore parsemée de nombreuses "piques" contre le pouvoir des femmes :
L'exemple classique, ce sont les déboires et la rancœur d'Héra, déesse du foyer familial, qui se révolte contre le pouvoir de Zeus et ses infidélités, mais toujours pour finir par être punie.
C'est vrai que si les athéniens étaient de tels machos, il est bizarre que leur divinité tutélaire soit une femme

. Athéna est tout de même une déesse assez spéciale dans sa génèse : elle surgit directement de la tempe de Zeus ! Cela m'a toujours donné l'impression qu'ainsi c'était une déesse "de l'esprit des hommes et pour les hommes", assez loin d'une Héra ou d'une Gaïa.
Pour la pédérastie (homosexualité pédophile institutionnelle) là j'ai l'impression que le sujet est bien documenté et qu'il y a peu de doutes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9d%C ... iatique.29Maintenant, à l'époque même où elle était de rigueur, elle a quand même essuyé des critiques, ainsi je me souviens d'un texte philosophique qui dénonce une hypocrisie dans l'amour "noble" entre hommes, car ses défenseurs abandonneraient leurs jeunes amants une fois que "la barbe leur pousse".
Un autre texte que j'avais trouvé drôle, où une reine se lamente car son fils est un pervers sexuel, exclusivement hétérosexuel et refusant tout rapport sexuel avec les hommes, ce qui nuisait à la diplomatie du royaume.
Au final, je crois que ce qui m'a tant "fait tripper" dans les théories matriarcat VS patriarcat, ou encore "homosexualité glorifiée, hétérosexualité dénigrée" dans une Athènes antique machiste, c'est surtout les jeux d'inversions des valeurs morales, de ce qui est socialement admis ou pas, etc...
D'ailleurs j'ai déjà utilisé ce sujet pour avoir des conversations amusantes ou étonnantes avec des femmes, le fait de dépendre l'hétérosexualité comme quelque chose de honteux et contraire à l'ordre morale à une époque donnée avant que ce soit l'homosexualité qui subisse le même mécanisme de dénigrement à une autre époque donnée, un bel effet de contraste.
Depuis que je m'intéresse à la séduction et aux dynamiques sociales, je me demande souvent (et je n'ai pas la réponse) si l'apparente supériorité des femmes sur les hommes en matière d'intelligence sociale serait un signe que notre espèce est "naturellement" matriarcale, avec une étrange "révolution" masculiniste où les hommes ont brigué le pouvoir (mais on sait aussi que même dans les époques machistes, de nombreuses épouses d'hommes importants et autres muses gagnaient le pouvoir dans l'ombre), laquelle révolution est ensuite devenue une institution pesante et injuste, pour qu'une deuxième révolution, féministe, vienne tenter de restaurer une meilleur équité entre les sexes, avec cependant les même dérives que le machisme dans ses extrêmes (ultra-féminisme : diabolisation des hommes, théories de supériorité des femmes, rancœurs et désirs de "faire payer").
Maintenant, cette apparente supériorité des femmes dans l'intelligence sociale n'est peut-être qu'un mythe moderne sur les différences hommes/femmes, dans la même lignée que "Les hommes sont de Mars et les femmes de Vénus"...
Je suppose qu'un homme qui n'a pas beaucoup d'intelligence sociale aura envie d'y croire car cela lui permet de se justifier, tandis qu'un homme qui en a beaucoup sera très sceptique et aura envie de dire que ce sont des foutaises...
Même en admettant cette différence, elle ne relève peut-être pas de la Nature (inscrit dans les gènes, l'ordre du monde etc...) mais purement de la Culture (la façon dont on est éduqués à notre époque)...
Donc voilà , pour être sérieux, cette question me taraude parfois, surtout quand des femmes elles-mêmes argumentent dans ce sens (des trucs du genre "les hommes sont de grands enfants, ils sont perdus sans nous").
Parfois, c'est amusant, parfois c'est triste, quand on sent le sexisme ou les archétypes caricaturaux arriver avec leurs grosses pattes d'éléphants.
Mais c'est très dur d'avoir des réponses définitives sur le sujet, pour moi en tous cas.