Je ne sais pas comment tu fais pour vivre comme ça. Je vais sans doute écrire des choses qui te sembleront inutiles, mais j'ai un point de vue tellement opposé à toi, je ne vois pas comment faire autrement que te livrer ce point de vue tel quel:
- La peur d'être déçu? ça fait un moment que je n'ai plus peur. J'ai souvent été déçu par les filles, mais jamais par ce qu'elles faisaient quand elles n'étaient pas avec moi. ça se passe surtout entre nous, sur les moments où on est ensemble, sur la relation en elle-même, des choix de vie, etc...
- J'aime l'idée que ma copine et moi on fasse des trucs l'un sans l'autre, et pas forcément en disant où, quoi, comment, avec qui et pour combien de temps. Je pense que le vrai amour de la liberté c'est surtout aimer la liberté de l'autre. Pour moi c'est une magie quotidienne que ma copine passe du temps à gauche à droite, voie d'autres mecs, fasse la fête avec eux pourquoi pas, et me revienne toujours.
- Pour moi la fusion totale n'existe pas, et essayer de la créer de manière artificielle via les moyens de communication moderne est nocif. Je hais ces téléphones portables qui sont devenus des outils de flicage quotidien "t'es où? tu fais quoi?" Jamais on n'écrit "J'espère que tout se passe bien de ton côté, moi je fais mon truc, je me concentre dessus et quand je rentrerai à la maison devine sur quoi je vais me concentrer?" Non, partir pour mieux revenir, ne pas penser à l'autre pour le plaisir de le voir revenir encore plus fort dans notre esprit, visiblement ça ne passionne pas les foules... Pourtant ça marche, et reconnaître à l'autre le droit et la légitimité de faire ce mouvement de va et vien physique et mental fonctionne vraiment.
- J'aime l'idée que ma copine a son jardin secret, qu'elle ne me dit pas tout, qu'elle n'ait pas envie de me traîner derrière elle partout où elle va, et surtout qu'elle soit capable de s'amuser sans moi. Si elle n'a pas envie de me notifier son emploi du temps avant et de me faire un rapport détaillé après, franchement ça m'arrange, c'est pas comme si sa vie était toujours passionnante, et c'est pas comme si les histoires d'amour de sa meilleure copine m'intéressaient (oui je sais j'en rajoute). Quant à savoir si elle a dansé avec zéro, un, deux ou 18 mecs dans le bar latino, avec ou sans frottage d'entrecuisse, franchement je peux vivre sans ce genre d'informations...
- Pour moi une histoire d'amour est belle non pas malgré ses limites mais grâce à ses limites. Rien n'est illimité, surtout pas la vie à deux. Quand on passe trop de temps à deux la magie d'être ensemble se dévitalise, comme si on s'accoutumait à une drogue et continuait à la consommer jusqu'à en avoir juste mal au crâne. Alors pourquoi lutter contre ces deux vies qui ne sont pas solubles dans le couple?
- Même idée décrite différemment: ce qui tient une fille avec toi c'est ton univers. Vouloir étendre cet univers toujours plus loin est une erreur fatale. La seule chose que tu va étendre ce sont tes angoisses. Comment veux-tu créer du lien, du vivre ensemble, avec des textos merdeux à des moments où tu n'es pas là et où ta copine boit un coup à une terrasse? Mission impossible. Superlose. névrose2000 en intraveineuse...
- Pourquoi se priver de la petite victoire de rien du tout de faire l'amour à sa copine quand elle rentre d'une soirée entre fille, toute excitée par les rigolades qu'elle a eues sans moi, les alcools qu'elle a bu sans moi, et sans doute les compliments et flirts valorisants qu'elle a eus par un autre que moi? André Gide a écrit «Pour moi, être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire.» Je ne comprends même pas comment les jaloux et les anxieux peuvent se condamner eux-même à cet enfer d'angoisses toujours renouvelées, au lieu de jouir de ce plaisir quotidien de sentir une femme tout à eux, au-delà de sa vie pourtant bien remplie...
- Comme beaucoup de gens sur ce forum ça m'arrive souvent de hurler à la mort contre la nature féminine qui me casse les couilles, mais d'une force... Mais il y a une chose qu'on ne peut pas retirer aux femmes, c'est leur don naturel pour l'amour exclusif. Quand une femme aime un homme elle se fiche pas mal des autres. Il y a toujours des exceptions, n'importe qui peut répondre à ceci et démonter pièce par pièce mon affirmation, n'empêche que la gourmandise et les tournures d'esprit du style "je suis amoureux mais là c'est trop tentant, allez hop rien à foutre c'est pas grave", ce sont des choses qu'on trouve le plus souvent chez les hommes.
Après quand son couple va mal une fille peut être infidèle, mais bon quand ça va mal ça va mal de toute façon, ce n'est pas en se rongeant les sangs que ça changera grand-chose.
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Évidemment je n'ai pas inventé tout ça, ça s'est construit au fur et à mesure avec mon vécu, et c'est la raison pour laquelle je sais bien que c'est inutile de l'exposer à quelqu'un qui a une réalité opposée.
Simplement, je crois qu'on doit cultiver notre indépendance de coeur, d'esprit et d'action, ne pas penser à l'autre à longueur de journée, et accepter qu'il en fasse autant de son côté. Il y a peut-être des recherches sur le sujet du One itis à faire, parce que j'ai le sentiment que c'est le fait de vivre chacune de ses relations sous le signe de l'obsession amoureuse qui engendre cette angoisse-jalousie-omniprésence qui est si nocive.
Un peu comme si on était toujours après l'autre mais qu'on n'avait pas la présence d'esprit de le reconnaître. Alors on s'en prend à la terre entière, tous ces gens qui ont l'arrogance d'exister de tourner autour de notre copine, et on finit par se demander comment lui faire confiance.
Il y a un problème de confiance en soi, c'est sûr. Confiance en son propre univers aussi, et je rappelle que comme expliqué plus haut ce qui fait la force de notre univers ce n'est pas son étendue mais au contraire sa densité.
Il y a un problème de décence, de mesure. Si on a besoin de toujours plus de présence, de toujours plus de communication, au point de mettre en place une communication dont le seul message de fond devient "hey, j'existe, j'ai besoin de toi, tout le temps, tu dois être à ma disposition, tout le temps, parle moi" on est mal. Moi je suis de l'autre côté du miroir, j'ai beaucoup souffert de cette rage de communiquer encore et encore qui rongeait pas mal de mes copines. c'est vraiment usant. Me faire déranger par un texto à tout moment qui me demande de décrire ce que je suis en train de faire, putain ça me bouffe de l'intérieur je tiens deux semaines et j'explose!
Problème d'ego aussi. Tu n'as pas à devenir le centre de l'univers de ta copine. Tu n'es pas un Dieu omniprésent qui a un accès de tous les instants à son esprit, à ses activités, à son téléphone portable. Ego surdimensionné + téléphone portable = la mort de l'amour. Pour moi c'est aussi simple que ça. Quant à l'image du Dieu omniprésent, on est plus proche dans les faits de l'enfant surprotégé et survalorisé qui réclame tout le temps après maman...
Question de sérénité enfin. A chaque fois qu'on sort avec une fille on devrait non pas craindre, mais ACCEPTER qu'un jour on la perdra. Mememto mori c'est bien, mais il faudrait aussi se faire un adage latin du genre memento deserta
Après tout je ne sais pas pour toi, mais moi je ne suis jamais mort de toute ma vie! Par contre je me suis fait souvent abandonner. Rien à foutre, j'en ai abandonné des kilos aussi, et franchement ça ne m'empêche pas de dormir. On n'a pas de prises sur ces choses là , autant l'accepter.
Accepter, putain. Accepter, accepter, ACCEPTER encore et encore.
Accepter, le mot banni de notre vocabulaire d'enfants rois éduqués par une génération de faux rebelles qui se vantent d'avoir changé le monde en fumant trois joints et en se prenant deux coups de matraques...
Comment veux-tu prendre plaisir à jouer à un jeu dont tu n'acceptes pas les règles? Et tu en viens à reprocher ces règles à ta partenaire de jeu, franchement c'est triste. Ta copine peut t'abandonner à tout moment. Elle peut se faire défoncer le cul par qui elle veut, où elle veut, quand elle veut. Tout le temps. Et tu n'arriveras jamais à lui faire croire que tu lui demandes de ses nouvelles parce que tu t'intéresses à elle alors que tu chies dans ton froc 24h/24, ça ne marchera pas. Ton angoisse se sent, et elle soule ta copine. Et oui ton angoisse détruit ton intérêt sincère pour ta copine.
Désolé je m'énerve, mais 30 textos par jour putain ça me fait halluciner...
J'insiste: tu t'en fous de savoir ce qu'elle fait pendant la journée, c'est qu'une fille... T'es bien content de passer du temps avec elle, tu lui demandes ce qu'elle a fait une fois que vous êtes tous les deux, tu peux toujours la textoter de temps en temps ça fait toujours plaisir, mais 30 fois par jour, la vache!
Malheureusement encore une fois la peur de l'abandon, le désir d'omniprésence, de contrôle, et toutes les angoisses-pulsions s'en rapprochant ne sont pas des voyants sur un tableau de bord qu'on peut éteindre en appuyant sur un bouton, il y a de l'histoire personnelle derrière. Que dire, à ce stade, si ce n'est bon courage? Comment peut-elle ne pas en venir à croire qu'elle est la déesse ultime de ta petite vie sans intérêt?
Il va falloir te prendre en main et tout recommencer à zéro, et avec une autre fille parce que là au vu de ce que tu nous raconte, désolé mais c'est mort. Ta copine est en train de te débarquer en douceur. C'est trop tard pour prendre des postures détachées, tout ce qu'elle en tirera c'est "ouf un peu d'air". Tu la dégoûtes, tu lui as bouffé la vie et c'est irrattrapable. Heureusement il y a plein d'autres filles qui te tendent les bras et tu es jeune, tout est possible!
Laisse aller, laisse venir, laisse les choses s'écrire, je sais c'est facile à dire...
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CONCLUSION:
Comment faire confiance? Il n'y a pas de comment. L'erreur est déjà dans la question, qui n'a pas de réponse et qui fabrique une équation insoluble.
La confiance n'est pas un anneau maléfique qu'on va confier à contrecœur et la peur au ventre. Pas besoin d'un ensemble de signes qu'on va rechercher chez l'autre pour savoir si c'est Ze one, l'élue, pas besoin de vérification quotidiennes histoire d'être sûr qu'il n'y a pas un mauvais coup en préparation. Rien à foutre.
La confiance se donne, spontanément, sans conditions, et après on verra bien si elle était méritée, mais en attendant on respire un grand coup, et on laisse l'autre respirer, bordel de merde!
edit: mise en forme, ajouts par-ci par-là et développements oiseux, comme d'habitude...
Notes et commentaires reçus par ce post :- +2 (A lire) le 03.11.11, 16h05 par Hydrogene
- +3 (Post de qualité) le 03.11.11, 16h51 par Blusher
- +1 (Très intéressant) le 03.11.11, 21h40 par Seltz
- +1 (Encore!) le 04.11.11, 00h34 par ges
- +1 (Constructif) le 05.11.11, 15h06 par Meshuggah