Discussion

Comprendre et s'affranchir de la jalousie

Note : 42

le 18.09.2012 par Blusher

9 réponses / Dernière par bridget le 24.03.2013, 14h12

La jalousie n’est pas un sujet à balayer du revers de la main telle une évidence un peu encombrante. Il s’agit d’une puissante émotion qui s’invite dans nos relations les plus intimes pour y instaurer un climat délétère propice aux pires drames. Combien de couples vivent des relations tourmentées pour ne s’être pas penchés sur la question ? Si vous êtes vous-même sûr de votre fait au point de ne pas souhaiter poursuivre cette lecture, vous péchez probablement par excès de certitude et cet article est pour vous.

Nous aborderons tout d’abord (1) les fondements biologiques de cette émotion pernicieuse et ainsi que son rôle supposé dans l’évolution de l’espèce. Puis nous continuerons là où d’autres s’arrêtent, pour nous aventurer sur le terrain socio-culturel. Nous y verrons que (2) la jalousie est pour une large part une construction culturelle qui peut et doit-être comprise et déconstruite afin de vivre sereinement son rapport à l’Autre et à soi-même. Dans un prochain article, nous verrons (3) différentes façons concrètes de se libérer de son emprise au quotidien.


1 / Aux origines biologiques de la Jalousie

Les théories évolutionnistes considèrent la jalousie comme une émotion liée à la reproduction. La jalousie assure la survie des unions pour permettre aux couples d’assurer protection et subsistance aux nouveau-nés.

La jalousie : un sentiment universel

Les études transculturelles sur le sujet par Bram Buunk et Ralph Kupka des Universités de Groningen et Nijmegen révèle l’universalité du sentiment de jalousie : les individus ont exprimé des niveaux moyens de jalousie similaires d’un pays à l’autre, que ce soit au Mexique, aux Pays-Bas ou en Russie.

Son utilité dans la compétition génétique

Un truc aussi universel doit bien avoir une utilité quelconque pour l’espèce, non ?

Pour certains chercheurs, la jalousie peut être considérée comme le ciment du couple. Les résultats d’une étude menée par Eugene Mathes de l’Université de l’Illinois semblent aller dans ce sens. Dans cette expérience, un questionnaire fut distribué à des hommes et femmes se déclarant amoureux. Sept ans plus tard, les mêmes personnes acceptèrent de répondre à quelques questions. Les 25% de personnes du groupe ayant décidé de vivre ensemble ou de se marier étaient ceux dont le score initial de jalousie était élevé. Les 75% s’étant séparés entre temps avait initialement reporté un score de jalousie relativement plus bas.

S’il est aisé de croire qu’une jalousie ‘raisonnable’ peut être le ciment du couple, on ne manque pas non plus d’exemples pour nous rappeler qu’il peut aussi en être le poison.

Son cortège de conséquences funestes

La jalousie est évoquée dans la moitié des cas de violences conjugale. C’est également le sentiment qui prédomine chez beaucoup de jeunes couples. Selon une enquête de Dr David Riggs de la Medical Faculty of Pennsylvania, la jalousie représente un grave problème pour 1/3 des étudiants vivant en couple. Celle-ci conduit à divers abus : insultes, violences physiques, harcèlement moral etc.

Un tiers des jeunes étudiants en couple reconnaissent que la jalousie est très problématique dans leur couple.

Comment ignorer ce chiffre ?

Cette classe d’âge de jeunes mecs, beaucoup de vous en font partie et les nombreux sujets du forum ayant trait à ces questions sont révélateurs.

Prenez un instant pour vous poser la question : avec déjà souffert de la jalousie de quelqu’un ou d’être jaloux ?

Comment cela-a-t-il affecté votre relation ?

Avez-vous vraiment envie de revivre ce sentiment ?

Ce qui encore plus étonnant c’est le fait que la plupart de ces mecs peinent à être fidèles. Voilà qui dessine un problème assez curieux quand on y réfléchit deux secondes : 68% des étudiants américains de premier cycle ont déjà trompé leur copine en en embrassant une autre , 49% en couchant avec une autre (Wiederman, Hurd, 1999).
Là où cela devient encore plus intéressant c’est que Wiederman et Hurd pendant leurs entretiens avec les participants ont été abasourdis par la proportion qui n’imaginait même pas l’existence d’une alternative à la monogamie.

De toute évidence, la jalousie produit des effets dont on se passerait volontiers. Afin d’éviter ou minimiser ces effets, il est important d’élargir notre compréhension du phénomène.

C’est à mon sens ce qui mérite de sortir la jalousie du musée d’Histoire Naturelle. Il s’agit donc de dépoussiérer nos croyances à son sujet pour l’étudier au microscope de la critique sociologique.
C’est dans cette direction en tout cas que s’orientent des recherches récentes en sciences sociales (Stenner Stainton-Rogers,1998 ; Sharpsteen, 1993, Gergen and Gergen, 2002).


2/ La jalousie en tant que mécanisme de pouvoir

L’argument biologique couramment mentionné dans les publications grand public contribue à donner l’impression que la jalousie est une donnée naturelle et par conséquent inattaquable. Cela rend difficile l’identification de la part culturelle et stratégique des comportements de jalousie.

Ainsi, celui qui ne ressent pas ou peu de jalousie sera tenu pour suspect, anormal et son amour sera considéré comme ‘défectueux’ par sa partenaire. En somme : « Si tu n’es pas jaloux, c’est que tu ne m’aimes pas. »


Remise en cause de l’universalité de la jalousie
Pourtant, les exemples ne manquent pas de couples qui ont su dépasser cette émotion pour inventer un amour moins jaloux : les poly-amoureux, les échangistes et d’autres encore qui se sont affranchis du mono-normativisme sans pour autant se revendiquer d’aucune communauté.
Notons aussi que les variations culturelles d’un pays à l’autre, même géographiquement proches sont suffisantes pour mettre en lumière la part culturelle de ce sentiment prétendument universel. Ainsi un Hongrois supportera de voir sa partenaire flirter avec un autre alors qu’un Yougoslave trouvera cela inacceptable. Ce dernier en revanche sera moins enclin à s’offusquer de quelques baisers volés alors que le Hongrois y verra un douloureux affront (Buunk, Hupka, 1987). Si des faits similaires provoquent des réactions différentes suivant les pays, on peut imaginer que la jalousie soit une construction culturelle plutôt qu’une donnée biologique.

Dès lors la jalousie peut être définie comme une relation conceptuelle permettant d’instaurer des mécanismes de pouvoir. En cela elle s’apparente à une relation de pouvoir à la Foucault (1977). Cette relation est nécessairement triangulaire car elle fait intervenir trois acteurs : le jaloux, son/sa partenaire et un tiers.

Les trois mécanismes de pouvoir de la jalousie

1/ Le suspect doit réparer le tort même s’il est innocent
Il est généralement admis que l’on peut « rendre » quelqu’un jaloux. Par conséquent, c’est le comportement inapproprié du partenaire qui est la cause du sentiment de jalousie. La responsabilité d’y remédier incombe donc à celui des deux qui est suspecté, que ce soit à tort ou à raison.

Le jaloux tire de là sa légitimité au moment de formuler des demandes aussi extrêmes que de se couper de tout ou partie de son cercle social ou d’interdire les sorties en boîte de nuit à son/sa partenaire. La jalousie permet donc d’instaurer différents modes de contrôle et de surveillance : surveillance des déplacements, des moyens de communication (téléphone portable, email etc.), limitation des contacts sociaux (interdiction fréquente au sein des couples de l’amitié H/F)… Ces comportements sont, de toute évidence, antisociaux voire illégaux. Vous imagineriez difficilement engager un détective pour enquêter sur le passé de votre meilleur ami n’est-ce-pas ? Dans une société mono-normative cependant ces comportements sont souvent tolérés dans le cadre d’une relation amoureuse.

2/ Jouer sur l’imprécision de la frontière entre jalousie raisonnable et déraisonnable.
Ce mécanisme est un mécanisme de résistance au sens Foucaldien. La relation de pouvoir est donc ici inversée : en accusant le jaloux de faire preuve d’une jalousie excessive (ou ‘déraisonnable’) on sape ses arguments afin qu’il relâche son contrôle et qu’on puisse jouir de plus de liberté.

3/ Rendre l’autre jaloux à dessein
Afin de tester la solidité de leur relation, d’aucuns n’hésiteront pas à provoquer la jalousie de leur partenaire par leur comportement. Une fois encore, il s’agit d’un renversement des mécanismes de pouvoir et donc d’une forme de résistance.

Le coût des relations de pouvoir en termes de bien-être affectif
Ce type de relation peut être interprété en termes d’Analyse Transactionnelle comme un rapport Parent Normatif à Enfant Adapté. Les conditions y sont réunies pour que les deux partenaires se livrent à des jeux psychologiques (E. Berne, 1964). Ces jeux psychologiques sont des jeux de pouvoir qui lèsent toujours l’un ou l’autre des participants. Ils sont considérés par Eric Berne comme toxiques car ils nuisent à notre bien-être. L’auteur préfère à ces jeux psychologiques les contacts francs, sincères, authentiques et spontanés qu’il appelle « Intimité ». L’intimité, aussi épanouissante qu’elle soit, est souvent perçue comme difficile à atteindre et ressentie comme dangereuse car on s’y livre sans calcul ni protection.

Pour y parvenir, il est nécessaire de se libérer de l’emprise qu’exerce nos habitudes culturelles pour maîtriser voire éradiquer la jalousie de nos relations. Nous verrons dans une suite à cet article quelques moyens concrets d’y parvenir. En attendant, bonne lecture et je répondrai volontiers à vos questions ici ou par MP.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Post de qualité le 18.09.12, 14h38 par Clown_Down
  • [+3] A lire le 18.09.12, 15h05 par Terrigan
  • [+1] Constructif le 18.09.12, 16h46 par gaspalet
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  • [0] +1 le 19.09.12, 20h31 par michel10
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  • [+1] Pertinent le 20.09.12, 02h17 par Vinsanity
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  • [+1] Intéressant le 11.10.12, 12h04 par Henso
  • [+1] +1 le 03.04.13, 09h56 par Moody'Mg's
3/ Comment s’affranchir de la jalousie

a. Désapprendre la jalousie

En s’exposant de manière assumée et progressive à des situations provoquant un sentiment de jalousie, on peut apprendre de nouveaux comportement pour remplacer ceux qui provoquaient jusqu’alors des effets indésirables. Il s’agit donc de se débarrasser progressivement de réflexes conditionnés. (Benson 2008, Block 2008)

Afin de pouvoir initier ce processus de désapprentissage, il est nécessaire de prendre la pleine et entière responsabilité de nos émotions : « Je ne suis pas jaloux parce qu’il ou elle a fait ceci ou cela. Je suis jaloux parce que je me laisse affecter par tel ou tel comportement. »

Ou pour citer un philosophe dont les pensées trônent sur ma table de chevet : « Considérez les occasions où votre chagrin et votre colère vous ont causé plus de souffrances que les faits eux-mêmes. » Marc-Aurèle


b/ Délégitimer la jalousie

La jalousie n’agit comme mécanisme de pouvoir que tant qu’on lui accorde une légitimité. A partir du moment où l’on considère ce sentiment comme immature ou infondé, on se libère de son emprise. Surtout, cela permet de transférer la responsabilité de l’émotion de celui qui « la provoque » à celui qui la ressent. Le risque est de négliger le vif ressenti émotionnel de son ou de ses partenaires.


c/ Erotiser la jalousie

La jalousie est une émotion forte qui peut être canalisée et utilisée lors de jeux érotiques. Ceux-ci peuvent être fantasmagoriques ou réels. Il s’agit d’associer, selon des scénarios mutuellement consentis, le sentiment de désappropriation du corps de l’autre une valeur érotique afin de transcender la jalousie à travers l’acte sexuel. Il va sans dire que cette proposition s’applique aux adultes avertis et ouverts d’esprit.



d/ Encadrer la jalousie

Au quotidien, certains couples ont choisi de gérer l’influence de la jalousie sur leur relation en mettant en place un certain nombre de règles consenties par les deux parties. Certains couples poly-amoureux par exemple s’autoriseront des aventures mais conviendront ensemble d’un certains nombres de conditions afin d’apaiser les insécurités de leur partenaire. D’autres encore décideront de s’autoriser à rester en contact avec leurs ex ou à nouer des amitiés mixtes mais sans contact sexuel.

L’élément le plus pertinent de cette approche est qu’il implique une communication sans fard sur les envies et les attentes réelles des deux partenaires tout en prenant en considération les blessures d’égo toujours envisageables. Cette communication de fond permet de mettre en lumière les dysfonctionnements du couple ainsi que les vulnérabilités de l’un et l’autre des partenaires. Cela peut donc être vu comme une manière de s’attaquer aux causes profondes de la jalousie et non plus seulement à ses symptômes.


e/ Traiter les causes profondes de la jalousie

Jacques Derrida distingue le ‘Qui’ et le ‘Quoi’ du sentiment amoureux. Cela revient à se poser la question suivante : « Est-ce que j’aime une personne dans son essence (QUI) ou un ensemble de qualités présentes chez cette personne (QUOI) ? » Dans le second cas, la composante profondément narcissique du sentiment amoureux apparaît clairement. On peut aimer une personne parce qu’elle est belle et intelligente et qu’en cela elle nous renvoie une image favorable de nous-même en nous choisissant comme partenaire. La peur de perdre l’autre est une peur de perdre une image idéalisée de nous-même.

L’estime de soi est donc un paramètre déterminant. Une étude conduite par Don Sharpsteen de l’Université du Missouri révèle que les participants montraient davantage de jalousie lorsque leur estime de soi était défaillante.

C’est d’ailleurs la stratégie employée par Iago, le serviteur d’Othello lorsqu’il souhaite faire naître le doute chez son maître. Il lui suffit de rappeler à celui-ci que son épouse Desdémone a dû renoncer à de meilleurs partis pour l’épouser. De là naît un questionnement sur sa propre valeur qui le plonge dans la spirale de suspicions à teneur paranoïaques : il se met à chercher des preuves imaginaires et se livre à des interprétations abusives. Le roi Maure va même jusqu’à voir dans son propre soupçon la preuve incontestable de l’infidélité de son épouse.

« Ils sont jaloux parce qu’ils sont jaloux. C’est un monstre engendré de lui-même, né de lui-même. » Shakespeare, Othello

Par ailleurs, cette peur de perdre l’autre qui peut conduire à des comportements jaloux peut être liée à la peur de perdre l’intimité du couple. Selon la sociologue Robin Simon de l’Université de Wake Forest, les aléas d’une relation sentimentale sont plus douloureux pour les jeunes hommes que pour leurs partenaires car ils n’ont pas autant de conversations intimes que les femmes avec leurs amis. Si leur relation périclite, ils perdent leur source exclusive d’empathie et d’intimité, raison pour laquelle ils sont enclins à s’y accrocher avec la force du désespoir.

Si votre relation s’achevait compteriez-vous sur un miracle pour rencontrer « la prochaine »?

Faites-vous reposer tout votre épanouissement émotionnel sur votre partenaire ?

Votre relation sert-elle à compenser une estime de soi défaillante ?

Si oui, vous risquez fort de devenir jaloux à la moindre occasion. Il serait peut-être bénéfique de vous accorder le temps de prendre amoureusement soin de vous-même et de vos autres relations.


La vie est trop courte pour passer son temps à surveiller ou contraindre celle ou celui qu’on aime. On ne ferait que vivre dans la peur et le doute. Sachez reconnaître et privilégier les approches prônant la paix intérieure et l’empathie la plus radicale. Non seulement, cela fonctionne mieux mais surtout l’aventure n’en est que plus belle et plus ambitieuse.

« Qui vit en paix avec lui-même vit en paix avec l’Univers. » Marc-Aurèle
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Constructif le 19.09.12, 20h01 par LittleNeapolis
  • [+2] Constructif le 19.09.12, 20h33 par michel10
  • [+1] Intéressant le 19.09.12, 20h50 par bridget
  • [+1] Post de qualité le 20.09.12, 02h15 par Vinsanity
  • [+1] Post de qualité le 23.09.12, 21h14 par Mastery
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  • [+3] A lire le 06.08.13, 12h19 par Cellar Door
  • [+1] Constructif le 19.01.14, 20h09 par senney
  • [+2] A lire le 16.06.19, 21h57 par Jalapeno
Si j'ai bien compris, il faudrait faire en sorte que ça partenaire est suffisamment d'estime pour elle pour éviter qu'elle soit trop jalouse, le tout en étant soit même bien dans sa peau.

Je me permets une ouverture partant de ce constat là, on peut considérer qu'un couple dans lequel les deux protagonistes se soucient de leur estime de soit et de celle de leur partenaire est un modèle de couple qui tend à réduire le problème de la jalousie.

Et c'est souvent l'erreur de ceux qui manipulent qui pensent qu'en abaissant l'estime de leur partenaire, ils auront un meilleur contrôle sur lui ce qui fera durer le couple dans le temps.

Je pense que c'est un rappel important que tu fais là, surtout que ton propos est très bien présenté, digne d'un article de presse universitaire.

ps: je suis globalement, à l'heure actuelle, favorable à l'exclusivité sexuel dans mon couple, sans doute parce que c'est le modèle que j'ai le plus rencontré et qu'il me semble être la norme. Et je pense que la norme est aussi d'être jaloux dans certain cas, ce qui peut être un piège. Mais l'article le dit très bien dès lors qu'il semble "normal" d'être jaloux pour prouver un certain "amour".
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Pertinent le 06.08.13, 12h11 par Blusher
Pour ma part, je suis en relation libre, et pourtant nous n'avons pas vraiment réussi à ne pas être jaloux. S'il ne s'agit plus d'une jalousie à cause d'actes physiques faits avec d'autre, il reste tout de même une jalousie de "tu ne passes plus de temps avec moi" ou "tu es plus intéressé(e) par rencontrer d'autres gens que par passer du temps avec moi", etc.

Il me semble que ce type de jalousie est plus difficile à éliminer, et que c'est plus qu'un simple problème de confiance en soi. Ce n'est pas parce que je sais que je pourrais trouver une nouvelle copine que je serai à l'aise avec le risque de perdre celle là. Si ce n'était qu'un problème de confiance en soi, alors la solution serait... quoi, de se sentir mieux que tous les autres mecs qu'elle pourrait rencontrer ? Ce n'est plus de la confiance, mais de l'orgueil. Je sais qu'elle peut rencontrer mieux et me quitter, je sais que ce ne serait pas la fin du monde, néanmoins ça me ferait chier.
Hello Blusher,

Je remonte ce topic en espèrant avoir une réponse, parce qu'en fait je suis venu sur cette partie du forum pour écrire quelque chose en rapport direct avec ton article.

Ma conception des choses est basée sur mes expériences, ce que j'ai vu, et surtout ce que je veux. En m'écoutant vraiment, j'ai pu réfléchir sur les tenants et les aboutissants de la jalousie et je suis arrivé à quelque chose de vraiment similaire à ce que tu décris. Cependant, j'ai lu ni Foucault, ni Shaekspeare, ni pas mal d'autres trucs, et je suis sur que tu pourrais me donner des pistes intéressantes.

J'ai 23ans et j'ai jamais été en couple jusqu'à peu. Tout d'abord parce que j'ai longtemps aimé être anticonformiste et pas adopter les codes imposés, et aussi parce que j'avais pleins d'insécurités qui m'empêchait même de concevoir être aimé et être en couple. Du coup, ménage par le vide dès qu'un doute m'assaillait, dès que quelque chose me dérangeait.

J'ai pas mal réglé ces problèmes d'insécurités grâce au site, à l'improvisation théâtrale et à une consommation régulière d'alcool dans tous les bars de ma ville ou je fais le show.
J'ai réussi à être plus ou moins sur de moi, à me croire désirable pour la majorité des filles (même quand c'est pas le cas), et j'ai du coup rencontré une fille cool, que j'ai pas envoyé chier au bout de deux semaines.

En étant d'abord "des amis qui couchent ensemble de temps en temps", sans règles ni compromis mais de la discussion, on a fini par s'aimer et l'on se définit donc maintenant plus ou moins comme un couple libre.
Beaucoup de discussions, que je menais, nous ont menés là. Ma conception est que je l'aime elle, et que j'aime passer des moments avec elle. Les moments qu'elle passe quand je ne suis pas là ne me regarde pas. Elle a approuvé cette idée au début, un peu par défaut parce qu'elle m'aimait aussi, et depuis elle se sent plus libre, et on kiff pas mal.

En théorie, tout devrait être aussi cool que ça. J'ai totalement délégitimisé la jalousie, je m'en veux un peu quand je la ressens, et je la garde pour moi en la rationalisant pour la rendre pathétique ou ridicule.
Mais y'a des blessures d'égo, auxquelles tu sembles apporter de l'importance.
Je t'avoue que dans ma conception des choses, tout ce qui était jalousie était culturel et combattable, mais qu'il en était de même pour les blessures d'égo.

Si elle trouve qu'un mec est un meilleur amant que moi, mon égo de mâle est blessé. Mais je suis censé m'en foutre, non?
Si elle trouve XX plus beau, pareil?
Et même si elle trouve XX plus beau, plus génial et plus intelligent, mais qu'on continue à se voir, et à passer des bons moments ensemble?

C'est ce que je pense, mais c'est là ou elle bloque. Elle est plus ou moins d'accord sur le fait théorique, mais ne l'accepte pas.
Par exemple elle me demande de lui parler des autres filles que je vois. Et quand hier je lui ai dit qu'en fait j'étais plus sur d'en avoir tant envie que ça, elle l'a pas super bien pris.
Si je vis un flirt avec une fille que je trouve géniale, elle se sentirait en danger et elle m'a déjà dit que ça ne lui conviendrait plus.

Alors je suis d'accord, l'important c'est de discuter et de trouver ce qui nous convient. Mais même si moi aussi je me sentirait peut être en danger dans ces cas là, j'ai du mal à légitimiser ça. Ca reste de la jalousie il me semble. Ca reste des contraintes qui nous empêche de profiter de la vie et de ce qu'elle nous offre, à cause d'insécurités bidons, ou de blessures fictives à l'égo?

TU sembles vraiment faire une distinction avec l'égo et la jalousie. Je vois pas vraiment.


Sinon, j'espère que tu pourras répondre, mais j'ai déjà été ravi de voir que tu avais pu mettre sur papier, tout ce que j'ai déjà pu pensé ou envisager. Je me sens un peu moins seul contre tous, parce qu'au final quand on assume son couple libre, on est quand même assez vite un connard pour la plupart des gens.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Pertinent le 11.10.12, 13h28 par Reborn
Je devais ne plus écrire ici, mais bon, tu m'a répondu sur le sujet de la jalousie, alors moi j'ai un problème un peut similaire, avec ma première ltr ou j'ai eu ma première relation fc ect ou j'ai d'ailleurs foirer ma première fois bref, on à discuter un jours avant la saint valentin, je m'étais pris la tête avec elle pour certain détail, et soit disant elle me dit que sa va trop vite, qu'elle avait eu une dernière relation assez lourde, qu'elle croyait que je m'attacher vite, et je lui dit écoute, ta cru comprendre sa, moi j'ai cru comprendre que toi tu voulais sa de moi, on à fixer une relation plan Q/ amis même si j'ai pas encore vue de mes yeux si sa va ce produire ^^ , pourtant quand je lui et dit que j'ai embrasser une fille quand on était en relation par la suite elle ma raconter une histoire pour me rendre jaloux, donc je comprend encore moins :)
et je pense que la jalousie et souvent un signe que quelqu'un veux plus finalement mais n'a pas les couilles de savoir ce qu'il veux.

et sa pose un problème d'éthique, je séduit une autre femme en ce moment, et je me dit vis à vis d'elle ? sa ne ce fait pas, et vis à vis de celle qui dit que je suis libre de "pécho" ?

La plus part du temps je pense que la jalousie et une excuse, on et jaloux parce qu'on ne possède pas la personne, pour ne plus être jaloux il faut accepter le fait, que rien ne nous appartient, rien n'est acquis, je pense que sa reste le meilleur moyen de vaincre la jalousie et que l'ego et la plus grosse connerie...

Moi j'ai était de moins en moins jaloux en acceptant ce fait, en m'acceptant comme je suis, en profitant de mon manque d'expérience et coup raté avec plaisir, finalement l'ego faut le laisser de côté, même par rapport à des conflit ou les gens pensent être "dominant" laisse une vaste prairie à des vaches et mouton et tu auras un meilleurs contrôle en leur laissant faire ce qu'il veulent, observe, et la tu cernes le tout, la jalousie pareil, je la laisse s'emparer de moi, et je me dit juste, sa n'est qu'une illusion, rien de plus, si tu cherche à rationaliser, tu fais un effort qui n'a pas lieu d'être et finalement tu laisse une plus grande trace dans ton esprit.

Si tu accepte le fait de ressentir ceci, et de te dire " sa n'est qu'une illusion " sa part tout seul, faut pas chercher à lutter mais à être dans le problème à l'intérieur, car la plus part du temps sa n'est qu'illusion 99% de ce qu'on pense son de grosse connerie, puis faut accepter le fait que certain son meilleur, mais qu'est ce que être le meilleur ? je préfère être un mec qui garde l'esprit d'un débutant et apprend sans cesse que celui qui pense être un expert et donc apprends de moins en moins ou et trop "plein" mais la on et dans un autre sujet...

Bref la jalousie pour résumer, souvent elle survient quand on à pas confiance en soi, et même si on à confiance en soi elle peut survenir, quand on sais qu'on ne possède pas la personne, mais on ne la possédera jamais et être jaloux n'empêche rien du tout, si on prend conscience que rien n'est acquis et qu'on ne possède rien, les autres seront qu'il ne nous possède pas.
Citation:
TU sembles vraiment faire une distinction avec l'égo et la jalousie. Je vois pas vraiment.


Je sais pas si c'est parce que j'ai lu Shakespeare ; )
Mais je n'ai pas compris ça dans l'article de Blusher.

Chercher à avoir de l'emprise sur sa jalousie, pour ne pas verser dans le médiocre est checker mail, téléphone sms, c'est bien.

Cela ne fait pas un devoir de tolérer tous les comportements. Je ressens de la jalousie car ma copine qui adore le rock danse (innocemment) avec un mec qui est meilleur danseur que moi => ma gueule, j'ai qu'à prendre des cours

Elle en parle en gloussant douze fois dans la soirée => Behave poupoune !
Bonjour...

Qu'est ce qui te gene le plus ?

Qu'elle danse avec un homme qui le fait mieux que toi ?
Personne n'est parfait et excellent en tout...tu as d'autres qualites.

Qu'elle glousse en parlant de lui a maintes reprises ?
Peut etre devrais tu lui exprimer ton ressenti face a ce comportement en prenant soin de parler de TES sentiments en employant le JE et non le TU qui tue.


Personne n'est ou n'a ete a l'abri de la jalousie.
L'important est de l'identifier, d'en comprendre le processus pour pouvoir faire face et se faire le cadeau d'une vie sereine.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] ??? le 24.03.13, 13h40 par Boubou
Je ne pensais pas avoir si mal écrit. J'essayais d'éclairer la lanterne de Maniac, j'étais pas du tout dans le SOS.
Si elle danse avec un autre (sans que ce soit chaud, ni rien du tout) et que cela me rend jaloux, c'est de ma faute et c'est à moi de prendre sur moi. Après tout, rien de mal dans le fait de danser.

Si elle danse avec un autre, et glousse comme une dinde et en fait des caisses la dessus pendant des heures, c'est un comportement de gamine et je lui demanderai de me manifester un peu plus de respect.
Sorry...je n'avais pas compris que c'etait un exemple :blbl: