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Consentement : la zone grise

Note : 61
lancé par Jalapeno le 05.06.2018
21 réponses
dernier par Perlambre le 08.06.2018, 23h30
LeBeauGosse a écrit:
Mais tu mets quoi derrière ce mot harcèlement ? Parce que dans 90 % du temps ça n'en est pas d'un point de vue juridique

Citation:
La loi punit le harcèlement dans toutes les situations.
C'est la fréquence et la teneur des actes qui compte.
Ces actes peuvent être :
- des insultes ou vexations,
- des menaces,
- des propos obscènes,
- des appels téléphoniques, SMS ou courriers électroniques malveillants,
- des visites au domicile ou passages sur le lieu de travail...

Source : https://www.service-public.fr/particuli ... its/F32247
Donc non, juridiquement, "hey salope !" n'est pas une incivilité à partir du moment où c'est répété.
Et c'est sans prendre en compte les autres abus qui vont de l'attouchement au viol et qui sont aussi très (trop) courant.

LeBeauGosse a écrit:
(et puis sans faire la victime, les coups de poing, les coups de couteau et le risque accru de se faire violer, c'est pour les hommes, donc bon, quand une amie me dit qu'elle se sent pas en sécurité, je lui montre les rapports de police et lui explique comment elle peut mettre fin à une interaction de manière agréable pour l'autre ainsi que les endroits où elle devrait pas passer.)

Hmmm tu as des sources ? C'est quoi les "rapports de police" ? Tu les écris toi-même ? Si tu veux discuter statistiques, il y en a ici et ; 95% des victimes de viol (déclaré) sont des femmes... Je ne vois pas trop où tu veux en venir ?

Dans tous les cas, l'idée n'est pas d'opposer hommes et femmes, comme toi je ne penses pas qu'on résoudra le problème de cette façon. Par contre, et pour revenir au sujet, je pense que le consentement est une des clé qui permettra de débloquer la situation, même si c'est une notion qui doit encore être questionnée et clarifiée.
Faire le point entre ses envies et non-envies, en tant que femme.

A ce propos, un bouquin intéressant d’une psy, Catherine Bensaid « Libre d’être femme ».

Pour elle, une femme libérée cad qui a un bon job, de l’argent, des amants, n’est pas automatiquement libre. La véritable liberté passe par vivre réellement selon ses désirs, sans attendre une autorisation venue de l’extérieur. Tant que les femmes resteront dans leur tête des objets sexuels, tant qu’elles ne s’affranchiront pas des attentes qui pèsent sur elles dans un couple ou un travail, elles ne s’autoriseront pas à construire une existence conforme à leurs aspirations profondes.

Dans le cas du consentement évoqué ici, lors d’une rencontre par exemple, ce n’est pas parce qu’une femme suscite le désir masculin qu’elle est contrainte à s’y abandonner, ce n’est pas parce qu’un homme bande qu’il va lui sauter dessus.
C’est pour elle, savoir faire le choix de ne pas donner suite, de rentrer seule chez elle. Tout en sachant que choisir c’est aussi arrêter d’entretenir sa propre ambivalence, arrêter d’allumer un mec parce que ça flatte égoïstement son égo féminin.

Choisir c’est savoir aussi renoncer à plaire à tout prix. C’est savoir ne pas « faire plaisir ». En tant que femmes, nous sommes très souvent élevées avec l’idée qu’il faut « être gentille ». Ah l’éducation ! Dire non à un homme, c’est quelque part dire non à nos parents. Et s’il y a bien une chose à faire le plus rapidement possible c’est prendre la mesure de l’importance de ce premier non. Prendre le risque d’être désapprouvée, s’affranchir d’un modèle parental, nous permettra de mieux construire nos relations avec les hommes.

Et puis au lieu de se focaliser sur le désir du mec, il me semble important d’écouter son ressenti. Etre égoïste dans le bon sens du terme. De quoi ai-je envie, moi ? Suis-je désirante à son égard ? En adoptant cette façon de faire, nous sommes actrice de l’interaction et non simple objet livré à la convoitise d’un homme. C’est aussi se mettre à égalité avec lui, embrasser au lieu de se laisser embrasser, participer à la parade amoureuse au lieu de la subir par crainte de le froisser. A ce propos, pourquoi toujours cette crainte de froisser un mec ? Dire non peut se faire de façon sympathique et s’il le prend néanmoins mal, cela lui appartient.

Je me demande si la fameuse zone grise n’est pas tout simplement alimentée par la peur qu’ont certaines femmes à l’égard des hommes. Cela peut provenir de mauvaises expériences passées dont certaines peuvent laisser des traces profondes. Cela peut être la peur du sexe aussi. La peur d’être envahie, de ne pas être à la hauteur, d’avoir mal. Se laisser faire puis en vouloir au mec est une façon de se dédouaner, n’est-ce pas plus simple dans l’esprit de certaines que de se remettre en question en travaillant sur leurs insécurités ?

Et enfin, il me semble que les hommes de bonne volonté ont un rôle participatif à avoir non négligeable pour en finir avec la guerre des sexes. En encourageant par exemple les initiatives féminines en matière amoureuse, même une timide peut se révéler lionne dans une ambiance confiante, en acceptant d’échanger les rôles aussi sans pour autant s’imaginer castrés. En soutenant les femmes dans leurs envies de ne plus subir des comportements inadmissibles parce que le harcèlement n’est pas qu’un combat féminin, c’est l’affaire de tous…
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +3 (A lire) le 08.06.18, 23h33 par Avalanche
  • +2 (A lire) le 09.06.18, 06h52 par Sathinelilly
  • +3 (Absolument) le 09.06.18, 10h32 par Jalapeno
  • 0 (Intéressant) le 10.06.18, 02h24 par Diek
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