Dans sa définition personnelle du charisme, Master Roshi aborde la notion de domination du "charismatique" sur le "suiveur". Se pose alors la question de savoir si une autre forme de rapport ne serait pas plus profitable aux deux sujets qui composent une interaction.
Vous avez peut être déjà entendu parler de la stratégie CRP, pour Coopération Réciprocité Pardon. Stratégie développée par le mathématicien et psychologue Anatol Rapoport. Bénéfique aux deux protagonistes, elle traduit non pas un jeu à somme nul comme le composerait une relation entre un gagnant et un perdant (ou un charismatique et un suiveur), mais une relation gagnant-gagnant ou les deux seraient bénéficiaires.
Robert Axelrod reçut 14 disquettes de programmes envoyés par des collègues universitaires également intéressés par ce tournoi. Chaque programme édictait des lois différentes de comportement (pour les plus simplistes, deux lignes de code de conduite, pour les plus complexes, une centaine), le but étant d'accumuler le maximum de points. Certains programmes avaient pour règle d'exploiter au plus vite leurs voisins, de s'emparer par la force ou la ruse de leurs points, puis de changer rapidement de partenaires pour poursuivre cette accumulation de points. D'autres essayaient de se débrouiller seuls, gardant précieusement leurs points et fuyant tout contact avec ceux susceptibles de les voler. Des règles stipulaient : "Si l'autre est hostile, l'avertir qu'il doit modifier son comportement puis procéder à une punition." Ou encore : "Coopérer puis obtenir des défections-surprise provoquées par un système aléatoire." Chaque programme fut opposé 200 fois à chacun des autres concurrents. Celui d'Anatole Rapaport, équipé du comportement CRP (Coopération-Réciprocité-Pardon), battit tous les autres.
Encore plus fort, le programme CRP, placé cette fois au milieu des autres en vrac, s'avéra au début perdant devant les programmes voleurs agressifs, mais finit par être victorieux puis même "contagieux", au fur et à mesure qu'on lui laissait du temps. Les programmes voisins, constatant qu'il était le plus efficace pour accumuler des points, alignèrent en effet leur attitude sur la sienne.
Est-ce concrètement applicable dans une relation humaine ? A vrai dire je suis un peu mitigé. Une relation entre un homme et une femme comprend quand même beaucoup plus de paramètres qu'un simple échange de point entre ordinateurs. Assimiler un algorithme à des rapports humains semble un peu trop réducteur, ceci dit force est de constater qu'appliqué à la vie de tous les jours, ça propose une manière de fonctionner assez saine.
Il/elle est sympa avec moi, je suis sympa avec elle/il. Il/elle m'emmerde, je l'emmerde. Puis je pardonne, et on repart sur de la coopération. De cette manière on évite les frustrations qu'engendre la soumission, et on évite de se perdre de la rancœur et la rancune. Ça peut paraître un peu trop simple, voir absolu, trop rigide pour s'adapter aux explosions propre aux diverses personnalités qu'offre l'esprit de l'Homme avec un big H, mais appliquée avec un peu de souplesse et une bonne prise de recul c'est une stratégie qui marche plutôt bien sur le long de terme. Car, et l'expérience le prouve, les comportements les plus agressifs ne gagnent sur sur le court terme.
Le modèle est en revanche beaucoup moins adapté pour faire face à des jeux psychologiques plus complexes, qu'il parvient tout au plus à neutraliser. Ce n'est pas sa fonction, et c'est très bien ainsi : s'il constitue en quelque sorte un modèle de gestion du "risque relationnel" sur un plan socio-managérial, il ne saurait, en revanche, permettre de "faire l'économie" du risque inhérent à toute rencontre, sur un plan plus personnel.
http://oliveretcompagnie.blogspirit.com/archive/2007/04/10/coop%C3%A9ration-r%C3%A9ciprocit%C3%A9-pardon-les-risques-du-m%C3%A9tier.html
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- Notes et commentaires reçus par ce post :
- +1 le 01.02.12, 15h44 par Roshi
- +2 (Très intéressant) le 03.02.12, 12h23 par FrenchKiss
- +1 (Intéressant) le 06.02.12, 16h54 par Mikau






