Discussion

Copine: anxiété, fatigue, perte du désir

Note : 6

le 04.04.2019 par Esope

24 réponses / Dernière par stacy_21 le 26.04.2019, 11h35

Esope a écrit:
Le négatif: je crois qu'elle est au bord de la dépression les jours de semaine, sans énergie... Un soir de la semaine dernière, elle était prostrée à la maison, elle a voulu qu'on aille se coucher à 20h15 et ensuite elle voulait regarder mon visage jusqu'à s'endormir, sans parler. En général, elle veut que je la serre dans mes bras de plus en plus souvent et au lit jusqu'à ce qu'elle s'endorme. J'ai l'impression qu'elle s'accroche à moi comme à un rocher pendant une tempête et cette situation n'est vraiment pas facile pour moi non plus.
Elle est consciente de son état émotionnel, mais pense qu'il n'y a pas de solution.

Elle m'a aussi dit, que [b]si je n'étais pas là, elle passerait ces journées au lit, à ne rien faire. Et elle m'a aussi répétée qu'elle ne veut pas travailler... [/b] Moi c'est le genre de phrase qui me fait sonner des alertes rouges dans la tête

Elle voudrait rester à la maison pour s'occuper des enfants et décider de tout

Pour l'instant c'est dur de discuter de ces désaccords car elle se bloque totalement et boude pendant des heures

Pour ses projets à long terme, je ne sais pas ce que je dois en penser. Je souscrit plus ou moins aux grandes lignes mais les détails me semblent soit impossible soit pas pour moi.


Allloooorrrsssss.

Je me sens obligé de prendre part à la conversation parce que je lis, comme tu le dis toi même "fait sonner des alertes rouges dans la tête".

Ce que je ressens en lisant les différents messages que tu as pu poster jusqu'à présent, c'est que ta copine est en pleine souffrance : anxiété, envie de dormir tout le temps, plus d'envie = dépression.
Et la dépression est une maladie qui se soigne (dieu merci).
Je comprends qu'elle aille mal et que tu sois là pour elle (et c'est tout à ton honneur).

Cependant n'oublie pas une chose : dans une dépression, la véritable aide que l'on peu obtenir c'est celle qui vient de nous même.
Tant qu'elle n'aura pas pleinement conscience de son état elle qu'elle n'en aura pas pris la pleine mesure, elle ne fera rien pour que les choses changent.

C'est génial de penser à elle, de faire le maximum pour son bien être etc. Cependant essaye de ne pas t'oublier : toi aussi tu as des besoins : qu'on te donne de l'attention, qu'on s'occupe de toi, qu'on te montre que tu es important etc etc etc.
A force de donner, donner, donner, on finit par s'épuiser.
Pense à prendre des temps morts pour faire des choses qui TE font du bien (sport, sortie avec les potes, lecture, ciné...bref : pense à toi. Ce n'est pas être égoiste, bien au contraire, en prenant soin de toi tu recharges les batteries pour pouvoir de nouveau être disponible et en pleine possession de tes moyens pour affronter la situation et soutenir ta copine.

Maintenant je rebondis sur ses réactions "je boude quand ça me convient pas".
Je te suggère de mettre le "hola" tout de suite, et n'attends pas (un conseil, après tu fais ce que tu veux hein !). J'ai déjà vécu ce genre de situation, où on rentre en conflit et on n'arrive pas à trouver un terrain d'entente, alors la solution c'est "je boude" jusqu'à ce que l'autre "craque" et revienne en rampant, pour essayer d'arranger les choses et de faire que tout aille pour le mieux.
Ce n'est pas la solution. Vous êtes un couple, et la clé d'un couple c'est la communication. Le boudage, le "je fais la gueule" ce n'est jamais la solution. N'accepte pas ça, personne ne devrais l'accepter. Si vous n'êtes pas capables de communiquer maintenant (alors que vous n'avez pas d'enfants et finalement peu de raisons de vous disputer) qu'est ce que ce sera le jour où vous avez des enfants, des problèmes à gérer, des décisions importantes à prendre ? Si la réponse au conflit c'est : je me replie sur moi même, je boude => c'est direct une impasse.

Quand je lis ton récit j'ai l'impression que ta copine est en train de se noyer, je lis un grand manque affectif et un besoin de le combler, et tu es là, comme une bouée de sauvetage.

Ta copine a réellement besoin d'aide, de comprendre d'où viennent ces angoisses.
Si elle a conscience du problème mais qu'elle ne se sent pas capable de prendre les décisions énergiques nécessaire pour l'affronter, alors dis lui que les problèmes ne se résolvent pas tout seul, y a rien de magique dans ce bas monde. Seulement il faut se remonter les manches, attraper tout ce mal-être par le col-bac et l'envoyer valser dans un fossé à coup de psychologue, sophrologue, acupuncteur ou.. ou juste peut importe : juste trouver une porte de sortie et foncer.

je te souhaite tout le courage du monde, et n'oublie pas : tu as une vie toi aussi !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Post responsable le 25.04.19, 15h04 par Thedaze
Attention quand même au diagnostic amateur. La dépression c'est une vraie maladie, certes, qui se soigne, certes, mais ce n'est pas pareil qu'un épisode de déprime lié à des causes existentielles.

En y repensant, Esope, je me dis que ta copine a peut être davantage besoin de ressources que de soins. Et que c'est peut être comme ça que tu pourrais l'inciter à s'occuper de son mieux être.
Elle traverse clairement des questions qui la dépassent, qui la secouent, elle voit qu'elle a des choix à faire qu'elle n'avait pas prévu... C'est ça devenir adulte, ce n'est pas une maladie, mais on peut avoir besoin de guides, de conseils, d'astuces. Bref de ressources.

Méditation, voyage, atelier créatif, sport, chacun son truc... à définir en fonction de ses aspirations.
voucny a écrit:
Attention quand même au diagnostic amateur. La dépression c'est une vraie maladie, certes, qui se soigne, certes, mais ce n'est pas pareil qu'un épisode de déprime lié à des causes existentielles.

En y repensant, Esope, je me dis que ta copine a peut être davantage besoin de ressources que de soins. Et que c'est peut être comme ça que tu pourrais l'inciter à s'occuper de son mieux être.
Elle traverse clairement des questions qui la dépassent, qui la secouent, elle voit qu'elle a des choix à faire qu'elle n'avait pas prévu... C'est ça devenir adulte, ce n'est pas une maladie, mais on peut avoir besoin de guides, de conseils, d'astuces. Bref de ressources.

Méditation, voyage, atelier créatif, sport, chacun son truc... à définir en fonction de ses aspirations.


Je ne suis pas médecin ou psychologue, c'est sûr.
Mais je suis passée par là moi aussi, et ce que je lis dans les posts c'est exactement ce que je ressentais à ce moment là.
Un manque d'envie et de motivation pour quoi que ce soit, un rejet complet du travail (alors que pourtant j'adore mon job), l'envie de dormir toute la journée, ne plus trouver aucun plaisir dans quoi que ce soit, une libido inexistante, de la tristesse h24... Ca rejoint un peu ce que j'ai lu un peu plus haut.

Je cite internet qui en connait certes un peu plus que moi sur le sujet :
"La dépression se caractérise par des perturbations de l'humeur (tristesse, perte de plaisir). L'humeur dépressive entraîne une vision pessimiste du monde et de soi-même. Elle dure plus de deux semaines et retentit de manière importante sur la vie quotidienne (perte du sommeil, troubles de l'appétit et du désir sexuel, perte des performances intellectuelles, isolement...)
La volonté seule ne permet pas de s'en sortir. C'est pourquoi elle doit être soignée pour ne pas se compliquer ou devenir chronique."

Au final, peu importe de mettre des mots sur ce qu'elle ressent, de savoir s'il s'agit d'une dépression ou d'une déprime passagère.
Mais ce qui est sûr c'est que la situation actuelle n'est pas normale, saine ou viable dans le temps...
  • Esope
  • Score : 1 - 30 ans
Merci beaucoup (à vous tous) de prendre le temps de me répondre, c'est vraiment génial d'avoir vos retours.
Voucny et Stacy_21, vous y voyez clair. Et oui, l'école privée est une école Steiner: elle a été dans une école de ce type jusqu'à ses 18 ans et en est resté culturellement assez proche sur certains points. Pour moi, l'approche de ce type d'école est intéressant sur certains points mais la philosophie/spiritualité/organisation du truc me hérisse le poil parfois.

Concernant la dépression, je trouve comme Stacy_21 que ça y ressemble mais je ne me risquerai pas à faire un diagnostic. N'étant pas expert, j'adorerai qu'elle aille voir un pro à ce sujet. Perso ça me rappelle beaucoup ce que j'ai vécu au début de la 20aine et dont je suis sorti par un travail de fond sur moi, en sortant de ma zone de confort progressivement puis en voyant un psy pour la fin (ce que j'aurai peut être du faire dès le début).
Pour elle ça traine depuis des années aussi (succession de longues phases up ou down depuis ses 18 ans). Les phases down elle n'a pas la force de faire quoi que ce soit et de se prendre en charge, et les phases up, elle n'en a pas besoin... donc elle n'a toujours pas commencé essayer de s'en sortir et elle préfère s'isoler, ne veut pas en parler à ses proches ou à un médecin...

Le passage à la vie d'adulte est clairement présent aussi. Elle n'a jamais vécu seule ou en couple auparavant, elle ne s'était jamais assumée totalement financièrement et a plus ou moins suivi un parcours de vie sans réfléchir à l'étape suivante, en évitant les gros choix. Et oui elle réagit encore parfois comme "une enfant" (elle boude parfois, elle ne range pas ses trucs, à peur d'être seule à l'appart...). Je ne la critique pas sur ces points, c'est un apprentissage et on va voir comment ça évolue. (j'ai quand même parfois l'impression d'avoir une gamine à la maison).

Pour les projets de long terme: c'est clair, il n'y a pas urgence et j'évite les prises de tête la dessus (même si elle revient très régulièrement sur le sujet avoir des enfants, et comment elle s'imagine avec, et comment sa cousine ou d'autres font, comment ils vaudraient mieux faire...). Bien sûr j'ai aussi ma vision des choses, avec des lignes rouges et d'autres qui sont négociables, et d'autres qui changeront sur le tas, car entre l'idéal et la pratique il y a un monde...
Ces visions peuvent évoluer pour nous deux mais il faudra clarifier ça un jour ou l'autre, comprendre l'autre et le pourquoi, et si possible avant d'avoir des enfants (j'exagère un petit peu, mais j'ai pas envie de vacciner mes futurs enfants à l'insu de leur mère)
NB: juste évoquer un point qui ne va pas dans sa direction la fait bouder, et de ce fait empêche une discussion sur le sujet (je dis A, elle pense B, elle boude et prétend que tout va bien et ne revient plus sur le sujet, n'argumente pas, et m'empêche aussi de savoir ce qu'elle pense vraiment)

Concernant ma vie: Ca m'affecte mais j'essaye de ne pas trop me laisser absorber par tout ça. Je fais du sport, j'ai des projets à côté de mon (futur) job, j'essaye de profiter de "l'instant présent"... j'ai pas l'impression d'avoir la tête sous l'eau.
Et aussi, j'avance les points négatifs ici. Certes c'est pas une relation idéale 100% du temps, je me pose des questions et j'essaye de faire en sorte qu'elle se sente mieux, mais quand elle est "up", la vie à deux est vraiment très belle.
C'est chouette ce que tu dis. Que oui ce n'est pas une relation idéale mais que quand même il y a des bonnes choses.

Pour ce qui est des questions concernant le futur, y a un proverbe assez sympa que j'aime bien : S'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction
Partager des valeurs communes, des envies, avoir des projets.

L'éducation des enfants (pour moi hein et je ne fais pas une généralité de ce que je pense) c'est un sujet clé dans un couple.
Je connais pas mal de personnes pour qui la vie était compliquée et qui ont décidé de faire des enfants pour "réparer" leur couple. "Ce sera quelque chose qu'on va partager, ça va nous souder !".
C'est pas comme ça malheureusement. Un enfant ça demande beaucoup de responsabilité, d'attention, de temps.. et forcément ça soulève des problèmes et des disputes qui accentuent un mal-être de base quand le couple est déjà fragile.

Le bon sens préconise : sois fort dans ton couple, soyez en phrase, surmontez des épreuves, soyez à l'écoute de vos besoins respectifs et parlez-vous. La communication est la clé de tout.
Quand le couple est fort et en phrase, alors là c'est le bon moment.

Vous rencontrez des difficultés qui sont ancrées dans le présent, commencez déjà par surmonter ces choses qui vous empêchent d'avancer ensemble.
Chaque chose en son temps.

Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs :-)

ps : pour autant je pense que quand on a une vision du futur et de la vie en générale et du couple différente, les choses peuvent devenir compliquées rapidement.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Merci ! :) le 26.04.19, 11h53 par Esope