[Q] De la multiplicité des sentiments

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Bon, certes, je sais que faire dans le sentimental n'est pas forcément le truc ici mais après réflexion, le sujet me parait intéressant.

L'autre soir, avec une collègue et amie que j'adore (et qui, soit dit en passant, a beaucoup aimé FTS), on est allées boire un verre. Nous avons discuté de sa nouvelle copine dont elle est raide dingue, de mon mariage, de nos passés respectifs assez... "sulfureux" et des sentiments, de leur place la dedans.

Bref, de ce babillage, nous avons fini sur une conversation sérieuse : comment aimer, quelles sont les façons d'aimer, peut-on aimer plusieurs personnes... Je lui racontais une conversation que j'ai eu avec un "FTSien" a ce sujet.

En fait, selon moi, les sentiments sont présents sous de multiples formes sans pour autant être exclusifs ni limitatifs. Par exemple, on peut être avec une personne, l'aimer sincèrement et avoir de temps a autres des "pics" amoureux envers d'autres personnes qui resteront purement platonnique ou du moins temporaires.

J'étais surprise de voir qu'elle partage cette façon de voir.

En gros, l'idée est de se dire qu'on peut aimer passionnément, intensément et temporairement sans pour autant que la rupture ne soit un échec ou un calvaire. Certaines personnes auraient apparemment un "surplus" affectif qu'elles offrent de façon aléatoire et sans pour autant souffrir de non-réciprocité ou de l'impossibilité de partager ça avec l'autre a travers une relation de couple.

Par exemple, une personne peut avoir plusieurs FF pour lesquels elle éprouve un vrai sentiment amoureux et sans pour autant vouloir les enfermer dans une relation plan-plan ou exclusive.

Et vous, qu'en pensez-vous? Avez-vous déjà vécu ça d'un côté ou de l'autre?
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  • +3 (Très intéressant) le 26.10.10, 21h12 par Champion

MaryMorgane a écrit:
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En gros, l'idée est de se dire qu'on peut aimer passionnément, intensément et temporairement sans pour autant que la rupture ne soit un échec ou un calvaire. Certaines personnes auraient apparemment un "surplus" affectif qu'elles offrent de façon aléatoire et sans pour autant souffrir de non-réciprocité ou de l'impossibilité de partager ça avec l'autre a travers une relation de couple.

Par exemple, une personne peut avoir plusieurs FF pour lesquels elle éprouve un vrai sentiment amoureux et sans pour autant vouloir les enfermer dans une relation plan-plan ou exclusive.

Et vous, qu'en pensez-vous? Avez-vous déjà vécu ça d'un côté ou de l'autre?



Pourquoi même parler de "surplus"? Les sentiments ne sont pas quantifiable, pas plus que l'amour, et encore moins la capacité de chacun à aimer.
Nous n'avons pas le moindre quota d'amour ou d'attirance. Chaque relation avec un autre être humain peut faire naitre des émotions de toutes sortes, sans que cela soit nécessairement affecté par les sentiments éprouvés par ailleurs.

Pourquoi sommes nous essentiellement monogames, m'objectera-on? Au delà des traditions, certaines personnes nous font sentir tellement bien que l'on éprouve plus le besoin de sentir la même chose venant d'autres personnes. De là vient aussi la volonté d'être le seul dans la vie de l'autre, l'envie de penser qu'on lui fait ressentir toutes ces choses.

J'ai bien mis des "" à surplus justement car je pense comme toi que ce n'est pas quantifiable.

J'aime beaucoup les causes que tu donne pour la monogamie mais je ne parlais pas de polygamie non plus, pas de tromperie ou autre. Juste de ressentis, de sensations, d'impressions, sans pour autant vouloir concrétiser quoique ce soit.

En fait, ce que je me demande maintenant c'est si cette attitude n'est pas une sorte de mécanisme de défense pour ne pas trop morfler en cas de rupture. J'ai en effet remarqué une tendance des personnes agissant ainsi à tomber très vite dans la passion et à en sortir parfois aussi vite si ça leur est imposé mais surtout sans trop de dommages.

MaryMorgane a écrit:
J'ai bien mis des "" à surplus justement car je pense comme toi que ce n'est pas quantifiable.

J'aime beaucoup les causes que tu donne pour la monogamie mais je ne parlais pas de polygamie non plus, pas de tromperie ou autre. Juste de ressentis, de sensations, d'impressions, sans pour autant vouloir concrétiser quoique ce soit.

En fait, ce que je me demande maintenant c'est si cette attitude n'est pas une sorte de mécanisme de défense pour ne pas trop morfler en cas de rupture. J'ai en effet remarqué une tendance des personnes agissant ainsi à tomber très vite dans la passion et à en sortir parfois aussi vite si ça leur est imposé mais surtout sans trop de dommages.


Bien entendu. On est tous comme ça. On veut le beurre, l'argent du beurre, et les fesses de la crémière (aucun rapport avec le beurre, quoique...)
Tout le monde veux se laisser aller à ces émotions là, mais on a tous peur de souffrir, consciemment ou inconsciemment.

tsss tsss... le mariage et la fidélité sont pures inventions des églises de toutes obédiences pour asservir la femme qui devient un objet d'alliance entre familles, et assurer la traçabilité des liens de filiation, c'est à dire du patrimoine...

C'était la minute anticléricale du docteur Clyde :mrgreen:

Ouf, je ne suis pas crémière :blbl:

Plus sérieusement, tu n'as peut-être pas totalement tort Clyde (encore une fois, ça devient une habitude qu'il va falloir corriger...). Même quand les religions ne pronent pas la monogamie pourtant, elles ont tendance à n'accepter que les écarts masculins.

En fait, je ne sais pas mais ce sujet me travaille depuis quelques temps et d'autant plus depuis ma conversation avec mon amie qui m'a dit avoir été dans ce cas là. Je me demandais si c'était quelque chose de répendu.

Pour moi l'amour conjugue désir et passion sur UNE seule personne mais je crois vraiment que je suis très "classique" . :wink:

Une personne me suffit pour l'affectif (amoureux) et je ne ressens pas d'épanchement affectif ailleurs ou alors ça n'est pas de l'amour mais de l'affection (par exemple pour ma meilleure amie) .

Le principe de monogamie explicité comme ci-en dessus est une pure foutaise car les rois ordonnés par la papauté, donc le clergé dans ce qui peut le représenter le plus n'était pas monogame, les personnes riches en général ne l'étaient pas non plus, et l'église ne disait pas grand chose, je trouve cette explication est peu farfelue.

MaryMorgane a écrit:
Plus sérieusement, tu n'as peut-être pas totalement tort Clyde (encore une fois, ça devient une habitude qu'il va falloir corriger...). Même quand les religions ne pronent pas la monogamie pourtant, elles ont tendance à n'accepter que les écarts masculins.


mike mancini a écrit:
Le principe de monogamie explicité comme ci-en dessus est une pure foutaise car les rois ordonnés par la papauté, donc le clergé dans ce qui peut le représenter le plus n'était pas monogame, les personnes riches en général ne l'étaient pas non plus, et l'église ne disait pas grand chose, je trouve cette explication est peu farfelue.


Merci de conforter ma position en pensant dire le contraire...

Il y a une différence fondamentale (si, si) entre la femme et l'homme, c'est que l'on connaît toujours la mère d'un enfant. Il n'y a donc nécessité de contractualiser une exclusivité sexuelle et reproductive que pour en connaître le père. Un homme peut avoir plusieurs femmes, on connaîtra avec certitude (au moins légale) les ascendant de chaque enfant. Si une femme a plusieurs époux, ben non, avant les tests ADN, on ne peut pas.

Et c'est vital dans de sociétés patriarcales telles que celles issues des grandes religions monothéistes, parce que l'héritage des titres et des charges se transmet de père en fils.

Pour les puissants, la polygamie est restée une norme. Parce que les filles étaient offertes en gage d'alliance ou d'allégeance, et qu'un même seigneur doit être amener à protéger plusieurs vassaux, ou à accorder des privilèges à plusieurs familles. Ces liens ont toujours été centraux dans la constitution des royaumes.

Pour les autres, la monogamie s'est imposée par besoin de régulation sociale. Là où il y a autant d'hommes que de femmes, on a tout intérêt à imposer la paix sociale en accordant une femme à chaque homme (sinon, c'est la guerre civile...) Prenons l'exemple des "filles du roi" : pour coloniser les territoires du nouveau monde, les Etats prenaient en charge la dot pour que les familles envoient autant de filles sur les bateaux qu'il y avait d'hommes célibataires partis là-bas... De nos jours on appelle ca de la traite d'êtres humains...

Aucun rite religieux, qu'il soit alimentaire ou nuptial n'a été dicté par dieu. Mais par la nécessité de l'organisation sociale, sur laquelle on a plaqué des commandements et des interdits qui nous déterminent aujourd'hui encore culturellement.

Citation:
En fait, selon moi, les sentiments sont présents sous de multiples formes sans pour autant être exclusifs ni limitatifs. Par exemple, on peut être avec une personne, l'aimer sincèrement et avoir de temps a autres des "pics" amoureux envers d'autres personnes qui resteront purement platonnique ou du moins temporaires


Mouais. Je vois pas trop ce que tu entend par "pics" amoureux. On a plusieurs formes d'attachement aux personnes, j'éprouve personnellement une certaine tendresse quasiment asexuée (jamais entièrement, je n'y crois pas) pour certaines de mes amies, un attachement amical a mes amis, mais le sentiment amoureux euh je vois pas comment on peut avoir des pics.

Citation:
Par exemple, une personne peut avoir plusieurs FF pour lesquels elle éprouve un vrai sentiment amoureux et sans pour autant vouloir les enfermer dans une relation plan-plan ou exclusive


Dans le cadre de FF c'est pas vraiment un sentiment amoureux selon moi. Et puis une relation classique c'est pas forcément plan plan et pas forcément un enfermement ^^

Ma collègue expliquait ça bien mieux que moi en fait... Ou alors c'est notre définition de l'amour qui est à revoir.

Comme tu le dis Venusian, tu éprouve une certaine tendresse quasiment assexuée mais si elle ne l'était pas, tu décrirait ça comment?

La monogamie et le mariage monogamique présentait l'avantage de tenter de garantir la légitimité des lignages contre les incertitudes de la paternité .

Il faut se mettre d'accord peut-être sur la définition de l'amour ; personnellement je pense qu'aimer (être amoureux) 2 personnes à la fois est impossible .

michel10 a écrit:
Il faut se mettre d'accord peut-être sur la définition de l'amour ; personnellement je pense qu'aimer (être amoureux) 2 personnes à la fois est impossible .


Pourquoi ?

A mon sens, la seule chose exclusive (encore qu'il y ait des exceptions célèbres) ce sont les projets d'avenir. On ne s'installe à priori pas avec 2 personnes en même temps, pas plus qu'on ne fait à priori d'enfants avec 2 personnes simultanément. C'est pas absolu, mais c'est quand même le cas pour la plupart des personnes. Mais ca ne suffit pas à définir l'amour : y'a plein de couples qui vivent séparément et sans vouloir d'enfants et se disent "amoureux".

Alors quoi ? Le désir ? Ben non, on peut évidemment être amoureux et désirer quelqu'un d'autre. une amitié désintéressée où se mèle le désir ? Bof, j'ai plein d'amiEs (essentiellement d'ailleurs) je ne les ai jamais totalement asexuées et vis-versa ; la non-concrétisation vient là plus du fait qu'on préfère ne pas risquer de perdre notre amitié. Enfin je crois.

Je pense qu'il y a 2 choses qui poussent néanmoins (hormis donc les conventions sociales) à l'exclusivité. D'abord la disponibilité. Quand on aime pas, on cherche à aimer... alors que dans le cas contraire, ben ce n'est plus un besoin à combler. Ca n'empêche pas de se prendre une rencontre dans la gueule qui te fait dire "wooooow", mais tu ne la cherches pas. Donc tu peux vouloir ne pas la voir, la refouler...

Et puis surtout la jalousie. on est à mon avis pas exclusif parce que l'on ne peut pas aimer 2 personnes, mais parce que l'on refuse que notre partenaire ne le fasse. l'exclusivité passionnelle du sentiment amoureux, ben elle est peut-être pas si désintéressée que cela en fait, elle est vachement narcissique "elle est unique parce que je suis unique".

C'était la minute psycho de comptoir du docteur Clyde...

Ha mais c'est pas du tout de la psycho de comptoir : :wink:

Je te suis sur le fait que l'amour a une composante narcissique importante et que évidemment être le "Tout" d'une personne en est un des ressorts . Il y a d'ailleurs derrière tout amour de l'ambivalence et de la haine .

Mais je ne pense pas que de manière consciente on puisse être amoureux de 2 personnes à la fois ou alors on aime pas vraiment et on est un peu incapable de vraiment aimer , sans doute que des raisons culturelles participent à des refoulements et l'excluent .

On peut par contre aimer quelqu'un et tomber ensuite amoureux d'une autre personne ; on peut aimer et désirer ailleurs et prendre une maîtresse , on peut même tomber amoureux de la maîtresse ...
Mais je doute qu'une passion amoureuse puisse investir consciemment 2 personnes à la fois , je parle du conscient .

Effectivement, c'est pour cela que l'infidélité est souvent très douloureuse pour le partenaire trompé, car cela est ressenti comme une terrible blessure narcissique.

Pour revenir au sujet, en ce qui me concerne j'aime assez la théorie exposé sur le surplus d'affection et j'avoue m'y reconnaitre un peu. Je suis en effet intimement convaincu que l'on peut aimer plusieurs personnes en même temps. J'aurais tendance à dire que si ces amours sont hiérarchisés et que l'un dominera les autres, néanmoins, indubitablement, les autres relations, seront bien un sentiment amoureux et non pas seulement de l'affection.
Après la question de l'amour et des sentiments est toujours une question, quasi philosophique, extrêmement personnelle, dont la réponse apportée peut dramatiquement varier d'une personne à l'autre.
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  • 0 (Merci ! :)) le 08.11.10, 19h20 par MaryMorgane

Si j'ai bien compris le sujet, c'est connue depuis longtemps en psychologie. C'est le cas des névrosés sous structure hystérique.

En gros, on est tous névrosé ou narcissique.

La structure névrosé:

1. Névrosé hystérique
C'est le cas de Casanova pour ceux qui ont un minimum de culture. Le névrosé hystérique cherche à plaire avant tout, mais aussi à trouver des personnes qui lui plaisent. Le jeu de séduction, de plaisir (et non de jouissance perverse), de l'amour correspondent à ce qu'il veut. Si il est en couple, mais rencontre quelqu'un susceptible de lui apporter tout cela, il irat le prendre, sans pour autant trouver cela anormal / mal / immoral.
En gros, c'est une personne qui peut avoir plusieurs conquêtes, plusieurs amours. C'est souvent un bon communiquant, un artiste, coeur bohème. Quelqu'un de très sensible au registre K pour ceux qui s'y connaissent un peu en PNL.


2. Névrosé obsessionnel:
Au contraire, accorde énormément d'importance aux règles, à la norme et se contentera donc d'une seule personne, d'un seul amour, car séduire, plaire n'est pas sa priorité. Il cherche d'abord à s'inscrire dans la société en y respectant ses normes.



Par rapport au débat en question, il est très difficile pour chacune de ces structures de comprendre l'autre. En gros, un obsessionnel n'arriverat pas à concevoir/comprendre la manière dont un hystérique fonctionne.
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  • 0 (Pas convaincu) le 08.11.10, 22h12 par some1

Intéressant, merci pour ces précisions.

Effectivement, je dois avoir un petit coté Névrossé Hystérique ... C'est amusant que de dire cela d'ailleurs.

Le registre K c'est le registre Kinesthésique, le toucher, les sensations, non ?

Bref, merci pour cet éclairage. Je crois que je vais me rebosser ma PNL moi ...

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