olivier a écrit:
Citation:
Le développement de la relation amoureuse a également besoin de la frustration du désir pour réellement enclencher le processus fantasmatique (celui ou l'image de l'autre grandit en soit ainsi que son intérêt pour lui)
L'attachement à l'autre ne se produit que si vous sentez que vous pouvez le perdre...ET que vous pouvez aussi le gagner. Son moteur est l'incertitude.
(Si tout est gagné ou perdu d'avance, vous avez peu de chance de vous attacher à l'autre)
Existe t'il des contre exemples ? Bien sûr !
Mais tout dépend de ce que vous attendez
Si vous vous dites "on s'éclate, on baise, et on verra bien si ça mène plus loin" aucun problème. Même les plus frénétiques des partouzeurs finissent par dégotter l'âme sœur.
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Eh bien, peut-être suis-je une de ces exceptions qui hantent la norme, mais de mon point de vue, j'ai du mal à croire que je serais si unique.
Ces concepts de frustration, d'incertitude nécessaire, de perte et de gain imaginaires qui nous motiveraient, ne me parlent pas.
Pour moi, la frustration du désir est la mort du désir. Mon "processus fantasmatique" s'enclenche à partir d'expériences concrètes. Si je désire une femme sans avoir jamais couché avec elle, ce désir est plein d'incertitude et difficile à expliquer, mais cela ne fait que lui donner une position précaire qui le menace d'extinction, à peine né. Il manque d'images, il est informe et intangible comme de la boue ou de la fumée. La boue et la fumée, je ne vous en donne pas 1 centime.
Si je désire une femme avec qui j'ai déjà une expérience sensuelle en mémoire, ce souvenir l'alimente, lui donne une cause et un but ancrés dans le réel.
L'image s'enrichit et l'intérêt grandit à travers un dialogue avec la vraie femme, pensée, émotion, mais aussi nerf, chair et os. Avoir envie, assouvir l'envie, voir l'envie renaître, la satisfaire à nouveau, et ainsi de suite, pour voir justement l'envie survivre à son apaisement et prouver ainsi qu'elle a une nature durable.
Je ne suis pas une bête idiote, comme vous pouvez le voir, je suis capable de réflexion en long, en large et en travers. Mais en ce qui concerne ma machine à désirer, elle consomme très vite son carburant, et elle tourne au vrai, au vécu, à l'ici et maintenant.
Si tout est gagné d'avance, c'est bien. Je ne vois pas où est le problème. Il y a toujours autant de mystère : qu'est-ce que j'ai gagné exactement ? Pourquoi est-ce que je l'ai gagné ? Quel est ce "tout", qu'est-ce qu'il cache et jusqu'où s'étend-il ?
J'aime ce que j'ai. Si je n'ai aucun risque de le perdre, je peux me dire "pourquoi est-ce si solide ? Cela doit être quelque chose de qualité, quelque chose d'important" Ce que je n'ai pas m'indiffère : on ne peut regretter ce que l'on n'a pas connu. Ce que j'ai et qui menace de disparaître, je peux soudain le mépriser : "pourquoi est-ce si fragile ? C'est peut-être une pacotille, quelque chose d'éphémère et d'insignifiant".
L'essence de la tragédie est que l'on sait que c'est "perdu d'avance", que ça va mal finir, et que malgré cela, on peut encore la suivre jusqu'à son oméga funeste et le pleurer autant voire plus que s'il nous avait surpris.
De même, la comédie nous promet une fin heureuse, et elle ne nous en fera pas moins rire, et repartir le coeur léger.
On peut très bien s'engager dans une expérience en sachant certainement ce qui nous attend, et la vivre avec autant de force, voire plus, que si l'on n'avait pas su.
Un de mes meilleurs souvenirs de baise, où je me suis lâché et éclaté, c'était avec une LTR, à une période bien après le début de la relation, où on était très proches, avec des sentiments d'âme soeur, d'amour, et de confiance avec pas du tout peur de se perdre. On se faisait des partouzes à deux.
C'était quand tu veux, autant que tu veux. Mes fantasmes ne s'en sont jamais aussi bien portés, mon image d'elle aussi, et mon intérêt était presque obsessionnel.