Etes-vous satisfait du système scolaire en France ?

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Etes-vous satisfait du système scolaire en France ?
Globalement, oui 19%  19%  [ 10 ]
Globalement, non 45%  45%  [ 24 ]
Globalement, non, et suffisamment pour ne pas m'en contenter pour l'éducation de mes enfants 36%  36%  [ 19 ]
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Mouais, enfin il faut garder en tête que certains métiers ne s'apprennent qu'en pratiquant et qu'il y a des gamins pour qui ne se plaisent pas sur les bancs de l'école. Si ton fils veut être mecanicien, tu l'en empêchera juste par ego et l'obligera a faire une école d'ingenieur?

En fait, tous les métiers s'apprennent en pratiquant.

Mais on ne les apprend pas plus mal en étant salarié, payé normalement, et dans un rapport de force égalitaire avec son employeur plutôt qu'en étant en contrat de qualif, payé moins que le SMIC, et dans une position de dominé vis à vis de son employeur (parce que son appréciation compte pour l'obtention du diplôme).

Mes enfants, je n'en ai pas encore, mais je n'entends pas en faire des ingénieurs plutôt que des mécaniciens. Ce serait ridicule. Ils peuvent même être artistes peintres s'ils veulent. J'entends surtout en faire des individus autonomes et libres plutôt que dominés et asservis.

Citation:
il y a des gamins pour qui ne se plaisent pas sur les bancs de l'école.


C'est un pléonasme ça.


Après, je parle d'instruction, pas de diplôme. Je ne trouve pas que ce soit mieux un bac+5 plutôt qu'un bac-3. Ce que je conteste fortement, c'est l'esprit utilitariste qui règne maintenant, en matière de formation. A trop vouloir faire professionnalisant, on dépouille tout les savoirs. Par exemple mon cours "d'anglais des affaires", comme ils l'appelaient, que j'ai eu pendant ma licence. Ben heureusement que j'avais des bon cours d'anglais au lycée, parce que mon niveau d'anglais dans le supérieur a drastiquement baissé. C'est quoi cette idée qu'une langue est compartimentable ? Genre tu sais dire "To hire", "To relocate" "Financial department" et c'est bon tu parles anglais des affaires...


Et puis c'est quoi cette idée d'opposer l'intellectuel et le manuel ? J'exerce une profession intellectuelle, et ça m'a pas empêché d'avoir su tapisser, peindre, poser du carrelage sur les murs. Si demain je devais gagner ma vie en exerçant un travail manuel, je saurais faire. Exercer une activité dite manuelle ne dispense pas d'une instruction pour travailler et vivre avec intelligence.


Bref, si j'ai un gamin qui veut sortir tôt du système scolaire, pour "travailler et gagner de l'argent", très bien. Mais il faudra pas qu'il pense que je lui ferais échapper à tout questionnement à ce sujet : "Tu gagnes de l'argent, mais es tu sûr d'en "gagner" véritablement ?" "Pourquoi tu veux gagner cet argent ? Est-ce que tu en gagneras assez pour obtenir ce que tu souhaites ?" "Est-ce que cet argent gagné vaut ce que tu laisses en contrepartie ?" "N'y a-t-il pas un autre moyen de gagner plus et/ou mieux ?" "Est-ce qu'être adulte c'est travailler et gagner de l'argent ?", "Est-ce que gagner sa vie est synonyme de gagner de l'argent ?".


Voilà, je fais autant référence à l'argent, parce que j'ai essayé de dissuader quelqu'un d'effectuer un contrat de professionnalisation dans le tertiaire, et qui tenait à le faire parce qu'elle a la tête tartinée de stéréotype tels que "Pour être quelqu'un de sérieux, il faut travailler et gagner de l'argent" (même si tu gagnes rien ?) ou "Je vais pas rester le cul sur une chaise" qui contient l'idée que quand on étudie, on ne fait rien, et que quand on travaille, a contrario, on est utile (mais est-ce toujours le cas ?).

Voilà, et là on en revient à l'estime de soi. Un gamin qui a une bonne estime de lui-même va pouvoir résister à ces stéréotypes, et à ses potes qui vont lui montrer que eux ils gagnent de l'argent et "s'achètent des trucs" grâce à leur "paye" (indemnité serait un terme mieux approprié). Il vont se dire "Non mais tu plaisantes toi, j'ai pas besoin d'être payé deux fois moins que les adultes pour apprendre quelque chose !".


Depuis quelques années, les formations en apprentissage et alternance déferlent tel un rouleau compresseur qui avale tout sur son passage (et même dans les métiers du tertiaire dits "intellectuels"). T'as toujours une émission pour te montrer un gamin qui n'était pas bon à l'école et que maintenant il est heureux parce qu'il fait un CAP charcutier. T'as plein de pubs dans les métros telles que "l'alternance c'est ta chance". Je ne veux pas que quand ce sera à mes enfants de s'orienter, ce soit devenu la norme que de les obliger à passer par la case alternance sous payée et à la merci de son employeur pour "se faire une expérience".
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Il y'a du vrai...) le 17.01.12, 15h08 par Holden Caulfield

Désolée de dire ça mais a partir du moment ou tu as un patron, tu reste soumis a ses règles. Si tu ne veux pas être soumis, tu te met a ton compte.

Pour ce qui est du pléonasme, j'en connais pourtant qui semble s'y plaire a l'école vu qu'a 30 ans ils sont toujours étudiants, changeant de filière chaque année pour y rester le plus longtemps possible.

Après, penser qu'un apprenti choisi sa voie juste "pour gagner de l'argent", c'est une pensée très limitée. Mon frère est en apprentissage et c'est un vrai choix de carrière qu'il a fait car il rêve d'être boulanger depuis son enfance. Le fait d'être payé pendant ses études n'est qu'un bonus pour lui et il n'utilise d'ailleurs qu'une infime partie de sa paye car il économise pour se payer sa boulangerie (il vient d'avoir 16 ans). Il est sorti de 3ème a 11 de moyenne et est premier de la classe aujourd'hui car son métier lui plait. Il en a été de même pour mon beau frère.

Il faudrait voir a ouvrir un peu son esprit.

MaryMorgane a écrit:
Mon frère est en apprentissage et c'est un vrai choix de carrière qu'il a fait car il rêve d'être boulanger depuis son enfance. Le fait d'être payé pendant ses études n'est qu'un bonus pour lui et il n'utilise d'ailleurs qu'une infime partie de sa paye car il économise pour se payer sa boulangerie (il vient d'avoir 16 ans).


Là dans ce cas là d'accord. Il s'agit d'un vrai choix. Je lui souhaite de réussir.

Ceci étant, il faut combien d'années de salaire d'apprenti pour acheter un fonds de commerce ?

Comment finance-t-on l'opération ? Et comment différencier la boulangerie qui marchera de celle qui ne marchera pas (emplacement, concurrence, etc...) ?

On en revient toujours à l'importance de l'instruction. Il ne suffit pas de savoir faire du pain pour faire tourner une boulangerie.

Citation:
Désolée de dire ça mais a partir du moment ou tu as un patron, tu reste soumis a ses règles. Si tu ne veux pas être soumis, tu te met a ton compte.


On est HS mais brièvement : c'est pas aussi manichéen. Tu as besoin de ton employeur en même temps que ton employeur a besoin de toi. Il y a d'autres salariés, et il y a aussi d'autres employeurs. Chacun lutte pour défendre ses intérêts (financier ou autre), et lorsque le rapport de force est équivalent, on arrive à une situation d'équilibre satisfaisante pour tout le monde.


Pour conclure : Je sais bien que demain les choses se dérouleront comme aujourd'hui. Chacun fait les choix qu'il entend. Il m'a paru bon d'apporter une contradiction à propos d'un mode de formation dont on fait l'apologie de manière curieusement unanime.

MaryMorgane a écrit:
Il y a point qui me parait aussi totalement illogique en France : qu'un gamin de 14 ans qui sort de 3ème ne puisse pas entrer en apprentissage aussitôt sans avoir a accomplir des taches administratives supplémentaires.

Quand je vois que mon frère a du obtenir une dérogation et attendre son anniversaire (il a de la chance d'ailleurs de ne pas être né en décembre sinon il devait redoubler ou perdre une année dans des études qui ne l'interessaient pas) pour commencer son apprentissage, je trouve ça totalement anormal. Il a eu lui même cette réflexion : "J'ai l'impression que l'apprentissage a été prévu seulement pour ceux qui sont nuls a l'école et qu'on nous oriente plus selon nos notes que nos envies".


H.S. à propos de cette histoire d’apprentissage. Je viens de discuter avec un professeur de lycée professionnel, donc un de ceux qui connaît le plus ce type d’enseignement pour les métiers manuels. La vérité ? Il déteste ce mode d’enseignement. Pourquoi ?
Ben, tout bêtement, accepter un apprenti, c’est payer (même si c’est moins que la normale) un salarié de toute façon moins productif que les autres (puisqu’il devra retourner en cours régulièrement), avec tous les risques que cela comporte… Au final, le prof m’expliquait que beaucoup de ses élèves voulaient mais ne trouvaient pas de place d’apprentis…
Je me demande si ce n’est pas à cause de ça qu’on rend l’apprentissage aussi difficile, si l’accès à l’apprentissage n’est pas si difficile en partie (mais en partie seulement) à cause de l’absence d’offre.


Edit : J’ai oublié de parler de ce que ce prof m’avait dit de la section SEGPA du collège. Déjà, je veux juste mettre ce lien issu du site Le Post : http://www.lepost.fr/article/2011/11/07 ... ieuse.html

Il s’agit du cri d’indignation d’un prof à propos de la section SEGPA de son collège. Je parlais avec le prof de lycée professionnel de cette section. Sur la description matérielle, vu qu’il enseigne en lycée, il ne pouvait pas me dire grand chose. Par contre, il a confirmé qu’il s’agissait d’un « sous-diplôme » (le terme est de lui, pas de moi), que les élèves étaient abandonnés à leur sort, et qu’il s’agissait d’une voie royale vers l’exclusion.

C’est pourquoi je suis très pessimiste sur la fin du collège unique. J’ai surtout l’impression que ce sera la porte ouverte vers la création de « zoos municipaux » (pour reprendre une expression du topic qui m’a fort déplue).

Le seul point positif de ce genre de truc, c’est que ça permet de relativiser la soi-disant supériorité du système français au nom de laquelle aucune réforme n’est possible dans l’Education Nationale en France (mais ne pourrissons pas le topic avec des considérations politiques).

J'arrive un peu après la bataille, mais j'en veux beaucoup au système scolaire, donc j'y vais tout de même. J'ai deux reproches:
- le système scolaire ne donne pas envie d'apprendre
- le système scolaire n'apprend pas à apprendre

C'est un système de sélection: pour passer les étapes, il faut apprendre, donc si tu t'en sors, c'est que tu as appris à apprendre, mais ce n'est pas le système scolaire qui t'a aidé, il s'est contenté de fournir le contenu (les savoirs) et la sélection. Au final, aujourd'hui, à Bac+beaucoup, j'ai toujours autant de mal à apprendre lorsqu'un sujet ne me passionne pas.

On sait que le système éducatif préserve (ou aggrave) les inégalités dues au milieu social. La principale raison selon moi, c'est justement les deux points évoqués plus haut. Si tu n'as pas des parents qui favorisent la curiosité, la culture, et qui sont capables de t'apprendre à apprendre, ce n'est pas l'école qui va le faire. Or, ça devrait primer sur le reste.

Edit: bien sûr, ça fait plus de dix ans que j'ai quitté le lycée, si ça se trouve c'est mieux maintenant, mais à lire les journaux, j'en doute.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Intéressant) le 17.01.12, 15h24 par Mikau
  • +1 (100% d'accord) le 17.01.12, 15h43 par Fonk
  • 0 (+1) le 17.01.12, 15h58 par Iskandar

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