Discussion

Expériences humanitares, woofing, volontariat?

Note : 15
lancé par Hillel le 05.12.2017
10 réponses
dernier par ailether le 13.12.2017, 03h17
Salut !

Des années en arrière, je me disais comme une évidence qu'un jour je ferai de l'humanitaire à l'étranger, une expérience à l'étranger. Pas dans le style d'un voyage touristique qui dure quelques semaines ou un mois et où tu es dans un genre de consommation frénétique, où tu es là pour prendre. Plutôt une expérience où tu t'ancres vraiment sur le terrain en étant utile et en donnant de toi. Un partenariat, un échange, un partage, une transmission.

J'ai faillit me lancer l'été dernier, mais après avoir enchaîné les galères, j'étais dans un besoin de stabilité évidente, et je me suis rangée du côté des actes qu'on dit "responsables". Je voulais du repos aussi.

Mais là, cette envie me revient en plein dans la figure à un moment de ma vie où je me questionne beaucoup sur le sens que je veux donner à tout ça, parce que je n'en trouve pas forcément. Et aussi parce que je sais que tout ce qui m'effraie d'aspiration vaut la peine d'être vécue.

Mon contrat actuel est un contrat précaire (CDD), et j'ai beau y réfléchir, je ne me vois pas le renouveler même si on me le proposait. Pas du tout que je n'aime pas ce que je fais, mais ce n'est pas comme ça que j'imagine ma vie et que j'ai besoin de découvrir beaucoup trop de choses avant d'être vieille et toute frippée seule avec mes regrets. On peut donc estimer que je serai libre dans un peu moins d'un an. Assez long pour me projeter et me préparer, assez court pour me rendre disponible et tenter une nouvelle expérience.

Je suis tentée par le volontariat à l'étranger et le woofing. Parce que je ne vois clairement pas comment gérer ma survie en bénévolat. Mais j'hésite encore à franchir le pas, parce que je suis tiraillée entre mon ambition, mes aspirations et le fait de me foutre encore dans une situation précaire où je vais galérer durant de long mois, et le côté cocooning d'une situation où tu as un toit, de quoi te nourrir et vivre à peu près correctement en te permettant quelques loisirs, mais le peu de vitalité que j'en ressens.

Mes appréhensions sont:

- Me trouver loin de ma famille et de mes amis. La base.
- Galérer financièrement. Deuxième base.
- Creuser un peu plus ce "monde à part", cette distance entre les autres et moi à force de cumuler les expériences avec la misère humaine. Peut-être d'ailleurs en profiter pour faire autre chose que ce pour quoi je sais être fait.
- Ne pas réussir à me réadapter et me réintégrer à mon retour.

Je préfère ne pas me représenter les points positifs pour ne pas me créer de fausses attentes, bien que j'en ai forcément des idées. Je veux juste me dire que j'en ai envie.

Est-ce que certains d'entre vous ont tenté une de ces différentes expériences? Est-ce que vous pourriez nous partager comment vous l'avez vécu? Les choses à prévoir et tout ça? Quel a été votre meilleur souvenir ou votre pire pourquoi pas? Quel pays? Qu'est-ce que vous y avez fait? Qu'est-ce qui vous a permis de trancher dans votre décision de partir? Avez-vous des regrets? Sinon, pourquoi pensez-vous avoir fait le bon choix?

Merci!
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Intéressant) le 05.12.17, 18h25 par Moumane
  • Alea
  • Score : 154 - 21 ans - MBTI: BALI
J'avais décidé de me lancer cet été, pour à peu près les mêmes raisons que toi.
J'ai vite déchanté (je ne cherche pas à te décourager), je m'explique.

Tout d'abord au niveau des agences, si tu as prévu de passer par là.
Étant donné que je voulais donner un peu de ma personne, je m'attendais pas à un billet d'avion super cher. C'était super cher.
Suivant les pays, tu peux monter à 2000-3000 € pour seulement quelques semaines de présence.
Et le nombre d'agences est dingue. Ça t'ouvre une espèce de «marché de l'humanitaire» qui m'avait tellement dégoûté que j'ai renoncé (bon et j'étais pris par le temps aussi).

Après t'as les missions en elles-mêmes.
C'est gratifiant d'aller creuser des puits ou bâtir des écoles, c'est très occidental dans la manière de faire. On passe pour des héros apportant la divine civilisation, pour des terres et peuples n'en ayant pas forcément besoin.
En fait là où ça me fait tilter, c'est qu'on se dit «on aide» alors que c'est pas forcément l'aide recherchée par les locaux.
Car se tailler une expérience sur la misère humaine, j'y ai pensé aussi, mais ça relève plus de l'égoïsme que de l'aide réelle. Alors l'égoïsme c'est bien aussi, mais sois claire sur tes intentions : ce qui te pousse c'est d'aller aider ou de te forger une expérience ?

L'instruction c'est bien. L'instruction occidentale pas forcément, si ça contraste trop avec la culture.
Pour en avoir parlé à des potes qui eux se sont lancés, c'est à peu près le même constat. Une d'elles m'a dit qu'elle aidait à construire une école tandis les maçons locaux étaient au chômage...
Donc y a vachement de contraste entre ce qu'on nous vend et ce que ça a l'air d'être réellement, c'est devenu un marché comme beaucoup de trucs.

Après, j'ai d'autres retours super cool, mais ça passe pas par des organismes. Je connais un gars (militaire) qui opère en Birmanie avec une petite ONG liée à l'armée et qui se régale, tout en étant très apprécié par les locaux. Juste parce qu'il a su s'adapter et qu'il répond à leurs besoins réels, et non pas aux besoins qu'il a envie qu'ils aient.

Pour tes appréhensions, je ne peux te répondre car je ne suis pas parti assez longtemps pour cela. Ta famille te manquera c'est sûr. Le manque d'argent je pense qu'on peut trouver beaucoup d'astuces pour le surmonter. En revanche pour la réadaptation, je ne pense pas que tu galèreras tant que ça.


Ps :
Citation:
je suis tiraillée entre mon ambition, mes aspirations et le fait de me foutre encore dans une situation précaire où je vais galérer durant de long mois, et le côté cocooning

Tiens on en revient à cette discussion
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (Constructif) le 05.12.17, 11h18 par Jalapeno
  • +2 (Intéressant) le 05.12.17, 12h53 par Hillel
  • +2 (Très intéressant) le 05.12.17, 18h26 par Moumane
  • +3 (100% d'accord) le 13.12.17, 03h05 par ailether
Merci beaucoup pour ton retour Alea!

Citation:
En fait là où ça me fait tilter, c'est qu'on se dit «on aide» alors que c'est pas forcément l'aide recherchée par les locaux.


Ça, c'est intéressant à garder en tête.

Citation:
Suivant les pays, tu peux monter à 2000-3000 € pour seulement quelques semaines de présence.
Et le nombre d'agences est dingue. Ça t'ouvre une espèce de «marché de l'humanitaire» qui m'avait tellement dégoûté que j'ai renoncé (bon et j'étais pris par le temps aussi).


Pour avoir pu poser certaines questions à des gens ayant fait du bénévolat, j'avais eu écho de cette mise en garde sur certaines assos "humani-touriste", qui ne m'attire pas forcément non plus.

Citation:
Car se tailler une expérience sur la misère humaine, j'y ai pensé aussi, mais ça relève plus de l'égoïsme que de l'aide réelle.


Je parle de misère humaine parce que je travaille avec des situations bien spécifiques depuis un petit moment maintenant (ce qui fait qu'on sera toi et moi plus ou moins en désaccord sur l'intention égoïste de l'aide apporté à autrui, mais je comprends l'idée :wink: ). Donc assez naturellement, je suis attirée par des missions similaires. En gros : Si les médecins apportent leurs compétences médicales, ce sont ces compétences là que je peux transférer dans un autre pays.

Mais c'est aussi pour cette raison que je me demande si ce ne serait pas bien de me diriger vers d'autres type d'action et de ne pas rester dans ce que je "connais". Donc le woofing par exemple dans l'idée, ça ne me dérange pas.

Citation:
ce qui te pousse c'est d'aller aider ou de te forger une expérience ?


Hm, mes intensions me semblent plutôt claires :

Citation:
Plutôt une expérience où tu t'ancres vraiment sur le terrain en étant utile et en donnant de toi. Un partenariat, un échange, un partage, une transmission.


Je ne veux pas juste "aller aider", je ne me sens pas particulièrement redevable à ce niveau. Et si c'était réellement ça, je ferai du bénévolat. Je veux plutôt à la fois vivre une nouvelle expérience, et être dans le cadre d'un échange et d'une transmission. En soit, je peux très bien voyager en tant que visiteur dans des pays étrangers et faire des trucs avec les locaux, même dans un parcours dit "touristique". Sauf que mon but c'est plutôt de faire partie d'une certaine façon du pays, en agissant et en vivant le quotidien de. C'est pour ça que, volontariat ou woofing, l'idée me séduit.

Puis, de base je n'ai pas grandi en France, ni avec la même culture, donc les "manières" européennes et occidentales, la colonisation etc... je comprends aussi l'idée. Mon intention n'est pas du tout d'apporter ni d'étaler ma science, ni ce qu'on considèrerait de "ce qui est bien pour moi est bien pour eux". Je suis intimement persuadée que les autres pays ont plus à m'apprendre que j'en ai à leur transmettre. D'où cette idée "d'utilité" plutôt que d'aide. D'ailleurs, tu remarqueras que je n'ai pas utilisé ce terme vaseux dans mon questionnement.
As-tu envisagé les VIE ?

Je sais que dans ma branche cela se fait beaucoup. Cela résout notamment pas mal de problèmes que tu te poses : le fait de faire réellement partie de la vie d'un pays, d'y apporter quelque chose, mais aussi tout l'aspect pratique et financier.

Il doit aussi y avoir matière à faire du côté de la coopération française non ?



De mon expérience, passé un certain temps à l'étranger, dans des pays avec de vraies différences culturelles, le retour en France est difficile. Voir très difficile. Question de responsabilités, d'anonymats aussi. Ici tu es une française parmis beaucoup d'autre, là bas tu as une spécificité et parfois même plus. Tu peux être très riche par rapport aux autres alors qu'ici finalement tu es dans la masse. Cela modifie parfois profondément notre rapport aux autres et peut rendre le retour complexe.

Enfin pour rebondir sur ce que peut dire Aléa, évidemment que dans l'humanitaire il y a beaucoup de question d'ego. Mais chez les personnels soignants aussi. On soigne parfois pour être soignés soi même. Et on aide parfois pour s'aider soi même.
Et alors ? Qu'importe les motivations, qu'importe même l'efficacité ou non des actes. Il vaut souvent mieux aller construire une école qui s’avérera mal adaptée que de rester sur sa chaise ici à critiquer les motivations et les actes des autres. C'est mon expérience. Les petits gestes comptent.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Merci ! :)) le 10.12.17, 11h33 par Hillel
  • Alea
  • Score : 154 - 21 ans - MBTI: BALI
Désolé si ya des fautes de frappes, j'ai les doigts gelés.

[quote] Je parle de misère humaine parce que je travaille avec des situations bien spécifiques depuis un petit moment maintenant (ce qui fait qu'on sera toi et moi plus ou moins en désaccord sur l'intention égoïste de l'aide apporté à autrui, mais je comprends l'idée :wink: ). [/quote]

C'est vrai que j'ai pas fait la distinction vers des branches naturellement portée vers un part de «misère», dont la médecine.
J'étais plutôt dans le coup des pseudos chevaliers blancs, cherchant à se bâtir une sorte de réputation de gens vertueux sur les dos des plus démunis. Parce que les miséreux c'est une cible toute trouvée, car presque n'importe qui peut les aider pour donner un sens à sa vie, et ça devient un excellent moyen pour te faire passé pour quelqu'un super utile, alors que c'est fait sans conviction réelle encers les locaux.
Mais bon bien sûr c'est pas le cad de tous.


[quote] Et alors ? Qu'importe les motivations, qu'importe même l'efficacité ou non des actes. Il vaut souvent mieux aller construire une école qui s’avérera mal adaptée que de rester sur sa chaise ici à critiquer les motivations et les actes des autres. C'est mon expérience. Les petits gestes comptent [/quote]

Je ne te suis pas Pop
Je suis d'accord que les petits gestes comptent, mais quitte à les faire autant bien les faire non ? Parce que faire pour dire «on a fait ça», c'est inutile si ça correspond pas à des attentes réelles.
Rester sur sa chaise à critiquer ne vaut rien certes. Mais l'action inutile, c'est à peine mieux.
Je pense qu'on gagnerait du temps et pas que si on allait demander aux locaux ce qu'ils attendraient dune éventuelle école, plutôt que d'en bâtir une pas adaptée, avec la vague impression de s'être rendu utile.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Oui) le 05.12.17, 23h46 par Moumane
Alea a écrit:


Citation:
Et alors ? Qu'importe les motivations, qu'importe même l'efficacité ou non des actes. Il vaut souvent mieux aller construire une école qui s’avérera mal adaptée que de rester sur sa chaise ici à critiquer les motivations et les actes des autres. C'est mon expérience. Les petits gestes comptent


Je ne te suis pas Pop
Je suis d'accord que les petits gestes comptent, mais quitte à les faire autant bien les faire non ? Parce que faire pour dire «on a fait ça», c'est inutile si ça correspond pas à des attentes réelles.
Rester sur sa chaise à critiquer ne vaut rien certes. Mais l'action inutile, c'est à peine mieux.
Je pense qu'on gagnerait du temps et pas que si on allait demander aux locaux ce qu'ils attendraient dune éventuelle école, plutôt que d'en bâtir une pas adaptée, avec la vague impression de s'être rendu utile.


Évidemment que quitte à faire les choses autant bien les faire. Cependant il faudrait être sacrément arrogant pour être sûr que ce qu’on fait en aidant les gens est la meilleure façon. L’humanitaire c’est toujours très complexe.

Alors je choisis de préférer ceux qui font, parfois pour des raisons loin de l’altruisme, parfois de manière trop peu réfléchie, à ceux qui ne font rien.

A se draper dans un cynisme et une critique systématique, on ne fait rien non plus. Et ça soulage notre conscience bien trop facilement de ne pas avoir fait.

Comme tu le dis c’est à de rares exceptions près (de mon point de vue) à peine mieux de mal faire que de ne rien faire en matière d’humanitaire. Mais c’est un peu mieux quand même.

Ça n’empeche pas une critique juste et une réflexion de fond hein.

Voilà je te dis ça parce que j’ai longtemps pu tenir le même discours que toi. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que mon attitude servait surtout à m’en dédouaner moi. J’ai des membres de ma famille qui ont fait de l’humanitaire probablement autant pour eux que pour ceux qu’ils aidaient. Et malheureusement je les ai longtemps crépi avec toute l’arrogance de celui qui observe simplement...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Intéressant) le 06.12.17, 07h40 par Alea
  • +1 (Intéressant) le 06.12.17, 16h37 par Moumane
The_PoP a écrit:
Et alors ? Qu'importe les motivations, qu'importe même l'efficacité ou non des actes. Il vaut souvent mieux aller construire une école qui s’avérera mal adaptée que de rester sur sa chaise ici à critiquer les motivations et les actes des autres. C'est mon expérience. Les petits gestes comptent


Dans le cas de la construction, c'est souvent les fonds qui manquent sur place plutôt que les compétences ou la main d’œuvre. C'est paradoxal mais certaines ONG font parfois concurrence aux populations auxquelles elles souhaitent venir en aide... Question complexe, effectivement.

Il y a aussi pas mal d'associations et d'ONG qui cherchent des volontaires pour travailler ici ou récolter des fonds pour des projets de coopération.
https://www.francebenevolat.org/
http://www.volontariat.be/

Un "petit geste", ça peut aussi faire un don à une ONG expérimentée ou a une association sérieuse sur place.
Citation:
As-tu envisagé les VIE ?


Non je ne connaissais pas, je vais regarder si des fois des offres apparaissent dans ma branche (pour l'instant ce n'est pas le cas).

Citation:
j'ai pas fait la distinction vers des branches naturellement portée vers un part de «misère»


Oui. Tu n'as pas vraiment besoin d'aller à l'étranger pour trouver de la misère. La misère peut se trouver juste devant ta porte.

Citation:
Parce que les miséreux c'est une cible toute trouvée, car presque n'importe qui peut les aider pour donner un sens à sa vie, et ça devient un excellent moyen pour te faire passé pour quelqu'un super utile, alors que c'est fait sans conviction réelle encers les locaux.


Est-ce que tu affirmes ça par un constat réel, ou c'est un jugement personnel?


Vos avis sur les intentions humanitaires sont intéressants, pour ma part, je pense qu'il faut arrêter de différencier l'altruisme de l'égoïsme de façon aussi tranchée. C'est trop binaire. Il n'y a pas d'un coté les "vrais" altruistes, de l'autre les faux.Il n'y a pas d'un côté l'altruisme comme positif et l'égoïsme comme négatif. L'altruisme c'est un geste, une intention que tu portes envers autrui, en partant de toi, l'égoïsme un geste, une intention que tu portes envers toi, en partant de toi. C'est pas bien ou mal, c'est, juste. Il y a forcément une part d'égocentrisme puisque nous sommes des êtres d'égo, faire comme si on pouvait être entièrement altruiste c'est se voiler la face. Rien qu'affirmer que les autres ne sont pas de "vrais" altruistes ça montre de l'égo.

Ça existe, les "chevaliers blancs" qui veulent dorer leur image. Genre lions club. Cela dit, je ne pense pas que ça soit si fréquent qu'une personne lambda décide de quitter sa sécurité et son confort pour aller donner un coup de main durant des mois dans un pays étranger, en donnant de soi pour dorer simplement son image. Je pense qu'il est beaucoup plus fréquent que les gens soient flippés à l'idée de le faire. Vous imaginez la peur que ça peut faire naître chez quelqu'un, de se retrouver face à tout ce qu'on souhaiterait ne pas vivre chez soi ou qu'on évite chez soi? C'est clair qu'en partant de pays occidentaux, on ne part pas avec la même culture ni les mêmes acquis que dans les pays où j'imagine les gens viennent avec des assos, ça ne veut pas dire qu'on est fondamentalement mal intentionné. Certainement qu'il y a des maladresses, des objectifs mal définis, non adaptés. Mais ne faut-il pas faire la part des choses entre une évaluation constante, un réajustement des actions menées sur les terrains en collaboration avec les locaux, et l'intention réelle des personnes lorsqu'elles effectuent ce type de démarche (que j'imagine pour ma part partir d'une bonne intention)?

Ou peut-être suis-je trop naïve de penser qu'un humain est simplement humain.

P.S: Pour recentrer le sujet (bien que ça soit intéressant), ce que peuvent faire les autres ou ce qu'on peut estimer font les autres, m'intéressent moins que comment vous, personnellement, vous les avez vécu.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Intéressant) le 10.12.17, 18h45 par Moumane
  • Alea
  • Score : 154 - 21 ans - MBTI: BALI
Citation:
Est-ce que tu affirmes ça par un constat réel, ou c'est un jugement personnel


Un jugement personnel, basé sur un constat réel et tout autant personnel.
Pour ne pas trop sortir du sujet, mais pour éclaircir ton propos, je ne pense pas qu'il y ait ici de vision binaire (dans mon cas du moins). L'égoïsme est tout sauf négatif à mes yeux.
En revanche l'égoïsme refoulé et camouflé en altruisme ça devient imbuvable à force.

Pour en revenir à ta question, c'est juste une perception que j'ai eu, à partir d'exemples que j'ai vu. Je ne prétends en aucun cas que c'est une vision avérée des choses, donc fais en ce que tu veux.
L'humanitaire se transforme, je pense, en marché, en tant que branche dérivant du tourisme. On a eu le tourisme de masse, puis le tourisme «respectueux», et maintenant le tourisme «utile». Bien sûr des gens allaient creuser des puits bien avant tout ça, je pense que c'est seulement en train de se généraliser, de se normer maintenant.
Et comme tout marché, ben ça te vend du rêve, en te posant un projet hors norme devant les yeux, en te montrant à quel point tu vas être utile, ça va être chouette... bref on ouvre une nouvelle fois une machine à blé basée sur les plus démunis, mais c'est bien vu car on vient les «aider».
Ou, pour citer Pierre Rabhi, que je ne peux que t'inciter à lire si pas déjà fait : «l'humanitaire c'est le palliatif de l'humanisme», excepté bien sûr pour l'humanitaire lié aux catastrophes naturelles qui ne dépendent pas de nous (enfin, de plus en plus quand même...).
Je pense de même qu'il faut faire preuve d'humanisme avant de faire preuve d'humanitaire, que c'en est même nécessaire.
Je ne te vise pas, je pense plutôt que certains pensent à rebours en se disant «il faut aider» avant de se demander «quelle aide attendent ces gens ?», et proposent des réponses sans vouloir entendre les questions.

Bien sûr, tout ceci est purement personnel, et parfois très généraliste, mais c'est l'impression que j'avais eu quand j'ai voulu me lancer.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Intéressant) le 10.12.17, 18h46 par Moumane
Citation:
Car se tailler une expérience sur la misère humaine, j'y ai pensé aussi, mais ça relève plus de l'égoïsme que de l'aide réelle. Alors l'égoïsme c'est bien aussi, mais sois claire sur tes intentions : ce qui te pousse c'est d'aller aider ou de te forger une expérience ?


De toute les façons d'avoir de l'expérience, si on choisit l'humanitaire, ce n'est forcément pas par égoïsme. Même si ça peut faire plaisir d'aider.

Pour répondre à la question de départ, je n'ai quasiment pas d'expérience dans ce domaine, mais j'ai failli il y a quelques temps réorienter mes études (mon master 2) dans le domaine de l'humanitaire. Cela ne s'est finalement pas fait car j'ai été occupé à d'autres problèmes tout aussi important (une autre façon d'aider que je ne souhaite pas développer ici).

Si je devais t'apporter une seule idée pertinente, je te demanderais quelle place est-ce que tu vas occuper dans une mission humanitaire ? Est-ce que cette place te conviendrait ? Si j'avais choisi le master 2 qui m'intéressait j'aurais été chef d'équipe. Aimant diriger des équipes, j'aurais très certainement pu m'épanouir dans ce rôle particulier de l'aide humanitaire.

A l'inverse n'aimant pas monter les meubles Ikéa, je me verrais mal faire un travail manuel pour monter une école (je fais un peu d'humour mais c'est vrai).
Je vais faire court, parce que j'ai déjà abordé la question longuement sur ce forum, tu devrais pouvoir trouver en cherchant je pense.

Mais une version extrêmement résumée : le volontariat est la lie de l'humanitaire.
Alors fais toi payer un salaire honnête pour faire de l'humanitaire honnête.

Ce simple fait t'offre les garanties suivantes :

→ Tu es sure de ne pas tomber sur des agences camouflées en missions humanitaires.
→ Tu es sure d'avoir une contribution réelle sur la base de tes compétences (on paie pas quelqu'un qui sert à rien).
→ Tu es (presque) sure de ne pas faire concurrence aux locaux (le levier économique ferait embaucher un local à te place sinon).
→ Tu as un contrat dans la durée, ce qui offre des garanties à l'organisme, qui peut donc te confier de vraies tâches intéressantes et suivies (ce qu'ils ne font absolument jamais avec un volontaire, car il peut partir du jour au lendemain).
→ Tu as une couverture contre l'essentiel des risques liés au lieu où tu interviens.

Et accessoirement si ça te plaît, ça te fait une vraie entrée dans un milieu qui est, en réalité, très fermé.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (A lire) le 13.12.17, 07h46 par Alea
  • +1 (Très intéressant) le 13.12.17, 17h17 par Moumane
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