Fork: différences de points de vue sur la liberté d'expressi

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Constant99 a écrit:
Bazz a écrit:
reconnaitre le génocide juifs a fait partie d'une démarche de reconnaissance et d'acceptation du passé pour les pays europeens.
Reconnaitre la responsabilité de la France est une chose, limiter la liberté d'expression des gens en est une autre. On peut se demander si c'est souhaitable au nom des valeurs de la démocratie, mais également si c'est très efficace. Pourquoi transformer les négationnistes ou les racistes en martyrs de la liberté d'expression ?

Au final, ce sont des lois visant à faire plaisir aux victimes en leur donnant un moyen d'action, mais pas des lois favorisant la cohésion sociale ou la disparition des négationnistes.


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Je suis moyennement convaincu. D'abord, parce que c’est difficile de se faire prendre la main dans le sac… Ensuite, parce que le racisme, mais remarque le sexisme aussi (quoiqu’un peu moins, et encore), et toutes les théories qui entendent établir différents degrés d’humanité ne se démontre pas et ne se discutent pas. C’est une croyance, de la même manière que la croyance en l’existence de Dieu. On ne peut pas faire la preuve de son (degré d’) humanité => cf « Controverse de Valladolid ». Et si je vois bien comment il est possible de vivre ensemble tout en acceptant la croyance « il n’existe qu’un seul Dieu, tout les autres ne sont qu’illusions », je vois mal comment intégrer ceux qui ont la croyance « Dieu/ la Nature/ Whatever m’a donné à moi et à ma communauté des droits sur les autres ». Mais j’ai hâte de lire une possibilité.

Ensuite, comme je le disais, c’est une croyance, au même titre que la croyance en Dieu. Dans les deux cas, certains essaient, avec plus ou moins de succès, et parfois de malhonnêteté, d’appuyer cette croyance sur la Science, la Philosophie, l’Intuition, la Nature, … Un exemple très connu est l’ouvrage « les Pensées » de Pascal, et son célèbre « pari ». Est-ce qu’une de ces tentatives a déjà réussi, au moins à convaincre le plus grand nombre ? Non, mais ça, c’est aujourd’hui. Parce qu’il y a quelques siècles en Occident, ben oui : les « démonstrations » théologiques avaient convaincu le plus grand nombre.

De plus, je suis persuadé que fixer/adopter une nouvelle croyance est plus facile qu’en changer. Et je suis aussi persuadé qu’il existe une proportion de gens qui ne changeront jamais leurs croyances, quoiqu’on fasse. Jamais. Un extrême, certes, mais pour les autres on part de ce niveau vers les gens qui seront de plus en plus aptes à se remettre en cause et à changer facilement.

Les racistes ne se laisseront jamais convaincre, on est tout à fait d’accord sur ce point. Bon, mais les autres ? Comme disais Pascal, pour adopter la croyance en Dieu, le meilleur moyen reste encore d’adopter le comportement des croyants, leur habitudes,… En clair, de se fondre dans le troupeau et de s’oublier en lui. Je suis d’accord avec lui sur ce point. D’où que je suis contre le fait de laisser s’exprimer et se diffuser les idées racistes dans l’espace public. Après tout, l’atteinte à la pudeur est réprimée … Et puis, même si c’est un peu différent, je rappelle que la culture américaine est quand même fortement imprégnée d’une vision raciale des choses. 65 millions de français, 309 millions d’américains, je ne suis pas certain d’avoir un problème d’éducation en pensant qu’ils arriveront à convaincre une certaine part de gens. Je le répète, je pense que le racisme est une croyance, pas un problème d’éducation.

Dernier point : oui, mais est-ce que c’est à cause des conséquences qu’on va empêcher les gens de parler ? Normalement, non, et je suis le premier à le dire, car toute chose peut avoir une bonne et une mauvaise application selon son utilisateur. Par exemple, :mrgreen: le développement de la virologie a permis celui des armes bactériologiques, celui de la mécanique des machines de guerre, celui de la psychologie les méthodes d’agression et de manipulation mentale comme les Faux souvenirs induits. A l’inverse, les armes à feu permettent de se défendre, les drogues et euphorisants comme l’alcool et le tabac ont un usage récréatif sympa en soirée, et quelques décennies plutôt la prostitution a permis à un nombre important de jeunes hommes d’obtenir leur première expérience sexuelle :mrgreen:

Aussi, pour le racisme, si il a été le support de la colonisation et de tout ce que cela implique, il a cependant eu pour effet positif que… euh… ben…. RIEN en fait.

Alors, une croyance, qui ne peut donc se combattre par la logique pure mais s’adopter par de nombreux biais, qui sape toutes les possibilités de vivre ensemble, et enfin apporte surtout des bêtises, ouaich, je suis d’accord, je ne partage pas cette idée mais me battrai pour qu’elle puisse s’exprimer. Ouaich :| .

Bref, tout ça pour dire que c’est une question complexe, bien loin de la simplicité sous-entendue par certaines réponses. La France et les USA ont adopté des positions différentes, et au fond, je ne donne ma préférence à aucune des deux. La France en censurant peut-être un peu trop, les USA en ne censurant rien, ce qui conduit à un relativisme de presque toutes les informations, ce qui pose d’amusantes questions vis-à-vis des sources d’informations sur lesquelles fonder l’action. Au final, Tisi synthétise bien ce que je pense qui est légitime dans la France d'aujourd'hui :

Citation:
D'un autre coté je hais tout autant le prosélytisme quel qu'il soit, donc ok pour que ces gens là puissent s'exprimer sans risquer d'aller en taule, du moment qu'ils restent cons dans leur coin et ne cherchent pas a convertir les autres ça me va.


Mais moi, j’interprète ça comme un « kick-out » de l’espace public. En revanche, je dois admettre que mon avis change et que je penche de plus en plus vers la solution américaine. Pas que je la trouve meilleure fondamentalement, mais je trouve de plus en plus, et les réponses de ce topic m’en convainquent encore plus, qu’elle est plus adaptée à notre époque. Cela se traduira par une montée du racisme par rapport à la situation actuelle... j'en ai bien peur, mais j'ai l'impression que même en continuant au rythme actuel, on y viendra de toute façon. On pet se réconforter en disant que les sociologue expliquent que globalement, la société française est de plus en plus tolérante.

X a écrit:
Ensuite, parce que le racisme, mais remarque le sexisme aussi (quoiqu’un peu moins, et encore), et toutes les théories qui entendent établir différents degrés d’humanité ne se démontre pas et ne se discutent pas. C’est une croyance, de la même manière que la croyance en l’existence de Dieu.

Il y a pourtant des milliers de scientifiques racistes qui ont essayé de démontrer la supériorité des occidentaux, et qui ont cru temporairement y parvenir, avant que leurs thèses soient réfutées. Voir par exemple l'excellent livre de Stephen Jay Gould, la malmesure de l'homme, sur l'anthropométrie.

Et ce qu'il y a de beau avec la génétique, c'est qu'on peut maintenant mesurer les différences au niveau du génome entre africains et caucasiens et constater que cette différence n'est statistiquement pas plus significative que la différence entre (au hasard) un espagnol et un norvégien, tous deux supposés être "bien blancs".

Il y aura toujours des gens qui n'auront pas besoin d'arguments pour défendre leurs croyances, mais il y en a aussi beaucoup qui prétendent s'appuyer sur des chiffres.

Sujet sensible, j'espère qu'on aura tous l'intelligence de pas partir en couille pour éviter d'atteindre le point Godwin en 5 messages.

Désolé par avance pour le pavé, mais c'est un sujet qui me tient vraiment trop à coeur.

Empêcher les gens d'exprimer quelques idées, c'est un concept qui s'est très largement renforcé suite aux horreurs commisent à cause des dérives d'une certaine idéologie du 20ème siècle. Pas besoin de vous faire un dessin, vous savez de quoi je parle. Les hommes se sont dit "plus jamais ça".

Seulement voila, les valeurs que la démocratie véhiculent impliquent parfois que ce genre d'idées apparaissent, sous un autre nom, en désignant d'autres victimes, et selon les pays, le système est plus ou moins permissif. Ces idées sont différentes par leurs noms, appelez les sexismes, anti-sémitisme ou whatever, elles ont néanmoins comme point commun qu'elle désigne une haine profonde et illogique envers un groupe spécifique.

Est-ce qu'on devrait empêcher ces gens la de s'exprimer ? Ouai surement, parce qu'ils sont dangereux, parce que l'Histoire a prouvé qu'ils l'étaient.

Mais pensons aux dérives qu'un tel système coercitif engendrerait, faut voir plus loin que le champ d'application initial d'une loi. Quand je vois que certains politiques empêchent Dieudonné de se produire sur scène à cause de certains propos, ça me pète les couilles au plus haut point. Faudrait un peu écouter les pièces de Desproges à l'époque, tout le monde en prend pour son grade, les noirs, les blancs, les arabes, les juifs, tout le monde. Maintenant, si tu veux faire une blague sur les blacks faut être blacks, sinon t'es raciste, si tu veux faire une blague sur les blanc, faut être blanc, sinon t'es raciste. Et si t'es raciste, t'es foutu.

Parce c'est la dictature du bien-pensant. Parce qu'on te dit sur quoi t’émouvoir, parce qu'on t'apprend ce que tu as le droit de penser ou pas.

J'ai rêvé d'un monde ou la démocratie laissait place à la dictature de la pensée-unique, ou plutôt j'en ai fait le cauchemar, et je préfère 1000 fois un monde ou les idées se confrontent, même avec violence, plutôt qu'un monde composé de moutons stupides et bien moulés dans un cadre fabriqué par la masse bien-pensante.

Citation:
En avril 2000, Renaud Camus publiait « La campagne de France « , livre dans lequel il s’étonnait de la présence de certains journalistes juifs, les citant nommément, sur les ondes de France-Culture. Peu de temps après éclatait « l’affaire Camus ». De nombreux intellectuels et écrivains se sont indignés de l’antisémitisme soft de Renaud Camus (parmi eux Jacques Derrida, Jean Pierre Vernant, Claude Lanzmann, Philippe Sollers, J-A Miller, etc…).

Au nom de la morale, des droits de l’homme ou des bons sentiments, les bien-pensants ont inscrit dans la loi l’interdiction des propos racistes, antisémites ou négationnistes. Invoquant le respect de la vie privée, la défense des bonnes mœurs ou la protection des secrets d’État, ils ne tolèrent pas davantage que certaines informations soient dévoilées. Au point qu’il devient légitime de s’interroger : est-il encore permis, en France, de penser et de débattre librement ? Criminaliser certaines opinions, fussent-elles abjectes ou aberrantes, n’est pas acceptable dans une démocratie.

Vous rêvez, nous dit-on, le pétainisme n’existe plus, Drumont, Maurras, l’Action française, tout cela est dépassé, c’est vous qui avez besoin de les évoquer pour vous poser en protestataire artificiel, vous et ces intellectuels-flics de la France soi-disant pensante mais qui n’est en réalité que celle des maîtres de l’heure, celle de la pensée unique, dictatoriale, pseudo-subversion encouragée, poudre aux yeux morale sur fond de décomposition festive accélérée - P.Sollers
Tout doit pouvoir être discuté. Les Français sont adultes. Il faut en finir avec cette caporalisation de la pensée, cette » exception française « , l’autre nom de la censure, dans le domaine de la liberté d’expression pour qu’en France nous n’ayons plus seulement le droit de nous taire.

Postulat de base, pourrait-on croire, et droit imprescriptible figurant dans notre Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen depuis la Révolution française, la liberté de pensée, de parole et d’opinion reste et doit rester un droit fondamental et sacré. Emmanuelle Duverger, juriste, et Robert Mesnard, fondateur de Reporters sans frontières, montrent que, de façon insidieuse, c’est de la démocratie même que vient maintenant la privation des libertés. « Il n’est pas acceptable dans une démocratie de criminaliser certaines opinions quelles qu’elles soient » soulignent-ils. En France, les propos d’un général Aussaresses sur la guerre d’Algérie, l’antisémitisme affiché d’un Renaud Camus dans La Campagne de France ou les propos sur l’Islam tenus par un certain Michel Houellebecq ont été passibles de poursuites pénales. La libre expression et le débat sont en recul dans notre démocratie.
Selon eux, la démocratie protectionniste dans laquelle nous évoluons marche trop bien, tant elle est prompte à « criminaliser, stigmatiser, interdire » tous discours supposés déviants.

En France, nous sommes pour la liberté d’expression si cette expression est la plus inaperçue et policée possible. Nous avons le droit de mal penser, nous dit-on, en laissant entendre que moins on pensera mieux cela vaudra. Or le Mal radical, c’est justement l’absence de pensée. Penser le Mal écarte du Mal. Ne pas le penser y conduit, dans une meurtrière banalité. Le droit de mal penser, sans penser à mal, devient peu à peu la bien-pensance nouvelle.

Qui sont les bien-pensants ? Ils sont à côté de vous, mais on ne voit qu’eux. Les bien-pensants sont présents dans tous les lieux publics. Ils prêchent la bonne parole, revendiquent le monopole du coeur, s’arrogent tous les droits: de juger de tout, de vous encenser ou de vous condamner, de refaire le monde, de revisiter l’histoire, de changer la société, les moeurs, la vie, et même, disent-ils parfois, de changer l’avenir! Les avez-vous reconnus?
À les entendre, ils sont incomparablement plus doués que vous, plus justes, plus solidaires, plus tolérants, plus ouverts, plus « modernes » en un mot. Vous les avez identifiés: ce sont les nouveaux moralistes, ceux qui se réclament de la bonne conscience, et en ont fait leur marché. Si vous n’adhérez pas à leurs idées, vous serez montré du doigt, ridiculisé sans doute, diabolisé au pire. Tel est le prix à payer pour entrer dans le cercle de la pensée unique: le suivisme. Le masque tombe: les bien-pensants ne sont ni ouverts, ni tolérants, ni « libérés », ni modernes. C’est tout le contraire.

Le bien-pensant se reconnaît à son goût pour les idées abstraites fondues sur un lit de bons sentiments. Tout son art tient à la maîtrise d’un discours emphatique bercé de litanies de cause altruistes. En outre, il est persuadé que sa génération a permis à l’humanité de faire plus de progrès qu’en 2000 ans d’histoire, et que ces progrès sont irréversibles. C’est la posture prométhéenne des bien-pensants qui s’attribuent toutes les « avancées » sans distinction aucune. Inutile donc de vouloir amener le bien-pensant sur un autre terrain que le sien. Emmuré dans ses certitudes, prisonnier de son utopie, encapuchonné dans la bonne conscience, il est imperméable à toute objection. Le bien-pensant ne change pas, ou rarement, mais ce qui est sûr, c’est que lui veut changer les autres de gré ou de force, et qu’il s’en donne les moyens. La fête peut continuer…

Les bien-pensants manipulent votre opinion. Le piège s’est refermé sur vous : c’est grâce à eux que Ribéry, simple témoin dans une affaire de proxénétisme, s’est retrouvé l’accusé public , trainé dans le caniveau médiatique, pour avoir payé les services d’une pute… Combien de média ont souligné que la prostitution n’est pas interdite ?
au fait, on peut encore dire « pute » ? non ?



Mon exemple le plus parlant, ce sont ceux qui prônent le retour à la torture et à la peine de mort pour les pédophiles. Avez-vous déjà discuté avec des victimes ou des familles des victimes ? Moi oui, et jamais ils ne réclament telle punition.

Ce qui est marrant, c'est que ce sont les moutons abrutis par des reportages TF1 qui sont les premiers à hurler à la décapitation quand on nous apprend qu'une petite fille a été violée.. C'est horrible je le conçois, mais l'Etat doit être meilleur que le citoyen lambda, il doit se montrer plus responsable que le peuple, et je n'admettrais jamais qu'au nom d'une tempête passionnelle (bien accentuée par les médias) l'on fasse redécouvrir la peine de mort aux français du 21ème siècle.

Être trop catégorique ne fait pas avancer les choses. Que ce soit pour l'exemple que je viens de citer précédemment ou pour la liberté d'expression, trancher les choses de manière manichéenne en disant que 'ça' c'est bien, et 'ça' c'est mal, et punir en conséquence, c'est se contenter d'agir comme un homme dénué de toute réflexion.

Franchement, avec l'affaire Reynouard, je crois qu'on a atteint le fond. Si un mec est assez con et stupide pour tenir des propos négationnistes, invitez le à un débat télévisé grand public, et descendez le avec des bons arguments. Invitez le au 20h, et fracassez chacun de ses exemples, publiquement et devant tout le monde, dé-crédibilisez le. Ecrivez un livre et prouvez à la Terre entière que ce mec à tord. Le foutre en prison le fera juste passer pour un martyr de la liberté d'expression, et sous prétexte de militer pour lui, on verra de bons gros connards soulever la sympathie d'une partie de l'opinion public pour les rallier à leur cause.


Prévention, éducation, ce sont des outils qui peuvent et doivent être utilisés pour éviter les dérives du passé. Censurer et punir ne sert à rien.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (100% d'accord) le 26.01.12, 10h23 par Mr.Smooth
  • +1 (Yesssss!) le 26.01.12, 12h06 par LittleNeapolis
  • +1 (A lire) le 26.01.12, 12h37 par kero
  • +2 (A lire) le 26.01.12, 15h13 par tiamat
  • +1 (100% d'accord) le 26.01.12, 15h57 par Mikau

Je n'aurais pas mieux dit.

Saint Holden a parlé :lol: !

Je rajouterai également que la liberté d'expression est un instrument. Encore une fois, la réalité est bien plus complexe qu'une théorie réductrice sur la-dite expression. Il ne faut jamais oublier que le racisme, le sexisme, l'antisémitisme et tout ce qui se finit par -isme sont avant tout des mots, c'est nous qui en construisons le sens (ce qui enlève rien à leur gravité de fait). Le contenu du racisme (appelé un noir un nègre par exemple) n'est pas partout la même chose, à un moment donné, il n'y a pas d'universalité de définition. Ca à la limite on s'en fout mais c'était pour dire que du coup si je veux faire taire un mec du forum, je vais utiliser la catégorie stigmatisante du raciste (ou plus récemment de l'antisémite) pour lui fermer sa gueule, l'isoler et le diriger vers une certaine manière de penser. Il faut arrêter de croire que l'homme est foncièrement rationnel et logique. J'essaie de l'être, mais suis forcément influencé par mes expériences passées et ma (ou mes) culture(s), et j'emploie tous les jours des stéréotypes (non-rationnel) pour me retrouver dans la réalité, notamment en séduction (la meuf en boîte à hauts talons et décolleté qui est plus facile pour un ONS qu'une autre, la LSE etc). On a besoin de catégoriser le monde qui nous entoure, pour le comprendre. Et on a pas toujours le temps ou l'envie de faire une réflexion en profondeur.

Croire en l'homme rationnel est déjà une idéologie. Si hier ils nous ont fait croire que Dieu hiérarchisait les races et voulait que sa parole soit propagée coûte que coûte, on nous fait croire aujourd'hui à la méritocratie (mon cul!), à la liberté acquise qu'on doit chèrement protégé, à la communauté nationale fondée par des héros, à la guerre pour le bien, à la Sainte-parole de la soi-disante Science neutre politiquement etc...

De là je voix deux éléments :

Premièrement, une bonne éducation, où là également nous ne sommes pas égaux, donc de la nécessaire réduction de l'inégalité au savoir, ce qui se passe bien avant l'école déjà. Car si les stéréotypes nous en avons TOUS, c'est en réfléchissant qu'on les dépasse. Et réfléchir, ça s'apprend.

Deuxièmement, il paraît nécessaire de tendre à une liberté d'expression pour tout le monde, afin déjà d'éviter les dérives de l'instrumentalisation politique de celle-ci, et actuellement, en Occident, c'est le chemin contraire qu'on prend. Holden a raison quand il dit qu'on doit absolument se débarrasser d'une vision manichéenne du monde (bien/pas bien). Mais là encore, c'est pas vers quoi on se dirige.

Eh merde, double-post :shock:



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Peut être faudrait-il distinguer d'une part *la loi* et d'autre part *la pratique médiatique*.

Les lois contre la discrimination, hors lois mémorielles, ont pour but de réaliser les conditions de l'égalité entre les citoyens. Qui étaient loin d'être existantes avant 1972. Et elles ne condamnent pas la parole informative, mais la parole performative : "Provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale", "Injure raciale". On est donc loin d'une novlang imposée pour empêcher de penser certaines choses. (Incidemment, pour Orwell, penser certaines réalités.) Les lois mémorielles me questionnent plus,

La pratique médiatique de traiter le racisme comme une infamie pire que le détournement de fonds publics par exemple est par contre criticable. Il n'est pas là question de racisme, mais regarder comment MLP va utiliser l'escarmouche autour de la Syrie montre comment une opinion discordante peut se jouer de la pratique médiatique. Soral joue le même genre de partition avec les juifs. ("Si on vous dit pas ça, c'est qu'ils sont au cœur du système et que le système vous ment")

Enfin, contrairement à certains ici, je crois l'être humain en général de peu de conséquence intellectuelle et susceptible de succomber aux pires folies. Je ne crois pas qu'un humain cherche la Vrai, le Juste et le Bon, je pense que l'être humain cherche un système de pensée confortable. Qu'une loi émanant du collectif (les lois contre la discrimination étaient issues de la gauche et du centre, puis votées par la droite) balise les hors pistes de la pensée me va très bien. Je suis contre la liberté. Pire salopard, tu meurs.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Il y'a du vrai...) le 31.01.12, 14h10 par Ozone

Pourquoi le mal existe ? simplement pour nous montrer ce qu'est le bien ...

Je crois que la lutte contre des idées comme le racisme est une lutte sans fin. Elle n'est pas vaine, mais elle n'aura jamais de fin parce que dans l'hypothèse où l'on puisse éradiquer toute forme d'idée raciste, l'humain étant un être créatif, cette idée finira par revenir dans son esprit et il sera alors impossible de l'identifier.
C'est pour cela qu'on instaure des cérémonies de commémoration. Eva Joly voudrait supprimer le 11 novembre, et puis si on suit sa logique implacable, dans 50 ans plus rien ne rappellera aux citoyens les massacres du 20ème siècle. Et dans 1 siècle un nouvel Hitler se dressera et personne ne comprendra alors ce qu'il se passera.
On dit que l'histoire bégaie, je crois surtout que les hommes oublient trop vite leurs erreurs.

Alors voter une loi pour interdire aux gens d'avoir leur opinion ... je suis contre, même si c'est la pire des opinions possible. Rappeler par une cérémonie, les horreurs que nos aïeux ont pu perpétrer, je suis à 100% pour. Laissons les gens se faire leur propre idée ensuite ...

Un exemple : est-ce que le racisme est en baisse depuis le vote de la loi contre l'incitation à la haine raciale ? je n'ai pas vraiment l'impression (j'ai même parfois le sentiment qu'on a bloqué la soupape qui permettait l'évacuation des idées extrêmes).

Désolé pour la réponse tardive.

Alors, je pense qu’il y a deux points qu’il faut distinguer.

Le racisme

Bon, j’aimerais réaffirmer un point important sur lequel je pense avoir un avis assez divergent : le racisme n’est pas une « erreur de pensée » ou quelque chose comme ça, mais une croyance. Donc je reste persuadé que l’éducation et la prévention réduiront peut-être le phénomène, mais ne l’effaceront pas. Je pense que c’est un point majeur de la discussion qu’il faut souligner. En tout cas, c’est en partie à cause de l’impression d’adhérer à la vision « erreur de pensée » que me donnait Constant99, que j’ai tenu à réagir.


Constant99 a écrit:
Il y a pourtant des milliers de scientifiques racistes qui ont essayé de démontrer la supériorité des occidentaux, et qui ont cru temporairement y parvenir, avant que leurs thèses soient réfutées. Voir par exemple l'excellent livre de Stephen Jay Gould, La malmesure de l'homme, sur l'anthropométrie.

Et ce qu'il y a de beau avec la génétique, c'est qu'on peut maintenant mesurer les différences au niveau du génome entre africains et caucasiens et constater que cette différence n'est statistiquement pas plus significative que la différence entre (au hasard) un espagnol et un norvégien, tous deux supposés être "bien blancs".

Il y aura toujours des gens qui n'auront pas besoin d'arguments pour défendre leurs croyances, mais il y en a aussi beaucoup qui prétendent s'appuyer sur des chiffres.


On est tout à fait d’accord. Mais le monde est loin de fonctionner à l’aune de la seule rationalité. D’où que la Science ne viendra jamais à bout de la connerie, et d’où qu’une idée peut (mais peut aussi ne pas, c’est juste une possibilité) être adoptée par de nombreux biais. C’est de la pure persuasion. Là où je voulais en venir, c’est que c’est une croyance, donc quelque chose qui ne s’appuie que vaguement sur la science, et encore, surtout lorsqu’elle semble aller dans le sens de ses intérêts.

Et en attendant, peu importe l’explication que donne la science, très nombreux sont les gens qui vivent dans un monde racialisé. Pourquoi ? Parce que c’est la représentation que leur milieu d’origine leur a donné de leur environnement. Et d’où vient cette vision ? D’une époque où cette vision était dominante, validée par de nombreux éléments comme la science. Aujourd’hui, oui, la science a progressé et invalidé les anciens principes. Mais en attendant, il reste une société encore basée sur ces principes, aussi faux qu’ils soient, dont la cohérence (parce que je le répète, le racisme est une idéologie cohérente, qui n’a rien d’illogique, ce sont juste les principes dont il part qui sont fallacieux, d’où que je parlais de dangerosité) et l’ancienneté assure la pérennité. Jusqu’à ce que cette cohérence soit suffisamment remise en cause. Encore faut-il que cette cohérence soit remise en cause, que les gens la refusent. Au fond, ça reste toujours un combat entre conservatisme et progressisme, même si je ne crois pas à la vision du « le bien/le progrès triomphe toujours » ou tout autre « évidence de l’Histoire ».


La liberté d’expression

@Holden Caulfield:

Citation:
Le foutre en prison le fera juste passer pour un martyr de la liberté d'expression, et sous prétexte de militer pour lui, on verra de bons gros connards soulever la sympathie d'une partie de l'opinion public pour les rallier à leur cause.


100% d’accord. En revanche :

Citation:
Si un mec est assez con et stupide pour tenir des propos négationnistes, invitez le à un débat télévisé grand public, et descendez le avec des bons arguments. Invitez le au 20h, et fracassez chacun de ses exemples, publiquement et devant tout le monde, dé-crédibilisez le. Ecrivez un livre et prouvez à la Terre entière que ce mec à tord.


Et pourquoi faire une telle chose ? Les propos extrêmes attireront toujours les extrémistes. Au pire ces propos soulèveront-ils une question, une nouvelle manière de voir les choses, une problématique qui te paraît pertinente, et là oui, un débat pourrait-être intéressant. Mais pour toi, et pour les gens qui trouvent pertinent ce que tu as a dire (trouver pertinent quelque chose ne veux pas nécessairement dire être d’accord avec). En revanche, « à la fin » on ne sera pas nécessairement tous d’accord (mais des fois, on le sera), et ce même sur des sujets majeurs. D’où la tolérance à l’opinion contraire de la démocratie.
Mais le problème est que je reste persuadé aussi qu’il a des gens dont justement, même « à la fin », la seule solution restera de les tenir à l’écart. Pourquoi ? Parce que leurs croyances les pousseront de toutes façon à porter préjudice aux autres, ni de manière légère, ni de manière probable, mais de manière certaine et lourde. Ensuite, parce que la conviction ne marche pas toujours (c’est mon avis sur le racisme), et on ne peut persuader/plaire (à) tout le monde (comme le montre la séduction). Heureusement tout de même, les hommes ne sont pas limités à l’alternative « tu es avec nous ou contre nous », et on peut toujours laisser une chance aux pires connards (l’approche « répressive » de Smooth ).

C’est vrai que les exemples que tu m’as donné, que je ne connaissais pas, m’ont fait réfléchir. Dans le sens où je n’ai jamais et ne considère pas un livre ou un site internet comme des espaces publics ( ah la jolie et complexe notion de « propriété intellectuelle » :| ; par contre, ça renforce à mes yeux l’importance du combat des anons). Et en tout cas, j’espère qu’internet ne sera jamais régulé comme tel (voire régulé tout court). En fait, par espace public, je visais surtout la radio et la télévision. Au fond, ce qui m’agace, ce n’est pas tellement que quelqu’un exprime une idée à la con. Comme je disais, je suis le premier à penser que les idées à la con et leurs conséquences ont les vies infinies, quoiqu’on fasse. Ce qui m’horripile, c’est plutôt la mise en abîme induite par la télévision et la radio, dont une des représentations les plus criantes est la règle du temps de parole :http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Le-temps-de-parole-comment-ca-marche-404901/. Et cette mise en abîme repose sur des choix et des jugements, qui se prétendent objectifs et représentatifs de la France. A partir de là, non, les propos ne peuvent uniquement être rattachés à leurs auteurs. Ils auront aussi la validation implicites d’autorités comme le CSA ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_sup%C3%A9rieur_de_l%27audiovisuel_%28France%29#Organisation_et_comp.C3.A9tences), qui estiment (et non sans raisons) être représentatives de la France, et par conséquent bien plus convaincante.

En conséquence, je suis d’accord avec toi, toutes les idées doivent pouvoir s’exprimer. La vérité est que là où peut-être je diverge avec toi, c’est dans la banalisation de certaines idées. Et cette banalisation, en France, elle est forcément liée à l’espace médiatique public qui peut être accordé à ces propos. Donc je reste tout de même sur l’idée que toutes les idées doivent pouvoir s’exprimer, mais pas n’importe où. Et la pratique du « temps de parole » médiatique me conforte dans ce que je pense. D’où que oui, un « kick out » de l’espace public des propos racistes me paraît justifié pour éviter leur banalisation, tant que les lois qui assurent cette « validation implicite » selon moi, seront toujours en vigueur.


@ Achribu:

Achribu a écrit:
La pratique médiatique de traiter le racisme comme une infamie pire que le détournement de fonds publics par exemple est par contre criticable. Il n'est pas là question de racisme, mais regarder comment MLP va utiliser l'escarmouche autour de la Syrie montre comment une opinion discordante peut se jouer de la pratique médiatique. Soral joue le même genre de partition avec les juifs. ("Si on vous dit pas ça, c'est qu'ils sont au cœur du système et que le système vous ment")

Enfin, contrairement à certains ici, je crois l'être humain en général de peu de conséquence intellectuelle et susceptible de succomber aux pires folies. Je ne crois pas qu'un humain cherche la Vrai, le Juste et le Bon, je pense que l'être humain cherche un système de pensée confortable. Qu'une loi émanant du collectif (les lois contre la discrimination étaient issues de la gauche et du centre, puis votées par la droite) balise les hors pistes de la pensée me va très bien. Je suis contre la liberté. Pire salopard, tu meurs.


Je ne sais pas si c’était volontaire ou pas de ta part (satire inside ?), mais je n’ai rien compris de cette partie :? .

Djudj, dans le sujet sur Dimitri a écrit:
Le fait de punir plutôt que d'empêcher les gens de faire des conneries je trouve ça discutable.

(...)

Le problème c'est que bien souvent le mec ne s'envoie pas en l'air tout seul et il emmène avec lui le groupe de copains qui avaient fait attention de ne pas trop picoler, de ne pas fumer de joint etc ...

(...)

Quant à l'intelligence du gars, c'est vrai quand il est sobre, mais une fois qu'il est parti dans sa biture et qu'il a décidé de reprendre le volant, ben l'intelligence elle est restée au fond du verre ...

(...)

Je crois qu'une fois de plus le juste milieu est nécessaire, de la répression mais aussi de la prévention (et surtout de l'éducation).


Ouaips, la Liberté à un prix. La Liberté (d'expression ou autre, remarque) pour quelqu'un ne se limite pas à faire ce que à quoi je m'attends ou je désire. Et autoriser quelqu'un à X ou Y consiste à accepter le prix à payer. Le porno en streaming sur le net peut mener à la porn-addiction, la libéralisation de l'alcool mène à conduire à 8 g, les armes distribuée à grande échelle à Columbine. Et pourtant, qu'il s'agisse de l'alcool ou des armes, les arguments en faveur de leur libéralisation sont plus que recevables. La preuve ? Emule...

Mon point de vue, c'est qu'une large partie du choix est d'abord due aux habitudes, rapports de force en présence, beaucoup d'autres choses, etc... D'où que je ne considère pas les choix français si mauvais. Du moins, pour ce que j'appelle l'espace publique...

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