Je suis en ce moment plongé dans l’excellent livre
, de Christian Salmon. L’auteur y propose un incroyable parcours, de la politique au le marketing, en passant par le management et la formation des soldats. Il examine dans chacun de ces cas l’importance prises par la pratique de la forme narrative.
Dans un chapitre en particulier, il examine les pratiques des gourous du management. Je ne peux m’empêcher de faire le parrallèle avec les gourous de la séduction, et vous propose quelques citations.
Citation:
Les gourous sont des pourvoyeurs de modes manageriales. La popularité de leurs idées va et vient selon des cycles d'invention (quand l'idée est crée), d'adhésion (lorsque l'idée est acceptée), de dissémination (quand l'idée est portée à l'attention d'un public ciblé) , de désenchantement (quand les évaluations négatives et les frustrations liées à cette idée commencent à émerger).
Penser aux cycles de popularité de S***e et Mystery.
Citation:
Dès 1998 Timothy Clark et Graeme Salaman ont identifié trois facteurs de réussite dans les performances des gourous. Elles auraient pour effet d'apaiser les tensions psychologiques des managers confrontés à un monde qui apparait instable, chaotique et de plus en plus incertain. Elles capteraient l'esprit du temps, en entrant en résonnance avec les attentes diffuses de leur public. Mais la raison principale du succès des gourous tiendrait à la forme narrative de leurs performances, l’utilisation des histoires, stories, qui ne manquent pas de mettre en valeur le mérite et l’héroïsme du management.
Pour les deux premiers points : apaiser les tensions psychologiques d’hommes en désarroi amoureux, légitimer leur recherche.
Pour le dernier, ne pas oublier l’histoire archétypale de la Communauté : l’AFC qui devient PUA à force de travail et le déclic du à (la découverte de la Communauté / l’aide d’un Mentor / une rupture amoureuse dificile). L’histoire de la quête, simplement.
D’autres histoires : le garçon frustré qui veut coucher avec une fille qui le voit comme un ami/confident, et couche avec d’autres garçons.
Stories, stories, stories.
Citation:
Le gourou n’a pas à convaincre ou à donner des gages, il ne se revendique que d’un ensemble de pratiques réputées bénéfiques qui relèvent d’un savoir mystérieux, d’une sagesse incommensurable, ou simplement de l’enchantement, c'est-à -dire la capacité à faire surgir à un instant donné des opinions souhaitées à partir d’enchaïnements narratifs déterminés.
Mystery est Mystery, et cette seule tautologie le légitime. Ou Tim Ferris est Tim Ferris. Même si l’on ne sait pas exactement ce qu’il à fait d’extraordinaire avant d’être auteur de self help books.
Citation:
Les gens ne veulent pas d’informations, écrit Annette Simmons, auteure d’un des best sellers du storytelling. Ils veulent croire - en vous, en vos buts, en votre succès, en l’histoire que vous racontez. C’est la foi qui fait bouger les montagnes et non les faits. Les faits ne donnent pas naissance à la foi. La foi a besoin d’une histoire pour la soutenir – une histoire signifiante qui soi crédible et donne foi en vous. » D’où l’importance des pratiques d’autolégitimation et d’autovalidation, puisque la source unique de la performance d’un gourou, c’est sa personne même : c’est lui la source des récits utiles et de leurs effets mystérieux, c’est en lui que se concentrent les compétences narratives. Il est l’agent médiateur, le passeur et le message. Il doit vous convaincre que tout est en ordre, conforme au bon sens, au droit naturel. Il ne vous enseigne pas un savoir technique, il transmet une sagesse proverbiale, qui convoque le bon sens populaire, fait appel aux lois de la nature et convoque un ordre mythique.
Lafay convoque la sagesse grecque pour justifier ses positions, Mystery l'évolutionnisme, d'autres un savoir-faire en management...
PS : ce petit sujet est une disgression inspirée par
le retour critique de Master Roshi sur une vidéo de Lifestyle Conseil.