Partie II: les racines de la drague
SG- Depuis combien de temps pratiquez-vous la drague ?
EL- Depuis que j’ai 14 ans à peu près.
SG- Bon, ben maintenant je suis obligé de vous demander votre âge.
EL- J’ai 50 ans.
SG- Comment ça vous a pris ?
EL- Moi j’ai un amour absolument inconditionnel des femmes, j’ai toujours été élevé au milieu des femmes, je ne supporte pas le milieu des mecs, je suis très mal à l’aise lorsque je suis avec des hommes, à cause de ça je déteste le sport, l’armée, les curés, je déteste tous les endroits où il n’y a pas de femmes, je ne me sens bien et à l’aise qu’au milieu des femmes. Plus il y en a, plus je me sens à l’aise, et elles m’ont tout appris, j’ai toujours eu une admiration incroyable pour les femmes en général et un grand respect… Tout ce que je sais, c’est par elles que je l’ai appris.
SG-Est-ce qu’on vous a enseigné la drague ?
EL- Non, j’ai.. j’ai… erré pas mal… Pris pas mal de râteaux, et compris un certain nombre de ruses, de systèmes, et c’est pour ça que j’ai fait un guide, pour aider les autres…
SG- La quatrième de couverture de « Comment draguer la militante » dit que vous êtes un « dragueur reconnu par ses pairs » : c’est une blague ?
EL- (rires) Les pairs c’est d’autres dragueurs qui m’ont écrit après le premier ouvrage, et notamment des gens qui ont fait le chemin de Compostelle et qui m’ont écrit en disant que un certain nombre de mes méthodes fonctionnaient.
SG- C’est reconnu par les élève, c’est pas les pairs, ça ?
EL- On est tous pairs dans la mesure ou on drague tous. Pas les pères de l’Eglise, hein, on est bien d’accord ?
SG- Ca vous a pris longtemps d’être bon ? Ca a été comment votre progression ?
EL- Je crois que la base c’est de draguer ce qui est du domaine du possible, maintenant à 50 ans, je drague des femmes entre 40 et 50 ans, je vais pas m’amuser à aller draguer des minettes de 25 ans, ce serait absurde.
SG-Vous pensez que c’est pas possible ou ça vous intéresse plus ?
EL- Ca m’intéresse moins et je pense que c’est beaucoup de temps à passer et en plus on risque de tricher parce que y’a la notion « fric » qui rentre en ligne de compte souvent, ou alors la relation au père, les filles qui manquent un peu de père symbolique, etc… Moi ça me gonfle un peu, ça devient une psychanalyse.
SG- Que pouvez-vous dire de la séduction que vous pratiquez en termes de règles ou de grands principes ?
EL- Alors, je ne mens jamais en leur racontant que c’est une histoire d’amour qui va durer éternellement, je suis très franc, et ensuite, surtout, j’écoute beaucoup ce qu’elles ont à dire sur le plan de leurs désirs sexuels, et maintenant à mon âge, comme les femmes entre 40 et 50 ans sont très-très « open » sur le plan de la liberté sexuelle c’est très agréable d’être avec des femmes qui sentent chez le type qui est en face d’elles une complète ouverture à tout, sans censure, sans limite, et qu’elles peuvent se laisser aller complètement… Je vous le conseille d’ailleurs. Faut vraiment montrer qu’on est prêt à tout et qu’on veut pas mettre de limites.
SG- Est-ce qu’il y a des règles que vous pouvez donner, formuler, ou des techniques que vous pouvez donner, formuler ?
EL- De drague ? Absolument, il faut : pas mentir complètement sur ce qu’on est, parce que sinon à un moment ou à un autre on se ramasse, surtout si la relation elle dure 15 jours, 20 jours, à un moment on est obligé de se couper et on passe pour un clown, il faut un peu modifier ce qu’on est pour aller dans le sens de la personne qui est en face de soi, mais il faut à la fois rassurer la personne, et il faut en même temps la surprendre un petit peu. Faut toujours trouver la petite pointe d’originalité qui va faire qu’on va être intéressant. Je vous signale que très souvent quand on demande aux femmes ce qui leur a plu chez un homme, elles indiquent des particularismes physiques et psychologiques qui sont justement à l’opposé de la perfection telle qu’on la conçoit ordinairement, par exemple elles vont dire « j’ai bien aimé ses dents pas trop bien alignées, j’ai bien aimé son nez un peu long, j’ai bien aimé ce défaut-ci, j’ai bien aimé ce défaut-là . »
SG- Oui, mais ce que les femmes vont dire de ce qu’elles aiment est tout de même soumis à une autocensure, elles vont pas dire par exemple « J’ai bien aimé le fait qu’il soit riche. »
EL- Oui, ça absolument, elles vont être soumises à une autocensure, sur le plan de la morale, mais sur le plan du physique ça peut-être assez vrai, je pense que les femmes qui disent « J’ai bien aimé ses mains et je pourrais pas faire l’amour avec un mec qui a des petites mains moches. », je pense que c’est vrai : elles ont pas de raison de mentir.
SG- Elles savent pas forcément elles-mêmes ce qui les attirent aussi.
EL- Si, si, si, elles savent ce qui les attire, elles savent tout à fait ce qui les attire, elles savent aussi si elles ont besoin d’être rassurées. Je pense qu’un certain nombre de femmes aiment bien avoir un « bonbon », c’est à dire un type avec qui elles vont pouvoir être tranquilles, faire l’amour, s’amuser, sans que ça porte à conséquence. Je pense que ça reste vrai même quand elles sont amoureuses d’un autre homme.