Discussion

L'alcool, la drogue comment faire le tri, où sont les limites?

Note : 14
lancé par Thedaze le 07.09.2017
3 réponses
dernier par Onmyoji le 07.09.2017, 19h19
Voila, je lance le truc.

Si vous faites un temps soit peu des soirées, si vous sortez en boite-bar, si vous êtes adeptes de festivals je pense que vous n'avez pas pu remarquer l'abondance de produits légaux ou non.

On commence pas du soft:
Citation:
L’alcool est un produit psychoactif, c’est-à-dire qu’il agit sur le fonctionnement du cerveau : il modifie la conscience et les perceptions, et de ce fait le ressenti et les comportements. Les effets immédiats dépendent surtout de l’alcoolémie.

Consommé à faibles doses, l’alcool procure une sensation de détente, d’euphorie, voire d’excitation. Il désinhibe et aide à s’affranchir de sa timidité. Il libère la parole et contribue à lâcher-prise. Les réflexes commencent à diminuer.

Consommé à plus fortes doses, l’alcool provoque l’ivresse. Elle se traduit par une mauvaise coordination des mouvements, une élocution troublée, une diminution des réflexes et de la vigilance, un état de somnolence, etc. La consommation d’alcool peut également entraîner des pertes de mémoire allant jusqu’au trou noir. À très fortes doses, la somnolence peut aller jusqu’au coma éthylique. Il constitue une urgence médicale. Faute de soins, il peut provoquer la mort.

Au delà de ses effets immédiats, consommé fréquemment, l’alcool a des conséquences sur la santé à long terme.


Plus chaud, en vogue en ce moment le MDMA (ecsatsy)
Je vous met le liens c'est trop long sinon:
https://www.psychoactif.org/psychowiki/ ... 9moignages

Bon, je vous le cache pas, j'ai été un consommateur assidu d'alcool, et plutôt passager de MDMA. (entre autres...)

Pourquoi j'en ai pris, pourquoi j'ai été saoul?
Le côté désinhibant ou/et euphorique.

Est-ce que ça m'a aidé à pécho en soirée?
Dire non serais mentir et je suis pas là pour travestir la réalité.

Pourquoi j'en prend plus, pourquoi je ne me met que très rarement saoul?

Là la réponse est plus complexe.

En fait je peine à trouver des réponses claires et nettes. Car pourtant pas grand chose ne change concrètement. Je fais toujours autant de soirées, mon entourage reste à peu de chose le même- c'est à dire que j'ai accès rapidement à tout et n'importe quoi.
Prise de conscience? Surement. Trop de gens autours de moi qui sont "restés perchés" avec l'intelligence ralentie et d'autres troubles parfois graves.

Là encore où je n'ai pas d'avis tranché c'est le fameux: "t'en prends une fois et c'est fini, tu deviens toxicomane ou alcoolique." Je suis moyennement d'accord. Par expérience je sais que certain trucs me font pas le même effets que d'autres.
Pour causes:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Classific ... ychotropes

Où est la limite de la découverte à la dépendance?
Pourquoi ce besoin outrancier de prendre de la drogue ou de se mettre très mal à l'alcool?

J'ai remarqué par ailleurs que beaucoup de consommateurs de drogues (j'y inclue le cannabis) ou alcool (ou les deux) étaient passés par la case anti-dépresseurs. Comme si il y avait un mal être général au sein de certaine strates de population... je n'ai pas encore trouvé de chiffres où d'études sur le sujet. Dès que j'ai du temps je m'y colle.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Bonne idée !) le 07.09.17, 13h13 par valll
  • +1 (Bonne idée !) le 08.09.17, 07h36 par The_PoP
  • +1 (Bonne idée !) le 08.09.17, 14h44 par Perlambre
  • +3 (Bonne idée !) le 10.09.17, 13h00 par LeBeauGosse
Non on ne peut pas dire qu'il existe un risque dès la première prise, sauf exceptions type crack ou autres drogues à potentiel addictogène énorme où une seule prise se transforme immédiatement en calvaire.
Cependant il va de soi qu'on ne risque pas de tomber dans l'addiction sans consommer, et que tous les gens dépendants ont commencé un jour. De là à dire que la consommation de substances psychoactives est néfaste ce sera pas mon discours. Il est tout à fait possible d'avoir une consommation festive de substances, sans être dans l'addiction/dépendance.

Ce qui est intéressant c'est que les modes de consommation sont largement décrits entre ce qui est une consommation normale, et ce qui est du domaine pathologique.
- Pour une substance donnée, tu as l'usage simple, et puis le mésusage. Le mésusage recoupe l'usage à risque, l'usage nocif, et l'usage avec dépendance. Noter qu'il est possible d'avoir un usage nocif (avec un impact sur la santé) sans être dans la dépendance, de même qu'il est possible d'être dépendant sans être nocif (mais là il y a un facteur temps, si on arrête de cloper rapidement ça va, au bout de quelques années les dommages sont déjà installés).
- Donc une dépendance n'est pas le fait d'une substance ni même d'un seuil, il faut un individu donné, avec une substance donnée, consommée avec un certain comportement. Tu as beau ne fumer qu'une cigarette par jour par exemple, si tous les soirs tu monte en tension à l'approche de ta dose, il y a un comportement évocateur d'addiction. Donc c'est jamais si simple que "je bois trop je suis dépendant".

Donc sur une base scientifique, les données existent et sont largement connues/disponibles, cf les documents disponibles sur le site de la CIM. Il existe bien des "bonnes" et des "mauvaises" consommations sur une base scientifique, comprendre par là consommations délétères ou pas (les effets délétères s'évaluant sur la capacité à vivre une vie sociale satisfaisante, à ne pas compromettre sa pérennité socio-économique, son aptitude physique, etc...). L'alcoolique est un dépendant parce qu'il perd emploi, ressources financières, sociales, et économiques. Ah oui, autre point : incapacité à s'en sortir bien que lucide sur les conséquences délétères. L'addiction n'est pas un choix, c'est pour ça que c'est considéré comme une maladie.

Le reste de ton post c'est de la discussion d'un point de vue moral, curseur personnel, et où on le place. Ça dépend de beaucoup de choses parce que là encore on peut très bien se dire qu'on est libre de consommer des substances plus ou moins nocives pour sa santé et qu'on le fait en toute connaissance de cause. Là on entre dans des réflexions chiantes/intéressantes selon les cas, à savoir réflexions sur le libre arbitre d'un côté, et liberté "biologique" de l'autre versant.
Le propre des substances psychoactives... c'est d'être actives sur la psychée, autrement dit d'interférer avec notre capacité à décider. A prendre en compte parce qu'on l'oublie souvent.
Pour ce qui est du libre arbitre, ça demande de se considérer au centre d'un système et non de manière isolée. ie Plutôt que se dire "je suis libre de consommer et je le fais de mon plein gré", s'agit plutôt de se demander ce qui conditionne sa liberté ou non liberté à consommer. La substance modifie la pensée ça c'est dit, mais il y aussi un facteur environnement : disponibilité du produit, et à quel prix, la permissivité sociale càd est-ce que les potes en fument ou pas, est-ce que je peux en consommer en terrasse ou dans des endroits confidentiels. etc...

Bref. Les facteurs pour réfléchir à la consommation sont nombreux, et ça dépasse énormément le simple plaisir de consommer sans qu'on vienne nous faire des reproches politiquement corrects qui moi aussi m'exaspèrent.

Pour le reste, si tu constate que tu n'as plus envie de boire dernièrement, c'est que ta façon d'interpréter l'envie de boire, l'importance accordée à ta consommation ont diminué (prise de conscience que tu es aussi bien sans, envie de respecter ton corps, etc... plein de changements dans ta perception qui peuvent influer).
A la base, on ne consomme rien pour aucune raison. Consommer c'est une démarche active, elle répond donc à un besoin qu'il faut identifier. A partir de là tu peux très bien réorienter tes réponses autrement qu'en consommant. Ce pourquoi je suis d'accord : les consommateurs ont souvent ++++ des terrains anxio-dépressifs, l'addiction est un mode de réponse parmi d'autres, le problème c'est quand c'est le seul moyen de se gérer.

En dehors de tout ça : boire une bière avec un pote sans que ça aie aucune incidence autre que le coût de la bière, pas de mal là dedans. De même que la clope. Pour ce qui est du cannabis, j'ai un avis assez négatif là-dessus mais c'est encore autre chose.

Sources :
https://www.has-sante.fr/portail/upload ... ndance.pdf (dans le cas du tabac mais adaptable)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Instructif) le 07.09.17, 18h36 par Syd_
  • +3 (Très intéressant) le 08.09.17, 07h38 par The_PoP
  • +2 (Intéressant) le 08.09.17, 14h44 par Perlambre
  • +3 (Très intéressant) le 11.09.17, 12h20 par Thedaze
Citation:
Pourquoi ce besoin outrancier de prendre de la drogue ou de se mettre très mal à l'alcool?


Quand on découvre l'alcool, qu'on teste ses limites à l'adolescence par exemple, c'est la curiosité et les rapports sociaux qui font qu'on va se mettre à boire. Et pendant cette phase de 'découverte', certains ressentiront qu'il vaudrait mieux pour eux de ne plus se mettre mal, voire de ne plus boire du tout. Et pour d'autres, ceux qui découvrent un échappatoire dans cette usage, vont chercher à aller plus loin, et éventuellement devenir dépendant.

Généralement on évalue si quelqu'un est dépendant ou non selon deux critères principaux (j'ai souvent vu le premier notamment, que je trouve très pertinent) :
- est-ce que l'individu se drogue en ayant conscience que cela nuit déjà à certains aspects de sa vie : si oui, il est dépendant.
- et/ou, est-ce que le besoin d'augmenter la fréquence ou la quantité de consommation se fait sentir ? Si oui, c'est le processus d’accoutumance qui a déjà démarré, et en partie le comportement addictif.
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En revanche, je pense que l'addiction est une réponse à un besoin compulsif de combler un vide ou un manque, et que cela dépend beaucoup moins du produit que du 'terreau psychologique' de la personne. En effet, je pense notamment à ce mauvais exemple de l'héroine... car sur les personnes hospitalisées qui se voyaient prescrire des dérivés, seulement 20% me semble-t-il, deviennent accro et ont besoin d'un traitement pour apaiser le sevrage. Comment expliquer cela si la dépendance n'était liée qu'à la puissance et les propriétés du produit ?

Autre chose, comment expliquer qu'il existe des gens addicts aux jeux d'argent si la dépendance était seulement fonction de la puissance d'un produit ? Car dans ce cas, il n'y en a simplement pas.

À mon avis, pour tomber dans l'addiction, il faut plusieurs composantes communes à tous les drogués. Par ordre d'importance :
- ressentir un certain mal-être à la base, consciemment ou non
- que le produit consommé, ou l'action quelconque (cf jeux d'argent), ôte ou cache ce mal-être
- et dernier point et pas des moindres, à mon avis inconsciemment on analyse la nocivité globale que le produit pourrait engager dans notre vie, avant de vraiment plonger. Ce qui expliquerai un peu pourquoi tant de monde tombe direct dans la clope et moins facilement addict à des drogues qui perturbent trop le rythme de vie comme l’héroïne, alors que leur puissance est semblable.
- on peut bien sûr s'entendre sur le fait que personne ne souhaite a priori devenir dépendant à quoi que ce soit, et donc que c'est aussi parce qu'on assume pas certaines choses, ou peut-être parce qu'on ne se connaît pas assez bien, qu'on a des comportements addictifs.

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Je vais essayer de retrouver, mais je me souviens avoir lu une expérience où on proposait de la cocaïne à des souris :
- les souris vivant à plusieurs dans la cage, ne vont goûter qu'une fois ou deux au produit, puis ne jamais y revenir.
- les souris isolées tombaient TOUTES dedans, jusqu'à ne plus faire que ça. J'ai le souvenir que dans ces circonstances, les souris mourraient le plus souvent d'overdose, ne faisant plus rien d'autre que se shooter...

Autre chose : on prenait une souris devenue addict depuis plusieurs mois à la cocaïne, et on la plaçait alors dans une cage avec d'autres souris et un open-bar cocaîne. Progressivement et relativement rapidement, cette souris ne toucha plus du tout à la cocaïne, et finit par ne plus se préoccuper que de ses congénères.

Conclusion :

Est-ce plus la consommation de drogue qui pousse à l'isolement, ou est-ce plus l'isolement qu'on met en place inconsciemment qu'on cherche à cacher, qui pousse à la consommation ? Soit... chez les souris, la drogue peut être perçue comme un substitut au lien social, ou du moins, comme un traitement au mal-être qui l'accompagne. Alors la vraie question serait : est-ce que tous les toxicomanes connaissent un mal-être commun ou comparable, avant de tomber dans leur addiction ? Ou les 'terreaux' peuvent-ils varier et quand même mener à l'addiction ?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Intéressant) le 07.09.17, 19h31 par valll
J'aurais pas dit mieux.
Après la consommation est influencée parcertains types de personnalité. On suppose que certaines personnes ont tendance à plus s'exposer à certaines choses par recherche de danger, de sensations, refus des conventions, ou dans une forme d'auto médication comme ça peut être le cas chez les schizophrènes (certaines drogues aggravant les risques d'apparition de la maladie c'est un cercle vicieux dont il est difficile d'identifier l'origine).
Et puis il y a l'environnement, l'éducation, l'environnement social et les rites initiatiques propres à chaque famille; société, groupe social ou culture qui jouent un gros rôle. On est fortement influencés dans nos choix initiaux en la matière et c'est assez déterminant pour la suite.
Si on a du mal avec ça je pense qu'il faut rechercher dans ces racines là et des propres névroses qui sont un terrain pour favoriser la prise
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