[A] L'instinct du chasseur

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En discutant avec un ami, je me suis rendue compte d'un mécanisme pervers que j'ai retrouvé chez beaucoup de monde. 

Le principe est simple : tout faire pour devenir le fautif dans le déroulement d'une relation plutôt que d'admettre simplement qu'elle est vouée a l'échec. Outre le sentiment de contrôle des événements qui en découle, il se cache souvent autre chose derrière. 

En effet, il est plus facile de saboter quelque chose que de s'en débarasser directement en admettant que cet achat compulsif vous a lassé.  

Le postulat de départ :

Imaginez, vous rencontrez une personne qui, de prime abord, vous attire. Vous vous engagez sur cette voix grâce a un processus de séduction et l'autre est réceptif. Les choses s'engagent et vous finissez par voir votre envie de possession se réaliser. L'autre est a vous corps et âme, vous avez gagné. Jamais victoire ne fut plus douce pour vous.  

Pourtant, plus le temps passe plus vous ressentez un malaise dans cette relation que vous avez pourtant contribué a créer. 

La cause du malaise : 

En fait, votre goût du défi assouvi, que reste-t-il? Rien si ce n'est une domination qui vous pèse autant qu'a votre proie. 

Le plaisir de la chasse s'arrête quand votre victime est coincée et votre bonne conscience se rappelle a vous tel le criquet du pantin de bois. Comment sortir de cette situation?

Le coup de grâce :

Progressivement, tout vous excède chez votre proie. De la façon qu'elle a de vous réclamer (alors même que c'était votre but initial) a sa capacité a ne plus vous résister. Il faut absolument trouver un moyen de vous libérer mais rompre vous exposerait a être mis face a vos responsabilités. 

Vous devenez donc distant, prétextant n'importe quel motif pouvant passer dans le cadre de la relation instaurée. Vous sentez que l'autre ne comprend pas mais accepte par peur de vous perdre et cela vous exaspère encore plus. Comment cette personne sans volonté a-t-elle pu vous attirer? Comment vous, pourtant adepte du challenge, avez-vous pu désirer cet être qui tolère le moindre reproche sans broncher? Qui sait se rendre disponible a demande...

Finalement, vous achevez votre proie après de nombreux rendez-vous manqués et vous tournez, non sans un dernier regard, vers la suite de vos aventures.

Malheureusement, le criquet est toujours la. Il vous astiquote et vous rappelle que vous avez voulu cette situation et y avez participé. La culpabilité vous envahie, vous vous excusez et vous vous promettez de ne plus agir ainsi... Jusqu'à la prochaine.    
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Il y'a du vrai...) le 28.11.11, 18h37 par Terrigan
  • 0 (Tout ça pour dire quoi ?) le 29.11.11, 12h06 par Roshi
  • +1 (Intéressant) le 30.11.11, 12h10 par kero
  • +1 (C'est pas faux) le 03.12.11, 12h06 par Trip Fontaine

En gros, tu veux dire que les gens s'idéalisent en permanence et sont déçus par la réalité, soit, mais je ne vois pas où tu veux aller avec ça. C'est un fait assez connu, et c'est même le ressort du coup de foudre et la raison pour laquelle on est plus amoureux quand on voit moins celle ou celui qu'on idéalise.

Non, ce que je constate c'est juste un comportement pervers plus ou moins conscient qui nous pousse a tout pour obtenir ce qu'on veut sans vraiment chercher a savoir si ce qu'on veut n'est pas juste un caprice pour se prouver quelque chose a soi même.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (100% d'accord) le 08.03.12, 13h32 par ftt

Il y a plein de raison qui peuvent pousser quelqu'un à faire un truc qu'il ne veut pas vraiment faire, et le besoin de se prouver un truc en fait partie. Pour autant, il n'est pas le seul. Idéaliser une nana pour ensuite s'apercevoir qu'elle n'est qu'une personne ou pire, qu'elle l'inverse de ce qu'on pensait est un truc qui arrive tout le temps, c'est également ce qui crée les "amour passionnelles", où tu attends tout de l'autre (figure idéalisée) alors qu'il ne peut pas te le donner(réalité).

Je me reconnais, dans ce que tu décris, et je ne dois pas être le seul.

C'est le genre de phénomène que Sartre appellerai "la mauvaise foi", je pense.
La fuite face aux choix et aux responsabilités, l'angoisse de la liberté!
C'est toujours plus facile de se trouver des excuses... de ne pas se libérer.

En fait ce que tu dénonce, c'est la malhonnêteté, la couardise du chasseur!

Désir amoureux et possession sont intimement liés selon moi.
Beaucoup de personne ne peuvent pas aimer sans posséder, moi-même quand je flash sur une femme, inconsciemment beaucoup de choses sont impliquée (j'imagine être avec elle, les futurs...). Et je fais l'effort d’accepter ces sentiments, pour m'en libérer.

Ce que j'essaye de dire c'est qu'on est ancré dans des mécanisme de la pensée vieux comme le monde (on ne partage pas sa femme son conjoint blabla la bonne pensée)

Si le mec est clair dès le début, la relation n'en serait que plus saine.

Dire "Je veux simplement m'amuser" et "je te veux!" ne sont pas incompatibles !?

AC, je n'ai jamais parlé d'idealisation mais au contraire, d'une incompatibilité évidente sur laquelle on passe volontairement juste par envie de chasser.

Au final, Sneaky, merci de me confirmer que mon propos était compréhensible.

Je me suis moi aussi parfois retrouvée en situation de chasseresse a adopter ce comportement. Le soucis majeur pour moi est cette comédie qu'on joue parfois a la cible pour faire coller ses envies a ce qu'elle voit. Au final, on en ressort plus mal que si on avait mis son ego carnassier de côté mais on y retourne.

MaryMorgane a écrit:
En discutant avec un ami, je me suis rendue compte d'un mécanisme pervers que j'ai retrouvé chez beaucoup de monde. 

Le principe est simple : tout faire pour devenir le fautif dans le déroulement d'une relation plutôt que d'admettre simplement qu'elle est vouée a l'échec. Outre le sentiment de contrôle des événements qui en découle, il se cache souvent autre chose derrière.


Marrant, je me reconnais pas mal dans ce type d'attitude, sans avoir jamais vraiment mis le doigt dessus. C'est vrai que c'est très pervers.

Le pire est que souvent, dans ces cas la, on est tout a fait conscients de nos actes et on refuse de se l'avouer ou on en minore volontairement les effets néfastes. Pour avoir été des 2 côtés du "fusil", j'ai fini par m'en rendre compte. Malheureusement, rien ne me garanti que je ne recommencerais pas mais j'essayerais d'y penser.

Je dois malheureusement avouer que ce que tu décris résume assez bien mon fonctionnement depuis quelques mois... Une de mes ex m'a d'ailleurs sorti il y a quelques jours

Citation:
F : en fait, tu es un chasseur, seule la conquête t'intéresse ; céder nous fait perdre toute forme d'intérêt à tes yeux.


Mais si je me retrouve dans le mécanisme que tu décris (culpabilité à l'assumer, besoin de distance pour pousser l'autre à la rupture), je ne rejoins pas totalement cette explication un peu simpliste. Bon déjà, parce qu'en vrai la proie ne perd pas son intéret parce qu'elle a cédé mais parce qu'une autre proie ne l'a toujours pas fait... :mrgreen:

Mais plus sérieusement... Parce que lorsque ce genre de mécanisme survient, c'est le plus souvent que j'ai été sincère dans mon envie d'y croire... Au fond, je cherche celle qui me sortira de cet engrenage et il m'arrive parfois de penser que je l'ai trouvée, et d'oublier une évidence qui finit tot ou tard à se rappeler à moi : je n'y suis pas encore prêt.

Alors oui, peut-être que je me donne bonne conscience facilement...

Parfois on y croit vraiment, parfois non. C'est plus les fois ou je n'y croyais pas que ça m'a fait mal d'avoir agi comme ça... C'est plus ce comportement la que j'essayerais d'éviter a l'avenir si le cas se présente

Au fond, qu'est-ce qui te pousse à le faire? je veux dire, met-toi dans l'action, qu'est-ce qui t'amène à vouloir faire ça d'un coup?

MaryMorgane
"L'autre est a vous corps et âme, vous avez gagné. Jamais victoire ne fut plus douce pour vous.

Pourtant, plus le temps passe plus vous ressentez un malaise dans cette relation que vous avez pourtant contribué a créer. "



Peut être tout simplement parce que tu aime les chieurs, les bad-boys qui t'en donne (du fil à retordre) en continu, comme des hommes préfères les chieuses.

Avec les chieuses on s’énerve, on se prend la tête mais ça fait bouger comme si rien n'est acquis, obtenu, dominé, plutôt qu'une femme toute molle, docile qui endort et provoque l'ennui (je prend des extrêmes hein!).

Sûrement oui. Par contre, quand on cherche volontairement a rendre l'autre corvéable et qu'on le jette pour ça, faut peut-être plutôt se demander pourquoi on a voulu changer cette personne pour en faire quelque chose qui nous repoussait.

Un peu le comportement reproché aux LSE manipulatrices et autres AW que certains pensent exclusivement féminin.

Pire j'ai l'impression d'avoir activer un mecanisme pour m'auto-convaincre que ma relation me satisfaisait alors que ce n'est toujours pas le cas ce qui me rend encore plus vulnérable psychologiquement lorsqu'un évènement me rappelle que je ne suis pas fait pour être dans la relation dans laquelle je me suis volontairement engagé.

Pour résumer, ma nana actuelle a quitté son ex pour moi, a changé toute sa vie avec moi (c'est quand même bénéfique pour elle puisqu'elle travaillait dans un fast food et qu'elle était avec un mec qui l'a battait -je ne le savais pas avant d'être avec elle) parce que j'ai volotairement entrepris de la séduire, si bien que je m'en étais fait un objectif.

Sauf que je me suis fait piégé par cet instinct de chasseur, de chasser pour chasser un lot compliqué à obtenir. Les conséquences sont que cette nana a du vivre chez moi, qu'aujourd'hui on a emménagé ensemble, qu'elle essaye de me convertir à une vision de la vie de couple qui ne me correspond pas, loin, très loin de la vie que je menais avant. A cause de cet instinct de chasseur, je me trouve dans une situation qui est quand même enrichissante, souvent passionnante car cette nana me plait vraiment, mais qui ne correspond pas avec la personne que je suis réellement. Résultat, je vis une relation avec beaucoup de haut et de bas, jamais stable, parce qu'à chaque problème dans ma relation, cela me rappelle le sacrifice volontaire que j'ai fait pour cette personne.

Je me suis disons fait piégé mais je le vis bien. Disons que j'ai rencontré une femme avec laquelle je suis très bien, mais que j'ai rencontré trop tôt pour pouvoir m'engager avec elle comme elle me demande de le faire. Tout ça parce qu'on m'instinct de chasseur m'a dit dit qu'il fallait que je la séduise alors que j'étais déjà en couple...

Ca fait un peu 3615 my life, je m'en excuse, mais je pense que mon histoire illustre totalement l'effet pervers du chasseur. Disons qu'à force de chasser, on se retrouve à devoir gérer des relations qui ne nous corresponde pas du tout et qui sur le long terme sont loin de gonfler l'égo.
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  • 0 (Merci ! :)) le 03.12.11, 09h09 par MaryMorgane

Je ne sais pas si le terme de « chasser » est juste en ce qui me concerne, mais il est évident que les personnes compliquées à obtenir (parce que en couple, parce que distantes, ou qui ne s'intéressent pas à moi, tout simplement) sont celles que je vais essayer de séduire en priorité.
Mais, à vrai dire, je sais en général me dépêtrer de la situation avant même de passer à l'acte : je ne compte plus le nombre de mecs (car c'est plus vrai dans mes relations hétérosexuelles, étrangement) qui pensaient qu'on allait consommer notre relation, et qui ne m'ont jamais eue dans leur lit.
C'est un peu cruel sans doute, mais je me désintéresse très vite d'un objet tant convoité lorsqu'il m'est tout acquis.
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  • 0 (Yep ! :)) le 06.12.11, 02h21 par Vinsanity

Tout d'abord je tiens à te remercier pour cet article qui transcrit mot pour mot la situation dans laquelle je suis en ce moment.

Pour moi ça a été l'insécurité de redevenir célibataire qui m'a poussé à lui faire des excuses après lui avoir dit très clairement de ne pas se faire de faux espoirs..

Alors oui, on est tous d'acoord que que ce comportement est en rapport avec le fait qu'il n'y aie plus de challenge à relever ou juste parce qu'on c'est gourré de personne et qu'à la fin on se retrouve coincé dans un semblant de satisfaction parce qu'on a eu ce qu'on voulait mélangé à une réalité qui nous déplait, moi je voudrais savoir s'il y a bien un moyen de s'extirper de ce piège à rat sans passer pour un parfait manipulateur, hypocrite ?

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