[A] La critique compulsive

Le texte en bleu est la version abrégée pour ceux que ça gonfle de tout lire.


A travers un personnage inventé que j’ai nommé Charles, je vais aborder le sujet de la critique dans la vie quotidienne, ses conséquences sur la vie de ceux qui s’y livrent, et enfin la manière d’y remédier.



Charles, critiqueur invétéré :


Charles est un individu tout ce qu’il y a de plus banal. Lorsqu’il était jeune, c’était un écolier, puis un étudiant moyen : ni bon ni mauvais. Il occupe maintenant à un emploi tout à fait commun, à un poste de simple employé. Sa situation financière est moyenne. Son niveau de culture est moyen. Bref, vous l’aurez compris, Charles fait tout dans le moyen. Il pratique peut être une activité de loisir en dehors de son travail (musique, écriture), mais n’est jamais allé plus loin que ça. Il n’entreprend rien de particulier et n’excelle dans rien de spécial.


Ah si, il pratique assidûment un art dans lequel il excelle, celui de critiquer les autres. Cette grande maitrise de ce qu’il nomme « l’esprit critique », il l’a acquise grâce à de longues séances d’entraînements quasi-quotidiens avec ses amis (ou plutôt fréquentations).


A propos d’un beau mec bien habillé : « Il se la joue celui-là. S’il réussit avec les femmes, c’est parce qu’elles ne regardent que son physique. »


Le sujet des femmes étant lancé, un ami lui demande où il en est. Charles répond qu’il est célibataire, mais qu’il l’a choisi. Les femmes sont trop connes, elles préfèrent les machos, il est mieux tout seul. D’ailleurs, la pouffiasse à la belle plastique, il n’en veut pas. Les femmes comme ça, elles sont pas intelligentes, c’est pour ça qu’elles se mettent avec des machos qui misent tout sur leurs muscles. D’ailleurs, elle s’est tapée le responsable, c’est pour ça qu’elle a grimpé d’un échelon. Ca l’étonne pas d’elle, et ni du responsable, c’est un boulet de toutes façons. C’est pas normal qu’il occupe ce poste de responsable, il a moins d’études que lui. En plus il a voté Sarkozy : c’est un fasciste et un soldat du Grand Capital.


Il exprime également des critiques tranchées sur tout sujet. Ainsi, il critique les moindres faits et gestes de tout personnage public. Il pense passer pour quelqu’un ayant un fin esprit critique en critiquant Sarkozy (c’est sûr il a eu l’expérience d’être président) et le Gouvernement, en critiquant les Etats-Unis et la société américaine En n’y étant jamais allé), en se disant anti-libéral (connaît-il la définition du mot ?), en critiquant les profs, en critiquant les français (tous sont des beaufs crédules devant le JT de TF1, sauf lui), en critiquant les programmes télé (Pourquoi les regarde-t-il alors ?), en critiquant son voisin qui a divorcé (c’est parce qu’il savait pas s’y prendre avec sa femme).



Un beau jour, Charles tombe sur FTS. Dans un premier temps, il se met à critiquer tous ces machos qui n’ont rien compris aux femmes. Mais sa rancœur envers les femmes est plus forte, il se met à lire assidûment la littérature sur la speedseduction. Cela lui donne de l’eau dans son moulin à critiques. Qu’il pratique ou pas, il devient cynique, et ses critiques se teignent d’aigreur et d’agressivité. Le moindre propos d’une femme sera critiqué violemment, la moindre opposition à leur conception nouvellement acquise des relations humaines sera vertement interprétée comme du politiquement correct (et là critiques sur la société AFCisante et tout ça).

En bref : Charles à un avis sur tout, et surtout sur ce qu’il ne connaît pas. Charles n’a jamais rien entrepris lui même, mais critique toute personne qui entreprend, qui dirige, qui bénéficie d’avantages ou d’atouts particuliers, qui connaît un succès dans quelque chose ou qui tout simplement ne pense pas comme lui.


Les conséquences de la manie de critiquer :



Quand on critique :

1/ On se rend désagréable aux autres. Notre compagnie n’est pas recherchée.
2/ On sombre dans la négativité (cf article Etude de cas : La negative attitude). Voir le monde qui nous entoure comme entièrement négatif ou entièrement injuste peut conduire à la dépression.
3/ Les gens n’ont pas envie de nous écouter.
4/ On gaspille son énergie à critiquer les autres au lieu de réussir quelque chose qu’on entreprend soi-même.
5/ On ne s’ouvre pas aux autres points de vue et sa réflexion devient stérile. On devient dogmatique.


Pourquoi changer ?


Lorsqu’on cesse de critiquer, ou lorsqu’on passe à la critique positive et constructive :

1/ Notre compagnie devient recherchée car on est alors vu comme quelqu’un de compréhensif, ne jugeant pas et donnant de bons conseils (et sachant en prendre).
2/ On se met à voir du positif dans les actions d’autrui. Voir agir autrui différemment de soi permet de mettre en lumière les points sur lesquels on peut s’améliorer. On peut imiter certaines choses qui fonctionnent chez d’autres pour les appliquer à soi.
3/ Les gens ont envie de nous écouter. On devient plus charismatique.
4/ On utilise son énergie à entreprendre quelque chose. On se tire vers le haut au lieu d’essayer de rabaisser les autres. On se construit soi-même au lieu de chercher à détruire l’autre en le critiquant.
5/ On s’ouvre à d’autres points de vue, et on envisage des problèmes sous un angle différent.


Comment changer ?



Lorsqu’on a toujours critiqué, c’est quelque chose qui est inscrit profondément dans notre cerveau et il est difficile de se débarrasser de cette mauvaise habitude. Il faut en quelque sorte se reprogrammer le cerveau de manière à ce que face aux situations, il n’exécute plus l’instruction « critique ».



Pour cela, les forums sont un bon moyen de mise à l’étrier, car on est pas dans le spontané. En effet, on ne répond pas aux interventions des autres en temps réel, on peut prendre le temps que l’on veut. On peut profiter de ce temps pour, consciemment, barrer la route au ton critique qui allait s’insérer dans la réponse qu’on allait poster spontanément. Avant d’envoyer un post, on a la possibilité de le relire, et donc de s’assurer qu’il ne soit pas d’un ton critique.



Lorsque le post contient une critique, assurons-nous qu’elle soit constructive.



Lorsqu’un débat porte sur un sujet complexe qu’on ne maitrise pas (comme une décision politique, ou une situation géopolitique), on peut faire l’effort de s’informer avant d’émettre un jugement. Vous verrez que plus on en sait, moins on juge.



On peut aussi faire preuve d’empathie. Plus on comprend l’autre, moins on le critique, et plus la communication est meilleure.



Enfin, lorsque vous donnez votre avis sur quelque chose, ou lorsqu’on vous le sollicite, commencez par dire ce qui va, avant de dire ce qui ne va pas. Vous verrez comment notre pente naturelle est de commencer par ce qui ne va pas (y compris, et surtout, lorsque l’avis porte sur nous-même).



On peut considérer le point de vue de l'autre et chercher ce qu'il peut nous apporter. S'il peut vraiment rien nous apporter, et bien, on y répond pas tout simplement et on clôt le débat.


On peut aussi se dire qu'il n'existe pas une solution valable pour tous. Ce qui va à vous ne va peut être pas à votre pote. Inutile de lui faire la morale pour lui dire comment il devrait faire ou être. La vie des autres n'est pas votre vie.
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  • +1 (Bonne idée !) par Party Time
  • +2 (CQFD !) par okapi
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J'ai noté deux, c'est pas forcément que tu m'apprends un truc, mais je trouve que ton post est d'utilité publique, on devrait le distribuer partout... Je supporte pas ce genre de mecs qui critiquent tout le temps, et j'ai dû en supporter pas mal dans ma vie...

J'ai d'ailleurs couper les ponts avec certains de mes meilleurs amis à une époque présentant cette caractéristique que je ne supportais tout simplement plus...

Poussé à un certain niveau, pour moi, c'est carton rouge et j'exclu la personne de mes fréquentations.

Alors si ça peut faire prendre conscience de la chose à certains, qu'ils se rendent compte à quel point ça peut rendre imbuvable pour l'entourage et que ça peut les isoler sur le long terme...

S'occuper de soi au lieu de critiquer les autres, c'est un principe de base, mais tellement difficile à mettre en œuvre quotidiennement.


Cela demande une réelle reprogrammation de notre schéma de pensée.

Toujours une question d'équilibre. Il y a une différence entre le gars qui critique (ou se plaint tout le temps), ce qui est insupportable et celui qui critique de manière intelligente.

Il existe des situations et des attitudes qui méritent d'être critiquées. De plus, la critique surtout exagérée peut être une manière d'être populaire. C'est d'ailleurs très utilisé en politique. Critiquer fortement quelque chose peut-être une manière d'avoir l'adhésion de tous ceux qui sont du même avis.

De plus, je constate que les gens ne comprennent pas la différence entre comprendre et accepter/être d'accord avec. Par exemple (malheureusement ça dévie un peu sur un sujet politique), je comprends
tout à fait ce qui peut pousser certaines personnes à être au social plutôt que travailler, ça ne signifie pas que je suis d'accord avec (je ne vais pas développer les raisons là-dessus).

Valmont : Oui tu fais bien de nuancer mon article. Il y a aussi des critiques positives. Dans ce cas là je les appelle des conseils, des suggestions ou des compléments.


L'exemple politique que tu prends est très vrai. La critique d'un autre groupe, ou d'un autre pays permet d'emporter l'adhésion. Par contre, ça n'améliore pas le groupe de personnes qui se complaisent dans la critique des autres. C'est de la perte d'énergie.


Je ne critique pas les gens qui profitent des aides sociales plutôt que de travailler, car je ne suis nullement envieux ou jaloux. Mes valeurs me poussent à m'assumer pleinement et non pas à être pris en charge par l'Etat. Je suis satisfait de ma manière de faire et j'ai pas besoin de critiquer que les autres font mal.

Moi je suis pas trop trop d'accord. Mais de ce fait, évidemment, je te critique.

Toute la philosophie me semble bien être basé sur la critique. Ils se critiquent les uns les autres au fur et a mesure de l'histoire, même parfois eux-mêmes. C'est ce qui fait évoluer la pensée. C'est la critique qui permet d'amener la révolution, la résistance. La critique permet de trouver de nouvelles voies, de nouvelles solution.

Le problème social de Charles me semble plus être basé sur la frustration, qui le rend jaloux du succès des autres et se sert de la critique. Mais sa critique n'est pas fondée, pas bien justifiée, donc ce n'est pas une vraie critique. Le problème n'est donc pas la critique en elle-même mais le fait que ton perso soit frustré.

C'est comme si tu critiquais la sarge en prenant pour exemple un dragueur lourd qui saurait pas du tout s'y prendre. Prends maintenant pour exemple des philosophes ou des inventeurs, des artistes dont les critiques ont permis des avancées, tu verras si la critique n'est pas fertile.

Amicalement.

Coluche
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  • +2 (+1) par Elisa

Coluche,


Dans certain cas, la critique fait avancer c'est sûr, mais là je parle du quotidien.


On prend souvent le "la critique ça fait progresser" comme un prétexte pour systématiquement tout juger et tout critiquer, et surtout quand on ne nous a pas sollicité pour ça !


Tu prends l'exemple de la philosophie. C'est vrai que la philosophie est remplie de critiques. Mais ce ne sont pas les philosophes qui font concrètement avancer le monde, ce sont des gens qui agissent, qui font des erreurs parfois, et qui seront critiqués toujours par ceux qui n'agissent pas.


Tu as raison, ça a bien un rapport avec la frustration. Justement, au lieu de critiquer les autres, autant utiliser cette énergie à améliorer sa vie et diminuer sa frustration. Ca ne sert à rien de critiquer le mec qui choppe plein de nanas, ou l'AFC qui se case. Faut s'occuper de soi et donner son objection seulement quand elle est assortie d'une autre proposition.


Je ne prends pas ton intervention comme une critique. Tu ne me critiques pas, tu contredis mon article, c'est différent. Tu ne critiques pas non plus mon article, qui ne serait pas assez ceci ou assez cela, auquel cas j'aurais répondu qu'écrire un article n'est pas si simple, et que tu aurais qu'à essayer d'en écrire un meilleur au lieu de critiquer.


++

Je pense que tout le monde est d'accord sur le fait qu'il y a des critiques mal placées (surtout si elles sont compulsives) et d'autres justifiées. Ce qui différencie les deux pour moi, c'est l'intention qu'il y a derrière. La critique est elle faite pour satisfaire l'égo de la personne et noyer ses frustrations ? Ou est-elle faite dans un but constructif, avec une valeur ajoutée et une information apportée pertinente ?

Je comprends tout à fait le propos de cet article, pour avoir fréquenté quelques personnes comme ça. En particulier une fille qui a ces caractéristiques, négative, frustrée. On dirait qu'elle essaie de mettre tout le monde dans son état émotionnel, et c'est super chiant au quotidien. Le pire c'est la [url=http://www.frenchtouchseduction.com/la-jalousie.html]jalousie[/url] pour les personnes de son entourage qui réussissent, avec toujours quelque chose à redire sur leurs intentions... Par contre, je ne me rends pas trop compte de la difficulté d'un changement de ce style de comportement, et de ce qu'il faudrait faire pour y arriver.

Et puis merde, si la fille s'est tapée son boss pour arriver là où elle en est, je vois pas forcément où il y a un problème si elle est compétente, agréable, et épanouie dans sa situation. Par contre, si elle fait des crasses aux autres, alors là effectivement elle mérite de se prendre deux baffes au lieu d'une seule :mrgreen:

En tout cas, sans avoir un état d'esprit positif, et sans recevoir de critiques constructives d'autrui, on avance difficilement.

C'est aussi qu'il y a des gens n'ayant aucun avis par eux-mêmes qui fondent leur opinion uniquement en critiquant celle des autres, ça leur donne l'impression d'avoir de la consistance. Les personnes qui détestent profondément les moutons sont un bon exemple.
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  • 0 (Prends un peu de recul) par Krishna

Syphil a écrit:
C'est aussi qu'il y a des gens n'ayant aucun avis par eux-mêmes qui fondent leur opinion uniquement en critiquant celle des autres, ça leur donne l'impression d'avoir de la consistance. Les personnes qui détestent profondément les moutons sont un bon exemple.

Et encore, il faut voir si finalement ça n'est pas justifié. En quoi rejeter ceux qui se fondent dans la masse sans réfléchir serait le reflet d'une absence d'option et/ou de réflexion personnelle?

erwann_rommel a écrit:
Syphil a écrit:
C'est aussi qu'il y a des gens n'ayant aucun avis par eux-mêmes qui fondent leur opinion uniquement en critiquant celle des autres, ça leur donne l'impression d'avoir de la consistance. Les personnes qui détestent profondément les moutons sont un bon exemple.

Et encore, il faut voir si finalement ça n'est pas justifié. En quoi rejeter ceux qui se fondent dans la masse sans réfléchir serait le reflet d'une absence d'option et/ou de réflexion personnelle?


Là alors il faudrait se poser la question si "savoir ce que l'on ne veut pas être" équivaut à "savoir ce que l'on est."

Ex : je ne veux pas être dans la masse.
Bon. Très bien.
Mais en quoi ne suis-je pas dans la masse ? Sur quels critères ?

La ou je m'interroge c'est pour les personnes, qui ne peuvent s'empêcher de critiquer positivement (c'est mon cas). Si je passe a coté de quelqu'un de mal habillé ou que je remarque quelque chose qui peut être améliorer, je le dit.
Par exemple a mon école de théâtre, une amie avec qui je rigole bien était bien très bien habillée mais il manquait juste une touche de vernis noir sur ses doigts pour être super sexy :
Citation:
JS: Tu sais, tu devrais mettre du vernis noir sur tes ongles et tu serais encore plus sexy crois moi :D

Ce genre de critiques sont elles un problème, si elles sont fréquentes ?

Tu caricatures un peu trop à mon goût, le coup du sale gauchiste qui n'a rien fait de sa vie et qui passe son temps à critiquer les autres, sûrement par jalousie, tout ça me fait mal aux yeux. Je critique souvent les chefs politique néanmoins lorsqu'on critique en politique on sait pourquoi on critique. Je veux bien caricaturer, seulement que ce soit afin de progresser et non d'émettre un jugement politique. Je suis anti-libéral, parce que je connais la définition du mot libéral. Et je ne caricature pas mes adversaires. Si tu me cite Bob, c'est un exemple caricatural, qui permet de savoir quoi ne pas faire. Ne pas passer son temps à critiquer c'est bien, c'est même évident. Et je comprends que tu passes par un personnage, mais n'en fait pas le pire mec du monde, pour après l'assimiler presque à une classe politique. Bref, tu en fais trop.
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  • 0 (Prends un peu de recul) par Electrik
  • -1 (Super boulet...) par Krishna

<- Ce topic devient HS et s'embourbe, vous ne m'en voudrez pas de le purger. ->
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  • 0 (Merci ! :)) par Electrik


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