Sujet de l'article :
Cet article parle des risques que l'on peut rencontrer APRES la phase de découverte des principes de la communauté et de leurs acquisitions. Finalement, nous ne sommes jamais à l'abris de nouveau égarement et erreur. Et par cet article, je veux mettre en évidence que ces égarements sont cycliques et qu'ils répondent à une certaine logique. Et qu'ils peuvent aussi se repérer par les mêmes symptomes que je vais définir. Donc qu'ils sont en partie prévisible. Et à la fin, je tente de les définir en fonction du niveau d'évolution ou de l'age...
Introduction :
Depuis quelques temps , comme je me cherchais une certaine spiritualité et philosophie personnelle , m'éloignant de la communauté qui avait changé ma façon de voir la vie en me donnant de nouveaux principes et valeures , je me suis intéressé à d'autres sources. J'ai découvert de nouvelles passions : le théâtre, puis la danse avec la salsa, et aussi un sport la capoeira. Parallèlement, je me suis aussi intéressé à la politique : au départ influencé par Alain Soral, j'en suis finalement arrivé à m'intéresser aux sources d'inspirations de celui-ci que sont entre autre le marxisme, avec des sociologues comme Michel Clouscard. Comme Philosophe, comme celui-ci était cité beaucoup de même, je me suis intéressé à Nietzsche, et enfin comme ce dernier se définissait un peu "anti-platonicien" , je me suis intéressé à Platon. Quand je dis "intéresser" , je vous le dis tout de suite, c'est plutot un survol, je suis pas un expert, loin de là .
Mais bref, cela a permis de me faire une sorte de synthèse en moi et de me faire apparaitre en gros une sorte de contradiction, d'opposition première entre deux antagonismes, qui expliquent à mon sens beaucoup de "travers" soit de la société ambiante, soit même des travers que l'on trouve dans la communauté . Ces travers répondent à des cycles de sur compensation, car le développement se fait sur un mode balancier (j'y reviendrais), de façon cyclique. On pourrait expliquer cela par le concept du yin et du yang, ou bien par le concept , je crois de hegel, qu'une idéologie évolue dans l'histoire, en passant successivement d'un contraire à l'autre. Mais j'utiliserai plutot les mythes grecs qu'utilisait Nietzsche, car ils éclairent différemment, et peut être plus clairement. Et ainsi, on pourra en déduire les symptomes des deux excès du balancier, pour les repérer plus distinctement. Je vais essayer d'être clair, mais c'est pas évident.
Développement :
La société dans laquelle nous vivons trouve son socle de fondation dans deux origines principales : la religion judéo-chrétienne et les "moralistes" de la grèce antique avec en chef de file Platon ( et Socrate puisqu'il faisait parler Socrate dans ses dialogues ). Les deux ( religion judéo-chrétiennes et moralistes grecs ) ayant été conçus pratiquement au même moment dans l'histoire et au même endroit (monde occidental). Ils se sont donc sûrement inspirés l'un l'autre. Dans les deux, donc, la base est la dualité, la séparation, entre le corps et l'esprit. D'un côté le "bien", le "vrai", la "connaissance et le savoir", de l'autre, le sophisme, la séduction trompeuse, le monde sensible, le corps, les sens. D'un côté des valeures qui se veulent universelles, de l'autre, la subjectivité et l'individualité. D'un côté l'ascetisme, la raison, la sagesse, de l'autre la jouissance, la passion, l'imoralité ....
Bref : d'un coté, une raison et une morale culpabilisatrice et moralisante, diabolisant le corps, la jouissance et mettant au sommet le devoir ; de l'autre l'inverse...
Bon, progressivement la société s'est sécularisé, c'est à dire qu'elle s'est débarrassé de l'influence de la religion ... Il n'empeche que les valeures pronées par la religion sont présentes depuis tellement de temps qu'elles agissent encore.
Michel clouscard est un philosophe d'inspiration marxiste qui verra l'évolution de la france comme ci : Le capitalisme, à une certaine avancée de son évolution, a eu besoin de changer la société, de la libérer, pour augmenter la consommation. C'est lui qui a inventé le mot "libéralisme libertaire". Alors que la grande bourgeoisie auparavant, de droite, pronait des valeures conservatrices et traditionnelles, tel la religion, la morale grecque .... Elle en est venue au contraire à favoriser la libéralisation des moeurs, le féminisme entre autre car il participait à ça ... mais tous les courants libertaires en gros en l'associant au libéralisme économique. "Le capitalisme de la séduction" : autre idée de ce penseur marxiste: le capitalisme, au moyen de la publicité, pour pousser à la consommation se doit de créer toute une sorte de nouveau désirs aux gens, tout en les faisant passer pour des besoins aux yeux du consommateur. Et c'est bien là , d'ailleur, la différence entre un besoin et un désir. Le besoin, une fois assouvis, nous laisse calme et heureux. Le désir une fois assouvis, nous fait dévaluer ce désir et nous laisse une insatisfaction avec l'envie d'un autre désir. Avec toujours plus de frustration. C'est la différence entre l'épicurisme et l'hédonnisme. L'épicurisme est une sorte de sagesse qui pronne les plaisirs correspondant à la satisfaction des besoins, en modérant ses passions. L'hédonnisme est la promotion de la jouissance et des plaisirs en permanence, sans penser aux lendemains. Et cela ne peut aboutir qu'à la perdition ou le malheur par frustration.
De mon point de vue, finalement, les courants qui ont critiqué le féminisme l'ont fait essentiellement pour deux raisons : 1) d'abord d'un point de vue marxiste, dans le sens de l'analyse faite ci-dessus, car en libéralisant les moeurs, il favorisé le libéralisme économique. 2) par des courants pour la "ré-affirmation de la virilité" , en critiquant finalement dans le féminisme, non pas la critique d'une inégalité entre homme-femme (objectives dans l'histoire ) et la volonté des femmes de gagner des droits , mais plus dans le sens que le mouvement féministe se serait construit de manière réactionnaire, ( dans la pensée de Nietzsche, les mouvements réactionnaires, qui se construisent "contre", développent sont des mouvements de "ressentiments" et des mouvements "culpabilisant", qui se construisent en développant des valeures inverses du mouvement qu'ils veulent détruire ) , contre la masculinité et les valeures de celle-ci ...
Nietzsche donc, dont il est difficile de décrire en quelques lignes la philosophie sans le trahir, mais dont il est vrai que sa philosophie correspond particulièrement bien à la philosophie de la communauté. D'ailleurs, il est intéressant de noter (tout comme Flaubert d'ailleurs, qui dans ses livres comme "madame bovary" ou "l'éducation sentimentale" décrira avec beaucoup de réalisme, les méfaits d'un romantisme inadapté et la perdition qu'il peut entrainer, est un homme qui a été élevé dans un milieu exclusivement féminin, peut être étouffant, par sa mère pour Flaubert, par sa soeur pour Nietzsche.) En tout cas, pour Nietzsche, la religion judéo-chrétienne, les grecs anciens, sont des idéologies réactives de perdants ( esclaves par exemple, soumis d'une société) qui ont inventé ces idéologies en réaction au monde dominant et tyranisant dans lequel ils vivaient en énonçant et promovant des valeures inverses de ce monde. Morales qui développait le germe du "ressentiment" et de la "culpabilité". Ces morales était contre la vie, l'écrasait. Il a aussi insisté sur l'importance du corps, de l'art, ...
Il a fait une exégèse de deux personnages de la mythologie grecque "Apollon" et "Dionysos" qui selon lui, expliquait deux tendances opposés du monde, qui résume à mon sens la dualité fondamentale qui existe en tout homme, dans la société, partout. Les deux sont indispensables à l'homme, il doit trouver son équilibre entre les deux, faire un va et vient entre les deux, sinon, il se nuit. Et je trouve cela particulièrement pertinent, et saisissant de vérité. De ces deux archétypes, on retrouve les excès de la surcompensation du jerk ou de la perdition dans le romantisme idiot de l'afc, MAIS AUSSI TOUS LES EXCES POSSIBLES DANS LES PROCHAINS COUP DE BALANCIERS DU DEVELOPPEMENT PERSONNEL. On peut voir beaucoup de similitude entre ces deux archétypes et le concept du yin ( féminin ) et du yang (male ) des chinois.
- D'un côté, on a "Apollon" : le dieu de la lumière, de la raison, de la sagesse, de la tempérance, de l'ascétisme, de la loi, la morale, de l'être, de l'esthétisme (il est beau, ses traits sont réguliers) , des relations avec l'extérieurs. Apollon est vindicatif, colérique, possessif, idéaliste, ascétique, raisonnable, actif et constructeur, batisseur. On peut le voir comme une image quelque part de la virilité. De l'individuation, de la volonté, de la loi qui façonne un être , le défini ... C'est le dieu de la lumière, du ciel. Il a plutot tendance à être soit dans le passé, soit dans l'avenir, à construire, prévoir.
- de l'autre " Dionysos" : c'est le dieu de la terre, de l'obscurité, des pulsions anarchiques et contradictoires, de la fusion dans le groupe, la nature, de la création, la régénéréscence, du renouvellement, du devenir, le dieu de la vigne, des passions, de la jouissance. Au contraire d'apollon et de sa régularité, dionysos est le dieu des rythmes syncopés, des contrastes, du jeu , de l'enfant, de la légèreté, qui ne fait rien pour plaire aux autres et s'intégrer harmonieusement avec eux, de la féminité , dieu de l'instabilité, du devenir . Il est dans le "ici et maintenant", il profite, est nomade, n'est pas sédentaire, insouciant, fait la fete ...
Je vous ai parlé au début de mes nouvelles passions : theatre, puis salsa puis capoeira ; je me suis rendu compte par la suite que les trois au fond puisent leurs origines dans la civilisation africaine et qu'on y retrouve les mêmes choses : improvisation, création, corps, importance du groupe dans lequel on peut parfois se "fondre", se lier, energie et jeu, légèreté. Elles ont toutes en vérité une influence de "dionysos". J'avais effectivement à ce moment besoin de créer, de me régénérer, tandis qu'à coté de ça, je développé en moi une certaine rigidité, mon individualité, ma volonté, mon discernement.
Bref , "l'afc" qui arrive à la communauté a ce coté de dionysos qu'il est passif, soumis à ses pulsions internes autant qu'aux forces de l'extérieurs ... Puis son passage à la communauté lui fait découvrir l'importance de l'objectivité, de la méfiance de ces pulsions, de ses sens, d'un besoin de discernement, de volonté : il fait donc un passage vers un coté apollon avec le développement de sa volonté, son individualité en se coupant des autres et développant sa validation interne, sa méfiance des sens, des passions ("les actes comptent davantage que les paroles"), la promotion des actes contre la passivité, l'hésitation, la promotion de la construction de sa vie ....
Mais en mettant la barriere toute vers cet horizon, en même temps, au bout d'un moment ou un autre, il parvient à un stade de surcompensation : il étouffe, ne trouve plus son energie, ne parvient plus à se renouveler. Car si la volonté vient d'apollon, l'energie et la création, l'improvisation, elles, viennent de dionysos. Et on ne peut les atteindre que par l'abandon, la mise en sourdine de la raison. Et fatalement, pour retrouver cela, il devra refaire un tour du coté de dionysos ...
Et ainsi de suite. Au final, on ne peut s'élever loin en haut ( apollon ) qui si les racines en bas (dionysos ) sont profondes. Le risque étant en cours de chemin de rester bloqué et de se perdre dans l'une des extrémités.
Certains ici, surcompensant vers "apollon" deviennent des "robots sociaux" ou des "êtres secs" sans plus aucune compassion sinon du cynisme, incapable de vrais créations personnelles sinon de répéter la doxa de la communauté, comme avant ils répétaient la doxé romantique et neuneu de l'idéologie dominante. D'autres surcompensent vers "dionysos" et finissent par se perdre, fuir la vie et le contact avec la réalité, s'engoufrant dans une affectivité ou des pratiques mystiques excessives. Perso, c'est un peu ce que j'ai ressenti sur moi ces derniers temps, j'ai arreté le théatre et me suis remi à courir. Et le footing comme sport, à la différence de la capoeira ou la danse remette dans le concret ; energétiquement, c'est pas pareil. Bref, il faut veiller à ne pas s'enfermer dans un excès et suivant son cheminement percevoir ce qui est bon pour soi à un moment donné, en étant capable de se ré-évaluer et changer de direction à différent moment.
- Notes et commentaires reçus par ce post :
- 0 (Intéressant) le 01.02.11, 17h29 par Stalwart
- +2 (Post de qualité) le 04.02.11, 10h21 par Terrigan










