[A] La porno-addiction

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MaryMorgane a écrit:
Ce genre de scenes ou on a l'impression que les acteurs sont des machines qui s'emboitent sans aucun ressenti, les scènes qui font vraiment fausses, dans lesquels tout fait bidon et qui, au final, n'ont pas plus d'intêret à mes yeux qu'un tetris (et au moins, la musique du tetris est sympa :D )


Je me souviens avoir vu un clone de Tetris dans lequel on emboîte des corps nus au lieu de pièces composées de cubes...

En même temps on en revient au même débat que sur les jeux vidéos violents et autres et je répondrais la même chose : si on a une personne pas équilibrée au départ et qui prend pour acquis tout ce qu'elle voit dans les médias, ça sera forcément dangereux quelque soit la nature des images vues.
Je connais des mecs de 20/25 ans qui mattent des pornos sans pour autant vouloir les reproduire ou soumettre leur copine à leurs moindres désirs.

MaryMorgane a écrit:
Lossenia a écrit:
Je ne pense pas qu'il y ai du bon dans le porno ! Ca n'a rien d'éducatif, le porno impose sa vision de la sexualité qui est néfaste pour ta vie sexuelle.

Je me pose les mêmes questions que toi. Mais qu'entends tu par "fameux films super mal tournés" ?


Il y a quand même assez de choix en la matière pour que les spectateurs choisissent des pornos qui s'accordent avec leur vision de la sexualité. Si le porno imposait tant que ça sa vision, il n'y aurait plus de public depuis longtemps non?

Et les "fameux films mal tournés" ce sont els espèces de scenettes de 3 minutes qu'on trouvent sur le net comme dit plus haut. Ce genre de scenes ou on a l'impression que les acteurs sont des machines qui s'emboitent sans aucun ressenti, les scènes qui font vraiment fausses, dans lesquels tout fait bidon et qui, au final, n'ont pas plus d'intêret à mes yeux qu'un tetris (et au moins, la musique du tetris est sympa :D )


Ces films mal tournés comme tu dis excitent beaucoup de gens. Et puis ca n'est pas plus faux qu'un film porno de 1h30.

S'ils excitent tant de monde que ça, c'est bien que ça doit correspondre aux gouts de ses personnes. Personnellement, ça ne me fait rien justement car je ne les trouve pas réalistes et ils ne reflètent pas des choses que j'aime. Vous arrivez vous à être excités par quelque chose qui vous répugne?

Et oui, pour la durée du film, c'est d'autant plus vrai que la plupart du temps, ce sont des extraits de longs metrages. Je disais 3 minutes car en général, ça ne reste que (heureusement) certains passage du film et les longs métrage se composent rarement de 1h30 de baise non stop.

De toute façon, comment comparer ce qui est le fantasme à la réalité. Je peut être excité devant une fille nue devant moi, par contre en porno, une femme nue me fait ni chaud ni froid...

Comparer froidement les 2 aspects de l'excitation du réel au porno n'est pas une bonne idée.

Puis bon, faut être un peu neuneu pour croire que le porno est la réalité... Bien que je ne sois de base pas un grand fan, j'ai jamais mis en relation les 2 aspects.

MaryMorgane a écrit:
S'ils excitent tant de monde que ça, c'est bien que ça doit correspondre aux gouts de ses personnes. Personnellement, ça ne me fait rien justement car je ne les trouve pas réalistes et ils ne reflètent pas des choses que j'aime. Vous arrivez vous à être excités par quelque chose qui vous répugne?



On peut très bien être excité sans avoir pratiqué la chose en question. Le jeune toujours puceau qui se gave de porno, il ne peut pas savoir si c'est quelque chose qu'il aime puisqu'il n'a jamais rien pratiqué. Pourtant il aime regarder ça. Pas sûr de t'avoir bien comprise.

Je n'ai pas dis qu'il y avait besoin d'avoir pratiqué mais qu'il peut arriver que le porno ne soit que l'image de ce qui excite les spectateurs. Dire que le porno est responsable de la mauvaise vision du sexe c'est occulter le fait que pour que ça soit fait dans un porno, il a fallut qu'une personne ait l'idée de ces pratiques. Dans ce cas, qui est a blâmer? Le porno en lui même ou l'être humain qui a imaginé ça? Au final, ce ne serait donc pas un problème venant du porno mais de certains humains. Et s'ils n'avaient pas pu faire de porno, n'auraient-ils pas trouvé un autre moyen de rependre les pratiques qu'on voit dans les films?

Ouais mais je pense qu'on s'éloigne du débat là. Il s'agit bien ici de traiter d'un phénomène d'addiction très néfaste (comme toute addiction d'ailleurs).

L'addiction au porno est la conséquence d'une frustration sentimentale. Supprimer le visionnage du porno est une idée bien-pensante qui n'amène pas de solution amoureuse, mais l'illusion de se soigner du désespoir et de la solitude.

A la différence de l'addiction alcoolique qui est une conséquence d'un déséquilibre mais qui brime le développement individuel (par le simple fait d'etre bourré, puis par les problèmes de santé), je ne vois pas, en quoi le porno détiendrait une forme d'exclusivité sexuelle qui empecherait l'individu de rencontrer des femmes et d'avoir des rapports sexuels de nature différente. Je ne crois pas a cette idée de transfert.

Coluche a écrit:
je ne vois pas, en quoi le porno détiendrait une forme d'exclusivité sexuelle qui empecherait l'individu de rencontrer des femmes et d'avoir des rapports sexuels de nature différente. Je ne crois pas a cette idée de transfert.


Non cela ne t'empêche pas de rencontrer des femmes mais peut être d'avoir une vie sexuelle épanouie.

La question serait donc de savoir: le porno influence-t-il la sexualité, ou la sexualité influence-t-elle le porno?
Le porno ne représente pas la vision réelle de la sexualité! Un rapport sexuel dans la pornographie, c'est une succession de poses imposées: une fellation, une sodomie, une éjaculation anale. C'est une esthétique du corps imposé (notamment en matière d'absence pubiens). C'est une conception du sexe imposé (peu de préliminaires, des pénétrations effrenées, une externalisation auditive à outrance du plaisir pris).
La majorité des gens n'ont pas des rapports identiques à ceux du porno. Mais de plus en plus de gens, notamment de jeunes hommes, ont tendance à vouloir à tout prix retrouver dans le monde réel, les fantasmes du porno. C'est là que naît la frustration: de cette déconnexion entre le message pornographique, et le monde réel.
Alors bien sûr, il y a des couples qui font dans la vraie vie comme dans le porno. Il suffit de voir les sites plus ou moins amateurs du Net. Mais ils sont minoritaires; or, le porno, ne l'oublions pas, c'est avant tout une industrie qui s' adresse à la masse!

Olivier. Il est également évident que la qualité du porno a diminué, mais attention... Le porno des années 70, ce n'était pas du Fellini non plus. Il faut se méfier des arguments qui opposent de facon hâtive un "bel érotisme", avec la "pornographie".
Si je peux me permettre, "porno" ne veut pas dire esclave femelle, mais prostituée en grec. Et Graphie, le récit, le fait de montrer ou de décrire. Etymologiquement, la pornographie est donc la monstration d'une prostituée.

Mary Morgane. Selon moi, l'addiction commence quand la consommation est motivée plus par besoin, que par plaisir. Quand on commence à avoir recours à la pornographie par habitude, ou commodité, ou frustration. C'est en cela exactement pareil que la cigarette: le plaisir a diminué, remplacé par une nécessité physique ou mental.
Quant aux vrais/faux films amateurs, je confirme ce que dit Lossenia: ils ont clairement un public au sein des amateurs de pornographie, notamment ceux qui sont à la recherche d'une plus grande authenticité des corps. Je pense vraiment que les admirateurs d'un porno "esthétique", du type David Blake, sont minoritaires. Le porno, ce n'est pas aussi varié que cela; souvent, c'est le même schéma qui est représenté (les mêmes poses, les mêmes attitudes dans le même ordre). Et que l'action se passe dans un chateau richement décoré, ou sur une couverture posée dans un garage, c'est pas vraiment déterminant pour classer le porno en sous-genres!
Pour confirmer Venusian quant à ton raisonnement sur les gens qui parlent du porno sans en voir, ou qui le critiquent sans le voir, je vois pas où est l'ambiguîté. Les meilleurs critiques de l'alcoolisme, ce sont les anciens alcooliques. Les plus avertis des dangers du tabac, sont les gros fumeurs. Il me paraît donc normal que des personnes, gavés de porno, et qui en subissent les conséquences, puissent en parler en état de cause, puisqu'ils ont baigné dedans suffisament de temps.

Cela dit l'homme n'a pas attendu le film porno pour être violent ou avoir des déviances sexuelles, de même qu'il n'a pas attendu le jeu vidéo pour aller massacrer des jeunes dans les écoles.

J'ai l'impression que dans cette société moderne et ultra speed on a souvent tendance à confondre causes et conséquences, et qu'on aime trouver un coupable tout désigné (jeux de rôle, jeux vidéo, musique hardrock, films pornos etc ...).
Les films et les sites porno ne sont que la conséquences d'une frustration chez certaines personnes. Je préfère savoir qu'un mec en manque se soulage sur un porno plutôt que de le voir aller agresser une femme dans la rue. Oui je sais il y a les prostiputes mais on ajoute au sexe un aspect qui pour ma part aurait tendance à me couper l'effet (j'imagine que je dois pas être le seul).
La frustration n'est pas engendrée par le porno ... entretenue, pourquoi pas, je veux bien y croire. Non je pense que notre société a évolué vers un modèle où on est habitués à avoir tout, tout de suite ... alors devoir patienter 3 ou 4 semaines à séduire une femme pour espérer coucher avec elle, fonctionne à l'encontre de ce modèle...
Regardez les sites de rencontre ... c'est une façon d'écourter la phase de séduction pour obtenir plus vite ce que l'on recherche.
Cela rejoint le propos d'Afreq ... je crois que les mini-films porno ont du succès surtout parce qu'ils vont à l'essentiel : le rapport sexuel. Le mauvais côté du truc c'est qu'ils occultent tout ce qui amènerait naturellement au rapport et c'est bien souvent dans ce domaine que les hommes manquent d'expérience (je l'ai pas inventé, c'est bien pour ça que FTS existe non ?).

De toutes façons les films porno je dépasse pas le premier 1/4 d'heure ;D ... mwahahaha c'est bon de rire parfois.
Bref même si ils répondent à un manque, je ne m'en sens vraiment pas addict... et idem pour les jeux vidéo.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (+1) le 05.01.12, 23h32 par Démosthène

Djudj.Le parallèe que tu fais entre pornographie et criminalité est intéressant. Bien évidemment, il faut mieux qu'un criminel potentiel s'excite sur du porno, que sur une victime.
Le hic, c'est qu'on sait aujourd'hui que le porno n'aide pas à canaliser les pulsions, mais au contraire les excite. La théorie de la catharsis, comme quoi le porno serait apaisant, a été depuis longtemps abandonné, y compris par son propre cérateur!
On retrouve ainsi chez nombre de criminels sexuels, du matériel pornographique, utilisé comme stimulant avec les crimes.
Et ce raisonnement est très facile à comprendre si on le transpose à d'autres sujets: ainsi, personne ne dit que visionner des films violents, rend les gens plus peace. Pourquoi est-ce que visionner du porno, rendraient les gens plus stables sexuellement?
De toute manière, je rappelle que le but premier du porno, c'est de provoquer l'excitation. Et que le dessein de l'excitation, s'est d'être assouvie. Et quand il n'y a pas moyen d'assouvir l'excitation, il y a frustration. La pornographie crée donc bien la frustration.
D'autant plus que le porno, aujourd'hui, à fixé des nouvelles règles des corps et des rapports sexuels, qui restent très minoritaires dans le monde réel. Là aussi, il y a frustration, car dans le monde réel, il y a très très peu de personnes désireuses (voire même physiquement capables) de retourner tout un film porno dans leur chambre à coucher :D

Je suis pas vraiment pro porno, je ferai juste remarquer deux choses : on arrive à un niveau du débat ou tu pourrais vouloir citer des sources, par exemple pour étayer
afreg a écrit:
Le hic, c'est qu'on sait aujourd'hui que le porno n'aide pas à canaliser les pulsions, mais au contraire les excite. La théorie de la catharsis, comme quoi le porno serait apaisant, a été depuis longtemps abandonné, y compris par son propre cérateur!


On sait ? C'est toi qui le dit

De même, un raisonnement tel que
afreg a écrit:
De toute manière, je rappelle que le but premier du porno, c'est de provoquer l'excitation. Et que le dessein de l'excitation, s'est d'être assouvie. Et quand il n'y a pas moyen d'assouvir l'excitation, il y a frustration. La pornographie crée donc bien la frustration.


ne tient pas du tout la route. Chacune des étapes est très criticable, et le ton docte du "je rappelle" suggère assez fortement que tu ne veux pas débattre, mais apporter les lumières de la (ta) vérité aux masses ignorantes.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (100% d'accord) le 16.03.10, 14h22 par MaryMorgane

ACHRIBU
Je te rassure, le débat reste bien ouvert. Désolé si tu trouve le ton un peu trop direct, on me dit souvent :-) Mais si je voulais pas débattre, je viendrai pas sur ce forum
En fait, je gère un site sur le thème de la dépendance pornographique. Si tu veux, tu trouveras le lien dans les messages précédents.
Concernant spécifiquement la théorie de la catharsis, je m'appuie entre autres sur les travaux du sociologue Richard Poulin. Tu trouveras des références sur Internet, et il n'est pas le seul à avoir écrit sur ce sujet.

Après, je suis super surpris, quand tu dis que tu n'est pas d'accord avec l'idée selon laquelle le porno provoque l'excitation. Selon toi, à quoi sert-il?

Je suis arrivé ici un peu par hasard et j'ai lu les 2 derniers posts.

Pour répondre à ta question afreg, d'abord l'excitation est un plaisir en soi, puis si besoin est de l'assouvrir le porno peut le faire, puis si le regarder ne te suffit plus il'y a ta main droite. Ensuite c'est comme avec tout au bout d'un moment ça ne te suffira plus, tu en voudras toujours plus ce qui créera de la frustration.

Dans ce cas, on peut aussi prendre le problème plus largement : voir des situations excitantes sexuellement dans les films, les livres... créé aussi une frustration sexuelle à force. Sommes-nous pour autant tous et toutes des violeurs en puissance?

Non !!

Le porno a la particularité de SE SUBSTITUER aux fantasmes, à l'imaginaire érotique nécessaire au désir. C'est son but, il est vendu comme ça.

C'est d'ailleurs le principal souci de l'addiction au porno, elle nous enferme dans une espèce de passivité, on ne se crée plus d'imaginaire érotique.

afreg a écrit:
De toute manière, je rappelle que le but premier du porno, c'est de provoquer l'excitation. Et que le dessein de l'excitation, s'est d'être assouvie. Et quand il n'y a pas moyen d'assouvir l'excitation, il y a frustration. La pornographie crée donc bien la frustration.
A la différence de la violence, l'excitation peut être assouvie (du moins en partie), par un geste qui peut souvent accompagner le porno: la masturbation. Une personne venant de regarder un film porno et de se masturber jusqu'au bout n'aura pas envie de sexe (en tout cas dans l'immédiat). Après, il faudrait discuter de la portée temporelle. Donc une partie de la frustration est évacuée ainsi. Par contre, la violence plus difficilement (à moins de foutre en l'air toute sa baraque en regardant un film violent).

L'excitation, ce n'est pas un plaisir "autocréé", si tu es excité, c'est qu'une situation, un lieu, une personne, quelque chose t'excite. Et le porno est une de ses sources d'excitation.
Et les hommes qui se masturbent devant le porno REGARDENT LE PORNO POUR AU FINAL SE MASTURBER. Ils ne se masturbent pas parce que le porno ne les a pas calmé; ils se masturbent au contraire pour évacuer l'excitation crée par le porno.

Les amateurs de porno ne sont évidemment pas tous des violeurs en puissance, car, heureusement, la forte majorité des hommes savent faire la part des choses, savent que ce qu'ils voient est de la fiction. Et quand je dis "la forte majorité", c'est qu'il y a une petite partie qui vont chercher le passage à l'acte.

Et je remercie Venusian de rappeller que "le porno a la particularité de substituer aux fantasmes"; c'est effectivement son but: remplacer le fantasme, tout comme la drogue remplace la dopamine par exemple. Se masturber devant le porno, ça soulage deux minutes. Mais manque de bol, l'excitation revient toujours, dès qu'une situation excitante ressurgit. Se masturber, c'est un soulagement à court terme. Alors on revient au porno. Et à long terme, on finit par ne plus être capable de s'en passer, tellement on est devenu accro à cette excitation sexuelle.
Et comme un camé, on finit par ne plus se passer du porno, parce que c'est la seule façon de canaliser l'excitation... que le porno crée. La boucle est faite.

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