Discussion

Le sentiment de vacuité du couple

Note : 22
lancé par Deya le 08.05.2017
12 réponses
dernier par MaryeL le 29.05.2017, 00h32
  • Deya
  • Score : 2 - 25 ans
Salut,

J'ai une chose sur laquelle je me questionne et j'aimerais votre avis.

Quand je rencontre une fille, je vois très rapidement les choses qui pourraient, à terme (ou assez rapidement), ne pas me plaire. Du coup, je me dis que ça ne vaut pas la peine d'entamer une histoire et je passe à autre chose.
En fait plus globalement j'ai du mal à accepter l'idée de me mettre en couple avec une fille puisque les statistiques et tout le vécu accumulé sur terre montre qu'il y a de grandes chances que je ne finisse pas ma vie avec elle et/ou que je ne sois plus satisfait de la relation dans un délai plus ou moins court. Ce n'est pas une question de traumatisme ou quoi que ce soit, c'est juste une réaction purement rationnelle et pragmatique.

Quand je fais quelque chose, je le fais "toujours" en me disant que ça m'apporte quelque chose pour toute ma vie, mais je n'arrive pas à concevoir la notion de couple de la même manière. Avec les femmes je considère ça comme de la perte de temps. Le fait de bâtir quelque chose et que cela ait de grandes chances de s'écrouler sans qu'il ne reste grand chose derrière me rebute.

Pour faire une comparaison, si je crée mon entreprise et que quelques années plus tard elle fait faillite, je peux quand même en garder une façon de faire, un réseau, des idées, des choses à ne pas faire, etc. Vous me répondrez que c'est la même chose avec les femmes mais je n'arrive pas à le voir de cette façon.

D'une part parce que je pense que les interactions humaines sont moins rationnelles que la façon de faire réussir une boite (et donc que l'expérience accumulée avec une femme n'est pas significativement utile ou transposable puisque mes prochaines interactions seront sans doute complètement différentes, au contraire de la bonne marche d'une boite).

D'autre part parce que si la boite me saoule à un moment donné (mais qu'elle marche pas trop mal), je peux a priori la revendre, ou la délaisser pour aller tester autre chose, voir d'autre horizons. Je n'ai rien perdu, je suis peut-être même encore propriétaire de la boite. Vous imaginez bien que la situation est difficilement transposable aux femmes (je ne cherche pas spécialement à ce qu'elle le soit, c'est juste pour illustrer).

Et puis un entrepreneur "prudent" (ou rationnel) ne jouera pas tout sur la boite qu'il crée, il se gardera sans doute un peu d'argent de coté au cas où. Il est tout à fait possible de réussir dans son entreprise en se gardant un cordon de sécurité. Je pense que cela équivaudrait dans un couple à se protéger constamment, à ne pas vivre les choses à fond, ce qui me semble peu compatible.

Vous trouverez ça peut-être un peu confus, et peut-être que ça l'est effectivement, ce n'est pas facile à transcrire. Je cherche des pistes pour essayer de voir les choses différemment. Bref si vous avez des idées là dessus, je suis preneur, sinon, merci quand même d'avoir lu :)
Tout simplement voir ta relation de couple comme un rapport humain peut être? Ce que tu as à y gagner c'est de découvrir chez la personne que tu fréquentes et par extension les personnes qui t'entourent de nouvelles perspectives, de nouvelles émotions, une façon différente de voir la vie... Tu te découvres toi même aussi. Le succès du couple n'est pas dans la finalité, il y a énormément de personnes, une majorité même qui sont en couple depuis des années, des couples solides et qui en fait se détestent ou s'indiffèrent. Ils restent ensemble justement dans le but de capitaliser sur ce qu'ils ont construit ensemble sans égards pour ce qu'ils ressentent. Le succès du couple est dans le vécu, dans les bons moments que l'on se construit, les challenges que l'on relève ensemble. Et quand ça s'arrête, bah ça s'arrête et ça ne diminue en rien le succès du couple.

Si tu ne vois pas l'intérêt de te mettre en couple, eh bien rien ne t'y obliges. Je n'y vois pas beaucoup d'intérêt non plus maintenant que je l'ai vécu mais au moins, je l'ai vécu sans à priori. J'ai aimé, j'ai moins aimé, j'ai beaucoup moins aimé, j'ai souffert et maintenant je suis content d'avoir vécu cette expérience. Au bout du compte, j'en suis ressorti grandi, plus humain et je ne regrette pas grand chose. Je n'ai pas envie de me mettre en couple mais s'il m'arrive un jour que l'occasion se présente et que j'en ai envie, je n'aurai pas peur que ça se termine, j'aurai juste envie de vivre de bons moments.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Constructif) le 08.05.17, 11h33 par Jalapeno
  • +1 (En effet) le 10.05.17, 20h20 par Perlambre
  • +1 (Pertinent) le 12.05.17, 14h00 par Arawyn
Tu parles de toutes les raisons qui ne te donnent pas envie de te mettre en couple.
Est ce qu'il y a d'autres raisons qui te pousserait à te mettre en couple ?
Qu'est ce qui te donne envie "de voir les choses différemment" ?

Et puis quelle est ta vision du couple ? Fréquenter régulièrement une femme ? Plusieurs ? Habiter avec elle ? Vaste sujet...
Désolé si le ton te paraît un peu rude, familier, dédaigneux ou trop généraliste.

Je vais te livrer simplement ce que j'ai pensé à la lecture de ton post.


Tout d'abord tu as une vision de la création d'entreprise assez loin de la réalité. Très proche des manuels voir un brin utopique même si j'osais. Mais pourquoi pas. Simplement tu oublies qu'une entreprise comme beaucoup de choses que l'on crée et auquel on consacre du temps finit par avoir une valeur sentimentale qui prend le pas bien souvent sur le rationnel.

Un peu comme une relation de couple finalement.


Je vois dans ton post un portrait generationnel. Avant même d'avoir essayé vous voulez maîtriser tous les risques, avoir tout rationalisé à l'extrême, avoir identifié tous les gains et ainsi simplement vous rassurer.
Je lis dans ton post la peur. La peur d'être vulnérable, la peur de l'échec, la peur d'avoir mal.
La où tu vois du pur pragmatisme et du rationnel, je vois quelqu'un qui ne conçoit pas la mortalité des choses.

Tu oublies une chose dans ton raisonnement qui se veut ô combien pragmatique, raisonnable, froid et sensé :

La valeur des instants de bonheur vécus.

Je veux dire tout le reste se discute (et encore). Mais oublier cela c'est je crois se fourvoyer.


Ma question est donc celle la : est-ce qu'un souvenir d'un moment heureux n'est pas quelque chose que tu emportes pour toute ta vie ?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (Like a boss !) le 09.05.17, 08h46 par Allandrightnow
  • +1 (Oui) le 10.05.17, 20h19 par Perlambre
  • +2 (Absolument) le 12.05.17, 13h40 par Arawyn
  • +2 (Yesssss!) le 23.05.17, 13h07 par Bald_Soprano
  • +1 (+1) le 28.05.17, 10h28 par Oldboy
La valeur des instants vécus... j'adhère à l'idée qu'une rencontre peut nous illuminer même si elle ne nous comble pas.
Si tu as le temps et l'envie, lis "Le Foulard bleu" de Madeleine Chapsal.
Et ose la rencontre sans à-priori, sans plan pré-défini. Je ne te parle pas de couple mais de vie et de l'expérience qui en découlera.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Absolument) le 12.05.17, 14h00 par Arawyn
Deya a écrit:
Avec les femmes je considère ça comme de la perte de temps. Le fait de bâtir quelque chose et que cela ait de grandes chances de s'écrouler sans qu'il ne reste grand chose derrière me rebute.


Une famille serait un accomplissement durable, bizarre de ne pas y avoir pensé.

Sans cela il peut être normal de ne pas y voir grand intérêt (je suis dans ton cas), si ce n'est de vivre de bons moments, des moments de plaisirs, répétés et à vie si c'est la bonne... ça peut en combler certains, pas d'autres, question de ressenti sûrement.

Concernant les souvenirs, tout est relatif, par exemple je conserve de très bons souvenirs de ma période guitare, dans laquelle j'ai atteins un bon niveau.

Mais aujourd'hui lorsque je touche une guitare je me sens extrêmement frustré car le niveau n'est plus là. À côté de cela je joue du piano, et quand je joue du piano et que j'ai le souvenir de la période guitare, je ne trouve plus ce souvenir frustrant mais agréable.

Donc le souvenir est aussi relatif à la situation actuelle.

Autre exemple caricaturé :

Tu as eu une ex exceptionnelle, lorsque tu es avec ta nouvelle son souvenir est bon, mais lorsque tu es célibataire, il peut parfois devenir nostalgie.

Accumuler de bons souvenirs n'est pas donc pas nécessairement gage de bonheur futur, même si cela y contribue :)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (C'est pas le plus important) le 13.05.17, 00h50 par The_PoP
C'est quoi, pour toi, être en couple ? Qui a dit qu'il fallait être en couple ?

Quand on construit quelque chose à deux, est-ce que, parce qu'ensuite on se sépare, ce quelque chose n'existe plus ? Si c'était le cas, je n'existerais plus depuis mes 2 ans.

Qu'est-ce qui est le plus important, dans un voyage ? La destination, ou bien le voyage en lui-même ? Et dans la vie : est-ce le moyen ou est-ce la fin ?

Les relations reposent-elles plus sur la raison ou sur le cœur ? Le cœur ayant aussi sans doute ses propres raisons...

Être avec quelqu'un, ce n'est pas le posséder, mais bien être avec cette personne. Dans ta façon de parler, tu confonds peut-être Être et Avoir, qui sont deux choses bien différentes. Et c'est important de ne pas confondre ces deux concepts. Tu n'auras jamais vraiment rien, mais tu seras infiniment plus. Tu ne pourras jamais avoir tout ce que tu veux de façon parfaite. Mais tu pourras être toi-même, peu importe ce que tu as ou qui tu crois avoir. Tu ne pourras jamais posséder le bonheur, mais peut-être que tu peux te contenter d'être heureux, tout simplement... Et pour les relations, et bien c'est pareil.

Lao-Tseu a écrit:
Il n'y a point de chemin vers le bonheur. Le bonheur, c'est le chemin.
  • Deya
  • Score : 2 - 25 ans
Je vous remercie pour le temps que vous avez pris à me répondre. J'ai mis du temps à moi-même vous répondre car je ne savais pas exactement quoi dire.

Pour répondre à quelques unes de vos remarques :
Je n'envisage pas le couple comme une finalité, seulement comme je juge sa fin plus ou moins inéluctable, j'ai du mal à vouloir me projeter dans quelque chose.
Je ne souhaite pas spécialement être en couple même si cela fait longtemps que je ne l'ai pas été, c'est juste que je trouve dommage de ne pas réussir à dépasser cette façon de penser.
Quand je parle de couple, je vois ça du type 2 très bons amis qui couchent ensemble. Et qui peuvent rester amis après la rupture. Pour le coup il n'est même pas question de vie à 2, seulement de "sortir ensemble" je dirais.

Je suis tout à fait d'accord sur toutes les nouvelles choses que peut nous apporter la fréquentation d'une nouvelle personne. Mais ces nouvelles choses, je pourrais au final les découvrir avec plein de filles, et souvent je ne trouve pas le(s) petit(s) truc(s) qui fait que j'ai envie que ce soit avec celle ci plutôt qu'avec les autres. A la réflexion et à la lecture de vos messages, j'ai conscience de ce que peut apporter le couple, mais le problème va plus loin.

Souvent quand je rencontre une fille, il m'arrive de me demander "tiens, est-ce qu'elle pourrait me convenir ?" et au bout de quelques interactions je me rends compte que j’attends plus "cérébralement" de la fille en question et qu'ainsi la relation n'irait pas bien loin si jamais elle aboutissait. Certains me diraient "tu peux pas savoir où ça va te mener" et c'est vrai. Mais il n’empêche que du coup je vois ça comme "je me met avec celle là en attendant de trouver mieux" ce qui n'est pas terrible à tout point de vue et ne va pas aider à construire quelque chose. D'ailleurs il m'arrive aussi souvent de me demander, "est-ce qu'elle me plait vraiment ?" / "est-ce qu'elle m'attire réellement ?", je suppose souvent que c'est une sorte de mécanisme de "défense" mais je suis un indécideur chronique donc la question ne m'étonne pas plus que ça.

Je ne me suis jamais senti amoureux, il ne m'arrive jamais de me dire "cette fille je la veux", j'ai souvent l'impression que si je me mettais avec telle ou telle fille ce serait plutôt par défaut. Je ne me sens pas du tout malheureux mais clairement j'ai le sentiment que cette situation pourrait durer indéfiniment en fait.

Je rationalise trop et je m'en rend compte, mais j'ai du mal à voir comment en sortir justement. Je suis preneur de tous vos avis même s'ils peuvent être cinglants, tant qu'ils sont construits.
Ou sinon t'es juste "exigeant". Mais dans ce ça là il faut te donner les moyens d'attirer les femmes qui te plaisent vraiment, et avec qui tu ne te posera pas ce genre de question.
Tu dis que tu ne gardes rien du couple quand il se termine mais là aussi tu gagnes de l'expérience et tu en vis.
Tu dis que tu ne te sens pas subjugué par le niveau de l'autre mais est-ce que tu lui donnes l'occasion de s'exprimer? Est ce que toi-même tu te montres époustouflant mais qu'elle n'est pas capable de suivre? Si oui je peux comprendre ta remarque, mais si toi-même tu te recroquevilles sur ta première impression, ne faisant pas plus d'étincelles que ça, l'autre n'en fait pas toujours spontanément. Certaines personnes ont besoin d'un catalyseur et c'est souvent à ça qu'on reconnait son partenaire d'ailleurs, parce qu'on se sent plus inspiré, qu'on sent l'émulation.

Quant à être exigeant c'est bien si c'est dans un certain but, si c'est être exigeant juste pour se dire qu'on l'est, sans pour autant appliquer cette exigence à ses buts, c'est aussi un moyen de ne pas s'exposer, de ne pas prendre le risque. Beaucoup de puceaux tardifs sont très exigeants. Mais je pense qu'inconsciemment c'est une stratégie d'évitement.
Et on en revient au début; pour être exigeant, il faut soi-même offrir quelque chose.

On peut donc se retrouver dans un blocage où aucun ne se sent suffisamment motivé pour ça, et c'est peut-être ton problème.
Qui vient aussi du fait que tu attends un retour sur investissement au lieu de donner à l'autre parce que c'est bon, et d'être ton meilleur toi-même autant que faire se peut parce que c'est pour toi que tu le fais.
Et là on en est revenu à deux choses qui sont en toi, pas dans les filles.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +3 (A lire) le 28.05.17, 12h19 par Allandrightnow
  • +2 (A lire) le 29.05.17, 08h59 par Jalapeno
J'approuve pas trop ton analogie à la création d'entreprise. Si se mettre en couple était aussi complexe et risqué que de lancer son affaire, le problème de la surpopulation n’existerait de loin pas :D .

Les conseils donnés jusque la sont bons. Tu te concentre sur la destination en oubliant le voyage. C'est dommage, c'est comme si tu voyais la vie comme une maison à bâtir en oubliant au final que ce n'est qu'une accumulation de centaines de briques. Si je pousse un peu, rien ne sert à rien, puisque tu vas finir par crever, comme tout le monde, et ça pourrait être demain.

Si tu as envies, essaie. Si tu n'as pas envie, n'essaie pas. Ça semble vain, mais ça pourrait t'éviter quelques regrets.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Effectivement) le 28.05.17, 12h20 par Allandrightnow
  • Deya
  • Score : 2 - 25 ans
Salut et merci à vous de répondre !

C'est vrai qu'il arrive souvent que je ne pousse pas mes interactions très loin et que je puisse donc m'arrêter sur une impression trop superficielle. Pour toutes les filles que je rencontre via des cercles sociaux, je base mon impression sur ce que je vois d'elle au sein du groupe, alors que ça pourrait être différent dans un cadre plus restreint.

Il est clair que je suis exigeant mais ce n'est pas la seule chose à mon avis.
J'ai certes sans doute peur, peut-être du couple en lui-même, du fait qu'il "entrave" la liberté de célibataire mais aussi j'ai peur de l'ennui. Peur de m'ennuyer avec la fille que je fréquente (c'est ce qu'il m'est arrivé au bout de quelques semaines/mois avec les quelques filles que j'ai fréquenté). Et comme ma 1ère impression me renvoie une image mitigée, je ne pousse pas plus avant la chose et je finis par en revenir à ce que disait Onmyoji. C'est bien vu.

Pour le reste je suis tout à fait d'accord avec le concept du chemin et de la destination mais j'ai encore du mal à l'heure actuelle à préférer voir le chemin que la destination. Peut-être que le fait que je ne me sois jamais senti amoureux joue aussi, je ne sais pas.
En dehors d'une relation de "couple" établie, qu'en est-il des relations que tu as avec des femmes en général (coups d'un soir, rapports plus ou moins réguliers, etc.)?
Tu les conçois comment? Que t'apportent-elles? Considères-tu qu'elles te permettent de vivre de belles expériences humaines ?
Si oui, je comprendrais parfaitement que tu n'aies pas besoin de plus. Le couple au sens strict n'est de loin pas une et une seule possibilité de vivre l'amour ou de s'épanouir et je suis la première à parler dans ce sens.
Tu peux vivre comme tu le sens sans t'enfermer dans un truc qui ne te correspond pas ou qui n'a pas de sens pour toi. Et si, un jour, tu devais ressentir plus pour quelqu'un, ou trouver que finalement, le couple avec cette personne a un sens, eh bien tu verras. Mais rien ne presse.
Après, si tu n'as AUCUNE relation quelle qu'elle soit, je trouverais ça un peu chelou dans le sens où je me demande s'il n'y aurait pas une angoisse, une peur cachée derrière la rencontre et le partage. Mais c'est assez subjectif.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Intéressant) le 29.05.17, 06h46 par The_PoP
  • +2 (Absolument) le 29.05.17, 08h59 par Jalapeno
  • +1 (En effet) le 29.05.17, 18h23 par Onmyoji
  • +1 (Bien joué) le 31.05.17, 13h39 par Allandrightnow
A lire / A voir en ce moment sur FTS