Leçons de style : regroupement.

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Je m’aperçois que je réponds tout le temps aux mêmes questions dans le forum look, aussi l’idée m’est-elle venue de faire un sujet regroupant les bases, d’abord, puis des notions plus avancées types coupes, cols, etc.

Je pointerai dorénavant vers ce sujet à chaque question « générale », ça économisera du temps à tout le monde.

Ces articles pourront être retrouvés sur mon blog (quand je l'aurai finalisé) et en PDF en version bien plus complète dans les liens suivants (Clic droit / Enregistrer sous). Libres et redistribuables à volonté.

1. Style is Dandyism
2. Les écharpes
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +3 (Très intéressant) le 20.11.10, 14h08 par Ozone
  • +1 (A lire) le 20.11.10, 16h55 par TakeCourage
  • +1 (+1) le 22.11.10, 02h22 par Zayran
  • +3 (Constructif) le 28.11.10, 21h42 par FrenchKiss

J'attends la suite avec impatience. :P

Leçon 1
Style is dandyism.


D’abord, quel style pour qui ?

Coco Chanel a écrit:
La mode se démode. Le style, jamais.


Il y a « mode » (fashion), mode (haute couture) et style. Un grand couturier aura un style. Quelqu’un qui s’habille chez lui aura du style, mais un style « grand couturier ». C’est une des premières erreurs à éviter : le total look (1). Un mec « fashion » n’aura jamais aucun style, parce que pour lui, plus il y a de marques, plus ça en jette. Comme la moitié du temps, il n’a pas les moyens de ses ambitions, il investit dans du faux cheap qui se repère à 5,000 km et c’est encore pire.

Le style repose donc sur 3 piliers :

- la sobriété (le fameux Less is More de Ludwig van der Rohe, valable aussi bien en architecture qu’en mode, parce que finalement, le savant assemblage de vêtements est comparable à un plan élégamment et minutieusement pensé).

- le goût (on ne met pas n’importe quoi. Rien de plus ridicule que les mecs qui additionnent des pièces de vêtements qui n’ont rien à voir entre elles).

- l’expérience (vous ne deviendrez bon, et n’acquerrez l’œil qu’en expérimentant, encore et encore, en faisant des erreurs, en les corrigeant, en revenant sur ces corrections pour les affiner, etc.).


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Pour cette raison, le parangon du style, toutes époques confondues, a été et sera toujours le dandy. N’ayez pas forcément dans la tête de vous habiller comme Oscar Wilde avec des pantalons à pinces et une lavallière, vous ressembleriez plus à des clowns qu’autre chose. Le dandyisme est une pose, comme le style l’est d’une autre façon. C’est une manière de considérer la vie, qui repose sur l’amour de l’originalité, de l’unique au milieu de la masse, et se donne pour but de créer un personnage idéal, hors de tous codes et normes. Cette distinction s’opère avec subtilité.

Le dandy est original, mais il n’est pas excentrique, et sa plus grande fierté est que personne ne remarque son originalité. Il ne rentre dans aucune case, aucune catégorie. Il est lui-même, sans qu’on sache exactement ce à quoi ça correspond.

Le bon style, c’est exactement ça. Quelque chose qui ne rencontrera jamais son double dans la rue, totalement anticonformiste dans les détails mais qui ne pardonnera jamais une extravagance. Les extravagants n’ont jamais été élégants. Ils cherchent juste à se faire remarquer. Le style n’est plus alors simplement une affaire de vêtements : c’est une affaire d’élégance, de manières, de bon goût, de raffinement, de lifestyle, pour reprendre les termes consacrés. On peut être bien habillé, si on est grossier, ce sera comme mettre une redingote à un macaque. Il est peut-être en habit, mais ça reste un macaque et il se grattera le cul devant toute la salle sur la piste de danse.

Tant que vous restez dans ces préceptes (sobriété, bon goût, expérience), tout, ou presque, peut être porté. L’expérience vous apprendra ce qui est laid, le bon goût ce qui se porte bien, la sobriété ce qui fait la différence entre un clown friqué en veste Gucci, escarpins Hugo Boss et ceinture Hermès par 35°C et un dandy désargenté avec une simple chemise Melinda Gloss et un jean APC (2).

On peut donc aussi bien être stylé avec un style hip-hop, grosses Timberland et jean oversized sur les genoux qu’en bobo en jean brut, écharpe en cachemire et veste en velours. Just be comfortable in your trainers. Après, c’est une question de goûts.

Au passage, tordons le cou à un mythe joyeusement propagé par les relookeurs et qui a la vie dure : bien s'habiller coûte un minimum cher. A moins de commencer à être un expert, connaître les bonnes adresses (et rien que pour Paris, vu la vitesse à laquelle ça évolue, ça demande une présence constante et des années d'expérience), courir les ventes privées et/ou les soldes presse, ne vous attendez pas à vous offrir un costume de tailleur pour 200€.
Pour vous donner une idée de prix (sans soldes et autres), un costume potable quand on sait où on va commence à 300/350€. Un beau jean brut, 100/150€. Une veste, 40/50€ (il y en a des très bien chez Zara, mais la qualité n'est pas toujours au rendez-vous). Une chemise, 60/70€. Une paire de boots avec un très bon rapport qualité/prix (càd une durée de vie de 2 ans minimum), 260€ (chez Finsbury, 180€ en soldes).
Très bien s'habiller coûte très cher.
Le bon combo, c'est donc d'investir dans de superbes basiques et de lâcher la bride sur le reste :wink:. Il y a un excellent article d'Alexandre de Lifestyle Conseil sur les basiques ici. Je rajouterais dans le jean brut : un beau jean brut non traité (indigo) et un gris, anthracite ou clair. Une couleur très élégante et qui s'harmonise à peu près avec tout.



(1) quelqu’un qui s’habille comme un mannequin, chez une seule marque, d’une seule manière. Chaque maison de couture a son « esprit » : Martin Margiela, ce sont les coupes androgynes, Hedi Slimane, les coupes étriquées à aspect « roots », Ralph Lauren, les coupes preppy, etc. Tout dépend ce que vous souhaitez projeter dans vos vêtements.

(2) ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Hermès, Gucci et Hugo Boss font des choses très bien, et il n’est pas nécessaire d’acheter ses jeans chez APC et ses chemises chez Melinda Gloss pour avoir du goût. Il se trouve que ce sont simplement des marques que j’apprécie particulièrement pour leur rapport qualité-prix.

Leçon 2
Les écharpes.


Citation:


Il y a des dizaines de sortes d’écharpes : c’est une pièce de vêtement qu’on peut porter en toute saison, suivant sa forme, son tissu, sa longueur, son épaisseur, etc. Un de ses principaux avantages est que c’est l’une des pièces les moins chères : on peut s’acheter une excellente écharpe à partir de 30€ environ. Suivant le tissu employé (cachemire, soie, laine, coton, lin), la surface, la longueur, l'épaisseur de la maille, etc. ça peut monter au-delà de 250€. Au-delà, j’aurais tendance à considérer que c’est trop cher payé pour ce que c’est (hors plaids dont la surface justifie le prix).
Je me concentrerai donc sur les principales que l’on croise dans la rue : l’écharpe en grosse maille de laine, l’écharpe d’hiver «classique», le plaid et le chèche.

Encore une fois, certains prix peuvent vous paraître excessifs. Rappelez-vous de réfléchir en termes de rentabilité sur le long terme : cette écharpe, parce qu'elle est d'excellente qualité, va me durer longtemps. Comme en plus elle m'a coûté cher, j'en prendrai soin.


L'écharpe en grosse maille

Prix conseillé : environ 40€.

Sans aucun doute l’écharpe la plus en vogue en ces temps de grand froid. Assez unisexe, elle se trouve à peu près n’importe où et ne se distingue entre écharpes « femmes » et écharpes « hommes » que par les broderies un peu plus compliquées du bout. C’est généralement un bon basique assez peu coûteux.
Sur un homme, c’est une écharpe très virilement connotée. La laine tricotée est une matière rugueuse et qui dégage la même impression « brute » que les gros pulls de ski (qui reviennent également à la mode en ce moment). Elle se porte de préférence avec des pièces de vêtements d’hiver très masculines, type trois-quarts en laine ou blouson de cuir.

Attention a écrit:
L’écharpe en laine tricotée est déjà en soi une pièce très chargée. Si votre blouson de cuir est de type canadienne (c.à.d. avec une doublure intérieure en mouton), il vaut mieux choisir un autre type d’écharpe. L’effet grosse maille + peau de mouton sur le col alourdira considérablement votre tenue.

Si vous êtes petit (<1.70m) évitez-la tout simplement, ou portez-la « en pans ». Comme c’est une écharpe qui ramasse beaucoup de volume dans un seul endroit (le cou), cela aura pour effet de tasser votre silhouette.


Où en trouver ?
A peu près partout, y compris dans les magasins de vêtements pour femme (Pimkie & co). Bonnes adresses : Sisley (la ligne haut de gamme de Benetton), Salangane, certaines friperies du Marais.

Comment la porter ?

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L'écharpe d'hiver classique

Prix conseillé : environ 70€.

Un classique renouvelé à chaque saison, déclinable en autant de couleurs que de longueurs et de motifs. En laine, velours, en cachemire ou en soie, de 80 à 250cm pour certaines, elle se porte avec à peu près n’importe quoi. La différence de genre se fera notamment au niveau de la couleur (gamme plus permissive pour les femmes).
On voit néanmoins de plus en plus d’hommes porter de couleurs vives dans leurs écharpes : c’est un moyen sûr (bien que difficile à maîtriser) de donner du caractère à une tenue.

Où en trouver ?
Partout. Bonnes adresses : Fred Perry, Old England, Saint-James, Armor-Lux, Eric Bompard.

Quelques modèles sympas

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Comment la porter ?

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Le plaid

Prix conseillé : environ 160€.

Le plaid est une très grande écharpe carrée, généralement en soie ou cachemire, d’environ 150 sur 150cm. Les versions les plus courantes sont monochromes, ou à motif tartan. Il en existe à d’autres motifs, mais elles sont clairement pensées pour les femmes.
Sur un homme, c’est une écharpe assez mixte. Elle donne un effet très souple à l’ensemble de la silhouette et peut être portée en été comme en hiver, grâce à sa polyvalence.
A cause de son ampleur, il se prête mal à d’autres ports que l’enroulement autour du cou de façon un peu lâche. Néanmoins, et justement à cause de cette ampleur, il est possible de donner à ce port une infinie possibilité de plis et de formes, plus ou moins souples, plus ou moins lâches, plus ou moins étendues sur la poitrine.

Où en trouver ?
Au rayon femme. Bonnes adresses : Essentiel, John Smedley, Eric Bompard, Boutique Homme et la Factory’s dans le Marais.

Comment le porter ?

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Le chèche

Prix conseillé : environ 20€.

Et les écharpes d’été. De préférence longues et dans une matière très légère (coton, soie, lin, nylon), ces écharpes se prêtent facilement à des parcours hors des sentiers battus : motifs originaux, couleurs vives (jaune, rouge, bleu outremer).
Le chèche en particulier est une écharpe de 4 à 8m de long, en lin ou en coton, porté par les touaregs pour se protéger du sable, du vent, de la chaleur et des intempéries. Aujourd’hui, c’est l’écharpe de bord de plage par excellence, portée avec un T-shirt clair pendant les grandes chaleurs.

Où en trouver ?
Partout. Pour les chèches normaux, n’importe quelle boutique à touristes (style « souvenirs from Paris ») fera l’affaire, ils en ont toujours des dizaines de toutes les couleurs.
Accessoirement, Zara en fait chaque année de très biens pour ses collections printemps-été. Dites-vous que ce sont des écharpes qui vont faire un été, probablement traîner sur la plage et en soirée. Ne les prenez donc pas de la même qualité que des écharpes d’hiver.
Pour de plus originales dont vous prendrez plus soin (des écharpes arméniennes par ex.), n’hésitez pas à traîner du côté des friperies ou des magasins ethniques tels qu’Antik Batik dans le Marais ou le Chat-Huant à St Michel.

Comment le porter ?

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Citation:
En termes d’écharpes passe-partout, les keffiehs ont un certain succès, malgré leur propension à ressembler à une serpillière au bout de trois jours et à exhaler une odeur nauséabonde impossible à enlever.
A proscrire donc.


B.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (A lire) le 26.10.11, 10h09 par francwa

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