Citation:
On. N’aborde. Pas. Une. Fille. Dans. La. Rue.
Jamais. Et c’est une meuf qui vous le dit bordel.
Ta seule qualification pour dicter notre conduite de manière aussi radicale est donc ton sexe.
Tu penses donc pouvoir parler au nom de toutes pour donner des ordres à tous?
Le délire d’Hybris dans toute sa splendeur.
Citation:
« La misère sociale et sexuelle incarnée quoi. »
On sent aisément que la misère sous toutes ses formes te répugne.
Organisons nous en castes et pratiquons l’endogamie coûte que coûte.
Citation:
« écoutez des mecs comme nionel (merci à toi), ce qu’ils disent est le BIEN. »
En majuscule agrémenté d’un article défini pour ne laisser aucun doute sur le fait que TU détiens la Vérité.
LA PRIVATISATION DE L’ESPACE PUBLIC Citation:
« La rue n’est pas un lieu de vie, donc pas un lieu de drague, point. Ca ne vous est jamais venu à l’esprit que les gens qui marchent dans la rue le font parce qu’ils ont besoin d’aller quelque part, pas parce que c’est fun d’être là , et qu’ils aimeraient éviter que leur trajets soient émaillés d’abordages intempestifs ? »
Cette phrase est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.
La rue n’est pas un lieu de vie…. Le destin des nations s’y est joué pendant les heures les plus tourmentées de notre histoire: de l’été 1789 à Mai 68 en passant par la Libération.
Au passage, tu croiseras peut-être en allant faire les soldes ce week-end des gens mal sappés et un peu crades pour qui la rue est
hélas un lieu de vie. Ca t’a traversé l’esprit avant d’écrire ça? Ou bien tu ne les remarques plus, occupée que tu es
« à aller quelque part ». Mais certainement, tu as raison. La rue à notre joyeuse époque c’est fait pour aller du bureau à chez soi pour se gaver de télé ou pour aller d’un magasin à un autre pendant les soldes. L’espace public a été largement privatisé. Entre le mendiant qui te taxe un euro et le célibataire à qui il faudrait dire bonjour on aurait plus de temps pour vaquer à nos occupations consuméristes.
Pour que ce mode de ‘civilisation’ matérialiste et consumériste puisse continuer à se développer, il est vital que les gens s’isolent que ce soit dans la solitude (déclarée cause nationale l’an dernier, je ne tire donc pas ça de mon chapeau magique) ou au sein de groupe aisément identifiables afin de permettre une segmentation de marché optimale et des stratégies électorales pertinentes.
Un vrai moment d’humanité, de désir et de sympathie entre deux individus que rien ne prédestine l’un à l’autre a de quoi gripper les rouages.
C’est un coup à se retrouver avec des couples disparates : un Catho qui a plu à une Musulmane, ou l’inverse, voire un prolo qui séduirait une consultante BCBG parce qu’il lui a décoché un compliment sincère au moment de traverser la rue.
Comment éviter ça?
L’AUTRE EST UNE NUISANCE La peur est un formidable mécanisme de contrôle.
Encore heureux sinon des inconnus pourrait spontanément venir vers vous et vous sortir des âneries du genre:
» Je viens de réaliser que la vie est brève, cruelle et magnifique, je n’ai jamais dit ‘Je t’aime’ à des inconnus. Je voudrais réparer ça et le faire une fois dans ma vie. Alors voilà , je vous aime et je vous souhaite beaucoup de bonheur. Passez une belle journée. » Heureusement, cette simple pensée nous semble ridicule autant qu’elle nous terrifie.
En ce sens, merci de nous rappeler que la rue n’est rien d’autre qu’une immense fourmillière où il est impératif de ne pas montrer la moindre humanité ni engager le moindre contact avec nos congénères.
Je n’ai absolument AUCUN doute sur le fait que tu ferais un sujet très intéressant pour cette expérience:
ENDOGAMIE ET LOGIQUE DE CLASSE Il faut tout de même que notre espèce se reproduise pour que le système économique fonctionne.
Oui mais pas n’importe comment et pas avec n’importe qui.
Il est important que nos partenaires nous aient été présentés par d’autres membres de notre caste comme nous le suggère le gentil nionel que tu aimes tant:
Citation:
« Aborder une femme dans la rue » : le summum du ringard.
il est déjà socialement limite d’aborder une femme à laquelle on n’a pas été présenté…alors dans la rue (ou dans le métro!)… »
Vous ne voudriez pas être
‘socialement limite’ n’est-ce pas?
« Ringard » encore pire…
Où l’on apprend donc que le choix de son partenaire passe par un rituel de cooptation.
PRIVATISER ET ENCADRER LES RENCONTRES AMOUREUSES C’est assez Orwellien quand on y pense.
L’espace public a été largement privatisé, notre environnement immédiat est un vaste champ publicitaire recouvert d’affiches vantant les mérites de tel ou tel produit. Nous nous y sommes habitué.
Cela nous semble absolument normal et acceptable que des marques nous fassent de la retape en continu lors de nos déplacements en métro ou que des enseignes clignotantes fassent partie de notre décor quotidien.
Mais qu’un individu vienne engager la conversation avec nous hors des endroits ‘prévus à cet effet’ nous semble grotesque? N’est-ce pas?
Ou bien simplement chanter dans la rue parce qu’on est de belle humeur?
Ah non, c’est vrai. La rue n’est PAS un lieu de vie. L’espace public n’est PAS un lieu de vie.
Il n’est pas non plus un lieu de mort, rassurez-vous. Sûrement quelque part entre les deux, un lieu de déplacement pour morts-vivants je suppose.
Alors il faut attendre le week-end, s’affranchir d’un droit d’entrée en boîte de nuit afin de socialiser avec des gens
de notre CSP? Les after-works sont parfaits pour cela, on y rencontre d’autres diplômés d’ESC avec qui on pourra passer une nuit ou plus.
Après une journée de boulot, il y a aussi la solution des sites de rencontres. Les sites de rencontres qui grimpent toujours un peu plus dans les modes de rencontres des célibataires permettent à chacun de trouver l’Amour
sans quitter son clavier.
Ne sera-t-il pas magnifique ce monde idéal où 20% des couples seront estampillés Mythique.com et 40% AdopteUnClone.com?
PLUS LOIN DANS LA MERCANTILISATION DU COUP DE FOUDRE Il y a quelques mois, j’ai même été approché par une boîte qui propose de sous-traiter la phase de recherche et de prise de contact sur les sites de rencontres. Cela pour que le jeune cadre dynamique n’ait plus qu’à se rendre à son rendez-vous sans perdre un temps précieux qui pourrait être mieux utilisé à faire avancer sa carrière.
Alors tant qu’à s’offusquer de la mercantilisation de la rencontre amoureuse, il serait intéressant de voir du côté des gros poissons qui vendent de l’assistanat et de de la peur de l’Autre plutôt que du côté de ces artisans de la relation d’aide dont la mission est de développer l’autonomie de leurs coachés.
Je me suis réveillé tard aujourd’hui et j’ai une soirée d’anniversaire à préparer.
Je veux te remercier, Snorkette, pour ce joli cadeau d’anniversaire.
Ton message m’a confirmé une fois encore la passion et la fougue que je mettrai sans cesse à être cet empêcheur de tourner en rond.
Je ne veux pas d’un monde où parler à une inconnue est passable d’une amende.
Je ne veux pas d’un monde où l’on doit attendre d’être coopté pour entrer en contact.
Je ne veux pas d’un monde où il faut payer un abonnement et cliquer sur des fiches de profil pour trouver l’amour
Je ne veux pas du monde de Snorkette.
Citation:
« Élargissez vos horizons. Faites des choses qui vous plaisent. Ayez des expériences de vie qui vont structurer votre personnalité. Pas des sorties « saut à l’élastique » de votre entreprise, des vraies expériences. Battez vous pour quelque chose, tiens, c’est ce qui forme le plus. Ou contre quelque chose aussi, bref, luttez pour un truc qui vous tient à coeur »
Cela résume bien ma philosophie. Je te conseille d’appliquer à toi même les conseils que tu régurgites sans les comprendre.
Tu découvriras peut-être chemin faisant que la valeur humaine d’un mannequin Hollywoodien n’est pas supérieure à celle du mec qui t’a souri dans le métro.