Bon je vous avouerais, je suis fraîchement shooté au kissclose, un tout doux, tout mignon, et prometteur.
Mais j'ai envie de dire : ça, c'est la vie. T'y peux rien. C'est comme ça. Si t'essayes de vivre ta vie loin du sexe et de l'amour, même avec les meilleurs arguments du monde, tu finiras comme un vieux con aigri. Y a toujours la vérité qui reste là , bien solide. Ici, on l'appelle numclose, kissclose, fclose. On l'appelle comme on veut. Mais cette pute aura toujours sa domination millénaire, sur homme comme sur femme.
Quatre putain de RDV, et depuis le début, je sens qu'elle me kiffe, je sens qu'elle m'adore, mais elle veut pas, elle veut pas que je l'entraîne chez moi. Et moi, je veux pas l'embrasser dans un lieu public, ça me gêne, je sais qu'on va inévitablement s'exposer à des remarques de cons de passants.
Quatre putain de RDV que je garde tout sous contrôle, raisonnable, que je bois peu, que je me dis, fais gaffe.
Et puis au cinquième, c'est peut-être juste moi qui me bad, tu vois, mais je me dis, ça suit la route de la mort, il y a un truc qui bloque. Je me rappelle vaguement d'un truc, ça s'appelle "démonstration de vulnérabilité", c'est peut-être ce bon vieux Mystery.
Je me dis, allez, pourquoi pas ? Elle me donne une fois de plus RDV dans un bar. On fait quoi dans un bar ? On se bourre la gueule. Donc, je me bourre la gueule. Pour deux verres qu'elle boit, j'en bois quatre.
Elle me trouve cool comme mec, plein d'assurance, plein de force, mais aussi rêveur, distant, dans son monde.
Au fil de la soirée, je lui apprends que je suis pétri d'angoisses et de peurs. Certes, je suis ce rêveur qui n'appartient qu'à son monde, mais du coup, je suis tristement inadapté à ce monde-ci, de fer et de bitume : je m'y blesse, encore, et encore.
À un moment, je lui fait promettre de me raccompagner chez moi si je suis trop saoul pour marcher droit.
Et puis, je ne sais plus trop, le bar ferme, on doit sortir, et puis moi, dehors, je suis prêt à rentrer chez moi seul, pour y cuver ma bière en bon pochtron. Mais elle est là tout près contre moi, je ne sais même plus pourquoi ni comment. Je lui raconte tout et n'importe quoi, et elle m'écoute avec une patience étrange, à la fois fausse et vraie en même temps.
Nan mais, c'est un truc que je me suis déjà dis, auparavant. Quand elles ont envie, quand elles ont déjà décidé. Là , c'est marrant. Tu peux dire ce que tu veux. N'importe quoi. Elle t'écoute avec un air de comprendre. Mais genre, cause toujours...
Et là , c'est elle qui a fait le kclose. Comme ça. Au milieu de ma logorrhée, comme pour me faire taire. Et bien sûr, c'était en pleine rue, et il y avait un spectateur pour commenter, et qui disait des trucs du genre "ah ! c'est triste que vous ayez pas de maison à vous pour faire vos cochonneries !"
Du coup, moi j'dis, j'aime toujours pas s'embrasser dans la rue. Elle aurait dû faire comme je voulais, et qu'on s'embrasse en privé. Mais bon. C'était bien quand même. Elle était vraiment mimi. Allez ! Ca ira.
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