J'ai rencontré un garçon, alors qu'on effectuait un stage il y a un an et demi. On a sympathisé. Il a peu à peu cherché à interagir avec moi, à me voir, propositions que je freinais un peu.
D'abord, il s'agissait de rdv "de groupe"; ensuite, j'ai perçu qu'il y avait chez ce garçon, des ... inhibitions. J'avais l'instinct qu'il me fallait garder mes distances.
Il refusait d'être dans un registre trop émotionnel avec moi. Il essayait de minimiser ses gestes envers moi. Il contrôlait autant qu'il le pouvait ses propos. Je n'ai jamais rencontré un homme à ce point "sous contrôle". Sauf que ce que l'on n'exprime pas par des mots, se révèle aux autres par des attitudes équivoques (ou carrément flagrantes), par d'autres mots, par des silences, des non-dits. Il s'est beaucoup révélé, je trouve.
Je me suis rendue compte peu à peu qu'il ressentait pour moi quelque chose qui ressemblait à un sentiment amoureux. Pour autant, tout le temps où on s'est fréquentés, j'alternais prise de distance et proximité au gré de son attitude envers moi.
Je savais que je lui plaisais à sa façon de me regarder (regards tendres), au sourire qu'il m'adressait quand il me voyait, à ses rougissements en ma présence, à certains propos, à sa jalousie, à ses maladresses, à toutes les démarches qu'il faisait pour me voir.
Avant de reprendre le chemin de la fac, à la fin du stage, on a eu une entrevue. Il était vraiment intimidé, nerveux. Il m'a proposé (alors que je m'apprêtais à lui souhaiter une bonne continuation) avec un aplomb affecté, de rester en contact. Je lui ai dit, simplement, "oui; appelle moi". Il a fait machine arrière : "Tel mois, faudra réviser pour les exams; ce sera la même galère". Moi: "Ce ne sera pas possible; j'ai telle chose de prévue". Quelques minutes plus tard, il est revenu à la charge. Il est arrivé à mon niveau, très très près, s'est penché, et très rougissant, avec émotion et le regard brillant, m'a répété: "Ce serait bien qu'on reste en contact!". Cette fois, pas de condition particulière. J'ai accepté... avec l'ombre d'un doute.
Il a dû me répéter sa proposition 3 ou 4 autres fois, jusqu'à ce qu'on se sépare. Pour autant, sur la fin, je le voyais tourmenté... en proie à un combat intérieur; peu à peu, il a perdu le sourire, il a commencé à devenir froid. C'était comme s'il venait juste de prendre conscience que sa proposition l'engageait plus qu'il ne voulait. La scène était édifiante. Je le voyais aller et venir devant moi, reculer, tête basse, rougissant; avancer et se reconcentrer sur la discussion.
Ce qui devait arriver, arriva. Un mois plus tard, alors que je prenais de ses nouvelles, il m'a mise en silence radio. Je savais que cela arriverait. Alors, de colère, de tristesse, d'orgueil, j'ai décidé de ne pas demander la moindre explication. Je voulais qu'il comprenne avoir mal agi, par lui même. Et puis, m'exprimer à ce sujet heurtait ma pudeur. J'ai eu suffisamment de force de caractère (car oui, je ne le mentionne à aucun moment plus haut, mais j'ai été (je suis - snif) très éprise de ce ptit gars) pour souffrir en silence, et tâcher peu à peu de renoncer à lui. J'y suis plus ou moins arrivée au bout de quelques temps.
... Mais tout n'était pas tranché dans mon esprit. J'étais restée sur une confusion. Il a suffit, pour semer le doute ds mon esprit, d'un regard prolongé un jour, en amphi, et l'attente d'un geste de ma part (l'attente, certainement que je l'invite à venir me voir, quoique sur le coup, je ne voyais pas les choses ainsi; je me disais "qu'est ce qu'il me veut?"). Je le voyais pour la 1ere fois après 6 mois.
Après tout ce temps, je n'ai pas réagi en le revoyant; j'étais comme "glacée" de l'intérieur. Je l'ai regardé sans exprimer la moindre émotion négative ou positive. Je pense que c'était un instinct de protection. Aucun geste n'étant venu, après une minute passée à me regarder fixement, il s'est enfui, visiblement dérouté (peut être plus)!
Le doute m'a déterminée un mois plus tard, à lui écrire, sur un ton neutre, pour lui proposer de parler avec moi, un jour où il pourra.
Cet email est resté sans réponse.
J'ai malgré tout eu un bref échange de sms avec lui, en rapport avec nos exam' dans les mois qui ont suivi: le fair play; des encouragements dont j'étais l'initiatrice. Ces échanges sont intervenus 3 et 5 mois après notre dernière rencontre en amphi.
5 mois après notre dernière rencontre, l'intéressé a eu une démarche que je ne m'explique toujours pas. Il est venu par deux fois dans le restaurant qui fait l'angle de la rue où je suis en stage, en terrasse, et à des horaires où il savait pouvoir me trouver (les heures où je déjeune/ je sors le soir): ce restaurant est à 3 mètres de mon lieu de travail.
On s'est donc croisés par "hasard". Il était vraisemblablement mal à l'aise la première fois, mais il a visiblement retrouver toute son assurance la 2e. La première fois, je n'ai pas croisé son regard, mais il m'a vraisemblablement vue, et son expression était ... froide, glaciale. La seconde fois, au contraire, ce monsieur était très souriant, et a même attiré mon attention; là , on a échangé un regard.
Je n'ai été lui parler aucune des deux fois. Trop d'invraisemblance... trop d'incompréhension. Je n'arrivais pas à réaliser.
Toujours est il que lassée de ces questionnements, je lui ai envoyé un sms 6 mois après notre dernière rencontre "officielle", dans lequel je l'invitais à me faire confiance et à me parler. Je lui expliquais également pourquoi, en telle occasion, je n'ai pas été lui parler. J'ai été sincère avec lui (comme toujours), j'ai laissé une porte ouverte, mais j'ai été ferme.
Il m'a simplement répondu que je me faisais des illusions, et qu'il n'a pas même été question d'amitié (WTF !!!). En gros, il a simplement été odieux dans sa réponse. Je crois avoir été plutôt humble dans la réponse que je lui ai apporté, et qui s'est conclue par des adieux. Il sait pertinemment que je ne l'embêterai plus.
J'aimerai avoir votre avis sur tout ça... et sur la meilleure manière de bannir cette personne de mon esprit. C'est une étrange histoire, car ainsi que vous pouvez le constater, les faits se sont étalés sur une longue période, ponctuée de silences. De mon côté, je vous garantis être une fille vraiment équilibrée, et même clairvoyante car j'ai vu tout cela venir. Il m'a quand même prise au piège.
Mais bon! Je demande quand même. Euuuh... est ce que je suis devenue folle à mon insu, et ai pu m'illusionner sur tout "ça"?
Désolée c'est très long. : )






