Niveau d'études et valeur sociale

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achribu a écrit:
Sur quels critères on définit le mérite ?

Sur le fait que des gens estiment qu'il y a du mérite ? La culture est transmise par des gens, et ils transmettent ce qu'ils estiment mériter d'être transmis. Vouloir une définition formelle s'abstrayant des valeurs humaines serait illusoire. Ce ne seront pas (en général) les mêmes gens qui transmettront du rap et de la musique classique, ça n'empêche pas que dans les deux domaines il y a une sélection "naturelle" entre les oeuvres pour déterminer celles qui méritent d'être transmises. La définition ne me parait pas idiote.

Constant99 a écrit:
Sur le fait que des gens estiment qu'il y a du mérite ? La culture est transmise par des gens, et ils transmettent ce qu'ils estiment mériter d'être transmis. Vouloir une définition formelle s'abstrayant des valeurs humaines serait illusoire. Ce ne seront pas (en général) les mêmes gens qui transmettront du rap et de la musique classique, ça n'empêche pas que dans les deux domaines il y a une sélection "naturelle" entre les oeuvres pour déterminer celles qui méritent d'être transmises. La définition ne me parait pas idiote.


Je comprenais la définition de Smooth comme fondée sur le Bien, le Beau, le Juste... Catégories censées exister en dehors du jugement humain... Mais dont la définition est en pratique laissée à l'appréciation de sages éclairés du milieu culturel. Hint : rarement les prolos.

Par ailleurs, si je comprend bien ta définition, elle soulève le problème inverse : une grande partie de la culture (musique classique, par ex) ne survit que sous perfusion
(subventions), tandis que la variétoche génère bien plus de benéfices. Je ne suis pas sur qu'appliquer une stricte doctrine de sélection naturelle me permette de réécouter un jour la nuit de Valpurgis dans des conditions décentes. Au premier rang, et avec la violoncelliste aux longues jambes devant.

Loger un si gros engin entre ses jambes et manier l'archet avec une telle variété de touchers laisse rêveur.

Mais arrêtez cette théorie du complot à la con...
Prenons l'exemple du rap: j'aimais pas.
J'ai demandé à mes potes qui en écoutent de m'indiquer les "meilleurs morceaux", et non pas ceux qu'ils "préfèrent" (oui oui, homo sapiens sapiens est capable de faire la part des choses sans aucune politisation, magique non?) et je suis tombé sur du très bon.
Tupac, Mc Solaar, Ice Cube (je connaissais déjà Snoop dog), Mob Deep, du très bon en rap français, meme si c'est plus rare....

Plus de 90% de ce que l'on fait c'est de la merde , et la merde est oubliée.
Ce qui est oubliée n'as rien a voir avec la politique.
Ne commencez pas à mêler la politique (vaste blague) la dedans.
Le politique n'a jamais orienté la culture à long terme.
Le régime stalinien (qui avait très peur de la culture bourgeoise ololol) n'a jamais pu évacuer les religion et le spirituel de l'âme slave, et ce malgré menaces, contrôles , tracts, tout.

Donc la culture c'est ce qui mérite d'etre transmis. La différence entre Mozart et Salieri dans Amadeus.
Et ceux qui prônent le côté "c'est individuel" (et je suis d'accord" devront m'expliquer pourquoi ce sont eux qui défendent de façon plus véhémente "les classes" sociologiques.
Vous faites ça par quoi? Devoir moral? Parce c'est plus joli?
À partir du moment ou vous dites que c'est individuel, ceux qui ne sont pas cultivés ne peuvent s'en prendre qu'à eux même. Les livres classiques ne sont pas chers, musée gratuit ou prix casse pour étudiants.
C'est exaspérant de voir ce double discours qui consiste à dire que "c'est individuel" tout en enlevant la responsabilité.
Si c'est déterminé par la classe, pas de responsabilité, mais vous devez reconnaître que l'on peut dresser des portraits robot de "classes".

Enfin la réalité est un mélange des deux. Mais celui qui veut de cultiver peut se cultiver.

achribu a écrit:
Par ailleurs, si je comprend bien ta définition, elle soulève le problème inverse : une grande partie de la culture (musique classique, par ex) ne survit que sous perfusion
(subventions), tandis que la variétoche génère bien plus de benéfices.

C'est cohérent: on attribue des subventions parce qu'on (collectivement) estime que ça vaut le coup d'être préservé. Et tu trouverais triste de voir disparaitre certaines oeuvres parce que tu estimes qu'elles ont de la valeur, donc tu es probablement prêt à payer un peu plus cher pour aller voir les concerts que pour aller voir un concert d'un musicien populaire.
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  • 0 (+1) le 12.01.12, 10h39 par Mr.Smooth

Donc Mein Kampf serait de la culture puisque toujours publié donc, apparemment, "méritant" a être transmis? Lady Gaga aussi puisque ses disques sont édités? Et si elle vend plus d'album que Mozart, doit-on en deduire qu'elle a une valeur culturelle supérieure?

Je ne sais pas si je suis le seul, mais j'ai du mal à voir où tu veux en venir, @MaryMorgane. J'ai un peu l'impression que tu nous laisses débattre et que tu te contentes de suggérer qu'on dit des conneries une fois de temps en temps. As-tu une opinion ?

En admettant que ce soient des questions sérieuses, il me semble bien qu'avoir lu "Mein Kampf" reflète une certaine culture. Et que, selon Mr Smooth, l'appartenance de Lady Gaga à la culture ne dépend pas de ses ventes mais du fait qu'elle persiste ou non dans le paysage culturel des prochaines décénies ou prochains siècles. Quant au fait d'attribuer une valeur proportionnelle aux ventes, tu es la seule à le suggérer.
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  • 0 (Absolument) le 12.01.12, 11h44 par Mr.Smooth
  • 0 (C'est pas faux) le 12.01.12, 11h59 par Venusian

Si on estime que la valeur est proportionnelle a la volonté de transmission (et c'est la que je voulais en venir avec les chiffres de vente), alors peut-on savoir si, sur une période d'une même longueur, Lady Gaga ne sera pas plus transmise que Mozart? Oui Mein Kampf reflète une certaine culture mais est-ce pour autant que ça sera plus beau, bon et juste que Secret Story?

Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas parce que vous ne partagez pas une culture qu'elle n'existe pas en tant que telle et a moins de valeur qu'une autre.

MaryMorgane a écrit:
Si on estime que la valeur est proportionnelle a la volonté de transmission (et c'est la que je voulais en venir avec les chiffres de vente), alors peut-on savoir si, sur une période d'une même longueur, Lady Gaga ne sera pas plus transmise que Mozart?

Si on compte en nombre de cerveaux, oui. Mais on peut compter de manière plus subtile, par exemple demander à des gens de choisir 100 morceaux qui devraient survivre si une catastrophe arrivait. J'ai beau aimer écouter, par exemple, Renan Luce, je ne le mettrai pas dans la liste.

Citation:
Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas parce que vous ne partagez pas une culture qu'elle n'existe pas en tant que telle et a moins de valeur qu'une autre.

Je pense qu'on est d'accord là dessus, et sur le fait qu'il existe des cultures et pas une culture. Mais j'aime bien la définition de Smooth, qui marche aussi si on reconnait plusieurs cultures.

Définir le « beau », le « littéraire », bref séparer le bon grain de l'ivraie, ça a été une querelle de tous les âges.
Je pense que le seul argument de la longévité est un peu bancal. Je vais parler de ce que je connais : en littérature, certains auteurs féminins ont eu une renommée bien moindre que leurs homologues masculins, alors même qu'objectivement, si on s'intéresse au style, aux schémas narratifs, aux personnages développés, elles auraient tout autant mérité de passer à la postérité. Mme de Staël, c'est ni plus ni moins qu'un Chateaubriand au féminin ; pourtant, on apprend encore aux élèves que c'est Chateaubriand qui a fondé le romantisme, qu'il en est la figure la plus marquante en ce qui concerne l'écriture romanesque. Idem pour les poètes maudits, on oublie bien souvent Marguerite Desborde-Valmore, qui a pourtant tant inspiré ses petits copains Verlaine ou Baudelaire.
Bref, je m'égare un peu, mais je crois que le passage à la postérité n'est pas suffisant pour décréter qu'une œuvre ou que son auteur font partie de la Culture avec un grand C. C'est amusant que vous parliez de Lady Gaga : et Madonna ? Ça fait bientôt 30 ans qu'elle squatte les hit-parades, qu'on l'entend, qu'on la voit partout. A mon sens, elle aura fortement marqué son époque, sans nul doute, mais j'ai tout de même du mal à penser qu'elle fait vraisemblablement de l'art avec ses chansons, ou qu'on continuera à les apprendre à nos enfants dans des dizaines d'années. Pourtant, je l'aime beaucoup, mais voilà :


Mein Kampf mérite d'être lu pour comprendre ce que ces idées ont engendrés et a quel point elles reposent sur de mauvaises bases.
Si je ne l'avais pas en anglais, je l'aurais déjà filé a mon p'tit reuf de 14 ans pour qu'il aille se faire son propre avis.

Sinon pour réagir a ce que tu dis MaryMorgane, tu fais l'amalgame de tout, le mot culture a plusieurs sens, et ils sont mélangés, la culture est d'une part l'ensemble des connaissance acquises, de part cette définition, les oeuvres de Mozart comme Mein Kampf font partie de la culture puisqu'ils apportent des connaissances, posent des bases et ont un but autre que le divertissement, a la base Mozart n'a sans doute pas composé pour instruire, mais l'ensemble de ce qu'il a créé a servi et sert encore de nos jours a apprendre et comprendre.
D'une autre part, la culture est une ensemble de choses qui distingue une société d'une autre (pour simplifier), Lady Gaga fais partie de la culture occidentale, c'est tout de même un apport artistique (quoi que, je dis ça pour être objectif), par contre qu'on me parle de culture en mettant Secret Story dans la même phrase, la je dis "no way !", c'est un divertissement, il n'y a aucun apport a la société (on pourra toujours en trouver, mais la personne qui m'en trouvera un sérieux, en toute bonne foi (j'en vois déjà certains enfiler leur costume d'avocat du diable) n'est pas encore venus.)


Maintenant, si on parle des cultures dans le sens "culture de société", rien ne se vaut, il n'y a pas d’échelle unanime pour quantifier ou juger la culture, on pourrait la juger selon notre morale chrétienne mais quelle légitimité aurait elle aux yeux des non chrétiens "moraux" ?
Par contre en ce qui concerne la culture individuelle, la on peut clairement juger, et je le dis tout haut, Lady Gaga c'est de la pisse de guenon par rapport a Mozart, pourtant il est probable que Lady gaga ait été écouté par plus de personne que Mozart, au XVIIIème siecle, la population européenne aurait pu être chiffrée a environs 190 millions de personnes, Mozart n'était connus que d'une poignée de personnes a l'époque... Bad Romance de Lady Gaga a été vu plus de 440 millions de fois uniquement sur Youtube, y'a pas de comparaison possible.

La culture ne se juge pas sur un critère de nombre, mais d'apport, et ce même critère ne peut se juger que au regard du passé... Mais je me fais pas de soucis, Lady Gaga ne sera jamais une page de l'histoire, sauf si en 2050 tout le monde porte des robes en steak, mais je préfère croire qu'a cette époque, tout le monde l'aura oublié.

Sinon Mr.Smooth, il te manque quelques classiques, citer Tupac et Ice Cube sans en citer d'autres comme Notorious B.I.G, Easy E, Dr Dre ou encore Puff Daddy, c'est comme parler de tintin sans citer l'capitaine Haddock !

Ps: J'ai pas parlé de la culture de la betterave et de la pomme de terre, vous m'en voudrez pas...

Et s'il n'y a pas une culture arbitrairement choisie par certains, on ne peut pas décréter que "les romans de gare ce n'est pas de la culture". Ce n'est pas forcément notre culture ni notre goût mais ça n'enlève pas le travail réalisé pour l'écrire.

D'ailleurs, certains estiment que seul ce qui a demandé un travail est culturel.

J'allais pas tous les citer Fonk :mrgreen:
Pour la différence Culture/culture, la langue allemande fait une différence d’orthographe.
Moi je te parle de Culture, pas "des cultures".
Si tu devais sauver 3 romans de l’apocalypse, ose me dire que ce seraient des Romans de Gare.
On y trouverait peut être un livre religieux, un Socrate, de la poèsie...Mais pas un Paris Match.
Cet espèce de mauvaise foi de "tout se vaut" c'est de l'hypocrisie.
Transformers c'est marrant, mais c'est pas un "monument". Ce n'est pas un monument comme Rabbi Jacob l'est à la comédie, le Mépris sur une réflexion de l'Homme/Femme et du cinéma, Il était une fois dans l'Ouest pour le Western.
Les choses n'ont pas la même valeur.
Les gens, c'est diffèrent puisqu’ils peuvent changer.

Si des gens ont dit que telle œuvre était intéressante, et ce depuis plusieurs siècles, ça ne veut pas forcément dire que tu "dois" l'aimer. Mais ça part avec une grosse présomption de qualité.
C'est une chose que d'avoir son propre avis sur une chose (et pour ça il faut aller à la source, travailler, lire, faire, par soi même) et c'est louable. S'en est une autre de dire que les milliards d'humains qui sont passés avant nous étaient vraiment trop con, que tout se vaut, et que leur avis sur ce qui est bien est forcément merdique, et ne vaut rien face à mon "petit moi unique".
Et ça n'as rien à voir avec les sociétés et la politique.
La musique Japonaise traditionnelle c'est hors de mes schémas, mais je trouve ça très élégant.
Les masques africains tribaux m’émeuvent beaucoup aussi.
Et ce ne sont que quelques exemples.


Alors cessons de se dire, "tous uniques, tous égaux (en valeurs)" ce n'est pas vrai. Ça c'est de l'égo et c'est du discours.
Il y a des choses mieux que d'autres, et si on laisse parler son fond à la place de sa morale, on est tous plus ou moins d'accord sur ce qu'est la Culture.

En même temps, il est facile de dire ça en comparant des choses qui ont traversé les siècles et un truc juste fait. Peux-tu savoir ce qui subsistera de notre société dans 2000 ans? Non et ce n'est pas pour autant que rien n'est culturel dans ce qui nous est contemporain.

La plupart des artistes reconnus aujourd'hui se sont fait cracher dessus par leurs contemporains. Van Gogh a passé sa vie a peindre des croutes selon ses contemporains et est aujourd'hui reconnu comme un grand peintre. Du coup, est-ce que ses œuvres ne sont pas dans la "Culture" vu qu'a leur sortie on estimait que ça ne valait pas la Joconde?

On ne peut pas juger de ce qui est Culturel ou non sur ce qui nous contemporain aujourd'hui pour la simple et bonne raison qu'on manque de recul.

En plus, certains auteurs reconnus aujourd'hui avaient des nègres donc si ça se trouve les textes qu'on leur attribue sont le fruit d'un illustre inconnu qui a eu la malchance de ne pas naitre avec les mêmes privilèges.

On est d'accord qu'il est difficile (et arbitraire) de décider ce qui est ou non de l'Art, de la Culture, peu importe, dans les créations récentes. Mais une fois qu'on a dit ça, on fait quoi ? On arrête d'en parler ? Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas qu'on ne peut pas avoir d'opinion.

Pour certaines choses la situation est claire. Ceux qui défendent l'aspect culturel de Secret Story l'auraient fait aussi de 2Be3 il y a quelques années, et dans tous les cas c'est confondre instant-noodles et gastronomie. Dans d'autres cas c'est plus flou, après tout peut-être que dans cent ans on lira Marc Lévy au lycée et on étudiera des pièces de Diams au conservatoire de musique, mais on peut aussi avoir une opinion sur la probabilité que ça arrive. Par exemple, je miserais plus sur la pérénité d'Harry Potter que sur celle des romans de Marc Lévy.

Il y a quand même des critères indéniables. Effectivement, j'aurais du mal à te dire si on peut vraiment affirmer que Kundera ou Echenoz sont des auteurs moins intéressants que George Sand ou Théophile Gautier, parce qu'on a clairement le souci du recul nécessaire à l'appréciation d'une œuvre. Néanmoins, je peux t'affirmer sans aucun problème que Marc Lévy, Anna Gavalda ou Paulo Coelho ne leur arrivent pas à la cheville. Et là, je n'ai pas besoin de recul pour l'affirmer : la littérature, ce ne sont pas que des mots et une histoire. C'est avoir envie de faire passer, à travers les mots, une histoire signifiante, qui ne s'apprivoise pas forcément au premier abord, qui nous donne à voir un monde qui nous était inconnu. On dit souvent que les plus grands romans sont ceux qu'on n'apprécie pas lors de la première lecture ; là, ça dépend de chacun mais je souscris à cette idée, parce qu'un roman de qualité est un roman dont le sens n'est pas donné immédiatement. Il n'est pas nécessaire de relire un Marc Lévy plusieurs fois pour le comprendre ; ses phrases ne peuvent pas être décortiquées pour comprendre sur quels ressorts s'appuie son schéma narratif. Son style est plat, et facile à lire : Gaspard Proust dit d'ailleurs que c'est le pire compliment qu'on puisse faire à un livre, de dire qu'il se lit facilement...

Citation:
On dit souvent que les plus grands romans sont ceux qu'on n'apprécie pas lors de la première lecture

J'ai eu un mal de chien à lire un Marc Lévy (Et si c'était vrai), j'ai dû sauter des pages, chose extrêmement rare. Et pourtant j'étais coincé dans un TGV. Donc, si ça se trouve, un jour... :)

Ca devient largement hors sujet, mais as-tu des exemples de livres qu'on a du mal à apprécier à la première lecture ? La plupart des romans que j'ai lus et que j'estime être des chefs d'oeuvre m'ont captivé dès le début, quitte à révéler d'autres choses à la deuxième lecture.

J'ai bien précisé que c'était personnel, parce que là, bon... Je peux te parler de Madame Bovary que j'ai détesté à la première lecture et qui m'a fascinée ensuite ; Candide qui m'a fait suer au lycée alors qu'à la fac je l'ai relu en me prenant des fou rires à quasiment toutes les pages... Ceci dit, y'a quand même une œuvre sur laquelle on peut avoir un certain consensus : Proust (Marcel, et pas Gaspard :mrgreen: ) qui est relativement difficile d'accès, et dont une seule lecture ne pourra jamais suffire à comprendre tout ce qu'il a voulu exprimer. Ce sont des phrases dont on se repaît 5, 10, 15 fois même, en découvrant toujours quelque chose — il y a aussi de ça chez Flaubert, j'ai dû lire 10 fois le début de l’Éducation sentimentale en m'émerveillant de nouveaux détails à chaque fois.
Les romans russes ont aussi cet aspect mille-feuilles, je trouve ; Anna Karénine de Tolstoï ou l'Idiot sont des romans que j'ai aimé relire, pour découvrir des tas de choses que je n'avais pas perçues en première lecture.
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  • +1 (Merci ! :)) le 12.01.12, 14h45 par Constant99
  • +1 (Yep ! :)) le 12.01.12, 14h47 par Mr.Smooth

Il faudra peut-être que je re-tente Madame Bovary, alors, ça m'a laissé froid la première fois.

Pour les autres, je dois dire qu'ils m'ont longtemps fait peur, justement à cause de leur côté Culture-avec-un-gros-C, et finalement quand je me suis décidé à tenter Proust ou Dostoievski, c'est passé tout seul. Mais je ne les ai pas lus deux fois. Et pour lire Proust, il faut presque prendre des vacances exprès, ça ne se lit pas dans le RER, il faut presque prononcer les phrases à voix haute pour en profiter.
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  • +1 (Absolument) le 12.01.12, 14h57 par LuxLisbon

Non je ne sais pas CE qui subsistera, mais je peux te dire que certaines choses NE subsisterons pas. Par ailleurs, il est tout de même possible de savoir que certaines choses résisteront dans le temps et font partie de notre culture, j'en parlerais après.

Citation:
La plupart des artistes reconnus aujourd'hui se sont fait cracher dessus par leurs contemporains.


De quel artistes parles tu ? Sans vouloir rentrer dans ce débat qui est assez HS, je n'ai pas l'impression que Lady Gaga (pour reprendre l'exemple) soit décriée par ses contemporains.

D'ailleurs parler d'elle et enchainer sur Van Gogh me fait vraiment rire. Lady Gaga a pour seule motivation l'argent et la célébrité, c'est une bête de scène. Van Gogh n'a jamais cherché a devenir une superstar internationale. La différence entre les deux reviens a la video de Gainsbourg (que je trouve personnellement criante de vérité), Van Gogh pratique un art pour son plaisir et pour exprimer des choses, c'est un art majeur, et si aujourd'hui on se rappelle de lui, c'est qu'en plus du talent qu'il avait dans ce qu'il faisait, il a apporté une réelle contribution dans le domaine de la peinture, il est arrivé lorsque l'impressionnisme "s’essoufflait" (les puristes vont me tuer si ils lisent ça...), et par ces œuvres, il a grandement influencé le fauvisme et surtout l’expressionnisme.

Lady Gaga, marque également un tournant dans le domaine de la musique (enfin, poursuis le tournant initié par des artistes comme Madonna par exemple...), le fait est que la chanson reste un art mineur, tout le monde peut devenir chanteur du jour au lendemain, et d'ailleurs, cite moi un chanteur du moyen age ou de la renaissance ? Les arts mineurs ne perdurent pas dans le temps.
Lady Gaga restera peut être dans les esprit parce qu'elle aura influencé la culture occidentale, mais pas besoin d'être marabout pour savoir que elle est amenée a disparaitre dans les abysses de l'oubli.

Par ailleurs, pour répondre a ta question, la Joconde n'étant pas pour moi un modèle/repère permettant de juger l'apport de l'art, je dirais que cela n'a rien a voir. L'art n'est pas une échelle sur laquelle on place les créations/apports en les hiérarchisant, c'est plutôt un arbre dont certaines branches sont plus grandes et épaisses que d'autres, le tronc étant la volonté de créer.
Ainsi, chacun sa place dans la culture (je parle des arts majeurs, les arts mineurs découlant de ces derniers, on pourrait pousser la métaphore en disant que ce sont des petites branches sur les grosses branches...).

Enfin, et je dis ça de façon tout a fait neutre, pas de vantardise la dedans, je pense pouvoir juger de ce qui est culturel ou de ce qui ne l'est pas dans une moindre mesure, et je ne suis pas le seul, puisque qu'il existe des institutions qui se chargent de récompenser les apports dans les domaines artistiques, distributions des oscars ou des palmes d'or pour le cinéma, prix Nobel de littérature, NRJ Music Awards (Naan j'rigole), bref, en tout cas c'est tout a fait possible de cibler ce qui est culturel de ce qui ne l'est pas, et puis de toute façon, plein de choses n'ont pas de vocation a l'être, Mr.Smooth a cité "Transformers" je ne pense pas que Michael Bay ait un seul instant pensé marquer l'histoire et apporter a la culture (individuelle je parle) avec son film.

A l'inverse, quand Scorcese ou Tarantino (ces exemples sont faciles, je sais) annoncent un nouveau film, on s'attend a un apport certains, de même lorsque Enki Bilal sort une BD, je reviens sur ce que je disais, l'apport culturel ne se mesure pas dans le temps (le temps contribue a mesurer l'apport culturel) mais de par la qualité de l'apport, et par qualité, j'entends recherche, j'entends nouveauté, expérimentation, qualité en tant qu'appréciation, recherche de l'évolution, mise en exergue du but, du moyen....
Ça devient super théorique, et je ne suis pas expert en la matière, mais tout ce raisonnement et les faits montrent qu'il est possible de juger cela. Seul l'avenir peut le confirmer évidement mais quelque chose qui marque profondément son temps dans un certains domaine marquera forcement le futur.

Encore une fois, le temps que je tape ça que je bouffe mon cassoulet, que j'aille chier, flâner sur le canapé et que je revienne écrire, d'autres avaient déjà contribué...
Constant, je ne sais pas si tu es amateur de poésie, mais c'est en tout cas un domaine dans lequel de multiples relectures s'imposent pour saisir l'essence de l'écriture.
Lis du Dostoïevski, du Pouchkine, du Gogol, du Tourgueniev, du Tchekov, tu verras si c'est facile d’apprécier directement la lecture (enfin, a nuancer, il m'a fallu qu'une lecture des bouquins pour apprecier, mais lecture s'étalant sur de longue période pour comprendre la portée des phrases, relectures encore et encore de certains paragraphe. Va lire du Pascal et dis moi ce que tu en penses après une seule lecture, je t'invite également a te pencher sur Goethe, Buzzati ou Nietzsche... Tout ces ouvrages n'ont aucun rapports entre eux, mais si tu arrives a les avaler d'une traite sans relire et en appréciant dans sa totalité, je te dis "chapeau l'artiste."
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  • +1 (Absolument) le 12.01.12, 15h06 par Holden Caulfield
  • 0 (Intéressant) le 12.01.12, 15h09 par Constant99

Effectivement, c'était un peu la blague qui courait à la fac : ne jamais lire Proust quand tu es fatigué, ou qu'il y a du bruit à côté, ou... ou... :blbl: Ça demande du temps et de l'investissement, pas comme certaines lectures plus simples — finalement je souscris un peu à la théorie de Gainsbourg qui définit l'art majeur comme un art qui nécessite une initiation, c'est une définition assez fine.

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