Bref, peut-on avoir un Q.I à trois chiffres et quelque chose à raconter si l'on n'est pas CSP++ ?
En m'efforçant d'améliorer mon social proof, et donc en multipliant les interactions, j'ai été fatalement amené à devoir très fréquemment répondre à la question fatidique : "Tu fais quoi dans la vie ?" ou bien "tu fais quoi comme études ?". Parce que bon, arrive un moment où les gens finissent par comprendre qu'on n'est pas réellement éleveur de pingouins. Et j'ai remarqué que de cette réponse allait bien souvent dépendre, au moins dans un premier temps, l'image, positive ou négative, qu'aura de nous notre interlocuteur (homme ou femme d'ailleurs).
En ce qui me concerne, j'ai détesté l'école, abhorré le collège et exécré le lycée. C'est donc tout naturellement, après un parcours pour le moins chaotique, que j'ai brillamment échoué à mon baccalauréat (technologique).
Mes premières années dans la vie active se sont résumées à une accumulation de petits boulots, non qualifiés et mal payés. J'étais le type que la maman montre du doigt à son enfant en lui disant : "tu vois, si tu ne travailles pas bien à l'école, tu finiras comme lui".
Alors certes, ma mère est sans doute moins fière de moi que ne l'est celle du diplômé d'une prestigieuse ESC en CDI à un poste de cadre dans une multinationale. Néanmoins, je ne pense pas être totalement idiot, sais m’exprimer à peu près convenablement, m’intéresse à pas mal de choses, lis beaucoup... J'ai d'ailleurs rencontré beaucoup d'ouvriers et d'employés très intelligents et cultivés, et à l'inverse, pas mal de bac+5 qui, sortis de leurs domaines bien spécifiques... bref.
Pourtant, j'ai l'impression, vis à vis d'une certaine population, de me disqualifier automatiquement sitôt l’aveu fait de mon passé de cancre et de mon appartenance à la "France d'en bas".
Je suis d'un naturel assez ouvert et me lie facilement avec des inconnus, de tous âges/classes sociales et en tous lieux, et j'ai très souvent vu des gens devenir crispés, soudainement distants, voir afficher une moue de dédain à la révélation de ma situation sociale.
Je ne parle pas de mépris, mais plutôt d'un préjugé, une sorte de schème mental intégré chez beaucoup et qui leur ferait voir quelqu'un de peu ou pas qualifié comme quelqu'un d’inintéressant. Quelqu'un n'ayant pas eu les capacités intellectuelles de poursuivre des études. Et comme on associe souvent études et culture générale... allez savoir pourquoi d'ailleurs.
J'en ai parlé avec des amis (cadres ou professions libérales) qui m’ont confirmé leur à priori négatif sur les "classes populaires".
Donc j'aimerais savoir ce que vous en pensez, ceux qui exercent une profession non qualifiée, si comme moi vous avez l'impression d'avoir à franchir une barrière de plus, d'avoir à prouver quelque chose, sitôt que vous évoluez dans un milieu dit aisé. Et ceux d'entre vous qui appartenez à ce milieu, si pour vous il faut nécessairement être de votre classe sociale pour susciter votre intérêt.






