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ROCD: Le TOC du couple, l'anxiété/angoisse liée à l'amour

Note : 21
lancé par Nidwazo le 01.03.2015
9 réponses
dernier par Nidwazo le 19.02.2017, 00h20
Bonjour à tous,

Je poste ce sujet pas vraiment pour moi mais plutôt pour informer et, s'il y en a parmi vous, vous faire savoir que vous n'êtes pas seuls.

J'imagine que ce post ne sera pas utile à beaucoup de monde parce qu'il s'agit d'une pathologie finalement assez rare, car méconnu. Une énorme partie de ceux qui souffrent du ROCD ne le savent pas et souffrent en silence. Cependant elle existe, et étant donné que nous sommes sur un forum de séduction/relation, je pense que c'est un très bon endroit pour informer sur ce trouble.

Je vais parler du ROCD, Relationship Obsessive Compulsive Disorder, ou en français, toc du couple.

Mais avant tout : attention. Le ROCD découle d'un trouble obsessionnel, et non d'une phobie.

Phobie: Avoir peur de l'engagement ou du couple, fuir devant la question ou le partenaire en question. Refuser de faire face à l'engagement ou au couple par peur, absence de reconnaissance du problème. Les phobiques fuient sans se retourner, et parfois mettent fin aux relations de façon très évasive, en échappatoire. A la base de la phobie, une émotion. Combattre une émotion demande d'y faire face et c'est rapide. Généralement les phobiques de l'amour ou du couple ne voient pas de problème sur leur situation, ne cherchent pas d'aide et ne souffrent pas de cette condition.

Obsession: L'obsessionnel aura peur de l'engagement ou du couple, mais cherchera à combattre cette peur. A la base de l'obsession, il y a un raisonnement : un schéma, une pensée automatique. Il est beaucoup plus difficile de tenter de guérir une obsession qu'une phobie. Traiter une phobie demande d'y faire face (thérapie d'exposition). Traiter une obsession demande de déprogrammer les schémas psychologiques du souffrant, cela prend des mois de thérapie TCC. L'obsessionnel subit les pensées de peur de l'engagement de manière beaucoup plus physique et mentale que le phobique.
L'obsessionnel fera face, il cherchera même à se rassurer - ce qui est un comportement très mauvais qui amène à la compulsion. L'obsessionnel aura des pensées récurrentes et qui lui semblent absolument vraies même si elles sont fausses « finalement je ne l’aime pas ». A tel point que l'obsession jette un voile sur l'amour et l'obsessionnel finira par être persuadé de ne plus être amoureux, et ne ressentira plus l'affection, l'amour envers son partenaire tant que l'angoisse opère. Ça, c’est de l’obsession.
Les obsessionnels souffrent de leur condition, contrairement aux phobiques.

Voilà il est important de savoir séparer les deux.

Qu'est-ce que c'est ROCD, le toc du couple?
On est en couple avec quelqu'un, ou l'on commence à fréquenter quelqu'un. Que ça se passe bien ou que la relation ne soit pas encore établie, on est dans la nouveauté et on attend de voir comment va évoluer la relation. Et puis soudainement, on a une sensation de dépersonnalisation ou d'angoisse, on regarde l'autre et là, c'est le drame : " en fait, il / elle n'est pas si beau / belle... Est-ce que je suis vraiment attiré(e) par elle ? " ça commence comme ça, et vite on se retrouve pris d'angoisse, incapable d'apprécier le moment présent. Pour certains, ça ira jusqu'à avoir la nausée quand on est en présence de l'autre... Alors que, quelques jours avant, on était amoureux et tout allait bien.

Ce n'est pas un état "normal", il s'agit d'un état de trouble obsessionnel. Donc, si ça arrive, sachez que vous souffrez d'obsession.

Schéma explicatif:
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source: rocd.fr

Comment le ROCD se présente-t-il?
Le ROCD prend deux formes principales, l'obsession / angoisse centrée sur la relation, et l'obsession / angoisse centrée sur le partenaire.

Forme 1: Obsession sur la relation
- Doutes et inquiétudes récurrentes et douloureuses sur la relation
- Doutes sur les sentiments envers le/la partenaire
- Doutes sur la légitimité de la relation
- Ruminations et pensées automatiques de type "Est-ce que je devrais rester avec cette personne?", "Est-ce que cette personne est vraiment bien pour moi?", "Est-ce vraiment de l'amour? Ou plutôt une simple attirance?", "Pourrais-je trouver mieux ailleurs?" "Est-ce que je suis vraiment bien dans cette relation?", ou bien "Est-ce que mon partenaire m'aime réellement?"

Forme 2: Obsession sur le partenaire
Voir aussi: "dysmorphophobie", la peur que l'autre ne soit pas physiquement normal ou attirant, la fixation obsessive sur des points physiques particuliers qui sont perçus comme l'inverse d'attirant.
- Doutes sur le physique de l'autre
- Doutes sur les capacités de l'autre
- Doutes sur l'esprit et le côté intellectuel de l'autre
- Doute sur ses qualités relationnelles
- Doutes sur sa morale, etc.
Les pensées récurrentes "Cet aspect de son physique n'est pas attirant", "Je n'aime pas son visage", "Il/elle devrait changer cela sur son physique", "Il/elle n'est pas assez sociable" ou "Il/elle n'est pas suffisamment brillant en société, intelligent" etc.

Normal: Avoir cette pensée et la laisser s'envoler sans y porter d'attention
Anormal: Avoir cette pensée, focaliser dessus, laisser cette pensée générer de l'angoisse et remettre en question le couple, voire arriver jusqu'à une crise d'angoisse ou un énorme dégoût du partenaire à cause de ces pensées.

Parfois la forme 1 et 2 arrivent ensemble - c'est même courant. Souvent, la préoccupation sur les défauts physiques entraîne la préoccupation sur la relation et le partenaire. Mais l'opposée est aussi possible.

Le ROCD peut aussi être "inversé", c'est à dire que l'on se persuade que la relation est trop belle pour être vraie, que l'autre est trop bien pour soi, à un point où l'angoisse prend le dessus et que de grosses crises de jalousie, d'angoisse et de panique prennent le dessus.

Quelles sont les pistes pour le diagnostique?
La personne qui souffre éventuellement de ROCD souffrira de ses propres pensées. Voici les différentes pensées qui entraîneront une réelle souffrance psychologique qui devient parfois physique:
- Contrôle, vérification des sentiments envers le partenaire.
- Contrôle, vérification du type de sentiments ressenti envers le partenaire.
- Contrôle sur ses propres comportements: attirance envers d'autres personnes, manque de sentiments ou de préoccupation sur le couple, etc.
- Questionnement sur les questionnements "si je n'ai rien ressenti à ce moment, cela veut dire que je ne l'aime pas? si je pense à ça ça veut dire que je ne l'aime pas?"
- Comparaison avec les autres: amis, proches, connaissances, histoires entendues, films, etc.
- Se focaliser sur le passé et les moments qui n'étaient pas emprunts d'angoisse avec son partenaire, des moments où le ROCD n'était pas là
- Demander conseil aux autres sans cesse sur la nature de la relation
- Chercher à se rassurer constamment

D'où ça vient?
Le ROCD n'est pas reconnu en France encore, et il ne l'est pas complètement aux Etats-Unis. En parallèle du diagnostique, ce trouble est très peu connu, la plupart des psychologues et psychiatres en France ignorent son existence. Mais ce trouble existe bel et bien, beaucoup d'information est disponible sur internet (mais principalement en anglais) et ce trouble commence à arriver aux consciences.
L'origine est donc difficile à ce stade à déterminer.

Il semblerait que le trouble anxieux généralisé (TAG) soit souvent lié au ROCD.

Dans tous les cas il s'agit d'un trouble obsessionnel mental, et doit être traité comme un TOC, en thérapie comportementale et cognitive (TCC).

Comment le guérir?
La TCC est une excellente thérapie dite brève qui peut s'étaler de 3 mois à 1 an ou 2. A l'inverse de la thérapie analytique, elle ne cherchera pas à analyser le passé et à imaginer des liens entre les évènements (ce qui pourrait faire angoisser d'autant plus le patient). La TCC se concentre sur le présent et le passé proche. Le but va être de "reprogrammer" le cerveau embué de pensées automatiques et schémas.

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source: psychologue TCC

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Souffrir d'un ROCD c'est difficile à vivre, voire très difficile à vivre. Certaines personnes vont se réfugier dans l'évitement (rester célibataire), mais cela n’apaisera pas l'angoisse. La moindre projection (film, couple d'ami) pourra réactiver leurs angoisses.

On ignore combien de personnes souffrent de ROCD mais c'est un trouble qui est de plus en plus connu et populaire. Aujourd'hui on ne connait pas de traitement efficacement prouvé. Cependant il est possible de vivre avec les angoisses et ruminations. La TCC est une excellente thérapie, qui peut être couplée avec d'autres techniques de thérapies et thérapies telles que la PNL, l'EMDR, l'EFT et le faster EFT.

Ne restez pas seuls dans vos angoisses!

Plus d'information en privé pour ceux qui le souhaitent!


Sources:
- Thérapie Cognitive et Comportementale avec psychologue diplômée et certifiée
- Le site web rocd.fr
- Interview d'un spécialiste anglosaxon
- Expérience personnelle
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  • +3 (Intéressant) le 01.03.15, 17h10 par FrenchKiss
  • +2 (Post de qualité) le 01.03.15, 17h34 par hell0
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  • +1 (Bonne idée !) le 01.03.15, 20h48 par Ramius
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Mais hm en gros c'est quoi la particularite du truc? Comment tu sais que tu est dans le TOC et non dans la simple remise en question?

Je me mefie un peu de la tendance actuelle a creer des troubles psychiques artificiellement pour vendre des therapies et pilules.

Donc je questionne :

Les sources sont elles bien serieuses?
N'est ce pas juste un etat de remise en question qu'on sur evaluerait (un peu comme le mec qui a des up and downs et devient diagnostique bipolaire)?
Ca veut dire quoi "obsessionnel"? C'est pas un peu normal de penser aux trucs qui nous prennent la tete? Donc si ton couple te parait foireux, normal d'y penser non?
C'est toujours douloureux d'entendre ça, quand les gens qui ne souffrent pas de troubles psychologiques remettent en question la légitimité de ce dont on souffre nous autres.
Mais ta question est franche, c'est la première qu'on reçoit, "c'est pas des bêtises tout ça?".
Sache que nous ne parlons pas ou très très peu de ce genre de trouble en public parce que justement nous souffrons d'incompréhension.

Mais, comment dire... si tu avais un toc, tu le saurais. Ça se sait, tout de suite. Un toc ça fait adopter des comportements grotesques et à dimension trop intense par rapport à la réalité de ce qui a déclenché l'angoisse. Tu serais complètement obnubilé.

Mais je vais m'efforcer de répondre de manière plus informative et en détails, en étant le plus claire possible car c'est quelque chose de pas facile à comprendre quand on a pas de toc.

Avant tout, regarde la fin de mon post. Mes sources sont tout à fait fiables. Je tiens une partie de ces informations de ma psychologue diplômée, certifiée par l'association nationale de thérapie comportementale et cognitive. Le reste proviennent d'un autre grand psychologue, Guy Doron.

Enfin, tu sais quand on doutait de ce que Freud avait découvert, ou encore quand on disait que l'hystérie féminine était une maladie, et autres incompréhensions populaires vis à vis de l'avancée de la médecine... C'est pareil ici : ROCD n'est pas reconnu et il est tant qu'il le soit. On ne sait même pas la proportion de gens qui en souffrent.

Et je peux aussi affirmer que j'étais dans le refus, le déni vis-à-vis du ROCD, je ne voulais pas accepter que je souffrais de ça. Mais après la énième relation et les sueurs froides, l'anxiété, j'ai compris que je devais faire quelque chose sinon jamais je ne parviendrai à garder quelqu'un.

D'abord il faut distinguer la pensée saine et la pensée "malsaine"

Pensée: Ma copine n'est pas très jolie ce matin.
Réaction normale: Passer à autre chose, penser directement à quelque chose d'autre, la trouver encore plus jolie une fois qu'elle s'est douchée préparée.
Réaction anormale: "Pourquoi est-ce que ça me donne d'un coup une sensation étrange?" "Si ça se trouve je ne suis plus vraiment amoureux?"
A la fin de la journée ou au bout de deux jours, cette première pensée "elle n'est pas très jolie ce matin" peut amener l'obsessionnel à rompre.

La remise en question n'est pas douloureuse. Elle fait cogiter, c'est tout.
Le TOC, c'est un trouble obsessionnel, c'est classé dans la famille des troubles anxieux. Un trouble anxieux génère de l'anxiété chronique, et des crises d'angoisse et de panique.

Les crises d'angoisses que le souffrant de ROCD peut connaître ont différentes formes:
- dépersonnalisation
- déréalisation
- nausée, vomissements
- palpitations, tachycardie
- impossibilité de se nourrir
- impossibilité de dormir

La remise en question sur le couple (ce que font ceux qui ne souffrent pas de ROCD) n'entraîne jamais de réactions physiques aussi intenses. Pour les souffrants du toc du couple, le cerveau est en hyper activité, le corps rejette les besoins les plus primaires. On parle de "mode survie" ou instinct de survie.
Si vous êtes en train de lire ça et que vous vous dites "je ne vois pas du tout / je ne comprends pas comment c'est possible" c'est que vous ne souffrez certainement pas de TOC du couple ;)

Autre chose, l'obsessionnel va être complètement incapable de penser à autre chose. Il va focaliser toute son énergie sur "le problème" qu'il se crée. Il peut passer des heures, des journées entières à ne penser qu'à ça, à ne parler que de ça. Tout en demandant à ses proches "toi tu en penses quoi? Tu crois que je l'aime? Tu crois que je devrais rompre?"

Pour revenir à ta question sur les sources. Je souffre moi-même de ROCD. Et concernant ce trouble, c'est l'inverse de ce que tu décris : l'information est inaccessible, le trouble est complètement méconnu, et tous ceux qui souffrent de ROCD comme moi ont béni le jour où ils ont ENFIN trouvé de quoi ils souffraient. Avant de savoir que j'avais ce trouble, certaines de mes relations amoureuses étaient des cauchemars dévastateurs. Aujourd'hui je travaille au quotidien dessus.

Non le diagnostique bipolaire est très sérieux et aucun psychiatre et psychologue diplômé et certifiés ne diagnostiqueraient quelqu'un de bipolaire sans de sérieux tests et une analyse de longue durée au préalable. Si ça a été le cas, c'étaient des charlatans. J'ai bien vu une psychologue charlatan qui m'a diagnostiquée agoraphobe... j'ai compris plus tard qu'elle n'était pas diplômée de la fac mais d'internet ou quelque chose du style.

Il n'y a aucun enjeux complotiste, aucune marchandisation autour du TOC du couple. Il ne s'agit ni plus ni moins d'un toc qui fait souffrir les gens, et qui, lorsqu'on ignore qu'on en souffre, est ravageur pour la santé mentale et les relations de celui qui le vit.

C'est un toc : ça a exactement la même racine et la même forme que le toc des chiffres, à savoir :

Obsession >> Anxiété >> Réassurance >> Compulsion >> et re belotte

J'ai expliqué le terme obsessionnel au début de mon post. Penser, c'est normal. Mais rester bloquée dans une pensée qui devient automatique et crée un schéma, c'est là que ça devient anormal et que les symptomes physiques s'en suivent.

C'est à dire, si on reprend le schéma bleu que j'ai mis :

Une situation (être au parc avec sa copine), déclenche une émotion (anxiété), une pensée en découle (pourquoi suis-je anxieux? pourquoi est-ce que je suis mal quand je suis avec elle? est-ce que j'en ai marre d'elle?), un comportement suit (s'éloigner de la fille), une conséquence scelle le cercle: je dois éviter d'être dans le parc avec ma copine.

Un jour, cette situation se reproduira dans d'autres circonstances (être posé sur son lit avec sa copine), qui déclenchera une émotion (peur, ou irritabilité), une pensée (mince, je n'ai pas du tout envie d'elle là mais elle si, comment est-ce que je vais faire? // elle me saoule là, elle n'est plus si intéressante, pourquoi ça me fait ça d'un coup?), qui entraînera un comportement (trouver une excuse et s'en aller), et une conséquence: éviter de sortir avec des filles pour ne plus ressentir cette déréalisation.

Le schéma qui en découle : Le souffrant ici va intérioriser que fille = angoisse/nausée/mal-être. Puisqu'il a recourt à l'évitement et qu'il ne connaît pas la relaxation, à chaque fois qu'il sera confronté à une situation d'amour, de couple, il va avoir de plus en plus peur.

L'anxiété prend du terrain. Et quand un terrain anxieux est construit et n'est pas traité ou suivi, on entre dans ce qui s'appelle un trouble anxieux.

Donc, être obsessionnel c'est souffrir de ces schémas à répétition, et adopter des comportements compulsifs qui nourrissent l'angoisse/anxiété chronique:
- Évitement
- Chercher à se rassurer
- Vérification
- Contrôle et hyper-contrôle
- Anticipation
- Culpabilité
parmi d'autres.

Lorsque l'obsessionnel nourrit l'anxiété en agissant avec ces comportements, il donne davantage d’ampleur à sa pensée. Contrairement à la remise en question dite normale, l'obsessionnel va être complètement mentalement et physiquement épuisé de ses ruminations. Il pourra demander 15 fois la même question à quelqu'un pour se rassurer mais n'en sera jamais rassuré. Il pourra éviter toutes les personnes qui lui causent de l'anxiété mais trouvera toujours un nouvel objet sur lequel poser son angoisse qui reste intacte car l'obsessionnel ne fait rien pour la relaxer, l'anxiété et les ruminations lui semblent trop importantes, "il faut régler ça tout de suite". C'est en ayant ce type de pensée, en étant dans l'hyper contrôle qu'il devient compulsif et qu'il va aller dans la vérification "si je l'embrasse, et que je ressens quelque chose, c'est que je l'aime?", "elle m'a dit je t'aime par texto et ça ne m'a rien fait, c'est la preuve que je ne l'aime pas?". Et bien sûr, la phase d'anticipation : "je dois aller la voir tout à l'heure. Et si j'angoisse? Qu'est-ce que je vais faire? Comment je vais gérer cette angoisse?"

Est-ce que tu commences à mieux comprendre?

Quand quelqu'un de normal trouve que son couple ne va pas bien, il va avoir des réactions saines:
- Y réfléchir
- Attendre et voir
- Essayer de faire marcher le couple
- Partir si jamais ça ne fonctionne pas
- A la limite, rester en étant malheureux.

Mais, il n'ira pas...
- Avoir la nausée, une nausée incontrôlable en présence de son partenaire
- Vomir...
- Rester en couple même si il est sûr de ne plus avoir de sentiments et qu'il est déjà en train de regarder d'autres femmes
- Demander à sa partenaire de changer de pièce car sa présence le trouble trop
- Devoir absolument échapper les lieux
- Dire à l'autre qu'il n'est pas sûre si il l'aime. Et finalement si. Et puis non. En nageant dans la sueur, en pleurant souvent, et en ayant la nausée.
- Demander une pause, prendre ses distances mais en même temps être dans la vérification et la culpabilité.

L'obsessionnel est complètement plongé dans la culpabilité. Il n'a aucun recul, et ce qui se passe est un drame auquel il ne peut échapper (selon sa perception). Il va demander à l'autre de le pardonner un nombre incalculable de fois, et lui affirmer son amour et lui dire qu'il ne veut pas la faire souffrir, puis il va soutenir qu'il a quand même besoin de distance car il n'est pas sûr d'être amoureux. Il ne parviendra pas à rompre, à moins d'être à bout de forces.

Je suis actuellement dans différents groupes de soutiens, certains locaux d'autres nationaux, pour informer et tenter de guérir le ROCD.

J'ai la chance de fréquenter quelqu'un qui a étudié la psychologie et qui est prêt à composer avec ma "folie".

C'est un trouble réel qui appartient aux tocs, impitoyables troubles mentaux qui nous mettent en prison et avec quoi il faut apprendre à composer pour vivre normalement. Et encore, j'ai de la chance que ce ne soit que vis-à-vis des relations de couple.

Aujourd'hui j'y vais pas à pas. J'ai la volonté de m'en sortir mais je sais que c'est un toc dont on ne se débarrasse pas vraiment. Il ne s'agit pas d'un toc physique (se laver les mains de façon compulsive...). Comme pour ceux qui souffrent de toc du chiffre, un enfer sur terre, le ROCD est un toc mental.

Par contre, je veux rassurer ceux qui lisent et qui pensent souffrir de ROCD. Ce n'est pas grave. C'est très ennuyant de vivre avec ce trouble, mais il est gérable.
Si jamais vous vous trouvez dans une situation où vos besoins vitaux sont en privation à cause de l'anxiété, faites le bon choix et isolez-vous le temps de retrouver paix, forces, relaxation intérieure.
Dans le reste des cas, vous n'êtes pas fous, il existe des thérapies qui sont peu coûteuses voire gratuites puisque vous les pratiquez vous même (méditation, yoga, PNL, EFT).
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  • 0 (Merci ! :)) le 25.03.15, 02h21 par YummyMatt
  • Owen [MOD]
  • Score : 906 - 28 ans
Je crois que je comprends.

Je te remercie pour l'effort d'explicitation. Ici, c'est bien connu que je n'aime pas beaucoup la psychologie lorsqu'elle sert un but lobbyiste de vendre plus de pilules aux gens.

C'est pas du conspirationnisme, c'est aujourd'hui plutot connu qu'aux US on tend a abuser du diagnostic psychologique pour mettre les gens sous tutelle .C est dans le bouquin "un cerveau pour changer" de PNL ou il mentionne la question des hyperactifs, et plus individuellement mon ex ricaine me disait que si elle voulait se shooter aux amphets il lui suffisait de demander a ses amis d'aller en pharmacie acheter leurs medicaments prescrits par leur pediatre.

De meme, le trouble bipolaire, comme tu le dis, doit etre diagnostique sur du tres long terme, sauf que j'ai quelques potes qui le sont et ont ete diagnostiques en un mois ou deux.

Bref c'est pour cela que je questionne : quand sait on qu on a ton trouble, quelles solutions? Quelle frontiere? Et quels impacts psychologiques en termes d'autocomplaisance ("J'ai pas le choix, je suis ROCD").

On dirait que comme beaucoup de troubles psychologiques, on revienne aux memes methodes traditionnelles : yoga, meditation, PNL, hypnose peut etre...
Je comprends ta préoccupation et je suis, ou plus j'étais comme toi. Pour moi ce genre de troubles n'étaient que des inventions et on avait pas besoin de se réfugier dans un diagnostique. Au contraire selon moi c'était s'ajouter volontairement des problèmes.

Sauf que quand on souffre vraiment et qu'on ne sait pas de quoi, on cherche vraiment à comprendre d'où ça vient, comment l'arrêter et si on est seul(e) dans ce cas.

J'ai mis un an à accepter que je souffrais de ce trouble. Je refusais d'abord de reconnaître que si j'avais de si violentes réactions en couple (rejet total, nausée etc, je rentre pas dans les détails mais j'ai bien décris la forme que ça prend), c'était lié à un "problème psychologique". Pour moi c'était des foutaises, s'inventer des problèmes.

De même, quand ce trouble obsessionnel (qui est d'origine trouble anxieux) a fait grandir en moi un trouble anxieux généralisé, j'ai refusé en bloc les médicaments. Et puis quoi encore? J'ai toujours été une battante et j'ai toujours pensé que les médicaments pour des problèmes psychologiques c'était du grand n'importe quoi. J'avais même peur des médicaments. Je remettais à leur place les gens qui me conseillaient de prendre des médicaments, j'ai arrêté de voir mon médecin de famille qui était en plus complètement à côté de la plaque et ne comprenait rien à mon maux.

D'ailleurs très important: Quand vous souffrez d'un trouble psychologique, n'attendez pas de votre médecin généraliste qu'il comprenne ce dont vous souffrez et vous donne les bonnes informations et bons conseils. Ce que vous pouvez espérer de votre généraliste, c'est qu'il vous oriente vers un vrai spécialiste.

Je viens d'une famille assez anti médicament, on croit en la médecine moderne mais encore plus à la remise en question de cette médecine, en l'avancée de la médecine, aux études etc. Moi-même je suis la première dans les rares communautés ROCD à dire "eh oh, reposez pas tout sur le trouble, là c'est juste que le couple ne marchait pas".

La question / le débat sur la distribution facile des médicaments entre en jeu mais uniquement pour les personnes inconscientes qui ne s'informent pas et qui veulent tout de suite prendre des médicaments au lieu de réfléchir aux manières douces et efficaces de régler leur problème psychologique (il faudrait leur expliquer les choses...)

Les autres sont conscients, s'informent, et s'ils vont jusqu'à prendre des médicaments c'est réellement qu'ils ne peuvent plus faire sans le soutien médicamenteux. J'ai fais partie de ce cas pendant quelques mois, et là je suis en sevrage! Mais attention j'ai pris des médicaments à cause du TAG et pas du ROCD. Il faut vraiment s'informer.

( Petite parenthèse: Avant de prendre des médicaments lisez la notice, la nature de ces médicaments et ce que ça signifie pour votre corps, l'avis de ceux qui les ont pris, et très important : faites des recherches sur le sevrage. Les médecins sont mal informés sur cette partie qui ne les soucient pas. )

Pour le ROCD je le dis très clairement : aucun médicament ne pourra vous aider. Vous pourrez prendre la sale habitude d'avoir recours à des calmants au lieu d'apprendre à vous calmer vous-même, la seule chose que ça fera c'est vous faire victime de votre propre trouble psychologique au lieu de le gérer et de vivre avec.

Alors, quand on sait qu'on a un trouble, quelles solutions?
Avant tout? L'acceptation. Acceptez que vous n'avez pas le contrôle. Acceptez que quelque chose cloche, quelque chose vous dérange.
Plus vous allez refuser l'angoisse, essayer de contrôler ou de bloquer cette sensation qui s'installe dans votre corps, plus vous allez vous forcer à éviter l'angoisse, plus vous lui donnez du terrain.

L'angoisse chez les troubles anxieux et obsessionnels fonctionne ainsi:
- Elle arrive sans crier gare, suite à un élément déclencheur
- Elle monte (on parle d'une crise d'angoisse) et peut durer de 10 minutes à quelques heures si vous refusez de laisser l'angoisse passer et que vous vous battez pour garder le contrôle
- Si vous l'acceptez, que vous vous relaxez et vous occupez en laissant tomber toute préoccupation, ruminations et questionnements mauvais, l'angoisse retombera petite à petit. Il faut attendre qu'elle s'en aille. Comme quand on attend qu'un médicament fasse effet, patience et calme.
- L'angoisse c'est un passage, comme une émotion. Il faut bien le savoir.

Mais au début gérer les crises est très difficile, si vous n'y parvenez pas, donnez de l'espace à votre partenaire et surtout, ne dramatisez pas. Soyez dans l'explication plutôt que la dramatisation.

Ensuite, entamez de suite les recherches pour trouver un psychologue comportementaliste (thérapie cognitivo-comportementale). Cette thérapie est absolument non agressive, et les résultats obtenus sont excellents. Contrairement à une psychanalyse longue sur 10 à 15 ans sans effets garantis, la TCC se réalise sur quelques mois à un / deux ans, et dans une grande majorité des cas elle apporte de vrais outils pour parvenir efficacement à détruire ou vivre avec un trouble.

D'après wiki, " En France, le rapport français de l'INSERM de 2004 concernant l'efficacité des psychothérapies (TCC, systémie, psychodynamique) a conclu à l'efficacité des TCC dans quinze troubles cliniques étudiés sur seize, ce qui les place au premier rang des trois méthodes étudiées, bien avant la thérapie psychanalytique (psychodynamique), qui ne serait efficace que sur un trouble clinique sur seize "

La TCC seule est efficace mais le mieux, pour s'en sortir plus vite et davantage progresser, c'est de faire un gros travail sur soi-même en plus. En général ça vient naturellement car on veut s'en sortir. Voici une liste non exhaustive du travail personnel que l'on peut entreprendre et qui soulage, libère beaucoup:

1. Acheter un cahier de thérapie, dans ce cahier…
2. Faire une liste de ses problèmes actuels
3. Faire une liste des évènements récents ou moins récents qui ont été mal digérés: quand et comment sont arrivées les crises
4. Dresser un tableau de pensées automatiques (demander à votre thérapeute TCC de vous le donner)
5. Dresser une liste des questions que l'on se pose, et à coté de chacune d'entre elle, écrire une réponse pragmatique. Exemple:
"Elle n'est pas assez sociable" réponse "Après tout j'ai mes amis on a pas besoin d'être tout le temps ensemble"

6. Ecrire ses objectifs pour la thérapie TCC
7. Ecrire ses MANTRA (davantage d'explications sur demande)
8. Dès qu'une crise ou un début d’angoisse survient, relire ses mantra, chercher celui qui correspond à l'angoisse et se le répéter
9. Informer son partenaire!!!
" Je suis en travail pour aller mieux, je le fais pour moi mais aussi pour toi et notre couple. " C’est important qu’il/elle sache que l'on est activement en train de chercher à aller mieux, que l'on travaille pour aller dans ce sens

Quelles sont les frontières, quelles sont les limites de la guérison ?
ROCD n'est pas reconnu et les psychologues et psychiatres commencent à peine à en parler dans le monde anglosaxon. Beaucoup ignorent le sujet en France. Donc il n'y a pas de solution connue, de guérison magique.

A l'heure actuelle il est possible de vivre avec ROCD, d'être en couple, marié, avec des enfants en ayant ce trouble (les groupes de soutien notamment sur les réseaux sociaux et forums sont présents pour vous inspirer). Mais on ne peut pas garantir une vie "ROCD free", sans ROCD.

Pour maximiser vos chances d'aller mieux, entamez des recherches sur le TAG, le ROCD, et les TOCs en général. En multipliant les approches de guérison vous vous rapprocherez de la sérénité et "guérison".

Autocomplaisance? Fatalité?
Tout simplement, je n'ai pas connu de personnes qui se positionnent dans la fatalité vis à vis du ROCD. Pourquoi? Parce que la fatalité serait "j'ai ROCD, donc je ne vais plus jamais avoir de relation amoureuse et peut-être même sexuelle de ma vie". En tant qu'êtres humains nous sommes programmés pour nous reproduire c'est notre préoccupation première et la biologie nous le rappelle tous les mois en tant que femme et j'imagine tous les jours en tant qu'homme dès le matin. Donc c'est plutôt très rare qu'un souffrant de ROCD se dise fatalement "bon ben tant pis c'est pas grave je n'aurai plus jamais de sexe ou de copine!"

Mais pour rentrer en détail:
Comme pour les troubles anxieux divers: agoraphobie, trouble panique, trouble anxieux généralisé, phobie sociale... certains vont se situer dans l'auto complaisance malgré les milliers de ressources disponibles gratuitement en librairie, en soutien groupe de parole, en ligne, pour les aider à en guérir complètement. Oui. J'en ai rencontré des gens comme ça. Qu'est-ce qu'on peut faire pour eux? Leur donner un message d'espoir et leur dire qu'il faut TRAVAILLER dans le sens de la guérison! La guérison ou disons plutôt, une énorme amélioration de vie est possible. Ne pas se laisser abattre! Mais c'est tout, certains préfèrent rester dans le malheur et la douleur et contre ça on ne peut rien. Le reste dépend de leur volonté.

Cependant on tombe aussi sur les bonnes personnes, sur ceux qui décident d'informer et offrir un maximum de clefs pour s'en sortir, comme ce que je m'efforce de faire avec les petits nouveaux sur les différentes plateformes d'aide auxquelles je participe. Et j'ai plaisir à voir que le temps que je passe à les aider est souvent récompensé parce que ces personnes avancent vers la guérison. Ils sont volontaires, ne se placent pas dans le fatalisme, parce qu'on leur donne les clefs et l'espoir que oui, il y a possibilité de vraiment vivre au plus proche de ce qui est une vie sereine en amour.

Je suis aussi une des premières à vivement critiquer les communautés ROCD qui, à mon goût, font l'erreur de ne pas pousser les souffrants à développer leur instinct. Parfois, ce n'est pas le ROCD, parfois la relation avec l'autre ne marche tout simplement pas, et les angoisses ne sont que le message, le vecteur du mal-être. Ca m'est arrivé pour mes deux dernières relations.

Cependant si l'angoisse est présente, il ne faut pas se réfugier non plus dans le schéma pathologique "angoisse = fuite", ce qu'on appelle l'évitement. Il faut développer son instinct par des outils que je peux donner, afin de comprendre que parfois l'angoisse est simplement là par habitude, par schéma "amour = angoisse = fuite".

Citation:
On dirait que comme beaucoup de troubles psychologiques, on revienne aux memes methodes traditionnelles : yoga, meditation, PNL, hypnose peut etre...


Alors, bilan des thérapies et leur efficacité pour les troubles anxieux et obsessionnels. Attention, tout n'est pas efficace. Le risque, outre de perdre du temps et de l'argent, c'est de perdre ESPOIR. Ca, c'est ce qu'il faut absolument éviter. Donc, bilan:

Thérapie psychanalytique : plutôt indiqué en dépression clinique
Thérapie EMDR : Efficacité ROCD et TAG
Thérapie comportementale (TCC) : Efficacité ROCD et TAG
PNL : à tester mais considéré comme trop léger pour traiter un trouble anxieux ou obsessionnel à elle-seule
EFT et faster EFT : Efficacité TAG - à coupler éventuellement avec une autre thérapie
Hypnose : efficace sur des problèmes particuliers et sur les addictions, pas tant sur le ROCD ou le TAG.
Méditation : Efficacité ROCD et TAG - mais à coupler avec une autre thérapie
Yoga : Efficacité ROCD et TAG - mais à coupler avec une autre thérapie
Relaxation autre (massages, musique zen...) : à pratiquer en PLUS d'une thérapie
Sophrologie : Efficacité trouble panique
Sport : Efficacité TAG à coupler avec thérapie
Arts et thérapie par l'art : Efficacité ROCD et TAG à coupler avec thérapie

Liens:
- Trouver un thérapeute certifié TCC en France : AFTCC, Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive. C'est cet organisme qui peut certifier un psychologue TCC. Donc il faut demander à voir la certification AFTCC de tout psychologue qui se dit "TCC".
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Très intéressant) le 02.03.15, 21h00 par Owen
  • +1 le 25.03.15, 02h25 par YummyMatt
Je. Pense que je suis atteint de ce genre de toc!! J'ai gâcher plusieurs relations parce que des qu'on me parle d'engagement, bébé, emménager ensemble..... J'ai une peur panique, qui me fait douter de moi, mes sentiments, de ma compagne!! C'est le bordel dans ma tête!!!

J'ai commencé une thérapie Tcc

Ce qui me saoul c'est les gens qui me disent, "si tu as peur c'est que c'est pas la bonne!!" que je me cherche des excuses!!

Je part du principe que si on ne comprend pas, on ne juge pas!! Quand les gens me disent je comprend pas pourquoi au bout de 4 ans tu as peur de t'engager concrètement avec ta copine!! Tous est dit, ils ne comprennent pas!!
Ah oui ça ressemble au rocd.

Pour info, la créatrice du site d'information Rocd France (dont je suis proche) a laissé tomber le nom de domaine mais le site existe encore : http://rocd.e-monsite.com/

A tous les visiteurs sur ce thread — Si vous voulez avoir une meilleure idée de ce qu'est le ROCD et si c'est bien de ça que vous souffrez et pas simplement de quelques problèmes relationnels, rdv sur le site.

Et vous pouvez aussi me contacter, je consulte parfois le forum et mes messages, je pourrais ensuite vous rediriger vers la communauté. Là vous serez à peu près sûr de si vous avez le rocd ou non, quand vous lirez les autres témoignages.

La TCC c'est très bien, à continuer :)

Oui, les neurotypiques (les personnes qui ne sont pas atteintes de troubles psychologiques comme le toc ou l'anxiété (le tag)) peuvent nous dire à nous les neuroatypiques, des choses qui nous enfoncent un peu dans les ruminations.

Cette phrase là "si tu as peur c'est que ce n'est pas le bon/la bonne" c'est la phrase par excellence qui dérange ceux qui ont ce toc ; combien de fois les personnes qui ont le rocd sont venues me dire que ça les ennuyaient d'entendre ça :)

Mais avec le temps on finit par passer au delà et pas prêter attention aux phrases préfabriquées que nos proches nous sortent comme ça ;) parce qu'on sait que c'est ni un conseil ni utile ni bon à entendre et à prendre en compte.

En revanche il faut éviter de s'énerver contre eux, parce qu'il faut réaliser que pour la plupart des gens, cette phrase marche plutôt bien, et qu'ils pensent aider en disant ça.

Peut-être que dans 20, 50 ans quand la population générale sera informée et comprendra le toc et l'anxiété, ce sera différent. En attendant, c'est à nous d'apprendre à se distancier de ce genre de phrases.

Ils ne comprennent pas, comme tu dis.

Pour s'engager, chez nous, le secret c'est d'y aller pas à pas et d'utiliser le principe de l'exposition.

Je t'ai envoyé un MP avec plus d'infos :)
C'est un immense soulagement... (je ne trouve pas d'autres mots)

ça fait maintenant 10 mois, exactement 10 mois que je suis dans un état d'anxiété, de peur, de doute concernant mon couple... Et j'ai l'impression que je n'en sortirai jamais !

C'est arrivé brutalement... quelques semaines après sa demande en mariage. Et du paradis je suis tombée en enfer !

La situation s'est lentement aggravée et je continue encore à glisser vers le fond du gouffre. Je lutte de toutes mes forces pour m'en sortir mais toutes ces pensées que je n'arrive pas à contrôler me provoquent cette panique intérieure.

Depuis un mois maintenant, tous les soirs je suis prise de crises d'angoisse, qui commencent par cette voix dans ma tête qui me HURLE de partir, de fuir... les palpitations apparaissent, puis des spasmes incontrôlables et ensuite cette impression de sombrer dans la folie...

C'est épuisant...
Et parfois, je suis prête à renoncer, à tout laisser tomber : Mon couple, et même ma famille. Je me surprends à m'imaginer partir loin... Loin de tout ! Mais je sais, au fond, que c'est cette angoisse que je veux fuir.
Alors je continue de me battre pour mon couple (j'ai l'impression de battre de l'air tellement mes efforts me semblent inutiles). Je doute... Je me questionne sur mes sentiments... Je le regarde pendant de longues minutes pour essayer de retrouver les émotions et les sentiments que je ressentais avant... Mais je n'ai plus rien de tout ça. Quand je ne fais pas de crise, je suis tout simplement vide ! Alors je me base sur cette envie ; celle de ne pas le quitter car j'ai des tas de projets avec lui. Il correspond en tout point à la personne avec qui je veux vivre : j'aime l'écouter, passer du temps avec lui. Il a des tonnes de qualités que j'admire... Bref, même si je suis vide de sentiments, j'ai envie de rester avec lui ! "Mais peut-être que tu as peur d'être à nouveau célibataire ?" Me répète en boucle cette voix que j'ai envie d'étrangler...

Plus les mois passent et plus je me sens seule, même si mon copain est d'un énorme soutien alors qu'il ne comprend pas pourquoi je suis comme ça.
Et de mon côté, je culpabilise car je me dis qu'il mérite mieux... "Oui c'est de ma faute ! Pourquoi je suis comme ça ?! Pourquoi je ne peux pas être heureuse ?! Je vais me marier, j'ai trouvé un métier super, ma famille est présente, etc."
J'ai tout pour être heureuse et j'ai l'impression de me donner en spectacle, d'exagérer pour qu'on me plaigne et être le centre du monde. Je me trouve absolument égoïste.

Aujourd'hui, je me sens seule. J'ai envie de crier de désespoir et qu'on vienne m'enlever ce truc qui me tue. Mais comment peut-on m'aider si même moi je ne sais pas ce qui se passe en moi ? Personne ne comprend et moi la première.
J'ai pensé à la dépression, mais non je sais que ce n'est pas ça !
J'ai pensé à la folie, mais non... (enfin, je l'espère...)
Je voulais voir un psy mais mon entourage me dit que je n'en ai pas besoin... Et moi, je préfère les croire. Des médicaments pour calmer mes angoisses ? Mais je ne veux pas les calmer, je veux les éliminer définitivement !

Je suis désolée d'être aussi longue et de m'étaler autant...
Mais pour la première fois depuis des mois de souffrance, j'ai une réponse (ou peut-être juste un début...) car tout ce qui est écrit correspond à ce que je vis. TOUT ! J'ai même cru que j'hallucinais... J'ai lu et relu pour me convaincre. J'ai pleuré, j'ai tremblé et j'ai ri de soulagement.

Merci ! J'ai retrouvé l'espoir qui commençait à me manquer ! Merci d'avoir écrit cet article.
J'aurais tellement voulu trouver cette réponse plus tôt...
Je l'ai écris pour ça :)
Pour que d'autres qui, comme moi, on souffert pendant des années (j'ai le rocd depuis que je suis adolescente mais je suis diagnostiquée depuis environ 2 ans et demi), changent leur vie.

Ce que tu décris c'est tout à fait ça.

Après il faut se mettre dans une dynamique proactive pour arranger les choses. Ca soulage énormément de pouvoir mettre un nom sur les maux.

On besoin d'un soutien régulier pour travailler sur le toc et éviter de se faire submerger au début. Le toc en fait ça survient chez un individu, ça prend toute la place, et qu'il soit physique ou mental c'est souvent surprenant parce que petit à petit on en arrive à ne plus fonctionner normalement, comme un logiciel défaillant. Et il faut réapprendre vivre normalement, pour ne pas écouter sa mauvaise voix intérieure — la voix du toc qui pousse à obséder, ruminer et compulser. Et quand on fait le travail, on peut très bien se débarrasser du toc. Je connais 3 personnes qui sont mariés (ou en couple depuis des années) et ont de jeunes enfants et n'ont plus le rocd.

A l'heure actuelle le rocd n'est toujours pas reconnu en France, mais la thérapie indiquée pour les tocs et l'anxiété c'est la TCC et ça marche bien quand on s'y met sérieusement (c'est à dire quand on fait le travail sans attendre que ça tombe tout cuit ^^).

En plus de ça, il est nécessaire de lire sur les tocs mentaux et sur l'anxiété généralisée, parce que si l'on ne connaît pas sa maladie on a aucune chance d'avoir le dessus. C'est la base de chez base.

Enfin, comme pour tout et comme partout, on se regroupe. Il y a le site que j'ai mentionné dans mon dernier post, mine d'information. Et puis vérifie tes messages privés :)
Je réponds sur certains points, ce sont des premiers éléments pour ceux qui passent par là et qui ont le rocd, pour comprendre avec un peu de recul ce que c'est et comment ça nous affecte, en prenant l'exemple de ton expérience :)

(mais regarde mon post au dessus aussi)

Citation:
Depuis un mois maintenant, tous les soirs je suis prise de crises d'angoisse, qui commencent par cette voix dans ma tête qui me HURLE de partir, de fuir... les palpitations apparaissent, puis des spasmes incontrôlables et ensuite cette impression de sombrer dans la folie...

C'est typiquement de l'anxiété - c'est surprenant mais c'est passager. Faut se répéter ça, c'est comme une émotion, c'est passager.

Citation:
Je le regarde pendant de longues minutes pour essayer de retrouver les émotions et les sentiments que je ressentais avant...

Ca s'appelle de la vérification (c'est la partie compulsion du toc).
Tu compulses (le besoin de vérifier que tu l'aimes encore).
La compulsion c'est en réponse à l'obsession (toc = trouble obsessionnel compulsif)
Donc, c'est une façon d'obséder sur un problème "je ne ressens rien", or, obséder sur un problème règle rarement les choses :).
C'est le lâcher prise qu'il faut adopter quand on commence à obséder, plutôt que de subir en venir à la compulsion (agir pour satisfaire son toc et se faire du mal à soi au passage même si on croit trouver de la réassurance*). On en parle entre nous, de comment faire pour lâcher prise, des techniques sur chaque situation (on connaît tous les mêmes situations anxiogènes).
* réassurance: c'est ce que cherchent les toqués. Que ce soit les tocs physiques: "je me lave les mains pour la 15ème fois ce matin pour me rassurer sur le fait que mes mains sont aseptisées et sans nouveaux germes", ou encore, "je ferme la porte 5 fois pour vérifier qu'elle est fermée". Ou les tocs mentaux "je tape dans google 'est-ce que je l'aime' et je lis tous les articles jusqu'à crever de faim ou avoir les yeux asséchés, et je fais tous les tests que je trouve, on sait jamais que la page suivant contienne LA réponse". C'est purement compulsif. Et, spoiler alert, c'est grave nocif pour soi.

Citation:
Mais je n'ai plus rien de tout ça. Quand je ne fais pas de crise, je suis tout simplement vide !

Oui, tu parles d'un vide émotionnel? C'est normal, tu es humaine tu n'es pas sensée l'aimer H24. Mais quand on a le toc on est très influençable au niveau idéaux. On se raccroche avec obsession sur des idéaux, alors que les gens qui n'ont pas le toc font avec.
Exemple: on a TOUS (je parle de ceux qui ont le rocd) obsédé sur le fait que notre partenaire aie trop ou pas assez de libido. Parce qu'on est influencés par les commérages et les films qui disent que, quand on s'aime on fait l'amour. Or, c'est normal de pas avoir la même libido entre individus, de pas être en phase, et de pas avoir envie aussi souvent au bout d'un certain moment ou selon les phases qu'on traverse.
Ou tu parles d'un sentiment plutôt léthargique, envie de rien? C'est un symptôme dépressif. On parle de spectre de dépression chez les anxieux. Je parle d'anxieux, parce que anxieux et "toqué" ont un lien: le toc est une ramification de l'anxiété clinique - pas l'anxiété normale disons). En revanche un anxieux n'a pas forcément de toc. Alors que souvent, un toqué a de l'anxiété généralisée. Pour en revenir à la dépression, ça peut devenir un spectre de l'anxiété quand on laisse traîner l'anxiété.


Citation:
Alors je me base sur cette envie ; celle de ne pas le quitter car j'ai des tas de projets avec lui. Il correspond en tout point à la personne avec qui je veux vivre : j'aime l'écouter, passer du temps avec lui. Il a des tonnes de qualités que j'admire... Bref, même si je suis vide de sentiments, j'ai envie de rester avec lui !

>> C'est ta voix, celle qu'il faut écouter — c'est bien que tu la suives
Citation:
"Mais peut-être que tu as peur d'être à nouveau célibataire ?" Me répète en boucle cette voix que j'ai envie d'étrangler...

>> C'est le toc. Qu'il faut ignorer et apprendre à diminuer.

C'est déjà énorme que tu fasses la différence. Beaucoup n'y arrivent pas et restent coincés sans progresser car ils donnent trop de crédit à cette voix.


Citation:
Et de mon côté, je culpabilise car je me dis qu'il mérite mieux...

La culpabilité c'est le gagne-pain de l'anxiété. Sache le :) Quand tu culpabilise, tu nourris ton anxiété. Faut apprendre à être égoïste quand on est anxieux, et c'est pas facile.
C'est pour ça qu'il faut lire sur l'anxiété et les tocs. Quand on lit que l'anxiété amène à culpabiliser et qu'on lit un portrait détaillé des effets de l'anxiété sur quelqu'un, on se comprend mieux. On ajuste son comportement envers soi-même du coup.

Citation:
"Oui c'est de ma faute ! Pourquoi je suis comme ça ?! Pourquoi je ne peux pas être heureuse ?! Je vais me marier, j'ai trouvé un métier super, ma famille est présente, etc."
J'ai tout pour être heureuse et j'ai l'impression de me donner en spectacle, d'exagérer pour qu'on me plaigne et être le centre du monde. Je me trouve absolument égoïste.

Oui tu peux et tu as le droit d'être heureuse. Je répète souvent ça à la voix de mon toc "j'ai le droit d'être heureuse, j'ai le droit d'arrêter d'obséder sur ce qui va mal entre lui et moi."
Tu crois que c'est de l'égoïsme et que c'est "vouloir être le centre du monde" avec tes problèmes mais c'est pas ça — t'as pas demandé à être comme ça et ça te plais pas, la preuve en est du portrait que tu fais de ce que tu penses de toi. C'est pas ta faute, c'est l'anxiété qui fait ça. Qui t'inspire des critiques négatives constamment.


Citation:
Je voulais voir un psy mais mon entourage me dit que je n'en ai pas besoin... Et moi, je préfère les croire.

Faux.
On va chez le docteur quand on a la gastro ou quelconque problème physique.
On va chez le psy quand ça va pas bien dans la tête.

Pas besoin d'être au bout de sa vie ou d'avoir des hallucinations pour consulter, c'est un fléau de la société moderne ce jugement... Et juger les maladies mentales, les troubles psycho, le fait d'aller chez le psy, c'est encore énorme et y a tout à faire pour que les mentalités changent. Bref, c'est un autre sujet.

En tout cas non, si tu as le rocd alors tu as besoin de voir un psy. C'est la première règle sur notre communauté ça. On est pas psy, on s'entraide comme on peut mais sans psy TCC il n'y a pas de miracles. On s'en sort pas tout seul et encore moins avec les gens qui nous "conseillent" et qui n'ont pas le toc (oui parce que ce sont ces gens qui nous disent "arrête de trop réfléchir", "si tu as peur c'est que tu ne l'aimes pas" et toutes ces phrases aussi fausses qu'inutiles pour nous).

Citation:
Des médicaments pour calmer mes angoisses ? Mais je ne veux pas les calmer, je veux les éliminer définitivement !

Oui.
Il ne faut pas prendre de médicaments pour guérir son angoisse.
Mais il faut en prendre pour s'aider quand c'est trop dur. Là aussi c'est un combat dans notre groupe de soutien, certains pensent que les médicaments les dispensent d'aller voir le psy et espèrent guérir ou voir leurs symptômes diminuer à long terme grâce aux médocs... D'autres refusent catégoriquement les médocs, et font des bêtises comme rompre sous une crise de panique, etc.

Niveau médocs, le mieux c'est de rester neutre. En prendre quand ça va vraiment pas, une pilule (on parle d'anxiolytiques) c'est pas ça qui va poser problème. En revanche ça peut avoir des conséquences super positives. Par exemple j'ai vaincu une crise de panique très violente grâce à 2 anxios pris sur 2 jours, et ça a été la première fois que j'ai réussi à surmonter le rocd... une victoire pareille ça a changé ma vie. Et j'ai évité de rompre...! Une première pour moi. Je sais dorénavant que je peux me battre.

Mais je ne prends pas d'antidépresseurs et j'évite les anxios sauf si vraiment j'en ai besoin.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +3 (Très intéressant) le 19.02.17, 03h18 par Finn
  • +3 (Constructif) le 19.02.17, 10h28 par LittleNeapolis
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