Je suis toujours oscillant : par moments je suis à l'aise dans mes nouvelles activités, mes nouveaux projets, ma volonté de refaire des choses pour moi, à d'autres je suis confiant dans ma capacité de reconquérir ma femme dans quelques mois à d'autres encore, je pens que tout est foutu, qu'elle ne reviendra jamais.
Toutes ces ocillations m'épuisent moralement.
Je travaille avec la psy (1h par semaine). Elle me trouve de "bonne constitution". Ca fait toujours plaisir.
Au fil des séances, voici, ce que j'ai pu identifier.
-Mécanisme de fuite rôdé de long date
Quand j'étais enfant, j'avis une foule d'activités extra-scolaires (comme mon frère et ma soeur) : piano, solfège, anglais, allemand, tennis, ... une pression forte pour que nous collions à l'image d'enfant idéal de nos parents.
Après l'école : il y avait les devoirs, mais après le piano (1h par jour), le solfège, éventuellement réviser l'anglais ou l'allemand. "Fais tous tes devoirs et après tu pourras t'amuser tranquillement" me disaient mes parents. Sauf que vu la longueur de la liste, ce moment-là n'arrivait juste jamais. Et les rares fois où il arrivait, et bien la journée était proche de la fin et il fallait recommencer le lendemain. J'ai donc pris l'habitude de fuir dans mon univers, de jouer en cachette ou encore d'aller jouer chez des copains où j'étais tranquille.
Ce mécanisme de défense m'a été utile à cette époque pour constituer de bons souvenirs. Mais à l'âge adulte, ce n'est pas un bon mode de fonctionnement et cela m’a fait commettre des erreurs dans mon couple.
- "il faut s'occuper des autres avant soi parce que sinon on est égoïste, ce qui est très mal"
Un piège anti-bonheur (Le livre de Thomas d'Ansembourg : Être heureux ce n'est pas nécessairement confortable", sur la thématique de la communication non violente, explique bien comment fonctionnent ces pièges) transmis par ma mère. Elle a fait beaucoup de gros sacrifices, pour nous certainement. Pour éviter l'inconfort du changement aussi probablement.
Nous n'arrivions pas à fournir tous les efforts nécessaires pour coller à l'image d'enfant idéal, ce qui a conduit ma mère à vivre de nombreux moments désagréables (remarques de la prof de piano ou solfège, que l’on ne travaillait pas assez). Résultat, souvent et à encore d’autres occasions, elle nous reprochait ses choix et sacrifices pour nous.
Je ne me souviens pas avoir vu ma mère faire des choses pour elle simplement et exclusivement pour elle. Elle était prise dans ses propres pièges.
Il y a eu les études difficiles et longues, puis les premiers pas d’une profession exigeante, en parallèle les exigences de la vie de couple très tôt (vous mesurez bien maintenant l’exigence de ma femme en la matière), les enfants finalement assez tôt (en tout cas comparés à nos amis), … Moralité : il a fallu s’occuper des autres avant moi, les obligations de vie d’adulte n’en finissant pas : une fois la journée de boulot finie, les enfants coucher, il faut encore ranger, faire le linge, etc. Donc un sentiment analogue à celui d’obligations qui n’en finissent pas comme dans mon enfance, ce qui a favorisé mon comportement de fuite. D’un autre côté, j’ai culpabilisé ma femme de faire des choses, seul, pour les enfants (ce que j’aime malgré tout), alors qu’à ce moment elle était dans la fuite, vous imaginez la spirale…
-Vivre pour moi.
Comme tu l’as souligné renard69, c’est une de mes difficultés. Parce que du temps volé, ce n’est pas vraiment la même chose qu’un temps clairement identifié. On ne fait pas du tout les mêmes choses. Depuis notre séparation, il y a des moments où je n’ai pas les enfants. Pile à une période où j’ai mis des limites à mon travail pour ne pas me faire bouffer. Du temps pour moi donc.
- Connaître mes besoins
La communication non violente explique que la 1ère étape c’est d’identifier ses besoins pour les communiquer le plus clairement possible à l’autre afin qu’ils soient satisfaits. Dit comme ça, ça paraît être une évidence. Mais souvent on transmet nos demandes maladroitement sous forme détournée ou de reproches, quand on ne s’attend pas tout simplement à ce que les autres les devine tout seuls !
De mon côté je m’en rends compte, puisqu’il ne faut pas s’occuper de soi, c’est égoïste, j’ai bien du mal à identifier mes besoins.
-faire de choix
Identifier ses besoins et envies sont indispensables pour savoir ce que l’on désire vraiment et faire des choix. Je me rends compte que j’ai du mal à faire de choix pour moi. Autant je prends les problèmes de la vie à bras le corps, je prends dans mon travail des décisions tranchées là où d’autres sont flous et attentistes. En bref, je suis tout sauf passif. Mais je raisonne mal quand il s’agit de mes propres choix. Il semblerait que dans mon enfance, on ne m’ait pas beaucoup laissé de choix. Je ne sais pas si ça explique tout.
-Le non affrontement
En discutant avec la psy, il s’avère qu’en réalité je suis dans le non affrontement. J’évite les conflits, propose des solutions que je pense et présente comme des compromis. Le problème c’est que je n’exprime pas souvent clairement mes préférences et choix (puisque j’ai dû mal à en faire) donc forcément l’affrontement n’est pas bon. J’ai du mal à imposer mon point de vu ou choix.
Mes parents fonctionnement sur un mode de guéguerre permanente entre eux. Ce serait pour éviter de reproduire ce schéma que je serais dans l’éviction des conflits.
-Les compromis
« Pour que tout le monde soit content, il faut que faire des compromis et que chacun ait ainsi un peu ». C’est un peu ma façon de penser, bien aider par le fait qu’il faut s’occuper des autres. Si les compromis sont parfois utiles, ils ne peuvent pas non plus être la règle, pace que si personne n’est vraiment perdant, personne n’est vraiment gagnant non plus.
Le problème c’est que parfois pour éviter des conflits, je propose des compromis qui n’en sont pas vraiment. Je cède purement et simplement.
Finalement tout cela ça fait pas mal pour un type de « bonne constitution ».
Voila. Renard69, tout de suite, j’ai plus l’impression d’être le type qui révise comment réparer les trous, se réentraîne à nager, cherche un gilet de sauvetage, réapprend à naviguer que celui qui cherche à colmater toutes les brèches. Bref des turcs qui sont utiles quelque soit le bateau dans lequel je suis au final.
Merci pour tes encouragements reborn.
- Notes et commentaires reçus par ce post :
- +1 (A lire) le 18.05.12, 16h48 par FrenchKiss









