Pourquoi le sexe est un enjeu aussi important dans nos vies?

Note : 16

le 27.05.2021 par Nonchalance

15 réponses / Dernière par Jalapeno le 18.08.2021, 18h16

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Dernièrement je suis allé sur Reddit et j'ai consulté des sub fascinants sur les relations, le sexe et l'infidélité.
r/cheating_stories
r/survivinginfidelity
r/divorce
r/relationship_advice
r/sex
...

Je trouve les histoires qui y sont racontées extrêmement intéressantes, qu'elles soient vraies ou fausses mais ce qui m'intéresse le plus, c'est la réaction des commentateurs. Je suis fasciné de voir à quel point tout ce qui touche aux relations sexuelles peut provoquer de souffrance, de violence, de réflexions et d'actions en absolus...

Une histoire qui m'a profondément marqué est celle d'un homme fiancé à la femme de ses rêves qui a un jour surpris sa fiancée parler à l'une de ses amies d'à quel point elle s'ennuyait au lit et que son sexe était trop petit pour lui procurer les mêmes sensations que son ex. Il a tellement été dévasté par cette conversation qu'il a annulé son mariage et mis fin à sa relation malgré les supplications de sa fiancée qui voulait tout faire pour se racheter et avec qui il avait entamé une thérapie pour régler le problème. Et il avait tellement honte: de lui même pour n'avoir pas su gérer cette révélation, de son sexe, d'avoir été comparé à l'ex de sa fiancée, de ne pas pouvoir expliquer à ses proches pourquoi il avait mis fin à cette merveilleuse histoire d'amour...

Et moi ça m'interroge ce genre d'histoire. Tout comme les autres histoires, celles sur l'infidélité, les pannes sexuelles, les traumatismes sexuels et les traumatismes liés indirectement au sexe. J'essaie de comprendre pourquoi le sexe est un enjeu aussi important dans nos vies? Et j'ai plusieurs idées pour répondre à cette question, plusieurs théories qui se rejoignent mais que je ne peux pas prouver. Avant de partager mes pensées, j'aimerais connaître les vôtres sur la question.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Bonne idée ! le 02.06.21, 08h01 par Onmyoji

Salut Nonchalance, je trouve ces sujets passionnants aussi.
Reddit c'est très bien, mais c'est modéré, très centré sur la culture américaine, et ne reflète pas la totalité de sa population. Donc C'est une bonne source de témoignages mais il y a peut-être des biais à prendre en compte.
Et je trouve les réactions sur ce site assez extrêmes. J'ai l'impression que chaque fois que quelqu'un demande un conseil, la réponse est "lâche ton mec/ta meuf". Il y a rarement d'argument et de demi-mesure.

Pour revenir sur le sexe: c'est un instinct, un des besoins fondamentaux avec manger, boire, respirer et dormir selon Maslow (on a le droit de ne pas être d'accord). Mais contrairement à manger, boire, respirer ou dormir (de nos jours), c'est un besoin qui est rarement comblé à 100% car il dépend toujours de quelqu'un d'autre (si on excepte la masturbation). Donc en plus des curieux, il y a aussi un paquet de frustrés. (est ce que le sexe resterait aussi intéressant si tu pouvais en avoir autant que tu le souhaites, de la manière dont tu le souhaites?)

Enfin, c'est aussi quelque chose d'un peu tabou mais de constamment mis en avant dans la pub, dans les films/séries/bouquins... C'est un peu transgressif, ça fait vendre, et ça créé des exigences, des pressions, un esprit de compétition.
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  • [+1] En effet le 02.06.21, 08h00 par Onmyoji

C'est vrai que notre époque est vraiment assez sexualisée, avec l'utilisation du sex appeal dans les pubs, les médias (costumes moulants des superhéros/héroïnes, fan service dans l'animé...), et le fait que le sexe sans engagement soit tout à fait acceptable.
Je ne critique pas ça, ça a ses avantages (plus de sexe!) et ses désavantages (tu te sens encore plus comme un loser quand tu n'as pas de relations), c'est juste comme ça.

Mais sinon, c'est un instinct naturel, on reste des mammifères à la base, on a besoin de manger (assez), dormir (au chaud) et de faire l'amour... Et si l'on est d'accord avec les théories de Freud, trouver un partenaire sexuel est même la grande motivation derrière chacun de nos gestes.
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  • [+1] Pertinent le 02.06.21, 08h00 par Onmyoji

Salut !

C'est une question intéressante.

Peut-être que c'est important parce que la sexualité représente un lien avec l'autre, un lien de complicité, peut-être d'affection, d'amour, etc. Ca rejoint le fait que "l'homme est un animal social" d'Aristote. On a besoin de liens avec les autres, que ça soit des liens sexuels, amoureux, amicaux, familiaux...

Et peut-être que c'est lié aussi à l'instinct de reproduction. On a été conditionnés par la nature à avoir du désir pour préserver l'espèce humaine (d'où le pic de désir lors de l'ovulation chez la plupart des femmes) et le fait que l'homme veuille coucher avec plein de femmes (parce que c'est son instinct de conservation, et qu'en fécondant le maximum de femelles, bah... il a une chance d'être père - et donc de transmettre ses gènes).

Et aussi parce que quand on couche avec quelqu'un, on lui offre son intimité (physique comme mentale). On se met littéralement à nu devant cette personne (donc on lui montre potentiellement ses défauts physiques), on lui confie nos peurs. Et vu qu'on a peur d'être rejeté (parce que dans l'évopsy, le rejet équivaut à la mort) à cause de nos défauts ou pour une autre raison, on le prend à coeur.

Il y a aussi des conditionnements (pour les deux sexes) auxquels on doit répondre dans la société, pour être accepté (par ex, l'homme doit coucher, la femme doit être jolie - évidemment c'est stupide, mais ça existe). Et vu qu'on a peur d'être rejeté, on répond à ces conditionnements, du coup si on y répond pas, on est mal vu.

Pour la comparaison, ça me fait penser aux théories Redpill/MGTOW : les hommes doivent se battre pour accéder aux femmes, et que si un homme n'arrive pas à satisfaire une femme, elle ira voir ailleurs, et du coup c'est une défaite puisqu'un homme doit coucher (bien sûr, selon le conditionnement). Selon ces théories, l'homme est hypogame (c'est-à-dire qu'il va essayer de coucher avec le maximum de partenaires, quelle que soit leur qualité) alors que la femme est hypergame (elle veut coucher avec des partenaires de bonne qualité, le plus possible). Toujours selon ces théories, il y a le fait que l'homme apporte la protection et les ressources et la femme, le sexe. Donc si une femme va voir ailleurs, ça veut dire que l'homme n'a pas pu satisfaire la femme (donc l'homme est attaqué dans sa masculinité, puisqu'il a pas pu garder une femme, la protéger, lui apporter des ressources, etc). Et y a toujours cet esprit de compétition entre les hommes, du coup si la femme va voir ailleurs, ça veut aussi dire qu'il perd la compétition.

Évidemment, tout ce que j'ai dit est discutable et j'ai pas forcément raison, mais ce sont des pistes.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Il y'a du vrai... le 01.06.21, 23h49 par Nonchalance
  • [+2] Constructif le 02.06.21, 07h59 par Onmyoji

.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Ca va mieux en le disant le 01.06.21, 13h41 par Iskandar

J'adore le sexe, mais je trouve qu'on y met beaucoup trop d'enjeux, il faudrait vraiment désacraliser ça.

Pour l'histoire du mec qui a quitté sa femme parce qu'il aurait un trop petit sexe, déjà :

- Est-ce qu'il est au courant qu'on peut donner du plaisir à une femme hors pénétration?
- Est-ce qu'elle-même est au courant? (il y a encore malheureusement trop de femmes qui ne connaissent pas bien leur corps)
- Pourquoi elle ne lui a rien dit? Si elle ne dit rien et qu'il tombe sur une conversation privée avec son amie, oui, il va se sentir trahi.
- Pourquoi il en fait des caisses à cause de ça? Ca ne fait jamais plaisir, mais ça aurait pu se régler avec de la communication.

Quand on dit que le sexe est un "besoin", la présence de personnes asexuelles me fait remettre en cause ce point de vue. On en revient aux injonctions de genre : un homme doit être un Don Juan pour prouver sa vigueur, une femme doit être à la fois libérée mais pudique, etc... (je pense que d'autres le diront mieux que moi, tout le fouillis des injonctions contradictoires faites aux femmes).

Si vous prenez ce qui est attendu des genres (la pression sociale), la méconnaissance de beaucoup de gens par rapport à leur propre corps, à leur propre désir, la peur du regard de l'autre, toute notre culture populaire et publicitaire tournée vers le sexe, toutes ces choses intériorisées génèrent de la frustration, donc de l'impulsion.

Je crois beaucoup en l'éducation à ce sujet, savoir aussi déconstruire et remettre en question les normes pour se dire "est-ce que ça me convient VRAIMENT?". Une thérapie peut aider aussi.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Pas convaincu le 01.06.21, 17h53 par Onmyoji
  • [+1] C'est pas si simple le 01.06.21, 23h48 par Nonchalance

Quand on dit que le sexe est un "besoin", la présence de personnes asexuelles me fait remettre en cause ce point de vue. On en revient aux injonctions de genre : un homme doit être un Don Juan pour prouver sa vigueur, une femme doit être à la fois libérée mais pudique, etc... (je pense que d'autres le diront mieux que moi, tout le fouillis des injonctions contradictoires faites aux femmes).
Je suis d'accord. Pour certains, ce sera effectivement un besoin, pour d'autres pas du tout.

Personnellement, je peux très bien m'en passer. J'ai passé plusieurs années sans coucher, non pas par manque d'occasion mais parce que je n'en avais pas envie. À côté de ça, on a des types comme DSK... C'est donc très variable d'un individu à l'autre.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] C'est pas si simple le 02.06.21, 07h59 par Onmyoji

Je ne suis pas totalement convaincue par la théorie Redpill/MGTOV découverte dans la réponse de @Shadow dans la mesure où il n’est question nul part de deux points qui me paraissent essentiels quand on parle de fécondité et qu’on utilise des arguments scientifiques pour expliquer la sexualité des individus sur la base de leur genre.

1. Si les hommes ont eu une si grande liberté sexuelle pendant des siècles c’est en partie parce qu’ils pouvaient se reproduire sans craindre de porter la vie. Ce qui est selon moi relève plus d'une explication sociale que scientifique. Parce que donner la vie c’est devenir responsable de l’enfant qui vient au monde. Surtout au moyen-âge où l’on considérait que individu naissait dès la fécondation (selon les époques, d'autres n'auraient pas été d'accord et auraient attendu qu'il se forme un minimum de membres et d'organes mais au Moyen-âge en l'occurence, c'était dès la fécondation que naissait l'individu) et où l’avortement n’était pas toléré par la religion, dès lors où une femme tombait enceinte elle devenait responsable d’un nouvel individu à part entière. Là où les hommes avaient moins de soucis à se faire c'est qu'une coucherie n'engageait pas directement leur responsabilité. Du moins, elle était moins traçable dans une société où les tests d’ADN n'existaient pas. Dans cette mesure, on pouvait toujours douter sur les liens de parenté véritables d'un enfant avec son supposé géniteur mais les moyens d'apporter une preuve du contraire etaient encore assez limités.

2. Le deuxième point qui me parait important et qui n’est pas évoqué dans cette théorie que je découvre, c’est que si les hommes ont tant craint l’adultère chez leurs femmes, par le passé - autrement dit une coucherie hors mariage - ce n’était pas peur d’une perte d’emprise sur leurs épouses ni par peur de perdre le désir de leur partenaire mais plutôt par peur de ne pas être le véritable père de leur héritier. De la même manière, historiquement, le mariage n’a pas toujours été un mariage d’amour. Et le désir bien moins recherché dans ces derniers, que de nos jours, dans les sociétés modernes où l’amour est une condition nécessaire aux mariages dans les pays développés (et où les mariages ne sont pas arrangés). Ainsi, si on prend un peu de hauteur par rapport à l'histoire, ce n'est pas exagéré de dire que le mariage a d’abord été un contrat. Ce qui me fait penser à un autre point. Par le passé, en raison d'une quasi-inexistence des moyens de contraception (en vérité, certaines civilisations recouraient à des mélanges de plantes aux effets aléatoires mais pas inefficaces) les "coucheries" étaient plus limitées qu’aujourd’hui pour des raisons de discrétion. Pas forcément de par manque de désir mais tout simplement parce que c'était mal vu par la société. Les femmes étant mariées très tôt pour aider leurs familles à assumer des ambitions qu'elles pensaient réaliser à travers un mariage (avant l'âge de 18 ans pour certaines dans des familles royales comme dans des familles aux revenus plus modestes, de l'empire romain au moyen-âge en passant par la renaissance), ou bien parce qu'elles étaient tombées enceintes sans avoir été mariées, la fenêtre de vie du mariage ayant été assez longue sur cette période, il était plus probable à cette époque de parler d'adultère que d'exploration de sa vie sexuelle ou bien de son désir. Pour ce qui est du point de vue historique, il y a également eu un regard particulièrement prégnant de la religion sur les individus et la régulation de leurs comportements avec l'idée des 5 péchés capitaux (c'est pareil pour d'autres recommandations religieuses qui concordent avec des recommandations sanitaires, d'un point de vue économiste et sociologique, je suis persuadée avoir lu quelque part que la religion a agi comme un moyen de réguler certains comportements du temps où les institutions et juridictions etaient encore primitives). Je m'éloigne un peu du sujet mais tout ça pour dire qu'à une époque où le libre arbitre, la démocratie et nos libertés individuelles sont mises à l’honneur, la liberté sexuelle apparaît pour certains comme une évidence mais la libération sexuelle reste très moderne au regard de l'histoire.

Ce qui me permet de faire un lien avec le sujet et me permettant de rajouter mon petit grain de sel si cela m'est permis. C’est parce qu’avec la fin des mariages arrangés, l’arrivée des moyens de contraception et la libération sexuelle de certaines sociétés que la place de l’individu, sa capacité à rendre un partenaire heureux, à le retenir pour d’autres critères non matériels, que nous avons développés selon moi un rapport si intime vis-à-vis de nos performances sexuelles. Sans le dire, donner du plaisir et susciter du désir touche directement notre ego, notre connexion à l’autre évoquée par d’autres bien avant moi et nous donne un aperçu de notre place au sein de nos sociétés. Et puis surtout, avec la fin des privilèges, de la noblesse et des étiquettes (quoique la méritocratie ne vient pas forcément sans reproduction sociale) les étiquettes faciles, le statut qui vient de par la naissance ont perdu de leur importance comparé à il y a plusieurs siècles.

Dernier argument qui me vient à l’esprit. L’orgasme libère des hormones du plaisir comme l’endorphine. Agit sur les récepteurs de l’addiction qui sont les mêmes sur lesquels se fixent la prise de certaines substances addictives, ou encore les mêmes récepteurs sur lesquels se fixent l’endorphine quand on fait un repas complet qui nous rassasie (expliquant pourquoi chez les boulimiques manger peut soulager temporairement de son angoisse par des mécanismes hormonaux).

Source :
Les endorphines se fixent sur les récepteurs opiacés comme la morphine et ont donc des effets similaires. Il existe trois sortes de récepteurs : mu (µ), delta (δ), et kappa (κ).
Pour ce qui est de la fécondité, je repense à un cours que j’ai suivi sur l’économie et les populations. Des études ont montré que le taux de fécondité était plus important dans les couples monogames plutôt que dans les couples polygames. Plusieurs interprétations sont possibles. Sans aller jusqu'à chercher à défendre une thèse plutôt qu'une autre, ce constat met en évidence le fait que l’enfant qui naît ne bénéficie pas du même regard de la part de la société et donc du même confort existentiel/ moral.

Dans tous les cas, je ne sais pas si j’ai bien compris cette théorie mais pour plusieurs raisons je la trouve pas folle. Et puis sur la question des ressources je ne veux pas jouer les féministes mais ça me hérisse les poils de la tête quand on sait qu’en France les femmes n’ont pas eu le droit d’avoir un compte bancaire personnel avant 1965. C’est quand même assez tard. Et je ne parle même pas du droit de vote. Même si les femmes n’ont pas attendu le droit de vote pour penser Ronald Inglehart montre que dans les pays qui ne sont pas propices au libre arbitre, aux réflexions personnelles et à la démocratie (par opposition à la recherche de sécurité pour assurer sa survie) il y a moins d’incitation à prendre position/ oser faire éclater un conflit (ce qui est quand-même le principe d'un débat contradictoire où pour faire avancer une réflexion on se positionne contre) car je suis intimement persuadée que droit et liberté sont deux notons corrélées.

Enfin, en ce qui concerne la question de "l’attitude attendue des femmes" par la société lorsqu’il s’agit de leur sexualité, les signaux contradictoire ne sont pas toujours compréhensibles pour moi qui en suis une. D’un côté la vierge effarouchée on n’en veut pas car elle trop inexpérimentée, de l’autre la femme fatale suscite désir et curiosité. Finalement, séduire, procurer du plaisir, c’est un moyen de prendre possession de l’autre et donc d’acquérir un certain pouvoir sur lui. Ce qui plaît chez la vierge effarouchée c'est sa pureté. Chez la femme fatale, c'est sa résistance et sa capacité à exprimer ses désirs sans craindre de déplaire. Je pourrais prolonger mon analyse personnelle mais l'idée de pouvoir dans la résistance et la prise de possession est là.

Pour ma part j'aime beaucoup Esther Perel. Sa vision du sexe est très documentée sur le plan historique & académique & sociologique. J'aime beaucoup le regard qu'elle porte en tant que psychologue, avec une capacité de recul qui dépasse la vision limitée qu'on peut se faire quand on tout tourne autour de nos sociétés modernes. Bien avant la démocratie, le sexe existait déjà. Le concept de sexualité, peut-être moins. C'est ça qui peut être fascinant. Lorsqu'on cherche à appliquer le concept de sexualité dans le mariage à une autre époque, on peut faire des comparaisons/ prolongements, de manière illimitée. Je suis quand-même revenue éditer ma réponse, en pensant aux enluminure érotiques, aux libres mais aussi aux peintures occidentales, asiatiques et africaines sur le sexe, le libertinage, les courtisan(e)s à Venise (qui en plus d'être amantes recevaient une éducation littéraire pour avoir de l'esprit). Mais cette sexualité était le plus souvent dé-corrélée de celle du mariage et surtout, condamnée par la religion. C'est même flagrant dans le film La Courtisane sorti en 1998. Le sexe était une forme de libération au mariage, mais il existait très peu au sein d'un mariage qui était avant tout un contrat. Du coup, il fallait faire face à un certain jugement de la société et c'était souvent caché donc il fallait être en paix avec ça. Aujourd'hui vivre sa sexualité est moins taboue, le métier de sexologue s'intéresse même aux couples/ au désir/ à leur plaisir, il y a donc une discipline qui s'y consacre. De la même manière, vivre sa vie sexuelle n'a jamais été si facile. On ne craint pas d'aller en enfer, on ne subit pas le jugement de tribunaux qui peuvent vraisemblablement nous mettre en prison, bref, à part le regard de la société et quelques résistances de notre éducation si elle a été stricte, les barrières sur notre vie sexuelle sont moins importantes que par le passé d'où la même idée qu'avec moins de barrières, les enjeux sont plus importants pour l'individu à qui on laisse le choix de.

Lien du film La Courtisane : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_ ... =1033.html

La vidéo ci-dessous n'a aucun rapport avec les propos que j'ai tenus au dessus mais elle m'a beaucoup appris. Comme elle traite su sujet de ce fil de discussion c'est pas trop HS. Et surtout, c'est pour faire référence à Esther Perel dont je parlais plus tôt. :P :wink:

    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Constructif le 01.06.21, 23h48 par Nonchalance
  • [+2] Intéressant le 02.06.21, 07h59 par Onmyoji
  • [+3] Absolument le 02.06.21, 08h48 par Jalapeno

Quelques remarques et pensées:
- il n'y a pas que selon Freud que le sexe serait une recherche à la racine de tous nos gestes certains évolutionnistes, pensent à cela au travers de l'idée de "gène égoïste", et finalement l'orgasme est un outil pour t'amener à faire quelque chose que tu ne ferais pas sans plaisir si tu étais un primitif.
D'ailleurs pas que l'orgasme, la séduction (dopamine et adrénaline) et l'attachement (ocytocine, sérotonine) aussi. On a d'ailleurs identifié des zones cérébrales dissociées pour l'identification de l'autre sexe, de partenaires sexuels potentiels et d'une personne aimée ou "attitrée". Et des zones pour le désir sexuel et l'amour. Qui dysfonctionnent dans les addictions. En clair vous êtes amoureux de votre drogue. Ça se retrouve dans le langage amoureux et l'amour a les mêmes effets: perte de repères, détournement de soi, négligence des besoins fondamentaux... donc c'est gravé en nous.
Maintenant qu'on n'est plus primitifs, on pourrait conceptualiser le fait de faire quelque chose pour se perpétuer mais en l'absence de connaissances c'est pas aussi vrai. Donc techniquement en termes d'espèces l'asexualité est une anomalie et ne devrait être le fruit que d'individus dégénérés physiquement et incapables de sexe, ou le fruit d'une maladie conduisant à une sélection naturelle. C'est justement l'absence de sélection naturelle qui fait que ce genre de caractère peut se diffuser dans une espèce. Probablement la raison pour laquelle les pandas sont indolents d'ailleurs.
Quand on regarde les personnes qui se présentent comme asexuelles d'un point de vue médical, c'est même tellement pas naturel que c'est un symptôme de plusieurs déficits hormonaux (testostérone, œstrogènes, hypothyroïdie, insuffisance surrénale) ou de différents syndromes dus à des mutations discrètes ou anomalies chromosomiques/ Cariotypique (par exemple XXY).
Et souvent des gens qui croient "sublimer" sont en fait malades.
Après évidemment il y a quand même des gens qui transforment l'énergie dédiée à la recherche de sexe à autre chose (pas étonnant que beaucoup de scientifiques et grands auteurs aient été peu doués avec les femmes, d'ailleurs le roi des übermenschs, Nietzche, est sans doute aussi le roi des nuls en séduction), donc ce n'est pas si simple, mais ce n'est pas juste une corrélation inverse, puisque pas mal d'autres gens avec de gros succès ont aussi été très prolifiques niveau cul.
Et au final, la question peut se poser de savoir si ces gens convertissent leur énergie par frustration et incapacité à accéder au sexe pour ne pas vriller, convertissent le trop plein en incapacité matérielle d'avoir assez de rencontres (Rocco serait probablement un artiste ultra prolifique, ou en prison, s'il n'avait pas pu entrer dans le porno: même en tournant toute la journée et en se tapant des femmes souvent plus désirables que la moyenne - on était pas encore à l'époque du porno amateur où la moindre demie moche est revérée comme une reine par des morts de faim-, et en ayant une femme actrice porno et ex miss hongrie, le mec allait quand même sauter des prostituées une à deux fois par jour en temps normal. Le mec il était jamais en congés;)), ou si l'intérêt n'est vraiment pas là. La réponse n'est pas unique mais l'ego étant en jeu on peut supposer que beaucoup de gens vont se voiler la face (c'est beaucoup le cas sur les sites, tu vois des nanas qui cherchent à faire des rencontres en disant qu'elles sont asexuelles et que c'est pas par manque de choix mais si c'est le cas, pourquoi sont elles là, et surtout, c'est souvent peu crédible tant ce sont d'hideux tromblons).
Faut toujours voir le choix pas au regard de ce qui est proposé dans l'absolu mais de ton cahier des charges.
Au final les gens qui s'en foutent vraiment ça doit être un sur dix. Le fait d'avoir cette étiquette d'asexuels ou de mgtow aujourd'hui c'est juste un moyen de s'identifier différemment pour dire "non mais moi c'est pas parce que je suis pas baisable ou pas séduisant mais parce que je veux autre chose". C'est certainement faux dans 90% des cas, la nature étant ce qu'elle est et l'ego étant si fort. Balance des babes à un mgtow il va pas aller sur sa propre voie longtemps. Après dans le fond je suis d'accord avec certains éléments du concept dans le sens où les hommes n'ont pas à jouer le jeu de la société concernant les femmes vu qu'ils y sont très largement perdants financièrement, socialement, moralement, psychologiquement et même "génétiquement", vu qu'ils sont exploités, considérés comme des merdes, souvent déçus ou manipulés, perdants par rapport à leurs familles et cocufiés et obligés de supporter à leur insu ou pas des enfants qui ne sont pas les leurs (1/6, vous n'avez probablement pas forcément plus de liens de sang que vous ne pensez avec vos frères, sœurs ou cousins ou oncles et tantes...).
Mais ne pas vouloir des relations déséquilibrées et perdantes ne devrait pas empêcher de vouloir vivre une vie agréable et intéressante, et malgré tous leurs défauts (j'en ai autant au sujet des hommes), les femmes sont une composante essentielle de l'homme de la même manière que la femme a besoin de l'homme dans son identité, pour l'effet qu'on exerce sur les autres et qui est un élément primordial de la constitution de la personnalité. Tout le monde est en compétition inconsciente pour ça. Après oui tu peux faire des choses uniquement pour leur intérêt propre mais beaucoup de mecs trouvent un intérêt à la danse que parce que dans leur esprit étriqué ça leur permettra de rencontrer des nanas avec moins de concurrence et de présupposer que s'ils dansent bien ils baisent bien (mythe à la peau dure). Et pour la deconstruction, c'est assez drôle, parce que techniquement la société n'a donné des significations à des comportements qu'à partir de leurs effets initiaux. À l'époque c'étaient pas les paysans et les mecs en bas de l'échelle qui baisaient le plus, c'était les mecs en place et avec du pouvoir, les chefs de guerre qui mettaient des baffes pour poser leurs grosses couilles sur le nez de tout le monde. Qui baisaient d'autres nanas en place et aussi des tonnes de courtisanes, qui elles avaient le privilège de pouvoir s'élever par leur cul au lieu de devoir faire la guerre, des actions d'éclats ou d'avoir du génie. La pudeur était un besoin parce que beaucoup de gens n'étaient pas éduqués et l'affichage de moeurs libertines au sommet aurait provoqué des révolutions plus sûrement que le fait de manquer de bouffe.
Forcément 2 millénaires de stratégie de groupe similaires et d'histoire et de culture que ça a pu générer, ça ne s'efface pas en 5 minutes.
Après la pression sociale n'est pas toujours décorrélée d'une réalité, et en l'occurrence, même s'il y a d'autres voies, celle ci est une voie qui a fonctionné de tous temps. Et va même à l'encontre d'autres pressions sociales qu'on pourrait supposer plus fortes.
Il n'y a aucun dictateur ou chef de guerre qui n'ait pas son harem et pourtant ils n'imposent pas forcément même si ce sont de gros bourrins sur les autres plans. Les femmes se branchent souvent sur des mecs qui sont pourtant des merdes au regard de la loi et de la société genre trafiquant de drogues, parce que leur personnalité antisociale et leur pouvoir mal acquis et rebelle leur donnent du charisme. Il y en a même qui écrivent des lettres d'amour enflammées à des tueurs violeurs et pédophiles en série. Donc la pression sociale ne va pas que dans une direction et elle n'est pas déterminante.
Même avant il y avait des hommes ou femmes qualifiés de vieux garçons et vieilles filles et qui s'en foutaient et dont le personnage était finalement si intéressant qu'eux et les autres négligeaient ces aspects. Ce sont toujours les gens les plus cons qui ont besoin de mettre les gens dans des moules et ne supportent pas qu'ils en sortent, même si ce n'est lié à aucun fait. Ceux là on peut rien en faire de toute make ils sont toujours aussi nuisibles que l'emprise qu'on leur laisse. Et les gens les plus faibles qui te parlent de pression sociale quand en fait ils sont incapables de s'en foutre quand la majorité des gens le font, et de s'adapter à leurs défauts et jouer avec leurs cartes.
Fts de ce point de vue c'est un média qui a fait prendre conscience aux gens de ça, en fait. Que c'était l'image que l'on de fait de nous qui est importante. Pas de reprocher aux autres nos propres limitations car le problème est comme en informatique souvent entre la chaise et le clavier.
Et attention, là je parle de pression sociale en contexte relativement civilisé, pas là où tu as du mariage forcé, interdiction de regarder une autre ethnie pour partenaire ou où tu vas jeter ton enfant à l'égout parce qu'il est pas du bon sexe et que ça enlève une dot. Sinon évidemment les stratégies d'adaptation et d'évitement sont pas toujours possibles.
- concernant l'effet du contexte social, il ne faut pas oublier que responsabilité ou pas la grossesse à un coût physique et social puisque l'activité de la femme est aussi impactée. Sa santé et sa valeur sociale peuvent aussi l'être (quand son physique change, sa valeur aussi, même si c'est pas toujours vrai).
Aussi l'idée que l'homme était responsable de la grossesse n'est arrivée qu'assez tard, ça paraît fou mais le lien n'a pas été fait avant longtemps.
- pour le fait qu'on offre l'intimité aux gens en variant rien n'est moins vrai. Ce n'est pas baiser qui crée la connaissance de l'autre. C'est une illusion chimique (ocytocine et endorphines à nouveau). Ça par contre c'est de la pure construction sociale pour rendre acceptable le fait de coucher hors d'une tentative de reproduction. C'est de l'habillage. Mais plus tu couches avec l'autre moins tu le connais. Oui tu peux être au contact de ses complexes mais en général tu t'arrêtes pas trois heures pour disserter sur tes ou ses bourrelets quand tu as envie de baiser.
Par contre ça fracasse les gens de savoir qu'ils donnent pas du plaisir aux autres parce que "l'expression corporelle" c'est une expression de ta personnalité et c'est aussi très lié à ta façon de te voir. Donc évidemment si tu es Câblé normalement faut pas s'étonner d'être affecté si tu sais que l'autre se fait chier. Faut être relativement sociopathe ou en avoir rien à foutre de son partenaire pour en avoir rien à foutre. D'ailleurs en dehors de tares physiques ou de rythme, ou d'avoir une personnalité incroyablement linéaire, faut vraiment en avoir rien à foutre de l'autre pour toujours lui servir le même menu, quand tu es intéressé par quelqu'un naturellement tu explores et cherches des sensations et est à l'écoute. Donc si c'est nul c'est probable que ce soit surtout une question d'intérêt et de masturbation avec vous comme outil, pas que la personne soit nulle dans l'absolu.
Après évidemment que quand tu découvres sur tu as une tare physique alors que tu as fait des efforts pendant des années pour te voiler la face, tu es dévasté. Le mec il a dû avoir des dizaines de relations sans lendemain ou aux fins incompréhensibles, et il a dû se dire "j'ai pas de chance c'était pas la bonne", " c'est parce que j'ai pas d'argent", "c'est parce que je suis roux", "c'est parce que je suis de telle ethnie", "de toute façon je l'aimais pas tant que ça"...
Et là il l'apprend d'une femme qu'il aime, en décalage, et apprend en plus que sa copine doit être mi apitoyée, mi rigolarde.
Il y a des gens qui s'enferment pour moins que ça.
Parce que c'est bien beau le feel good façon "oui mais ce qui compte c'est la façon de s'en servir", sauf que justement, si la nana était satisfaite par la bite de son ex, c'est non seulement parce qu'il était bien monté mais aussi parce qu'il savait s'en servir. Donc là le mec apprend aussi que lui ce n'est pas le cas, qu'en plus d'avoir une tare il ne rattrape pas par ses compétences au lit. Une fois qu'une femme pense ça de toi, évidemment tu as perdu tout respect et tout amour de sa part est en jeu et potentiellement déjà mort
Seul du mépris peut en émerger. Ou des tromperies et être cocu et se faire exploiter. Au mieux une relation de couple ami, en mode "papa maman", avec des frustrations énormes et des pétages de plomb à la première rencontre qui remettra cet équilibre en cause en réveillant la bête en chacun de nous. Ou quand un des deux du couple se dit "tiens si on s'essayait au libertinage pour décoincer l'autre" et qu'il découvre que l'autre était pas du tout coincé, juste pas satisfait.
La majorité des adultères arrivent d'ailleurs quand le partenaire perd en présence sexuelle, par exemple à cause de son boulot ou d'une maladie.
Ça en dit long de la solidité de l'attachement. Dans cette histoire cette nana n'a pas supplié le gars pour qu'il revienne mais pour ne pas avoir l'air d'une salope intéressée que par le cul dans son regard, et préserver un peu son image dans son esprit si elle l'aimait un peu. Mais même si elle l'aimait elle a dû être contente qu'il parte pour pouvoir retrouver l'opportunité d'une vie sexuelle cool sans culpabiliser ou devoir recourir à de la tromperie parce que c'est peut-être pas ce qu'elle voulait. Et que quoi que la société produise comme mensonge pour protéger les egos des uns et des autres, bien sûr que c'est important d'être appétissant physiquement pour l'autre, d'avoir un corps adapté au sien etc (parce que ça marche aussi dans l'autre sens, une nana qui a physiquement pas la capacité à t'accueillir c'est pas forcément cool non plus). Et que pouvoir donner un substitut ça change pas qu'on a aussi besoin de l'original. Pour renverser la situation, même si une femme vous fait des pipes d'enfer, vous aurez pas forcément envie de partager que ce plaisir avec et ne pas pouvoir avoir d'orgasme avec elle parce que vous pouvez pas la pénétrer car elle a des douleurs de par son corps (vaginisme, endométriose, etc) ou parce que vous êtes un poney, ben ça n'a rien de cool (j'ai connu un gars comme ça qui pouvait en général mettre que le gland et quelques centimètres du pénis avant que ça coince, sauf longue préparation et habituation, parce qu'aussi la peur des filles d'avoir mal jouait). D'ailleurs on sait que pour le cerveau et l'organisme un orgasme par masturbation et par la vraie pratique sexuelle c'est pas du tout la même chose. Genre chimiquement tu es plus proche de l'orgasme si tu te tapes une plaque de bon chocolat que si tu te prends en main.
Après le sexe c'est comme tout fait pas se définir au travers de ça, mais c'est loin des problèmes de notre époque, les gens sont tellement creux qu'ils habillent leur vacuité avec une identité générique péchée dans une marmite de termes, et donc ont besoin de se définir par des appartenances à des groupes et des modes de vie. Avant personne te disait "je suis hetero/ homo" même si c'était de notoriété publique et pas tabou pour le personnage en question. C'était connu par exemple pour beaucoup d'acteurs comme Jean Marais qui était pourtant un sex symbol, ou Lawrence Olivier (Pareil). Et ça nuisait pas à leur notoriété que ça se sache. C'était pas ce qui les définissait en temps que personnes. Sans doute plus le fait qu'ils soient des personnes exceptionnelles et des acteurs géniaux.
On arguera que c'est moins facile pour les personnes lamda que la notoriété ne protège pas mais justement, dans ce cas afficher une identité de groupe ne rend pas plus fort quand on reste seul face à ses détracteurs. Il y a donc peut être aussi un lien avec le fait que plein de gens soient vides et aient besoin de la revendication de rien d'autre que leur statut comme cache misère.
À partir de là il y a d'autant plus un enjeu (et je parle pas que de la scission hetero homo whatever ici, ça peut s'appliquer à n'importe quel mouvement en vogue, je ne cite personne car le but n'est pas de stigmatiser mais d'avoir une vision des dynamiques à l'œuvre) que tu n'as que ça pour toi. C'est pas le cas de tous les gens de ces groupes, certains et même sûrement la majorité mettent autre chose dans cette identification, mais je pense qu'il y a aussi de ça, ou parfois une erreur de raisonnement dans le procédé.
Puis comme je disais avant, on se construit pas mal par réflexion dans le regard de l'autre, et on lui prête d'autant plus de valeur qu'il a un intérêt sexuel ou amoureux pour nous. La plupart des gens largués sont en fait des gens qui ont toujours eu trop de personnalité, une rigidité et de mauvaises croyances/présupposés sur les relations et leurs dynamiques pour adapter leurs stratégies. Du coup ils restent bruts et vulgaires, alors qu'ils auraient peut être de la valeur. Les autres largués sont ceux qui n'ont aucune valeur mais en dehors de problème d'accès à cela ou de problèmes intrinsèques (la loterie génétique pas clémente qui te fait petit, moche, gros, laid et avec peu d'arguments musculaires ou péniens), c'est aussi par manque d'identification de ce qui peut faire tilter l'autre. Les gens qui ont du succès n'ont pas toujours que du potentiel, ils ont souvent dû observer et s'adapter.
Comme on sait tous cela à plus ou moins haut niveau d'expression et de compréhension, le fait de ne pas avoir accès au sexe renvoie à des tonnes de comples et de mauvaises expériences, souvent à raison, car ce malaise c'est un signal de notre cerveau pour nous dire de changer. D'où l'enjeu en fait.
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Moi j'aimerais juste que l'on admette le fait qu'il y a des gens qui n'ont tout simplement pas d'envie sexuelle, que cette absence d'envie soit passagère ou permanente, sans que l'on considère ces personnes comme des frustrés qui vont devoir compenser.

Il ne peut pas y avoir de frustration s'il n'y a pas de désir à la base. Prenez un traitement médical qui va diminuer votre libido jusqu'à la supprimer, vous n'aurez alors plus d'envie sexuelle. Pour certains, c'est comme ça sans avoir pris de traitement. Leur libido est naturellement faible ou inexistante. Enfin, il n'y a rien à compenser s'il n'y a pas de frustration.

Ça ne me paraît pas trop compliqué à admettre tout de même et si ça peut rassurer certains, ce n'est pas le fait d'admettre qu'on peut être assexuel (ou avec un faible appétit sexuel) qui va mettre en danger la norme hétérosexuelle.

"La réponse n'est pas unique mais l'ego étant en jeu on peut supposer que beaucoup de gens vont se voiler la face".
J'ai pas dit que c'était tout le monde, j'ai dit que pour beaucoup de gens les médecins cherchent et trouvent des anomalies qui génèrent cette absence de libido. Si certains s'en inquiètent, d'autres convertissent naturellement leur énergie dans d'autres poursuites.
Mais dans d'autres cas c'est assez évident que les gens compensent, quand clairement tu as pas les moyens de baiser, si tu te la joues en mode "non mais ces filles sont pas assez bien pour moi" alors qu'elles auraient même pas la sensation que tu existes si elles étaient perchées sur ton dos, ou genre "je suis asexuel, le sexe ne m'intéresse pas" - ou pour certains "c'est trop bestial", il est assez facile de supposer que c'est un beau coup d'ego

Aussi ce n'est qu'une réflexion, si tu penses que ça ne s'applique pas à ton cas, ne le prends pas pour toi, tout le monde s'en tirera sans déshonneur, je te jette pas de pierres. J'ai dit plein d'autres choses qui sont matière à réflexion si cette partie là te convient pas ou ne semble pas exacte. Mais la nuance y était.
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Mais dans d'autres cas c'est assez évident que les gens compensent, quand clairement tu as pas les moyens de baiser, si tu te la joues en mode "non mais ces filles sont pas assez bien pour moi" ou genre "je suis asexuel, le sexe ne m'intéresse pas"
Tu confonds le fait de ne pas avoir les moyens de baiser (alors qu'on en a envie) et le fait de ne pas avoir envie de baiser.

Effectivement, certains la jouent comme ça mais ce n'est pas parce que certaines personnes cherchent à dissimuler leur frustration en la faisant passer pour de l'assexualité que les vrais assexuels et les personnes ayant un faible appétit sexuel n'existent pas.

Mais dès le départ je n'ai pas dit le contraire...
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Je reprends sur ce qu'a dit Gafano en essayant d'y ajouter une perspective un peu moins ethnocentrée. Mais déjà je suis à peu près d'accord sur tout ce qu'elle dit sur le sujet, ça rejoint les théories sur lesquelles je m'étais documenté. Je n'ai pas pris le temps d'agencer mes pensées correctement donc ce que je vais dire est un peu foutoir, je m'en excuse.



Pour reprendre ce qui a été dit, coucher avec quelqu'un était une activité assez risquée avant que toutes les avancées technologiques modernes ne permettent de réduire la propagation des MST et dans le cas des relations sexuelles entre un homme et une femme, les grossesses non désirées.

En tant qu'humains vivant en société plusieurs solutions à ces problèmes ont été proposées à travers le monde, des solutions qui prennent plus ou moins la forme d'un contrat apparenté au mariage. Mais toutes les sociétés n'ont pas eu le même succès avec les solutions proposées. Par exemple, en Asie et dans le monde arabe pré-islamique, les puissants "prêtaient" souvent leurs femmes à des hôtes importants.
Autre exemple, si la prostitution et le fait d'aller voir des prostituées a toujours été mal vu dans le monde judéo-chrétien et encore plus dans le monde musulman, c'était une activité considérée comme assez noble en Asie de l'est avec des bordels spécialisés et consacrés aux nobles et aux riches marchands. Certains de ces bordels très raffinés proposaient des services sexuels avec des enfants (d'ailleurs, l'exploitation sexuelle des enfants était beaucoup plus répandue et tolérée dans le passé et à peu près dans le monde entier, même quand plusieurs civilisations en ont fait un tabou).

La plupart des modèles proposés étaient créé avant tout dans le but d'éviter les grossesses non désirées parce qu'on enfant, ça coûte très cher à élever et en même temps c'est une quasi garantie de retraite pour les géniteurs, d'où l'importance quasi universelle que les sociétés donnent aux parents en demandant le respect et l'obéissance inconditionnelle aux enfants. Et aussi la raison pour laquelle beaucoup de sociétés encouragent les hommes à enfanter avec plusieurs femmes le plus d'enfants possibles tout en faisant en sorte que ces enfants les reconnaissent comme leur géniteur. Les femmes ayant le problème inverse puisqu'elles portent l'enfant, leur charge est plus importante, elles ne peuvent pas renier leur lien de parenté avec l'enfant. Si elles enfantent avec un homme qui nie la parenté avec l'enfant, la charge de l'enfant revient à la famille de la femme qui va souvent exercer une vengeance sur la femme et l'enfant: les transformer en serviteurs, restriction de libertés plus importantes, bannissement, défiguration, voir meurtre de la femme, de l'enfant ou des deux.
À noter que les sociétés matriarcales, souvent retrouvées en Afrique ou dans certaines régions d'Asie ont protégé les femmes ayant eu des enfants hors mariage en affaiblissant le pouvoir donné au père (certaines sociétés ont même refusé de donner une quelconque reconnaissance au père. Par exemple au Népal où une ethnie suivant des coutumes matriarcales n'a pas de mot ou d'équivalent pour dire père) et en donnant les richesses matérielles aux femmes.

Il s'avère que le modèle gagnant (grâce au succès du monothéisme judéo-chrétien, et dans une certaine mesure musulman, puis grâce à la colonisation et enfin grâce à la mondialisation) est un modèle qui accorde beaucoup d'importance à la fidélité car c'est une solution qui règle pas mal des problèmes qu'on avait dans le passé: les grossesses sont toujours prises en charge parce que le géniteur est persuadé que l'enfant est de lui et les risques de transmission de MST diminuent (en théorie en tout cas).

Bien sûr, il a été bien plus violent pour les femmes historiquement car les conséquences d'un rapport sexuel non protégé chez un homme et une femme ne sont pas équilibrés.

Aujourd'hui, nous sommes les héritiers de cette culture monothéiste des religions abrahamiques et si les mœurs ont changé, certaines choses restent dont l'importance de la fidélité..
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 17.08.21, 22h04 par Onmyoji

Tout est relatif, des statistiques basées sur les tests génétique montrent qu'environ 15% des enfants ne sont pas de leur père.

Quand à la violence relative;
on a réussi à nous convaincre que la fidélité découle du mariage et que ça protège tout le monde mais en réalité ça immobilise l'homme qui pourrait avoir autant de rejetons que de femmes fécondées...
C'est surtout une construction destinée à favoriser une société structurée, productive et relativement ordonnée. D'ailleurs les soldats des époques antiques et médiévales étaient payés au pillage mais aussi parfois quand il s'agissait de conquêtes en lopins de terre et avec le droit d'épouser des femmes autochtones (parce que le seigneur avait son mot à dire pour les serfs sauf dans ces cas).
Mais si on allait justement vers nos instincts l'attachement dure biologiquement juste assez de temps pour assurer la sauvegarde de la progéniture dans la phase la plus cruciale et vulnérable.
La femme a toujours été esclave de cet impératif biologique du moment qu'elle n'avait pas la contraception. Le mariage lui donnait beaucoup plus de sécurité en enjoignant l'homme à lui rester fidèle et en prohibant la relation hors engagement
L'homme a toujours pu avoir le choix, mais c'est la société qui lui a imposé d'être "fair play" et de prendre ses responsabilités. Ça restait le bon modèle pour avoir des héritiers en termes de transmission de valeurs et d'histoire sociologique/clanique, mais ce n'est pas évident du point de vue biologique, parce que la nature estime que tu peux apprendre de n'importe qui aussi bien que de ton père. Et l'homme étant "nidicole", son temps de croissance et de maturation fait qu'il est très probable que tu n'apprennes pas que dans le contexte de ta famille, contrairement à des lions qui apprennent tout avec les mères, les lions s chargeant de sécuriser le territoire (parce que les autres "alphas" et/ou clans bouffent les petits, sans parler des autres prédateurs comme les hyènes, etc).
Et vous remarquerez qu'aujourd'hui les radicales s'attaquent à ça en disant que c'est à l'homme de prendre une contraception etc, sachant que pour nous il n'y a aucune solution équivalente. Donc à moins d'employer une solution définitive comme la vasectomie on ne peut pas le faire et elles le savent bien. Et le demandent, parce que ça leur permet de stériliser l'homme et lui enlever la capacité qu'il avait contrairement à elles de continuer à avoir une descendance au delà d'un certain âge. Cela permet aussi de sécuriser l'héritage pour leur progéniture. Et d'une certaine manière ça force l'homme à rester avec elles car ainsi il perd toute chance d'avoir une nouvelle famille avec une femme qu'il aime et qui l'aime vraiment et voudrait construire avec lui (parce qu'on peut dire ce qu'on veut l'adoption c'est pas pareil. De même qu'élever un gosse qui n'est pas le sien dans le savoir c'est une arnaque d'un point de vue évolutif, cela signifie disparaître de la lignée humaine, psychologiquement c'est pas rien. Pour une femme c'est pareil voire pire, surtout quand elle a la capacité elle à avoir encore des enfants et le désir fréquent d'accomplir cet acte "unique").
Et ça ne leur enlève en rien la capacité à choisir ou non de prendre la pilule pour contrôler leur fécondité et être libres.
Donc en plus d'avoir été libérées de leur impératif biologique elles veulent créer des limitations artificielles aux hommes.
Le mariage avait aussi inversé le rapport de force créé par la nature parce que le modèle étant rigide, cela faisait que l'homme ne pouvait que difficilement se détacher de la femme qui si elle le trompait, lui enlevait la possibilité d'avoir des héritiers légitimes. C'est peut-être pour ça que l'ordre social était dur pour les femmes, mais dans l'absolu c'est à la hauteur des "coûts" subis par l'homme "selon la nature" (parce que la société c'était beaucoup la religion et que la religion s'est fondée sur la nature et la tien comme l'œuvre du créateur quel qu'il soit).
Après dans l'absolu rien n'est parfait, se soumettre à ses impératifs biologiques n'est pas une bonne chose, mais s'en éloigner totalement c'est risquer de perdre le sens de ce qu'on est.
Le sexe reste une problématique ancrée dans nos vies pour ces impératifs et parce qu'il reste l'une des activités les plus gratifiantes de l'univers parce que l'évolution a trouvé que c'était un excellent moyen d'augmenter la reproduction, même dans des espèces comme les nôtres où l'on a pas 5 rejetons par "portée".
Comme l'accès n'a pas forcément été égal pour tout le monde parce que la société s'est policée et a instauré en quelques sortes des règles d'accès, et parce qu'il a fallu montrer autre chose pour s'attirer les faveurs de dulcinée (en tous cas hors des plus basses extractions) que ses muscles (sauf quand c'était accompagné d'exploits guerriers et des pouvoirs en découlant), et que la richesse a toujours été l'apanage du plus petit nombre, la créativité et l'art ont pris le relais (comme un miroir de l'intelligence qui faisait du chasseur cueillir ingénieux un bon parti pour survivre avec, parce qu'il saurait trouver de l'eau, faire du feu et tailler des silex assez tranchants pour faire de bons outils permettant de travailler plus efficacement avec moins d'efforts). Et beaucoup de choses ont donc tourné autour de ça et de "l'amour" (ça existe biologiquement, en dehors de l'attachement produit par l'ocytocine, il y a une zone relative à cette émotion dans le cerveau. Mais ça reste beaucoup plus élaboré que le cul, c'est une couche supérieure). Parce qu'il fallait bien choper, essayer ou passer sa frustration par la création.
Ça explique peut-être pourquoi il y a plus d'artistes masculins aussi, mais ça mériterait une étude approfondie et une comparaison avec le monde actuel, parce que là ça reste une supposition casse gueule (je me la permets parce que je trouve la question intéressante).
Et en plus de l'impératif biologique, l'impératif social a repris ce besoin de se reproduire (à la fois par la nécessité de perpétuer la tribu puis la nation mais aussi d'être un individu productif pour les sociétés industrielles), et de reproduire les rites de passages des sociétés plus primitives (d'où l'importance de la perte de virginité alors que oui d'accord le cul c'est ouf et ça fait grave plaisir, mais tu deviens pas meilleur en étant plus vierge, tu gagnes juste souvent un niveau centre d'intérêt), et on baigne quand même dans un univers culturel qui célèbre tous les succès humains (l'exploration, la victoire sur l'adversité, la création et baiser, qui est devenu un succès dans le cadre de la société, plus même que dans le cadre naturel où la récompense était juste le plaisir et à long terme sa survivance dans la lignée humaine), qui encourage à ça. On cumule donc les axes pour nous rendre "obsessionnels". Outre le fait que bien sûr ça pose en plus son lot de problèmes, donc de difficultés et émotions qui peuvent prendre des proportions énormes.
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Le mariage lui donnait beaucoup plus de sécurité en enjoignant l'homme à lui rester fidèle et en prohibant la relation hors engagement
Pas vraiment, en pratique les hommes pouvaient continuer à aller voir ailleurs sans être vraiment inquiétés. Par contre les femmes infidèles étaient au mieux mis au banc de la société, au pire lapidées. Le mariage a surtout donné un sentiment de sécurité aux hommes, en leur donnant certaines garanties pour que l'enfant qu'ils élèvent soient bien leur héritier biologique. Un très bon livre à lire sur le sujet : "Bienheureuse infidélité" de Paule Salomon.
Et vous remarquerez qu'aujourd'hui les radicales s'attaquent à ça en disant que c'est à l'homme de prendre une contraception etc, sachant que pour nous il n'y a aucune solution équivalente.
Une bonne question à se poser c'est "pourquoi aucune solution équivalente n'a été développée ?". Non pas parce que c'est scientifiquement impossible (il y a eu quelques prototypes) mais simplement parce que tout ce qui touche à la contraception masculine est perçu comme une forme de castration (à part peut être la capote, et encore).
Ça explique peut-être pourquoi il y a plus d'artistes masculins aussi, mais ça mériterait une étude approfondie et une comparaison avec le monde actuel, parce que là ça reste une supposition casse gueule (je me la permets parce que je trouve la question intéressante).
Assez casse-gueule effectivement. Sauf si tu vois l'art comme une forme de parade amoureuse (ce qu'elle peut être aussi, c'est certain :wink: ). Mais fondamentalement, on est pas plus prédisposé à l'art lorsqu'on est homme ou une femme. Ce qui est fort possible par contre c'est que les hommes soient plus privilégiés / facilement reconnus dans certains domaines artistiques (la peinture ou la littérature par exemple)...

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