Reload: Education - L'Efficacité des châtiments corporels

Note : 81

le 18.12.2014 par Iskandar

42 réponses / Dernière par splifstarz le 23.12.2014, 09h07

Si vous voulez refaire le monde, c'est ici.
Règles du forum
Pas de politique sur FTS svp, ce n'est pas l'endroit. Pas non plus de sujets religieux ou à forte dimension idéologique / polémique (le féminisme et ses excès, la sexualité des - de 15 ans, le mariage pour tous; ...) et tout autre sujet chaud et glissant dont on sait qu'il attirera les trolls et partira forcément en sucette au bout de 2 pages. => on n'est pas là pour refaire le monde, ni pour s'embrouiller les uns les autres : laissons les saloperies à l'extérieur, et tâchons de préserver le havre de paix et de relative intelligence qu'est FTS. Voir la liste des sujets interdits pour plus d'infos et d'explications sur les raisons de ces interdits.
Raven a écrit :Je serais amusé que d'ici 10 ou 20 ans, un châtiment corporel soit le fait de blesser les ouïes de nos chères petites têtes blondes en élevant la voix.
Encore mieux :
Sathinelilly a écrit :j'avoue que parfois je prends un plaisir sadique à couper le Wi-Fi :mrgreen: et j'obtiens de mes ados, ce que je veux très très rapidement ;)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] lol le 20.12.14, 22h28 par splifstarz
  • [0] lol le 21.12.14, 04h38 par Blusher
  • [0] Yep ! :) le 21.12.14, 22h46 par Sathinelilly
Pour bien aimer les femmes il faut aimer le monde.
Car les femmes ne sont qu'une infime partie du monde
Nous aussi d'ailleurs...
Quelques nouvelles du front supplémentaires de ma part, du côté animation à la con en scolaire et pendant les vacances, et une réponse à Iskandar qui vient de (re)taper dans le dur :
Iskandar a écrit :Chose promise, chose due.

Partie 2 : respect de l’intégrité physique, moralité et gamins
Si je me permets de résumer à la va-vite :
Qu'est-ce qu'on fait face à un gamin qui manie le cocktail explosif "violence physique et morale + mépris de l'autorité / mépris de l'autre" ?
On notera que c'est un sujet dans le sujet, comme la question d'une éventuelle loi a constitué, je pense qu'on peut le dire un autre sujet dans le sujet.

C'est parallèle au sujet de l'éducation de son propre enfant.

Rien que là-dessus il y a de quoi se prendre les pieds dans le débat, car on va retomber sur l'éducation de masse, avec des campagnes de sensibilisation destinées à toucher justement les gens les plus difficiles à toucher : ceux qui éduquent leurs enfants comme on dresse des animaux.

C'est parallèle aussi à ce que j'ai écrit, puisque je n'ai pas traité le sujet, sauf à dire qu'à l'école j'étais souvent dépassé, aux côtés des surveillants, et privé de mes leviers habituels (statut, intérêt de l'enfant pour l'activité, dialogue et confiance avec les parents, et même le long terme puisque j'interviens sur des micro-cycles de vacances à vacances...)

Je vous ai aussi dit que j'avais globalement échoué avec le groupe d'ados têtes à claques dont j'ai hérité dans mon club quand je suis arrivé.

Pire encore, je me dois de préciser que je n'ai pas les codes des gamins "des banlieues", "des gens du voyage", de ce que vous voulez."

A la limite je peux toujours calmer un gamin façon maître d'Aïkido, mais ça reste des situations flippantes... Quand j'en arrive à cette extrémité ça signifie paradoxalement que j'ai tout intérêt à ne pas le faire, car le gamin est suffisamment sournois pour aller faire la victime et me créer des problèmes...

Gros plan sur un levier qu'on n'a pas toujours en main : la passion pour une activité :
Blusher a écrit :Dans l'exemple des gamins difficiles que donnait spilfarz en parlant de sa jeunesse, ce qui leur manque souvent c'est une activité qu'ils aiment pratiquer et dans laquelle ils se fixent des objectifs qui les poussent à se dépasser. C'est souvent suffisant pour remplacer le langage de la violence par des attitudes plus constuctives, davantage de discipline (i.e. davantage de respect pour soi et par extension pour les autres, le recours à la violence physique étant souvent l'expression d'un sentiment de ne rien valoir et de n'avoir aucun autre moyens d'action et d'influence)
C'est un vrai problème. Regardez :

:!: La capacité d'un enfant à s'intéresser à une activité qui lui est à la fois offerte et imposée a totalement disparu chez les enfants à problèmes.

Combien de fois ai-je entendu les adultes, témoins occasionnels ou habituels de comportements de désintérêt et d'indiscipline par rapport à mes animations dire "de mon temps on n'avait pas tout ça, et les rares fois où on nous offrait des activités telles que la votre, on avait de la gratitude et un respect total pour l'animateur"

Eh ouais ma bonne Dame, c'était mieux avant...

L'intérêt pour une activité dans tout ça, il est sapé à la base. Car ces gamins à problèmes, qui sont violents et qui contestent l'autorité ce sont les premiers à dire "Z'y va c'est biiiiiidon ton truc"

Leur ouverture d'esprit et leur capacité à accueillir une activité nouvelle et cadrée est proche de zéro.

Plusieurs raisons à ça :

* S'intéresser à tout, c'est comme manger de tout :
S'intéresser à tout ça s'apprend.

Or, chez "les cassoce" (désolé pour la généralisation) on n'enseigne pas ça aux enfants. On leur apprend à ne s'intéresser qu'à leurs plus bas instincts (bouffe, jouets, télé, foot pour les garçons, star system pour les filles, jeux vidéos, textotage / bidouillage sur les téléphones... plaisir immédiat, sans effort, sans contrainte...)

--> Cf les enjeux éducatifs de base QUI SONT A LA CHARGE DES PARENTS, et relayés par l'éducation nationale qui fait ce qu'elle peut. Ici le job n'a pas été fait et / ou n'a pas fonctionné. Et les gens comme moi arrivent en bout de course

* Mépriser c'est dominer.

Donc des profils de gamins orientés vers leur propre nombril, dont les objectifs sont axés autour de "tout pour ma gueule", "m'amuser en faisant chier mes camarades et l'adulte référent", et qui considèrent comme une attaque personnelle le simple fait d'écouter calmement des instructions sans déranger le groupe et effectuer un exercice donné...
...Des profils pareil il ne faut pas compter sur eux pour qu'ils manifestent le moindre intérêt.

Au contraire, ils vont chercher la faille, et la trouver, pour juger l'activité et son animateur comme un produit qui ne convient pas à leurs exigences de consommateur averti.

* Variante : juger, condamner et rejeter, c'est dominer.

Société de consommation, blah blah, culture du zapping, blah blah...

Je rappelle qu'on parle de profils qui mélangent "dominer les autres", "n'en faire qu'à sa tête", avec "ne s'intéresser qu'à son nombril et aux plaisirs faciles"...

* Le pouvoir de dire non.

Beaucoup d'enfants ont des attitudes passives agressives, un truc de fou.
Pour eux, dire "j'aime pas", "je veux pas faire", c'est le seul mode de communication.

Par rapport à ça je vous informe que la réforme des rythmes scolaires est une véritable bataille. Car selon l'organisation des surveillantes ET les parents qui sont décideurs de laisser leur enfant à l'école en fin d'après-midi ou non, on passe du tout au rien :

- Soit on ouvre l'esprit des enfants, à son corps défendant, avec des activités qui sont toutes intéressantes et dans lesquelles l'enfant va suivre une progression pédagogique sur 5-6 séances.

- Soit l'enfant apprend à esquiver, à dire "j'aime pas je veux pas je fais pas". En fait il apprend à se battre pour rejeter l'activité et à gagner !!!

Et quand les circonstances offrent la victoire à l'enfant, on arrive en bout de course. Parce que là on ne peut pas dire que les cours sont chiants, que les profs ne sont pas motivants.

On parle d'activités de loisir. Le repli de l'enfant sur lui-même, sur son nombril et ses sensations de plaisir "gratuit" est total.

* Le facteur foot :

Pour beaucoup de ces gamins, la seule activité intéressante, c'est le foot.
Leur vision du monde, leur intérêt pour autre-chose que leur nombril sont tellement réduits que de toutes les activités qui exigent un minimum d'apprentissage, d'efforts et de vie en groupe qui les intéresse, c'est le foot.

Car c'est le seul sport en France qui est un miroir aux alouettes de célébrité, de réussite, de triomphe, de richesse, et ça ça leur parle.

Dans cette optique, le football en tant que sport et jeu absolument admirables n'existe plus. La seule chose qui existe c'est cet effet "miroir aux alouettes" que j'ai décrit.

La plupart des animateurs sportifs que je rencontre et avec lesquels je travaillent sont anti-foot. Moi je me dis que le problème n'est définitivement pas le foot, mais la nature humaine.

Je dois m'arrêter là car sinon je devrais parler plus avant de mon sport et de la façon dont j'organise mes séances pendant les animations vacances en quartier HLM, mais je ne parle jamais de mon sport sur FTS. Mais tous les animateurs qui font autre-chose que du foot ont les mêmes problèmes que moi.

On en est arrivés au point où pendant les animations vacances en quartiers HLM, dans notre gymnase avec 4 animateurs, 4 ateliers et un tas de gamins divisés en 4 sous - groupes, le foot est devenu un levier de régulation du groupe.
- Sur le nombre : quelques vacances sans foot et on passe de 80 gamins à 40.
- Sur la discipline, quand il y a foot. Car la sanction qui marche le mieux, c'est la coordinatrice qui prive de foot.

CONCLUSION D'ETAPE : vous savez, passionner un gamin, quand il a été câblé pour refuser ce qu'on lui offre...

Edit pour être complet : A la limite j'ai vu et entendu des stratégies d'animations axées autour du faillotage pur et dur avec le groupe, ou encore de la garderie, ambiance "je suis cool avec vous, je vous fais bouger de façon débile, balle au prisonnier et plume dans le cul..." Image

Il me reste à nuancer ce noir constat, en précisant qu'un enfant a le droit de ne pas aimer mon activité à moi, et qu'aussi un enfant dont l'environnement éducatif familial et scolaire comporte de nombreuses dérives inquiétantes peut s'intéresser à autre-chose que du foot.
ça arrive, tout-de-même !

De même, intéresser des casse-couille, j'y arrive ! Mais pas à tous les coups :?

Fin de la parenthèse sur la passion.

***

Pour revenir à la gestion de l'enfant violent, j'ai tout-de-même vu quelques solutions :

1) Exclure les éléments à problèmes.

Même si ils résistent, à la fin on arrive à les exclure

Le jeu c'est de les inclure à nouveau par la suite.
On entre alors dans un cycle "exclusion - pardon - menace d'exclusion à nouveau - exclusion à nouveau."

2) Recyclage des fortes têtes en assistants.

Bah oui les plus casse-pieds adorent être leaders. Donnez-leurs des galons touts bidons, et ils seront ravis...

3) Et quand les petites ficelles ne marchent plus --> rétablir l'autorité par la voie légale.

* Voie légale hiérarchique

Avec les surveillants, voire en prévenant les parents (des fois on a de bonnes surprises)

ça ne marche pas à l'école, car les surveillantes sont dépassées. En ce qui me concerne, les parents sont loin...

ça marche avec les animations dans les quartiers HLM, car la coordinatrice, qui assure un rôle de surveillante en chef, est une vraie guerrière taillée pour le job !

Cette dame dont le salaire est aussi ridicule que celui des sages femmes fait un travail de haute précision, notamment en maniant le démêlage des conflits entre gamins, la sanction et la menace de sanction avec une virtuosité de tous les instants !
--> En fait ils ont peur d'elle... Alors qu'elle est très sympa quand ça roule 8)

* Voie légale judiciaire

Je ne l'ai jamais vu de mes yeux mais franchement quand un gamin en arrive aux crachats et aux coups sur des adultes, ça devient le rôle de la police et des tribunaux pour enfants.

Là-dessus mon expérience se dédouble, puisque j'ai travaillé aussi au tribunal pour enfants.

Laissez-moi développer :

Je suis d'accord avec le constat selon lequel on ne peut pas laisser un enfant défier l'autorité de l'adulte cadre.

Si l'enfant va trop loin il faut sortir l'artillerie lourde. Or, en France, l'artillerie lourde c'est le monde judiciaire.

Je pense que certains parents gagneraient à donner carte blanche aux éducateurs à base de "n'hésitez-pas à décalquer mon gamin quand il va trop loin". A part que ça n'arrive que très rarement.

Dans ces conditions, la violence physique est toujours dangereuse car elle met l'adulte en faute.

Souvent le fait de porter plainte a pour effet de calmer le jeu.

Plainte --> médiation --> solutions --> retrait de la plainte.

Notons que les juges pour enfants sont de véritables éducateurs.
Avec une autorité incontestable.

Je vous renvoie à la définition de l'Etat par Max Weber :
Max Weber a écrit :Le monopole de la violence légitime
Donc si il faut cogner dur, autant mobiliser les professionnels habilités pour ça.

Ils font un travail de ouf, entre rappel à la loi, débriefing avec les parents et mobilisation des intervenants sociaux.

Et quand leur travail ne donne rien, ce qui est loin d'être automatique, eh bien ça valide le fait que l'enfant est perdu.

Il est parti pour se balader dans le circuit Ô combien glamour des actes délictueux, des tribunaux, et d'une vie sans apprentissage, sans travail, sans perspectives, et il se démerdera avec ça en roulant des épaules pour faire croire qu'il est le meilleur et en ne manquant pas de dire à qui veut l'entendre que la société est pourrie... Image

Que voulez-vous, l'éducation ça ne marche pas à tous les coups hein...

***

Normalement je m'arrête là.

A part que le système judiciaire en tant que filière éducative de crise OBLIGATOIRE, si certains sont motivés, ils peuvent débattre pour l'éternité sur son imperfection. Car aucun système n'est parfait.

De quoi nous offrir à nouveau un débat dans le débat

Rappelons que sur ce forum on a vu le système judiciaire être décrit comme inefficace sur un post où une fille demandait conseil par rapport à une dynamique de harcèlement de la part de son ex.

Donc par rapport à l'éducation et aux enfants à problèmes, je pense que les critiques sur la voie judiciaire ne manqueront pas d'être formulées.

Pour ma part mes conclusions vont plus vers le constat d'une défaite éducative généralisée sur tel enfant, qui l'a transformé en "enfant à problèmes", et sur le fait que décidément, avec la nature humaine, tout est possible, y compris le pire.

C'est la raison pour laquelle je préfère pointer les qualités des juges pour enfants que mettre en cause leur efficacité...

A l'impossible, nul n'est tenu, et ils interviennent la plupart du temps à un moment où l'enfant est sur une mauvaise trajectoire depuis des années...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Intéressant le 21.12.14, 14h28 par Blusher
  • [+2] Post de qualité le 21.12.14, 20h09 par Poivron
  • [+2] Instructif le 21.12.14, 22h48 par Sathinelilly
  • [+2] Constructif le 22.12.14, 12h34 par Lulla
  • [+3] Instructif le 27.12.14, 05h09 par Iskandar
  • [+3] Très intéressant le 28.12.14, 15h05 par Spring
Pour bien aimer les femmes il faut aimer le monde.
Car les femmes ne sont qu'une infime partie du monde
Nous aussi d'ailleurs...
Juste pour le fun, je vous conseille l'épisode 16 de la saison 4 de South Park: "Le mot en M".

Ça traite des dérives des lois pour les enfants. Drôle en plus.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 23.12.14, 13h07 par Terrigan
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