Vos parcours professionnels

Note : 23

le 19.03.2010 par FK

67 réponses / Dernière par Onmyoji le 29.12.2020, 09h59

Le taf, on y passe 8h par jour minimum, et c'est loin d'être facile tous les jours. Ce forum est là pour échanger autour de tous les sujets en lien avec votre vie professionnelle.
Zaik a écrit :J'ai droit à 6 mois de chômage, les examens sont dans 5 mois. 5 mois à être enfermé chez moi, à sortir uniquement pour acheter de la bouffe, aller à mes cours de maths, ou faire du badminton (dans le programme de sport).
Je me lève à 6h00, je prends 1h ou 2 ça dépend pour bouffer, vers 17h je sors pour courir (course au programme aussi) pendant 50 mins avec dans les écouteurs mes cours enregistrés, et je me couche vers 23h, plus tard parfois. Je carbure à 1 cafetière hyper concentrée et 2 ou 3 litres de jus de fruit par jour.
Les exams arrivent, j'ai mon bac note 10,6 et des brouettes. Je suis dégoûté, j'étais sur d'avoir super bien réussi. J'ai demandé les copies, et la j'ai pu constater que j'ai été noté comme un malpropre, même des points zappés.. Ça fout la haine, je vous le dit. La seule matière ou j'ai été bien noté c'est les maths (d'ailleurs ce qui me sauve), là t'as juste ou faux, on peut pas dire "ah mais oui mais il fallait plutôt répondre de cette manière".
Je voulais te demander, vu que je pense que l'auto-didactisme fonctionnerait mieux pour moi. Tu as compris ce qui s'est passé, pourquoi tu as été sous-noté ? Tu pourrais donner plus de détails vis-à-vis de ce que tu as reproché à la correction ? Et dis-moi, tu as géré comment les exos et annales pour préparer ton bac ?

Sinon j'aime bien ton parcours et ce qui s'en dégage. On sent que tu accordes de la valeur à tes objectifs et que tu es prêt à faire le nécessaire pour les atteindre tout en étant réaliste. Je te souhaite de devenir un grand pro de l'illustration.
."Maxime : ne fréquenter personne qui soit impliqué dans cette fumisterie éhontée des races".
Friedrich Wilhelm Nietzsche, 1887

."L'homme raisonnable s'adapte lui-même au monde; l'homme déraisonnable continue à essayer d'adapter le monde à lui-même. Donc, tout progrès dépend de l'homme déraisonnable".
George Bernard Shaw, 1957

."La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas".
Charles Baudelaire, 1862.

Alors me concernant je sais que je ne suis pas du tout dans la branche qui me convient.

Et pour cause, je suis quelqu'un de littéraire qui travaille dans l'informatique.

Mais revenons sur le pourquoi du comment. Après une seconde catastrophique pour des raisons familiales, les professeurs ne voulaient pas me laisser redoubler. J'ai donc fait un BEP/CAP d'électrotechnique puis une première d'adaptation et une terminale STI génie électrotechnique.

Après mon bac, je me dis que je vais peut-être pouvoir faire autre chose (fac de lettre, école de journalisme, fac de psycho...) mais là, pression familiale, j'enchaine sur du technique et fait un BTS IRIS (Informatique et Réseaux pour l'Industrie et les services techniques).

Et voici 6 ans que je suis dans la fonction de support et je commence sérieusement à saturer.

Là je suis en alternance et je prépare un CQP (diplôme batard qui donne Bac+3)

La reconversion n'est pas vraiment le truc le plus facile alors j'attends d'avoir trouvé LE métier que j'aurais vraiment envie de faire.
Laisse partir ce qui doit.

Un topic que je n'avais pas encore exploré, je vois qu'il est rempli de témoignages super enrichissants, surtout pour quelqu'un comme moi en pleins dans les études!

Étant donné mon jeune âge je ne pourrais pas témoigner de mon expérience professionnelle mais je vais quand même vous présenter mon parcours scolaire.

Né dans l'Isère, à St Martin d'Hères, mes parents on rapidement déménagé à Lyon pour des raisons professionnelles, c'est donc la seule ville où j'ai vécu et étudié malgré de nombreux déménagements.
Né en début d'année j'ai été mis à l'école à 3 ans et demi, ce qui fait que j'ai toujours été parmi les plus vieux, excepté les redoublants. Mes résultats en maternelle (oui bon la maternelle c'est pas très dur :wink: ) m'ont presque permis de sauter une classe mais pour des raisons de comportements, trop asocial ou trop turbulent il me semble, mes professeurs ont préféré me laisser avoir un parcours normal. Je n'ai encore jamais sauté, ni redoublé de classe.

Une primaire dans un établissement publique sans grande particularité, de très bons résultats, toujours ce caractère particulier, un peu hostile envers les autres. Un des mes professeurs m'avait d'ailleurs surnommé "le rebelle", même si à l'époque je détestais ça, maintenant je vois ça avec humour :wink:

Mes début au collège se sont fait dans un collège/lycée publique, la cité scolaire Lacassagne. Toujours de très bons résultats, environ 17 de moyenne générale en 6ème puis je baisse d'1 point environ chaque année, et un cadre pas trop stricte. J'y ai découvert la Physique-Chimie qui m'a passionné d’emblée et qui m'a laissé penser à un avenir dans le domaine scientifique.
Néanmoins, un déménagement en milieu de 4ème m'a fait subir un changement difficile. Mes parents, las de vivre en ville décident d'acheter une maison en banlieue, où l'on vit encore actuellement. Fini le collège entouré de mes amis de longue date, je débarque dans une ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire), où c'est un miracle s'il n'y à pas au moins 1 prof absent par semaine. Un changement brutal en milieu d'année qui m'empêche alors de m'intégrer correctement dans un établissement où on retrouve tout les jeunes de la cité située derrière chez moi, je décide de me consacrer à mon travail et me plonge dans les jeux vidéos. Mes résultats continus de baisser régulièrement, je suis maintenant à 15 de moyenne générale.
Débute alors la 3ème, qui reste une de mes meilleures année. Une classe d'une vingtaine d'élève seulement, avec environ 75% de filles :wink:
Un prof d'histoire excellent, mes premières difficultés en maths, où j'excellais jusqu'alors, et de très bons souvenirs.

Je m'oriente naturellement vers la voie générale, étant donné que je n'ai toujours aucune idée du métier que je souhaite exercer plus tard. Et au lieu d'intégrer mon lycée de secteur, très ressemblant à mon dernier collège où l'on s'amuse beaucoup mais où le travail est quasiment inexistant, je suis admis dans un lycée privé, catholique (légèrement hein pas de messe tout les midi :wink: ) sur Lyon, Charles de Foucauld. Réputé pour être une "boîte à bac", j'espère assurer mon avenir.
Sauf que c'est un choc pour moi, mes capacités naturelles ne suffisent plus, je dois me mettre à travailler, et c'est dur! Ma seconde se résume au fait que j'essaye de m'intégrer dans un établissement où certains y sont depuis la maternelle ( évidemment nous sommes séparés^^) et a mon admission en 1ère S sous réserve.
Démarre alors une année avec une classe sympathique et où je cherche à m'amuser plus qu'à travailler malgré un règlement intérieur très stricte qu'il est aisé de contourner. Je me maintiens juste au dessus de la moyenne, et à la fin de l'année j'obtiens, évidemment, des résultats catastrophiques aux épreuves anticipés du Bac : en français, 05 à l'écrit, 08 à l'oral, et 08 aux TPE (Travaux Personnels Encadrés).
Une sacrée claque, je passe malgré tout en Terminale, et grâce à un environnement plus calme et à une auto-discipline je me met tant bien que mal réellement au travail. Bingo à la fin de l'année, j'empoche mon Bac S avec 13,39 malgré (ou grâce peut-être) aux divers cafouillages qui ont marqués le Bac cette année.

Voila tout jusque là, les résultats du Bac étaient il y a environ 1 mois, je suis maintenant inscrit à l'Université Jean Moulin Lyon 3 pour y faire des études de Droit. Ma première passion, la Physique-Chimie est devenue de plus en plus abstraite, les principes que j'adorais comme découvrir comment fonctionne le monde et l'univers ont laissé place à des calculs et des équations interminables, et c'est mon prof d'histoire de Terminale qui m'a fait redécouvrir cette matière et qui m'a décidé pour changer d'orientation. Je pars donc à la découverte d'un nouvel univers, la fac, et de nouvelles matières. Et je pense d'ailleurs que c'est ce que j'ai besoin pour m'intéresser à quelque chose : la nouveauté :)

Je tiens à préciser que grâce à des parents jeunes et ouverts d'esprit, je n'ai jamais eu à subir une quelconque pression au niveau de mon orientation :)

Je ne pense pas avoir vu de témoignage traitant de l'Université, ni du Droit particulièrement. Personne dans mon entourage n'a encore suivi ce parcours et c'est donc avec plaisir que je lirais les divers récits concernant ces sujets, si jamais quelqu'un à une quelconque expérience là-dedans :)

Magic_Lemon a écrit : Ma première passion, la Physique-Chimie est devenue de plus en plus abstraite, les principes que j'adorais comme découvrir comment fonctionne le monde et l'univers ont laissé place à des calculs et des équations interminables
Encore un exemple des ravages du lycée sur les vocations scientifiques des jeunes...

Effectivement :\

Par ailleurs sur ce sujet, je n'ai même pas tenté d'intégrer une classe préparatoire de peur de ne faire que ce genre de travaux. Alors je suis bien d'accord sur le fait que l'on nous apprend à réfléchir grâce aux mathématiques et autres, mais grosso modo, après avoir dépassé les multiplications les notions étudiés sont quasi-inutiles et inapplicable tant que l'on à pas intégré un milieu professionnel, et quand on voit qu'avec le système éducatif actuel il nous reste encore au moins 5 ans d'études avant d'atterrir dans ce-dit milieu, ça à de quoi en décourager certains.

Je pense que le lycée devrait moins s'acharner à enseigner des techniques de calcul, et plus à, justement, apprendre à penser, raisonner, faire des expériences, débattre, convaincre, argumenter... et faire des sciences intéressantes. Je me souviens avec douleur des cours de chimie où c'était dosage toutes les semaines...

Certes mais comme dans toutes les matières (sarge y compris) il faut toujours commencer par les bases.
Pour apprendre à écrire il faut d'abord apprendre à lire. Les premiers trucs que tu lis ce n'est pas les Misérables, mais plutôt Tchoupi et Doudou (désolé ma nièce est passée à la maison cette semaine).
C'est comme en musique, il faut d'abord apprendre le langage avant de le parler. Et quand on te mets derrière un clavier, on te fait pas jouer du Chopin ou du Mozart tout de suite, tu commences par "Au Clair de la Lune" et faire des gammes. C'est super chiant je l'admet mais c'est surtout à ta portée.

Pour la Chimie c'est pareil, on va pas t'apprendre à fabriquer des composés organiques complexes si déjà tu sais même pas doser tes mélanges.

Par contre là où je suis d'accord c'est qu'on ne montre pas suffisamment aux élèves à quoi va servir ce qu'on leur enseigne.
Je donnais des cours de maths à mon cousin il y a quelques années (il redoublait sa terminale avec 8 en maths je crois) et à chaque fois qu'on voyait un nouveau concept, je lui trouvai un exemple d'application concrète pour qu'il comprenne bien l'utilité du truc. Il a tout capté très vite ... il s'est tapé 18 au bac en maths.
A force de courir après les filles je finirais bien par en attraper une.
Ce sera pas la plus jolie mais ce sera la moins rapide.

Par contre là où je suis d'accord c'est qu'on ne montre pas suffisamment aux élèves à quoi va servir ce qu'on leur enseigne.
Clairement oui, c'est un gros soucis. Et c'est encore léger pré-bac. Post bac, c'est devenu infernal en mécanique par exemple, surtout quand c'est des enseignants chercheurs (qui sont tout sauf pédagogues) qui débarquent, tartinent un tableau format "best-of +" d'équations, déballent un tas de concepts, mais montrent trop rarement comment ces concepts sont liés, à quoi ils servent et quand s'en servir. Au final, c'est assez difficile de raisonner pour s'adapter/extrapoler. Tu finis par résoudre des équations avec beaucoup d'automatisme pour trouver la valeur d'un truc dont tu ignores l'intérêt. C'est très frustrant.

J'ai esquivé la prépa en passant par un DUT GMP pour aller vers quelque chose d'un peu plus pragmatique comme philosophie de formation. Mais en école d'ingénieur, tu n'y échappes pas.

Certes mais comme dans toutes les matières (sarge y compris) il faut toujours commencer par les bases.
Pour apprendre à écrire il faut d'abord apprendre à lire. Les premiers trucs que tu lis ce n'est pas les Misérables, mais plutôt Tchoupi et Doudou (désolé ma nièce est passée à la maison cette semaine).
C'est comme en musique, il faut d'abord apprendre le langage avant de le parler. Et quand on te mets derrière un clavier, on te fait pas jouer du Chopin ou du Mozart tout de suite, tu commences par "Au Clair de la Lune" et faire des gammes. C'est super chiant je l'admet mais c'est surtout à ta portée.

Pour la Chimie c'est pareil, on va pas t'apprendre à fabriquer des composés organiques complexes si déjà tu sais même pas doser tes mélanges.
Ha mais je suis bien d'accord, sauf que c'est pas le fond qui me dérange, ya tellement de choses intéressantes à étudier à tout les niveaux^^
J'en veux pour preuve que c'est mes premières années de Physique-Chimie qui m'ont le plus passionnées.

Sauf qu'alterner entre équations différentielles et horaires en physique, calculer sans cesse des concentrations en chimie ça n'a absolument rien d'enrichissant une fois qu'on à saisi le principe, on aimerait juste passer à autre chose.

Je sais, ou plutôt je suppose, que c'est des outils qui serviront plus tard, mais le programme est super mal ciblé. La série S est utilisée, notamment par moi, comme une passerelle vers toutes les études supérieurs, pas seulement vers un cursus scientifique. Et encore même ceux qui iront en Médecine par exemple, qui pour moi représente un cursus orienté vers la science, n'auront pas besoin d'une grande partie de ce que l'on leurs aura appris.

Le seul but étant donc de nous apprendre réfléchir, pourquoi nous inculque-t-on des comportements mécaniques?

Djudj a écrit :Certes mais comme dans toutes les matières (sarge y compris) il faut toujours commencer par les bases.
Pour apprendre à écrire il faut d'abord apprendre à lire. Les premiers trucs que tu lis ce n'est pas les Misérables, mais plutôt Tchoupi et Doudou
Ouais, mais tu commences par Tchoupi et Doudou, pas par un bouquin de grammaire. La grammaire, tu l'acquières par petits bouts, au fil des besoins (au moins les premières années), il faut que la lecture reste fun. Les sciences au lycée (du moins quand j'y étais) avaient perdu tout leur fun et n'étaient que de la méthode, que du calcul.

Certes mais en musique c'est pareil, tu fais des gammes, du solfège et des petits morceaux pas très marrants. Les morceaux compliqués tu les vois plus tard et surtout tu n’arrêtes pas pour autant les gammes et le solfège.

Faut pas t'imaginer faire de la chimie dans un labo à t'amuser mélanger les produits pour voir ce que ça donne. Les manipulations et autres tests ne représentent qu'une toute petite partie du boulot. La recherche c'est une grosse partie du temps la tête sur des formules et des calculs théoriques pour essayer de voir ce que tu pourrais obtenir ou plutôt à chercher comment obtenir ce que tu veux.
Et puis surtout la recherche c'est un truc guidé, on te lâche pas dans un labo en te disant "trouve nous un truc sympa".

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A force de courir après les filles je finirais bien par en attraper une.
Ce sera pas la plus jolie mais ce sera la moins rapide.

Haha, je l'a connaissais pas cette vidéo :lol:
Certes mais en musique c'est pareil, tu fais des gammes, du solfège et des petits morceaux pas très marrants. Les morceaux compliqués tu les vois plus tard et surtout tu n’arrêtes pas pour autant les gammes et le solfège.
En fait je pense que dans le fond on est d'accord, on aime pas les trucs chiant :wink:
C'est pas par rapport au fait que ce soit compliqué ou pas, mais plutôt par rapport à l’intérêt que nous suscite telle ou telle activité, et les calculs, la plupart des activités "mécaniques" en fait, on aime pas trop ça^^
Faut pas t'imaginer faire de la chimie dans un labo à t'amuser mélanger les produits pour voir ce que ça donne. Les manipulations et autres tests ne représentent qu'une toute petite partie du boulot. La recherche c'est une grosse partie du temps la tête sur des formules et des calculs théoriques pour essayer de voir ce que tu pourrais obtenir ou plutôt à chercher comment obtenir ce que tu veux.
Et puis surtout la recherche c'est un truc guidé, on te lâche pas dans un labo en te disant "trouve nous un truc sympa".
Je suis d'accord là-dessus aussi, et donc le point positif c'est que le lycée nous aide à nous rendre compte de cette réalité pour éviter qu'on finisse dans un labo alors que ça correspond pas à notre rêve^^

Je pensais plus à mettre en avant les points faibles de notre système éducatif, je sais pas comment ça se passe dans les autres pays mais j'ai cru entendre dire que ça se passait mieux en Allemagne par exemple.

Djudj a écrit :Certes mais en musique c'est pareil, tu fais des gammes, du solfège et des petits morceaux pas très marrants. Les morceaux compliqués tu les vois plus tard et surtout tu n’arrêtes pas pour autant les gammes et le solfège.
C'est pour ça que la musique classique est aussi élitiste alors que presque tout le monde sait faire quelques accords de pop/rock sur une guitare. Ce n'est pas une fatalité: j'ai une méthode de violon irlandais dans laquelle les premiers morceaux sont simples mais déjà fun à jouer. Quand j'étais petit, j'ai fait de la musique et du solfège en école de musique: c'était chiant au possible, et je ne prenais aucun plaisir à m'entrainer pendant des mois à jouer parfaitement "j'ai du bon tabac".

Je ne dis pas que les gammes ne servent à rien, mais vouloir avoir une technique parfaite avant de pouvoir faire des choses intéressantes est démotivant au possible.
Faut pas t'imaginer faire de la chimie dans un labo à t'amuser mélanger les produits pour voir ce que ça donne. Les manipulations et autres tests ne représentent qu'une toute petite partie du boulot.
C'est pas pour ça qu'on doit dégoûter les jeunes au lycée en ne leur montrant que le côté pénible et laborieux. Il y a plein d'applications intéressantes à la chimie (par exemple en cuisine) qui fourniraient un cadre sympa pour enseigner cette matière. Je ne suis pas chimiste, donc pas vraiment compétent pour donner des conseils aux enseignants de chimie, mais par contre je suis un ancien élève dégoûté de la chimie par l'absence totale d'intérêt aux TP.
La recherche c'est une grosse partie du temps la tête sur des formules et des calculs théoriques
Les sciences au lycée c'est 100% du temps là dessus. En arrivant au lycée, j'aimais les sciences, je trouvais ça intéressant et vivant (lecteur assidu de Science et Vie Junior), en sortant du lycée je voyais ça comme des matières mortes et ternes.
Et puis surtout la recherche c'est un truc guidé
Bof. C'est la vision qu'en a le grand public, c'est indéniable, mais dans la vraie vie les chercheurs s'amusent. Pas tous, hein, il y a des gens qui sont la tête dans le guidon partout, mais c'est quand même un milieu assez détendu et fun. Je ne l'aurais jamais imaginé en arrivant à la fac. EDIT: j'avais lu "guindé" et pas "guidé".

Pour reprendre l'analogie avec la musique, décider que la science c'est chiant à cause de ce qu'on en voit au lycée, c'est comme décider que la musique c'est chiant à cause des cours de solfège.

Magic_Lemon a écrit :
Et puis surtout la recherche c'est un truc guidé, on te lâche pas dans un labo en te disant "trouve nous un truc sympa".
Je suis d'accord là-dessus aussi, et donc le point positif c'est que le lycée nous aide à nous rendre compte de cette réalité pour éviter qu'on finisse dans un labo alors que ça correspond pas à notre rêve^^
Heureusement, il y a des initiatives comme la Science Académie, qui prend des lycéens et qui les met quelques semaines dans des labos, pour qu'ils voient comment ça se passe vraiment. S'il y en a ici qui sont encore au lycée et qui se demandent si la recherche est faite pour eux, je les encourage à faire un stage en labo plutôt qu'à se baser sur l'enthousiasme de leur prof de physique/chimie.

Je cause, je cause, et j'ai même pas donné mon parcours professionnel à moi. Réparons cela.

Avant le bac
Au collège, intello dans une cité de banlieue, je m'intéressais autant aux matières littéraires que scientifiques. J'ai commencé à m'épanouir en changeant de collège, car j'ai pu enfin trouver d'autres gens qui n'avaient pas honte de s'intéresser un peu à ce qui se passait en cours. Au lycée, j'ai commencé à m'intéresser sérieusement à l'informatique et à me désintéresser totalement des sciences, désintérêt que je met sur le compte du lycée, comme vous avez pu le lire plus haut. Malgré tout, filière S. Je crois que ma meilleure note au bac a été en LV3, puis LV2, bref, je n'avais pas un profil fortement connoté "scientifique".

La fac
Pour de mauvaises raisons (suivre une fille, et ne pas faire de chimie), je fais un parcours "maths et sciences sociales" et pas "maths et informatique". J'ai clairement dans l'idée de finir informaticien, car on est en 1999, en pleine bulle Internet. Je trouve la partie sciences sociales très intéressante, même si ça plombe un peu mes notes au début. Je suis nul en maths; ça commence à nouveau à m'intéresser, mais j'ai trop de lacunes. Au sortir du DEUG (fin de L2 pour les petits jeunes), j'ai décidé que je voulais être professeur des écoles parce que j'ai envie d'enseigner, mais pas envie de me spécialiser dans une seule filière. On me refuse l'entrée en licence pluridisciplinaire qui prépare au concours adéquat, mais comme n'importe quelle licence suffit pour passer le concours, je m'inscris en informatique.

Là, tout se passe bien, j'ai des années d'avances sur la plupart de mes camarades, donc c'est les vacances. On a une UE "projet de programmation", et comme ça a l'air marrant je choisis un sujet de bioinformatique. L'enseignante qui a proposé le sujet voit en moi un bon étudiant, et me propose de faire un stage de recherche pendant l'été. Pour la première fois je fais de la recherche, c'est à dire que je travaille sur un problème dont personne ne connait la réponse. L'ambiance est sympa et détendue, bref, très bon été. À partir de ce moment là, je sais que ce que je veux faire, c'est de la recherche, et je continue à faire des stages quand je peux.

Je vais faire mon Master 2 dans une plus grosse fac, pour avoir de meilleurs chances d'avoir une bourse de thèse. C'est un master a forte connotation mathématique, je trouve ça super intéressant mais les résultats en pâtissent. J'ai le master, mais je suis trop mal classé pour avoir une bourse. Je vais faire un autre master de maths et d'informatique pour retenter le coup. J'ai une meilleure mention, mais je n'ai pas de bourse. Je pars bosser dans le privé pendant un an.

Le privé
Contrairement à beaucoup de gens qui sont plutôt académiques, je ne vais pas critiquer le privé: j'ai passé une année intéressante à bosser dans une petite boîte. Horaires de fous, grosse charge de travail, mais j'avais pas mal de latitude sur ce que je faisais, et c'était intéressant. Pourtant, il me manquait quelque chose: l'impression que ça servait à produire quelque chose d'utile.

Retour à la recherche
Un jour, le labo dans lequel j'avais fait tant de stages publie une offre de thèse. J'y répond, on se souvient de moi, je suis pris. Depuis, je fais de la recherche, j'enseigne, et je m'amuse comme un petit fou (sauf quand il s'agit de passer un mois d'août reclus à rédiger, mais bon...)

J'apprécie beaucoup l'ironie d'enseigner (parfois) les maths en licence alors que quand moi j'étais en licence j'avais des notes catastrophiques. Il m'a fallu beaucoup de temps pour surmonter les barrières que le lycée avait posé vis à vis de cette matière. Mais au moins quand quelqu'un me dit qu'il est nul en maths j'ai des arguments pour l'encourager.

Pour ma part, j'ai un parcours professionnel assez spécial, même pour des pros de la recherche d'emploi.

J'ai terminé mes années d'école obligatoire à 15 ans (en 1997 donc), en Suisse, c'est le plus jeune possible pour sortir de l'école, et j'ai commencé une formation de monteur-électricien fortement poussé par une personne, à ce moment là, très influente dans ma vie.

Pour diverses raisons, mon appréciation du métier n'étant pas des moindre, je met fin à cette formation, durant normalement 4 ans, au bout d'une année.

Au bout de quelques mois et après un stage dans une grande société, son nom ne vous dira sans doute rien, on m'oriente vers la formation d'automaticien, étant encore juste dans les limites pour décrocher un contrat d'apprentissage cette année là, je m'y colle à fond et décroche une place.

8 mois plus tard, constatant que lorsque l'on m'a orienté vers ce métier, on m'avait trompé et n'ayant que des choses que je déteste de base, je souhaitais partir dans l'informatique et j'ai fait 8 mois de mécanique, j’interromps cette formation.

Durant l'année qui suivi, je fis des mesures du chômage spécialement prévue pour les jeunes chômeur et, en parallèle et toujours grâce au chômage, je prend des cours d'informatique.

Après ces mesures, je fis divers jobs (la liste n'est pas dans l'ordre chronologique mais c'est sans importance):

-Vente au porte à porte
-Maçonnerie
-Pose de carrelage
-Peinture
-Plâtrerie
-Débarras d'appartement
-Montage et pose de meuble préfabriqué
-Secrétariat
-Aide à la rédaction de divers document sur informatique
-Professeur privé de mathématique
-Représentant en carte de crédit pour les sociétés


Bien sur je n'ai pas enchainé toutes ces activités l'une derrière l'autre, il y a eu des coupure entre deux allant de quelques jours à 1-2

Dans cette même période et un peu au milieu de la liste si dessus, je suis également parti 6 mois dans le Var dans un domaine viticole ou j'ai aussi fait pas mal de truc en fait, un peu tout ce qu'on peut faire dans un domaine viticole:

-Vendange
-Mise en bouteille
-Préparation de palette pour l'envoi
-Vente directe au magasin du domaine
-Vente sur le marché du village


Là, environ 2 semaines après la fin de mon dernier job, une chaine de magasin ou j'avais postulé pour un poste mais ou je n'avais pas été retenu me contacte et me demande si je suis disponible puisque le poste en question était redevenu libre.

N'ayant rien en vue, j'accepte et je deviens magasinier-libraire. Le fait d'avoir ce job m'a apporté énormément de chose:

-J'ai du déménager et prendre mon indépendance
-J'ai trouvé ma première vrai relation amoureuse et mon dépucelage
-J'ai trouvé ma seconde vrai relation amoureuse
-J'ai trouvé un frère de cœur
-J'ai connu l'abondance financière

Enfin ça, c'est pas du domaine professionnel mais ça a quand même contribué à faire de moi ce que je suis. Niveau job, voilà ce que j'y ai fait:

Engagé pour faire les arrière librairie au début (déballage, cotation et renvoi des invendu), j'ai rapidement été sollicité par le gérant pour faire des remplacement à la caisse, puis des remplacement à la vente aussi: CDs, DVDs, Livres, Informatique et jeux vidéo. Au bout de 5 mois et demi, le gérant m'invite à prendre un café, chose plus qu'inhabituelle de sa part, et me propose de transformer mon CDD qui arrive à son terme en CDI. J'accepte, j'aime bien la vie que me procure mon salaire!

La chaine change de gérant pour une raison X ou Y dont je me fout totalement tant qu'il ne me vire pas. Au bout de quelque temps, le gérant, que j'ai croisé que quelques fois et à qui j'ai dis au maximum 2 mots: Bonjour et Au revoir, me prend en particulier et me met à la tête du rayon informatique et jeu vidéo.

Un peu surpris, vu qu'il ne m'a jamais répondu, j'ai accepté. environ 1 semaine après, il me reprend à part et là, me donne une tâche journalière: prendre les chiffres du jour précédent, les introduire dans le fichier prévu à cet effet et le lui envoyé par mail.ce fût la dernière fois que je le vis.

Le fait de perdre ce même job, car la chaine de magasin avait décidé de fermer les rayons ou je travaillais, m'a aussi fait découvrir pleins de choses:

-J'ai découvert la rue
-J'ai dû quémander
-J'ai découvert la trahison
-J'ai découvert également le sens de la véritable amitié

Depuis cette emploi que j'ai tenu 1 an et demi, ce fût mon plus long emploi, et qui se termina en 2003 je n'ai retravaillé qu'une fois, durant 3 mois comme opérateur de saisie, c'était il y a environ 3 ans mais je ne le calcule pas comme un vrai job, c'est facile de simuler que tout va bien et qu'on sait ce qu'on fait pendant 3 mois.

Voilà tout ce que j'ai fait professionnellement parlant.

En ce qui concerne mon avenir, ça me fait un trou de presque 8 ans depuis mon dernier véritable emploi compliquer à faire passer ça à un patron, j'ai donc décidé de me pencher vers autre chose.

Aucun de ces emploi ne m'a apporté réellement de plaisir, ça me faisait ch*** de me lever le matin, et de reprendre après la pause de midi, aucun intérêt sur le plan intellectuel ou personnel et surtout, rien de nouveau à apprendre.

Donc, j'ai décidé de me créer mon job sur mesure pour moi. Je sais que ça ne sera pas facile mais là, j'ai la meilleur motivation du monde, c'est mon job et mon rêve et je veux absolument y arriver et devenir un écouteur-conseiller!

Ce fût un peu long mais bravo à celles et ceux qui sont arriver au bout!

Neonours
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 13.09.11, 07h22 par Worldreams
  • [0] Intéressant le 15.11.11, 17h46 par Oldboy

tiamat a écrit :Alors me concernant je sais que je ne suis pas du tout dans la branche qui me convient.

Et pour cause, je suis quelqu'un de littéraire qui travaille dans l'informatique.

Mais revenons sur le pourquoi du comment. Après une seconde catastrophique pour des raisons familiales, les professeurs ne voulaient pas me laisser redoubler. J'ai donc fait un BEP/CAP d'électrotechnique puis une première d'adaptation et une terminale STI génie électrotechnique.

Après mon bac, je me dis que je vais peut-être pouvoir faire autre chose (fac de lettre, école de journalisme, fac de psycho...) mais là, pression familiale, j'enchaine sur du technique et fait un BTS IRIS (Informatique et Réseaux pour l'Industrie et les services techniques).

Et voici 6 ans que je suis dans la fonction de support et je commence sérieusement à saturer.

Là je suis en alternance et je prépare un CQP (diplôme batard qui donne Bac+3)

La reconversion n'est pas vraiment le truc le plus facile alors j'attends d'avoir trouvé LE métier que j'aurais vraiment envie de faire.
Bienvenue au club, j'ai exactement le même parcours sauf que j'ai pas eu les diplômes. :lol: Moi je compte avant tout sur mon talent personnel et le travail pour réussir à devenir entrepreneur dans quelques années et surtout créer ma propre maison d'édition, pour faire ce que j'aime quitte à être éditeur de livre au lieu qu'écrivain en soi (ou les deux si c'est possible)

Tiens, ben je vais tenter de répondre au topic. Professionnellement, je suis tout près de toucher le fond. Reste à voir si je vais creuser, ou donner le coup de talon.

Léger dérapage

Situons le début de l'action au lycée. Moment fatidique ou je remplis la demande d'inscription en prépa. Voyons, premier choix MPSI, c'est le classique. Deuxième choix, PCSI. Non, j'aime pas la chimie. Idée saugrenue : PTSI, ça doit bien exister, T comme Techno, ça doit bien exister, non ? Allez, va pour PTSI. De toutes façons, je veux être ingénieur du son.

Heureux hasard et Révélation ?

Refusé en MPSI. Faut pas déconner : je passe alors beaucoup plus de temps sur ma guitare que sur mes maths. D'autant que mes parents avaient eu la légèreté de parier qu'ils me paieraient un ampli si j'avais plus de 16 au bac de français.
PTSI : accepté. Les préparationnaires rentrent avant les faqueux : autant essayer, non ? Du moins, c'est la position des parents. Soit, ça n'engage à rien. J'apprendrais plus tard à la lecture du Traité de Manipulation à l'usage des honnêtes gens, que les choses qui n'engagent à rien engagent souvent.
Donc, je reste l'année en prépa. Et en fait, si je commence l'année dans les derniers de promo, je me découvre vite des facilités en maths et physique. Facilités relatives : les autres sont bien plus interessés par les sciences de l'ingénieur ou je reste médiocre.

Mégalomanie

Mais celà suffit à nourrir une certaine mégalomanie de ma part : si les sciences de l'ingénieur ne m'interessent pas, c'est que mon esprit est trop pur pour les considérations techniques, qu'il est fait pour l'ether des raisonnements subtils et des arguments raffinés. Je me vois déjà... Normalien. L'ENS Cachan. Plus accessible en PT que dans toutes les autres classes préparatoires, l'idée d'appartenir à ce que je ressentais comme une élite intellectuelle me fait palpiter de désir.
Et, au pris d'un redoublement de la seconde année de prépa, je parviens à intégrer l'objet de mon désir.

Pacte avec le diable.

Une des premières formalités que doit remplir un élève normalien est de signer un engagement décennal. En contrepartie d'un traitement plus qu'honorable pendant quatre ans d'études, il doit passer dix ans dans les corps de l'état. Cet aspect est, à mon époque, considéré rapidement par les élèves. Le salaire est vu comme le prix de leur travail en classes préparatoires, non comme un engagement sur l'avenir. Les dix ans dans les corps de l'état, dans un contexte ou ceux-ci recrutent à plein, ne semble pas un problème. C'est un non problème, non soulevé, non discuté. D'ailleurs, qui se poserait la question après le dscours lénifiant de rentrée, ou le mot "élite" est extrêmement présent... Au contraire de celui de "bonheur".

La cire fond fond fond, mon petit Icare d'Athenes

Très vite, le rêve s'effrite. Tout dans mon travail de préparationnaire, je m'étais peu renseigné sur l'école, et n'en avait que l'image d'Epinal transmise par les autres élèves. En particulier, je ne faisais pas la distinction entre Cachan, ou nous autres anciens PT avions accès à des filières de Sciences de l'Ingénieur (mécanique, génie civil, EEA), et Ulm, ou les élèves sont réputés pouvoir s'interesser à tous les sujets qui leurs chantent.
Ayant choisi le département qui me semblait le moins pire (physique appliquée), je déchante rapidement quand aux espoirs de brillance intellectuelle.
De plus, je m'entend assez mal avec les autres élèves. Rêveur, pas carriériste, rétif à l'autorité. L'institution "école" me fait horreur, l'institution "élèves de l'école me fait encore plus horreur.

Un pas de côté

Au lieu de préparer l'agrégation dans une matière que j'en arrive à haïr, et dans laquelle le nombre de postes est inférieur au nombre de normaliens, je fais un stage long dans une start-up qui utilise des technos optiques sur du végétal. Je développe un truc pour les viticulteurs de Champagne, j'adore ! Et puis, l'impression d'être sur le pont de quelque chose qui avance me grise. Le vent rude et la mer grosse plaisent au breton. Ca marche pas si mal : après le stage, un contrat d'ingénieur de cinq mois. Avec la perpective d'une thèse CIFRE par la suite.

Patatra

Thèse CIFRE dont je dois trouver sujet, directeur de thèse, etc. Et là, je progresse péniblement... Tellement péniblement que le projet tombe à l'eau et que, sous la pression des investisseurs, l'entreprise embauche un commercial. Bon choix pour eux, je dois dire.
Un peu déstabilisé, je dois trouver un autre sujet. A cette époque, ma compagne pense que je suis en dépression. En tous cas, je suis un peu déstabilisé

La formule infaillible pour un mauvais recrutement

Je trouve un sujet de thèse, toujours avec un peu de physique et de végétal. Les recruteurs semblent enthousiastes. J'ai compris plus tard qu'ils ont utilisé la formule infaillible pour un recrutement pourri.
" Un sujet qu'on comprend pas" + "Un mec qui fait des trucs qu'on comprend pas" = WIN
Trois ans de descente aux enfers.

Reprendre pied

Les enfers, j'y suis toujours. Là, je suis en train de consolider ma décision d'arrêter sans soutenir. J'ai du mal. J'avais construit un projet cohérent pour arrêter, j'étais sélectionné à un concours d'idée innovante, je comptais consacrer l'année à mûrir mon projet et à me former. Mais l'institution m'a rattrapé, a promis de me faire poursuivre la thèse dans de meilleurs conditions. Inutile de dire que celles-ci se sont vite dégradées.
Je tente de me construire un projet professionnel, mais, ne m'étant jamais vraiment posé la question de ce que je voulais, j'oscille entre plusieurs pôles. L'irréaliste : être travailleur indépendant surpayé pour mon expertise. Expertise oui, mais de quoi ? Le perssimiste : toute ma vie dans le froid des ateliers d'une usine d'agroalimentaire. La recherche de sécurité : Engagez-vous ! Le changement radical : animateur nature ?

Une lueur au fond du trou

J'ai trouvé, pour la première fois de ma vie, une annonce de recrutement qui me plait vraiment. Un job que je me verrais bien faire. Qui nécessite une capacité à comprendre du scientifique, mais aussi des capacités relationnelles. Je ne pense pas pouvoir être embauché, mais l'existence de ce boulot est déjà un signe positif.

Pourquoi écrire du fond du trou ?

Donner le spectacle de sa faiblesse, à quoi ça sert ? Y-a-t-il des choses à en tirer ? Je pense que oui.
Jeune qui me lis : ne prend pas d'engagements avant de réfléchir à ce que tu engages. Sérieusement.
De plus, il semble peut être naïf de croire que les écoles fournissent un avenir clé en main. Néanmoins, c'est une illusion partagée par pas mal de taupins qui viennent d'intégrer, et encouragée par les élèves plus agés. Les écoles peuvent fournir un tremplin extraordinaire, mais soyez conscients que cela demande un effort derrière, d'autant plus difficile que l'on n'a pas intégré les valeurs de l'école.
Enfin, les petits boulots étudiants, ça sert aussi à prendre contact avec la réalité de l'emploi, à prendre conscience de sa valeur. Ne restez pas fermé sur un projet professionnel en marbre, expérimentez, faites des stages.

Ca vous évitera peut être une belle crise de la trentaine.
Come on and Rise / Free your soul / Catch the dream where we all shine (Samael)

Elève plutôt bon, et pas le plus gros des bosseurs, je me laisse porter par le vent. Bac L parce que je suis moyen en sciences. Puis je pars à la fac, en LEA, parce que je sais pas trop ce que je veux faire comme boulot. Je vais jusqu'au bac+4. Je refuse de faire le +5 dans ma fac et je me présente à plusieurs masters. Je fais 1er et 2e aux sélections. Sur liste d'attente... Je commence à chercher du boulot.

Ce que j'aimerais bien, c'est trouver un boulot dans la région de Montpellier, parce que je m'y plais beaucoup. Et que j'ai une petite amie qui a des gros seins. Je me voilais un peu la face sur la situation économique de cette région. Je trouve pas de boulot. Elle me quitte. Je quitte la région.

Je trouve un boulot dans mes cordes à Nice. Je négocie comme une cruche, au point que la directrice me propose un salaire supérieur à ma fourchette haute (bénie soit elle). J'ai 21K + une voiture et la patate de frais. Je suis commercial pour une boite scandinave.

J'y reste trois ans. Puis licenciement économique. Ma copine s'est faite virer deux semaines avant. On est en octobre 2008. On décide de prendre un mois pour voyager. Et trois semaines pour refaire son appart. Nous voici en 2009, prend ta crise dans la gueule.

* Pour les gens de 81, on a grandi dans le crédo :" vous aurez jamais de souci pour trouver du boulot, vous serez sur le marché de l'emploi en plein papy boom". La blague *

Un an sans trouver de boulot. Des centaines de candidatures sur toute la France**, quelques entretiens. Idem pour ma compagne. On quitte la Cote d'Azur pour Lille. Elle se lance dans un 2e master (RH après un diplome d'école de commerce).

** Mentez sur votre adresse sur votre CV, plus de 30km du lieu de travail, vous êtes out. Alors si vous postulez de Nice pour Paris....

Faut que je fasse quelque chose. Un an à VRAIMENT chercher du boulot sans en trouver, ça vous change en carpette. Ma formation ne me permet pas de trouver facilement du boulot. Et je n'aime pas chercher du boulot.

=> Apprends autre chose. Je décide de me former à un métier rare. Peu de débouchés, mais peu de concurrence. 15 candidats au CAP pour 4 régions. Je trouve du boulot avant même d'être diplomé. Je deviens projectionniste. Après un premier contrat de 6 mois, je trouve un poste mieux payé que mon précédent job. On s'intalle en region parisienne avec ma compagne. Reconversion gagnante.

10 mois en CDD dans un grand groupe. 35h en décalé. Je commence à 8h30, je finis à 16h30, ou alors, je commence à 16h30. 2000€ brut. Je vois un max de films. Les CDI choisissent leurs congés en fonction des miens.

Et grâce à ça, j'intègre une boite informatique spécialisée dans le cinéma numérique. La plupart de mes collègues sont ingés, j'ai zéro diplome en informatique, mais je connais le milieu et j'ai la gniaque. Résultat, je suis pris sur 34 candidats.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Bonne idée ! le 05.10.11, 15h38 par achribu
  • [+1] Intéressant le 05.10.11, 21h41 par Innocent
Toutes les réponses à vos problèmes ne se trouvent pas dans les fesses des filles...

Sujet intéressant.
Pour ma part, j'ai commencé à travailler à 23 ans, après mon service militaire (!) et un parcours scolaire assez mitigé (niveau BTS Action Commerciale).

Ne voulant plus vivre chez mes parents, à la sortie de l'armée, j'ai fait les petites annonces et j'ai trouvé un travail de vendeur en porte à porte pour France Loisirs. J'ai bossé 3 ans comme vendeur (réussissant à chaque fois les concours récompensant les meilleurs vendeurs) et j'ai été 1 an chef de groupe, avec encore la de très bon résultats. Et j'ai démissionné ! Pour vous la faire courte, j'estimais mon directeur d'agence, il a eu une promotion. Je ne me suis pas entendu avec son successeur.

Avec l'argent que j'avais gagné (et économisé !), j'ai eu l'opportunité de m'associer avec 3 potes pour monter une salle de jeux en réseau à Paris. L'aventure à duré 2 ans, la boîte à coulé car c'était le début de l'adsl "ouvert à tous". Pas assez rentable, mais j'ai passé d'excellentes années là-bas, entre les gamers boutonneux et les bimbos surfant sur le net (et une cougar, miam !).

Je me retrouve au chômage pendant 5-6 mois. J'en profite pour faire un bilan de compétences. Je vous le conseille quand on ne sait pas trop quoi faire de sa peau.

Je trouve une opportunité pour faire une année spéciale en IUT Informatique à Orléans. La formation trop dure (ou moi pas assez intelligent !), j'arrête 2 mois avant la fin.

Re-période de chômage. Un pote ouvre une société de vente de vins, il me prends comme vendeur. Un an après je rachète les parts de son associé. Me voici co-gérant de société. 3 ans. Dépôt de bilan en 2009 (d'ailleurs le tribunal de commerce statut le 18 octobre prochain).

Période de chômage encore, plus trop de motivation car le dépôt de bilan m'a coupé les jambes.

Maintenant je suis à mon compte dans l'assistance informatique à domicile depuis un an.

Si j'ai une chose à retenir de mon parcours professionnel c'est que rien n'est jamais mort ! J'ai toujours pu rebondir et toujours fait un travail qui me plaisait.
"L'amour... il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. A partir de quoi il m'apparaît urgent de me taire." [Pierre Desproges]

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