[LITTÉRATURE] Poésie

Note : 31

le 13.12.2013 par wayl

57 réponses / Dernière par FK le 23.11.2021, 22h19

Parce que des fois, on fait autre chose que regarder Netflix. Partagez et discutez ici de ce que vous aimez et de ce qui vous intéresse.
Entre les Poèmes saturniens et les Fêtes galantes, difficile de faire mon choix ! Mais franchement, ce qui est le mieux avec Verlaine, c'est d'offrir l'intégralité de son oeuvre poétique :wink:
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  • [0] Merci ! :) le 05.05.14, 20h21 par amelia

J'ai oublié de te remercier pour le superbe poeme d'André Breton, chère Luxlisbon. Oserai-je un jour poster ici certaines de mes poésies de voyageur fougueux écrites dans ma jeunesse ?

(Rien à voir mais je me rappelle avoir fait une soirée écriture sortie de nulle part avec des potes et une bouteille de vodka. Rien de prévu et on décide de s'y mettre, c'était franchement drôle)

Merci Lux! En plus c'est entre ces deux là justement que j'hésite, je sens que je vais lui prendre les deux ahah. Mais oui, vraiment difficile de faire un choix, au pire je prendrais l'oeuvre complète c'est vrai . Merci encore!



Tu piques ma curiosité Owen :)

Owen a écrit :J'ai oublié de te remercier pour le superbe poeme d'André Breton, chère Luxlisbon. Oserai-je un jour poster ici certaines de mes poésies de voyageur fougueux écrites dans ma jeunesse ?
Tu devrais oser, oui. J'ai déjà lu des trucs très bien sur le net : c'est pas parce qu'on n'a pas publié qu'on n'a pas de talent, loin de là.
(Et de rien pour Breton, ce mec m'a juste amenée à la littérature, je lui serai reconnaissante à vie.)
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  • [0] 100% d'accord le 05.05.14, 21h26 par wayl

Si tu ne veux pas te ruiner Amelia, les poêmes saturniens reste le must :D.

Sinon j'ai toujours préferé Rimbaud à Verlaine: plus fougueux, plus épique,...
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  • [0] Merci ! :) le 05.05.14, 22h40 par amelia
"Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu'il n'est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main."


http://ravenetcaramel.wordpress.com

#membre honorable du groupe des flemmards de FTS

C'est marrant Wayl, personnellement j'ai une très nette préférence pour Verlaine. J'avais commencé avec Rimbaud, je me suis accrochée mais au final j'ai eu du mal. D'ailleurs par association, je pensais que Verlaine ne me toucherait pas et pourtant je l'adore. Si je devais en garder 5 (pas d'ordre de préférence): Baudelaire, Verlaine, Musset, Prévert, Hugo. (et Lamartine et Apollinaire et Ronsard) :)

Ah tiens un sujet sur la poésie, ça me changera de mes photomontages.
Alors déjà, je suis très étonné que dans un sujet comme celui-ci, on mentionne Goldman ou Brassens, mais que ça ne parle pas de rap.
Sérieusement :

[youtube][/youtube]

[youtube][/youtube]

Bon sinon. J'aime Baudelaire. Genre passionnément. J'ai le spleen n°3 tatoué sur tout le dos ("J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans"), une Saison en Enfer, Gaspard de la Nuit, d'Aloysius Bertrand, les Chants du Maldoror de Lautréamont, et énormément la poésie anglo-saxonne type Eliot, Coleridge, Yeats, Blake (The Ancient Mariner, The Waste Land).
Et la vieille poésie épique (genre Beowulg, les Eddas, la saga du Niebelung, les Mabinogion, Kalevala...). Et celle des réalistes sud-américains (Neruda, Garcia Marquez, Borges, Jodorowsky). Oui je sais j'ai des goûts bizarres.
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  • [0] Like ! le 06.05.14, 08h50 par MaryeL
  • [+1] Merci ! :) le 06.05.14, 09h41 par wayl

Baudelaire, ce Spleen là, c'est monumental. C'est ce qui est fort avec Baudelaire, c'est que tout est sublime.




Tiens ça me donne envie de mettre le I de Voyage:


Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !





Et merci pour les noms pour la poésie anglo-saxonne, ça me donne des pistes comme j'ai envie de m'y mettre.

D'ailleurs si quelqu'un connait la poésie italienne, je suis preneuse d'idées !

Ah oui, il y a la Jérusalem Délivrée du Tasse et le Roland Furieux de l'Arioste.
Et Gabriele D'annunzio aussi ça défonce.
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  • [0] Merci ! :) le 06.05.14, 00h36 par amelia

Ah génial! Merci Beaucoup Banshee, c'est parfait, ça me donne pleins d'idées, pour changer un peu de ce que je lis d'habitude, et faire un petit voyage par vers.

Je vais me tenter la poésie italienne... en italien ahah.

Banshee a écrit :Ah oui, il y a la Jérusalem Délivrée du Tasse et le Roland Furieux de l'Arioste.
Et Gabriele D'annunzio aussi ça défonce.
Alors là excuse moi mais épouse moi, quoi. Ça a juste été un truc de fou quand j'ai découvert Le Tasse et après l'Arioste. Je suis pas très épopée mais ces deux textes sont juste géniaux (je m'étais même tapée la version opéra du Roland Furieux par Haendel tellement j'avais aimé ce texte).
Evidemment aussi, les Chants de Maldoror. Même si ça n'a rien à voir et que ça a probablement conditionné ma sexualité :D Ah et puis le Jardin des supplices de Mirbeau.
Et puis Marceline Desbordes-Valmore qu'on oublie trop souvent :

N'écris pas - Je suis triste, et je voudrais m'éteindre
Les beaux été sans toi, c'est la nuit sans flambeau
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau
N'écris pas !

N'écris pas - N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu'à Dieu ... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais
N'écris pas !

N'écris pas - Je te crains; j'ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire
Une chère écriture est un portrait vivant
N'écris pas !

N'écris pas ces mots doux que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Et que je les voix brûler à travers ton sourire;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur
N'écris pas !
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  • [0] Like ! le 06.05.14, 08h55 par MaryeL
  • [+1] A lire le 06.05.14, 09h44 par wayl
  • [0] Like ! le 11.11.14, 21h20 par Sclavie

LuxLisbon a écrit :épouse moi, quoi!
Je vais me contenter de ton profil facebook, on est en 2014. MP si tu veux.

Banshee a écrit :
Bon sinon. J'aime Baudelaire. Genre passionnément. J'ai le spleen n°3 tatoué sur tout le dos ("J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans"), une Saison en Enfer, Gaspard de la Nuit, d'Aloysius Bertrand, les Chants du Maldoror de Lautréamont, et énormément la poésie anglo-saxonne type Eliot, Coleridge, Yeats, Blake (The Ancient Mariner, The Waste Land).
Et la vieille poésie épique (genre Beowulg, les Eddas, la saga du Niebelung, les Mabinogion, Kalevala...). Et celle des réalistes sud-américains (Neruda, Garcia Marquez, Borges, Jodorowsky). Oui je sais j'ai des goûts bizarres.
Quand j'étais plus jeune je voulais me faire tatouer un ver de l'albatros ahah. Comme quoi…
Ca reste un de mes préférés, bien qu'un des plus simples et plus connus:
"Le Poète est semblable au Prince des nuées,
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher"

Vieille poésie épique, j'adore les histoires, mais pas toujours le style… parfois c'est trop incompréhensible. Mais j'adore l'esprit, le mélange histoire-fantastique. C'est pas des goûts bizarres.
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  • [0] Like ! le 06.05.14, 09h25 par Onmyoji
  • [0] Yep ! :) le 06.05.14, 09h44 par wayl
I know he plays with me
But when he comes all flirty
I can't help but surrender
And it just feels like forever

J'aime bien aussi Tristan Corbière, que Verlaine avait classé dans la catégorie des poètes maudits... Les Amours jaunes est un recueil magnifique, entre désespoir complet et ironie acide. "On aime jaune comme on rit jaune"...

Ça ?

What ?...
Shakespeare

Des essais ? — Allons donc, je n’ai pas essayé !
Étude ? — Fainéant je n’ai jamais pillé.
Volume ? — Trop broché pour être relié...
De la copie ? — Hélas non, ce n’est pas payé !

Un poème ? — Merci, mais j’ai lavé ma lyre.
Un livre ? — ... Un livre, encor, est une chose à lire !...
Des papiers ? — Non, non, Dieu merci, c’est cousu !
Album ? — Ce n’est pas blanc, et c’est trop décousu.

Bouts-rimés ? — Par quel bout ?... Et ce n’est pas joli !
Un ouvrage ? — Ce n’est poli ni repoli.
Chansons ? — Je voudrais bien, ô ma petite Muse !...
Passe-temps ? — Vous croyez, alors, que ça m’amuse ?

— Vers ?... vous avez flué des vers... — Non, c’est heurté.
— Ah, vous avez couru l’Originalité ?...
— Non... c’est une drôlesse assez drôle, — de rue —
Qui court encor, sitôt qu’elle se sent courue.

— Du chic pur ? — Eh qui me donnera des ficelles !
— Du haut vol ? Du haut mal ? — Pas de râle, ni d’ailes !
— Chose à mettre à la porte ? — ... Ou dans une maison
De tolérance. — Ou bien de correction ? — Mais non !

— Bon, ce n’est pas classique ? — À peine est-ce français !
— Amateur ? — Ai-je l’air d’un monsieur à succès ?
Est-ce vieux ? — Ça n’a pas quarante ans de service...
Est-ce jeune ? — Avec l’âge, on guérit de ce vice.

... ÇA c’est naïvement une impudente pose ;
C’est, ou ce n’est pas ça : rien ou quelque chose...
— Un chef-d’œuvre ? — Il se peut : je n’en ai jamais fait.
— Mais, est-ce du huron, du Gagne, ou du Musset ?

— C’est du... mais j’ai mis là mon humble nom d’auteur,
Et mon enfant n’a pas même un titre menteur.
C’est un coup de raccroc, juste ou faux, par hasard...
L’Art ne me connaît pas. Je ne connais pas l’Art.


Préfecture de police, 20 mai 1873.
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  • [+1] Like ! le 13.05.14, 14h45 par Poivron

Je viens de (re)mater Invictus, je trouve que le poème cité est particulièrement inspirant pour le coup :

Invictus

Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll.
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.


William Ernest Henley

Avec Morgan Freeman qui lit c'est encore mieux :

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Keats. Et Bright Star.

Bright star, would I were steadfast as thou art--
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like nature's patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors--
No--yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever--or else swoon to death.

Traduction
Étoile lumineuse, puissé-je être immobile comme toi,
Non pas solitaire, resplendissant au-dessus de la nuit,
Les yeux toujours ouverts,
Veillant avec patience, tel un ermite de la Nature,
Observant les eau mouvantes à leur tâche sacrée
De purification des hommes,
Ou encore contemplant la neige fraîchement
Tombée sur les monts et les bois,
Mais plutôt, toujours immobile, immuable,
Assoupi sur le sein fleuri de ma bien-aimée
Pour ressentir à jamais son doux mouvement,
Éveillé pour toujours dans une douce insomnie,
Encore et encore à l'écoute de sa tendre respiration ;
Et vivre ainsi toujours, – ou sinon m'évanouir dans la mort.

Rien n'a été publié ici depuis trop longtemps!
Je viens de tomber sur un poème d'Anna de Noailles et il m'a beaucoup touché, j'ai envie de vous le partager:

La mort fervente.

Mourir dans la buée ardente de l'été,
Quand parfumé, penchant et lourd comme une grappe,
Le coeur, que la rumeur de l'air balance et frappe,
S'égrène en douloureuse et douce volupté.

Mourir, baignant ses mains aux fraîcheurs du feuillage,
Joignant ses yeux aux yeux fleurissants des bois verts,
Se mêlant à l'antique et naissant univers,
Ayant en même temps sa jeunesse et son âge,

S'en aller calmement avec la fin du jour ;
Mourir des flèches d'or du tendre crépuscule,
Sentir que l'âme douce et paisible recule
Vers la terre profonde et l'immortel amour.

S'en aller pour goûter en elle ce mystère
D'être l'herbe, le grain, la chaleur et les eaux,
S'endormir dans la plaine aux verdoyants réseaux,
Mourir pour être encor plus proche de la terre…
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 12.11.14, 00h29 par amelia
  • [+1] Like ! le 12.11.14, 10h21 par FK
I know he plays with me
But when he comes all flirty
I can't help but surrender
And it just feels like forever

Le vaisseau d'or

Ce fut un grand vaisseau taillé dans l'or massif:
Ses mats touchaient l'azur sur des mers inconnues
La cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vient une nuit frapper le grand écueil
Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un vaisseau d'or, dont les flancs diaphanes
révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégout, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève?
Qu'est devenu mon cœur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!..

Emile Nelligan (1879-1941), Québec.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Like ! le 12.11.14, 10h21 par FK

Un matin d’été sur le port

Ayant vaincu la nuit, l’aurore toute molle
Semble un long drap laiteux piqué de veines d’or,
Comme si jusqu’au sein de la blancheur qui dort,
Des fils de diamants tissaient une auréole.

Puis vaporeuse et blonde à la pointe du môle,
Tout à coup la nue ivre éclabousse le port
Et le vent secoué d’un magique transport,
Déguste à l’infini la lumière qu’il frôle.

Les barques scintillant sur le tapis des eaux,
Avec sublimité, vibrent de chants d’oiseaux ;
Le grand ciel ingénu fait pétiller chaque âme ;

Et le soleil toujours plus vaste et glorieux,
Dans la tiédeur marine où se jette sa flamme,
Caresse longuement tous les cœurs et les yeux.

Thierry Cabot - 1958/-. Toulouse.
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  • [+1] Like ! le 12.11.14, 10h22 par FK
  • [0] Like ! le 12.11.14, 12h37 par MaryeL

C'est marrant MaryeL, je me disais exactement la même chose depuis quelques jours et j'adore ton choix!


Allez un petit Yeats qui a une signification particulière pour moi :


La chanson d'Aengus le vagabond

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