Bien s'informer à l'ère d'Internet.

Note : 87

le 26.02.2015 par FK

27 réponses / Dernière par tibdeconne le 08.03.2015, 10h42

Parce que des fois, on fait autre chose que regarder Netflix. Partagez et discutez ici de ce que vous aimez et de ce qui vous intéresse.
(je reposte ici ce fabuleux message écrit par quelqu'un d'autre, qui souhaite rester anonyme)

Petit article sans prétention aucune, si ce n'est d'apporter ma vision sur un point que j'estime aujourd'hui, plus que jamais important :

l'Information.

Je pense que je n'apprends rien à personne en disant que vous vivons aujourd'hui, dans une société ou le flot d'information est non seulement continu, mais également extrêmement important quantitativement parlant. En plus de cela, la qualité de l'information est aujourd'hui estimée non pas à sa véracité, mais à sa rapidité de transmission. Plus l'information est délivrée rapidement, plus elle est considérée comme étant "bonne".

Il n'y a qu'à voir l'explosion de l'audimat sur des chaînes comme BFM TV.

Cette course à l'audience s'est d'ailleurs fait sur le modèle américain, établi sur la culture du scoop et de la "chaleur" de l'info. Des diplômés d'écoles de communication qui viennent faire chier les groupes d'interventions lors d'une prise d'otage, pour nous donner des informations, bien souvent erronées d'ailleurs, en quasi-direct.


Concrètement : on est aujourd'hui plus informés qu'on ne l'a jamais été, si l'on s'en réfère à la quantité d'informations que l'on reçoit par jour. Mais nous sommes en revanche, extrêmement moins bien informés qu'autre fois, si l'on s'en réfère à la qualité intrinsèque des informations que l'on reçoit. Nos cerveaux n'ont plus le temps de trier le vrai du faux, et je ne m'étalerai pas sur des théories fumeuses pour tenter expliquer pourquoi nous en sommes arrivés la, chacun se fera sa propre idée, le fait est que nous y sommes.


Récemment, l'affaire WikiLeaks a relancé le débat sur le droit à l'information, et a probablement changé la donne, pour toujours. Il s'agit de la plus grande fuite de renseignement de l'humanité. Le problème, encore une fois, c'est que la quantité d'information est bien trop importante pour pouvoir être analysée par nos pauvres petits cerveaux humains (des sites ont été conçus pour pouvoir archiver et trier les documents ayant fuis par WikiLeaks).

En fait, il est difficile de nos jours, de s'informer correctement si l'on a pas toute sa journée à accorder au tri et à l'analyse de l'information qui nous est délivrée. C'est un boulot à plein temps. Heureusement, des types sont payés pour le faire à notre place : les journalistes et les scientifiques.

En fait, je vous conseille carrément d'éviter la télé. Evitez la. Brûlez la. Quant à internet et ses nouveaux canaux de communication (réseaux sociaux, blogs..), ils ont un intérêt, si l'on sait correctement les utiliser, c'est à dire, ne pas trop les utiliser.

S'il est aussi important de maîtriser l'information, c'est parce qu'elle est une arme. La France, malgré le fait qu'elle ait toujours au minimum une dizaine d'année de retard sur le reste de l'Occident, se dote aujourd'hui sur son territoire, de nombreux cabinets d'intelligence économique. Ce n'est pas anodin.



Les journaux que j'estime être "bons" :


Dixit myself, j'ai toujours considéré la Presse française comme un effroyable ramassis de torchon. L'explication que certains en donnent est que - en plus d'appartenir à un nombre très réduits de propriétaires, et donc d'être sous le joug d'une censure relative (si si, on est pas en Corée du Nord, mais bon..) - les journalistes français ont depuis pas mal de temps sombrés dans un journalisme d'opinion, au détriment d'un journalisme d'investigation. L'Express, Libé, Le Nouvel Obs, ne sont aujourd'hui que de vulgaires blogs ou les "journalistes" (mais je préfère les termes chroniqueurs ou blogueurs) crachent sur tel ou tel phénomène de société sans jamais se soucier d'être objectif.

Je m'étais alors penché sur la presse "subversive", Boulevard Voltaire et compagnie, qui ne tenaient pas alors, les mêmes propos que la presse mainstream. Elle se contente de les contredire, mais reste dans le carcan du journalisme de merde.

J'en viens donc au bons journaux, à mes yeux bien sur :

Concernant la Presse Française, je suis désolé de vous l'annoncer avec aussi peu de tact, mais cela se limite au Monde et, dans une moindre mesure, au Canard Enchaîné (surtout si on aime rire). Le Monde est pour moi le seul journal français qui méritent d'être lu, dans le cadre de la recherche d'une bonne information bien entendu. Si vous avez envie de savoir avec qui baise Nabilla, il y'a d'autres types de journaux.


Il faut finalement se tourner vers la presse étrangère si l'on souhaite obtenir de l'information de qualité. Je suis désolé pour ceux qui ne parlent pas anglais, mais la presse anglo-saxonne et américaine est la meilleure presse du monde (exception faite de quelques journaux Allemands). Cette différence de qualité s'explique d'une part, par la qualité de la formation des journalistes anglais et américain, et d'autres part, par les moyens financiers et techniques de ces journaux, qui dépassent de loin ceux des journaux français. Pour vous donner une idée, le NY Times emploi plus de journaliste que la totalité de la presse française.

Les journaux anglophones se déploient donc plus vite sur les grands théâtres, possèdent des réseaux beaucoup plus importants, et sont encadrés par des équipes éditoriales extrêmement compétentes.

En numéro 1, je place donc le New York Times, qui vient des US.

Ensuite, le Washington Post, The Independent (Angleterre), le Guardian, le Los Angeles time, et The Atlantic. Le NY Post est également très bon.

Pour ceux qui parle Allemand (est-ce que ça existe toujours ?), l'excellent Der Neue Zürcher Zeitung, et Der Süddeutsche Zeitung.


Liste non exhaustive, mais c'est à peu près tout. Evitez à tout prix les WikiStrike, Rue89 et consort, c'est vraiment de la merde.



Le cas de la recherche scientifique.


C'est évidemment la source d'information de base, mais je pense qu'elle ne fait plus référence aujourd'hui. Si le journalisme est majoritairement devenu un outil de propagande des Etats Nations, la publication scientifique est elle devenue un outil de lobbyisme dont se servent les multinationales peu scrupuleuses et les leaders d'opinions. Il faut absolument relativiser la fiabilité des publications scientifiques.

Les publications de recherches scientifiques sont parfois corrompues, on "oublie" volontairement d'étayer les informations, d'appuyer les recherches avec des faits, on manipule les chiffres. En fait, on peut pratiquement faire dire n'importe quoi à une étude, si l'on sait l'énoncer comme il faut, en corrélant des données qui n'ont aucune connexion. Récemment, un chercheur de la prestigieuse Université d'Harvard a été limogé suite à l'apparition de preuves de corruption par une société Pharmaceutique.

C'est dire la fiabilité de certaines études..

En plus d'être une arme économique, l'avis scientifique est également une arme idéologique. Selon le trait fameux avis d'autorité, on crée de toutes pièces de théories IDEOLOGIQUES qui n'ont aucune valeur SCIENTIFIQUES. Il est facile de vérifier si une théorie à un vrai fondement scientifique, puisque les travaux de recherches sont publiquement publiés. Mais personne ou presque ne le fait.


Aussi, la guerre à la rapidité de la diffusion de l'information pousse la communauté scientifique à publier rapidement le fruit de ses recherches sans ne jamais faire aucune contre expertise. Einstein attendait des années avant de publier un principe théorique. Aujourd'hui, on collecte des données, on analyse - souvent avec un énorme biais - et on publie. C'est surtout vrai dans les domaines de la sociologie. Ne vous referez jamais à une étude américaine publiée il y'a quelques années, ça ne vaut strictement rien. L'auteur pourrait tout aussi bien avoir raison qu'avoir tord, personne n'aurait encore eu le temps de le démontrer.

Pour avoir découvert depuis peu l'univers de la recherche universitaire, et de manière moins approfondie, de la communauté scientifique, je peux vous dire que c'est un monde impitoyable et terriblement malsain, ou la course à la publication d'articles (seul moyen d'obtentions de crédit actuellement en France pour un chercheur) pousse les docteurs publier tout et n'importe quoi.







Théoriquement, une information n'est jamais fiable à 100%. Néanmoins, son degré de fiabilité peut s'estimer à l'aune de sa source (qui la déploie), de son recoupement (combien existe-t-il de sources ? existe-t-il des connexions entre ces sources ?) et surtout, surtout, surtout..

De votre bon sens.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Très intéressant le 26.02.15, 16h10 par Mr.Smooth
  • [+1] Il y'a du vrai... le 26.02.15, 16h32 par sebz9999
  • [+3] Post de qualité le 26.02.15, 16h38 par Blusher
  • [+3] Yep ! :) le 26.02.15, 17h04 par Cellar Door
  • [+3] Bonne idée ! le 26.02.15, 17h06 par Poivron
  • [+3] Post de qualité le 26.02.15, 17h11 par amelia
  • [+3] A lire le 26.02.15, 17h23 par The_PoP
  • [+2] A lire le 26.02.15, 17h35 par Rickhunter
  • [+1] Intéressant le 26.02.15, 20h04 par Ramius
  • [+2] Constructif le 27.02.15, 00h52 par Onmyoji
  • [+3] 100% d'accord le 27.02.15, 08h28 par tibdeconne
  • [+3] A lire le 27.02.15, 13h09 par splifstarz
  • [+3] A lire le 27.02.15, 17h13 par FK
  • [+3] Très intéressant le 27.02.15, 20h18 par Thedaze
  • [+2] Bonne idée ! le 28.02.15, 20h53 par Iskandar
  • [+1] Très intéressant le 06.06.15, 00h24 par Couteau2000
Terriblement juste et pertinent. Apprendre à réfléchir avant d'utiliser une "information". Ré-apprendre à se poser des questions. Se responsabiliser.

Si seulement plus de monde pouvait lire tout ça.


Et surtout bravo bravo pour le ton de ton article. Tu ne désignes pas de coupables, tu expliques juste. Tu as évité avec brio de plonger dans le dogmatisme pur et dur ou la critique simple mais peu constructive. Et tu évites le piège démagogique de taper sur "ces cons de journaleux".

Bref chapeau bas.


A lire.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] 100% d'accord le 26.02.15, 19h11 par amelia
  • [0] C'est pas si simple le 28.02.15, 20h55 par Iskandar
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !
Je ne m'y connais pas spécialement en presse dans le domaine de l'information et de la presse par contre je peux donner un avis sur les articles scientifiques.

D'abord, il est très difficile pour quelqu'un de non initié à la recherche de déterminer si oui ou non la qualité d'une information donnée est valable. Surtout qu'ils sont publiés en anglais. La date de publication est déjà un bon indicateur. Privilégiez les articles récents. Au delà de l'an 2000 ça commence à dater. Et encore je ratisse large. Ensuite privilégiez les articles publiés dans les revues prestigieuses comme Nature ou Science. La qualité y est bien supérieure de par la sélection drastique.

Le problème des publications forcées est un vrai problème, ce n'est ni plus ni moins du flicage pour permettre à l'Etat de s'assurer que le professeur payé des milliers d'euros ne se tourne pas les pouces. Du moins en France. Du coup la qualité en pâtit et les rares gros articles de qualité se trouvent dans les revues comme celles que je vous ai cité. Je ne dis pas que le reste est à jeter, ce serait ridicule.

Pour les articles qui ne viennent pas de ces revues, c'est simple. Il faut avoir l'esprit critique pour voir les failles dans le raisonnement et même des connaissances en statistiques (facile...) pour vérifier que le matériel et méthodes n'est pas foireux. Si vous voyez une comparaison de moyenne avec moins de 30 échantillons, ça risque d'être foireux. Le dernier truc que vous pouvez faire si vous n'avez pas un master, c'est recouper l'information. Parfois même, vous trouverez des articles faisant la critique d'autres, et l'auteur de l'article critiqué va ensuite répondre à l'autre. De là vous pouvez vous faire une opinion.

Enfin bref, un vrai sac de noeuds.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Il y'a du vrai... le 27.02.15, 00h53 par Onmyoji
(je reposte ici ce fabuleux message écrit par quelqu'un d'autre, qui souhaite rester anonyme)
Crow a écrit :D'abord, il est très difficile pour quelqu'un de non initié à la recherche de déterminer si oui ou non la qualité d'une information donnée est valable. Surtout qu'ils sont publiés en anglais. La date de publication est déjà un bon indicateur. Privilégiez les articles récents. Au delà de l'an 2000 ça commence à dater. Et encore je ratisse large. Ensuite privilégiez les articles publiés dans les revues prestigieuses comme Nature ou Science. La qualité y est bien supérieure de par la sélection drastique.
Il est évident qu'il est inutile de se pencher sur l'étude d'un papier traitant de la théorie des Cordes, ou de n'importe quel article relatif à la physique quantique, sans le bagage technique qui va avec.

Mais ce n'est pas la même chose pour les sciences molles, qui ne réclament bien souvent, pas d'autres compétences que la connaissance de l'outil statistique (c'est pas aussi simple que ça non plus, mais toujours moins délicat que les maths appliqués ou la mécanique des fluides, on en conviendra). De plus, les biais de raisonnement quant à eux, apparaissent clairement suite à une lecture critique (si t'es pas trop con..).

Quand je lis un papier pour la première fois. J'essaye de partir du principe que l'auteur sait de quoi il parle. Je préfère le lire avec un a priori positif, parce que je sais que de toute façon je ne peux pas être neutre. J'essaye de voir si quelque chose m'interpelle, et je fais une seconde lecture, cette fois ci en partant du principe que l'auteur est un débile profond. Ensuite je fouine.

Pour les articles de psychologie sociale/sociologie/etc.. justement, j'aurai tendance à dire qu'il vaille mieux que celui ci soit un minimum ancien, que le fait social ou la théorie révélé est été bien digéré par la communauté scientifique, que des critiques et des contres-arguments aient eu le temps de s'élever en opposition. C'est à ce moment la et seulement à ce moment qu'un papier peut être affirmé, ou au contraire infirmé. Quand je disais qu'Einstein attendait plusieurs années avant de publier le fruit d'une théorie, c'est pas des blagues. Sur les milliers d'articles qu'il recevait chaque année, il n'en laissait qu'une dizaine paraître et bloquait la parution des autres, non seulement pour éviter l'inflation de la quantité d'articles bien souvent corrélée à une baisse de qualité, mais aussi et surtout pour vérifier le bien fondé de l'article.


La majorité des études qui paraissent chaque année, et reprises avec joie par journaleux/cabinet de com/lobby et association sont invalidées dans les années qui suivent sans que personne n'en parle, ce qui permet aux acteurs que je viens de citer de se construire ou de faire pression autour d'un jeu faussé. C'est extrêmement malsain, parce que lorsque la supercherie est révélée, la campagne, déjà terminée, n'est plus sous le feu des projecteurs. Personne ou presque n'est au courant.


Crow a écrit :Le problème des publications forcées est un vrai problème, ce n'est ni plus ni moins du flicage pour permettre à l'Etat de s'assurer que le professeur payé des milliers d'euros ne se tourne pas les pouces. Du moins en France. Du coup la qualité en pâtit et les rares gros articles de qualité se trouvent dans les revues comme celles que je vous ai cité. Je ne dis pas que le reste est à jeter, ce serait ridicule.
Oui, c'est un vrai problème pour les universitaires, et pour les pauvres citoyens que nous sommes, puisque c'est bien nous qui en mangeons toutes les conséquences. Le problème de base, c'est la culture de la performance dans des secteurs ou la performance ne peut pas se mesurer sous forme d'indicateurs. On a décidé de perdurer dans un système qui n'a aucun sens. Comment voulez vous évaluer la productivité d'un chercheur ? C'est complètement débile puisque son métier, par essence, n'est pas quantifiable : il fait de la recherche. De ce fait, les chercheurs sont prêts à tout pour pouvoir continuer de faire leur boulot, la recherche, et puisque les indicateurs de performance sont relatifs au nombre d'articles publiés (nos énarques l'ont décidé ainsi), ils publient n'importe quoi. Ils se citent entre eux, rabâchent les mêmes idées, qui sont parfois fausses d'ailleurs, mais tout le monde s'en fout. Il arrive même qu'il sache que ce soit faux, mais ils perdurent. Tout le monde y gagne ou presque.


Aux US, c'est encore pire, puisque le financement des chercheurs et des docteurs n'est absolument pas assuré par l'Etat, mais par des fonds privés, qui ont des intérêts commerciaux ou idéologiques avérés. En gros, pour être payé, les scientifiques ont tout intérêt à ce que le fruit de leur recherche aille dans le sens de celui qui signe le chèque. Que dire d'une étude de santé financée par Marlboro ? Ou d'une étude sur les dangers du port d'arme, financée par une filiale de Smith&Wesson ?

Légèrement discutable...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Intéressant le 26.02.15, 21h04 par Blusher
  • [0] En effet le 26.02.15, 21h42 par Crow
  • [+2] Très intéressant le 26.02.15, 22h55 par Rickhunter
  • [+1] Constructif le 27.02.15, 00h55 par Onmyoji
  • [+1] +1 le 27.02.15, 08h32 par tibdeconne
Il est évident qu'il est inutile de se pencher sur l'étude d'un papier traitant de la théorie des Cordes, ou de n'importe quel article relatif à la physique quantique, sans le bagage technique qui va avec.

Mais ce n'est pas la même chose pour les sciences molles, qui ne réclament bien souvent, pas d'autres compétences que la connaissance de l'outil statistique (c'est pas aussi simple que ça non plus, mais toujours moins délicat que les maths appliqués ou la mécanique des fluides, on en conviendra). De plus, les biais de raisonnement quant à eux, apparaissent clairement suite à une lecture critique (si t'es pas trop con..).
En fait je pensais plutôt à la biologie où les statistiques sont très utilisées. Les maths/physiques c'est une autre histoire, je ne sais pas comment se fait la recherche dans le domaine. Ce n'est pas tant le biais de raisonnement qui est gênant. Franchement, un bac+8 voir plus, il a acquis un minimum de capacité d'analyse. C'est plutôt les biais expérimentaux qui sont un problème. Les protocoles doivent être cadrés un maximum et pensés pour minimiser les biais mais ils peuvent avoir des défauts qui perturbent le résultat. Par exemple si tu veux faire une étude sur l'évolution du nombre d'oiseaux migrateurs dans une réserve et que tu les comptes la première année après l' arrivée de la majorité puis l'année d'après avant l'arrivée de la majorité tu vas commencer à en déduire qu'il y a déclin. Oui mais tu t'es planté dans la standardisation temporelle. Et le lecteur qui ne connaît pas les dates de migration des oiseaux va penser que le raisonnement est bon alors qu'il y a un grain de sel. Je simplifie bien sûr (aucun chercheur digne de ce nom ne ferait une erreur pareille), mais tu vois l'idée. Et ces raisons peuvent amener à la critique de la part d'autres chercheurs.
Pour les articles de psychologie sociale/sociologie/etc.. justement, j'aurai tendance à dire qu'il vaille mieux que celui ci soit un minimum ancien, que le fait social ou la théorie révélé est été bien digéré par la communauté scientifique, que des critiques et des contres-arguments aient eu le temps de s'élever en opposition. C'est à ce moment la et seulement à ce moment qu'un papier peut être affirmé, ou au contraire infirmé. Quand je disais qu'Einstein attendait plusieurs années avant de publier le fruit d'une théorie, c'est pas des blagues. Sur les milliers d'articles qu'il recevait chaque année, il n'en laissait qu'une dizaine paraître et bloquait la parution des autres, non seulement pour éviter l'inflation de la quantité d'articles bien souvent corrélée à une baisse de qualité, mais aussi et surtout pour vérifier le bien fondé de l'article.
Il convient de nuancer le propos. Il y a des articles anciens qui sont bien évidemment pertinents et qui servent même de référence dans leur domaine. Je m'attendais à ce type de réponse car je n'ai pas été très clair là dessus mais on est d'accord sur le principe. Après je ne connais pas le domaine des sciences molles donc je ne m'aventurerais pas sur ce terrain là. Mais je reste sur ma position, la bibliographie récente est importante car il y a un renouvellement important et constant des connaissances surtout à l'heure d'aujourd'hui où le monde de la recherche est plus rapide que jamais. Ce qui est vrai aujourd'hui ne l'est plus demain et c'est valable aussi pour les génies que sont Einstein et Freud.
La majorité des études qui paraissent chaque année, et reprises avec joie par journaleux/cabinet de com/lobby et association sont invalidées dans les années qui suivent sans que personne n'en parle, ce qui permet aux acteurs que je viens de citer de se construire ou de faire pression autour d'un jeu faussé. C'est extrêmement malsain, parce que lorsque la supercherie est révélée, la campagne, déjà terminée, n'est plus sous le feu des projecteurs. Personne ou presque n'est au courant.
Ouaip triste. Moi mon coup de gueule ce serait plutot les marketeux qui se servent des neurosciences pour nous rendre addicts (youhou candycrush) ou nous pousser à l'achat avec les publicités qui tapent bien comme il faut sous la ligne de flottaison de ton système nerveux. Mais c'est un autre débat.
Aux US, c'est encore pire, puisque le financement des chercheurs et des docteurs n'est absolument pas assuré par l'Etat, mais par des fonds privés, qui ont des intérêts commerciaux ou idéologiques avérés. En gros, pour être payé, les scientifiques ont tout intérêt à ce que le fruit de leur recherche aille dans le sens de celui qui signe le chèque. Que dire d'une étude de santé financée par Marlboro ? Ou d'une étude sur les dangers du port d'arme, financée par une filiale de Smith&Wesson ?
Je ne connais pas le système des Etats-Unis, j'aurais cru que les chercheurs étaient rémunérés avec les frais d'inscription scandaleux des universitaires. La recherche en entreprise n'est pas nouvelle et existe aussi en France. De toute manière ces entreprises ont déjà toute la publicité qu'elles veulent. Genre, les films à succès avec les personnages cools qui fument et tirent dans tous les sens. J'en reviens à la publicité, vous m'excuserez mais au final c'est de cela dont on parle quand il y a falsification.
Je trouvais ton texte parfait, jusqu’à ce que je tombe sur plusieurs aberration qui on cassé toute la dynamique et la pertinence de ton propos.
Concernant la Presse Française, je suis désolé de vous l'annoncer avec aussi peu de tact, mais cela se limite au Monde et, dans une moindre mesure, au Canard Enchaîné (surtout si on aime rire). Le Monde est pour moi le seul journal français qui méritent d'être lu, dans le cadre de la recherche d'une bonne information bien entendu.
Le monde est un journal de propagande, sûrement un des pires, a mon sens. Ils produisait de bon papier dans les années quatre vingt, mais c'est une époque révolue. Le monde est possédé par trois milliardaire, Pierre Bergés, connue pour ses prises de positions dans la lutte contre les " anti-mariage pour tous " avec des frasques mémorable comme " Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? ", c'est aussi un proche du Partie Socialiste et un ancien amis de François Mittérand.

Xavier Niel, propriétaire de Free, impliqué dans moult démêlé judiciaire, et Matthieu Pigasse, proche de François Hollande et de Ségolène Royal, qui a été secrétaire d'état, en deux milles sept, sous Sarkozy. Les trois hommes sont dans une ligne mondialiste ultra-européiste et proche des politiques. Le journal n'est même pas rentable, et survie grave a dix sept millions injecté par l'état. On re-passera sur la supposée indépendance du " monde ".

Mais le cloue du spectacle revient a ses deux journalistes, Jean-Philippe Rémy et Laurent Van der Stockt. A l'époque, Washington fessait pression sur la Syrie, en menaçant d'une intervention militaire si Damas franchissait " la ligne rouge ", par l'utilisation de ses stocks d'arme chimique. Les deux " journalistes " s'était infiltré, on ne sait pas comment, au sein d'un groupuscule de l'A.S.L. Quelques jours avant le vote du Congrés Americain pour une prise de décision sur une intervention militaire, et ceux, juste aprés une attaque chimique de-facto attribué au régime de Bachard Al-Assad.

Le monde publiait un article de " pur propagande ", en affirmant avoir des preuves de l'utilisation d'arme chimique par le régime de Damas : ces preuves ne reposait sur rien, et l'article ne tenait pas a la critique. L'idée était de se calquer sur l'agenda géopolitique, de mettre un coup de pression pour une intervention. Sur la ligne d'un gouvernement a la pointe, qui a faillit nous entraîner dans une confrontation militaire avec la Russie.
Holden Caulfield a écrit :Il faut finalement se tourner vers la presse étrangère si l'on souhaite obtenir de l'information de qualité. Je suis désolé pour ceux qui ne parlent pas anglais, mais la presse anglo-saxonne et américaine est la meilleure presse du monde (exception faite de quelques journaux Allemands). Cette différence de qualité s'explique d'une part, par la qualité de la formation des journalistes anglais et américain, et d'autres part, par les moyens financiers et techniques de ces journaux, qui dépassent de loin ceux des journaux français. Pour vous donner une idée, le NY Times emploi plus de journaliste que la totalité de la presse française.
Ils ont plus de moyen, mais il sont soumis au même mode de fonctionnement, une mondialisation de l'information, des propriétaire privée, mais surtout, une destruction du journalisme d'intervention. Les investigation n’existe plus, elle sont encadré sur place, par des forces de l'ordre ( police ou militaire ), qui fournisse et dirige une information contrôlé.

Enfin, parlait d'objectivité pour un journal est un non sens, un journaliste objectif, ça n'existe pas, c'est un fantasme, une vue de l'esprit idéaliste, l'objectivité n'est pas une réalité chez l'être humain. Tous les journaux sont des journaux orienté. Le seul moyen de se faire un avis qui ne soit pas " objectif " mais d'une " subjectivité qui nous est propre ", c'est de s’imprégner de tous les points de vue, autrement dit, de toutes les propagandes.

Je m'informe sur des médias de propagande Mainstream Français, mais aussi sur des organes de propagande " Russe " comme la RFI ou la voix de la Russie, tout comme je peux lire Almanar et la propagande Libanaise. L'idée étant de traiter et de trier les points de vue par ma propre subjectivité, dans le prisme de mes convictions et de mes connaissances.

L'erreur serait de penser qu'un journal est objectif, qu'il diffuse une information sans la filtrer, consciemment ou non, par sont prisme idéologique. Cet état de fait est inquiétant, dans le sens ou le " Français non politisé " n'en a pas conscience, prenant BFMTV pour parole d'évangile et de vérité. D'ailleurs, ce dernier ce présente lui même comme un modèle d'objectivité ( avec une ribambelle d'expert trié sur le volet )
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Ca va mieux en le disant le 27.02.15, 00h57 par Onmyoji
  • [+2] 100% d'accord le 27.02.15, 12h51 par Hydrogene
  • [+1] Il y'a du vrai... le 27.02.15, 14h02 par Rickhunter
  • [0] Pas convaincu le 28.02.15, 20h59 par Iskandar
En ce qui concerne la science je suis contre le constat que les articles plus récents sont forcément meilleurs.
Pareil pour le facteur d'impact du journal.
Dans Science on a eu l'homéopathie qui fonctionne et la mémoire de l'eau (et ça a été remis en cause après).
Bien sûr il faut avoir des journaux à comité de lecture pour avoir une bonne info généralement mais au dessus d'un certain impact factor il y a plein de journaux spécialisés qui sont pas aussi prestigieux que nature mafia tout aussi voire plus exigeants et fiables.
Le Bon moyen c'est de choper les revues d'articles sur le sujet, ou de voir les réponses à l'article car les sites comme pubmed les recensent.
Il y a aussi quelques systèmes de publications sans validation.
Ça évite le filtrage par les comités de lecture qui ont un grand pouvoir et parfois des conflits d'intérêt parce que quand tu as trois spécialistes dans le monde sur un sujet hyper balaise et pointu comme les cordes ou les espaces à N dimensions ou autres joyeusetés ben des fois ça manque de fair play. Et les chercheurs en pré publications vont se faire chier grave puisque retarder la publication d'un autre groupe ça peut être pouvoir s'attribuer la découverte de tel truc puisque c'est pratiquement la publication qui fait foi (les cahiers de manipulation ne comptant pas tellement, puisqu'on estime qu'il y a le travail d'interprétation derrière qui fait l'essentiel).
On a donc ces systèmes qui sont validés post publication par la communauté. Quand elle peut. Le mec qui a publié la preuve de la conjecture de Pointcaré (l'un des grands problèmes de maths du XX ème siècle) est d'abord passé par là.
Et la communauté a mis quelque chose comme trois ans avant de réussir à prouver que la preuve était valable.

D'une manière générale c'est le temps qui trie en Sciences. C'est là qu'on voit les vrais génies (Newton, Kepler, Einstein...).
C'est aussi vrai pour la biologie mais plus bordélique parce qu'une même expérience peut être impactée par plein de facteurs biologiques qu'on ne connaît pas encore et qu'on peut difficilement mettre dans un "x" comme en maths ou en physique. Il reste que des articles des années soixante sont encore la référence et cités des milliers de fois dans certaines disciplines alors que plus rien n'est vrai de l'époque dans d'autres.

Le meilleur moyen d'être informé au delà d'une connaissance livresque du domaine, c'est de connaître ses bases (parce que vous imaginez pas les conneries qu'on peut faire croire aux gens alors qu'un peu de bon sens et de physique ou biologie de base leur prouveraient qu'ils se trompent), et d'en avoir un minimum la culture.
D'écouter les grands du domaine sans choisir de camps.
De savoir dissocier ce qui est sciences pures et conjectures infondées ou idéologies. C'est souvent une question de ton, de sens et de perspectives dans les articles.

Il faut aussi pas être suspicieux pour rien. Aux US des tas de gars sont affiliés à des compagnies et publient comme des porcs juste parce qu'ils sont bons. En informatique d'ailleurs les compagnies sont responsables de 50% des avancées théoriques contrairement aux autres domaines.
Et c'est pas parce qu'un mec bosse pour Google ou Microsoft qu'il peut pas faire de la science et de la bonne.
Ces mecs là sont de pures brutes. Tellement qu'ils ont pas besoin de se faire chier avec des querelles de clochers.
Ça marche mieux chez l'autre? On va trouver un autre moyen! Et ils trouvent...

Bref le monde encore une fois n'est pas manichéen avec la bonne et la mauvaise info suivant que le mec est académique ou pas (les autres en ont parlé mieux que moi et j'ai la flemme de revenir sur le sujet pour faire des redites).


Pour les informations autres, les rumeurs, les trucs annoncés par des chaînes ou autres, regardez sur le site Snopes. Ça évite de faire circuler des rumeurs pourries ou des théories du complot à la con (ces gars là ont démonté pas mal de théories bidons sur divers attentats aux US).
Pour la science il y a "i fucking love sciences" sur Facebook qui relaie de bonnes infos, mais aussi le cercle de zététique (les sceptiques qui s'inspirent de James Randi, qui fait la même aux US, et critiquent aussi bien des résultats scientifiques louches que les pseudo sciences qu'ils apprennent d'ailleurs à reconnaître. Comme la programmation neurolinguistique par exemple). Laisser reposer les infos avant de s'enflammer par Twitter ou Facebook c'est aussi un bon état d'esprit à adopter.
Coluche disait "quand le journaliste en sait aussi peu il a qu'à fermer sa gueule" dans les années 80. Aujourd'hui il serait atterré je crois, ça le ferait plus rire.

Le problème étant que c'est un état d'esprit qui est devenu général il faut être le premier à rapporter un truc pour être vu et que les gens aiment se sentir exister comme ça.
Donc ça risque d'être dur de revenir en arrière
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 27.02.15, 02h31 par Crow
  • [+1] Intéressant le 27.02.15, 14h06 par Rickhunter
  • [+3] Post de qualité le 28.02.15, 21h00 par Iskandar
En parlant d'Einstein des archives sont disponibles sur le net en accès libre.
Sinon on a pas parlé de quelque chose en rapport avec le journalisme:
L'interprétation des textes de loi que les journalistes font pour nous simplifier la tâche. Là aussi ça dépend beaucoup de l'idéologie.
Pour avoir une vraie idée regardez la chaîne parlementaire pour voir les débats ou le journal officiel pour savoir ce qui est publié ou amendé.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Intéressant le 28.02.15, 21h01 par Iskandar
Dixit myself, j'ai toujours considéré la Presse française comme un effroyable ramassis de torchon. L'explication que certains en donnent est que - en plus d'appartenir à un nombre très réduits de propriétaires, et donc d'être sous le joug d'une censure relative (si si, on est pas en Corée du Nord, mais bon..) - les journalistes français ont depuis pas mal de temps sombrés dans un journalisme d'opinion, au détriment d'un journalisme d'investigation. L'Express, Libé, Le Nouvel Obs, ne sont aujourd'hui que de vulgaires blogs ou les "journalistes" (mais je préfère les termes chroniqueurs ou blogueurs) crachent sur tel ou tel phénomène de société sans jamais se soucier d'être objectif.
Pire que cela, le déclin des ventes de la presse, dû à l'essor d'internet, a également signé la fin de son indépendance.

Les groupes de presse sont effectivement aux mains d'un nombre très réduit de gens, très riches, qui tiennent sous perfusion la presse pour leurs propres intérêts.

Je n'ai pas lu le Monde papier depuis un bail, mais je ne vous recommande pas du tout l'édition numérique, si vous recherchez de l'investigation et de la neutralité/objectivité.
Je le lis régulièrement et pourtant je sais pertinemment que c'est du contenu orienté. L'avantage étant que je sais comment c'est orienté, donc je filtre.
Le cas de la recherche scientifique.

C'est évidemment la source d'information de base, mais je pense qu'elle ne fait plus référence aujourd'hui. Si le journalisme est majoritairement devenu un outil de propagande des Etats Nations, la publication scientifique est elle devenue un outil de lobbyisme dont se servent les multinationales peu scrupuleuses et les leaders d'opinions. Il faut absolument relativiser la fiabilité des publications scientifiques.
Pas pour toutes les publications scientifiques.

Tout ce qui est Physique fondamentale - ce que je connais bien - vous n'avez pas à vous en méfier.
(D'ailleurs, voila un très bon site d'information scientifique: http://www.futura-sciences.com/ )

Par contre, sur d'autres sujet c'est effectivement le cas.

Sur un autre sujet que je connais bien: le thé, la communication et la recherche autour du thé vert et de ses bienfaits est très largement lié à des intérêts commerciaux de la Chine.
La Chine a tout intérêt à inciter les occidentaux à boire du thé vert, étant donné que c'est sa production majoritaire. Et le biais de communication autour des bienfaits liés à la santé est le seul biais qui pouvait marcher. Beaucoup d'occidentaux n'aimant pas le goût du thé vert.
Je vois même des cas extrêmes où les médecins recommandent à leurs patients de boire du thé vert comme si c'était un médicament...
Le thé est effectivement bon pour la santé.
Mais ce n'est absolument pas un médicament. Faire croire le contraire est au mieux : irresponsable.

Bref, tout cela pour dire que le point essentiel est de savoir filtrer l'information. Développez votre sens critique. Décryptez l'information, développez votre instinct pour sentir quand on vous fait prendre des vessies pour des lanternes.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] C'est pas si simple le 28.02.15, 21h07 par Iskandar
En ce qui concerne la science je suis contre le constat que les articles plus récents sont forcément meilleurs.
Juste pour répondre à ça. Je vais me quoter moi même dans un élan de narcissisme :
Il convient de nuancer le propos. Il y a des articles anciens qui sont bien évidemment pertinents et qui servent même de référence dans leur domaine. Je m'attendais à ce type de réponse car je n'ai pas été très clair là dessus mais on est d'accord sur le principe. Après je ne connais pas le domaine des sciences molles donc je ne m'aventurerais pas sur ce terrain là. Mais je reste sur ma position, la bibliographie récente est importante car il y a un renouvellement important et constant des connaissances surtout à l'heure d'aujourd'hui où le monde de la recherche est plus rapide que jamais. Ce qui est vrai aujourd'hui ne l'est plus demain et c'est valable aussi pour les génies que sont Einstein et Freud.
Au fond il n'y a pas de règles et il y a sans doute des disciplines plus dynamiques que d'autres. Je n'ai pas dit que les publications récentes sont meilleures mais qu'il est important de les prendre en compte, pas pareil. En ce qui me concerne, mes professeurs ou tuteurs de stage m'ont toujours conseillé de chercher des publications récentes, d'où ma prise de position mais il m'arrive souvent de trouver des articles plus anciens et dans ce cas je cherche les articles qui les citent pour voir l'évolution du débat sur le sujet. Donc des articles plus récents. Voilà, j'espère avoir été clair, je ne reviendrai plus là dessus.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 27.02.15, 07h58 par Onmyoji
  • [0] Constructif le 28.02.15, 21h08 par Iskandar
Déjà, c'est bien plus nuancé que ça. On ne peut pas dire que les 3/4 des journaux français sont à jeter, et qu'1/4 sont bons. En fait il faut jeter les 3/4 de la production journalistique française, et en garder 1/4 (ici je ne parle que de la presse écrite car c'est le seul média que je consulte régulièrement).

Car en réalité, dans tous les journaux, on peut trouver des articles intéressants. Même dans le Point et l'Express, que j'abhorre, on peut y arriver.
Et dans tous les journaux on peut trouver des articles propagandistes.
Après, bien évidemment, la qualité globale diffère selon le journal dont on parle. Le Monde reste plus intéressant que le Figaro ou Libération...

Quels sont les médias qu'il m'arrive de lire aujourd'hui?
Le Monde, qui est le seul quotidien national à qui il arrive de faire des articles sur une guerre oubliée au Congo (plusieurs millions de morts en passant).
Le monde diplomatique, un journal indépendant qui sort régulièrement des articles fouillés et intéressant, les mecs savent vraiment de quoi ils parlent.
Marianne, même si je les trouve douteux sur certains sujets, je les trouve très intéressants sur d'autre, notamment sur l'Europe et l'euro.
Rue89, il leur arrive de faire du journalisme d'investigation, ou d'avoir un point de vue un peu différent qui les rend intéressants. Ils avaient notamment publié un article qui expliquait très bien à quel point la guerre en Lybie relevait d'une pure propagande orchestrée par les médias.

Dans tous ceux-là, je recommande surtout le Monde diplomatique et Marianne.
Je prenais ces exemples pour dire qu'en réalité on peut trouver des choses intéressants partout, mais qu'il y a toujours un travail de tri à faire.

En presse anglophone, mention spéciale pour Foreign Policy. Comme son nom l'indique, il parle uniquement de politique étrangère, conflits, et relations internationales. On voit très bien qu'ils parlent d'un point de vue américain, mais ils ont le mérite de remettre en cause cette vision et d'essayer d'être plus objectif.


Bonus pour finir: on peut trouver aujourd'hui, hors média mainstream, une information fouillée et vérifiée. Cette information se trouve dans les rapports et communiqués de presse d'ONG.
Pourquoi? Parce que tout simplement les ONG sont présentes sur le terrain dont elles parlent depuis 10, 20 ou 30 ans donc il y a fort à parier qu'elles le connaissent bien mieux que les journalistes qui y vont. De plus, une ONG n'a pas de parti pris et est financièrement indépendante, donc concrètement s'en tape un peu que ce qu'elle produit se vende ou non, et de toute façon elle sait pertinemment que seul un nombre restreint de gens lira son rapport.
(le problème c'est qu'il arrive aussi que ces communiqués de presse soient relayés et instrumentalisés)

Quelques exemples. Qui a dénoncé le fait que l'année prochaine les 1% les plus riches de la planète possèderont 50% des richesses globales? Oxfam.
Qui fait des rapports sur le nombre de morts dus chaque année au commerce des armes de guerre? Amnesty.
Qui a dénoncé l'assassinat de syndicalistes au Guatemala par Coca-Cola ? Amnesty.
Qui a dénoncé la spéculation alimentaire? Oxfam.
Qui a dénoncé la fait qu'aujourd'hui une partie de la population mondiale ne peut pas se soigner parce que ce n'est pas rentable pour les laboratoires pharmaceutiques? MSF.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] C'est pas si simple le 27.02.15, 11h08 par Onmyoji
  • [+1] Intéressant le 28.02.15, 21h10 par Iskandar
(je reposte ici ce message écrit par quelqu'un d'autre, qui souhaite rester anonyme)

Bon, j'ai vraiment les boules, j'avais écrit un pavé et ça a bugué....


sebz9999 a écrit :Le monde est un journal de propagande, sûrement un des pires, a mon sens.
Tu vas un peu vite en besogne !

Bien sur qu'il n'est pas absolument indépendant, mais qui l'est réellement hein.. Ce que tu relates sur les armes chimiques en Syrie est malheureusement vrai, mais heureusement sporadique. L'équipe éditoriale du Monde n'avait rien à gagner à la publication de telles fadaises, il est très probable que les deux journalistes cités aient agis sous l'influence d'un service de renseignement, consciemment ou inconsciemment.

Il arrive que les grands journaux soient utilisés par les services de renseignement pour faire passer de fausses informations, afin de justifier d'une intervention militaire ou diplomatique, comme ce fut d'ailleurs le cas pour les armes chimiques de Saddam. Tu as bien plus de chance de croiser un agent de service de renseignement dans le QG d'un grand journal que sur une base militaire :) et s'ils visent les grands journaux, c'est justement parce que leur qualité - supposée ou avérée - fait d'eux des leadeurs d'opinions, qui font autorité sur les grands décideurs publics ou privés.

Il existe des liens trèèèèès importants entre les journalistes et les services secrets. Savais-tu que certains journalistes du plus grand éditorial allemand étaient agents de la CIA ?

http://www.washingtonsblog.com/2014/10/ ... press.html

Mais c'est intrinsèque au mode fonctionnement d'un service de rens.. la plupart des diplomates et ambassadeurs le sont également, des agents, tout comme certains étudiants de Sciences-Po, et certains entrepreneurs. Cela les empêchent-ils de faire leur boulot à côté ?

Cela dit, c'est tout de même amusant. La, évidemment, concernant le journalisme, ça pose un problème. Mais sans rentrer dans de tels excès, et même s'il existe des connexions et des influences entre l'univers du journalisme et celui du renseignement militaire ou économique, cela reste épisodique. Heureusement !

Cette erreur monumental du Monde reste quand même un cas isolé. De la à dire qu'il s'agisse d'un journal de propagande, quand même...


Quant à son objectivité : elle n'existe pas. C'est un journal de gauche. Comme 90% de la presse française d'ailleurs. J'y reviens.



sebz9999 a écrit :Les investigation n’existe plus, elle sont encadré sur place, par des forces de l'ordre ( police ou militaire ), qui fournisse et dirige une information contrôlé.
Il n'y en a plus beaucoup, mais il en reste. Parfois, Canal+ crée la surprise et nous balance un immense reportage d'investigation. Sinon, tu peux encore trouver certains journalistes indé qui font un boulot formidable, comme c'est le cas notamment de Pierre Piccinin de Prata (qui fait avis d'autorité pour moi concernant l'Orient).

Si elle n'existait plus, comment expliques tu les fuites régulières, qui foutent un boxon pas possible dans les Etats Majors ? Non non, on a encore - heureusement - quelques très bons journalistes d'investigation..


sebz9999 a écrit :L'erreur serait de penser qu'un journal est objectif
L'erreur serait de penser que l'information est objective. Dès lors que l'on traite, on pose un regard subjectif. Sauf peut être dans le cas des mathématiques...

N'importe quel récit est subjectif. Les livres d'Histoires sont subjectifs, une photo est subjective. Tu ne trouveras aucune information objective dès lors qu'un être humain s'en est accaparé. Mais ce n'est pas gravissime.. Je m'explique.

L'une des première chose que l'on va t'apprendre dans une école de journalisme, c'est que le journalisme, c'est "l'angle", le point de vue, le prisme. C'est à dire l'angle avec lequel le journaliste va s'attaquer au sujet. Tout se résume pratiquement à ça. Alors forcément, si le journaliste s'empare de l'information avec un angle d'attaque particulier, il n'est plus objectif. Mais ce n'est pas grave. L'important, c'est que le bon journaliste ne dénature pas les faits à travers le prisme de sa subjectivité. Un bon journaliste restitue des faits avec une approche originale.

C'est comme ça que s'est démarqué le site d'information Vice, hein, avec des sujets pas originaux, pris sous un angle original. Est-ce que Vice est objectif ? Non, ça s'adresse à des gauchos progressistes cool. Est-ce que Vice traite l'information correctement ? Je trouve que oui, sous réserve que l'on sache prendre du recul.

Pour moi, un bon article n'a pas besoin d'être 100% objectif, tant que l'information est traitée avec justesse et que l'analyse est pertinente. Le meilleur article que j'ai pu lire dernièrement sur l'Etat Islamique est celui ci : http://www.theatlantic.com/features/arc ... ts/384980/

Est-il objectif ? Dans l'absolu, non. Il prend parti. Mais l'analyse apportée, "l'angle" choisi et les faits cités, en font un article formidable. Je trouve que c'est du grand journalisme.


tibdeconne a écrit :Parce que tout simplement les ONG sont présentes sur le terrain dont elles parlent depuis 10, 20 ou 30 ans donc il y a fort à parier qu'elles le connaissent bien mieux que les journalistes qui y vont. De plus, une ONG n'a pas de parti pris et est financièrement indépendante
Je vais te décevoir - et ça m'attriste également - mais tu te trompes un peu, parce que ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui.

Amnesty est indépendante sur le premier pan de sa structure. Derrière, tu as Amnesty International Charity Limited, financée par des fonds d'investissements privés, des corpos, des milliardaires... L'influence est palpable. Il y'a des rapports (pas géniaux, mais bon..) sur le financement des ONG sur le site de l'Ecole de Guerre Economique. Tu verras, c'est édifiant.

Amnesty ne s'investit d'ailleurs que sur certains théâtres d'opérations, si j'étais mauvaise langue, je dirais que c'est parce qu'elle attend l'avale officieux de la diplomatie américaine... En fait, en toute franchise, il est relativement aisé de constater qu'une ONG comme Amnesty suit de très près la politique étrangère américaine depuis plusieurs dizaines d'années, ne rentrant en conflit avec cette dernière que de manière très sporadique. Afin de maintenir l'illusion, je présume...



Enfin, et c'est un avis personnel cette fois ci : une organisation, pour perdurer, a besoin de justifier de son existence.

Il me parait évident que certaines ONG trafiquent volontairement leur rapport pour pouvoir justifier de leur présence sur un théâtre d'opération, justifier d'un appel aux dons, justifier de leur existence tout simplement. C'est un reflex de survie. Je m'engage sur une pente savonneuse, et je fais confiance à ton intelligence (et à celle de ceux qui liront ça), mais il existe un formidable reportage appelé Defamation. Tu peux le trouver sur le site d'Arte, il doit pas durer plus d'une heure.

Le journaliste israélien indépendant Yoav Shamir (je crois qu'il est de gauche OMG...) prend le cas de la plus grande association juive américaine. C'est un exemple très parlant, dont tu pourras appliquer le pattern à la plupart des ONG : existence justifiée lors de la création, perte de l'importance du rôle de l'organisation, instinct de survie de l'organisation, création d'un climat justifiant son existence, survie...

Attention, je ne dénigre pas le rôle des ONG, je dis simplement que certaines des plus grosses sont devenues des instruments qui ne servent plus qu'eux mêmes (reflex de survie) et les grands décideurs (question de l'indépendance financière).


PS : As-tu lu "Dead Aid", qui traite notamment du business florissant des ONG, s'effectuant parfois même au détriment des causes qu'elles prétendent soutenir ?



tibdeconne a écrit :Car en réalité, dans tous les journaux, on peut trouver des articles intéressants. Même dans le Point et l'Express, que j'abhorre, on peut y arriver.
Oui oui, on peut. On peut aussi trouver des trucs intéressants dans le Zap de Spi0n, mais bon... Ca fait pas référence, c'est tout.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] A lire le 28.02.15, 21h40 par Iskandar
  • [+1] Intéressant le 01.03.15, 22h14 par tibdeconne
C'est vraiment un sujet passionnant.

Personnellement je ne me renseigne qu'exclusivement par internet, je n'ai pas cette culture de la presse papier ou magazine.
J'utilise principalement des agrégateurs pour me tenir au courant des sujets, par exemple Google news. ça me permet de facilement lire et comparer plusieurs sources différentes sur un même sujet.

Je suis également très influencé sur le choix des médias par les réseaux sociaux, mais j'ai toujours le réflexe de comparer sur google avec d'autres sources d'un même sujet.

La meilleure méthode pour interpréter une info me semble de multiplier les sources, et si possible d'en lire les avis opposés (en terme d’interprétation) afin de se faire un avis final mesuré.

Je me suis retrouvé à regarder et lire intégralement des reportages expliquant pourquoi "le sida n'existe pas" et à y trouver des choses très intéressantes, même si l'axe de communication est complètement aberrant.
Quand on sait relativiser les informations d'une source afin d'y faire le tri, même une info extrémiste/ influencée peut être bonne à lire.

Ou par exemple concernant les sujets géopolitiques, on est influencé par un mode de pensée occidental/américanisé. Du coup lire du média pro-russe permet de se faire un avis plus ouvert sur la géopolitique, de mieux comprendre les différents bords.

Concernant l'information purement objective, super film à voir sur le sujet : nighcrawler (nighcall en fr)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 27.02.15, 20h54 par Onmyoji
Cellar Door a écrit :La meilleure méthode pour interpréter une info me semble de multiplier les sources, et si possible d'en lire les avis opposés (en terme d’interprétation) afin de se faire un avis final mesuré.

Oui effectivement.

Avec un bémol : les journalistes (ou les chercheurs) se citent souvent entre eux. Aussi, une information erronée peut rapidement se retrouver citer par un nombre incalculable de source.


Cellar Door a écrit :Ou par exemple concernant les sujets géopolitiques, on est influencé par un mode de pensée occidental/américanisé. Du coup lire du média pro-russe permet de se faire un avis plus ouvert sur la géopolitique, de mieux comprendre les différents bords.
Le cas actuel du Donbass est (pour moi) le meilleur sujet d'étude de propagande journalistique. Ca représente une formidable étude de cas de ce que peut être la guerre de l'information aujourd'hui. Certains journaux et chaînes d'infos Européennes n'ont rien à envier à Goebbels (bon, c'est pareil du côté de Russes hein) ...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Absolument le 27.02.15, 14h26 par Rickhunter
Tellement d'accord pour le cas de l'Ukraine.

Moi c'est simple. 2 ans que je ne regarde plus la télévision, et je n'aime pas les supports papiers.

Mon information se fait en deux temps: la compréhension des enjeux macros et long terme via des lectures de gros traités de géopolitique et d'histoire (Le siècle des excès, PUF; Géopolitique d'Aymeric Chauprade, Ellispses; ect..)

Ca me permet d'éviter de comprendre de manière globale et à peu près juste les grands mouvements et tendances actuelles, et où ils peuvent aller: c'est le cadre.



Ensuite, pour les évènements actuels, j'ai découvert récemment l'onglet "Actualité et évènements en cours" de wikipédia, qui permet de suivre les mouvements actuels (ébola, car oui c'est encore présent; Donbass; Syrie blabla). Ca a le mérite sans être mirobolant de t'informer, et grâce aux lecteurs de fond, tu comprends vite quels sont les enjeux et tu évite les contresens.

Pour ce qui est France, l'actualité est un mélange assez ridicule entre buzz et fait divers, je ne m'y intéresse pas. Par contre, la partie légale est intéressante, et c'est à vrai dire la dessus que les gens devraient se concentrer. Pour ça, ma formation juridique m'as appris à aller voir le journal officiel, et un peu de théorie juridique permet très vite de comprendre si une loi est un peu bidon (loi politique) ou quelque chose de plus fondamental.

Après, j'avoue que lire les 150 pages de loi Macron, je l'ai pas fait, mais j'avais commencé, et c'est juste hallucinant à quel point les journalistes surlignent et omettent des choses selon ce qu'ils veulent faire dire. C'est pas nouveau, mais bon, c'est toujours navrant.


Le fait est que peu se posent la question des analyses de fond et long terme. L'hyper information bloque parfois "l'analyse" dans les réponses à chaud. On essaie plus de savoir et de dire qui a "raison ou tort" (gros lol quand on parle de relations internationales) plutôt que d'extraire les enjeux, les tendances de fond.
Mais c'est pas nouveau non plus.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Oui le 27.02.15, 16h19 par voucny
  • [+1] Très intéressant le 28.02.15, 21h43 par Iskandar
Pareil que Cellar : la solution consiste à multiplier les sources en essayant de garder une distance critique. Même le Figaro, qui ne correspond pas à ma couleur politique, publie des trucs intéressants (les pages saumon et la culture). Cela dit je suis dans une phase où je ne lis plus beaucoup. Après avoir passé trois ans à étudier le journalisme, j'en ai un peu eu ma claque de l'actu en continu. Ça rend dingue.

J'écoute les infos le matin sur France Inter pour avoir une idée générale de ce qui se passe en France. Je n'ai pas la télévision. Parfois je regarde des débats en replay : il y a encore heureusement du très bon et de la place pour les idées.

Courrier International et RFI restent des bons compromis quand on a pas le temps d'aller lire les médias étrangers.

Et puis bien distinguer un contenu issu d'une dépêche d'agence de presse (qui est fact-checkée 20 000 fois mais qui repris par tout le monde un peu n'importe comment) et un contenu exclusif. Je suis friande de reportage et de portraits (pour ça Libé reste une référence à mes yeux, même si ce que je préfère, ce sont les tribunes de Preciado et leur page cuisine du Jeudi « Tu mitonnes », rien à voir avec la gourmandise : c'est juste la plume délirante du mec qui écrit ça). Pour ce qui est de l'investigation : Mediapart n'a pas été cité. Il y avait aussi feu OWNI. Et quelques journalistes du monde qui font du bon taff (Gérard Davet, Fabrice Lhomme, Arianne Chemin, Raphaëlle Bacqué).

Finalement, je préfère lire des sujets froids ou des sujets sur des news qu'on peut déjà commencer à analyser et décortiquer. Mais ça c'est parce que j'ai trop bouffé du résultat sportif, du mercato footballistique et des remaniements ministériels.

Les infos falsifiée sont des sujets d'études passionnants. Même le New York Times qui a une armée de gens pour relire et vérifier l'info a laissé passer des entretiens et reportages entièrement bidonnés. Même l'Agence France Presse qui ne publie jamais rien sans que ça ait été relu trois fois a laissé passer des truc erronés. Pour une diée de comment ça peut arriver, je vous conseille l'excellente série The Newsroom. C'est l'histoire d'une chaîne d'actu en continu américaine qui décide de faire du journalisme pointu. Chaque saison reprend les informations des années passées et c'est marrant de revivre avec les personnages une actualité marquante et de réfléchir avec eux sur les questions d'angles et de formats.

Enfin voilà. Je pense qu'en France on est pas les plus libres (cf le classement d'RSF), mais en terme de qualité, on est pas les plus à plaindre. Et si le professionalisme se perd, c'est aussi parce que la profession est sinistrée. De moins en moins de secrétaires des rédaction pour corriger et fact-checker les articles, de moins en moins de correspondants locaux pour les grands médias, de plus en plus de site d'infotainment qui ne font que plagier les infos lues ailleurs et n'ont pas de modèles économique viable pour payer leurs contributeurs.

Enfin voilà, si je remets un jour un pied dans ce milieu c'est pour aller faire les chiens écrasés et les festivals du boudin en région. Au moins on va au contact de l'information et des gens et c'est quand même plus rigolo que de repiquer des dépêches derrière son ordi.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] lol le 27.02.15, 15h29 par Cellar Door
  • [+1] Intéressant le 27.02.15, 15h47 par tibdeconne
  • [+1] Instructif le 27.02.15, 20h59 par Onmyoji
  • [+1] Instructif le 28.02.15, 21h48 par Iskandar
Moi aussi je plussoie des deux coudes Le Monde Diplomatique à ne pas prendre pour une succursale du Monde puisque comme c'est bien expliqué au début de l'article wiki, la rédaction est indépendante. C'est un journal qui s'inscrit dans une tradition de sérieux, de travail et d'approfondissement. C'est sa ligne éditoriale et c'est ce qui fait son lectorat fidèle. J'apprends et je note aussi que seulement 5% des revenus sont dus à la publicité. A noter aussi que les illustrations sont des oeuvres contemporaines. .

Cette lecture me permet de fonctionner comme le décrit bien Smooth :
Se constituer des repères sur des bases réfléchies et documentées, qui permettent ensuite de replacer les informations d'actualité dans la toile de fond, en les ayant nettoyées de leurs divers filtres (publicitaires, idéologiques, démagogiques, etc).

dans la même veine que le diplo : le dessous des cartes
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] +1 le 27.02.15, 16h55 par Poivron
  • [+1] Yesssss! le 27.02.15, 17h06 par tibdeconne
Si j'ai bon souvenir, le monde diplo était le seul journal qui, il y a un an, avait déjà prévenu des dérives et du danger représenté par le traité de libre-échange transatlantique.

Je suis en partie d'accord avec toi. Je prendrai le temps de te faire une réponse détaillée plus tard :wink:
Si j'ai bon souvenir, le monde diplo était le seul journal qui, il y a un an, avait déjà prévenu des dérives et du danger représenté par le traité de libre-échange transatlantique.
Arrêt sur images avait fait une émission dessus aussi, j'en profite pour les citer au passage, pour des sujets de fond intéressants. Et Reflets.info aussi successeur de owni pour de l'investigation pointue plus orientée tech/data.

Sinon, à savoir sur le monde diplo : C'est le journal français le plus lu à l'étranger et le moins cité en France. Çà en dit long.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Yep ! :) le 27.02.15, 19h25 par Poivron
  • [+1] Instructif le 28.02.15, 21h53 par Iskandar
Mais ce n'est pas la même chose pour les sciences molles, qui ne réclament bien souvent, pas d'autres compétences que la connaissance de l'outil statistique. De plus, les biais de raisonnement quant à eux, apparaissent clairement suite à une lecture critique (si t'es pas trop con..).
Je veux insister fortement sur ce passage.
Revoir ses cours de probas et statistiques (ou en suivre si on n'en a pas eus) est quelque chose de très important dans le décryptage des informations. Prenez le temps de le faire. Beaucoup, beaucoup de manipulations d'opinion s'appuient sur une interprétation fallacieuse d'études chiffrées, interprétations très faciles à démonter avec juste les connaissances de base en proba et statistiques.

Ce n'est pas une question d'être trop con ou pas trop con. Certains aspects des probas et statistiques sont contre-intuitifs et sans les outils mathématiques qui vont avec, il n'est simplement pas possible de détecter certains types d'erreurs de raisonnement. Je vais me planifier une petite révision à l'occas d'ailleurs, ça me fera pas de mal non plus.

Je recommande également de se familiariser avec certains types d'erreurs de raisonnement très courants : biais de confirmation, biais de représentation, biais de disponibilité, dissonance cognitive, illusion des séries, effet Barnum.
____________________

Sinon, pour la multiplication des sources, ça devient compliqué. De plus en plus souvent on retrouve les mêmes infos copiées partout sans la moindre vérification. Même suivre les références n'est plus suffisant.

Un petit xkcd qui illustre le problème (sur wikipedia en l'occurence) : http://xkcd.com/978/
Image
(reproduction autorisée par la license de xkcd sous réserve d'en indiquer la provenance)

Pour les réfractaires à l'anglais :
1) Par un procédé étrange, le cerveau de quelqu'un invente de nouveaux faits. Il les ajoute sur Wikipedia.
(en petit : "la touche scroll lock fut inventée par Steven Chu dans un projet universitaire")

2) Un auteur pressé trouve l'info sur wikipedia en bâclant un article.
(en petit : "le secrétaire américain à l'énergie Steven Chu, prix Nobel et inventeur de la touche scroll lock, a déclaré aujourd'hui...")

3) Les lecteurs de l'article, surpris, vérifient l'info sur Wikipedia. Ils la trouvent et indiquent que cette info, non vérifiée, n'a pas de source. Un des éditeurs cherche une référence sur Google, trouve l'article et l'ajoute en citation.
(en petit : "google est votre ami, les gens")

4) Maintenant qu'il y a une source pour l'information, les autres auteurs sont davantage confiants et utilisent l'information dans leurs propres articles. Ces articles seront à leur tout ajoutés comme références, complétant le processus.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Intéressant le 28.02.15, 10h07 par Thedaze
  • [+1] Instructif le 28.02.15, 11h48 par Sathinelilly
  • [+3] Instructif le 28.02.15, 21h56 par Iskandar
  • [0] Pertinent le 01.03.15, 12h21 par Rickhunter
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