Des bouquins à conseiller ?

Note : 76

le 28.12.2011 par FK

230 réponses / Dernière par Oldboy le 26.07.2019, 18h37

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@ Amélia : pas d'accord avec toi pour le film "Sur la route de Madison". Plus jeune je l'avais trouvé chiant, mais j'étais quand même un peu con. Depuis j'ai changé d'avis, il dégage quelque chose ce film !

Concernant les livres je ne peux que vous conseiller "La première chose que l'on regarde" de Grégoire Delacourt. Réflexion intelligente, idée originale, et surtout un sens des mots certains.
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !
Je te concède que tu es plus convaincant que lui, ce doit être parce que tu utilises des explications;)
J'ai envie de dire que ça revient un peu à ce que l'on disait sur "une interprétation" plutôt que ce qu'il y a vraiment dans le bouquin mais je veux bien t'accorder que dans certains cas, ce travail puisse avoir une vraie valeur ajoutée par rapport à la lecture.
que dans certains cas, ce travail puisse avoir une vraie valeur ajoutée par rapport à la lecture
En fait c'est là dessus qu'on est foncièrement pas d'accord, et qu'on ne sera jamais d'accord. Considérer que la mise en scène, l'interprétation d'une pièce n'est une valeur ajoutée que dans certains cas par rapport à la lecture remet en cause l'existence de la spécificité "pièce de théâtre" dans l'offre littéraire (toutes les pièces ne sont pas éditées, et heureusement).
Si on part de ce postulat, alors ce ne sont plus des pièces de théâtre mais des oeuvres littéraires qui parfois vont être adaptées au théâtre.

C'est évidemment cela que je conteste, d'autant plus que c'est une vision partagée par beaucoup de monde y compris l'éducation nationale.

Mais heureusement que cette volonté de convaincre de la valeur ajoutée d'une mise en scène et d'une interprétation par rapport à un texte existe, car c'est aussi un moteur pour les gens de théâtre, en particulier pour les grands classiques qui ont effectivement été lus et relus.
N'y vois aucun troll de ma part mais l'éducation nationale, c'est pas une bonne référence quand on voit ses résultats et le déclin des connaissances justement en français.
Ou le fait qu'on en arrive a des mecs foncièrement intelligents comme Raven qui sont plus capables de lire un livre parce qu'on les en a dégoûtés.

Pour le reste, ça restera donc ton opinion et la nôtre. Pas mort d'hommes.

Par contre on a beaucoup dilué le sujet des livres intéressants à lire dans ce fil avec notre discussion. Ce serait dama doute mieux de nettoyer/forker si un modo veut bien y consacrer un peu de temps pour préserver le sujet original.
Merci
Oui, effectivement c'est bien plus large que ça concernant la lecture et l'amour pour la littérature que l'éducation nationale a éveillé en nous...

Je redécouvre par moi même certains grands classiques que j'avais renié, tellement on m'en avait dégoûté. Et ceci peut faire transition avec le sujet !
En parlant de théâtre, un livre m'a particulièrement marqué. Il a même révolutionné ma vision du théâtre. Il rassemble quatre essais sur le théâtre par Peter Brook, un des plus grands metteurs en scènes contemporains.
"L'espace vide - Écrits sur le théâtre"

Venusian, je pense que tu connais mais si ce n'est pas le cas, fonce !
Pardi que je connais !! Je l'ai lu il n'y a pas si longtemps que ça, et ça a été une déflagration pour moi aussi.
J'ai d'ailleurs du coup lu "Le diable c'est l'ennui", qui est un peu la suite avec un recueil de ses interventions auprès de jeunes étudiants dans le cadre de la présentation de son livre.

J'aime beaucoup Peter Brook, et même si je ne l'ai jamais rencontré, il influence pas mal ma façon de travailler.
Je vous conseille également sur le thème de la séduction et de la fin qui justifie ou non les moyens :

Fabien Prade : "Parce que tu me plais".

C'est court, et c'est vraiment pas mal.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 06.06.14, 21h55 par Onmyoji
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !
Robert Greene - L'art de la séduction

Pour ceux qui ont lu les 48 lois du pouvoir c'est du même auteur . Je le conseille vraiment , il est rempli de bons exemples , il retrace la séduction au plus profond et jusqu’à très loin dans l'histoire (parce que la drague n'est pas quelque chose de récent mais quelque chose qui existe depuis des millénaires).


edit : Bon dés que je l'aurais fini et avec un peu de temps je ferais un feedback plus détaillé.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Intéressant le 07.06.14, 19h58 par John_Rimbault
  • [+1] Yep ! :) le 08.06.14, 22h06 par Thedaze
L'un de mes auteurs préférés : Alexandre Jardin

Une grande maîtrise de la langue française, des thèmes récurrents de la crise de la quarantaine version masculine et de reconquête de l'amour, non sans jeux de rôles, anecdotes légères et sexuelles, personnages hors du commun, drôlement idéaliste et romantique, qui finissent bien souvent par tomber de haut.

Ceux que je conseille : "Bille en Tête", "Le petit Sauvage" ou "L'île des Gauchers".


Et, juste pour le plaisir, voici un extrait de "Mademoiselle Liberté" :

"Horace fut alors démangé par l'envie d'innover, de pimenter le menu de cette soirée diurne - il devait être onze heures du matin – en tentant une manoeuvre. Averti que l'on goûte davantage ce qu'il est difficile d'obtenir, il se tint sur la réserve :
- Ma nudité ne doit pas vous laisser croire que vous obtiendrez de moi quoi que ce soit ce soir. Si je consens à vous serrer la main quand nous nous quitterons, ce sera le bout du monde...
- Qu'est-ce qui vous permet de dire que je souhaite autre chose ?
- N'insistez pas, je resterai de glace. Il faudra vous contenter de me regarder.
- Vous êtes toujours aussi sûr de vous ?
- Si je le voulais, je vous séduirais en moins d'une minute, et vous le savez.
- En moins d'une minute...
- Oui, montre en main.
- Allez-y...
- Non, ce serait trop facile.
- Pourquoi ?
- Votre simple demande m'indique que vous l'êtes déjà.
- Quoi ?
- Séduite. Pourquoi voulez-vous qu'une femme qui ne serait pas déjà conquise me lance un défi pareil ? Non, vraiment, c'est trop facile... Je refuse de coucher avec vous, tenez-vous-le pour dit !
- Mais je ne vous ai rien proposé !
- Alors que faites-vous nue devant moi ? Vous aviez chaud ?
- Très malin...
- Pourquoi ne reconnaissez-vous pas avec simplicité que vous êtes folle de moi ? Absolument folle.
- Si je l'avais été, votre arrogance m'aurait refroidie.
- C'est une chance que j'aie eu la prudence de me conduire ainsi, avec suffisance, sinon vous m'auriez violé avant que j'aie pu terminer ce repas, et j'ai faim. Que pourrais-je dire d'autre pour vous retenir ? Je vous trouve timorée, sans audace, incapable d'assumer vos désirs, faisant des chichis à n'en plus finir au lieu de mordre crûment dans le plaisir. Votre tiédeur me consterne!
Liberté lui saisit le menton et, sans réfléchir, l'embrassa.
- Vous voyez, reprit Horace, il ne m'a pas fallu plus d'une minute !
Liberté le gifla, escalada la table et fut aussitôt sur lui. Leurs nudités accolées réagirent de concert. Quel émoi sans innocence! Trouver une posture ardente fut un réflexe, un emboîtement spontané; leurs peaux avaient espéré si longtemps ce rendez-vous! Tout de suite, ils ne furent plus deux solitudes, mais un couple articulé, plus deux épidermes mais un seul corps délié, exultant. (...)
Liberté n'était plus vierge, en moins d'une minute."
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 13.06.14, 01h05 par Onmyoji
  • [0] Like ! le 13.06.14, 07h08 par Thedaze
I know he plays with me
But when he comes all flirty
I can't help but surrender
And it just feels like forever
C'est marrant que tu parles de Jardin . J'ai un rapport très particulier avec cet auteur mais trop personnel pour être évoqué . Mais ça fait plaisir de voir que ça touche autant d'autres personnes .

( mademoiselle Liberté est très très particulier dans ma vie , alors je partage ton amour)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Sympa :) le 13.06.14, 09h07 par MaryeL
Est-ce que vous me conseillez la lecture de Montherlant ? On m'a dit que plusieurs de ses bouquins étaient truffés de réflexion de bon sens sur les rapports hommes-femmes.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Non le 03.10.14, 11h56 par Blusher
Oh, aucune réponse pour Montherlant, tant pis... Ben au final je peux dire qu'il vaut le détour.

Sinon, je suis tombé y a pas très longtemps sur un livre assez étrange. Il m'a même mis plutôt mal à l'aise. C'est "La tentation du lundi". Un type qui était client d'escorts, qui a arrêté parce qu'il trouvait ça glauque (ça je peux le comprendre, à la limite) et qui est carrément devenu féministe à la fin. Et là ça me dérange beaucoup plus parce qu'il fait plein de généralisations sur les escorts. Un discours psychologisant et qui déresponsabilise les femmes (forcément faibles et victimes des affreux bonshommes). Je dois quand même dire qu'il y a des passages pertinents sur les rapports hommes-femmes, mais c'est comme si l'auteur tirait de mauvaises conclusions à partir de constats justes.
Venusian a écrit :Je redécouvre par moi même certains grands classiques que j'avais renié, tellement on m'en avait dégoûté. Et ceci peut faire transition avec le sujet !
Même chose pour moi avec Les Fables de la Fontaine que j'ai rangé bien rapidement au grenier après le bac. Je n'en pouvais pu de disséquer ces fables à la recherche de la moindre figure de style.

Maintenant je les redécouvre avec plaisir. Dieu merci, j'ai oublié presque toutes les figures de style.
La Venus à la fourrure de Sacher-Masoch

Par curiosité. C'est pas mal.

1000 fois mieux que Sade en tout cas.
Je viens de finir Les Nuits Blanches de Dostoïevski.

L'histoire de nice guy la plus triste/désespérante? que j'ai jamais lue. Une très bonne illustration de tout ce qu'un homme ne doit pas faire pour une femme s'il veut être aimé d'elle… même si autant de naïveté semble presque caricatural.

Outre cela, c'était mon premier auteur russe du coup le style est intéressant, même si un peu trop superficiel à mon goût.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 07.09.15, 15h26 par Onmyoji
MaryeL je suis curieuse de savoir le sens que tu donnes à "superficiel" en parlant du style dans ce livre. Je l'ai lu et apprécié pour son caractère brumeux, et pour avoir lu beaucoup d'auteurs russes, je pense que c'est la traduction qui peut donner l'impression que le propos se décolle du sujet pour n'en rester qu'à la surface, alors que la langue russe, elle, va bien plus dans la matière des choses (c'est un ressenti).

En te lisant, je me dis que Dostoïevski a un goût pour les personnages de jeunes hommes incroyablement naïf (c'est au coeur même de "L'idiot") ou solitaires, rêveurs (dans "La logeuse").

Moi j'aime cette façon de théâtraliser l'âme humaine, qui rend lisible leurs élans intérieurs et qui me font ressentir de la bienveillance à l'égard des personnages.
Salut à tous.

Rien de bien original pour ma part, mais je continue de parcourir les oeuvres de B. Werber. J'en suis au "Mystère des Dieux", 3e tome du Cycle des Dieux. Je crois qu'il y'en a 5 en tout.. En tout cas, je ne me lasse pas de cet auteur.

Sinon, en guise de poche, dans mon sac j'ai toujours "La pierre et le sabre" (Eiji Yoshikawa), roman autobiographique inspiré de la vie du grand samourai Musashi Miyamoto.

D'ailleurs, que ce soit Werber ou Musashi, j'ai connu les deux par l'intermédiaire de l'un de mes meilleurs amis; l'une des personnes de mon entourage qui me connaît le mieux (+ de 15 ans, et aucune engueulade).
Messieurs-dames, bon WE! Image
La confusion des sentiments de Stefan Zweig.

J'ai été très étonnée d'apprendre que ce roman n'est pas une autobiographie. Ça en a tout l'air pourtant, je reste persuadée que Zweig se livre dans cette histoire.

Le narrateur raconte sa passion de jeunesse pour l'un de ses anciens professeurs de philologie et le sentiment trouble qui prend peu à peu possession de lui.

Résumé :


À l'occasion de son soixantième anniversaire, R. de D., professeur de philologie, reçoit de la part de ses élèves et collègues un livre d'hommage, relation a priori exhaustive de l'intégralité de ses œuvres, articles et discours. Il y manque pourtant la clé de voûte de son parcours intellectuel, l'événement de sa jeunesse qu'il garde secrètement enfoui au plus profond de lui-même : la rencontre décisive d'un homme, un professeur, qui a naguère suscité en lui enthousiasme et admiration. Il entreprend alors de rédiger des "notes intimes", dans lesquelles il retrace sa vie de jeune étudiant, de ses années de libertinage à son attachement exalté pour son maître, avec lequel il noue une relation faite de souffrances et de confusion. À l'époque, il ne s'aperçut pas du glissement insensible que prirent leurs rencontres, jusqu'au jour où le vieux pédagogue lui livra un brûlant secret… Dans cette nouvelle, parue en 1927, Stefan Zweig excelle à décrire la force destructrice de la passion, en butte aux contraintes de la morale. Avec la finesse de style qui le caractérise, l'auteur dit l'ambiguïté du désir et de l'amitié, la "confusion" des pulsions et des êtres, la complexité de la nature humaine. Sa capacité à révéler dans La Confusion des sentiments la réalité du tabou de l'homosexualité fut saluée notamment par Freud.
L’objet du livre, c’est la relation privilégiée qui s’établit entre le jeune homme et le professeur. Pour avoir vécu une telle relation… absolument chaque étape éveille en moi des souvenirs. Comme moi, le jeune homme désire ardemment la reconnaissance et l’affection de ce professeur si inspirant, dont les cours lui révèlent des trésors insoupçonnés.

« Mais ce qui enflammait de telle sorte mon zèle, c’était surtout l’amour-propre, pour ne pas déchoir devant mon maître, ne pas décevoir sa confiance, pour obtenir de lui un sourire d’approbation et l’attacher à moi comme j’étais attaché à lui. »

Il se rapproche du maître, a des entretiens quotidiens avec lui. Il l’adule, lui, sa parole, et accorde un crédit et un prix inestimables à tout ce qui vient de lui.

« Je faisais mon bien, comme un avare, de chacune de ses paroles et de chacun de ses gestes, et dans ma chambre je palpais avec tous mes sens et je gardais passionnément ce butin. »

Après l’adulation vient la dépendance : les cours, les entrevues, tout est toujours trop court, trop vide, rarement assez intense ; parfois, pourtant, au hasard d’une discussion, l’ivresse revient… mais bien souvent, la frustration habite ce jeune homme qui ne comprend pas lui-même ce qu’il recherche de sa relation avec le professeur. C’est ce que certains critiques ont qualifié de déni du disciple de son amour pour le maître : il confond son amour avec une « simple » dépendance.

Par la suite, l'étudiant est amené à entrer dans l'intimité du professeur. Il découvre qu'il a une femme et que le couple est assez particulier : les deux époux sont assez froids l'un envers l'autre et le mari s'absente fréquemment. Roland propose au professeur de l'aider à écrire son ouvrage de philologie. Mais malgré l'aide qu'il lui apporte, le professeur a une attitude double et déconcertante envers lui : tantôt il le laisse se rapprocher de lui, tantôt il le repousse froidement. Ce comportement plonge l'étudiant dans une profonde confusion qui tourne rapidement au grand tourment…
[SPOILER]

Et à la fin, le baiser :

"Ce fut un baiser comme je n'en ai jamais reçu d'une femme, un baiser sauvage et désespéré comme un cri de mort. Son tremblement convulsif passa en moi. Je frémis, en proie à une double sensation, à la fois étrange et terrible : mon âme s'abandonnait à lui, et pourtant j'étais épouvanté jusqu'au tréfonds de moi-même par la répulsion qu'avait mon corps à se trouver ainsi au contact d'un homme — dans une inquiétante confusion de sentiments qui donnait à cette seconde, que je vivais sans l'avoir voulue, une étourdissante durée"

Comme c'est bien écrit ^^

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Confusi ... sentiments
http://www.babelio.com/livres/Zweig-La- ... ments/1525
Salut, j'aime assez Laurent GOUNELLE et je le conseil, des livres faciles a lire et on en tire toujours un enseignement. N'ayez pas peur des titres:

-Les dieux voyagent toujours incognito.

-Le philosophe qui n'était pas sage.

-L'homme qui voulait etre heureux.

-Le jour ou j'ai appris a vivre.

Je vous rassure ceux sont des romans qui se laissent lire très facilement et avec un but bien précis a chaque fois, c'est plus du développement personnel mais c'est cool.

Bonne lecture et aventure.
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