Journal d'Acier

Note : 6

le 18.03.2016 par Acier

36 réponses / Dernière par Acier le 20.12.2017, 01h56

La vie est faite de virages, d'obstacles à surmonter, d'audace, de surprises et de rencontres décisives. Racontez votre histoire, entrez dans la légende; partagez vos cheminements, vos interrogations, vos rencontres, vos aventures - foirées ou réussies, c'est pas le plus important - et recevez les avis et conseils des autres membres.
Ça fait un moment que je traîne sur ce forum, que je donne mon avis de temps en temps, mais posant rarement des questions. J'essaye de me faire mon expérience par moi-même. Aujourd'hui je me suis dit que c'était à mon tour de raconter mes aventures ; non pas pour me faire thérapiser, mais pour partager, pour que vous aussi vous puissiez vous régalez à lire les péripéties contées par un autre.


Ça commence la semaine dernière, mardi, la veille de la manif contre la loi travail. Direction Rennes, 2h de route, ça faisait quelques mois que je n'avais pas remis les pieds dans la capitale bretonne. Je covoiturai avec le papa pote, un gars de 55 balais qui s'entend bien avec les « djeuns ». Il me raconta les 400 coups de sa jeunesse, on s'échanga des anecdotes croustillantes, bref le voyage fut bien sympathique.

19h, je débarque à Rennes avec mon sac sur le dos et la super patate, déterminé à conquérir la ville entière. Je passe quelques coups de fil pour m'organiser, je savais pas encore exactement où j'allais dormir ce soir.
Marchant jusqu'au centre-ville, je croise plusieurs fois un mini cortège de manifestation féministe. Un slogan qui se terminait par « vous nous cassez le clito ».

Arrivé Rue de la soif, je me pose à un de mes bars préférés. Je tombe sur un gars que j'avais déjà vu une fois en soirée, on était dans la même équipe de blind test et on s'était tapé des barres. Ce soir-là j'étais également en mode « J'irai dormir chez vous » et j'avais fini la soirée chez une fille, mais sans faire de galipettes – faudra que je vous parle de cette fille-là à l'occasion. Bref, le gars du blind test, appelons-le Damien.

Je pose mon sac derrière le comptoir, Damien me présente à des gens, visiblement il connaît bien les habitués du bar. Je socialise, y'a une bonne ambiance, c'est cool. En me déplaçant je bute dans une planche en carton qu'une fille, assise sur une banquette, avait à côté d'elle. J'ai d'abord cru à un projet d'art, et craint de l'avoir abimé, alors j'ai commencé à m'excuser, mais elle m'a dit que c'était pas grave. Je sors pour aller causer aux gens en terrasse ; quand je reviens, je shoote à nouveau dans le carton, toujours sans faire exprès. C'est là que j'ai réalisé que c'était une pancarte de manif. Les deux filles assises là, appelons-les Sophie et Claire, faisaient partie du cortège que j'avais croisé juste avant. Ça faisait un chouette prétexte pour ouvrir la conversation. Je commençai à discuter un peu avec elles, elles étaient sympa et ouvertes d'esprit ; mais j'étais debout au milieu du chemin, c'était inconfortable.

Je décidai de laisser la place à Damien qui venait de surgir d'on ne sait où, et d'ailleurs, mon verre était vide. Je me posai à une place vide devant le comptoir. Devant moi, un ballon de rouge et une grille de mots-croisés à moitié remplie. Une dame blonde revient pour réclamer sa place. D'apparence un peu trop âgée pour moi, mais heh, j'ai toujours été agréable avec les dames, pas de raison que ça change en soirée. Je lui rends sa place après avoir plaisanté un peu sur les mots-croisés. Après quoi, bière en main, je retourne voir Damien et les deux filles. Cette fois j'ai fait attention au carton et j'ai réussi à l'éviter, ce qui m'a valu les félicitations de Sophie.

Il me semble qu'il y a un terme précis pour désigner ces hommes qui croient tout savoir au sujet du féminisme, mieux que les féministes elles-mêmes. Damien tenait un monologue depuis un temps indéterminé quand je suis arrivé, et je dirai sans hésiter beaucoup trop long, vu comment les filles ont réagi en me voyant approcher.

« — Sophie : Bon les gars, à la base c'était une soirée entre filles donc on ne voudrait pas être méchantes, mais ne vous incrustez pas trop…
— Moi : Pas de problème, vous nous faites le moindre signe et on s'en va, promis !
— Claire : Non mais toi tu es gentil, tu peux rester, ça va » avec un grand sourire.

Saisissant un pouf qui traînait, je me suis posé sans complexe au milieu du chemin. Au moins j'étais à la bonne hauteur pour parler. Pour tenter de rééquilibrer la conversation, j'ai commencé à jouer avec Damien en lui lançant des contre-arguments. Le bougre était difficile à arrêter, mais les filles commençaient à s'amuser et je me sentais de plus en plus joueur. Ces demoiselles ont repris la parole peu à peu et la conversation s'est avérée très intéressante. J'ai fait part à Claire de mon interrogation profonde : qu'est-ce qui est le plus douloureux entre se faire casser le clito ou se faire casser les couilles ? On a conclu que personne n'avait la réponse à cette question. À part peut-être les hermaphrodites.

À un moment, Damien a fait preuve d'une lucidité qu'il avait déjà manifestée lors de cette soirée blind test, en me disant à l'oreille « bon mec, tu as l'air d'avoir plus de succès que moi, je vais te laisser avec elles » et à ce moment, je me suis senti un peu coupable – il m'a un peu servi de faire-valoir.

Le reste de la soirée en compagnie de Sophie et Claire est passé vite, en particulier quand on a commencé les shooters. Du rhum maison particulièrement bon. J'en ai payé plusieurs (pas compté) à Claire en insistant bien sur le fait que je ne faisais pas ça en tant qu'homme paternaliste qui offre à la femme, mais en tant qu'être humain à un autre être humain. J'ai beaucoup dépensé ce soir-là. Je suis trop généreux quand je suis bourré, faut que je fasse gaffe. Et le rhum tapait fort…

Est venu le moment où les filles ont dû partir, elles se levaient tôt le lendemain. Je leur ai tout naturellement demandé leurs numéros. Claire s'est inscrite elle-même dans mon répertoire, avec enthousiasme, puis s'est bipée elle-même avec mon téléphone. Sophie a refusé poliment.

Mon cousin devait me rejoindre vers minuit. Il est arrivé avec une large avance, mais malgré ça je n'étais déjà plus du tout dans mon état normal. Je me souviens qu'on s'est mis sur la tronche au milieu de la Rue de la soif, en toute camaraderie, façon Fight Club. En revanche, il paraît que j'ai pris le numéro d'une autre nana – il y a effectivement un nouveau prénom féminin dans mon répertoire, en plus de Claire – mais je n'en ai aucun fichu souvenir…
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  • [0] Like ! le 18.03.16, 16h46 par ChantePaul
  • [0] Bien joué le 18.03.16, 16h50 par Yragael
  • [0] Bien joué le 18.03.16, 17h05 par Jalapeno
  • [0] Like ! le 18.03.16, 17h34 par Sathinelilly
  • [0] Bien joué le 29.03.16, 03h51 par Poordonkey

Acier a écrit :Il me semble qu'il y a un terme précis pour désigner ces hommes qui croient tout savoir au sujet du féminisme, mieux que les féministes elles-mêmes.
Le "mansplaining" ?
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Chouette FR éthylique sinon :D
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  • [0] Merci ! :) le 21.03.16, 18h12 par Acier

Petit flash back avant de vous raconter comment ça se passe avec mon numéro inconnu :P

Nous sommes en décembre 2015. Toute la Gaule est envahie non, ça c’est encore avant.

J’étais à Rennes (autant vous prévenir tout de suite, je passe beaucoup de temps dans cette ville), il y avait un festival des métiers du feu : verriers, céramistes, forgerons, etc. avec des démonstrations en direct, c’était super impressionnant.

À ce moment-là j’étais tout seul avec mon sac de voyage sur le dos. L’ambiance était vraiment chouette, je me mis à parler avec les gens, ça me mit le mojo. Un peu plus tard, en descendant le grand boulevard piéton, je me fis aborder par une fille de la Croix-Rouge. Plutôt jolie, yeux noisette et cheveux chataîn-rouges. Le courant passait bien, on discuta de plein de trucs, je fis quelques kino sans même y penser et lui glissai même un petit compliment sur ses yeux.

Bon, vous vous doutez que la jouvencelle ne m’avait pas abordé pour ma belle gueule – au moment où elle me demanda de devenir donateur, je réfléchis rapidement, me demandant si je n’étais pas en train de me laisser influencer par le magnétisme de mon interlocutrice. Mais après tout, j’avais déjà été donateur par le passé, pour une autre ONG, et j’avais seulement arrêté à cause d’une galère de sous passagère.

Je cherchai un RIB, sincèrement persuadé d’en avoir sur moi, mais sans succès. Je proposai à miss Croix-Rouge de me donner son numéro de téléphone (admirez l’astuce :mrgreen:) pour que je puisse lui transmettre mon RIB dès que je l’aurai, avec en sus une promesse d’aller boire une bière dans la semaine. Marché conclu !

Le soir venu, chez un pote, connexion à ma banque, je copiai mon RIB et l’envoyai à la belle, puis échange de trivialités par texto. Elle m’avait l’air vraiment intéressée. Les choses commencèrent à déconner au premier rendez-vous : elle me posa un lapin avec la meilleure excuse du monde, « j’avais la gueule de bois j’ai complètement oublié » :awesome:
Mais en même temps elle me proposa un nouveau rencard. Ça m’arrangeait pas trop, j’étais hébergé par des potes, mais j’acceptai quand même. Et devinez… Le lapin encore une fois. C’est là que je décidai que, bordel de merde, j’allais passer une bonne soirée avec ou sans elle.

Mes potes m’avaient dit que c’était pas grave si je rentrais à 3h du mat, mais je ne voulais pas abuser de leur hospitalité. Avec mon sac sur le dos, il ne me manquait que la Gopro au bout d’une perche pour me faire passer pour De Maximi. Tendant l’oreille, je me rendis là où la musique me paraissait la plus sympa, me posai à un bar où l’on passait du bon vieux hard rock, et commençai à discuter avec les gens.

C’est là que je fis la connaissance de Damien, qui me harcela presque pour que je rejoigne son équipe de blind test. J’étais arrivé avant le début, le thème c’était les années 80… Je me suis dit que j’allais pas trouver grand chose, mais je me suis surpris moi-même Image Le barman offrait des shooters quand on trouvait des trucs rares. Curieusement, j’ai été le seul à trouver Our House de Madness, il me semble que c’est plutôt connu pourtant :?

Dans un coin il y avait une team entièrement composée de filles. Je les avais pas remarquées avant la fin du test, mais à la sortie du bar elles se rapprochèrent de mon groupe et je commençai à discuter avec une petite brune à lunettes. Je vais la nommer Blanche. (Parce qu’elle est brune. Cherchez pas.) À ce moment-là j’avais l’esprit un peu alcoolisé et je me souviens pas exactement comment j’ai amené la chose, mais je lui demandai de m’héberger pour la nuit et elle accepta.

On se dirigea vers un autre bar. Damien était plus beurré qu’un kouign-amann et payait des verres à tout le monde ; à un moment j’ai même cru qu’il me draguait et il m’a semblé judicieux de lui dire clairement que j’étais hétéro… Je crois que ça a jeté un mini froid, mais ça n’a pas duré. Les filles étant moins nombreuses dans ce nouveau bar, Blanche devenait un peu trop le centre d’attention et ça commençait à la saoûler. Au bout d’un moment elle se pencha vers moi, me demanda simplement « tu as une copine » ce à quoi je répondis « non », et puis on s’embrassa, naturellement, comme une évidence.

Bon c’est pas drôle, je vous ai spoilé la fin de l’histoire dans mon précédent post, mais je vais raconter quand même. Elle habitait pas loin, on est rentrés à pied. On s’arrêtait par moments pour s’embrasser, mais ça manquait de quelque chose, j’aurais pas sû dire quoi sur le coup. On discuta pas mal. Elle m’annonça qu’elle ne cherchait rien de sérieux, qu’elle n’était pas amoureuse de moi (sic), et je lui répondis que je trouvais ça normal et que moi non plus je n’étais pas amoureux. Un peu après elle me dit qu’elle ne voulait rien faire ce soir parce qu’elle avait ses règles. Bon, bah tant pis hein. Mais arrivé chez elle je me rendis compte que l’histoire des règles c’était peut-être juste une excuse : il y avait trois de ses copines qui dormaient dans le salon, et…
Sa mère dans la chambre à côté. Image

J’avais pas bouffé grand chose et bu beaucoup, mon estomac commençait à protester. Je m’enfermai un moment dans les chiottes, à genoux devant la cuvette, mais ne vomis rien. Je me sentais pas génial.

Blanche m’invita dans son lit, et me proposa un pétard. Ooh je le sentais venir le malaise… Ça m’est arrivé une fois après avoir mélangé alcool trop fort et beuh trop forte ; une sensation de faiblesse dans tout le corps, les membres qui tremblent et des sueurs froides, on peut rien faire à part attendre que ça passe, je peux vous dire que j’étais pas fier. Bref, cette fois je préférai refuser. Au final, bien au chaud sous la couette, avec Blanche qui avait mis de la musique planante et qui parlait à voix basse, je finis par m’endormir.

Le lendemain ça a été la matinée de la castration 8) Dernier levé, j’arrive dans le salon, tout le monde était déjà là y compris la mère qui faisait de la paperasse. Je dis bonjour, un peu gêné, et je me pose sur le canap avec les 4 filles, devant Desperate Housewives. Comme souvent le matin, j’ai beaucoup de mal à décoincer un mot, et dans cette situation c’était encore pire. J’ai quand même pu prendre un peu part à la conversation, après un petit café.

Un truc que vous allez peut-être pouvoir m’expliquer : à un moment où la conversation portait sur le relationnel et un peu sur le sexe, Blanche me lance une pique du genre « oui mais toi tu manques d’expérience » et j’ai pas compris ce qu’elle voulait dire. Je lui ai demandé de développer mais elle a botté en touche. Dans la mesure où on n’avait rien fait la nuit précédente, j’ai vraiment pas compris de quoi elle parlait. Vous avez une idée ?
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  • [0] Like a boss ! le 29.03.16, 00h50 par Blusher
  • [0] Like ! le 30.03.16, 08h25 par Jsh

Alors, je m'avance prudemment, mais si elle t'a dit "tu manques d'expérience", possible qu'elle aie voulu dire "je t'ai dit non mais si t'avais eu plus d'expérience tu aurais su que je faisais ça pour que tu insistes", un truc du genre. Possible que j'extrapole.

Mais t'as bien fait de t'être arrêté à son "non". Continue en tout cas, ton journal est très agréable à lire :D
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  • [0] +1 le 30.03.16, 08h25 par Jsh

Salut les lapins !

Retour dans le présent. Juste pour préciser, j’ai laissé tomber avec miss Croix-Rouge ainsi qu’avec Blanche – cette dernière, j’ai même pas son numéro. Pas de nouvelles de Claire (celle de la manif féministe), j’avais tenté de fixer un rendez-vous il y a quinze jours, elle m’a répondu qu’elle pouvait pas, j’ai senti qu’elle était pas vraiment emballée, j’ai pas insisté. Si elle me recontacte je dirai pas non, mais pour l’instant je l’oublie un peu.

On en arrive à mon numéro inconnu. Son nom sera… Tiens, faisons un ptit hommage à Bashung : Joséphine.
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J’en ai discuté avec mon cousin qui – vous vous souvenez – était sur place ; il m’a décrit une petite brune souriante. Des bribes de souvenirs me revenaient petit à petit, mais pas moyen de me rappeler le visage de la belle.

Je propose un rencard à Joséphine, en me demandant vaguement comment on arriverait à se retrouver si, elle non plus, ne se souvenait pas de ma tronche. Première proposition, elle peut pas ; dans la foulée elle me propose un autre jour, là c’est moi qui pouvais pas. Je trouve un compromis en lui proposant un vernissage auquel je devais me rendre le jeudi en fin d’après-midi, l’artiste étant un de mes oncles. Ça m’arrangeait moyen mais c’était ça ou repousser à la semaine suivante, et j’avais peur de rater le coche…

L’exposition se faisant dans un bar, c’était pas complètement exotique d’y proposer un rendez-vous. Je me disais qu’avec un peu de chance, il y aurait du monde et qu’on pourrait s’éclipser avant que mon oncle remarque que j’étais venu accompagné et commence à poser des questions embarrassantes. Disons les choses comme elles sont : il est super sympa mon oncle, je l’adore, mais des fois il a tendance à manquer de subtilité…

Joséphine accepte le rendez-vous en ajoutant avec humour « on va y arriver ». Elle avait l’air très enthousiaste. Franchement, je ne sais pas ce que je lui ai fait mais cette petite a l’air de m’apprécier :P Si seulement je pouvais me souvenir de ce qui s’est passé…

Aparte : plus ça va plus je me rends compte qu’au niveau du game, je ne fais jamais grand chose. Je pourrais presque dire que je ne sais pas draguer. Quand il m’arrive une aventure, soit c’est parce que c’est la fille qui m’a sauté dessus, soit c’est sous l’effet de l’alcool et c’est n’importe quoi.
Mais qu’est-ce qui est vraiment important ? Avoir du « skill » en séduction, ou bien s’en foutre et vivre des expériences intéressantes malgré tout ? Hm. À la réflexion, ce serait peut-être plus épanouissant si je pouvais séduire une fille qui me plaît quand elle n’est pas disposée à faire tout le « travail ». Mais laissons ça de côté pour l’instant.


Le jour J, j’arrive à peu près à l’heure au coin de la rue. Immédiatement, je me fais aborder par une petite brune souriante. On était arrivés en même temps. Avant d’entrer, j’explique la situation à Joséphine : que l’artiste qui expose c’est mon oncle, et que je n’avais pas pour objectif de la présenter déjà à ma famille. Elle me dit que ça la dérange pas de rencontrer mon oncle. Tiens justement, le voilà qui sort du bar pour aller chercher je ne sais quoi. Je fais les présentations, je m’attends au pire… Nada, sur le coup il a été exemplaire, pas même un clin d’œil indiscret, merci tonton ^^

La miss et moi on rentre dans le bar, on se commande une bière locale – elle insiste pour payer – et on se pose à l’étage (une sorte de mezzanine) où l’on peut admirer les tableaux. C’est là que Joséphine m’apprend qu’elle est étudiante en art. Heureux hasard !

Le petit malaise du début de rendez-vous (celui qu’on connaît tous) se dissipe très vite. On parle de tas de trucs, le courant passe. Je la trouve vraiment belle, elle me plaît. Cheveux noirs ondulés mi-longs, yeux noisette, sourire à croquer. Je remercie mon Mr Hyde alcoolisé de l’avoir abordée cet autre soir dont je ne me souviens pas, d’avoir obtenu son numéro et d’avoir éveillé son intérêt, de quelque façon qu’il ait pu procéder :mrgreen:

Le détail qui m’était complètement sorti de la tête c’est que j’ai d’autres parents qui habitent à Rennes, et qui inévitablement allaient se rendre au vernissage. Une sœur, un autre de mes oncles (non ce n’est pas une mafia), des cousins… Au final, Joséphine a rencontré une généreuse portion de ma famille et moi je ne savais plus où me mettre.

Mais tout ça ne semblait pas la déranger, au contraire. Elle a pris part avec moi à la préparation des toasts quand mon oncle m’a demandé un coup de main. C’était très convivial :)

À un moment elle me parle de sa sœur qui a 22 ans. Sa grande sœur. Outch. :pokerface:
De réaliser qu’elle était si jeune, ça m’a intimidé, je sais pas trop pourquoi. Certainement une pensée limitante sur la différence d’âge. D’un seul coup, alors que j’étais léger jusque-là, j’ai pris peur qu’elle me rejette. Je me suis mis la pression comme un con, et à partir de ce moment j’ai eu l’impression que je ne parviendrais jamais à sexualiser l’échange – mais j’avais oublié que « sexualiser » ça ne se fait pas seulement avec les mots.

En réalité je ne pouvais pas m’empêcher de plonger mon regard dans le sien à chaque fois qu’il y avait un petit blanc dans la conversation, et quand je faisais ainsi, elle souriait puis détournait le regard. Et la conversation reprenait comme si de rien n’était.

Le temps passe, elle soutient mon regard de plus en plus. Elle devait retrouver des potes pour une manif nocturne (décidément, je suis attiré par les filles politisées :P) mais ne semblait pas pressée de partir. Je lui propose d’aller en centre-ville où j’avais un concert. On marche un moment, elle finit par m’accompagner jusqu’à l’entrée de la salle de concert. Je lui propose de ramener ses amis plus tard dans la soirée (le concert était gratuit). On se dit au revoir… Petit moment de flottement, regard prolongé. Mais rien. Je n’ai pas osé. Toujours impressionné par son jeune âge. Maudit sois-je !


La suite plus tard les lapins, faut savoir ménager son suspense ;)
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  • [0] La suite, vite ! le 04.04.16, 23h21 par Stayfun
  • [0] Sympa :) le 07.04.16, 08h15 par Snow

très sympa ton journal :) et le suspense est bien présent :)

Quand j’ai parlé de concert, c’était pour simplifier. En réalité il s’agissait d’une « Nuit des 4 jeudis », ces évènements gratuits et sans alcool organisés tous les jeudis par la ville, avec à chaque fois un thème différent. Ce soir-là le thème c’était fest-noz, avec notamment des beatboxers. C’était inattendu, et pour tout dire carrément chouette !

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J’ai conscience que comme ça, à froid, ça va peut-être pas vous faire grand chose, mais je peux vous assurer que quand on est dans le cercle avec les autres danseurs, ça prend aux tripes !

Quand j’arrivai il n’y avait pas encore grand monde. Des bénévoles animaient un atelier d’initiation à la danse bretonne, j’y ai reconnu quelques amis. L’ambiance était bonne et ça ne faisait que commencer. J’avais le cœur léger de mon après-midi avec Joséphine, malgré mon hésitation à la fin. Je me disais que rien ne pressait, qu’elle allait peut-être passer plus tard dans la soirée, et que même si elle ne passait pas c’était pas grave.

Je réalisai que j’étais venu seul ce soir, et l’incroyable liberté que cela m’octroyait. Souvent en fest-noz, je viens avec une amie, cavalière attitrée pour la soirée, ou alors un pote qui ne sait pas danser et qui reste un peu misérablement sur le bord de la piste. Ce soir, rien de tout ça. Ce soir, j’étais le renard dans le poulailler !

Arrive sur scène un groupe dont j’ai oublié le nom (je pourrais le retrouver en cherchant un peu), avec une vielle à roue. Ça fait un son étrange, énergique et envoûtant. Une jolie bune aux cheveux lisses, que j’ai déjà vue plusieurs fois dans ce genre de soirée, m’invite à danser la bourrée. C’est pas franchement une danse sensuelle… À part quand le chanteur explique qu’à un moment il va dire « zouké zouké » et qu’à ce moment il faut se mettre à danser collé-serré :mrgreen: Moi j’étais partant, mais ma partenaire a pas joué le jeu. Ça ne l’empêchait pas d’être sympa, on a échangé quelques mots et on est restés ensemble pour la danse suivante.

Une danse de bal cette fois, avec une main dans la main de l’autre, et une main derrière le dos. Bon le problème c’est quand ça tourne, j’ai pas un super équilibre, et en plus quand il y a du monde autour, on a vite fait de bousculer. Cette danse a duré longtemps, trop peut-être, c’était épuisant. À la fin, ma partenaire est partie précipitamment, j’ai hésité à interpréter : étais-je un si terrible danseur, ou avait-elle urgemment besoin de se rafraîchir ?

La fin de soirée approcha. On commença à voir rappliquer ceux qui ont passé leur soirée ailleurs, là où il y a de l’alcool. On les distingue aisément :P Moi je ne pensais plus à Joséphine, ni à ma partenaire de danse qui avait disparu, j’étais là pour me faire plaisir et rien de plus. Les beatboxeurs avaient repris le micro et étaient cette fois partis en impro techno, plus du tout de la musique traditionnelle. Je me suis complètement lâché. j’étais en transe. J’étais bien.

Le lendemain, vers 15h, je reçois un message de Joséphine qui me demande si j’ai passé une bonne soirée, s’ensuit une petite conversation sympa par texto. Au final, elle et ses potes avaient été chassés par les CRS vers 23h, et étaient rentrés chez eux chacun de leur côté. Elle m’a dit qu’elle regrettait de ne pas être venue au fest-noz. Mais quelle magnifique occasion ça me faisait de l’inviter à un autre fest-noz qui allait avoir lieu le jeudi suivant !

Elle accepta. Rencard programmé donc pour le jeudi 31, qui est déjà passé pour vous si vous vivez dans la même temporalité que moi. Ce qui veut dire qu’il me reste des choses à raconter :P

À très vite les castors.

Jeudi 31. Il s’est pas passé grand chose depuis, socialement en tout cas. J’ai eu la tête dans le travail – et d’ailleurs c’était cool, j’ai avancé dans mes projets. Mais revenons au sujet.

Quelques jours avant le rendez-vous, Joséphine m’envoie un texto pour me demander des détails logistiques. Il y avait des billets à réserver, je me suis proposé pour lui prendre le sien, après tout elle m’avait offert une bière et l’échange était à peu près équitable. Elle a rajouté qu’elle me rembourserait sur place, je lui ai juste dit « on verra ».

Rendez-vous place de la République à 19h30. Je suis arrivé à vélo, il faisait doux. Les piétons étaient nombreux, et tous beaux sous la lumière de fin d’après-midi, j’étais d’humeur légère. Joséphine était de l’autre côté de la route, elle m’a repéré rapidement et m’a fait un grand signe de la main. Je traverse, on se dit bonjour, on commence à causer. J’avais un peu peur que la conversation mette du temps à démarrer, mais non, ça se passait vraiment naturellement et les quelques jours d’éloignement n’avaient rien refroidi.

Le plan à la base c’était de prendre le bus, notre destination étant une salle de spectacle un peu éloignée du centre-ville. Seulement voilà, les manifs, les grèves, les CRS qui ne savent vraiment pas garer leurs cars – en plein milieu de la voie, on pourrait croire qu’ils le font exprès ! – on n’était plus vraiment sûrs qu’on allait avoir notre bus. Nous marchâmes jusqu’à l’arrêt suivant, puis l’arrêt encore suivant, là nous rencontrâmes des gens qui se posaient les mêmes questions que nous, et comme on parlait avec entrain et qu’on était de bonne humeur, ça encourageait les gens à discuter avec nous.

Au final, nous nous doutions que le bus n’allait jamais venir. Nous attendîmes encore quelques minutes pour être sûrs et puis nous fîmes le reste de la route à pied, avec deux gars qui allaient dans la même direction. Après avoir laissé nos deux compagnons de route prendre finalement leurs chemins respectifs, nous arrivâmes la belle et moi devant l’entrée de la salle. Je sortis les billets, bonjour, vérification, nous rentrons. Aussitôt une musique bretonne vint nous caresser les oreilles pour nous accueillir. J’avais hâte d’apprendre à danser à la petite, qui me disait qu’elle n’avait fait qu’un fest-noz quand elle était petite.

Après avoir mis nos affaires au vestiaire, on arrive en salle. La danse qui commence à ce moment-là est une scottish, la danse de bal dont je vous ai déjà parlé. Main dans la main, main derrière le dos, proximité, chaleur… J’avais du mal à interpréter les signaux de ma cavalière, si le rapprochement lui plaisait ou pas, mais j’étais dans un état d’esprit vraiment détaché, je me disais « bah, si ça lui plaît pas, elle me le dira ». Plus la musique avançait, plus je la faisais tourner, et pour ça je devais la serrer plus près contre moi. Ô, quelle douceur enivrante.

Ensuite, les musiciens annoncèrent un avant-deux de travers. Diable, je la connais pas celle-là. Joséphine m’a pratiquement tiré par la main pour qu’on aille apprendre sur le tas.
Décidément, elle me plaît cette petite Image
L’avant-deux est une danse amusante, on doit être quatre (deux couples). On a rapidement trouvé un autre couple qui savait danser, ils nous ont expliqué gentiment. C’était fun !

Bon, je vais pas toutes vous les faire, mais j’aimerais juste vous raconter que la demoiselle était infatiguable et faisait preuve d’un remarquable courage devant les danses les plus ardues :)

La danse en fest-noz peut facilement rivaliser avec les séances de fitness les plus intenses. Surtout quand la salle est surchauffée. On était tous les deux dégoulinants de sueur… Pas franchement glamour, mais ni elle ni moi n’y prêtions attention. On allait régulièrement se rafraîchir aux toilettes, et puis à un moment on a pris un cidre à la buvette. J’ai payé, avec les sous que Joséphine avait insisté pour me rendre – au final, on a vite arrêté de compter qui payait quoi. Il y avait des crêpes délicieuses, sans doute rendues encore meilleure par le fait qu’on avait faim et besoin de calories :mrgreen:

Oh la vache. Musique bretonne, crêpes, cidre… Je me rends compte que tout ce que je raconte doit être extrêmement cliché ^^′ Mais je m’en fous ! Je suis pas chauvin pour deux sous, si j’aime bien ces soirées c’est vraiment parce que l’ambiance y est géniale et que je m’y éclate, et cette soirée en particulier m’a prouvé que c’était une excellente idée d’y amener une demoiselle pour initiation.

Il y a eu une autre scottish. Qui a mis un peu de temps à démarrer. J’avais Joséphine dans mes bras, et là je ne sais pas vraiment quelle partie de mon esprit (ou de mon corps haha) a décidé, mais j’ai penché ma tête contre la sienne, et elle a légèrement penché la sienne en retour. J’avais le menton dans ses cheveux, elle avait sa tête contre mon buste. On est restés comme ça un moment qui est passé au ralenti comme si le temps s’était brusquement dilaté, et c’était un moment d’une infinie tendresse. Quand la danse a enfin commencé, j’ai fait tourner ma cavalière comme jamais. Quand ça s’est arrêté, on a fait comme si de rien n’était, mais nous savions tous les deux qu’il s’était passé un truc. J’aurais pu l’embrasser à ce moment-là. Mais encore une fois, je ne l’ai pas fait.

La fin de soirée s’est un peu précipitée. Pour des raisons de logistique, je pouvais pas rester longtemps après minuit, et ça nous laissait à peine le temps de voir le premier morceau du dernier groupe. Bien dommage, car c’était un groupe d’électro, et je savais la belle fan de ce genre musical. On a fait juste la première danse, une danse en cercle, mais purée quelle énergie ! Des basses super fat qui vous secouent l’échine. Tenez je vous en mets un bout pour que vous vous fassiez une idée.
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Le chemin du retour, on l’a aussi fait à pied. On y était préparés. Comme à l’aller, on a causé tout du long. Avec une différence, on s’arrêtait de temps à autre pour faire quelques pas de danse. Arrivé à République, j’étais stressé par le fait que je devais prévenir mon pote, chez qui je devais dormir, que j’allais être en retard – il faut vraiment que je me trouve un appart sur Rennes – et ça m’a un peu empêché d’avoir les idées claires. Mais pas suffisamment pour m’empêcher de faire la seule chose natuelle, l’évidence, la conclusion logique de la soirée.

Au moment de faire la bise à Joséphine, j’ai pas visé la joue gauche. Ni la droite. J’ai visé au milieu. Et on s’est embrassés. C’était beau, c’était doux. Et tellement simple.

À ce moment-là, si j’avais eu tout mon esprit avec moi, je lui aurais demandé ce qu’elle voulait faire ensuite ; je lui aurais proposé de faire encore un bout de chemin ensemble, de lui proposer sans en avoir l’air de me raccompagner chez elle. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. Tant pis, la prochaine fois peut-être :)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 15.04.16, 09h56 par Sathinelilly
  • [0] Cool le 15.04.16, 11h16 par mctyson
  • [0] Like a boss ! le 16.04.16, 09h57 par Snow

Petit retour de bâton hier soir, après avoir discuté sur Facebook avec Joséphine. Une vingtaine de jours s’est écoulée depuis notre baiser ; je sais bien qu’un baiser n’est pas une promesse, mais il m’avait semblé qu’elle avait envie de continuer. Il faut croire que la température est un peu redescendue.

C’est pas complètement mort mais j’ai comme une mauvaise impression. Les dix premiers jours, on n’a pas pu se revoir parce qu’elle était à l’étranger. Ensuite, elle a passé quelques jours au calme avec sa famille. Cette semaine, elle est enfin de retour, mais quand je lui ai proposé qu’on se revoie, elle m’a dit qu’elle pouvait pas parce qu’elle hébergeait, toute la semaine, une amie qui passe des concours. Excuse valable ? Peut-être. Mais je préfère ne pas être trop optimiste.

Si je dis retour de bâton c’est surtout parce que je me sens un peu con de m’être reposé sur mes lauriers. Après ce baiser avec Joséphine, j’ai laissé de côté les autres filles avec qui j’aurais pu poursuivre quelque chose. Et puis il y avait la pression de mes potes pour qui « jouer sur plusieurs tableaux, c’est pas correct. » Je savais au fond de moi que je devais pas les écouter, mais c’est plus fort que moi putain, c’est mes potes et je les aime sincèrement. C’est dur des fois de se rendre compte qu’on a pas toujours les mêmes jugements sur les choses.

Là je suis au calme avec ma famille, en bord de mer. Les paysages sont superbes et je fais des balades solitaires vraiment ressourçantes, mais c’est un bled paumé. Il faut que je voie des gens. Je vais reprendre le contact avec Claire, on verra si c’est trop tard ou pas.
Et surtout, je vais retourner à la ville.

J’ai envie de faire la fête, bordel !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] T'inquiète le 18.04.16, 12h19 par Balzac
  • [0] La suite, vite ! le 18.04.16, 12h21 par Snow

Acier a écrit : ... Et puis il y avait la pression de mes potes pour qui « jouer sur plusieurs tableaux, c’est pas correct. » Je savais au fond de moi que je devais pas les écouter, mais c’est plus fort que moi putain, c’est mes potes et je les aime sincèrement. C’est dur des fois de se rendre compte qu’on a pas toujours les mêmes jugements sur les choses.
En quoi c'est jouer sur plusieurs tableaux de rencontrer des filles ?
Tu le ressens ainsi ?

Pourquoi autant d'importance à la volonté d'autres ?

Tes potes, c'est tes potes.
Toi, c'est toi !

Des amis, ce sont des personnes qui te diront faire le mauvais choix, mais qui te soutiendront tout de même dans ta démarche.

Rien de grave, hein, mais attention à tes attentes et à ce que tu donnes dans ces relations.

Je me suis mal exprimé. Je voulais dire, je sais que je dois pas les écouter quand ils disent ça, mais inconsciemment je les écoute quand même, parce que mon inconscient a l’habitude de leur faire confiance. C’est rien de grave comme tu dis, faut juste que je fasse un peu gaffe. Une histoire de discernement, à l’intérieur.

J’ai repris contact avec Joséphine. J’avais laissé couler quasiment une semaine sans lui envoyer de message, je voulais voir si elle allait prendre l’initiative.

Et puis il y a quelques jours, alors que je marchais, je me suis dit « t’es con, ça sert à quoi de la tester, il peut y avoir tout un tas de raisons pour lesquelles elle t’a pas contacté, et puis ça fait guère qu’une semaine, à quoi bon faire des suppositions toxiques ? »

Alors je me suis mis en condition, avec de la bonne musique pour être de bonne humeur, et puis je lui ai envoyé un message sur Facebook. Et on a discuté léger, on a déconné, on a parlé de notre prochain rendez-vous.

Leçon du jour : ne jamais faire de suppositions ! Image
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 22.04.16, 18h34 par amelia
  • [0] Like a boss ! le 22.04.16, 19h14 par The_PoP
  • [0] Effectivement le 23.04.16, 02h09 par Onmyoji
  • [0] Absolument le 23.04.16, 10h06 par mctyson
  • [0] Yesssss! le 23.04.16, 10h52 par mistermint

[ Image excellente réaction.

Je suis posé dans un cyber-café avec de la musique de merde et des gens qui parlent fort autour, c'est pas la meilleure situation pour écrire mais j'ai tellement de trucs à raconter, et je sais pas quand j'aurai à nouveau le temps pour passer sur FTS alors voilà.

Il y a bientôt un mois, j'ai débarqué un peu par hasard à la Maison du Peuple occupée à Rennes, avec mon sac sur le dos et simplement l'intention d'y passer une nuit pour voir. Pour vous donner un peu le contexte, c'est un lieu culturel qui a été investi par les gens de Nuit Debout entre autres, et il s'y passait tout un tas de trucs intéressants avant son évacuation musclée, comme un vulgaire squat, il y a maintenant quinze jours.

En passant une nuit dans cette Maison, j'ai découvert des gens. J'ai découvert des idées. Je me suis découvert moi-même. Pour la première fois de ma vie, je le dis sans exagérer, j'ai senti que j'avais un rôle à jouer et que les actions que je ferais ici auraient un vrai sens. Au final, j'y suis resté une dizaine de jours et je me suis impliqué à fond dans le mouvement.

Je vais passer sur les histoires d'idéologie, les manifs, les problèmes avec la police, etc. Je pense que ça n'a pas sa place dans mon journal. Par contre, j'ai rencontré des filles très intéressantes.

L'environnement a sûrement aidé, avec toutes les pensées alternatives, je cite entre autres véganisme, anti-sexisme, et bien entendu la remise en question du paradigme du travail. J'ai réfléchi sur moi-même et mes relations avec le sexe opposé, et j'en suis venu à me dire que je n'étais peut-être pas mono-amoureux. Probablement pas.

J'ai revu Joséphine, une fois. Vraiment vite fait, par hasard pendant une AG. On s'est embrassés trop chastement, et puis elle a disparu. Elle donne priorité à ses études. Maintenant elle est à Paris et je ne la revois pas avant une grosse semaine. Il faudra que je lui parle de polyamour tôt ou tard. Je ne sais pas encore comment je vais aborder le sujet.

Et puis il y a les autres. Rien de concret ne s'est passé, mais elles sont quatre ou cinq à me plaire et chacune me réchauffe le cœur quand je la vois. C'est comme si j'étais amoureux de toutes à la fois.

Une rousse au carré plongeant qui répond à mes sourires et mes kinos, et qui fait planter mon cerveau à chaque fois qu'elle retire ses lunettes.

Une blonde aux yeux bleu-gris, très douce de caractère mais dont j'ai du mal à interpréter les signaux.

Une brune pulpeuse dont je ne connais que le pseudonyme car elle ne veut donner sa véritable identité à personne.

Et une autre brune très jolie qui a manifesté son intérêt pour moi mais que je n'ai pas revue depuis bientôt une semaine.

Les voir dans les bonnes circonstances est difficile, à cause du contexte. Il y a la lutte, il y a la répression, il y a les examens, il y a le travail… Je n'ai le numéro que de l'une d'entre elles (sans compter Joséphine) et j'ai été sans téléphone pendant une quinzaine de jours, je ne l'ai récupéré que vendredi dernier. Je dois compter sur le hasard pour croiser mes « amoureuses » dans la rue ou pendant une réunion du mouvement. Tout est bizarre en ce moment.

Je vous laisse les oursons. Je ne peux pas vous dire quand je reviendrai, mais j'espère bientôt, et avec les idées un peu plus claires.

Prenez soin de vous.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] La suite, vite ! le 24.05.16, 12h57 par Blusher
  • [0] Sympa :) le 24.05.16, 22h04 par Jalapeno
  • [0] Cool le 01.06.16, 20h15 par Jsh

Hello les crevettes !

Trois mois sans vous donner de nouvelles, c’est impardonnable. Ça va pas être facile de reprendre le fil de tout ce qui s’est passé depuis.

En trame de fond continue, il y a eu toujours les actions contre la Loi travail. Le premier recours au 49.3 qui a redonné de l’ampleur au mouvement. Des manifs, des rassemblements, des fêtes, chaque fois une occasion de voir les unes ou les autres de mes « amoureuses » et de tenter d’y voir un peu plus clair dans tout ce bordel.

Je suis de plus en plus à l’aise avec le concept de polyamour. J’ai eu le temps de faire mûrir l’idée, d’en débattre, et de décider que de toutes façon il fallait en faire l’expérience pour être fixé.

J’ai voulu revoir Joséphine pour lui dire en face que je voulais arrêter, mais elle ne se rendait pas disponible alors j’ai fini par lui dire par texto. Elle l’a bien pris.

La blonde douce aux yeux bleus-gris, je me suis rendu compte qu’elle ne me plaisait pas tant que ça. La rousse à lunettes est partie, elle n’était pas de Rennes, mais j’ai son numéro et je passerai peut-être la voir quand je ferai le tour du pays. D’autres ont suivi le même destin : soit elles se sont éloignées de ma vie, soit elles ne me plaisent pas au-delà de la simple amitié.

Il y a quand même un petit épisode qui mérite d’être raconté… Deux ou trois semaines après l’évacuation de la Maison du Peuple, le Peuple a repris la Maison, déjouant les barricades et les veilleurs. Ça a bien foutu la honte à la mairie, et d’ailleurs je ne crois pas que le reste de la France en ait entendu parler ; les médias ont passé ça sous silence.

Je ne vais pas raconter les choses trop en détail, mais disons simplement que j’ai rencontré une fille qui me plaisait bien et avec qui je sentais une attirance réciproque ; mais cette fille, dans un moment de stress face aux forces de l’ordres, s’est rapprochée d’un autre type qui n’était pas là une minute avant. J’ai supposé que c’était son mec, mais je sais aujourd’hui que ce n’était pas le cas. Un ami néanmoins, et je comprends que c’était plus naturel de sa part à elle, dans un moment stressant, de chercher le réconfort auprès d’un ami plutôt que d’un inconnu rencontré quelques heures auparavant.

J’ai gardé le numéro de cette fille et je la revois de temps en temps, mais pour l’instant il ne s’est rien passé d’intéressant.



Début juin. Depuis une semaine je vis chez un ami que je vais surnommer le Baron (parce que le Duc c’était déjà pris), en périphérie de Rennes, chez qui il y a des gens tous les soirs et où on passe de bons moments. Il se trouve que ces amis avaient certaines responsabilités durant l’occupation de la Maison du Peuple, et voilà qu’un jour on les appelle pour aider à organiser une fête sauvage. Je suis désigné volontaire pour donner un coup de main.

Arrivée vers 15h sur les lieux, un ancien hangar réaménagé avec une décoration sommaire. Il pleuvait à torrent et un type était là avec une raclette à tenter vainement de repousser l’eau qui rentrait par la porte. Avec les potes on commence à poser le matos. D’autres bénévoles sont arrivés petit à petit. Il n’y avait qu’une seule fille au début ; je me suis retenu de l’aborder tout de suite pour ne pas avoir l’air d’un affamé. Mais avec tous les trucs à faire et le peu de gens présents, on s’est rapidement retrouvés côte à côte.

Elle avait des airs un peu garçon manqué, des yeux bruns, était très sympathique et son engagement politique était manifeste dès les premières minutes de conversation. Je sais ce que vous pensez, encore une… En même temps, quel genre de fille voulez-vous rencontrer dans une fête organisée par des militants gauchos ? :D
Le nom que je vais lui donner sera Mona Lisa, à cause de la chanson d’Higelin – il y a un vague rapport avec cette histoire de téléphone, vous comprendrez plus tard.

Le thème de la soirée, c’était techno, mais quelqu’un avait glissé un groupe de rock festif dans la programmation. Pas très malin comme idée, les gens n’étaient pas venus pour écouter du rock. C’est dommage d’ailleurs, parce que le groupe en question était très bon. Moi qui ne suis que moyennement excité par la tech, leur rock m’a mis le diable au corps et il n’y avait personne pour danser devant. :yuno: J’ai été chercher Mona Lisa qui était au bord de la piste et j’ai commencé à danser de façon exagérément stupide autour d’elle. Elle s’est prise au jeu, et rapidement on s’est retrouvés tous les deux tous seuls à danser comme deux idiots devant la scène.

Les gars avec qui j’étais venu ont voulu partir relativement tôt ; vers une heure on avait remballé tout notre matos. À ce moment j’étais avec Mona Lisa et ses amis dans la caravane qui servait de guichet, on fumait un joint et on mangeait de la compote. Je lui ai dit que je devais partir et lui ai demandé si elle voulait qu’on se revoie, elle m’a donné son numéro.

Environ une heure plus tard elle m’envoie un texto :
Devine de quoi j’ai envie ?
Innocemment, je pense
D’un autre joint ?
et lui envoie cette réponse. Que nenni,
J’ai envie de t’embrasser
Ok, c’est direct ! Je lui réponds,
Je regrette de n’être pas resté plus longtemps :$
Après quoi elle m’a parlé de chaleur dans son corps, et la conversation a dérapé – je vous passe les détails ;)

Au début j’avais du mal à y croire, j’avais été victime par le passé d’une voisine de cité U à qui, en bon AFC, j’avais déclaré ma flamme par texto, et qui avait cru amusant de me faire miroiter tout un tas de plaisirs avant de finalement me traiter de « pigeon de l’année ». :fuuuu: Mais Mona Lisa me proposait un rendez-vous le mercredi suivant et avait l’air tout à fait sérieuse.

Le jour du rendez-vous, c’était une situation assez intéressante car je devais retrouver une demoiselle que je n’avais jamais embrassée, et je savais que la première chose qu’on ferait en se voyant serait de s’embrassser.

Quand je l’ai vue j’ai voulu faire durer le plaisir, je ne l’ai pas embrassée tout de suite ; à un moment ni elle ni moi n’en pouvions plus, on s’est jetés l’un sur l’autre, puis on est allé trouver un coin discret dans un sous-bois. Debout sous une quasi-pluie au milieu de nulle part, je l’ai caressée sans la déshabiller, jusqu’à la faire jouir, puis on a retrouvé la civilisation pour aller boire un verre comme aurait commencé un rendez-vous plus classique :mrgreen:
Après ça on est allé chez elle… Et ça a été encore plus torride.

Je pensais que c’était trop beau pour durer, que c’était juste une fois comme ça et que ça n’allait pas se reproduire (sans mauvais jeu de mots). Mais dans les jours qui ont suivi, elle m’a présenté à ses amis, j’étais officiellement son mec.

En fait, rapidement, elle m’a expliqué qu’elle avait déjà un copain et qu’elle était en relation libre avec lui. Dans les faits elle était donc en train de me proposer également une relation libre. Je lui ai dit que j’allais réfléchir quelques temps avant de lui donner ma réponse ; mais en réalité je crois que ma réponse était déjà décidée.

Les événements qui ont suivi n’ont fait que renforcer ma décision. Mais je garde ça pour plus tard, j’ai déjà fait un sacré pavé…

À très vite les crocos :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 28.08.16, 17h32 par The_PoP
  • [0] La suite, vite ! le 28.08.16, 17h38 par Aristophane
  • [0] Like ! le 28.08.16, 18h15 par RosieRosette
  • [0] La suite, vite ! le 29.08.16, 09h03 par Stayfun
  • [0] Cool le 25.09.16, 20h01 par Onmyoji

Bon les marmottes, ça fait presque un mois. Je suis pas trop motivé à vous raconter mes aventures de juillet. Pour l’instant j’ai la tête dans mes problèmes avec Mona Lisa.

Une relation qui avait pourtant commencé de façon explosive (dans le sens positif), et il y a une quinzaine de jours elle a commencé à mettre du temps à répondre à mes textos, à être évasive, à ne plus manifester d’affection.

On ne s’est pas vus pendant cette période, elle me disait qu’elle avait un agenda trop chargé. J’ai bien voulu y croire au début, mais quand ça se répète… Je me suis battu. J’ai pris sur moi, j’ai essayé de toujours lui parler avec tact. J’ai fini par avoir une explication.

Elle me dit qu’elle a besoin de prendre du recul. Je crois que ça a un lien avec sa dernière rupture – un type qu’elle fréquentait au moment où elle m’a rencontré (rappelez-vous : relation libre). Elle a du mal à digérer, et elle m’a dit qu’elle voulait en discuter avec moi parce que c’est important pour elle. On doit se voir demain pour parler de ça. Mais je sens venir le vent, et c’est un vent froid, j’ai l’intuition qu’elle va me dire qu’elle veut rompre.

Ç’aurait été avant, j’aurais laissé tomber. Je suis comme ça, j’ai ce défaut de vouloir abandonner à la première difficulté. Un mélange de lâcheté, de flemme, de peur ou je ne sais quoi. Mais les expériences que j’ai vécues durant le mouvement social du printemps dernier m’ont fait changer un petit peu.

J’ai l’impression que cette fille est sur le point de faire l’erreur que j’aurais faite – de s’isoler pour broyer du noir dans son coin plutôt que de s’ouvrir et avoir quelqu’un pour l’épauler. Parce que c’est plus facile de rester toute seule. Je ne vais pas la laisser faire. Je me dis que si je laisse tomber avec cette fille-là, je laisserai tomber aussi avec la prochaine, et la suivante, et je n’avancerai pas dans ma vie.

Je ne crois pas que je sois particulièrement attaché à Mona Lisa, je ne fais pas une one-itis sur elle, mais je pense qu’elle est en train de faire une connerie et je vais me battre pour la garder. Bien sûr c’est dans mon intérêt aussi, mais je pense que je peux l’aider.

En revanche si elle ne veut pas être aidée, si elle préfère se laisser sombrer, je n’insisterai pas, je ne me laisserai pas embarquer dans son merdier.

Voilà ma page de journal pour aujourd’hui. Désolé si c’est pas super joyeux, je tâcherai de faire mieux la prochaine fois !


Prenez soin de vous les petits choux, faites attention à vos proches et à vous-mêmes :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Courage le 25.09.16, 19h21 par RosieRosette
  • [0] Courage le 26.09.16, 02h59 par Aristophane

Pas d’évolution pour l’instant avec Mona Lisa. Elle n’est pas disponible, et ce jusqu’à dimanche. Elle veut causer ou elle veut pas ? Mais bref, ne nous énervons pas.

Si j’écris cette nuit, c’est pour vous raconter le truc agréable qui m’est arrivé aujourd’hui. Au supermarché, j’allais pour m’acheter une balai de chiottes (eh oui) et je me fais aborder à l’entrée par deux filles de l’Unicef. J’avais pas l’intention de donner mais je suis resté discuter car je sais que les gars et les filles qui font ce boulot ont souvent l’esprit ouvert, et leurs journées ne sont pas faciles.

L’une d’elle, blonde, mince, yeux bleus donnant sur le vert au milieu, avec un prénom floral que j’ai trouvé super classe. L’autre avec des formes généreuses, brune, yeux bruns, et un prénom italien d’une remarquable rareté.

On a discuté sans voir le temps passer, moi mon balai de chiottes sous le bras, elles essayant d’alpaguer les retraités aigris qui « n’ont pas le temps ». On s’est échangé nos numéros, donné rendez-vous bientôt pour une soirée en ville. Le soir même par texto, j’ai échangé quelques références musicales avec l’Italienne, et elle m’a invité à sa crémaillère :)

Voilà, des petits trucs qui font du bien. J’avais envie de partager ça avec vous :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Bien joué le 30.09.16, 01h21 par Aristophane

@ Acier: une italienne aux formes généreuses? Fonce! :D
Aristophane's touch: " aussi peu que possible, mais autant que nécessaire"...

==> " SPUDO: la voie du pick up"...

Up the irons!

Une fois n’est pas coutume je vais vous narrer des évènements du passé immédiat, c’est-à-dire hier, car je me suis pris un méchant coup de poing émotionnel et je crois que je vais avoir besoin de vos analyses.

Je compare ma vie actuelle avec les évènements riches que j’ai vécus au printemps. Je faisais beaucoup de rencontres, fréquentais plusieurs filles en parallèle, j’avais le mojo quasiment tout le temps.
Aujourd’hui c’est plus aussi bien. Pas vraiment de ma faute, le mouvement social s’est quasiment arrêté, j’ai emmenagé dans un bled calme même si je peux me rendre en ville relativement facilement. Mais j’ai fait une rechute de ce que j’appelle des « crises de procrastination » et que certains pourraient peut-être identifier comme une déprime passagère. Ces derniers jours je suis resté cloîtré chez moi, à jouer aux jeux vidéo jusque tard dans la nuit, me masturber trop souvent et bouffer n’importe comment.



Vite fait au passage : Mona Lisa c’est fini… Pour le moment. Pas grand chose à raconter, on a finalement réussi à se voir pour parler, elle m’a dit ce que j’avais anticipé, elle veut faire un break et elle ne veut pas être aidée. À la différence qu’elle ne se laisse pas sombrer dans un merdier, au contraire je pense qu’elle affronte les choses courageusement. Break sous-entend une deuxième saison en théorie, mais je ne compte pas dessus.

Je ne crois pas que j’avais des sentiments pour elle, mais une rupture reste une rupture, ça fout toujours un petit coup au moral. Ça a dû jouer dans ma « déprime » actuelle.



Je vous avais parlé de cette fille rencontrée en avril qui s’était rapprochée d’un autre gars alors qu’on essuyait un assaut des flics. Pour les besoins du journal je vais l’appeler Ramona – référence à Scott Pilgrim, elle a les cheveux colorés.

La fête de la musique a eu lieu une quinzaine de jours après ma rencontre avec Mona Lisa. J’y ai revu Ramona qui avait insisté plus qu’un petit peu pour que je la rejoigne au bar où elle était. Je devais partir vers minuit car je dormais chez un pote, mais au moment de lui dire au revoir, elle me fait un smack, suivi d’un regard et d’un haussement d’épaules qui signifiaient quelque chose comme « j’avais envie de faire ça ». Je lui rends son smack, pression appuyée sur le bras et lui murmure à l’oreille « à très bientôt ».

Mais sur le chemin du retour, c’était le bordel dans ma tête. Ramona me plaisait, j’avais envie de commencer quelque chose avec elle, mais j’étais en couple avec Mona Lisa et je ne savais pas encore que j’étais en relation libre. Mauvais timing.

Après avoir formalisé ma relation libre avec Mona, j’ai eu l’occasion de revoir Ramona, mais j’étais complètement bloqué par… Je sais pas, la peur qu’elle me juge ou quelque chose comme ça. Je ne me voyais pas arriver la bouche en cœur en lui disant grosso modo « ça y ai j’ai la permission de sortir avec toi, reprenons où nous en étions ».

Après ça il y a eu l’été, puis on a essayé de se voir à la rentrée mais plusieurs fois il y a eu des problèmes de logistique de mon côté ou du sien. On n’a pu se revoir qu’hier soir.



Elle sortait de la fac, rendez-vous 19h rue de la soif. J’étais déjà en ville depuis le début de l’aprem, je suis passé voir des potes au surplus en attendant. Il y avait un gars que je ne connaissais pas, disons Gideon (ouais ouais, vous me voyez venir avec mes références :roll:…). Ils ont parlé d’aller boire un verre juste après la fermeture à 19h, j’ai pensé que c’était une bonne idée d’inviter Ramona à nous rejoindre.

J’avais pas vraiment le mojo. J’étais pas complètement hors service, mais j’avais veillé tard sur mes jeux vidéo, je manquais de sommeil et mon esprit de vivacité. Ça me faisait plaisir de revoir Ramona après si longtemps, mais j’ai pas complètement réussi à surmonter mon bloquage de la fois précédente, j’avais du mal à faire des kinos, j’arrivais à sexualiser par moments mais c’était laborieux, et puis surtout… Les deux autres gars du groupe étaient lourdement à fond sur elle. Je suis déjà pas du genre à occuper le centre de l’attention en temps normal, mais là c’était juste pas possible. D’autant qu’elle a fait remarquer plusieurs fois qu’on envahissait un peu trop son espace vital et ça m’a bloqué encore plus.

La soirée avançait, je me démoralisais petit à petit. Ça a été un peu mieux quand on s’est mis à danser. Elle ne dansait pas beaucoup mais ça m’a donné de l’énergie et j’ai pu l’écarter un peu des autres un moment, et il m’a même semblé qu’elle donnait des signes de soulagement.

Mais au moment où elle a dû partir, j’ai absolument rien pané à ce qui s’est passé. Elle m’a dit au revoir en me faisant la bise, et puis je l’ai vue aller vers Gideon, et là… Le baiser. Putain. Merde. Fu…

:fuuuu:

J’ai senti comme une espèce de boule de noirceur descendre au fond de mes tripes. Juste après elle est revenue vers moi, m’a caressé le visage affectueusement et m’a dit à demain – car je dois la revoir ce soir, et Gideon sera là aussi. J’avais une furieuse envie de l’envoyer promener. Mais j’ai réussi comme j’ai pu à garder ma contenance, même si d’un point de vue extérieur je devais avoir l’expression d’un poisson mort. Je lui ai dit à demain. Et après je suis resté comme un con sur ma chaise en assimilant progressivement ce qui venait de se passer.

Je sais pas. Je me suis levé, ai quitté la terrasse pour rentrer dans le bar, ai tourné en rond sans but pendant quelques secondes, suis ressorti. Il y avait Gideon qui s’allumait une clope. Et je lui ai explosé dessus. C’est la première fois que ça m’arrive. Je suis complètement sorti de mes gonds.

Au début il a cru que je plaisantais. C’est vrai, on s’entendait bien en fin de compte, pendant la soirée on avait déconné pas mal, en fait je me disais que même si les deux bonshommes essayaient tous les deux de séduire Ramona, elle était venue pour moi à la base, et puis il y avait déjà quelque chose entre elle et moi, un truc déjà entamé. Il n’y avait pas de risque, tant que je faisais pas n’importe quoi. Je faisais le mec distant en attendant qu’elle vienne vers moi pour s’échapper des deux autres.

Ouais, c’est facile de jouer la distance. Ça demande pas trop d’efforts. Mais ça suffit pas…

Bref, Gideon croyait que je plaisantais, puis il s’est rendu compte que j’étais sérieux, il s’est excusé, m’a dit qu’il ne s’était pas rendu compte qu’elle me plaisait. On a discuté, j’ai réussi à retrouver un peu mon calme. Le videur nous regardait bizarrement. Je pense que les excuses de Gideon étaient sincères, après il a essayé de me donner des conseils – « parle-lui, c’est peut-être pas foutu, elle et moi c’était juste un baiser, c’est rien ». Il a raison, et je sais que tout conseil est bon à prendre, mais j’avais un peu l’impression qu’il me prenait pour un AFC.

J’en suis peut-être toujours un en fin de compte. Comment ça se fait que j’ai ressenti un truc aussi noir, que je n’avais jamais ressenti auparavant, alors que Ramona n’avait pas plus ma préférence qu’une autre des prétendantes que je voyais durant le printemps. Il y a la frustration et le dépit, certes, mais j’ai l’impression qu’il y a plus que ça. Peut-être parce que c’est la seule fille à mon horizon en ce moment ? Non, il y a l’Italienne. Et une autre, moins certain mais en temps normal ça donne de l’espoir. Alors quoi ?

J’ai mal dormi cette nuit, et j’avais toujours un nuage de noirceur à l’intérieur de moi en me levant ce matin. La gueule de bois aide pas. Bordel je suis quand même pas en train de tomber en one-itis !



À present, je dois adopter une stratégie pour ce soir. Là j’ai supprimé tout mon porno, désinstallé mes jeux vidéo. Ça fait un moment que je me disais que je devais le faire de toute façon. Je vais faire une séance de muscu dès que j’aurai fini d’écrire ce post. Et après, aprem avec des potes que j’ai rencontré récemment, pour rejoindre un club de jeux de rôle et de plateau ; première séance pour voir si le courant passe. Ça va certainement me faire du bien. Je fais tout mon possible pour me remettre dans un bon état d’esprit. Je veux être au maximum de mes moyens pour ce soir.

Voilà comment j’envisage le truc : quand elle sera là ce soir, si Gideon est pas encore arrivé, tant mieux. Sinon je verrai déjà comment il se comporte, s’il laisse tomber ou s’il décide de tenter sa chance. Après tout je ne lui en voudrais pas, c’est parfaitement compréhensible et je ferais pareil à sa place. Dans tous les cas je trouverai un prétexte pour la prendre à part et je sais déjà à peu près ce que je vais lui dire.

Je la soupçonne d’avoir joué la provoc pour me faire réagir. Peut-être que c’est d’un optimisme fou et stupide, mais je pense que c’est mon option la plus pragmatique de toute façon. Alors je vais faire comme s’il ne s’était rien passé, me faire violence pour surmonter ce qu’il me reste de bloquage, même si je pense qu’il a volé en éclats. Je vais lui reparler l’air de rien de la fête de la musique et puis ça me mettra sur les bons rails pour enchaîner en impro après, avec le meilleur moi-même.

Et puis merde si ça marche pas. Je refuse de me laisser piéger dans une one-itis. J’ai un pote qui fête son anniversaire ce soir en ville, ça me fait une excellente raison d’être autre part.

Bref voilà je comprends pas trop ce qui se passe dans ma tête, ça me tombe dessus d’un coup comme ça alors que je me pensais à l’abri. Désolé pour le pavé, mais si vous avez le courage de lire et de répondre, je lirai vos réactions avec attention. Je sais que je ne les aurai probablement pas avant ce soir, mais ça me sera toujours utile pour mieux comprendre.


Et promis, mes aventures du mois de juillet arrivent bientôt :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Courage le 13.10.16, 20h53 par Aristophane
  • [0] Courage le 15.10.16, 09h15 par Stayfun

Le jeudi aprem m’a permis de me changer les idées. D’abord le fait d’écrire sur ce journal, ça m’a servi d’exutoire, puis la séance de sport, vous savez le bien que ça fait dans la tête, et puis l’aprem jeux qui était super sympa.

Ma noirceur est repartie aussi vite qu’elle était venue. Je ne comprends encore pas vraiment ce qui s’est passé. Un relent d’AFC-isme, peut-être catalysé par la conversation avec Gideon (« je pense que tu as des sentiments forts pour elle » / « tu devrais aller lui parler » / etc.) C’est con hein :P Comme on perd les pédales à cause d’une décharge émotionnelle juste un poil trop forte. Au final il n’y avait rien de plus que la frustration. L’alcool a amplifié le truc ; et je fais l’hypothèse de psychologie de comptoir que ma mini-déprime de ces derniers jours a dû profiter de la brèche pour s’engouffrer au-dehors.

Alors voilà comment les choses se sont déroulées : jeudi soir je me suis d’abord rendu à l’anniversaire de mon pote. Il y avait déjà une super ambiance quand je suis arrivé, je suis resté un moment, en me demandant dans un coin de ma tête si ça valait vraiment le coup de pousser un coup de vélo dans le froid pour aller tenter de sauver une cause perdue.

J’ai laissé passer environ une heure, et au moment où les potes ont proposé de bouger dans un autre bar, je leur ai dit que j’allais régler le truc vite fait et que je revenais après.

Paf, cinq minutes de vélo. Faisait relativement pas trop froid, j’étais de bonne humeur, les choses allaient bien se passer. J’arrive à cet autre bar, la vache, y’a du monde dehors, il y avait un concert et c’est l’entracte. Je repère de loin les cheveux colorés de Ramona. Elle est occupée à causer avec un gars. Gideon est là, je lui dis bonjour, il me glisse tout bas « je finis ma clope et je rentre pour te laisser parler avec elle ». Ramona me dit bonjour et reprend sa conversation avec l’autre gars.

Le concert reprend, le gars que je ne connais pas rentre, Ramona suit juste derrière. Je la retiens gentiment par l’épaule en lui disant que je voulais juste lui parler trente secondes avant de repartir à ma soirée. Là tout de suite elle a pris une attitude défensive comme si j’étais une espèce de creeper. Ça m’a fait hésiter un peu.

« Elle — De quoi tu veux me parler, tu me fais un peu peur là.
Moi — Écoute, tu reconnais qu’il y a une ambiguïté entre nous, non ?
— Je crois qu’on n’est pas sur la même longueur d’ondes.
— Tu te souviens de la fête de la musique, n’est-ce pas ?
— Oh mais tu sais, quand je suis bourrée je fais des trucs stupides.
— Ok écoute, désolé de t’avoir fait peur, je vais te laisser, je retourne à ma soirée.
— Oui c’est ça, je préfère. »

Message reçu. Les choses sont bien claires, je me faisais des films depuis le début, c’est juste une fille qui aime se faire désirer. => Next.

Du coup je suis retourné auprès de mes potes avec une patate renouvelée. J’ai passé le reste de ma soirée en célibataire et fier de l’être, et ç’a été une très bonne soirée.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Bien joué le 15.10.16, 17h23 par Allandrightnow
  • [+1] Bravo ! le 15.10.16, 17h49 par Aristophane
  • [+1] Bien joué le 17.10.16, 09h52 par r-0
  • [0] Constructif le 17.10.16, 10h49 par Jalapeno

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