Ceci n'est pas un carnet de séducteur.

Note : 210

le 25.03.2017 par Hillel

150 réponses / Dernière par Perlambre le 23.10.2018, 19h48

La vie est faite de virages, d'obstacles à surmonter, d'audace, de surprises et de rencontres décisives. Racontez votre histoire, entrez dans la légende; partagez vos cheminements, vos interrogations, vos rencontres, vos aventures - foirées ou réussies, c'est pas le plus important - et recevez les avis et conseils des autres membres.
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A mon sens Hillel,

Respecter les autres c'est évoluer notamment professionnellement, sans les considérer comme des moins que rien, sans vouloir non plus stagner par esprit de corps. C'est valable pour la famille, les amis. Et quand je dis cela, rien à voir avec l'égoïsme. Mais à un moment il faut se poser la question de ceux qui tirent vers le bas pour x raisons.
La question aussi de ce qui en nous nous entraîne loin de la lumière.

Autre chose.
Tu as les capacités de faire, fonce. Tu a envie de faire, fonce doublement.
Tu ne comprends pas pourquoi tu intéresses... je pense qu'on le sens viscéralement et que le boulot sur soi n'est pas de prouver encore et encore ses qualités mais d'accepter d'être la personne choisie ?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Il y'a du vrai... le 16.05.18, 22h32 par Hillel

@Perlambre: Merci pour ton boost. Ce que tu dis est vrai. Je ne sais pas pourquoi il existe un tel paradoxe chez moi. Enfin si, mais non. Simplement, j'ai peur d'échouer dans les attentes. Qu'on me dise tant de belles choses, d'accueillir toute cette confiance et finalement, de les décevoir, parce que la façon dont on perçoit "l'excellence" chez moi, je ne la perçois pas. Pour moi c'est normal et toujours améliorable, et qu'il y a des choses que je travaille pas vraiment du coup, j'ai peur qu'on se fasse des idées. Comme si on félicitait un serveur de servir en lui disant qu'il pourrait un jour devenir chef d'orchestre. Impensable. Ça tient sûrement de mon éducation, qui elle-même a été tiré de l'éducation de mes parents. Je me demande si, dans les attentes qu'on projette sur quelqu'un, on laisse une part de liberté et de compassion pour l'échec. Il y a plein d'opportunité que j'ai pas saisi par peur de décevoir dans l'attente.
  • Je buvais tranquillement un café avec une amie (j'avais 17 ans). Deux gars se sont arrêtés en plein milieu de tout, en me demandant de défiler pour eux dans un casino d'une ville un peu bourgeoise, parce que soit disant je dégageais "un truc". Dans le fond, je me suis dit que ça pourrait être super amusant mais après je me suis dit "Non mais, ils se font des idées" puis "s'il faut ce sont des menteurs et c'est un moyen de pécho". Je leur ai répondu bêtement: "Je peux pas, je travaille tard ce soir là (parce que je préférais bosser dans un boulot craspec qui me stimulait guère)". Ils ont rit un peu en se foutant de ma gueule et m'avaient dit qu'ils comprenaient mais, qu'une occasion comme ça se représenterait pas aussi souvent. Ils m'ont filé leur carte au cas où je changerais d'avis mais, je ne les ai jamais rappelé.
  • Il y avait aussi cette nana en école de photographie qui m'avait dit que j'étais exactement le modèle qu'elle cherchait pour un projet de nu qu'elle allait exposer (bon, je pense que c'est surtout qu'elle me trouvait mignonne et qu'elle voulait pas que prendre mon corps en photo mais bon... haha). Pareil, j'ai refusé alors que je me suis toujours dit que j'aimerai bien faire ça (Poser pour du nu. Ce serait un genre de défi personnel).
  • Un photographe, pas de grande renommée, mais qui m'avait proposé d'être son apprenante alors que je démarrais dans l'apprentissage autodidacte de la photo, après avoir vu certains de mes clichés (sans mon consentement, merci papa). Pareil, j'ai refusé alors que j'avais tout plein d'étoiles dans les yeux et que je sais que ça aurait pu m'ouvrir certaines portes.
  • J'avais passé des auditions de théâtre (rien de ouf hein), où les places étaient assez restreintes, j'y allais juste pour déconner. Sauf que je m'étais pas attendue à être sélectionnée à deux auditions sur trois. Beeeeh! J'ai refusé...
T'as des trucs inédits comme ça qui arrivent dans ta vie mais que tu ne saisis pas, et dont tu ne verras jamais l'occasion se représenter. De s'amuser de la vie, je veux dire. C'est con mais, je ne crois pas qu'il y ait eu des trucs aussi inattendus qui se sont reposés devant moi depuis.

Mais, je me suis dis depuis quelques années que je voulais plus de regret et que j'étais capable de réussir aussi. J'ai pas mal avancé à ce niveau, ce qui me permet d'être là où je suis aujourd'hui. Probablement que 5 ans en arrière, j'aurai pas saisi un tiers des opportunités que j'ai saisies. Et je perçois bien les effets d'une prise de risque VS la sécurité de ne pas essayer. Ne serait-ce que me projeter sur un grade supérieur, ça aurait été impensable. En fait, j'entends cette petite voix qui me rappelle d'où je viens, et de l'autre je fais comme si elle n'était pas féconde, je tente de la prendre par surprise pour au dernier moment lui faire un gros fuck quand elle s'y attend le moins.
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Je ressens un mouvement un tant soi peu féminin ces derniers temps. Masculin aussi, de plus en plus d'ailleurs, mais surtout féminin. Peut-être est-ce parce que je suis dans de bonnes dispositions. Pourtant j'ai pas l'impression. Je me sens moche la plupart du temps mais je me pouponne, histoire de ne pas avoir une gueule de déterrée, je broie du noir quand je suis dans mon coin, mais je joue à la meuf enthousiaste qui transmet son rire.

Bref, en vrac.
  • D'abord N., parlons-en. Celle dont je suis devenue l'obsession.

    Elle traverse une grosse période de manque ces derniers temps, je pense. Elle me contacte souvent, pour des broutilles. Elle m'a demandé à se revoir. Je vais être claire avec elle: si tu as encore des sentiments pour moi/de l'attirance, des élans obsessionnels c'est clairement non, non et non. Je n'arrive plus à lui dire que son intérêt et son admiration pour moi m'oppresse. J'ai beau jouer des silences, radios, j'ai beau être froide et distance, cassante et tranchante, je reçois toujours de ses nouvelles... depuis près de 5 ans. Je sais plus comment lui dire ni lui faire comprendre.
  • Satine. C'est un peu étrange, je crois.

    Je sais que j'ai mis un terme et je m'y tiens, on a juste gardé contact. Je sais pas. Je sens bien que je suis "distante". Pas distante volontairement, juste que je ressens plus le même rapport envers elle. Je feinte plus ou moins ses insinuations, je ne crois pas rentrer dans un jeu de séduction, même si, sans se mentir, c'est improbable qu'elle ne m'attire plus. Mais je la trouve étrange quand même. Comme si elle m'en voulait dans le fond, ou qu'elle essaye de me tenter. Quand, par exemple, elle cale dans la conversation mes contacts avec d'autres "prétendantes", sous gouverne d'humour quand ça sent le "elles le peuvent, ELLES". Quand elle prétexte devoir me voir pour récupérer un truc, que je lui dis que je peux le passer à quelqu'un si c'est urgent, puis qu'elle avoue qu'en fait, elle veut surtout me voir. Étrange parce qu'elle m'a tellement parlé de ma liberté de partir sans heurt que, j'arrive pas trop à me rendre compte d'où elle se situe par rapport à moi. Du coup je ne sais pas comment me comporter vis à vis d'elle. On va se revoir parce que, je l'aime bien, et que ça me ferait plaisir.
  • Lucie.

    J'ai vraiment l'impression de récupérer notre amitié, par bribes, progressivement. Qu'elle me ré-accorde sa confiance. On a de bons échanges en fait, tranquille. Par téléphone ou par écrit. Je trouve ça chouette. On jouait pas autant d'humour entre nous avant, genre. Je fais preuve de plus d'assurance et d'individualité auprès d'elle, alors qu'à l'époque je manquais totalement de confiance en moi et je me faisais toute petite. Je crois qu'on crée entre nous une relation toute autre, très différente. Comme si le passé n'existait plus et qu'on prenait un nouveau départ. Je pense qu'elle sent que je suis différente et que je sens qu'elle l'est devenue aussi, et que ça nous va comme ça. On apprend à se (re)connaître. J'aime bien. Elle m'a demandé quand elle doit se rendre disponible pour me revoir, j'ai expliqué que j'étais pas très disponible avant juillet.
  • Cristina.

    Une danseuse. J'aime bien les danseuses. Je me représente facilement l'aisance et la maîtrise des mouvements qu'elles projettent sur leur corps. Elle accroche bien. Elle a l'air cool. Elle a de l'esprit. Je crois qu'elle fantasme déjà mes mains sur elle. Elle veut être mon esclave, en implicite. Ce qui est dommage c'est qu'elle habite un peu loin. Je ne lui ai donc pas proposé de se voir comme je le ferai habituellement parce que, je suis peu disposée à faire de la distance pour quelqu'un que je ne connais pas. Mais j'aurai peut-être une occasion de la croiser en Juillet.
  • Vieux dégueulasse.

    J'avais un rendez-vous professionnel avec un cadre, d'au moins 50 balais. Je l'ai trouvé répugnant. Tout chez lui. Son regard vicieux sur mes courbes. Sa façon de se pencher sur moi. Sa façon de chercher à me faire rire avec un air coquin. Sa façon de chercher à me dominer dans l'interaction, comme un professeur âgé chercherait à asseoir son autorité sur une étudiante. Sa façon de me serrer la main avec insistance, sourire en coin. L’humidification de ses lèvres, sa presque bave, perceptible. Je ne sais pas pourquoi, je lui ai donné des signes positifs. En sortant de la pièce, je me suis trouvée dégoûtante, répugnante.
  • Gars timide, l'arrangement matrimonial.

    J'avais juste dit que j'avais trouvé le -Gars Timide- de la soirée super sympa. Ce qui a dû donné l'impression qu'il m'intéressait. Je propose à cette même personne de se faire une soirée, et là pur hasard -ou pas- elle me dit quand j'arrive "Au fait, j'aurai dû te le dire, j'ai aussi invité Gars Timide". Ça puait le speed dating à plein nez. Pas de bol, alors que c'était pas du tout intentionnel parce que je ne m'y attendais pas, j'étais très, très apprêtée, comme je me serai préparée à un rendez-vous galant. Lui, il a débarqué tout bien habillé, petite chemise blanche. Durant la soirée, Gars Timide s'assoie à côté de moi, sur le canapé, il me pose une question, je me tourne donc logiquement vers lui pour le regarder très simplement, mais droit dans les yeux, pour lui répondre et là... catastrophe. Un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il bafouille, il parle vite, ses mouvements sont rapides et maladroits, il bute sur les mots, raconte des incohérences dans la précipitation... je me sentais mal à l'aise pour lui. J'étais assez ouverte à la discussion, aucun problème et j'ai essayé de le détendre en y glissant de l'humour "calme, tout va bien...". Il a essayé de creuser, mais je n'étais pas très réceptive parce que... beh, son manque de confiance en lui ce soir là, par rapport à l'autre soir où je l'ai perçu très différemment, ça m'a un peu bloqué.
  • Le sexy serveur à moustache

    Vous souvenez-vous de ce sexy serveur à moustache, aux yeux lagons, qui m'avaient littéralement tétanisé d'admiration et d'envies succulentes et de fantasme, lorsque je buvais un verre avec la romantique et touchante Sarah?

    Retour dans le passé a écrit :On regarde le menu et on choisit un verre (du vin pour moi, quasi systématique). Un serveur vient vers nous. Et là je bloque. Comme une conne. Complet. Je me dis "Wow" avec des yeux de chat potté. Un petit brun, pas très grand, moustachu, yeux bleu lagon, classe intersidérale du mec qui sort du barbier. Putain de belles gueules. Je reste béate à le regarder sans rien dire, il me regarde, m'attend, il finit par sourire, il a dû me trouver dingue. Je reprends mes esprits, "Oui, pardon, excusez-moi...", je bafouille. Je détourne le regard sur la carte, je lui dis ma commande et regarde ailleurs, je décide de ne plus jamais croiser ses yeux. Effectivement, quand il a ramené quelques instants après les verres, je n'ai pas jeté un regard vers lui.


    Il m'a retrouvé sur Tinder, je le sais maintenant: "je lui plais". J'ai trouvé cette coïncidence absolument drôle. C'est con mais mon petit cœur en chamallow a battu très vite quand j'ai vu et reconnu ses jolis yeux lagon, sa moustache de dandy, sa belle-gueule, et son métier inscrit juste en dessous. En lui parlant, finalement, grosse déception... à voir parce qu'il est beau quand même.
  • Belle-Gueule

    Je lui ai avoué ma recherche pour coucher avec un mec pour la première fois. Il est devenu mon conseiller personnel de la gente masculine. Je lui ai parlé de mon manque de confiance en moi. Il m'a dit "Mais si, va dans un bar, c'est sûr que tu vas te faire aborder". Je lui ai du coup parlé du sexy serveur à moustache parce que j'étais hyper enthousiaste. Il a joué au "jaloux" en me disant que c'était un pauvre type, puis "t'as vu sa gueule?" puis : "C'est QUE moi l'homme de ta vie mais, tu ne le sais pas encore". J'ai failli lâcher un "tu pourrais être mon premier" mais j'ai ravalé ma langue.
  • Rencontres à venir?

    Je vais potentiellement rencontrer une jolie fille, une artiste, timide, donc adorable. Je papote avec une nana en couple polyamoureux (encore!), mais je ne sais pas ce que ça va donner parce que, si j'aimais l'état d'esprit de Satine, ça ne veut pas dire que tous les polyamoureux sont comme elle.
  • Pro

    Je suis fatiguée, j'ai toujours des heures de sommeil à récupérer et ça se sent, je me suis un peu laissée envahir et j'ai foiré dans plein de truc niveau organisation. Ça, puis la gestion du stagiaire, qui a plus ou moins dit à un collègue que ça lui avait fait bizarre d'être sous le tutorat d'une nana avec 10 ans de moins que lui. Il aurait dû ajouter "ET beaucoup plus compétente et face à qui je m'écrasais et me faisais tout petit parce que je sais que j'ai pas un tiers de son assurance professionnelle". J'ai franchi le cap et me suis inscrite pour passer le grade supérieur. J'ai besoin de repos.
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Frida Kahlo

« Ils pensaient que j'étais une surréaliste, mais je ne l'étais pas.
Je n'ai jamais peint de rêves, j'ai peint ma réalité. »


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J'ai visionné il y a peu le biopic de Frida Kalo, qui m'a littéralement bouleversé. Des histoires de femme comme je les admire. Je me suis ensuite un peu plus penchée sur son histoire et ses œuvres artistiques. Je n'ai jamais vraiment su lire une peinture, je suis plus sensible aux images (cinéma, photographie). Mais là devant ses peintures, je me suis sentie comme transfigurée en même temps que poignardée par ses douleurs et ses souffrances. Je n'avais pas ressenti cette sensibilité émotionnelle devant des peintures depuis les œuvres de Eugène Leroy et Gustave Klimt.

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J'imagine que Frida Kahlo était une de ces femmes comme on en croise peu dans nos vies, qui a suggérée tout le fanatisme que l'on peut porter à son art, à sa beauté toute atypique en forme d'aile d'oiseau. Pour ceux qui ne l'auraient vu, ou la connaîtraient peu, je vous recommande chaudement de vous y attarder, que ça soit pour sa vie ou pour ses œuvres qui l'un comme l'autre est de toute évidence le reflet de son histoire.

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"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Introspection, réflexion, éclaircissement, mise en lumière.

Il y a trois mois je me disais:
[...]Je suis donc dans une période où j'ai envie de simplement vivre des relations, peu importe qu'elles soient multiples, peu importe qu'elles soient purement sexuelles ou aussi affectives, où il n'y aurait pas cette espèce d'obligation de tomber sur une personne si particulièrement compatible avec moi et se suffisant entièrement à elle-même.
Je pense que c'était un genre d'ordre intime, une petite voix qui m'indiquait un chemin possible à mes attentes, boussole interne. J'ai donc fouillé des réponses sur ce terrain-là depuis, je ne reste jamais à attendre une réponse quand une question est posée. Surtout auprès de polyamoureux et libertins, sans me couper pleinement de l'expérience avec des mono-exclusifs, parce que leur avis sur la relation m'intéresse aussi, même si je n'y adhère pas/plus. D'ailleurs, j'ai entendu/lu pas mal d'expérience de poly (surtout) qui avait des relations avec des monogames, pas exclusifs puisqu'ils acceptaient l'idée.

Une nuit je réfléchissais (encore) à la forme que commençait à prendre mes rencontres/relations, du fait de mon expérience et ma proximité de plus en plus forte avec le joyeux monde polyamoureux. Ça bouscule pas mal de choses à l'intérieur, en même temps que ça m'apparaît clair et limpide. J'aimais bien cette phrase en lecture, approximativement:

"Il ne s'agit pas de lutter contre [l'exclusivité, la norme, la société...], mais de lutter pour [la liberté, l'amour, la sincérité...]".

Cristina, la danseuse, se définit polyamoureuse. Elle est en couple avec un mec, dont j'ai entendu la voix, d'ailleurs. On s'est téléphonée, un soir, et on a été amenée dans la discussion à aborder ce sujet, parce qu'on en voyait les points liants. Je pense aussi que c'est parce qu'on projette d'approfondir physiquement, sexuellement, affectivement une relation et qu'on préfère poser les bases de notre fonctionnement.

J'ai d'ailleurs remarqué que c'est quelque chose de fréquent chez les polyamoureux, d'aborder la relation avant toute chose. Ça n'a pas le même poids ou enjeux que les mono-exclusifs, parce qu'il n'y a pas d'attentes ou de projections lourdes, mais plutôt des gens très communicants et spontanés. Il ne s'agit pas de poser les enjeux sur la table, mais de simplement parler de soi.

Je lui expliquais que contrairement à elle, je ne me définis pas polyamoureuse, simplement célibataire, avec des rencontres, ou pas, des relations, ou pas, ce qui ne doit pas m'empêcher de les vivre pleinement, que ça ne doit pas prendre la forme d'une fuite ou d'un désengagement.

Je me rends compte maintenant que me définir comme ça auprès des autres n'est pas juste envers eux. Parce que lorsque je dis à quelqu'un "je suis célibataire", il y a l'idée derrière que je suis disponible au couple, que j'attends d'être suffisamment émue par quelqu'un, et ça laisse libre champ pour projeter une potentielle relation de couple avec moi.

On en est notamment venu à parler des partenaires "principaux" que j'ai du mal à saisir. Je lui expliquais que je ne comprenais/n'adhérais pas à l'idée qu'il y ait des principaux, puis par induction "des secondaires". Pas quand on parle de personnes, de relations, ou de sentiments. La hiérarchisation, quand on aborde la question de la pluralité, des connexions humaines, ça me laisse toute pantois. Quand bien pour être "politiquement correct" et se sentir bien avec son système de valeur, on préfère appeler ça des "non-principaux", alors que ça revient très exactement à dire la même chose dans les faits. Que la forme "principale" revêt en fait le caractère exclusif d'une relation. Comme je ne comprends plus qu'on puisse hiérarchiser l'amour qu'on éprouve pour un ami et l'amour qu'on éprouve pour un-e amant-e : "oui mais, c'est pas pareil". Si on me demande de choisir entre un-e ami-e ou un-e amant-e, la première personne que je vire, c'est celle qui m'a posée la question (que j'ai entendu tant de fois!).

Sur ce point, on se rejoint beaucoup avec Cristina. Elle a une relation de couple (vie commune) avec son mec, pour autant, elle a conscience que ça fait 10 ans qu'ils sont ensembles et que le caractère de leur relation est lié à l'ancienneté, le nombre d'expérience partagée, et moins la supériorité de sa relation avec lui sur les autres. Elle a conscience aussi qu'ils ont construit cette relation de cette façon puisqu'ils étaient mono-exclusifs de base. Ce qui n'était pas le cas de Satine.

On abordait la notion de repère. Elle me parlait d'une de ses amies, également polyamoureuse, qui lui avait dit que sa "principale", son repère, c'était elle-même. Et là, ça m'a illuminé : "Oui... oui c'est ça... exactement !". Je pense pouvoir dire que je me considère comme mon propre repère, autrement, qu'à la limite, tout le monde est pour moi un repère, ce qui revient à dire personne. Ce qui ne veut pas dire que je peux vivre seule et sans contact humain, mais simplement que la première personne que je dois écouter, comprendre, aimer, respecter, c'est moi, parce que si ce n'est pas le cas, tout s'écroule, je ne me sens pas solide, quand bien même une autre personne prendrait ce rôle, et si elle prenait ce rôle, c'est tout mon besoin d'attention, d'affection, d'estime, qu'elle devra porter à elle-seule. Et je trouve ça bien trop "égoïste".

Et puis j'ai eu un genre de visuel cartographique : mon monde affectif, je le vois comme un système solaire. J'aime cette idée.

La suite -> -> ->
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Il y'a du vrai... le 24.05.18, 21h06 par Onmyoji
  • [+2] Absolument le 25.05.18, 12h58 par Jalapeno
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

[Suite]

Mon système solaire
Le système solaire correspond à l'ensemble des astres soumis au champ de gravitation du Soleil. Ainsi, il comprend des planètes (Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune par ordre d'éloignement au Soleil) en orbite autour du Soleil et leurs satellites et anneaux, des planètes naines (Pluton, Éris...), des astéroïdes, des comètes, des météorites, des grains interplanétaires (comme ceux présents dans les anneaux de poussière responsable de la lumière zodiacale).
Soleil : Etoile centrale du système solaire.
Gravitation : La gravitation est l'une des forces fondamentales de la physique. Elle correspond à l'attraction mutuelle s'exerçant entre deux corps de masses non nulles.

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J'ai toujours été fascinée par l'Univers. Je crois que tout le monde a son propre univers, que l'on peut faciliment relier les uns aux autres et inscrire dans un tout. Interdépendance.

Le Soleil, c'est moi. Je rayonne par moi-même, je suis mon propre centre, je suis mon assise, mon repère. Autour de moi gravite des personnes, et plus que des personnes, des relations, que je considère ou considérerai un jour dans mon système, avec leurs propres particularités, leurs uniques propriétés organiques. Il y a leur proximité et leur éloignement. Il y a des masses volumiques.

Il y a des valeurs qui me semblent essentielles dans les relations que j'ai avec les autres, indépendamment de leurs formes, qui ressortent le plus dans ma ligne de conduite :
  • La liberté.
  • La sincérité (à noter également envers soi-même).
  • Le respect mutuel.
  • L'équité.
  • La réciprocité.
  • La communication.
  • La spontanéité.
  • La loyauté.
Choses que j'ai cessé (ou n'ai jamais) trouvé de façon suffisante dans les relations monogames et exclusives, parce que les contours de la sincérité, du respect, de l'équité, de la réciprocité, de la communication, et tutti quanti ont des limites qui, pour moi, apparaissent incohérentes, qui restreignent leurs potentiels d'expression. Parce que j'ai trop d'ouverture et de choses à donner sur ces pans.

Alors, je sais qu'on continuera à me dire "Mais non, une relation monogame et exclusive c'est pas forcément.... ", "tu peux très bien être en couple avec quelqu'un et...". Sauf que j'aurai toujours 100 raisons et exemples concrets derrière pour montrer que si. Pas tant parce que j'ai raison que je n'ai pas le même système de valeur et que mes nombreux essais ont été voué à l'échec pour ces raisons précises.

De même que dans une relation monogame et exclusive, je me sens moi-même incohérente et restreinte dans ces valeurs, ce qui me fait développer des comportements peu naturels et peu spontanés. Dans ces relations, je me sentais oppressée, étouffée. J'en ressentais presque les contours du cadre, que finalement l'autre nous impose, plus que l'on impose. On s'impose mutuellement. J'ai l'impression que dans la relation mono-exclusive, les règles partent en priorité de l'autre plutôt que de nous-même.

On m'a souvent accordé une vision trop "utopiste", "idéaliste", en me faisant plus ou moins comprendre que ce n'était pas la réalité. Comme ces gens qui t'empêchent de vivre tes rêves parce que "la réalité est trop dure", que j'ai pris soin de ne pas écouter parce que mes rêves et aspirations, je les ai vécues et que si je les avais écouté... Je pense que cette vision n'est pas tant réaliste que profondément inscrite dans un biais cognitif négatif sur l'humain. Moi je crois en l'humain, même plus, à des humains en particulier, pas tous. Ce que je constate aujourd'hui, simplement, c'est qu'auprès de polyamoureux, je me sens libérée d'un poids et que tout ce que je ne pensais jamais trouver chez les autres, je le trouve en l'état. Je me sens découvrir un tout nouveau monde, tout comme lorsque j'ai découvert qu'il existait d'autres femmes attirées par les femmes et qu'on pouvait vivre des relations ensemble, de façon très heureuses. Je me sens ouverte et disponible. Je me sens prête à accueillir.

Lorsque je pense à une personne en particulier et que je me demande ce que ça donnerait d'un point de vue exclusif, je suis pleine de doute et d'incertitude, parce que je pense à des règles pré-existantes que je n'ai pas crée à partir de moi, mais à partir d'un modèle de relation. Lorsque je pense à cette même personne d'un point de vue ouvert, c'est comme si toutes les questions que je me posais trouvais réponse naturellement, simplement, sans heurt, parce qu'elle est pleinement compatible avec ma façon de fonctionner, et c'est à peine utile de penser au modèle de relation : on crée nos propres règles, à partir de nos réalités internes et externes, et non pas faire coller notre réalité interne et externe, à travers des règles qui ont été créées. En fait, je trouve ça bien plus paisible de construire une relation progressivement à partir d'une connexion, entre deux personnes, deux réalités, plutôt que le contraire.

En me positionnant comme un être "libre", je suis plus encline à accueillir les nouvelles expériences, les rencontres, les sentiments, pleinement, sans superflu. Bref, je me sens mieux. Maintenant, je ne me dis plus "Je pourrai bien être en couple avec cette personne", je me dis "J'aimerai bien que cette personne fasse partie de mon système solaire". Pas pour collectionner, mais l'imaginer inscrit dans ce système, ça ne lui fait pas prendre plus de place qu'une autre, ça n'enlève pas les propriétés d'une autre relation, ça l'inscrit simplement dans ma réalité. Je lui laisse une place et un espace. Ce qui n'est pas le cas lorsque j'inscris une personne dans la vision d'un couple. J'ai tendance aussi à percevoir que je me mets de moins en moins de pression envers quelqu'un, que je suis plus disponible à vivre mes ressentis, que ça ne pèsera pas que ça ne soit pas partagé parce que ça m'appartient et lui appartient.

Je ne pense pas que les modèles "libres" soient forcément compatibles avec le fonctionnement humain fondamentalement, pas plus pour les modèles "exclusifs". Je ne pense pas que tout le monde peut être dans l'un ou l'autre type de configuration. Je ne pense pas qu'il y a des gens inférieurs et d'autres supérieurs. Simplement je m'écoute et j'entends, et je tends à penser que c'est ça qui me va, en tout cas c'est cette vision là qui me rend paisible et sereine.

A première vue, j'aimerai bien voir s'ancrer Cristina dans mon système solaire.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Intéressant le 24.05.18, 21h05 par Onmyoji
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Selon moi, si tu prévois pas de fonder une famille, la relation monogame et exclusive n'a pas beaucoup d'interet en soit.
Donc tout ça est assez logique!
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Trop dogmatique le 24.05.18, 21h05 par Onmyoji

Selon moi, si tu prévois pas de fonder une famille, la relation monogame et exclusive n'a pas beaucoup d'interet en soit.
Donc tout ça est assez logique!
C'est vrai que je me pose la question, de comment je ferai les choses quand et si je voulais un enfant notamment, parce que je pense qu'à terme, je pourrai en élever un, j'y pense de plus en plus (pas dans du court terme mais du long terme). Ce sera l'occasion pour moi de "conceptualiser"!

Quand je vois Satine, je n'ai pas l'impression que le gosse va grandir dans un environnement malsain, je vois au contraire un environnement qui dégouline d'amour et de respect, de belles valeurs à transmettre à un enfant. Je ne crois pas qu'avoir un enfant ne puisse pas se concevoir dans un couple polyamoureux (je ne crois pas que c'est ce que tu as dit, mais, je conceptualise). En fait, d'après certains psychologues (dépend quel pan de la sécurité affective on défend), l'enfant n'a pas tant besoin d'un papa et d'une maman que d'un environnement social sécurisant qui projette de l'amour et du repère, un cadre structurant, qui lui permet de grandir et s'épanouir, avec suffisamment de modèles auquel s'associer. Avec mes quelques notions sur l'enfance et l'adolescence, je ne pense pas non plus que ça soit incompatible si je projette.

Maintenant, quand on fait un enfant, c'est souvent à deux (géniteur, génitrice). Le truc, c'est que je ne me vois pas porter un enfant, donc, je n'arrive pas bien à percevoir le lien privilégié que je pourrai avoir avec quelqu'un dans son rôle de parent. Je pense juste que, si je l'envisageais, c'est la relation avec quelqu'un qui me donnerait cette envie, pas l'objectif d'avoir un enfant tel quel, parce que je n'ai pas fondamentalement envie d'en avoir un. Disons plutôt que je peux l'envisager.

Ensuite, je pense que je l'entourerai uniquement de personnes que je considère bénéfique à son développement. Je pense que j'identifierai la ou les (qui sait, mais peut-être aussi qu'il n'y en aura qu'une) personnes qui seront les plus présentes et actives dans sa vie (éducation, scolarité, budget...), pour qu'il le/la/les identifie comme ses repères parentaux (en terme d'autorité). Je pense qu'un enfant peu avoir plusieurs "référents", quelque soit le nom que ça prend, tant que le lien ne se casse pas, ça, c'est important. Et je me dis qu'au contraire, plus le monde affectif, social, matériel de l'enfant est riche, plus il a d'opportunité et de possibilité de s'épanouir. Je pense que j'aurai envie d'élever un enfant avec certaines personnes, mais que je n'aurai pas envie d'un enfant avec d'autres et que j'éviterai de le confronter à ses personnes là, qui resteront précieusement dans mon intimité. Je veux dire, je ne pense pas qu'un enfant ait besoin de connaître toute la vie intime de ses parent ("hey Charlie, tu sais que ta maman kiffe le 69?"). Comme je pense que certaines personnes n'auront pas cette envie envers moi.

La deuxième possibilité, c'est là où quelqu'un voudrait m'impliquer dans la vie de son enfant (j'ai déjà vu cette possibilité plusieurs fois m'être évoquée, mais, j'étais clairement pas prête/pas envie). Un peu comme le rôle de "belle maman" et de famille recomposée, ça en prendrait le même principe: "je ne suis pas ta mère, particulièrement si tu ne veux pas me considérer comme tel, mais je peux devenir et être un repère pour toi".

Je pense qu'en réalité, ce qui détruit le plus un enfant dans l'histoire affective (je suis anciennement enfant de parents divorcés par ailleurs), c'est l'abandon, la brisure du lien, le fait que les parents se tapent sur la gueule dans tous les sens du terme, qu'il y a une incohérence dans l'éducation entre les parents, qu'il perçoit un manque "d'amour" ou une absence. Et ça, à part la séparation, je ne vois pas dans quel autre contexte ça se produirait. Et ça, c'est le cas pour toutes les situations, mono ou pas. En soit, que papa et maman ne baisent plus ensemble, je ne suis pas sûre que c'est ça qui importe. Le fait que papa et maman ne s'aiment plus (ne se vouent plus de respect, d'affection, et tout ce que l'enfant incarne dans "amour"), ça, ça peut avoir tendance à déboussoler parce que, c'est à partir de là aussi qu'on se construit nos modèles relationnels. Ce qui est hard pour un enfant de parents séparés-divorcé, je pense, c'est plus le changement qui est perçu (dans la séparation conjugale par exemple, et les raisons un peu mauvaises qui peuvent pousser à le faire), parce qu'il perçoit directement le résultat de la séparation.

Je ne pense pas que ça ait d'impact négatif sur sa vision de l'amour, parce qu'à priori, il apprendra que l'amour est respect et sincérité. Qu'il a le droit d'aimer des hommes, et des femmes. Qu'il a le droit d'en aimer qu'une, ou plusieurs. Qu'il a le droit de mener sa route tant qu'il se respecte. Et d'ailleurs, si un jour cet enfant me dit "merde maman, tes relations ça puent, c'est pas ça que je veux vivre, ça me convient pas!" et bien tant mieux. Ça voudra dire qu'il est autonome dans ses pensées et qu'il est capable de faire ses choix. Par contre, on pourrait difficilement trouver l'excuse de "J'ai pas eu de père/de maman" (en psycho, le "papa" et la "maman" ne sont en fait que des fonctions parentales).

En fait, le problème est toujours le même finalement: le jugement facile et gratuit des autres, qu'ils se permettent de faire sur des vies qui ne les concernent pas parce qu'on met à mal la sécurité de leur propre conception du monde qu'ils estiment quelque peu supérieures. Les gens malveillants, mal intentionnés et égocentriques. Donc ce dont je ferai surtout attention, c'est les regards étriqués, qui resteront nombreux malgré tout, dès qu'on aborde quelque chose d'un peu "différent" (homosexualité en faisant partie). Je pense qu'un enfant n'a pas à subir ça. Ce n'est pas son choix libre et assumé, d'aller contre une norme dominante. L'important je pense, c'est de lui faire correctement comprendre les choses, de lui donner les armes pour se défendre (en lui expliquant correctement les choses), et ne pas lui imposer malgré tout de porter un "combat" qui finalement n'appartient qu'aux adultes, qui ont un vécu, une maturité, de l'expérience, des choix qui ont été fait. Je ne pense pas qu'un enfant ait à défendre quoi que ce soit de la vie de ses parents, mais qu'il peut librement s'en emparer s'il a la sensibilité pour et qu'il y adhère. En fait, ça ne doit pas être politisé.

Bon cela dit, tout cela reste théorique, dans le cas où j'aurai ce "système solaire" dans lequel s'inscrirait un ou des enfants. Je pense que toutes les réalités sont possibles tant qu'on les adapte avec ce qui est réellement important.

Sinon, j'ai trouvé ça au hasard, c'est le premier lien que j'ai vu, je ne l'ai pas encore lu :

https://www.vice.com/fr/article/wdm7xz/ ... oureux-291
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  • [+1] Intéressant le 25.05.18, 09h31 par Avalanche
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Je connais quelques polyamoureux qui ont des enfants, ça n'a jamais été un problème, pour les raisons que tu évoques dans ton post. J'ai également lu pas mal de témoignages qui vont dans ce sens, dont celui de François Simpère qui vit - et écrit sur - ses relations polyamoureuses depuis les années 70 :
Comment vos filles acceptent-elles votre mode de vie ?
Françoise Simpère : Elles ont été élevées là-dedans, elles ont compris intuitivement. La peur des enfants n’est pas qu’on ait plusieurs amoureux mais que leurs parents divorcent. Si elles sont monogames, elles savent que le prince charmant est une illusion, et ça les arme dans la vie. Je remarque qu’elles sont fidèles à leurs ex, ce que je trouve plutôt bien.
Source : https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-r ... gamie.html

Personnellement, je vois pas mal d'avantages dans l'éducation d'un enfant par un groupe d'adultes (c'est à dire plus de deux, que ce soit dans le cadre d'une vie "en communauté", dans le cadre de relations polyamoureuses, mais c'est aussi une dynamique qu'on retrouve dans certains villages ou habitats groupés), notamment :
  • l'enfant est directement confronté à plusieurs visions du monde (et pas uniquement celles de ses deux parents), à une diversité plus grande, qui reflète mieux la société dans laquelle il grandira
  • pour les parents, il y a la possibilité de répartir la "charge" que représente un enfant en bas âge et son éducation par la suite. De ce que je vois autour de moi, les parents ont tendance à mettre leur propre vie en pause à la naissance de leur enfant. Je ne suis pas certain que ce soit bénéfique pour eux, ni pour les enfants d'ailleurs à moyen ou plus long terme.
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  • [+1] Intéressant le 25.05.18, 22h39 par Hillel

J’ai lu le contenu de ton lien sur Vice. L’auteur a vécu visiblement une belle expérience et cite Christopher Ryan pour qui la sexualité moderne se confond avec un désir de propriété.

Alors en vrac,

Suis intiment persuadée que personne n’appartient à personne. Donc mettre un tampon sur un partenaire « il/elle est à moi » est une hérésie.

Je ne pense pas que l’envie de propriété soit une question d’époque, uniquement un tempérament que l’on a ou pas.

J’ai plus eu à faire à des filles jalouses et à des mecs qui tentaient de se rattraper aux branches, donc le polyamour je n’ai pas connu et suis partie en les laissant vivre encore et encore l’agonie de leurs relations déjà mortes ;)

L’auteur a baigné dans le polyamour. Ce n’est pas la même chose qu’un enfant se retrouvant en présence d’un tiers après la séparation de ses parents.

Etait-ce plus facile pour autant pour l’auteur ? La réponse lui appartient. J’ai quand même eu un sourire en le lisant, tellement cela semblait simple. Flower power…
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  • [+1] Constructif le 25.05.18, 22h41 par Hillel

@Jalapeno: Merci pour les compléments!
Perlambre a écrit :Etait-ce plus facile pour autant pour l’auteur ? La réponse lui appartient. J’ai quand même eu un sourire en le lisant, tellement cela semblait simple. Flower power…
Après avoir lu l'article, je ne pense pas que c'est ce qu'il dit ou veut faire paraître. D'ailleurs il le dit assez tôt dans l'article qu'il a eu des conflits comme n'importe quelle famille:
Mais non – ma famille était aussi normale et dysfonctionnelle que toutes les autres.
Mais que pour lui ça n'a pas à voir avec la forme polyamoureuse. De ce que j'ai compris, pas que ça ne rende les choses "plus faciles" (puisqu'il n'infériorise pas la forme "nucléaire") mais normales, et qu'il y a tout autant trouvé sa construction en tant qu'enfant grandissant.

Je pense que son but à travers les florilèges, c'est plutôt de casser les aprioris qu'on peut projeter d'emblée sur une famille polyamoureuse, quand on la compare avec une autre. Finalement pour dire: "Non, ça n'a pas été le sujet de mes souffrances".

Je ne pense pas non plus que ça a toujours été facile pour lui. Je pense que le regard des autres l'a "pesé", sinon, il ne dirait pas cette conclusion (+ les connaissances qu'il a pu fouiller sur le sujet). Je pense qu'un jour il a dû être amené à tenter de comprendre pourquoi les autres ne comprenaient pas son modèle familial:
Pendant l'infime moment cosmique qu'on passe sur ce grain de poussière qu'est notre planète, est-ce qu'on pourrait simplement accepter que l'amour reste l'amour, même l'amour interracial, entre même sexe, ou poly ? La discrimination amoureuse est une maladie du cœur
Je pense que son récit se veut plutôt comme une déclaration de reconnaissance envers ses parents, qui ont, en tout cas à la teneur de son récit, apparemment su lui apporter l'amour et les structures dont il avait besoin. :) Mais il précise, tout de même:
Des bons parents sont des bons parents, peu importe s'il y en a un, deux, trois ou quatre. Par chance, les miens étaient incroyables.
Que finalement, s'il l'a vécu les choses de façon si positive, c'est surtout grâce à ses parents.
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Passé les élans phizolophiques sur les relations, parlons concret.

Cristina.

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Je pense qu'on va vraiment bien accrocher elle et moi, dans mes premières impressions. On a rapidement été amenée à sexualiser, mais, j'ai moins d'affliction à le faire que quand je me pensais en plan cul systématique. En fait, je sens que ce n'est pas tant un futur échange physique et sexuel qui l'intéresse (même si honnêtement bon) que ce que je suis et incarne. Comme moi, elle est assez libre et ouverte sur la question de la sexualité, en plus d'assumer aimer ça, c'est donc juste qu'on l'aborde de façon naturelle.

Note: J'ai l'impression qu'en ce moment, je provoque quelque chose de "différent" chez les autres. Je sens que les gens accrochent plus vite, et bien. Je ne parle pas seulement d'un point de vue séduction, mais d'une façon globale, je dois émettre de bonnes ondes. Je n'ai pas l'impression de faire différemment pourtant, mais, il me semble que, peut-être, je suis différente. Que j'ai passé un cap de maturité. Que je commence à me trouver. Que je suis un être "neuf". Je me sens vraiment bien dans ma peau en ce moment.

Comme je l'avais dit, la distance m'empêchait de franchir le pas de la rencontre. Je projetais donc d'aller la voir à partir du mois de juillet, parce que je serai passée à côté de chez elle après mon voyage. J'avais donc choisi de lui proposer de se téléphoner, pour qu'on rende les choses plus humaines.

On est restée pas mal de temps au téléphone, et l'échange était sensible et émotif. Ce qui est souvent le signe que ça se passera bien en vrai, bien que des doutes, on en a toujours avant que ça se réalise.

Il se trouve qu'elle a tellement accroché que l'envie de me voir s'est pressée. C'est donc elle qui va faire la route pour venir me voir, un week-end avant que je parte un mois à l'étranger. Le week-end qu'elle envie je pense, c'est les volets fermés. J'espère ne simplement pas la décevoir dans l'attente, mais souvent, lorsque je suis dans un bon état d'esprit, ça se passe bien.

Je pense que pour le moment, elle me perçoit comme une personne qui anime quelque chose de vivant dans sa vie, qui est capable de la bousculer et la prendre au dépourvu, la surprendre, qui la touche right in the mile. Moi je la vois comme une personne qui pourrait y apporter de la douceur, de la volupté et de la grâce, quelque chose de tranquille et paisible, propre à embellir.

Satine.

J'ai l'impression qu'elle a du ressentiment ces derniers temps, je ne sais pas si c'est le cas. Je n'y suis pas pour rien, certes. Elle voulait me voir, elle insistait même beaucoup, et, j'ai proposé une journée. Elle m'a dit être ok le jour-même, un peu tard parce que, j'attends rarement une personne pour prévoir ma journée. Mon principe de base, c'est au moins de prévenir la veille, parce que personne n'est à disposition de personne. Je pense qu'elle l'a très mal pris. Ça puis, le fait que je lui ai dis que ça ne marcherait pas entre nous la dernière fois. Je ne peux pas vraiment en attendre plus de sa part, ce serait un peu égoïste, même si je trouve ça triste, quand même, que ça prenne une tournure si négative. Cela dit je me trompe peut-être. Mais j'accepte son éloignement.

Sinon, en ce moment, je dois dire que je pense peu aux mecs (à part Belle-Gueule mais bon ça...).

Avant de partir, si j'ai le temps, je vous parlerais un peu de ce fameux voyage, qui est en fait la concrétisation de cette promesse faite il y a fort longtemps quand j'étais enfant. Comme quoi, les rêves d'enfant ne sont jamais totalement voués à s'éteindre. Fin', pour ceux que ça intéressera!
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Je vous écris d'un pays lointain.

"Pourquoi papa vend toutes ses jolies voitures?".

C'est la seule image dont je me rappelle de notre déménagement : les petites voitures de mon père qui disparaissaient. J'adorais les petites voitures de mon père. C'était un collectionneur. Il avait aussi vendu une grandeur nature, un 4x4. On allait partir à l'autre bout du monde, en France. Je ne connaissais rien de ce pays, je savais à peine que j'en parlais la langue. Lorsqu'on grandit sur un petit bout de caillou encerclé par l'océan, on imagine son monde tout petit. Mon monde c'était lui.

Je ne me préoccupais pas de savoir ce qu'il y avait au delà des récifs de corail. Ce que je voyais me suffisait, je l'aimais. J'aimais courir nue sur les étendues de sable à l'infini, me faire des copains poissons, et même parfois nager auprès de petits requins. J'aimais que nos parents nous emmène en voiture et me retrouver quelques minutes plus tard les pieds dans l'eau d'une rivière, ou bien d'une forêt. La faune et la flore étaient riches, de couleur, de forme, de matière, je m'en rappelle, je me rappelle d'une fleur en particulier, qui grandissait dans notre jardin.

Notre vie était simple. Nous n'avions pas besoin de grand chose pour nous amuser, nous débordions d'imagination. Nous étions un jour sirènes, un jour exploratrices, un jour super-héroïnes. Pour moi, un rocher était un dangereux crocodile et les bâtons des serpents, quoi qu'il y en avait de vrais qui pouvaient mordiller entre nos orteils, il fallait les éviter, ceux-là, et aussi, les poissons roches, des fois, il fallait qu'on porte des chaussures dans l'eau. Je me souviens aussi des pneus qu'on faisait rouler sur la terre, ça nous amusait tellement, et aussi, de mon grand-père qui pêchait aux filets, avec la patience et la témérité d'un sage, les parties de football de mon oncle et des cousins sur un sol terreux.

Nos repas étaient toujours familiaux. Grande famille. Une table allongée, des dizaines et des vingtaines de convives, des parents aux oncles et tantes aux cousins aux grands parents. La famille c'était sacré. La famille c'était des rires, aussi, mon oncle qui fumait ses plantes sur un transat, je m'en souviens, et puis, des assiettes biens garnies parce que, je me souviens, ma grand mère avait toujours peur qu'on soit maigre, des plats sucrés-salés, acides et doux, des fruits gorgées de saveurs, et les feuilles de bananier, dont je savais qu'ils renfermaient toujours des nourritures succulentes.

C'était beau et c'était paisible. Mais là, je ne comprends pas, mon père vend ses petites voitures. On part en France. C'est comme ça. On va s'y plaire, il nous dit. Il a le projet de monter une boîte, qui va échouer, bien sûr, Maman le suit, nous aussi, c'est comme ça.

Quand j'arrive en France, j'ai l'impression de porter des lunettes aux verres tout gris. Quelle étrangeté que cet endroit là. J'ai grandi dans le sud, pourtant. Mais la mer est sale, pourquoi je ne vois pas le fond, pourquoi il n'y a rien dans l'eau, pourquoi du plastique, où sont les requins, pourquoi je ne peux pas être nue ici aussi? Les cailloux sont tous durs, ils me font mal aux pieds. Les enfants aussi sont différents. Ils n'ont pas l'air amicaux. Ils se demandent si je fais partie d'une tribu civilisée, ou sauvage. Si je sais chasser avec un arc et un couteau. Je ne sais pas pourquoi ils rient quand je ne sais pas quelque chose et que je lève la main. Je suis une ignare. Il y avait ce monsieur, cet ancêtre, il a vécu des choses dures, la guerre. LA guerre. Je ne sais pas pourquoi les enfants rient, moi j'ai envie de pleurer quand j'entends son histoire. On ne respecte pas les anciens ici, me dis-je. Je dois m'endurcir, je dois apprendre les codes de mon nouveau pays.

On déménage. Encore. Et encore. Je n'ai pas le temps de me faire des amis, et quand je m'en fais, j'apprends à leur dire au revoir. Je me sens à ma place partout, mais nulle part, je ne me sens jamais chez moi, et la plupart de mes temps libre, je les passe dehors, qu'il soit 12h ou 4h du matin, je erre comme une sans domicile alors que j'en ai un. Je reconnais mon chez moi ni aux lieux, ni au foyer, mais aux gens que j'aime, ce sont eux, mes repères.

Je rêve souvent de mon île. C'est un cauchemar récurent. Je me souviens de ce rêve précisément parce que je l'ai fait mille fois. Mes parents nous emmènent sur la plage avec le 4x4 grandeur nature, sur une plage connue. Elle est vide de monde, il n'y a que nous, seuls. Je suis pleine de vivacité, impatiente de rejoindre la mer, trop, je sors, je cours la rejoindre, je me retourne mais, ils sont partis. Je cherche à les rattraper, impossible, le décor s'allonge à l'infini. Une vague, immense, un tsunami qui grandit à vue d’œil et qui s'apprête à m'engloutir, j'ai peur de l'océan. Angoisse nocturne.

J'y retournerai un jour.

Je reviens.

Quelques 19 ans se sont passés sans que je n'y ai plus jamais remis les pieds. J'étais si déterminée à y retourner, à reconstituer mon passé, qu'à 18 ans, j'étais parvenue à faire des économies suffisantes, en me serrant la ceinture, quitte à crever de faim, durant des mois et des mois, pour finalement avoir de quoi payer des billets à toute ma famille. C'était mon seul et unique objectif. Et là je dis à ma mère:

Maman, j'ai assez d'argent pour nous toutes, on peut retourner là bas.

Et ma mère me répond:

Oh tu sais... pourquoi faire? Je n'ai pas envie d'y retourner.

Désillusion. Tristesse. Rage. J'ai claqué toutes mes économies dans des fringues de luxe, des restaurants, de l'alcool, des cadeaux, des milliers d'aller retour, en train, en bus, pour faire le tour de la région, tout mais ne jamais rester au même endroit. En gros.

J'aurai pu partir seule. J'aurai pu. Mais j'avais peur. La peur de retourner dans un pays que je ne reconnais plus, auprès de personnes familières mais qui m’apparaissent étrangères, la peur de ne pas être à la hauteur de mes racines, la peur d'avoir trop changé, la peur de faire honte à ma famille restée là-bas, d'avoir adopté des codes trop français, de paraître trop snob. Je ne voulais pas être seule. Je repoussais sans cesse.

Mais ce jour approche, où je reverrai mon bout de cailloux. Ça m'est apparu comme une évidence lors de mon premier voyage hors UE alors que je l'avais oublié, devant des paysages qui m'étaient sans doute familiers. Qui a réveillé cette promesse. Si, je peux le faire. Dans quelques semaines et même jour j'y serai. Je sais que j'en serai émue, j'ai peur, je suis excitée, heureuse, terrifiée.

Ce voyage a des multiples raisons d'être. Ma promesse mais pas que: Savoir si je retrouverai là-bas une partie de moi, que j'ai l'impression d'avoir perdu et qui me fait me sentir incomplète. Savoir si je me sentirai chez moi. Savoir si je dois retourner y vivre plus qu'y voyager. Je veux également cesser d'y penser tout le temps, je veux en finir avec cette impression de déracinement, je veux avancer et ne plus replonger perpétuellement dans un passé comme des souvenirs d'un lieu lointain.

J'ai beaucoup d'attentes, je sais, c'est mal. Mais toutes ces années à rêver de toi putain. A verser des larmes quand je regarde des photos de famille, une carte du monde.

Je ne sais pas si je te reconnaîtrai, mais, j'arrive.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like a boss ! le 27.05.18, 00h25 par Onmyoji
  • [0] Like ! le 27.05.18, 07h35 par Jalapeno
  • [+1] La suite, vite ! le 27.05.18, 13h33 par Allandrightnow
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Cristina. On brûlera.
Nous nous voyons bientôt. Elle décide de créer un rituel, rien que pour moi. Elle m'enverra une photo chaque jour, de son quotidien, jusqu'à ce nos deux se croisent. De la scène où elle se trouve avant de danser, aux librairies où elle se promène. Tout ce qui lui fait penser à moi. Moi je lui enverrai des vidéos. Elle aime mon corps, elle me trouve belle. Elle a le cœur qui bat, pas un jour sans qu'elle n'éprouve de frissons, me dit-elle.

C'était d'ailleurs nos premières conversations et ce qui lui a donné envie de me découvrir. Je ne lui avais pas encore vraiment parlé, je ne la connaissais pas. Je lui ai parlé de mon envie de jouer à la scientifique avec pour hypothèse les frissons que je suis capable de prodiguer sous l'épiderme. Elle m'avait dit qu'elle se demandait bien comment je pouvais le mesurer scientifiquement. Je lui avais répondu que mon objet de mesure pourrait être mes yeux, si elle me laisse l'approcher, au moins d'un peu plus près, assez pour que je les vois, ou mes doigts, qui sont si sensibles, très, et qui ressentiront, à n'en pas douter, les mouvements de sa peau. Elle m'avait mise au défi de réussir et m'avait donné son numéro.

Ce soir je la frustre avec mes mots, tout sensuellement, elle meurt d'envie de me faire l'amour. Elle riposte et m'envoie une photo de son quotidien, de son corps. De sa dentelle qui colle aux courbes de ses fesses, si rondes, si fermes, ses hanches toutes creusées qui s'allieraient terriblement bien sous l'arc de mes paumes, sa poitrine pulpeuse sur son corps pourtant si menu. Diable. Je frissonne, je crève d'envie d'embrasser et saisir ce que je vois, je lui fais ressentir tout ce qu'elle me fait ressentir, là. Elle complexe de ses hanches, elle me dit:
Cristina: J'espère que tu les aimeras après les avoir attendu...
Hillel: C'est toi que j'apprécie. Et si c'est toi, j'apprécierai. Ton corps sera sublime, dans mes yeux sous la lumière, ou sous mes doigts lorsque je les fermerai pour comprendre tout ce qu'il me procure dans le ventre. Là, en te voyant, je projette déjà de beaucoup, beaucoup les aimer. Plus que te plaire nue, je voudrais t'exciter nue. Je voudrais que ton coeur se lève lorsque je me glisserai sur toi. Je veux que tu vois mon corps sous toutes ses coutures, que tu me dises ce que tu aimes chez lui et ce qui te déplait, et je te montrerai de tout près ce que tu aimes et je saurai te faire aimer ce qui te déplait, je veux être au dessus de toi, en dessous, derrière et devant, assise sur ton sexe ou debout contre un mur, allongée pour que tu me surplombes, voir tes jolies formes se mouvoir dans les va-et-vient, je voudrais que tu me salisses avec ton excitation, j'aimerai glisser tes doigts dans ma bouche et les mener dans mes sous-vêtements.
Je sais qu'elle meurt sous l'envie, je sais qu'elle crève d'envie de se toucher avec mes mots et son imaginaire, je sais qu'elle se touchera cette nuit. Elle me dit:

Arrête... on ira brûler toutes les deux en Enfer...

C'est ce que j'aime chez elle. La "fille sage" qu'elle joue instinctivement avec moi parce que je l'intimide, mais sous un air où je devine qu'elle est loin d'être une sainte.

Je lui fais écouter cette chanson. Elle l'aime. Elle est émue.
Cristina: Peut-être qu'un jour je pourrai t'appeler "mon ange".
Hillel: J'aimerai être "ton ange" Cristina. Je te laisserai me manger le corps et me laver le cœur.
Je sais c'est mielleux, même, dégoulinant et dégoûtant de mièvreries, niaiseries. Je m'en serai souciée, quelques semaines, mois en arrière, mais plus maintenant. Maintenant je ne me prends plus tant au sérieux. Je ne joue plus à cette nana sous contrôle qui se donne des rôles d'alpha-minine. Je sais aujourd'hui me mesurer dans ce qui était dans le passé uniquement de l'excès. Je sais prendre ce qui est bon à donner, et bon à recevoir. J'accepte d'être niaise parfois, si ça a le don de provoquer quelques battements de cœur.

Les hommes.

Je ne vous oublie pas -totalement- pas toi, sexy serveur à moustache. Il n'y a pas un jour sans qu'il ne m'envoie un message alors que je n'y réponds pas, mais, ce soir, je décide de lui répondre, 4 jours plus tard. Je me confonds "en excuse" de ne pas répondre à ces longs messages, je lui dis que je lui porte beaucoup d'intérêt, mais que j'aimerai, mieux que lui répondre, nous parler, yeux dans les yeux. Il accepte mes excuses, il me donne son numéro, il me dit qu'il sera disponible quand et comme je le veux. Je ne sais pas pourquoi tant d'abdication, si je le sais, mais, j'aimerai aller au bout de ma démarche. J'aimerai savoir si je ressentirai tout pareil quand je le reverrai, si je réussirai à lui plaire comme je plairai à une femme, si j'aurai envie de l'embrasser ou le laisserai m'embrasser, si j'aurai envie qu'il m'invite chez lui, si j'aurai envie qu'il me touche, si ça me donnera envie d'en rencontrer de nouveaux, dans ce contexte sexué, ou si je me dirai que finalement, certains hommes sont beaux uniquement lorsqu'ils vivent en fantasme.
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

J'aimerai savoir si je ressentirai tout pareil quand je le reverrai, si je réussirai à lui plaire comme je plairai à une femme...
Sur ce point, je pense que tu n'as pas trop à t'en faire. De ce qui transparaît dans ton journal, tu sais te mettre en valeur et tu es très douée pour jouer et exciter une femme. Ça devrait être largement suffisant pour te donner confiance en toi dans tes rencontres avec des hommes. D'autant que si ton serveur n'est pas trop à la masse, il devrait être assez actif (proposer un rendez-vous, t'amener chez lui, etc...) et tu pourras te laisser guider (si tu l'acceptes évidemment).
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Merci ! :) le 28.05.18, 19h16 par Hillel

Je suis toujours dans les préparatifs de voyage. Je suis de plus en plus anxieuse, incrédule, j'ai le cœur qui bat vite. Ça m'avait fait la même chose lorsque je suis partie en Asie l'année dernière. Je suis anxieuse de nature mais, l'avantage c'est que j'en ai conscience et que ça ne m'empêche plus d'avancer. D'ailleurs, combien de personnes n'éprouveraient aucune anxiété à partir à l'autre bout du monde sans être accompagné?

Rechute.

Je reçois un message de Lucie hier dans la soirée. Elle ressassait le passé et m'a évoqué un échange que nous avions eu l'année dernière à la même époque. Lucie faisait rarement le premier pas, avant. Dans le fil de la conversation, elle case qu'elle a rompu avec son copain il y a plusieurs mois (qui est aussi, au passage, le père de son enfant). Je pensais qu'elle allait mal, parce que, les rares fois où Lucie faisait le premier pas, c'est quand elle avait besoin de moi. Comme je l'ai évoqué plus tôt dans le journal, je voudrais que l'on s'ancre définitivement dans nos vies, que l'on devienne (plus que redevienne) des amies. Et ça commence par prendre soin, malgré tout, même si je n'avais pas envie de redevenir qu'une oreille attentive, je sentais que tout du moins elle recherchait un contact avec moi. Je lui sors des vannes pour tenter de la faire rire, puis je lui propose de s'appeler, de me raconter tout ça, je pensais, pour lui prêter mon oreille et la consoler.

Notre échange commence banalement, puis, je lui demande d'aller dans le vif du sujet et de me parler de cette rupture. Elle m'en parle parce que je lui demande mais, étonnamment, Lucie va bien, très bien. Je suis dans l'incompréhension, je m'attendais tellement à ce qu'elle ait à nouveau besoin de moi que je lui ai fait répéter plusieurs fois si elle était sûre que ça allait. Mais oui, tout va bien pour Lucie. Elle me raconte aussi qu'elle a revu un ex, qu'elle a toujours aimé et n'a jamais cessé de, que c'était bien, que ça l'avait aidé à avancer. Qu'ils avaient projeté un instant, et même encore maintenant, de refaire leur vie ensemble, de donner naissance à un bébé. Elle m'explique, en lui ayant annoncé qu'elle était "très fertile" (elle est tombé enceinte deux fois sous contraception), sous entendant "fais moi des bébés", il le voudrait aussi. Elle me raconte qu'elle aimerait trouver quelqu'un avec qui la vie serait simple et légère, tranquille et douce, quelqu'un qui la respecte et que lui, il pourrait lui apporter ça, quelqu'un qui s'occuperait bienveillamment de son enfant. En même temps, elle me dit qu'elle a envie d'être seule en ce moment, de s'occuper d'elle.

Je me sens contente pour elle, parce que je connais son amour pour lui, depuis toujours, et je trouvais ça magique, quand bien même je ne suis plus si romantique, que dans une vie, "Dieu réunisse ceux qui s'aiment", qu'après toutes ces années à rêver et penser à lui, à nouveau elle se retrouve dans ses bras. J'aime les belles histoires d'amour. Je souris bêtement et pleine de tendresse en l'écoutant raconter son week-end avec un sourire que je perçois même derrière le combiné, j'ai envie de l'enlacer et de la remercier d'être si heureuse dans sa vie, elle qui était si mal avant, que c'est important pour moi de le savoir.

Elle me demande de mes nouvelles en retour. Je ne sais pas quoi lui raconter, je n'avais pas prévu de parler de moi ni de me mettre en avant. Le voyage étant proche, je lui raconte que je pars dans deux semaines, mais, je ne m'en vante pas et je n'en fais pas des caisses pour attiser sa curiosité, bien que je le pourrai. En fait, j'avais envie de tout sauf de chercher à provoquer son intérêt. Je ne lui parle pas de mes relations, je ne lui parle de ma libération amoureuse, je me fais discrète parce que, j'essaye de ne lui donner aucun indice de disponibilité. En fait, je ne veux pas qu'elle croit que je cherche à nouveau à la séduire parce que, ce n'est pas mon but en cherchant notre intimité, j'ai accepté depuis longtemps que ce n'était pas bon pour moi. Mais à un moment ça vient tout de même, cette question, qu'elle m'a toujours posée:

"Est-ce que tu as quelqu'un en ce moment?"

Tant pis, je lui réponds. Que non, je "n'ai pas" quelqu'un et que d'ailleurs, j'ai cessé de vouloir posséder les gens, et m'excuse de n'avoir rien d'aussi palpitant à raconter qu'elle. Ça finit par venir sur le tapis, qu'on parle de ma libération amoureuse et de ma proximité de plus en forte avec les polyamoureux. Je lui parle de ce week-end et de ma danseuse que j'ai hâte de connaître. Dans l'enchaînement, je lui parle de ma vision des choses et je sens bien que ça l'intrigue et lui parle parce que, Lucie a toujours été une femme libre. Elle me pose des questions sur la parentalité, je lui dis spontanément que je n'ai pas de désir d'enfant, que je ne pourrai pas concevoir, que cependant, ces dernières années j'y pense de plus en plus, mais que, ça m'irait de rencontrer une femme avec un enfant. Là je tilte, je ne veux pas qu'elle croit que je l'évoque, je lui parle rapidement de Satine. Et Satine, j'ai éprouvé tant d'affection pour elle et son bébé durant cette période que ça m'a échappé, ce rôle de "deuxième maman" que j'ai pris durant cette période, cette façon que j'ai eu de prendre soin de cette femme en tant que future mère et de m'attacher si rapidement à son enfant à naître. Elle me dit: "Tu sais... je suis très fertile". Elle ajoute qu'elle l'est tellement que, ayant conçue sous contraception, elle est sûre qu'elle pourrait même faire tomber enceinte une femme. Je ris -peut-être de façon gênée- et lui dis que, je penserai sans aucun doute à elle le jour où je voudrais un enfant.

#FailDeContenance

:fuuuu:

Voilà, du coup je sais qu'on va se voir cet été et, je sens nettement que je rechute dans mon besoin d'adrénaline "Lucie". C'est bon de retrouver Lucie, par bribes, en même temps que je me dis "Mais quelle connasse je fais, tu t'en sortiras jamais".


Ma danseuse.

Je lui ai expliqué que pour moi, dans le joyeux monde que j'imagine du polyamour, on partage et on parle d'amour, de toutes les façons possibles et imaginables. Je lui ai dis que je rêverai de savoir qu'elle désire d'autres personnes et qu'elle aime d'autres personnes, même qu'elle me parle tout amoureusement de son copain (dont elle ne parle finalement jamais), que je serai là pour me réjouir qu'elle tombe amoureuse et la consoler lorsqu'elle aura le cœur brisé. J'en ai profité de lui demander si elle était du genre à vouloir avoir ces détail ou si je devais me taire. Elle me dit qu'elle l'ignore encore, je lui propose de ne pas me contraindre et qu'elle me dise si ça la gênait. Je lui parle dans l'instant de Lucie parce que, je me sentais encore envahie de notre conversation et tout mon amour pour elle se décuplait. J'ai senti que finalement, Cristina ne voulait pas tant en savoir plus, même si ça ne semblait pas la gêner pour autant, alors, je n'ai pas approfondi tout ce que je ressentais ni tout ce qu'on a vécu elle et moi.

Les choses s'accélèrent, on se désire fortement, à distance, comme j'ai pu désirer Satine à l'époque, on envisage de beaucoup, beaucoup faire l'amour. Tellement que dans cette attente intenable, on a joué à "faire l'amour" par téléphone, en utilisant ma voix sensuelle pour lui donner des ordres, des envies, en l'incitant à se caresser tandis que je lui parle, et moi de défaillir en l'entendant gémir et même, hurler. J'espère la faire hurler pareillement lorsqu'on se verra. Elle me dit qu'elle pense à moi toute la journée, qu'elle n'arrive pas à faire autrement, qu'elle brûle d'envie, que même, elle se réveille dans la nuit en pensant et rêvant à moi parce que ces derniers temps, penser à moi la rend très... agitée. Je sens aussi qu'elle veut que je la domine, que je prenne autorité sur elle, qu'elle soit à ma merci entière et complète, et ce rôle là, je sais le mener, et je le mènerai.
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  • [+1] Intéressant le 02.06.18, 18h46 par Avalanche
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Je m'en vais.

Non, je ne fais pas une nouvelle crise d'envie d'éloignement du forum.

Je pars ce week-end, direction mon île. L'angoisse monte de plus en plus, mais j'essaye de me gérer. J'essaye de penser au préparatif pour que tout soit correctement posé et que je n'ai pas à me faire du soucis une fois dans l'avion ou là-bas, en plus de m'occuper l'esprit. Des petits imprévus de dernières minutes mais tant pis, je gère, c'est ça aussi d'avoir une vie ici. J'arrange mes affaires. Je prendrai avec moi un carnet de voyage dans lequel j'écrirai les pensées de mes retrouvailles, un appareil photo-caméra vidéo (je ne pars jamais en voyage sans appareil!) mais je passe moins de temps à saisir l'instant qu'à le vivre. Je vous en partagerai peut-être des bribes (ou pas). ;)



Week-end avec Cristina.

Notre désir mutuel était rendu et vendu depuis longtemps, quelques peut-être minutes après son arrivée, nous avons fait valser nos corps ensemble. Moi qui avait encore des bribes d'insécurité sur mon physique et mon potentiel d'attirance esthétique vis à vis d'elle (quand tu te retrouves face à une jolie danseuse bien sexy, tu te sens un peu moche/fat), finalement, si, ça allait plus que bien, je lui plaisais. Bref, en trêve de suspense, nous avons fait l'amour, mais nous avons pas passé notre temps à ça, quoi que, le temps y était déjà bien consumé. On a passé deux jours ensembles, que j'ai trouvé paisible et doux, j'ai ressenti quelques frissons dans mon ventre, quelques brillances dans ses yeux. C'était un joli week-end avec une femme que j'apprécie, comme je les aime. Je ressens qu'elle s'attache plus vite que moi, qu'elle pourrait tomber amoureuse, vite, rien de mal à ça, c'est même logique, je suis pratiquement la première femme de sa vie, si on ne ne compte pas son "dérapage" avec une amie après une soirée de beuverie.

Sujet sensible, son copain. Il lui avait plus ou moins signifié que c'était ok pour lui, sous gouverne qu'il était content pour elle, et content pour elle que ça soit moi (je ne sais pas pour quelle raison étrange il proposerait une validation quelconque, mais, bon). Elle m'avait même dit qu'il était bien plus "ok" qu'elle aille voir une femme plutôt qu'un homme parce qu'au moins "pas de sujet de comparaison".... FAUX.

Oui, il s'est rendu compte que femme, ou homme, c'est la même chose: le désir est là, le charme de la rencontre aussi, l'interaction, la communication, les sentiments naissants, l'envahissement d'émotions bonnes, positives, et même, faire l'amour, ça revient au même. Sauf que j'ai une vulve à défaut d'avoir une bite. Cristina a passé un très bon week-end avec moi, donc, il crevait de jalousie qu'elle ne lui réponde pas, parce que tout simplement, on baisait.

Oui, ça me laisse un peu perplexe... Qu'un gars, particulièrement, en vienne à lui mettre des barrières quand il se rend compte qu'il n'est pas le seul et unique objet de son désir, qu'une femme puisse autant la faire mouiller et lui créer des attachements dans le cœur, dans le ventre, alors qu'ils étaient tous les deux d'accord pour cette relation et qu'elle, de son côté, a parfaitement accepté qu'il aille voir d'autres filles de façon paisible et bienveillante et que ça semblait pas lui gêner (point numéro 1 de mes valeurs relationnelles: la réciprocité). Que je dois intégrer dans notre relation un mec juste plein d'insécurité (go FTS!).

Je leur laisse un peu de temps, parce que je suis compréhensive. Que je suis passée par là. Que je sais que c'est un couple qui "débute" dans la relation libre et que déconstruire la mono-exclusivité ça prend son temps. Bien que je pense, dans le fond, que son mec est juste pas prêt et qu'il se ment à lui-même, que c'est une façon à lui de la garder auprès de lui parce qu'il a senti qu'elle est parfaitement libre et indépendante de lui. A suivre...
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  • [0] La suite, vite ! le 09.06.18, 09h17 par Avalanche
  • [+1] Yesssss! le 10.06.18, 02h18 par Safrania95
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Je reviens.

Je tremble en vous écrivant. J'ai écrit des bribes de mots alors que je contemplais l'horizon dans mon pays.

Départ de Paris. La veille, j'angoisse et me laisse envahir par un sentiment mêlé de peur et d'excitation. Jusqu'au dernier moment, je veux annuler mon voyage. Je me dis que la France me plait alors que je m'étais faite la promesse depuis des dizaines d'année de faire ce voyage. Je mets à même aimer la ville où je vis alors que je sens de plus en plus qu'elle m'oppresse, alors que je la fuis chaque week-end. En fait, je trouve tous les prétextes du monde pour ne pas partir. Mais je n'ai plus le choix. Mon billet pris est ce dont je rêve depuis que je l'ai quitté.

Deux jours d'avion. Durant tout le voyage, j'ai du mal à y croire, je ne réalise pas. Je me demande quand cette traversée prendra fin. Elle est interminable. En même temps j'ai peur d’atterrir. J'atterris. L'hôtesse annonce: "Bienvenue et pour ceux qui viennent d'ici, bon retour chez vous". Les larmes montent un peu. A l'aéroport finalement, je vois ma sœur et son mari qui m'attendent. Les larmes montent encore un peu. Mon émotion me prend par les tripes. J'accélère le pas, je passe les contrôles, attendez moi, j'arrive. J'atterris dans leur bras. Je pleure. Est-ce réellement possible que je sois là dans les bras de ceux que j'aime? Oui c'est possible. Je suis là.

Je me demande ce que je vais reconnaître. Il fait nuit durant que l'on roule jusqu'à chez elle, je ne vois rien, je ne perçois pas encore le pays sur lequel j'ai posé mon pied à terre. Elle me montre des endroits où on allait enfant que je ne vois que dans l'ombre de lumières artificielles peu diffuses. Le lendemain, il fait jour. La lumière éclate. Je vois.

Parfois je reconnais des endroits par le visuel. Ayant été petite à l'époque, tout m'apparait plus minuscule alors que j'imaginais ces endroits tellement grands. Nous allons finalement rendre visite à la famille, celle que je n'ai pas vu depuis des dizaines et des dizaines d'année. Nous nous enfonçons dans la brousse, du côté des quartiers plus "pauvres". Voilà que ma mémoire se réveille. Un sentiment de douceur et d'affection qui me submerge alors que j'observe l'environnement qui m'entoure. La plupart des gens trouverait que c'est "la zone", mais non, je reconnais que ce fut un jour chez moi et je m'y sens bien. Je trouve cet endroit beau et chaleureux.

Je me sens quelque peu timide. J'ai peur qu'ils soient déçus de ce que je suis devenue. Que je fasse trop "française". Que j'ai chopé trop de manière, trop de snobisme, que je paraisse prétentieuse et arrogante, que je joue trop à la bourgeoise. Je les regarde dans les yeux, j'attends de voir un geste, un pas vers moi. Au début, je perçois dans leur regard qu'ils tentent de me reconnaître. De voir si c'est bien la même petite fille qu'ils ont connu des années en arrière. Puis, ils me serrent dans leur bras. Je pleure à nouveau : ils m'aiment encore. Je sens que nous faisons partis de la même famille. Je me mets à sombrer de nouveau dans l'enfance. Je retrouve mes mimique d'antan. J'oublie mes manières et le masque que j'ai appris à porter pour survivre à l'époque où je devais m'adapter à la France, et redeviens une petite fille, souriante avec ses singeries, naïves et simples, tranquille et discrète, qui leur est familière. Tout va bien maintenant.

Les paysages m'ont coupé le souffle. La nature a repris ses droits sur mon cœur. Je m'émerveille à chacun de mes pas. Je visite le pays dans toute sa longueur, je veux tout voir, vite, ne rien omettre. Je suis ma sœur comme lorsque nous étions enfant, que je l'admirais et que j'imitais ses faits et gestes pour lui ressembler rien qu'un peu. Mais maintenant j'ai grandi. Maintenant je suis mon propre moi, j'ai trouvé ma propre voie, ma propre existence, et je sens qu'elle m'admire elle aussi. J'ai traversé tant d'endroits différents. De la ville à la campagne aux montagnes à la forêt au plage de sable blanc aux terres arides et chaudes. Des rires et des larmes, de la joie, de l'enthousiasme, de l'excitation. Durant le voyage j'avais peur, comme une "sauvage" qui se serait trop acclimatée à l'air confortable et sécurisante de l'occident. J'ai décidé de dépasser toutes mes appréhensions, de franchir les limites de ce que je pensais être mon courage. Je me suis montrée courageuse. Être ici demande du courage. Être ici se mérite.

Je me demande pourquoi j'ai attendu si longtemps. Pourquoi j'avais si peur. Mais maintenant je me dis que je pourrai mourir paisiblement. Je me sens accomplie. Je me sens complète.

Le retour est difficile un peu, tout de même. Tout ça me manque déjà. Je sais que je ne dois pas rester ici. Que cette région de la France me déplait. Que je dois bouger. Suivre d'autres projets. Me poser et réfléchir. Savoir ce que je voudrais faire maintenant. J'ai envie de faire plus. J'ai envie d'aller plus loin, maintenant que j'ai de nouveaux éléments, de nouveaux puzzles pour avancer. Je sens aujourd'hui plus que jamais que je veux vivre.
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  • [0] Like ! le 03.07.18, 09h46 par Onmyoji
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Cristina

Je pense qu'aujourd'hui je peux le dire: Je suis définitivement conquise par le polyamour. Je ne me définis plus "célibataire" lorsque je discute avec quelqu'un ou que je rencontre de nouvelles personnes (pas seulement dans le cadre d'une séduction). Je dis plus simplement que j'ai des relations libres. Et s'ils commencent à me parler de libertinage et d'échangisme, je précise pour qu'ils comprennent: polyamoureuse. Parce que je veux qu'ils comprennent que je parle d'amour et pas de consommation pure et simple des corps, ou d'un concept trop "modernisé" alors que quelques siècles en arrière, le libertinage, c'était autre chose qui aurait pu me parler. Contrairement à la plupart des personnes polyamoureuses que j'ai connues, connais, je ne me cantonne pas aux relations amoureuses, les relations "éphémères" d'une nuit ne me déplaisent pas et n'ont pas moins de valeurs à mes yeux. Ça a toujours du sens.

Avec son copain c'est plus compliqué. Il est jaloux, possessif. Il en est venu à quasiment interdire Cristina de me voir. Selon lui, notre relation était acceptable à condition qu'il soit présent. Je ne suis pas rentrée dans son jeu et je n'ai pas accepté son deal. J'ai été plus cash avec Cristina: 1/Il n'aura pas le contrôle de mes relations donc je préfère refuser de la voir plutôt que me soumettre. 2/Si ça continue j'arrête notre relation. Ce sont leur histoire et je n'ai pas à leur dire comment faire les choses. Ils se démerdent quoi. Mais personne n'a le droit de m'imposer quoi que ce soit. Il perd en fait tout seul de la valeur aux yeux de Cristina. Il s'autodétruit avec son comportement de rivalité, avec ses mensonges à soi-même. Je laisse faire.

Cristina est encore dans le questionnement et la recherche. Elle me dit qu'elle veut faire de son mieux. Je dis que je sais. Qu'en fait elle n'a rien à faire envers moi, que je gère les choses à ma façon, que je fais avec ce qu'on me propose, et que simplement si ça ne me convient pas, je pars. Je lui demande: "Est-ce qu'il y a quelque chose que je fais ou demande dont tu n'as pas envie toi aussi?". Elle me répond que non. Nos envies et nos attentes sont communes. Il n'y a que son copain qui entre en contradiction.

Cristina a fini par sérieusement lui annoncer l'idée d'une possible rupture, puisqu'ils sont incompatibles. Il a décidé de faire des efforts, de changer. Bien que je pense qu'il ne devrait pas avoir à faire des efforts (ou bien qu'il est juste monogame et qu'il doit arrêter de se mentir). Cela dit j'ai fait un effort aussi. J'ai accepté de le rencontrer avec bienveillance et respect, parce que visiblement il pensait que ça irait mieux comme ça. J'ai discuté avec lui, je me suis intéressée, je lui ai accordé un bribe d'attention alors que quelques jours en arrière, il tentait de m'éjecter de la vie de Cristina. Je ne lui en ai pas tenu rigueur. Nous sommes juste complètement opposés et en prime, la seule responsable que j'aurai vu aurait été Cristina.

Il y a deux trois moments où j'ai été un peu cassante mais, c'est parce que je trouvais qu'il me testait un peu trop. Dans le sens où je sentais bien qu'il me cherchait pour me déstabiliser et me ridiculiser devant Cristina, alors que moi j'essayais de rendre les choses paisibles. Comme un gamin. Alors je voulais lui signifier -légèrement- : "Ne joue pas à ça avec moi, tu perdrais".
Copain: Cristina n'a pas menti sur toi quand elle a dit que tu étais jolie.
Cristina: C'est un peu bizarre de dire ça...
Copain: Oh ça va! Si elle avait été moche j'aurai rien dit (rire).
Hillel: T'aurais pu... je t'aurai répondu que ce n'est pas grave puisque c'est à ta copine que je veux plaire.
Copain: Je trouve qu'on a plein de points de commun toi et moi quand j'entends comme Cristina te décrit. En fait elle cherche la même personne dans un sexe différent.
Hillel: Ah? Et bien, oui, peut-être qu'elle te cherche à travers moi qui sait... Quels sont nos points communs alors ? Dis moi.
Copain: On est bordélique et... (réfléchis réfléchis, ne trouve pas), je sais plus...
Hillel: Genre... on porte tous les deux des lunettes?
:fuckyeah:

On a donc passé à nouveau un week-end avec Cristina, rien que toutes les deux. C'était bon et doux. Je pense qu'on a baisé à 80% du temps. Je me sens bien avec elle. J'ai envie que ça continue. Elle fait partie de mon système solaire. Et pour une fois je suis certaine que ça a du sens. Elle m'a déclaré m'admirer, je l'inspire. Qu'elle ne pensait pas rencontrer quelqu'un comme moi. Que j'existais vraiment, qu'elle était chanceuse. Cristina me permet de le projeter. J'attends de voir quel pourrait être la faiblesse à notre relation, pour l'instant je ne le vois pas. Pour son copain, je sais qu'elle serait prête à le quitter, qu'elle ne me laisserait pas partir. Pas pour moi mais pour elle. Je lui ai bien fais comprendre que je n'accepterai pas qu'elle fasse des choses pour moi. Pendant une période, mon énergie était toute concentrée sur elle. Aujourd'hui elle retrouve un équilibre. Ce qui me donne l'envie et l'opportunité de faire de nouvelles rencontres.

Ça fait un peu plus de deux mois qu'on se fréquente. A ses côtés je me sens bien. Je retrouve et comprends mes valeurs à travers elle, elle retrouve et comprend les siennes à travers moi. La relation est douce et paisible, sensuelle amoureuse. Je lui ai dis sans l'ombre d'un engagement ou d'une déclaration ou d'un aveu: "je t'aime". Parce que c'est ce que je ressens en lui parlant, en la regardant, en lui faisant l'amour. Tout cet amour que j'ai pour elle. Et elle le comprend, elle le saisit, elle me le dit aussi "je t'aime". On ne manque jamais de se dire ce que l'on vit et ressent pour l'une et l'autre. Je crois que c'est à marquer dans ma façon de vivre mes relations avec les autres. Qu'ils sachent et se sentent libre d'exprimer ce qu'ils ressentent sans le poids d'une crainte ou d'une peur de. Que ça n'a rien d'artificiel ni de passager. Que c'est aussi simple et normal que n'importe quelle autre façon de vivre une relation. Que le polyamour n'empêche pas d'éprouver et de vivre ce qu'on pourrait éprouver et vivre dans une relation mono-exclusive. Sauf que Cristina et moi nous sentons plus libres dans cette relation-ci puisque profondément, on l'est.

Ça a l'air d'aller mieux avec son copain depuis notre rencontre. En espérant que ça perdure.
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  • [0] Bienvenue ! le 12.07.18, 18h08 par Jalapeno
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

Supprimé pour raisons perso.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] La suite, vite ! le 13.07.18, 15h20 par BlueLove
"Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement"
- Eleonor Roosevelt

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