Avaler des montagnes

Note : 158

le 03.06.2019 par Jalapeno

82 réponses / Dernière par basile le 12.06.2022, 00h45

La vie est faite de virages, d'obstacles à surmonter, d'audace, de surprises et de rencontres décisives. Racontez votre histoire, entrez dans la légende; partagez vos cheminements, vos interrogations, vos rencontres, vos aventures - foirées ou réussies, c'est pas le plus important - et recevez les avis et conseils des autres membres.
théorie #548
Invendus et seconde main
Le marché des relations chez les trentenaires célibataires

Très peu de gens - aussi indépendants et autonomes soient-ils - souhaitent vivre leur vie totalement seuls. Ils ne l'avoueront pas tous mais d'après mes statistiques personnelles, 99,83 % de la population aspire à entretenir (au moins) une relation au minimum sexuelle, si pas amoureuse. La façon dont ils mèneront cette relation leur est propre, mais le célibat est bien un marché, avec ses offres et ses demandes. Beaucoup de demandes d'ailleurs.

La spécificité de ce marché, c'est que passé un certain âge on y trouve plus de produit neuf. A 30 ans, on peut raisonnablement estimer qu'un être humain lambda a accumulé au moins une dizaine d'années de passif.

Ca peut être 10 ans de frustration pour quelqu'un qui n'a eu aucune ou très peu de relations. C'est la catégorie des invendus, ils sont restés sur l'étagère. Ils vous diront que c'est par choix mais c'est plus vraisemblablement parce qu'ils avaient un "défaut de fabrication" d'ordre physique (handicap, surpoids, difformité...) ou psychologique (maladie mentale, dépression...).
Avantages : ils sont encore enthousiaste à l'idée de débuter une relation
Inconvénient : ils ont peu d'expérience en la matière


L'autre catégorie, c'est la seconde main. Elle est largement majoritaire. Ceux et celles qui sont "dans la norme" et qui ont vécu plusieurs relations qui se sont soldées par un échec. Dans le meilleur des cas, une belle et longue relation suivie d'une violente désillusion. Parfois, cet échec s’accompagne de stigmates sociaux évidents : un divorce, des enfants à charge, une maison à revendre...
Avantages : la plupart du temps ils ont tiré des leçons de leurs échecs, ils savent ce qu'ils veulent et ce qu'ils ne veulent plus
Inconvénient : ils sont méfiants, il faut se taper un passif dont on est pas responsable


Et puis il y a ceux qui cumulent les galères. Les invendus ont perdu beaucoup de temps, à la suite de leur première relation et de la probable rupture qui s'en suivra (due à leur manque d'expérience) ils deviendront d'autant plus invendable. Il y a aussi ceux qui sont usés par la succession d'espoirs et d'échecs, on ne parle plus de seconde mais de troisième ou quatrième main... ils sont prêt à craquer s'ils ne l'ont pas encore fait.

Tout ça pour dire qu'à 30 balais, tout le monde est un peu méfiant, surtout en seconde main. On ne démarre plus une relation en un claquement de doigt. Il faut d'abord montrer patte blanche.
Les aspirations changent aussi. Elles sont souvent revues à la baisse, on a plus envie de s'investir à fond, de payer le prix plein. C'est sans doute pour ça qu'on s'émerveille de rencontrer quelqu'un qui est tout simplement encore sain de corps et d'esprit.

Peu importe la naïveté et l'insouciance qui prédominait 10 ans plus tôt, les célibataires que je rencontre désormais portent tous leur baluchon. Ma sympathie va à ceux et celles qui en ont fait une force. Qui en ont chié mais qui ont désormais une vision claire de ce qu'ils veulent et surtout de ce qu'ils ne veulent plus. Ouais, on est tous un peu aigri et alcoolique aussi, faut pas se voiler la face.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Très intéressant le 06.08.19, 18h26 par Popovski
  • [+1] Intéressant le 06.08.19, 19h41 par Thedaze
  • [+3] Sympa :) le 06.08.19, 20h00 par voucny
  • [+1] Intéressant le 06.08.19, 22h00 par Perlambre
  • [+3] A lire le 06.08.19, 22h10 par Hydrogene
  • [+3] En plein dans le mille le 06.08.19, 22h39 par Lulla
  • [+2] Intéressant le 05.11.20, 14h39 par Esope
  • [+3] Intéressant le 25.03.22, 14h25 par FK

Tous un peu alcooliques, sauf moi depuis six mois :mrgreen:

On en avait déjà parlé, mais j'ai la même impression que toi. Surtout, l'attitude des gens qu'on rencarde : entre 20 ans et 30 ans, la différence est flagrante : alors qu'à 20 ans il y a ce côté "page blanche", à 30 il y a du vécu et on sait (un petit peu plus) ce qu'on veut.

Je remarque ça actuellement (je bosse avec des étudiants devant passer leurs partiels en septembre dans un internat), le décalage avec les étudiants (qui dépassent rarement les 21 ans) et les plus jeunes des formateurs (même âge) est très grand. Ce sont deux mondes qui, bien que perméables, sont très différents. L'autonomie financière, notamment, est un marqueur majeur qui joue aussi je pense dans la manière d'aborder et "consommer" les relations.

Pour ma part, je me mettrais dans une troisième catégorie : les "presque neufs/peu servi" :wink: Je vais réflechier sur les inconvénients et avantages.

Mais il est un fait que je suis plus intéressé par le fait de rencontrer des nanas de 27-40 ans (voire plus) que des de 18-20 ans : s'il n'y a plus cette "prime fraîcheur" tant physique (et pour moi ce n'est pas tant un avantage comparatif absolu, il y a encore un côté très "générique"), qui s'efface avec l'âge et la venue des expériences, forgeant le caractère.

Et je préfère de loin, ne fut-ce que parler avec quelqu'un qui a déjà une épaisseur de vie que quelqu'un qui a tout à découvrir.

JE vais continuer à creuser ces questions et revenir avec mes réflexions :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] :) le 06.08.19, 22h01 par Perlambre
  • [+1] Il y'a du vrai... le 08.08.19, 00h06 par Jalapeno

Ayant testé le trentenaire dans la catégorie "presque neufs" citée par Popov', j'avoue en garder de façon générale un excellent souvenir. Ces garçons étaient frais à mon égard et je pense que nous nous apportions mutuellement ce souffle vivifiant parce que justement il n'y avait aucune pression d'un coté comme de l'autre. Du genre vie commune, maison, bébé et c'est normal avec mes dix ans de plus. Et du coup ils n'étaient en aucun cas méfiants ;)

Ton analyse est néanmoins certainement juste Japap' et ça ne s'arrange pas avec les quadras, hormis quelques exceptions. Et à vrai dire j'ai du mal à être en phase avec ma génération car je n'ai jamais considéré le baluchon dont tu parles comme un poids. Il existe bien entendu mais j'y vois une richesse, une fierté aussi. Des challenges réussis, des épreuves surmontées, des ruptures dont le feu s'éteint même malgré nous. Et chose magnifique qui vient avec les années : l'imperméabilité à la médisance, au jugement d'autrui, cette faculté d'aller de l'avant, d'oser être qui rend libre, vraiment libre !

Montrer patte blanche : c'est vrai que quand on entre dans la catégorie "seconde main", la tentation est de devenir exigeant. Souvent de façon irréaliste. Tu parles d'apirations revues à la baisse, je me demande si elles ne sont pas tout simplement à côté de la plaque. Et le plus sûr moyen de rester seul(e) longtemps. Je suis quasi-certaine que nombreux sont ceux/celles qui sciemment se placent sur le rayon des "invendus", tout en ayant un cerveau alerte et un physique avenant. Là intervient la peur et pour y échapper, grande est la tentation de s'enfermer afin de ne plus se tromper mais surtout de ne plus souffrir...

Et puis un jour tu rencontres un partenaire et tes peurs s'envolent, tu recommences à rire, des ailes poussent dans ton dos, tu vis le présent au lieu de t'angoisser pour un hypothétique futur, tu ne redeviens pas naïf pour autant mais disons que tu es prêt à remplir une nouvelle page blanche de ton album de vie.
Avec joie !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Absolument le 06.08.19, 22h24 par Jalapeno
  • [+2] Sympa :) le 06.08.19, 22h42 par Lulla
  • [+2] Bien le 07.08.19, 16h32 par Moumane
  • [+2] Absolument le 25.03.22, 23h21 par Poordonkey

Pepper, point final

Elle m'avait recontacté d'elle même en juillet et en septembre pour qu'on se revoie.
Je n'avais aucune idée de ce qui se passerait lorsqu'on se reverrait, mais j'avais l'impression que cela devait être fait. Pour faire les choses proprement, pour réparer la confiance qui avait été brisée lors de notre rupture. Pour reconstruire une relation amicale sur cette base. J'ai fait plein d'autres choses ces six derniers mois, mais cette idée restait en filigrane. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour m'en approcher, pour maintenir le contact. En parallèle, je me disais : "putain, pourquoi tu t'infliges tout ça, passe à autre chose". Ces réflexions ont été une source de stress, parfois intense.

Cette perspective a ravivé le bordel qui stagne dans ma tête depuis la rupture, les conversations que je n'ai pu avoir avec elle que dans ma tête. Des flash-back qui m'empêchent encore de dormir de temps en temps. J'ai discuté avec un pote qui a connu une relation toxique dont il ne s'est toujours pas remis après plusieurs années. Il m'a mis sur la piste d'un stress post-traumatique, ça me paraissait un peu too much, mais il y a un peu de ça quand même...

Toujours est-il, qu'après s'être téléphoné (pour la première fois depuis 5 mois), on avait convenu de se revoir, mi-novembre. Et puis plus de nouvelles pendant un mois. Et un sale pressentiment. Il s'est confirmé la semaine dernière quand elle a annulé.
La connaissant, j'avais anticipé un potentiel revirement. N'empêche ça fait encore mal. En fait, j'avais fait un deal avec moi-même : c'était ma dernière tentative pour sauver les meubles. Je me suis retenu de l'incendier et j'ai suivi mon intuition qui me disait "mec, t'as tout donné, sauve ta peau maintenant".

On s'est appelé une dernière fois sans trop s'engueuler finalement. On ne vit pas dans le même monde, dans la même temporalité (son agenda s'étale sur un an mais ses plans peuvent changer à tout moment, je ne sais pas ce que je ferai demain mais j'ai une vie relativement stable). On n'arrive plus à se synchroniser. Cela lui demanderait plus d'efforts qu'elle n'est prête à en fournir.

En fait le véritable problème, la vérité est là : elle était plus importante pour moi que je ne l'étais pour elle. Mes amis me disaient que j'étais toujours amoureux. Je leur répondais qu'on se connaissait depuis 10 ans, que je ne voulais pas tout balancer, qu'il était important de maintenir un lien avec elle. Au final cela revient au même, car le déséquilibre était là, entretenu par la souffrance et l'incompréhension.

Rester dans cet entre-deux, dans les limbes d'une relation passée, c'est mourir à petit feu. Et sortir de là impliquait un sacrifice, un pan de ma vie passée et future. J'ai coupé les ponts avec Pepper, et c'est la dernière fois que vous verrez son nom ici.

Les autres

Judith est définitivement partie à la fin de l'été. Durant trois mois on est parvenu à garder un équilibre sympa entre investissement et suffisamment de communication et de détachement pour éviter un trop grand déchirement. Je suis assez fier de nous sur ce coup-là.

Avec Nina, ça se passe toujours bien. C'était censé être une relation courte, pourtant ça dure.
Faut dire qu'elle est très compréhensive avec moi, alors que je me débats avec mes ruptures passées. C'est clairement une relation-pansement, on se fait mutuellement du bien. Comme elle habite pas loin et qu'on a des amis en commun, on se voit assez régulièrement. Depuis peu, elle voit un autre mec également, je ne sais pas trop ce que ça va donner au final.

En réalité, je ne sais pas vraiment ce que j'envisage avec elle. Elle est ici depuis 10 ans mais il y a un risque non négligeable qu'elle parte bosser outre-Atlantique dans les prochains mois, c'est son rêve. C'est aussi un schéma récurrent chez moi : je suis attiré par les femmes étrangères, nomades, c'est sans doute lié à ma passion pour les voyages et la découverte de nouveaux univers. Le revers de la médaille, c'est le départ quasi-inéluctable, la relation à distance, l'horrible bye bye. Je n'en peux plus, je n'en veux plus.

Sfar

J'ai lu ce carnet de Joann Sfar, dont j'aime bien les réflexions. A défaut d'avoir autant de talent, j'ai l'impression qu'on partage au moins les mêmes failles :
Sfar a écrit :Je ne me souviens plus de la signification de l'Éternel Retour chez Nietzsche. Je crois que ça veut dire que les phénomènes n'arrivent qu'une fois et qu'à ce titre, hors des fumeuses probabilités, cette fois où c'est advenu devient éternité.
Ce n'est pas de cet éternel retour là dont je souffre. Je suis malade d'une incapacité à tourner la page. Je ne sais rien oublier. Je suis à l'arrêt comme si j'étais écrabouillé par tout ces moments passés que je suis incapable de laisser filer. J'attends qu'ils reviennent. En réalité, je n'ai jamais su tourner la page sur rien.
Et celle-ci, qui résume bien ce qui me pousse à écrire, notamment sur FTS :
Sfar a écrit :[...] sans doute, le monde n'a aucun sens, mais échapper au nihilisme, c'est accepter comme auteur, de donner une signification à nos jours. Faire cela en auteur de feuilleton, ou plutôt en enquêteur hypothético-déductif : *cela changera peut-être de sens demain*
Créer une science de soi. En espérant que par cette nécessité d'écrire on atteindra le coeur de tous.
Et pourquoi pas, de l'être aimé. Je suis con. Elle ne me lira pas.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Courage le 16.10.19, 11h49 par Onmyoji
  • [+1] Courage le 16.10.19, 15h24 par The_PoP

MM XX x V

Bon... ce bilan de fin d'année, j'ai pas trop envie de l'écrire. Parce que la majeure partie de cette année a été pourrie, gâchée, alors qu'elle s'annonçait décisive sur plusieurs plans. Cette année, elle avait commencé trop bien, trop haut, avec une sensation de plénitude qui succédait au spleen de l'hiver dernier. L'aboutissement d'une relation forte, de l'amour, des voyages, des aventures et des projets à deux... et plus rien. Les oreilles qui sifflent. Du mépris ? Pas d'explication. Plus rien si ce n'est un arrière goût de trahison.

Et depuis, ce sentiment d'échec qui me colle aux pattes, c'est très désagréable. J'ai fait l'erreur de confier ma vie et mon bonheur à quelqu'un d'autre que moi, je ne la referai plus.

Deux ans après mon retour à la Grande Ville, je n'ai toujours pas trouvé la maison qui me conviendrait, les recherches n'ont fait que m'enfoncer un peu plus : le cycle abrutissant recherche > visite > réflexion > projection > offre > surenchère d'un autre acheteur / foirage de l'agent immobilier / changement d'avis du vendeur / etc. Il en va de l'immobilier comme des relations amoureuses, beaucoup d'intéressés, peu d'élus, pas de règles. C'est un univers que je découvre à peine et avec lequel j'ai déjà hâte d'en finir.

Et cerise sur le gâteau : mes derniers potes sans enfants vont rejoindre la paternité dans les mois qui viennent. Mon meilleur ami fait partie du lot. Plusieurs autres attendent le deuxième. A ce stade, je ne parviens plus à faire semblant de me réjouir. C'est un événement unique pour les futurs parents évidemment, mais difficile de ne pas voir la trame, la répétition, les différentes pressions. Je m'en foutais jusqu'il y a peu, mais l'étau se resserre. Je reconstitue un nouveau cercle d'amis plus jeunes, mais pas assez rapidement pour ne pas être confronté à une forme d'isolement.

Je parle de "sentiment d'échec" et pas d'échec parce qu'objectivement je n'ai pas tout foiré. En fait j'ai réussi à me maintenir à flot par des non-défaites, des petites victoires : je n'ai pas tout plaqué, je n'ai pas incendié mon ex, je n'ai pas sombré dans l'alcool, je n'ai même pas commencé à fumer pour de bon. La tentation était forte. J'aurais peut-être du céder à la rage et à la destruction, ça aurait été rock and roll. Et ça aurait été une perte de temps aussi. Et mon problème c'est bien le temps, je ne peux plus me permettre d'en perdre. Alors au final, une bonne partie de mon énergie est partie là-dedans : des ruminations et du damage-control.

J'ai réussi à me maintenir à flot, mais parfois je me demande si je n'ai pas juste sauvé les apparences. Les apparences sont trompeuses. Ces cheveux blancs, suis-je le seul à les voir ? La lutte a du bon malgré tout, j'ai perdu du gras, gagné un peu de muscle. Je suis peut-être en meilleure forme physique que je ne l'ai jamais été. Pourtant, dans le fond, je me sens vieux, aigri, vieux et gris. Je ne me reconnais plus.

Actuellement je n'ai plus le courage, la force de m'extraire de ma position de simple spectateur. Je ne suis pas resté inactif, il y a eu de bons moments, mais rien de brillant, de durablement chaud et vif pour percer la grisaille. Depuis plusieurs mois je suis passager, c'est la routine qui conduit. Ce n'est pas aussi déprimant que ça en a l'air, c'est juste... confortable ?
Quelques femmes se sont insérées dans cette routine, elles ont participé de plein gré à l'opération "sauvez Jalap" et seraient peut-être même bien restées un peu plus ; j'ai tellement bien donné le change. Mais je ne veux pas les utiliser, leur infliger le même traitement que celui que j'ai subi. Je ne vibre plus pour le moment, ni pour elles, ni pour personne d'ailleurs. Je ne peux pas les garder en attendant (d'aller) mieux. Nina est partie en vacances pour trois semaines, je lui ai donc dit que ce serait mieux qu'on en profite pour arrêter. Officiellement c'est pour rester sur une note positive. Mais c'est surtout pour ne pas céder à la tentation de lui mentir, de lui dire que ce qu'elle a envie d'entendre pour la garder auprès de moi.

35 ans, bientôt 36, bientôt 40, locataire, célibataire et sans enfant. Mis en échec par la norme. Mais le véritable échec est ailleurs, c'est celui d'avoir fini par accepter de jouer selon ces règles-là, tout simplement parce que je n'ai plus les ressources ni les appuis pour en imaginer d'autres.

J'ai longtemps vécu dans un monde parallèle où je pouvais combiner indépendance, job stable, partenaires multiples, fêtes, voyages. Le regard de certains de mes proches : condescendant et envieux. On m'a souvent donné une dizaine d'années de moins, considéré comme un grand naïf... on m'a rarement pris au sérieux. Je râlais un peu, mais dans le fond, ça me plaisait. J'avais dans mes cartons un essai intitulée "Cet adulte que je ne serai jamais". J'y traitais de mon aversion à la norme, de sa morbidité latente, je faisais l'éloge de la légèreté, de la possibilité d'être libre, léger ET responsable. Ce n'était pas l’œuvre d'un ado attardé, j'esquissais le portrait de l'homme que je pensais être... Ce monde et cet homme existent toujours là-bas, quelque part, le problème c'est qu'ils sont figés et que les temps ont changé. Je ne parviens plus à les faire évoluer, à les modeler selon mes envies et mes besoins actuels.



Mon challenge pour 2020, ça va être de débloquer tout ça, de retrouver une voie dont je n'ai aucune idée à l'heure actuelle. Une certitude : je dois m'arracher, quitter cette routine douce-amère, la Grande Ville, au moins pour un temps.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Ça va aller le 26.12.19, 11h08 par Onmyoji
  • [+1] Courage le 26.12.19, 23h43 par The_PoP

Ne pas vouloir être dans la norme, c'est se définir par contradiction.
C'est tout sauf constructif et c'est ce qui te piège aujourd'hui (peut-être aussi sur le plan immobilier).
J'ai longtemps eu le même problème: savoir ce que l'on ne veut pas, ce n'est pas savoir ce que l'on veut.
à un moment, faut savoir admettre que les bornes évoluent pour nous (et que c'est sain, parce que draguer des nanas qui ont 18 ans quand tu en as 25 passe encore, mais quand tu en as 40 très souvent ça craint)
Et tu sais, autant je déteste la norme pour ses bornes ridicules et ses a priori étriqués, autant il y a un fond de vérité dans ce que jeunes comme vieux pensent des adeptes du jeunisme et autres "hors-normes", qui se voient meilleurs parce que "pas des moutons": c'est un peu la lose aussi.
Parce que souvent, ce n'est qu'une échappatoire pour se bercer d'illusions et se dire qu'on est juste différent et pas "un loser parce qu'on a rien construit (selon les normes de la société)"
Je ne dis pas que c'est ce qui se passe avec toi, mais fais attention à savoir plutôt ce que tu veux au fond qu'à savoir ce que tu veux paraître.
Pour le reste, c'est une bonne chose de redevenir indépendant amoureusement, mais laisse aussi les gens être responsables pour eux, tant que toi, tu es en accord avec toi-même, et que tu ne leur mens pas.
On ne peut, on ne doit, empêcher les gens de faire leurs propres erreurs. C'est une vérité qui m'apparait aujourd'hui comme fondamentale: si tu vas à son encontre, souvent, les gens n'ont pas de gratitude, alors que tu es bien intentionné. Ils préfèrent l'illusion.
Bien sûr ça n'est plus d'actualité vu que tu n'es pas d'humeur, mais je pense que c'est une autre condition à pouvoir "retrouver ta légèreté".
Pour le fait de combiner ton job et des voyages et une vie animée, il y a quelque chose qui te bloque à part l'envie?
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Pour être plus précis (parce que j'ai l'impression qu'une partie de ton message s'adresse à quelqu'un d'autre) : je ne me positionne pas (ou plus) en opposition à la norme, c'est une simple constatation. Dans mon cercle social en tout cas : passé 30 ans, l'immense majorité de mes proches sont en couple, ont des enfants et un appart ou une maison. Ou au minimum un de ces trois achievements.
Je ne porte pas de jugement là dessus, enfin j'essaye de ne pas le faire, mais un autre constat c'est qu'il en découle une forme d'exclusion qui est assez violente (tout est relatif hein, ça reste des "problèmes de riches"), d'autant plus qu'elle provient de gens qui me sont chers.

faut savoir admettre que les bornes évoluent pour nous
Tout à fait, c'est ce dont je parlais plus haut, ne pas rester coincé dans une posture obsolète.

Pour le reste, c'est une bonne chose de redevenir indépendant amoureusement, mais laisse aussi les gens être responsables pour eux, tant que toi, tu es en accord avec toi-même, et que tu ne leur mens pas.
On ne peut, on ne doit, empêcher les gens de faire leurs propres erreurs. C'est une vérité qui m'apparait aujourd'hui comme fondamentale: si tu vas à son encontre, souvent, les gens n'ont pas de gratitude, alors que tu es bien intentionné. Ils préfèrent l'illusion.
Bien évidemment, les gens préfèrent l'illusion. Il arrive aussi que la situation ne soit pas claire, qu'on décide d'essayer / de continuer, au risque de faire une erreur. Et c'est sain, tant que le doute est réel et partagé.
Mais parfois, souvent en fait, le doute, l'illusion ne se situe que d'un seul côté. Dans ce cas, prendre ses responsabilités, c'est faire le choix de briser cette illusion, au minimum de ne pas l'entretenir. En disant la vérité tout simplement, une vérité qui n'est pas agréable ni à dire, ni à entendre : tu es amoureuse et je ne le suis pas/plus. Et évidemment, on ne récolte pas de gratitude de cette façon là, juste la satisfaction d'être en accord avec soi-même. On en revient toujours à cette notion de responsabilité, forke ici ou dans un nouveau post si tu veux continuer à en discuter...

Pour le fait de combiner ton job et des voyages et une vie animée, il y a quelque chose qui te bloque à part l'envie?
Non. Comme je le disais je dois "simplement" retrouver la force nécessaire pour sortir de ma - relative - inertie. Peut-être racheter une caisse aussi...

Salut Jalap’,

A mon humble avis de mec de 32 ans casé avec projet couple mariage maison gosse en route tu te mets des barrières tout seul.

Quelques constats :
- Tu as 35 ans. Pas 55. Encore heureux que tu aies largement le temps de construire ces projets là si l’envie en deviens réelle, durable et concrète.
- L’immobilier je suis en plein dedans. Être proprio avec un joli crédit sur les bras n’est pas la panacée que l’on fantasme. Il ne faut jamais occulté le coût réel en liberté que cela implique.
- les potes qui se casent et font des gosses, on a tous connu ça. La vérité c’est que toi seul peut décider de t’isoler de ces gens qui ont nécessairement aussi besoin de liens sociaux et pour qui ton amitié compte forcément. En vrai j’ai été de ce côté là, car pas mal de mes potes sont passés par la case couple ou enfant avant moi. Et puis aujourd’hui je suis de l’autre côté car certains de mes potes sont redevenus célibataires et moi je suis dans cette période là. Dans les deux cas ce qui éloigne c’est pas la différence dans ce que l’on vit : c’est le jugement, la jalousie, la peur, l’intolérance. Et c’est humain hein je juge pas.
- concernant tes envies et tes aspirations : ben t’as le droit de t’être trompé. T’as le droit de changer d’avis. T’as le droit d’aspirer à des choses différentes après tes expérience sans te renier.

En fin de compte je trouve beaucoup de choses liées aux autres, à l’interprétation de leurs situations, de leurs jugements, de leurs attentes dans tes réflexions. Beaucoup de comparaison aussi.

Hors sincèrement je pense que c’est une impasse. Tu compares ta situation à celle de tes potes. Mais tu ne le fais qu’à l’instant t. Hors rien dans leur situation actuelle ne préjuge de leur situation dans un an. Ni de la tienne.

Bref. Une comparaison sur l’instant ne peut que te rendre dépressif.
Ce qui compte c’est ce que tu construis, comment tu t’es construis, ce à quoi tu accordes de la valeur et dans quelle direction tu comptes tourner tes efforts.

Mais ça tu le sais déjà que finalement ça va plutôt très bien et qu’il faut d’abord que tu te ressortes les doigts du cul et que tu recommences à y croire. Quitte à abandonner certains idéaux qui ne te correspondent plus au passage. C’est aussi ça vieillir :)

Dernier point de mon post moralisateur à deux sous du soir (et tu me pardonnera je l’espère si je ne suis pas pertinent c’est tard et j’ai trop mangé depuis 2 jours) : T’en fais trop pour ton ex. Tu en fait l’histoire avec la femme de ta vie, et le symbole d’un train en marche que tu n’aurais pas su prendre.

Sauf qu’en fait t’es en gare dans une grande ville, que des trains il y en a toutes les demis heures, et que t’as encore bien assez de temps pour envisager de rencontrer celle ou celles qui seront les femmes de ta vie. Voir même te tromper 3-4 fois. L’erreur c’est juste d’arrêter d’y croire.


Courage Jalap’ l’heure n’est pas aux bilans au vitriol.
T’as 35 ans.
Une belle situation.
Un physique et une santé au top.
Des amis.
Des facilités certaines avec les gonzesses.

Sans dec’ il te faut quoi de plus pour te donner envie d’y croire ?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] 100% d'accord le 26.12.19, 23h53 par voucny
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

Sans dec’ il te faut quoi de plus pour te donner envie d’y croire ?
Haha, OK coach, merci pour le post moralisateur à deux sous :D
Je mettrai ça sur le compte de la raclette, comme tu le suggères... Et c'est en réponse à un post "caliméro", alors fair enough.

Objectivement, la situation n'est pas si dramatique, on est d'accord.
Et bien sur, l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs.
T’en fais trop pour ton ex. Tu en fait l’histoire avec la femme de ta vie, et le symbole d’un train en marche que tu n’aurais pas su prendre. Sauf qu’en fait t’es en gare dans une grande ville, que des trains il y en a toutes les demis heures [...]
Mouais... je suis dans une phase "je trouverai jamais mieux" donc ça ne me parle qu'à moitié, mais bien entendu dans le fond tu as raison. Le problème c'est que j'en ai un peu ma claque de la ville et qu'il y a beaucoup moins de trains à la campagne, comme j'ai déjà pu le constater... Toujours le même dilemme, le beurre et l'argent du beurre :mrgreen:

Comme ces réflexions englobent plusieurs choses, je précise que le fond du problème c'est surtout le décalage entre mes projets à moyen/long terme et les résultats à l'heure actuelle. Ma frustration vient surtout de là, et elle est amplifiée par le contexte un peu pourri dans lequel j'évolue. Il y a aussi des comparaisons inévitables avec ce que j'ai déjà eu et que je n'ai plus.
Enfin voilà, c'est toujours le même bordel et j'ai l'impression de tourner en rond.
Mais le positif arrive, je vais aller le chercher. J'y reviendrai dans un autre post, j'avais juste besoin de cracher un peu de bile et de me plaindre :mrgreen:

T’aurais pas intérêt à mettre tes projets à moyen/longe terme ici par écrit ?

Histoire de tracer ensuite ta route vers leur réalisation et vérifier au passage que ces projets forment un tout cohérent ?
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

Oui, j'en avais déjà un peu parlé au début de ce journal. Sans trop rentrer dans les détails, j'ai deux "grands" projets à moyen-long terme :
  • combiner ma passion pour le maraîchage et un investissement financier dans un achat immobilier
  • rencontrer une femme avec laquelle je pourrais démarrer une relation longue durée (et peut-être avoir un ou deux enfants dans un second temps, mais ce n'est pas LA priorité à l'heure actuelle)
Le premier est très matériel, le second beaucoup moins, mais le tout me parait cohérent :wink:

Vu le contexte, j'ai du annuler mes vacances. J'en profite pour mettre à jour ce journal avec un FR un peu exotique que je voulais écrire depuis un moment. J'espère qu'il vous changera un peu les idées. Stay safe.

Sophia, पोखरा (Nepal), 2018

Ben et Jon, les deux américains qui m'avaient accompagnés ces derniers jours alors que nous crapahutions dans les montagnes viennent de partir. Je me retrouve à nouveau seul dans cette petite ville au milieu du Népal, qui est essentiellement un parc d'attraction pour backpackers. Il y a des hostels et des restaurants à tous les coin de rue. Et une quantité non-négligeable de néo-hippies.

J'avais prévu d'enchaîner rapidement sur Kathmandou mais avant de rejoindre une des villes les plus polluées du monde, j'ai un petit coup de blues, j'ai envie de m'attarder encore un peu dans cette magnifique région. J’atterris donc dans une énième auberge de jeunesse qui m'a été recommandée par mes compagnons de route. Le soleil brille, dans la cour, un hamac, une table de billard, quelques mecs aux cheveux plus ou moins longs. Attablée, une jeune fille est plongée dans ses pensées devant son ordinateur. Alors que je marche vers mon dortoir, nos regards se croisent. Après quelques semaines de voyage, on passe facilement en mode "hyper-sociable", on ne se demande plus si on doit aborder, ni même s'il s'agit d'un abordage d'ailleurs. Dans ce contexte, tout est naturel. "Hey! What are you writing ?". On discute une dizaine de minutes, elle est dans cet hostel depuis une semaine et connaît déjà un peu tout le monde. Elle est allemande, dans un anglais un peu rudimentaire elle m'explique qu'elle fait un tour du monde, qu'elle tient un blog, la routine habituelle. On se présente au passage, elle s'appelle Sophia. Elle a 27 ans, petite, bien roulée, les cheveux très bruns et les yeux très bleus.
On se recroisera quelques fois ce jour-là, toujours en échangeant quelques phrases, une blague, un sourire.

Je discute aussi avec les autres mecs de l'auberge. Dont Mike, un australien qui s'est mis en tête de devenir maître-yogi. Le lendemain il me dit "there's a full moon party tomorrow, you should come". En fait de "full moon party" j'apprends qu'il s'agit plutôt d'un week-end complet avec des ateliers en tout genre qui vont du A de acro-yoga au S de sufi-dance en passant par le M de macrame...

Je recroise Sophia un peu plus tard et je lui passe le mot, je lui propose de rejoindre la bande, elle est super-emballée évidemment. On se rend donc ensemble à la guest-house qui est à une demi-heure de marche de la ville. Le soleil tape déjà bien, on discute sur le sentier rocailleux qui longe la route. Je lui demande un peu comment se passe sa vie en Allemagne, qu'est ce qui l'a poussé à prendre la route. Elle me parle un peu de sa relation avec son copain : "it's a little bit weird and complicated... have you heard about polyamory?". Je souris : pour une fois que ce n'est pas moi qui met le sujet sur le tapis. Je réalise aussi à quelle point elle est timide et peu confiante. Ce voyage c'est aussi une occasion pour elle de travailler là-dessus.
On arrive enfin dans ce haut-lieu propice à l'illumination et surtout à la divagation. Je papillonne, discute avec des gens plus ou moins perchés, l'ambiance est au beau fixe. Pour vous faire le topo, une petite photo vaut mieux qu'une longue description :
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Au cours de la journée, Sophia reste à proximité, répond positivement quand je lui propose de partager l'un ou l'autre atelier. Ça me surprend toujours un peu mais ma naïveté a ses limites. Je sais que c'est game on. Le principal problème est logistique. Je pars dans deux jours et je dors dans un dortoir peu propice aux ébats. Comment faire avancer les choses rapidement tout en restant discret ? Quelques joints et un veg' noodles plus tard, j'ai un début de solution.

La nuit tombe rapidement, Sophia me dit qu'elle est enchantée par cette journée, moi aussi. On rentre à l'auberge en tout bien tout honneur et on discute du "Sunday Movie". Car oui, cette petite ville de province dispose de son propre cinéma en plein air, il est même assez célèbre dans le coin. Le risque c'est la pluie, et pour le moment la météo est imprévisible. Après cette journée sportive, je m'écroule dans mon lit superposé et je me réveille comme une fleur au petit matin. Damn, pas de trace de Sophia. Je check avec Mike, il ne l'a pas vu non plus. Pas grave, le week-end continue et je retourne à la guest-house. Et la pluie se met à tomber. Des trombes d'eau plus exactement. Je m'abrite, rejoint un groupe de chiliennes qui se tiennent au chaud sous la chaume (tu l'as vue ma grosse allitération ?). Alors qu'on discute en partageant du maté, Sophia débarque de nulle part. Son t-shirt trempé ne laisse plus grand chose à l'imagination. Je la réchauffe un peu, l'intègre dans le reste du groupe. Évidemment tout est annulé et il va bien falloir se résigner à rentrer à l'auberge de jeunesse.

Coup de bol sur le chemin du retour, la pluie cesse aussi brutalement qu'elle avait commencée. Je peux donc mettre mon plan à exécution... et relancer Sophia pour le cinéma. La séance est dans une heure mais je dois faire un crochet par le lavoir, récupérer mes fringues avant qu'il ne ferme. Évidemment ma lessive est détrempée et évidemment, la tenancière de la boutique me tient la jambe : elle a une fille qu'il faudrait absolument que je rencontre, ce serait pas mal si je pouvais l'épouser au passage. J'embarque le tout (sauf la petite népalaise qui me faisait les yeux doux) et me précipite vers l'hostel, histoire de boucler mon sac (mon bus part à 6h du mat le lendemain).

Je reçois un message de Sophia : elle est déjà en route pour le film. Je trace et je la rejoins tout suant dans le petit amphithéâtre qui sert de cinéma. On commande des bières, Sophia tient absolument à faire quelques selfies avec ma vieille gueule de hippie barbu ; le doute n'est plus permis, il va se passer quelque chose ce soir. La nuit tombe, le film commence. Les népalais sont assez pudiques, je ne sais pas trop ce qui acceptable publiquement dans ce genre de lieu public. Les quelques couples présents sont en tous cas très sages. Désinvolte, je pose ma main sur sa jambe, elle s'en saisit et se rapproche un peu plus. Assez rapidement, nos lèvres se rejoignent discrètement dans la pénombre et c'est finalement moi qui doit la retenir... Les deux grandes bières qu'elle s'est enfilée l'ont totalement désinhibé :D

Après un temps interminable passé à se chauffer, le film se termine et on rentre à l'auberge. Il est tard et il faut la jouer finement. Le réceptionniste de l'hostel fait du gringue à ma nouvelle conquête depuis qu'elle est arrivée... et elle devra encore se le coltiner durant quelques jours après mon départ. Je négocie donc une chambre privative en prétextant un besoin urgent de repos avant mon départ matinal. Je déménage mes affaires, faits mes adieux à mes camarades de chambrée. Ce changement de chambre, c'est aussi quitter le monde du backpacker low-budget pour rejoindre celui de touriste propret. Et effectivement je n'avais plus vu un tel luxe depuis des semaines, un lit double, des fenêtres, il y a même un ventilateur ! Comme prévu, Sophia me rejoins une dizaine de minute plus tard. A ce stade, il n'y a pas grand chose à ajouter ; la température déjà bien trop élevée depuis plusieurs heures ne retombera pas sous la moustiquaire qui fait office de baldaquins. Entre deux rounds, on causera relations, BDSM et suite du voyage. Quand on ouvre la fenêtre, on entend Mike qui joue de la guitare à quelques mètres à peine...

Je ferme les yeux, le petit matin arrive quelques secondes plus tard. Une douche, j'embrasse Sophia. Épuisée, elle me dit qu'elle rejoindra sa piaule plus tard. J'embarque mon sac à dos, un dernier regard sur ses fesses rebondies et je décolle. Je salue le réceptionniste au passage, elle s'arrangera avec lui...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Cool le 16.03.20, 19h21 par The_PoP
  • [+1] Sympa :) le 17.03.20, 08h58 par Perlambre
  • [+3] Parfait le 25.03.22, 14h51 par FK

der Klub 27

Quand on multiplie les relations, il est difficile de ne pas y voir des répétitions, des connexions, des motifs. De là à se raconter des histoires, voire à raconter des hisoires tout court, il en faut peu.
Il en va ainsi de mon "Klub 27". Un trio d'allemandes de 27 ans rencontrées à quelques mois d'intervalle. Bon, contrairement à Janis ou Amy, elles passeront sans problèmes le cap dans 27 bougies, rassurez-vous :mrgreen:

Cette série amorcée en 2018 avec Sophia, puis en 2019 avec Judith (dont j'ai déjà parlé un peu plus haut dans ce journal) s'est donc poursuivie avec Victoria début 2020. Pas grand chose à en dire, j'ai appliqué mon game-plan habituel : abordage sur OkCupid rapidement suivie d'une rencontre dans un café. Conclusion chez moi autour d'un thé. Un détail important quand même, parce que ça reste une exception pour moi : tout s'est déroulé sans une goutte d'alcool... On pas mal d'intérêts communs, elle est très posée et réfléchie. On s'est revu durant un mois, avant qu'elle ne reparte pour 3 mois à l'étranger (ça aussi, ça fait malheureusement partie du pattern).

Nina (fin... ou presque)

J'ai aussi revu Nina fin février. Après ses vacances, on avait prévu d'aller boire (au moins) un verre pour se donner des nouvelles... mais quelque chose ne tournait pas rond. J'ai toujours mis un point d'honneur à communiquer clairement avec elle, je lui avais dit plusieurs fois que je comprendrais qu'elle ne souhaite plus me revoir (c'est moi qui souhaitait arrêter la relation avant qu'on se retrouve acculé par son départ). Et pourtant elle maintenait son envie de me revoir tout en repoussant la rencontre indéfiniment. Après un mois de ce jeu là, j'ai fini par lui téléphoner pour fixer une date définitive, et éventuellement la confronter sur ce qui me semblait être un détestable curving. Et là, miracle, on a pu se voir le soir-même.
Son objectif est toujours de rentrer chez elle, elle a revendu son appart et devrait quitter son boulot d'ici l'été. Elle est toujours en relation avec le mec qu'elle avait rencontré il y a quelques mois, ce qui la mettait de fait dans une configuration polyamoureuse. Suite à ma séparation avec elle, les voilà dans une relation monogame plus classique... Si ce n'est qu'il ne la suivra sans doute pas à l'étranger, que l'horloge biologique de Nina tourne à toute vitesse et qu'elle aime bien flirter. J'ai l'impression qu'elle a un peu ouvert la boîte de Pandore en découvrant le polyamour.
On était un peu bourrés en fin de soirée, la chimie est toujours là, on a frôlé la rechute... et puis finalement elle a mis ses limites, ce qui est très bien aussi.
La page est presque tournée. C'est une des rares filles avec laquelle je souhaiterais rester en contact à distance, non seulement parce que c'était une rencontre marquante, une relation de 6 mois, mais aussi parce que je suis curieux de voir comment sa situation va évoluer.


C'est un bien étrange alignement qui est survenu quasiment en même temps que le confinement.

J'ai visité un appartement qui correspondait à la plupart de mes critères début février. Comme d'habitude, de nombreux amateurs, particuliers et professionnels se bousculent au portillon. J'ai retenu la leçon, cette fois je ne tergiverse pas, j'ai tout préparé en amont et je remet mon offre immédiatement après la visite. Mais une fois de plus, un investisseur me coupe l'herbe sous le pied. Il se propose de racheter l'ensemble de l'immeuble, l'affaire me passe une nouvelle fois sous le nez.
Si ce n'est que... le vendeur me rappelle une semaine plus tard : l'investisseur s'est désisté. La chance me sourit enfin.
A partir de là, tout va très vite : le vendeur est lui aussi dans l'immobilier, il a les dents longues et il est pressé. La vente doit avoir lieu avant le 20 avril ou elle est annulée. Je vous passe les détails mais le dossier est complexe et menace de se casser la gueule à tout moment, entre les notaires, la banque et le Corona qui vient encore compliquer les choses. Quasiment annulée à la dernière minute, la vente aura finalement lieu, avec les mesures de sécurité de circonstance.
Alors bien sur, les réjouissances sont atténuées par le contexte actuel mais ça y est, je suis propriétaire ! Après le départ du locataire actuel il y aura encore pas mal de travaux à faire, je suis donc encore loin de pouvoir y emménager. Il reste un bon nombre de démarches à faire mais on peut en tous cas dire qu'une étape cruciale de ce projet immobilier vient d'être franchie.

Grace

L'autre clin d’œil du destin, c'est la rencontre de Grace début mars. Ce n'est pas follement original puisqu'il s'agit d'un énième rendez-vous OkCupid et de la routine que j'avais déjà pas mal pratiqué ces derniers mois (enfin, elle m'a quand même fait patienter jusqu'au deuxième rendez-vous pour qu'on couche ensemble). C'est une petite meuf mignonne et intéressante. Elle ne tient pas du tout l'alcool mais elle a plein d'autres qualités. Depuis le début, on discute énormément et très honnêtement. Il n'y a pas beaucoup de magie, surtout une confiance réciproque : on joue carte sur table. Elle a plein d'énergie, le sexe est cool. Mais je n'étais pas certain que ça durerait, pas de coup de foudre de mon côté. Elle a mon âge et veut des gosses dans les années qui viennent, je n'avais pas envie de lui faire perdre son temps à tergiverser. Je lui rappelle son ex, elle me rappelle certaines de mes insécurités. On s'est demandé s'il était sain de continuer dans ces conditions.
Et puis comme tout le monde, le confinement nous est tombé sur la gueule. Je ne l'ai pas pris très au sérieux au début et puis il est devenu de plus en plus clair que ça durerait, qu'il faudra s'organiser et qu'avoir un peu de réconfort durant cette période ne sera pas du luxe.
On s'est demandé s'il était sain de rompre alors que le monde était sur le point de s'effondrer.

Et pendant que nous posions toutes ces questions, un semblant de vie de couple s'est installé. On vit toujours séparément, à quelques kilomètres de vélo l'un de l'autre, mais on s'est engagé explicitement dans une relation exclusive... pas difficile me direz-vous, puisque ce foutu virus rend plus monogame et fidèle que n'importe quelle MST. Et très casanier évidemment. Nous faisons tous les deux parties des privilégiés qui continuent à bosser à domicile, qui ont un toit (well... deux maintenant, je suis un vrai bourgeois !) et une bonne santé. Jusqu'ici, en dehors du boulot, ça ressemble plus à des vacances post-apocalyptiques : cuisine healthy, soirée film, promenade en vélo, et quelques parties de jambe en l'air tranquillou... c'est pas du tout rock'n roll, ni ma conception d'une relation passionnée et passionnante mais j'en profite au maximum ; mon côté pessimiste me dit que le plus dur reste à venir.

On a conscience qu'il ne s'agit pas de la "vraie vie", mais que sera la "vraie vie" après ça ? Avec au pire une bonne grosse crise sanitaire, sociale et économique... et au mieux la "vie d'avant" avec un masque, les petites et grosses emmerdes, le taf, les sorties, la famille, les amis, la jalousie.

Souvenir de la vie d'avant
FR - Bonus (dans le bus)

Je devais causer business avec mon banquier, je m'étais donc sapé en yuppie pour l'occasion. Costume, Richelieu, la totale.
Le rendez-vous se passe bien et dans le bus du retour, mon regard s'attarde sur une jeune femme assise à quelques mètres de moi. Emmitouflée dans une de ces écharpes kilométriques, elle a l'air épuisée, mignonne ceci dit malgré ses quelques cernes.
Son regard dérive, j'ai l'impression qu'il s'arrête un instant sur moi et cet instant me suffit pour m'imaginer une suite éventuelle.
Je la profile rapidement sur base de ses vêtements, de l'heure et de la ligne de bus sur laquelle on se trouve : française, probablement indépendante vu qu'à cette heure-ci les employés sont au bureau, elle a une vibe artistique et l'air visiblement préoccupée. A part ça, c'est ma came.
Je cherche une accroche, un truc pour essayer de l'aborder. Mais je suis rouillé, il y a du monde entre nous, la situation ne s'y prête pas, peur de la déranger, etc. Je me donne une contrainte : si elle descend au même arrêt que moi, je l'aborde d'office. Je ne prends pas de grand risque, mon arrêt n'est pas des plus fréquentés.
Je continue à l'observer du coin de l'oeil. Elle somnole, se remmitoufle, change de position. Mon arrêt se rapproche. La place devant la mienne s'est libéré à l'arrêt précédent. Elle se lève, je me dis "elle part, c'est mort". Au lieu de ça elle s'assied juste devant moi et sort un livre. Game ON!

La position n'est pas idéale pour démarrer la conversation, je me décale légèrement pour entrer dans son champ de vision. Avant qu'elle ne se plonge dans son bouquin, et avec tout le naturel dont je suis capable, je lui balance un bon vieux "tu lis quoi ?". Elle n'a pas l'air surprise, elle se retourne et me montre la couverture en souriant.
Elle lit un livre sur les sorcières. Pas celles de Disney, les féministes qui se considèrent comme telles. Je prends le sujet à moitié au sérieux, ça tombe bien, elle aussi. Coup de bol, le bus se traîne dans le trafic mais mon arrêt se rapproche inexorablement. Alors que j'envisageais de descendre plus loin pour poursuivre la conversation, je réalise qu'on sort au même arrêt. La conversation se poursuit, la plupart de mes déductions étaient juste, elle se rend d'ailleurs à son atelier.
Elle est encore plus jolie que prévu, ce qu'elle dévoile de sa personnalité me plaît, je suis sous le charme, mais elle doit partir. Vu le contexte et ce que j'ai perçu comme signe d'intérêt, j'y vais direct : "ça me ferait plaisir de te revoir".
Ses joues rosissent, elle sourit, on se comprend bien sur ce que "se revoir" signifie.
Et malheureusement ma dernière déduction se vérifie également quand elle me répond : "en fait pour être honnête, ma vie est compliquée pour le moment, j'ai plein de trucs à régler...". Au moins ça change du traditionnel "j'ai un copain"...
Un peu dégoûté quand même, je la joue imperturbable : "ah ok, on se recroisera sans doute". Et sur le moment j'y crois. Je lui fais une bise et je rentre chez moi en sifflotant. L'air est frais mais il y a un je ne sais quoi de printanier. Le moteur redémarre en crachotant, ma bonne humeur à peine entachée par un ou deux "si". Si au moins je lui avais laissé mon numéro... Si jamais elle avait changé d'avis...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Cool le 05.07.20, 23h13 par Safrania95

Coucou Jalap',
Pourquoi écrire dans la foulée une rencontre fortuite d'avant et la relation que tu mènes aujourd'hui ?

Salut Perle,
Coïncidence ? Il n'y a pas vraiment de lien avec les autres rencontres en ligne. C'est peut-être ça qui est intéressant tu me diras.
Cette rencontre fortuite c'était un abordage "old school" tel que je n'en avais plus fait depuis des années. J'avais envie d'en garder une trace, parce qu'elle m'a aussi remis le pied à l'étrier quelque part.

Qui sait Jalap’ tu découvriras peut être des vertus que tu ignores aux relations simples, faciles et réciproques :)
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

The_PoP a écrit :
26.05.20
Qui sait Jalap’ tu découvriras peut être des vertus que tu ignores aux relations simples, faciles et réciproques :)
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Exigences

J'ai largué Grace.
Pour plusieurs raisons.
Le déclencheur a été le fossé qui se creusait entre-nous.
Le confinement a fait qu'on passait beaucoup de temps ensemble. Le déconfinement a marqué la fin de cette période un peu "fusionnelle" (enfin tout est relatif, on se voyait environ un jour sur deux) et le décalage entre son attachement et le mien. Elle voulait qu'on continue à se voir au même rythme et je me suis rendu compte que c'était impossible pour moi. D'une part parce que j'ai repris la plupart de mes activités (m'occuper de tout ce qui était resté en parenthèse pendant 3 mois, à commencer par ma famille et mes amis). D'autre part parce que je ne m'étais pas autant attaché qu'elle. Elle était en train de tomber amoureuse et pas moi. Et plus le temps passait, plus je la trouvais collante. Plus elle insistait, plus je me détachais.
Le deuxième point de friction c'était le sexe. Elle avait peu d'expérience dans le domaine. Si pour elle c'était génial, le côté "vanille" commençait à me lasser. On en avait pas mal discuté aussi, je voyais peu d'évolution possible dans ce domaine.

A côté de ça, elle cochait beaucoup d'autres cases. Elle était assez loin en terme de développement personnel et la communication avec elle était excellente. Elle m'a fait confiance, s'est montré ouverte et vulnérable avec moi. Mettre un terme à tout ça a été assez difficile.
J'ai pris quelques jours pour réfléchir. Je me suis projeté avec elle dans quelques mois / années : une relation fonctionnelle certes, mais sans passion. Ça m'a fait flipper. Ça et ce putain de tic-tac, qui m'obsède encore. Ne pas perdre mon temps, ne pas perdre le sien.
Bref, j'ai essayé durant 4 mois, le feeling n'était plus là. La décision était unilatérale : je lui ai expliqué mes raisons - enfin ce qui était constructif, ce qu'elle pouvait entendre. Son point de vue était qu'une relation saine et fonctionnelle, c'était déjà beaucoup. Le mien c'est que ça ne valait rien sans l'amour qui vous prend au tripes et qui vous retourne. Elle m'a renvoyé dans les cordes en me disant que j'avais la trouille et que je ne voulais pas faire d'effort. Ce n'était pas complètement vrai, mais pas complètement faux non plus.

Pop, pour rebondir sur ce que tu disais sur les relations simples, faciles et réciproques :
La relation avec Grace était effectivement "simple et facile". Pas dans le sens "tout va bien", mais on parvenait à discuter de nos problèmes sans clash, de façon mature et directe. Psychologiquement elle était bien outillée, rien à redire là-dessus. Mais les sentiments n'étaient malheureusement pas réciproques.
En fait, comme tu avais mis le doigt dessus : je ne parviens pas à me contenter d'une relation "simple et facile". Pas d'un "début de relation simple et facile" en tous cas. Je sais d'expérience qu'une relation évolue et que le démarrage fulgurant ne dure qu'un temps. Mais j'ai besoin de cette passion pour franchir le pas, je ne peux pas envisager de maintenir une relation qui ne serait que "simple et facile", c'est un tue-l-amour pour moi.

En faisant l'amalgame entre "simple et facile" et "tiède", je sais que je me piège moi-même. Le corollaire de cette croyance, c'est qu’une relation brûlante, passionnée doit nécessairement être compliquée. Et effectivement, par le passé les filles dont je suis tombé amoureux étaient inaccessibles, géographiquement ou émotionnellement. CQFD.

Quand je regarde autour de moi, je vois une majorité d'hommes qui se contentent d'une relation "simple et facile". Beaucoup sont déjà satisfait à partir du moment où ils rencontrent quelqu'un qui accepte de coucher / vivre avec eux. La plupart d'entre eux sont d'ailleurs restés avec la première ou deuxième personne avec qui ils/elles ont couché. En réalité, c'est un choix "simple et facile", mais la relation qui en découle est bien souvent foireuse, car basée sur la peur d'être seul. Alors oui, ils sont dans un couple stable, du moins en apparence (on associe souvent un couple longue durée à un couple soudé). Quand on creuse un peu les dynamiques derrière sont pourries. Frustration, laisser aller, vie sexuelle inexistante... ça se traduit souvent par un des partenaires qui se défoule sur l'autre (le rabaisse en public, quand ce n'est pas de la violence verbale ou physique).

Comme je le disais plus haut, je crains de tomber dans un autre extrême en devenant trop exigeant. J'ai connu des relations amoureuses et sexuelles passionnées, j'ai connu des filles matures et équilibrées. Je suis à la recherche d'une combinaison des deux, c'est un idéal à mi-chemin entre romantisme et pragmatisme. Mais où s'arrête la quête ? Les exemples de relations réussies - selon mes critères - sont rares, mais elle me laissent espérer que c'est possible. Ou plutôt d'un juste milieu qui serait différent d'une relation tiède. Et pour moi, cela reste à inventer, du moins à découvrir.

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    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 23.08.20, 20h35 par Allandrightnow
  • [+1] Intéressant le 24.08.20, 01h25 par Perlambre

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