J'ai des questions pour vous... et pour moi aussi

Note : 15

le 14.02.2020 par Alniyat

21 réponses / Dernière par Alniyat le 21.03.2020, 19h55

La vie est faite de virages, d'obstacles à surmonter, d'audace, de surprises et de rencontres décisives. Racontez votre histoire, entrez dans la légende; partagez vos cheminements, vos interrogations, vos rencontres, vos aventures - foirées ou réussies, c'est pas le plus important - et recevez les avis et conseils des autres membres.
Salut tout le monde,


Je poste dans la partie "journaux" - parce qu'il se peut que je rajoute des détails biographiques par la suite.

En gros : je suis une femme qui peut avoir de très gros problèmes avec les situations où il s'agit de séduire/plaire/être féminine/être sûre de son charme/être confiante en soi/attirer les "bonnes" personnes [= les personnes que je semble attirer sur le plan sexuel/sentimental ne me correspondent pas du tout, et celles qui me plairaient ne me "voient" pas ou sont convaincues de notre non-compatibilité] etc.
Je sais que, de base, j'ai des choses importantes à régler avec moi-même. Je bosse dessus. Et j'ai avancé/je continue à avancer seulement il y a, dans mon cas, BEAUCOUP de choses à régler et la ligne d'arrivée (s'il y en a une) est encore hyper loin.

Mes questions prioritaires, pour ceux qui n'auraient pas envie de se taper la suite de mon descriptif, de ma bio, etc. :

1) Est-ce que vous êtes parvenus à vous aimer vous-mêmes alors qu'au départ c'était pas du tout le cas ? Comment ? Quelles étapes, quels outils, quels remèdes, quel chemin... etc. ? Et qu’est-ce qui faisait que vous ne vous aimiez pas (que ce soit au physique, au moral...) ?
Ce qui m'intéresse ce ne sont pas tant des outils théoriques que VOTRE histoire et VOS solutions pour vous-mêmes (des outils théoriques on peut en trouver sur le Net ou ailleurs, et je ne snobe pas ça, mais vos « cas pratiques » me passionneraient davantage).

Je galère à être en paix avec moi-même et il est clair qu’une personne qui ne s’aime pas, voire se méprise, se hait… c’est repoussant. J’en suis consciente.

2) Question surtout aux hommes (mais après, les femmes sont les bienvenues aussi) : quand vous apprenez à connaître une fille (que ce soit pour une histoire légère ou sérieuse) est-ce que c'est rebutant pour vous si vous découvrez qu'elle a un passé sombre ?

Je ne parle pas de "sombre" dans le sens "avoir mal agi" mais dans le sens "avoir un passé traumatisant, plombant, pas joyeux".
Dans des posts çà et là j'ai vu certains d'entre vous parler de filles "à problèmes", ou de la nécessité de chercher des filles "normales"...
J'ai moi-même un sale passif et je crains parfois de ne pas faire partie de ces filles "normales" que vous évoquez. D'être une sorte de cas social sur pattes.
C'est quoi une fille "normale" et "pas à problèmes" concrètement ?

3) Qu'est-ce qui fait que pour vous (hommes ou femmes) une personne peut ne pas être séduisante ?
J'ai pas dit "pas jolie" mais "pas séduisante".
Un truc du genre : il/elle est sympa, il/elle a des qualités, physiquement ça pourrait passer, mais NON, jamais, pas avec lui/elle, y a pas de compatibilité.

Voilà, et merci d’avance :mrgreen:

1)

Il n’y a pas de secret.
Il y a trop d’éléments possibles en fonction de la vie de chacun.

Pour ma part, cela a été en traversant ma solitude et mes besoins affectifs.

Pour moi, c’est la clef d’une vie où l’on se sent bien avec soi-même. Dans l’amour de soi-même, mais aussi le respect. Le respect notamment de son passé. De l’être que l’on est, dans ses forces et — surtout — faiblesses.

Et ça peut passer par de sales phases. La dernière chez moi étant une dépression en + - 2017 où je suis volontairement rentré dedans pour régler ce conflit précis, autour de la solitude et dépendance affective. J’y suis resté 8 mois. Et j’ai trouvé ma réponse. Je savais à ce moment que je n’en aurais plus jamais.
Après, derrière, il reste toute l’éducation à (re) faire.

J’ai probablement été un cas extrême dans la mesure où je n’ai jamais été dans la recherche d’une aide extérieure. Même les plus proches de moi ne le savaient pas. Donc, pas de psy, pas de méthodes, pas d’outils. Si ce n’est ce que je trouvais sur mon chemin (livres, vidéos...) ainsi que beaucoup de patience et un instinct profond qui m’empêchait de me laisser couler et qui voulait apprendre à se trouver.

Arrêter de chercher à l’extérieur ce qui se trouve en toi. Je ne conseille pas forcément de passer par un chemin « similaire ». Cela aurait été — sûrement — plus simple avec de l’aide extérieure. Mais mon histoire a tourné de la sorte. Et c’est okay. Je suis heureux de mon expérience de vie.

Tu galères à être en paix avec toi-même, car, de manière très simple, tu n’arrives pas à considérer que tu puisses vivre ta vie qu’avec toi-même, jusqu’à ta mort. Et être bien avec cette idée. Il n’y a pas d’autres vérités puisque nous sommes tous confrontés à cela. Certains y arrivent mieux que d’autres, en se cachant ou non cette idée. Peu importe. Mais, tu ne pourras pas t’aimer tant que tu n’accepteras pas que tu sois aussi un être, avec son histoire, ses mérites et ses merdes. Et que c’est okay. Que tu as le droit d’être et d’exister dans tes failles.

Alors, attention, je ne dis pas que le monde extérieur ne compte pas. Loin de là. C’est très très important, surtout dans la (re) construction. Mais dans cette phase où tu te trouves, il s’agit clairement de te trouver, dans ton équilibre et tes modes de fonctionnement.

2)

Ce n’est pas du tout rebutant.
Comment cela pourrait l’être en sachant mon histoire de vie ?
Que nous sommes tous des êtres humains.

Pour moi, ce n’est pas là que se joue cette question. J’ai même une faiblesse naturelle pour ce genre de femmes, qui s’ouvrent à leur passé, qui en parle ouvertement, mais dans une perception d’avancement et qui franchissent des étapes de leur vie. Pas pour se satisfaire de conditions de vie médiocres. Surtout pas. Car cela démontre une grande force d'adaptation et une grande profondeur intérieure.

Et j’en arrive à ce qui me rebute chez les femmes à ces sujets :

Celles qui en développent des comportements toxiques pour elle-même et une relation et qui continuent de les faire perdurer, en conscience ou non. J’ai appris à mettre un frein à ce genre de femmes, car je me respecte. Je n’ai pas besoin de ces personnes dans ma vie. Je m’apporte suffisamment. Mon Amour me suffit à moi-même et si je réalise qu’il y a des liens toxiques qui se développent dans notre relation, je la coupe, net et précis. Mais toujours dans le respect de la personne et en lui apportant des éléments sur le pourquoi au moment de couper.

Je veux une femme qui s’Aime et se respecte dans ses bons et moins bons côtés. Qu’elle vit sa vie, quoi !
Qui ne dépend pas de son partenaire. Mais qui partage avec. Après, il peut toujours y avoir bien sûr des moments délicats, mais ça, c’est la vie. Tant que la relation avance dans une optique saine, c’est top.

Il n’y a pas de filles « normales » ou « à problèmes ». On l’est tous à différents niveaux, différents moments de la vie. Je connais des filles « normales » avec des tas de comportements toxiques. Pour moi, c’est next.


3)

Une femme qui ne peut pas vivre sans moi après 3 mois de relation.
Qui me colle, ne peut pas faire un jour sans se parler, qui commence à développer des attitudes de dépendance.

C’est next pour moi.
Je ne suis pas sa réponse.

Et ça, ça se ressent d'avance dans les rencontres avec l'expérience. Très vite même. Enfin, j'ai une assez bonne lecture des racines et des comportements chez les gens, comme j'ai moi-même poussé loin pour en sortir.

Ceci dit, cela répondait à des schémas passés.
Car ce n’est que d’un côté, celui de l'autre.

De mon côté, plus j’ai appris à traverser mes souffrances avec bienveillance, et à chercher des réponses saines à ma vie, plus je rencontre des femmes dans cette optique.

En fait, pour résumer en quelques mots, l’autre n’est qu’un miroir de toi-même.

Tout ce que tu vis, c’est pour répondre à tes phases actuelles dans ta vie.
Par rapport à tes émotions, ce que tu veux, ce que tu n’as pas, etc etc.

Tant que tu seras dans ce déni de ta personne, tu continueras d’attirer des personnes qui ne te correspondent pas et d’être dans des schémas de difficulté de séduction.

C'est aussi simple que ça :).
Mais, continue sur ton chemin, t'es en bonne voie.

Voilà, pour résumer en quelques mots tes questions.
Mais cela mériterait bien bien plus de lignes :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Merci ! :) le 14.02.20, 14h28 par Alniyat
  • [+1] Intéressant le 15.02.20, 14h31 par Perlambre
Veni. Vidi. Vixi.
Je suis venu. J'ai vu. J'ai vécu.

Balzac a déjà pas mal répondu et je suis globalement d'accord avec lui.

En complément au point 2), pour moi une fille à problème = une fille qui ment, qui ne sait pas ce qu'elle veut, qui change d'avis sans arrêt. Je peux comprendre/tolérer pas mal de choses mais ça c'est niet.
Et pour le point 3) une fille peut avoir toutes les qualités du monde, si elle a un état d'esprit négatif (se plaindre tout le temps, tout ramener à elle-même, etc...), c'est mort aussi.

Inversement, une fille joviale, marrante, positive, peut faire passer plein d'autres défauts au second plan.
Et ce n'est pas incompatible avec un background sombre ou un passé difficile qui au contraire peut amener une profondeur intéressante. Mais comme le dit Balzac, ce passé doit avoir été assimilé, digéré avant d'entamer une relation.

Ça peut t'intéresser aussi : viewtopic.php?f=144&t=42338
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Yep ! :) le 14.02.20, 16h01 par Balzac

Jalapeno a écrit :
14.02.20

Inversement, une fille joviale, marrante, positive, peut faire passer plein d'autres défauts au second plan.
D'ailleurs, tu soulignes un point très important que j'ai oublié de mettre.

J'ai lu, je ne sais plus où, une remarque que je trouve extrêmement pertinente sur les rencontres :

S'il y a bien un trait à avoir et à appliquer en priorité lors de rencontres, c'est sa capacité de voir ses propres défauts et d'en être responsable.

C'est à dire d'être aussi okay à l'idée de partager du temps avec les défauts d'une personne.
Des défauts qui peuvent vous correspondre. Et en sens inverse également.

Car les problèmes sont inévitables. Chaque relation aura des combats et chacun se heurtera à ses bagages émotionnels à un moment ou un autre. La durée et succès de la relation dépendent de la volonté et de la capacité des deux personnes à reconnaître les accrocs en elles-mêmes et à les communiquer ouvertement.

La question est donc de te demander pourquoi tu autorises ce genre de rencontres qui ne te correspondent pas, puisque ce sont visiblement des défauts trop importants pour toi, autant dans ce que tu ressens chez toi que ce que tu obtiens chez les autres.

Et on en revient toujours au respect, l'Amour, exister en tant qu'être, etc etc
Veni. Vidi. Vixi.
Je suis venu. J'ai vu. J'ai vécu.

Merci du partage !

Balzac (super pseudo, d'autant que j'adore les romans de ton illustre inspirateur^^ :mrgreen: )
Le respect notamment de son passé. De l’être que l’on est, dans ses forces et — surtout — faiblesses.
Intéressant : j'ai beaucoup de mal à accepter mes faiblesses, sans parler de les respecter ; je les considère presque comme des taches mentales à éradiquer au savon noir. Si je m'en repère une, en général, je m'engueule (dans ma tête bien sûr^^). Des phrases comme "tu es dure avec toi-même" reviennent beaucoup chez mes amis.

Aurais-tu un exemple de faiblesse personnelle que tu as su accueillir/accepter/respecter chez toi, en toi ? Cela m'intéresserait :)

Tu galères à être en paix avec toi-même, car, de manière très simple, tu n’arrives pas à considérer que tu puisses vivre ta vie qu’avec toi-même, jusqu’à ta mort.
Alors oui et non^^
Je suis très indépendante. Je trouve de l'occupation seule, je me trouve du sens seule. En fait il y a eu une certaine solitude morale dans mon enfance, du coup, j'ai appris à "m'autosuffire" dans beaucoup de domaines, même si j'apprécie les ressources apportées par les autres (sinon je ne viendrais pas poster^^).
A la base, dans ma construction, je pense que la problématique la plus difficile pour moi n'était pas tant "apprendre à ne plus dépendre des autres" que "apprendre à accepter de laisser les autres entrer dans ma forteresse psychique" :wink:

Ce qui me rend la cohabitation parfois difficile avec moi-même, c'est que comme beaucoup de personnes ayant un passé traumatique, j'ai un côté fragmenté et hanté par des "ombres". Par exemple (mais pas que), des "voix" négatives qui sont comme des censeurs derrière mon épaule et commentent tout ce que je fais avec sévérité (j'ai certainement intériorisé dans ma tête des personnes qui furent blessantes pour moi autrefois).

Du genre : "qu'est-ce que tu vas aller emmerder des inconnus en leur racontant ta vie pourrie sur un forum" :mrgreen:

(ce qui ne m'empêche pas de vivre et donc de poster... comme vous voyez^^)
J’ai même une faiblesse naturelle pour ce genre de femmes, qui s’ouvrent à leur passé, qui en parle ouvertement, mais dans une perception d’avancement et qui franchissent des étapes de leur vie.
Très rassurant pour moi comme regard, car c'est clairement, sinon ce que je suis, du moins ce que j'aspire à devenir.

Tant que tu seras dans ce déni de ta personne, tu continueras d’attirer des personnes qui ne te correspondent pas et d’être dans des schémas de difficulté de séduction.
Je ne parlerais pas, ou pas juste, dans mon cas, de "déni". Pour moi, l'un de mes défis principaux est plutôt dans le fait d'avoir une projection aux autres qui puisse correspondre à mon "vrai" moi et c'est aussi à mon avis pour ça qu'il y a un problème dans les attractions que je déclenche/ne déclenche pas, il y a inadéquation entre la façon dont je me perçois (et dont les personnes qui me connaissent en profondeur me perçoivent) et celle, dont, souvent, me perçoivent les personnes que je rencontre.
Dans certaines situations de découverte de l'autre, j'aimerais avoir une projection qui soit cohérente et puisse correspondre aussi en quelque sorte à la meilleure version de moi-même.

En fait, pour résumer en quelques mots, l’autre n’est qu’un miroir de toi-même.
Souvent le cas, j'imagine.^^
Chaque relation aura des combats et chacun se heurtera à ses bagages émotionnels à un moment ou un autre. La durée et succès de la relation dépendent de la volonté et de la capacité des deux personnes à reconnaître les accrocs en elles-mêmes et à les communiquer ouvertement.
Entièrement d'accord.
La question est donc de te demander pourquoi tu autorises ce genre de rencontres qui ne te correspondent pas, puisque ce sont visiblement des défauts trop importants pour toi,
En fait, je parle "d'attraction à première vue". Il ne s'agit pas d'autoriser ou de ne pas autoriser, je ne fais pas exprès de déclencher un certain type d'attraction (mais je donnerai sûrement un exemple plus tard, j'ai conscience que c'est nébuleux^^)

Merci encore de ta réponse détaillée et précise :)


Jalapeno


Merci pour le topic, intéressant :)
Mais comme le dit Balzac, ce passé doit avoir été assimilé, digéré avant d'entamer une relation.
J'ai pourtant déjà eu des relations amoureuses et je peux me sentir parfois attirée par quelqu'un alors que je ne sais sincèrement pas quand j'aurai fini de me "digérer".
Je comprends ton point de vue, je le trouve légitime. Pourtant, dans mon cas, et sans vouloir être égoïste (je n'attends pas d'un conjoint qu'il soit mon sauveur, mon exutoire ou mon pansement), je n'aurais malheureusement jamais rien pu vivre de relationnel si j'avais attendu d'être complètement réparée.
Bon, il est vrai que là, je ne suis pas spécialement en recherche de quelque chose de sérieux (je sors d'une relation longue et impossible de me relancer tout de suite dans quelque chose de consistant, je ne suis pas assez "stable" pour ça. Je ne ferme aucune porte mais je ne suis pas en recherche de ça).

Je rajoute quelques détails biographiques pour ceux qui seraient curieux du fond et du pourquoi je suis "en réparation" et pourquoi ça dure depuis un certain temps...

En fait, si on prend ma vie actuelle, j'ai une interface sociale plutôt cool, qui doit un peu ressembler à ça (le titre^^)(mais j'aime bien la chanson aussi, d'ailleurs j'adore ce groupe. Si vous êtes curieux.)



Mais à l'intérieur, il arrive que je sois plutôt comme ça (spéciale dédicace à mes petits démons personnels)



Bon après c'est pas forcément dramatique non plus, la part d'ombre j'ai appris à la dominer et à la canaliser, je m'énerve très peu, en général je défoule mon énergie tellurique personnelle par une dépense physique ou des biais artistiques.


L’« hier »
Bon, juste pour que ce soit pas trop plombant, je préviens tout de suite que mon présent est beaucoup moins négatif que mon passé… A part quelques soucis comme ces histoires de problèmes d'aura et de séduction ça va plutôt bien aujourd'hui quand même.

Je ne vous décris pas ce qui suit pour casser l’ambiance, me faire plaindre, juste pour expliquer pourquoi j’ai des difficultés aujourd’hui à m’apprécier, me supporter, rayonner, etc. C’est « informatif ». C’est tout. EDIT : j'ai réduit le volume et les détails. Je me suis peut-être un peu étalée dans ma première version.

- J’ai souffert d’une maladie chronique très pénible, douloureuse au quotidien, et difficile à assumer ouvertement (personne ne savait que j’étais malade). Je vous fais grâce des détails. Mais en gros, jusque vers la trentaine (trentaine aujourd’hui en voie de clôture), mon corps était ma taule. Soit j’avais mal. Soit j’avais la trouille parce que je savais que la douleur allait revenir - elle finissait toujours par revenir et ça ne pouvait pas se régler à coups d’anesthésiant. J’étais toujours très fatiguée.

- J’ai eu un parent maltraitant qui me rabaissait, m'insultait et me culpabilisait sans arrêt (y compris d'être malade).

- J'ai été agressée sexuellement par un "ami" à l'âge adulte, et rejetée par notre cercle commun quand j'ai tenté d'en parler après des mois de mutisme.

Plus du harcèlement scolaire ou de grosses difficultés sociales à certaines périodes (le genre « première de la classe pas sûre d’elle vraiment mal dans ses pompes »)… etc.

Bien sûr il y a aussi des choses bien dans « l’hier », des souvenirs sympa, des apprentissages constructifs. D’ailleurs je considère aujourd’hui que j’ai appris des choses et acquis des forces en passant à travers tout ce que je vous raconte. Développer des stratégies de survie mentale, que ce soit conscient ou pas, ça renforce, ça affûte. Dans les mauvais jours, je me sens abîmée. Dans les bons, je me sens affûtée. Je pourrais vous parler de tous les livres passionnants que j’ai lus et que je vivais dans ma tête comme des films magiques, non comme un spectateur mais comme un figurant à l'intérieur même de l'oeuvre, qui vit, respire, se bat avec les personnages. Des nombreux textes que j’écris pour le plaisir de créer, de cette sensation magique de pouvoir et de liberté qui devient moi avec un clavier sous les mains.
Je pourrais vous parler de la musique, mon autre passion, de cette joie de gosse et de cette fièvre rebelle que je ressens quand je joue.
Je pourrais vous parler de moments drôles ou beaux, des gens bien que j’ai également rencontrés – car il n’y a pas eu que des gens « pas bien » ou des expériences négatives dans ma vie, même passée, tout de même.

Mais là, je vous parle du « pas bien » en détaillant un peu pour ceux que ça intéresse parce que s’il n’existait pas, je ne serais pas là à chercher des solutions.
J’en suis cependant arrivée au stade où les questions de type « et si les choses s’étaient passées autrement »… je me les pose de moins en moins. J’accepte que ça se soit passé, que ça soit « moi ». Dans certains cas je suis même plutôt satisfaite que ce soit moi (par exemple, le fait d'être faible sur le plan physique m'a poussée, même si c'est un simple mécanisme de survie inconsciente et qu'il n'y a aucun mérite, à développer mon intellect et mes facultés d'analyse... lesquels me sont souvent très utiles, donc je ne crache pas sur le fait de posséder désormais ces ressources-là).

Alniyat a écrit :
14.02.20
Intéressant : j'ai beaucoup de mal à accepter mes faiblesses, sans parler de les respecter ; je les considère presque comme des taches mentales à éradiquer au savon noir. Si je m'en repère une, en général, je m'engueule (dans ma tête bien sûr^^). Des phrases comme "tu es dure avec toi-même" reviennent beaucoup chez mes amis.

Aurais-tu un exemple de faiblesse personnelle que tu as su accueillir/accepter/respecter chez toi, en toi ? Cela m'intéresserait :)
Dans quel cadre tu as du mal à les accepter ? En projetant tes faiblesses sur le monde extérieur, donc, le jugement des personnes, le paraître, la "normalité", ... ?

Car tu sembles être, de ce que je lis, un minimum à l'aise avec toi-même.
Comme si tu n'osais pas exprimer ton unicité en ce monde.

Puis, dans ce cas, tu es aussi alors - peut-être - dans un rapport où tu estimes ne pas mériter ou avoir besoin de choses extérieures pour créer des impacts beaucoup plus puissants dans ta vie.

Dans ce cas, on peut prendre cela dans un autre sens :

Est-ce que tu t'amuserais à insulter ou traiter des personnes que tu connais ou pas ?
Par exemple, "d'idanaptée", "tu es un idiot", "t'es trop [x]"

J'imagine que non. Pourquoi ?
Car tu respectes l'individualité de chacun, ce qui le compose. D'autant plus dans ses faiblesses où tu dois certainement éprouver de l'empathie. Car tu apprends à connaître, à laisser l'autre entrer en toi de par ses perceptions, valeurs. Puis tu estimes ce que tu gardes ou non dans ta vie.

Pourquoi, alors, te flageller de la sorte envers toi-même puisque tu ne ferais même pas ça avec des inconnus ?
Avec cette même bienveillance sur ton unicité ?

Me concernant, je me respecte et j'accueille justement des moments où je peux faire de la merde, comme n'importe qui. En blessant quelqu'un par des mots involontairement, par exemple. En sachant que je peux aussi faire du mal à un autre être humain. Que je peux me tromper, avoir des jours moins bons.
Ça dépend tellement des personnes, des situations, des paramètres.

À partir de là, je ne peux pas me dire que je suis une merde, ou peu importe.

Je prends le recul, je ressens -surtout- toutes les émotions que ça évoque en moi. Je laisse mon inconfort s'exprimer puis j'apprends et je calibre mieux pour de prochaines situations similaires. J'éprouve de la gratitude pour toutes ces choses.

Ou alors, dans mon anxiété. J'en ai encore quelques fois.
C'est une faiblesse, mais une force en même temps. Tout dépend de comment on voit la chose dans l'instant.

Je ne la vois plus comme un problème. Mais comme une expérience de ma vie qui m'apprend des choses.
Et je la respecte pour ce qu'elle est. Ni plus ni moins qu'une anxiété.
Ça ne me définit pas. À moi de décider d'en faire une alliée ou une ennemie.

Alors oui et non^^
Je suis très indépendante. Je trouve de l'occupation seule, je me trouve du sens seule. En fait il y a eu une certaine solitude morale dans mon enfance, du coup, j'ai appris à "m'autosuffire" dans beaucoup de domaines, même si j'apprécie les ressources apportées par les autres (sinon je ne viendrais pas poster^^).
A la base, dans ma construction, je pense que la problématique la plus difficile pour moi n'était pas tant "apprendre à ne plus dépendre des autres" que "apprendre à accepter de laisser les autres entrer dans ma forteresse psychique" :wink:

Ce qui me rend la cohabitation parfois difficile avec moi-même, c'est que comme beaucoup de personnes ayant un passé traumatique, j'ai un côté fragmenté et hanté par des "ombres". Par exemple (mais pas que), des "voix" négatives qui sont comme des censeurs derrière mon épaule et commentent tout ce que je fais avec sévérité (j'ai certainement intériorisé dans ma tête des personnes qui furent blessantes pour moi autrefois).

Du genre : "qu'est-ce que tu vas aller emmerder des inconnus en leur racontant ta vie pourrie sur un forum" :mrgreen:

(ce qui ne m'empêche pas de vivre et donc de poster... comme vous voyez^^)
Demande toi pourquoi et de quoi tu te protèges en empêchant ces choses extérieures d'entrer dans ton intimité.

Et quelles sont les bénéfices secondaires que tu gagnes à te couper de ces entrées dans ton espace intime.
Et que tu induis indirectement dans tes relations, afin de continuer à satisfaire des schémas qui ne semblent plus te convenir.
Je ne parlerais pas, ou pas juste, dans mon cas, de "déni". Pour moi, l'un de mes défis principaux est plutôt dans le fait d'avoir une projection aux autres qui puisse correspondre à mon "vrai" moi et c'est aussi à mon avis pour ça qu'il y a un problème dans les attractions que je déclenche/ne déclenche pas, il y a inadéquation entre la façon dont je me perçois (et dont les personnes qui me connaissent en profondeur me perçoivent) et celle, dont, souvent, me perçoivent les personnes que je rencontre.
Dans certaines situations de découverte de l'autre, j'aimerais avoir une projection qui soit cohérente et puisse correspondre aussi en quelque sorte à la meilleure version de moi-même.
Toujours ce rapport à l'intimité, et te dévoiler. D'être dans une projection favorable à (?)
Ça te parle ?

Ça fait écho aussi à ce que tu réponds à Jalapeno

P.S. ton dernier message rejoint également l'idée de cette forme de couche de protection instaurée.
Veni. Vidi. Vixi.
Je suis venu. J'ai vu. J'ai vécu.

1) Pour le point numéro 1, je ne me suis jamais vraiment détesté mais j'ai un passé assez sombre aussi. Par contre, j'ai appris à vivre avec moi même et avec mon sombre passé et mes sombres pensées. Je pense que les points de divergence entre moi et les personnes qui ont un passé sombre et qui se détestent c'est que:

- je me permets de détester les gens qui m'ont fait du mal, de les haïr; de leur vouloir du mal voir même de me venger quand j'en ai l'occasion. Je ne crois pas au pardon et je ne pardonne jamais, je ne cherche pas de circonstances atténuantes ou d'excuses aux personnes qui m'ont fait du mal. Je ne cherche pas non plus activement à faire du mal aux autres et mes vengeances ne sont pas condamnables ou criminelles. Pour moi le pardon n'est possible que si l'on a une position de force inattaquable envers la personne que l'on pardonne. Le pardon est une arme, pas un outil pour passer à autre chose. Passer à autre chose, c'est simple, il suffit d'effacer les personnes qui nous ont fait du tort de notre vie et de ne plus interagir avec elles.

- j'accepte que je ne suis pas parfait, je sais que je peux faire des choses qui ne sont pas tout à fait saines, je ne me cherche pas d'excuses mais je ne me culpabilise pas non plus. C'est possible parce que j'écoute mes besoins et je n'écoute pas les voix qui essayent de m'enfoncer ou celles qui sont implantées dans ma tête depuis que je suis tout petit et qui me dénigrent. J'apprends à apprécier les meilleurs aspects de ma personne et j'essaye d'améliorer mes pires défauts et je vis avec mes défauts mineurs.

2) C'est tout à fait possible d'aimer une personne qui a un passé sombre et de vouloir construire quelque chose avec elle. Beaucoup de personnes ont un passé sombre. Le problème, ce sont les personnes qui soit n'ont pas conscience de leur passé sombre ou alors en ont conscience et s'en servent comme excuse pour être des grosses merdes. Il y a aussi une règle très importante à respecter pour toutes les personnes, passé sombre ou pas: il faut être capable de dire les choses au bon moment et de se taire quand il le faut. Le but étant d'arriver à un point où vous pouvez tout vous dire ou presque mais ça ne se fait pas comme ça. Je vois beaucoup de personnes qui veulent assumer leur part sombre et qui balancent tout à la gueule de l'autre d'un coup trop tôt dans la relation. Il ne faut pas confondre partager son intimité et l'imposer sans l'accord de l'autre.

Je te conseille de voir un psychologue si tu en as les moyens. Je déconseille vivement la psychanalyse mais ça n'engage que moi. Fais attention aux psy qui sont dans des délires bizarres new age ou marketing américain ou "philosophies" orientales. Le choix d'un psy est très important et il faut que ce soit une personne qui soit capable d'assurer un service, pas d'imposer une vision du monde qui ne te convient pas.

Les livres de Alice Miller m'ont beaucoup aidé quand j'étais plus jeune, notamment Le drame de l'enfant doué, L'enfant sous terreur et Notre corps ne ment jamais. Je n'adhère pas à tout ce qu'elle dit ni à tout ce qu'elle a fait dans sa vie mais je pense qu'elle touche à quelque chose de très important et qui peut aider à se libérer d'un lourd fardeau. Je t'invite à consulter son site internet également et à lire la rubrique courriers, tu verras des témoignages de personnes qui ont vécu des choses très difficiles et qui ont réussi à s'en sortir grâce à ses livres. Ça ressemble à une secte au premier abord et il y a des gens qui sont effectivement tombés dans des extrêmes sectaires en se servant de ces écrits mais tu n'as rien à craindre si tu y vas avec une mise en garde et un esprit critique.

Aussi si tu veux échanger sur mes positions et ton histoire, n'hésites pas à MP.

Bonne chance!
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 15.02.20, 15h57 par Perlambre
  • [+1] Constructif le 16.02.20, 02h03 par Alniyat

Je vais répondre à ton point 1/ avec l'humour que seul donne le recul.
Entre 15 et 20 ans mes copains m'appelaient le brésilien, terme que l'on pourrait aujourd'hui remplacer par celui de trans. J'en ai pas mal souffert comme tu peux imaginer. Des hanches si étroites, pas de sein, des jambes interminables. Et puis j'ai fais avec, en trouvant des fringues mettant en valeur mes quelques atouts et en changeant de copains. Aujourd'hui mon mec actuel est ravi de mon physique resté juvénile malgré mes 46 ans.

2/ J'ai un passé compliqué sur lequel je ne cherche pas à m'étendre. Il ne m'a jamais empêché de rencontrer des mecs biens car j'ai une espèce de joie de vivre communicative. Cette joie de vivre a d'ailleurs été ma bouée durant des années, j'ai toujours pensé que seul le meilleur pouvait m'arriver et ça a plutôt bien marché.
Nonchalance a raison sur un point : ne jamais déverser sa "merde" sur un partenaire. S'il y a confiance, y aller par petites touches et encore... à mon sens il vaut mieux garder pour soi l'essentiel.

3/ Je pense qu'être séduit/séduite par quelqu'un ne s'explique pas toujours. C'est parfois une lueur dans le regard, la chaleur d'une main… des petits détails qui font résonnance en nous en fonction de notre histoire, de notre vécu. Même un partenaire pas du tout fait pour nous peut nous troubler, nous donner envie. C'est plus simple de trouver des motifs expliquant qu'une personne ne nous plait pas, pour moi ce sera un manque de culture, d'ouverture.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] :) le 16.02.20, 02h01 par Alniyat

Merci d'avoir pris le temps de me lire et de me répondre :) Vos avis sont tous intéressants et constructifs.


Balzac
Dans quel cadre tu as du mal à les accepter ? En projetant tes faiblesses sur le monde extérieur, donc, le jugement des personnes, le paraître, la "normalité", ... ?
Hmmm.
Il y a une partie de moi qui arrive à rire de certaines faiblesses, en fait, à les tourner en dérision.
Mais sinon, pour le fait d’être sans pitié envers mes faiblesses disons morales ou de volonté essentiellement, je pense que c’est un mécanisme de survie qui perdure, lié au fait de devoir tenir le coup du quotidien à l'époque où j'étais en souffrance. Sans une autodiscipline rigide, c'était impossible. Le côté "t'as mal ? Tiens bon quoi qu'il en coûte".

Quand je parle d'autodiscipline rigide, c'est assez particulier car je ne corresponds pas forcément à l'idée qu'on peut se faire d'une personne disciplinée (je peux arriver en retard, être bordélique, faire de la procrastination... je suis spontanée et parfois distraite, maladroite...) et pourtant c'est ce que je suis au fond (image là encore validée par ceux qui me connaissent bien).
C'est un peu comme si je m'imposais des standards très élevés. Comme si j'avais besoin que ces standards soient élevés pour me pousser vers l'avant. S'ils sont trop indulgents ou médiocres à mon goût, ça ne me suffit pas. Un peu comme une personne qui aurait besoin d'un corset bien rigide pour se sentir le dos suffisamment soutenu.
Car tu sembles être, de ce que je lis, un minimum à l'aise avec toi-même.
C'est complexe en fait.
A l'aise avec mes pensées/mon intellect, certainement. Dans le sens où je maîtrise bien la cartographie de mon propre continent mental, j'en appréhende assez bien les contours, les forêts de souvenirs, les hauteurs libres, les zones de danger, les portions souterraines.
A l'aise avec mes émotions, ça dépend.
A l'aise avec mon image de moi, ça dépend aussi, avant c'était catastrophique, ça l'est sûrement moins mais il y a du boulot.
A l'aise avec ma féminité vraiment ça reste difficile.
A l'aise dans des circonstances sociales, ça va carrément mieux qu'avant mais ça reste assez imprévisible. A l'aise quand quelqu'un me plaît en face de moi, là non, c'est fatal à quasi tous les coups.

Il y a certainement aussi un leurre quand on m'appréhende à l'écrit. L'écrit est la partie la plus calibrée et maîtrisée de ma communication. A l'écrit, oui, je suis plutôt à l'aise. IRL c'est autre chose.
Est-ce que tu t'amuserais à insulter ou traiter des personnes que tu connais ou pas ?
Par exemple, "d'idanaptée", "tu es un idiot", "t'es trop [x]"

J'imagine que non. Pourquoi ?
Car tu respectes l'individualité de chacun, ce qui le compose. D'autant plus dans ses faiblesses où tu dois certainement éprouver de l'empathie. Car tu apprends à connaître, à laisser l'autre entrer en toi de par ses perceptions, valeurs. Puis tu estimes ce que tu gardes ou non dans ta vie.

Pourquoi, alors, te flageller de la sorte envers toi-même puisque tu ne ferais même pas ça avec des inconnus ?
Tu surestimes mes qualités morales :mrgreen:
Insulter de vive voix, non. J’ai des principes (et des tabous). Ainsi qu’un puissant contrôle de mes nerfs. (Par le passé, j’ai cependant déjà pété des câbles, blessé des gens).
Après, oui, clairement, il y a une partie de moi qui va parfois jauger l'autre avec une vague suffisance. Cela relève plus de l'instinct primaire que du rationnel. Une sorte de mépris de la faiblesse/de la médiocrité/du manque de volonté/de l'apitoiement sur soi et de tous les comportements qui y ressemblent de près ou de loin. Même si après je tranche les aspérités de ces ressentis en rationalisant et en me rappelant que personne n'est parfait, et que ce n'est pas parce qu'une personne a un moment de faiblesse qu'elle EST faible (de même que ce n'est pas parce qu'on trébuche qu'on ne sait pas marcher).
Je suis très loin d'éprouver de l'empathie pour toutes les faiblesses des autres. On me considère souvent comme "gentille" mais je ne me reconnais pas du tout dans cet adjectif (je préfère "loyale" ou "droite" par exemple). Pour moi, mes bons comportements envers les autres sont produits, quand ce n'est pas par de chaleureux sentiments pour eux, par une discipline personnelle, non par une nature de caractère.
Je n’extériorise pas tous mes ressentis négatifs et je régule ça car je considère que les autres n’ont pas à faire les frais de ces standards intransigeants que je peux avoir. Donc oui, in fine, je suis plutôt perçue comme une personne qui soutient positivement les autres. Mais, me connaissant bien, je sais que… au fond de moi, je ne suis pas si « gentille » que ça XD

Me concernant, je me respecte et j'accueille justement des moments où je peux faire de la merde, comme n'importe qui. En blessant quelqu'un par des mots involontairement, par exemple. En sachant que je peux aussi faire du mal à un autre être humain. Que je peux me tromper, avoir des jours moins bons.
Ça dépend tellement des personnes, des situations, des paramètres.
Ta façon de voir est saine, et certainement à travailler pour moi. Dans des cas similaires, chez moi, il y a parfois un "j'ai merdé. Mince, ça m'énerve, j'ai merdé." qui reste collé à mes semelles mentales comme un vieux chewing-gum dont je ne me débarrasse pas tout de suite :mrgreen:
À partir de là, je ne peux pas me dire que je suis une merde, ou peu importe.

Je prends le recul, je ressens -surtout- toutes les émotions que ça évoque en moi. Je laisse mon inconfort s'exprimer puis j'apprends et je calibre mieux pour de prochaines situations similaires. J'éprouve de la gratitude pour toutes ces choses.

Ou alors, dans mon anxiété. J'en ai encore quelques fois.
C'est une faiblesse, mais une force en même temps. Tout dépend de comment on voit la chose dans l'instant.

Je ne la vois plus comme un problème. Mais comme une expérience de ma vie qui m'apprend des choses.
Et je la respecte pour ce qu'elle est. Ni plus ni moins qu'une anxiété.
Ça ne me définit pas. À moi de décider d'en faire une alliée ou une ennemie.
Hmmm. Ce que tu expliques me fait penser au verbe "accueillir". Un de mes amis l'utilise beaucoup. Il "accueille" ses émotions négatives (ce qui ne veut pas dire qu'il se laisse posséder et téléguider par elles) et c'est aussi ce que d'une certaine façon tu sembles arriver à faire, avec finesse. Tu n'apparais pas complaisant envers toi-même, juste dans une forme d'écoute.
Avec mes émotions négatives, je suis peut-être davantage dans un rapport de force (les dompter, les dominer, les maîtriser) que dans un rapport d'accueil/d'écoute.
Demande toi pourquoi et de quoi tu te protèges en empêchant ces choses extérieures d'entrer dans ton intimité.

Et quelles sont les bénéfices secondaires que tu gagnes à te couper de ces entrées dans ton espace intime.
Et que tu induis indirectement dans tes relations, afin de continuer à satisfaire des schémas qui ne semblent plus te convenir.
Pour la forteresse psychique, je parle du passé. Je me fermais pour plusieurs raisons :
- Sentiment de ne pas pouvoir être comprise des autres et de ne pas les comprendre, quelle que puisse être ma bonne volonté à cet égard. (Ce n'était pas que dans ma tête, des adjectifs comme "bizarre", "différente", revenaient souvent pour me désigner, de la part des autres).
- Sentiment qu'ils n'avaient rien à m'apporter (puisque j'étais habituée à me "porter" toute seule).
- Couche de protection, cf l'adage "ton secret est ton prisonnier, s'il fuit, tu seras son prisonnier".
- Peur d'être jugée en négatif, moquée, engueulée, rabaissée (ce qui s'est souvent produit quand j'étais enfant/ado).

A l'heure actuelle une bonne partie de mes problèmes sociaux sont résolus, certains perdurent, notamment ceux relatifs aux échanges de type "séduction". Je ne me ferme plus totalement. Je me ferme « sélectivement », aux personnes avec lesquelles je n’ai vraiment pas d’affinité, mais je suppose que je ne suis pas la seule à le faire ?
Ce qui est chiant aussi c'est évidemment ma difficulté à m'ouvrir naturellement à quelqu'un qui me plaît.
Toujours ce rapport à l'intimité, et te dévoiler.
Sur le plan cérébral, si on me questionne sur ma vie, je n'ai aucune fausse pudeur.
Sur le plan physique, je n'ai aucune pruderie.
En revanche oui, sur le plan émotionnel, et ta phrase me fait réfléchir là-dessus, je crois que ce n'est pas facile pour moi d'accepter de me dévoiler. Je n'aime pas montrer mes faiblesses. Je peux mal accepter la pitié des autres, le fait qu'on s'inquiète "trop" pour moi. Ca peut me rendre distante, voire agressive si je ressens ces sentiments extérieurs comme trop intrusifs, voire coulants et condescendants. C'est une affaire d'orgueil et d'ego, même pas seulement de pudeur.


Nonchalance


Je comprends ta façon de voir, pour le pardon. Je ne fonctionne pas tout à fait comme toi - même si je peux éprouver de la colère envers qui m'a blessée, et que je considère ça comme une façon de me rendre justice a posteriori, je tâche ensuite de dépasser cette colère et de passer à des sentiments plus neutres, non pas pour raisons morales mais utilitaristes - je vis au bout d'un moment la colère comme une déperdition d'énergie dans une direction négative et je préfère me rendre de nouveau propriétaire de cette énergie afin de la dépenser dans une voie plus positive. Je n'absous pas toujours la personne de ses torts mais je parviens à la laisser derrière moi.
Mais après, c'est mon chemin et j'ai tendance à penser que chacun a le sien (certains pardonnent, d'autres non, etc.) qui conviendra en fonction de sa personnalité, son caractère... si le tien te convient c'est bien aussi sans doute^^
je n'écoute pas les voix qui essayent de m'enfoncer ou celles qui sont implantées dans ma tête depuis que je suis tout petit et qui me dénigrent.
Ce que j'ai mis en gras me parle. J'essaie de ne pas me laisser téléguider par ces "voix". Dans ton cas, si j'ai bien compris, elles sont toujours là ? Envisages-tu un futur où elles pourraient cesser de t'apostropher psychiquement et juste se transformer dans ton esprit en zones de silence apaisé ?
Moi, c’est mon cas – à long terme je vise à fonctionner en unité apaisée et cohérente et non plus en cacophonie.
Je te conseille de voir un psychologue si tu en as les moyens.
J’en vois une de temps en temps de façon assez irrégulière. Ce que j’aime chez ma psy, c’est son énergie. C’est une très belle femme, extrêmement charismatique, j'apprécie son rayonnement et son côté "battante". Le courant passe bien avec elle. Elle est bienveillante mais aussi franche et directe si elle doit mettre un point sur un I quelconque. Elle me tire vers le haut.

Je note volontiers toutes les références que tu partages, je vais voir ça, et si tu veux poursuivre en MP, pourquoi pas.




Perlambre


Des hanches si étroites, pas de sein, des jambes interminables.
Ma première réaction en te lisant a été d'imaginer non pas un "brésilien" mais une super jolie femme, élancée et svelte :lol:
Tu m'étonnes que ton copain soit séduit. :wink: Je trouve ça très classe, les femmes avec ta silhouette, surtout quand c'est bien porté/assumé, ce qui semble être ton cas aujourd'hui.
Je pense qu'être séduit/séduite par quelqu'un ne s'explique pas toujours. C'est parfois une lueur dans le regard, la chaleur d'une main…
Ce qui est intéressant pour moi, c'est que, même si je ne ressens pas les exemples que tu donnes comme purement matériels (quand tu parles de regard et de chaleur, je ne t'imagine pas tant charmée par le physique pur et brut de la personne que par une forme d'aura, de qualité de présence, de magnétisme émanant d'elle, quelque chose comme une personnalité exsudant à travers le geste, l'incarnation), ce sont quand même des éléments de charme qui passent par le corps. Pour avoir cette lueur et cette chaleur que tu décris, et qui te poussent à entrer en connexion, il faut, je pense, "habiter" son regard, ses mains, et son enveloppe physique, avec harmonie et confiance. Et je crois que c'est précisément l'une de mes difficultés. Ton partage me fait donc réfléchir.

j'ai une espèce de joie de vivre communicative.
C'est assez paradoxalement ce qu'on dit parfois de moi aussi, malgré mes "ombres", mon fond plus logique/intellectuel qu’émotionnel et tout ce qui s'ensuit. On me perçoit souvent comme positive. J'avais demandé à ma psy comment elle me voyait, elle m'avait répondu "comme une personne bienveillante et chaleureuse".

Cependant, c'est certainement très subjectif et dis-moi si je me trompe (parce que ce n'est pas évident d'imaginer sur quelques paragraphes une personne qu'on n'a jamais vue évoluer en vrai).
A ta lecture, je n'ai pas juste l'impression que tu sois joyeuse et chaleureuse, mais aussi assurée. J'imagine une femme qui a appris à porter haut la tête. Pas arrogante, juste "je sais qui je suis, je suis qui je suis, je sais projeter qui je suis, je m'assume".
Est-ce le cas ?
(Clairement ce n'est pas encore le mien :mrgreen: j'y bosse bien sûr.)

Nonchalance et Perlambre

Il y a aussi une règle très importante à respecter pour toutes les personnes, passé sombre ou pas: il faut être capable de dire les choses au bon moment et de se taire quand il le faut. Le but étant d'arriver à un point où vous pouvez tout vous dire ou presque mais ça ne se fait pas comme ça. Je vois beaucoup de personnes qui veulent assumer leur part sombre et qui balancent tout à la gueule de l'autre d'un coup trop tôt dans la relation. Il ne faut pas confondre partager son intimité et l'imposer sans l'accord de l'autre.
Nonchalance a raison sur un point : ne jamais déverser sa "merde" sur un partenaire. S'il y a confiance, y aller par petites touches et encore... à mon sens il vaut mieux garder pour soi l'essentiel.
Possible que je ne gère pas cette « règle » comme vous, ou pas comme il faut. Bien entendu je ne vais pas déballer tous mes traumas au premier rencard.
Après, je suis très franche et je ne sais pas mentir/dissimuler. Il suffit qu’on m’interroge un peu sur mon enfance/ma relation avec mes parents/ma santé pour savoir certaines choses. Et une personne qui est amenée à me voir régulièrement DOIT savoir (pour ma maladie, j’ai une discipline de vie qui fait que je suis obligée de gérer mon alimentation et d’autres choses d’une certaine façon).
Ce que j’essaie d’éviter d’imposer, c’est une forme de « pathos » ou de demande affective/psychique, l’Autre n’étant pas ma nounou, mon thérapeute ou mon sauveur. En revanche, les faits sont les faits.

L'aujourd'hui
Concernant ce qui va bien

- Santé physique : j'ai une discipline particulière, quelques petits soucis de temps en temps, mais franchement par rapport à ce que j'ai connu c'est rien. Je ne suis pas guérie (impossible dans mon cas) mais j'ai une vie normale, c'était inespéré donc c'est vraiment très très bien.

- Santé mentale : c'était une de mes grosses craintes, d'être abîmée, d'avoir des troubles de personnalité etc. J'ai passé quelques tests chez un psy récemment. Il pense que, s'il est possible que j'aie eu des séquelles posttraumatiques, je n'en ai plus à l'heure actuelle. Je n'ai aucun symptôme de déséquilibre. Selon lui, je suis très résiliente.

- Le sexe : mes problèmes concernent plus la séduction que le sexe en soi. Je n'avais pas de soucis avant d'être agressée. Ensuite, j'en ai eu, comme on pouvait s'y attendre. Aujourd'hui, a priori, plus de séquelles niveau désir, plaisir, blocages etc. Cool.

- Ma vie pro : j'ai fait des études qui m'ont plu, et j'exerce un job qui me plaît. Pas forcément des plus lucratifs, mais il me laisse beaucoup de liberté et d'indépendance ce qui me correspond bien. Et bon, j'ai de quoi payer mon toit et ne dépendre de personne.

- Mes relations sociales : la personne qui m'avait maltraitée est décédée. J'ai distendu les ponts avec d'autres personnes qui n'étaient pas bonnes pour moi.
Pas fondé de famille, non. J'ai pu y penser à certaines phases de ma vie mais à l'heure actuelle je me sens (ré)équilibrée en solo. A voir si ça va rester.
Mon coeur de stabilité affective, ce sont mes amitiés. J'ai environ une quinzaine d'amis proches (proches = qui savent ce qui m'est arrivé, à qui je peux tout dire, qui ne me jugent pas, me soutiennent inconditionnellement, prennent de mes nouvelles aussi bien quand ça va que quand ça ne va pas, m'ont déjà proposé pour plusieurs, sans que je le sollicite, de l'aide en cas de crise - hébergement, argent... même si je me débrouille toujours pour ne pas avoir à accepter ce type d'aide, je prends note). Je vis seule certes, mais je ne me sens pas seule.

- ma vie sociale : je n'ai pas spécialement de point de comparaison, mais pour une introvertie qui bosse seule dans son coin et qui se liquéfiait de trouille devant les gens durant l'adolescence, ce doit être plutôt pas trop mal à l'heure actuelle...
Un exemple cette semaine :
lundi : dîné avec un copain
mardi : restau avec une douzaine de personnes, des connues et des pas connues
mercredi : pris un café avec une jeune femme, écrivain que j'admire et à qui j'avais écrit une longue lettre pour la féliciter de son super premier roman, elle a été touchée, a voulu faire ma connaissance, c'est la deuxième fois qu'on se voit et le courant passe très bien :)
jeudi midi : un copain m'a invitée au restau. D'ailleurs en y pensant, je pourrais peut-être lui demander conseil pour mes problèmes actuels... le copain en question est un mâle alpha, hyper charmeur, il maîtrise parfaitement l'art de la séduction sous toutes ses formes. Jeudi soir : dîné avec ma cousine, elle voulait me présenter deux ex-collègues.
Vendredi soir : j'ai passé la Saint-Val' avec une amie fraîchement célibataire. On a goûté ensemble, puis on est parties faire les pubs/danser, avec mon copain du lundi qui nous a rejointes en cours de nuit.
Ce samedi : rien. Des fois, un peu de repos ne fait pas de mal.
Ce dimanche : je vais avec des copains à une conférence, un truc d'intello dont je vous passe les détails, puis on va boire un verre ensemble après.
Même quand je reste dans ma grotte sans faire aucun effort d'initiative, je finis toujours par recevoir des SMS, des appels, des propositions de sortie... A voir si cette "popularité" durera, on ne sait jamais.^^ Il faut croire que ma compagnie est appréciée.

J'avais fait une première réponse plus longue mais elle a été warpée, j'en referai donc une autre si besoin d'exemples.

1) tu n'as pas le choix de t'aimer. Si tu prends une autre direction, le choix c'est comment en finir et ça semble pas être ton objectif. Ne pas s'aimer c'est clairement insupportable.
Et de toute façon s'aimer ça ne doit pas être indexé sur notre valeur. Ça c'est un truc que les autres peuvent nous appliquer et que nous pouvons appliquer aux autres. Mais pour soi, vu qu'on a pas trop le choix de coexister avec soi-même et qu'on est pas responsables de nos fondations, on va pas se détester pour ça. Et pour le reste, s'aimer inconditionnellement, ça ne veut pas dire aimer tout chez soi.
Ça veut dire accepter d'être imparfait (oui, c'est un perfectionniste qui dit ça, parce qu'on ne peut être parfait pour tout, il faut choisir ses combats, mais techniquement on aura toujours des zones de faiblesses), sans pour autant ne pas s'aimer assez pour ne pas changer ce qui ne nous plaît pas pour tendre vers notre idéal. Car il faut s'aimer pour avoir la force de changer pour soi et pas pour les autres. Parfois c'est par fierté mais par amour-propre c'est essentiel aussi.
Et c'est toujours relativement possible. À part pour des choses liées à l'intelligence, on trouve toujours de quoi contourner les situations si on ne peut les changer directement. En cas de handicap fort aussi, c'est plus dur mais certains le font.

2) la majorité des gens a des passes sombres et des éléments de vie personnelle peu joyeux. Les aspects type agression sexuelle ou maltraitance ça reste malgré tout et heureusement plus rare et il y a certainement beaucoup plus de travail pour s'en remettre. Malgré tout il faut le faire, pour soi et les autres avec qui tu veux frayer.
Comme dit par d'autres les gens qui traînent leur passé comme un boulet c'est compréhensible mais ça le fait pas. J'ajoute qu'encore une fois c'est de l'amour-propre de pas se laisser détruire et de pas vouloir que ça impacte notre vie.

Après certaines choses restent gravées à vie et c'est compréhensible. Tant que c'est pas envahissant et permanent une personne qui t'aime devrait pouvoir comprendre. Et c'est un bon filtre. Les gens qui s'effraient de choses que tu as digérées et à qui ça donne envie de fuir, tu les aimes peut-être pour d'autres aspects mais objectivement tu devrais toi aussi les fuir.

3) J'ai un rapport particulier à celle qui doit être mon autre. Je sais objectivement être extrêmement exigeant car quand je transige, je suis souvent déçu. Mais pour moi finalement c'est la base. Le minimum syndical. Bien sûr le standard est plus souple pour une relation que je sais être de passage mais quand je veux envisager une relation long terme je passe un certain nombre de filtres consciemment ou pas.

Déjà le physique, la manifestation de l'autre, sa présentation et sa projection, sa présence, plus qu'être passables doivent m'être attirants, Vraiment. Faut pas que certaines choses que j'aime manque.
Je passe sur les préférences qui me sont absolument personnelles parce que ça aurait peu d'intérêt pour toi
pour relever uniquement ce que je retrouve chez d'autres mecs que je connais, même si je vais illustrer par mes propres interprétations.

Le style vestimentaire, ça bloque pas mal de mecs. Je n'aime pas les femmes négligées en permanence ou pour qui le style n'a aucun attrait. Bien sûr je ne le vois souvent qu'au travers de rencards mais une nana qui fait pas d'effort pour une occasion c'est que je l'intéresse pas ou que ça l'intéresse pas. Et ça ça veut dire qu'au quotidien ce sera pire.
Je demande pas d'être tirée à 4 épingles. Même en casual on peut être stylée.

Aussi, pour beaucoup de mecs, le physique doit montrer qu'on s'entretient. L'hygiène bien évidemment (parce que des femmes au physique au demeurant agréable qui ont des dents peu soignées ou des mains/ ongles destroy c'est plus fréquent qu'on pourrait le penser), mais aussi la mise.
Les cheveux c'est super important pour ça. Quand on a une coiffure de merde parce qu'on en a rien à foutre on oublie l'impact que ça a sur les gens. J'ai rien contre les gens "capillairement créatifs"; un peu punks ou autres même si dans certaines circonstances ça passe pas toujours (quand on a une coiffure de ce genre, j'ai tendance à préférer les gens qui peuvent passer sur un mode plus "classe"/ tout terrain). Mais ne pas se coiffer, faire sa coupe à l'arrache, avoir des cheveux pas entretenus c'est niet.
Qu'on le veuille ou non c'est une parure de notre visage et les gens qui choisissent de négliger ça font instinctivement pour moi figure d'inadaptés (disclosure; j'ai eu une période comme ça et je le regrette vu l'impact que je mesure maintenant).
Après en terme de style je préfère quand c'est plus féminin et long, mais le court ne me déplaît pas tant que c'est pas délibérément "garçonne".
À force de faire des rencontres et d'attirer particulièrement ce genre de nanas je me rends compte que beaucoup ont du mal avec leur féminité et ça me pose problème.
Plus que le poids c'est l'harmonie aussi qui joue. J'ai une préférence pour les femmes sveltes mais même des femmes qui le sont moins me plaisent parfois. Il y a des morphologies qui sont plus larges, c'est pas un problème. Quelques kilos en trop non plus. Je préfère une nana qui a un cul un peu moins fin mais un visage d'ange qu'un cul parfait et un visage pas fin. L'un est appréciable. L'autre non. Après comme tout il y a des limites.

Pour le reste, et ça c'est personnel je vais pas scruter le moindre centimètre carré de l'autre, j'ai pas besoin d'un physique parfait, mais d'une assurance qu'on soit suffisamment à l'aise avec soi et qu'on s'aime assez pour prendre soin de soi et aimer se mettre bien, si ce n'est en avant.
J'ai beaucoup plus d'attirance à physique égal pour une introvertie stylée qui fait ça pour elle même si c'est pas pour se mettre en avant que pour une extravertie pas stylée/ entretenue qui fait une guerre aux autres et à leurs standards à travers ça. J'ai pas envie de me battre mais j'aime mes standards pour de bonnes raisons.

Bien sûr pour moi, le mental va aussi beaucoup compter et s'il est relativement facile de tomber sur quelqu'un de correct physiquement selon les standards énoncés ci-dessus (parce que malgré tout, même si certains courants essaient de faire croire aux femmes que c'est de se soumettre que de se comporter normalement et de chercher à se mettre en valeur, beaucoup ont compris que c'est pour elles qu'elles le font et qu'elles se respectent en le faisant et en faisant cette démarche vers les autres), mentalement c'est plus compliqué.
Déjà l'intelligence est un turn-on/off, la culture, l'humour également, le fait d'être ouvert d'esprit, de savoir se remettre en question, de douter.
De savoir aborder les sujets lourds, à controverse ou compliqués avec le recul nécessaire, avec humour et en sachant admettre sa non compétence. Je ne déteste rien de plus que les ignorants qui essaient d'imposer leur avis sur un sujet dont de toute évidence ils ne maîtrisent rien. Je préfère quelqu'un qui sait rester en retrait pour écouter et poser éventuellement une question s'il est en désaccord via ce qu'il a compris.
Après faut pas que je perçoive des côtés abusifs, jaloux ou manipulateurs. Ni même ce qu'on pourrait prendre comme positif, une envie de me plaire qui dépasse l'envie pour entrer dans la soumission. Genre la nana qui rigole ou dit oui à tout même si je fais exprès de pas être drôle ou de dire des trucs inacceptables (si je sens qu'elle est comme ça).
Enfin il y a un certain nombre d'idéologies ou courants de pensées que j'abhorre (ceux dont je ne peux raisonnablement pas accepter la différence/ divergence d'opinion sans avoir de mieux de tête), et là c'est kill it with fire (je pensais pas qu'il puisse y avoir des femmes platistes. Mais en fait si. Notre monde va mal).
Je dois aussi sentir que l'on peut fonctionner ensemble. Les goûts, les idées doivent pas être nécessairement communs mais qu'on ait des manières d'aborder les situations, la vie et de se projeter qui soient compatibles.
Le fait de pas être inconditionnellement positif et de pas se voiler la face sont donc importants. Je préfère quelqu'un avec une saine dose de réalisme et de cynisme. Ça n'empêche pas d'être optimiste.

Si toutes les barrières sont ouvertes il faut encore sur je puisse profiter du silence avec elle sans malaise, et que j'aie envie de lui tenir le crachoir et l'écouter pendant des heures sans en placer une. Ça c'est la part de magie que je m'explique pas mais honnêtement dans 90% des cas pour une fille qui passe physiquement c'est le mental qui va pas.

Et sur les deux plans je ne compte pas sur une amélioration de l'autre. Je la prends à l'instant t. Le potentiel ne m'intéresse pas parce que si évolution il y a généralement c'est pas dans le sens qu'on attend.
C'est moins vrai pour le mental car on influence l'autre et à notre contact il peut s'ouvrir et se révéler mais ça ne fonctionne que sur certains aspects. Une nana vrillée et jalouse sera pas rattrapable par une bonne influence. Une nana peu cultivée mais ouverte peut apprendre et le fera sans être pousséeavec quelqu'un qui a cette inflexion. Pour l'autre je vais pas attendre qu'elle ait fini de travailler avec le psy qu'elle pensera pas avoir besoin de voir parce que "être jalouse c'est normal sinon ça veut dire qu'on aime pas".
Quand au 'physique', autant jouer à Pygmalion avec une étudiante qui se cherche et l'aider à apprivoiser sa féminité je pourrais trouver ça mignon, autant à 35 ans une nana qui se cherche encore ou qui a une posture où elle en a clairement rien à foutre elle est bien comme ça et c'est pas à moi de la changer. Elle est comme elle est et pas la personne que je recherche.
Alors dans cette liste de courses, tu trouveras sans doute des choses très spécifiques à moi, mais je connais pas mal de gens qui filtrent sur la plupart de ces aspects.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Quelle patience ! le 18.02.20, 10h16 par Alniyat
  • [+1] Intéressant le 26.02.20, 10h35 par Perlambre
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Je n'ai rien d'une "super jolie femme", ni hier ni aujourd'hui.
Et si je l'écris c'est justement afin que les filles 1/ ne perdent pas confiance 2/ se concentrent sur leurs atouts plutôt que leurs manques. Et les atouts se travaillent.

Autre point : comme les mecs ne tombaient pas raides en me voyant, j'ai très tôt envisagé d'aller vers eux. J'ai fais mes armes en me prenant des râteaux bien sûr. Mais si je fais le bilan j'ai passé des moments jouissifs avec de très beaux spécimens… parce qu'en plus j'ai toujours été exigeante, me mettant en point d'honneur de repartir avec celui sur lequel les autres filles bavaient (sans rien faire pour autant, elle attendaient ha ha).

Point bis : chercher à allumer un mec est une chose, aller au bout de la rencontre peu importe sa durée en est une autre. Je pense sincèrement que pour une femme, il faut aimer séduire, pas seulement jouer à séduire. Pas non plus se contenter d'être séduite. Etre actrice, voilà ce dont je parle. De sa vie en général, de ses coups de cœur, de ses plans et pourquoi pas d'une vraie histoire.

Au risque de te décevoir sur ma personnalité, certains de mes partenaires n'ont pas automatiquement 'habité' leur regard ou leur main… j'avais envie d'eux pour une raison bien étrangère à leurs petites personnes. Ils m'ont longtemps donné l'illusion de rester connectée à l'amour alors qu'il ne s'agissait que de sexe. J'ai aimé être actrice d'un film somme toute plutôt oubliable.

Suis-je assurée ? Oui. Parce que pas assujettie à la dictature des réseaux sociaux que je ne fréquente pas. Ce qui ne signifie pas ne pas se poser des questions sur mon futur tant pro que perso et de ce fait oublier d'évoluer. Rien d'anxiogène néanmoins puisque je n'ai aucun modèle à suivre absolument.

Parle-nous de séduction puisque côté vie sociale ça a l'air de rouler pour toi ;)

Onmyoji
tu n'as pas le choix de t'aimer. Si tu prends une autre direction, le choix c'est comment en finir et ça semble pas être ton objectif.
Non, en effet. Je peux avoir des idées vraiment noires dans certaines périodes mais j’ai mes ripostes. Cela fait longtemps que je ne me suis pas mise en danger.
Ne pas s'aimer c'est clairement insupportable.
Oui. Sauf que, ayant vécu avec la douleur, je suis habituée à l’insupportable. J’ai un seuil de tolérance remarquablement, ou dangereusement, élevé en la matière. Pour dire, par le passé, je m’étais fait des plans de vie où j’incluais comme un paramètre froid et logique l’idée que je ne pourrais jamais être heureuse mais que c’était « pas grave » (pour raisons d’amour-propre et d’orgueil, j’étais contre le suicide, équivalent d'une désertion symbolique) parce que je me trouverais du sens autrement – en étant utile à mes semblables, comme lorsque j’étais bénévole pour des personnes bien plus en souffrance que moi, ou en utilisant mon énergie négative comme une dynamo à des fins artistiques, chose que beaucoup de grands poètes ou musiciens ont faite, par exemple. Je planifiais méthodiquement l’idée de vivre avec ce que tu qualifies d’insupportable.
Dans mon cas, renoncer à l’insupportable est un choix intellectuel, une vue de l’esprit, non un instinct naturel. Ca ne veut pas dire que je ne vais pas le faire. Juste que l'impulsion n'est pas la même.
Et de toute façon s'aimer ça ne doit pas être indexé sur notre valeur. Ça c'est un truc que les autres peuvent nous appliquer et que nous pouvons appliquer aux autres. Mais pour soi, vu qu'on a pas trop le choix de coexister avec soi-même et qu'on est pas responsables de nos fondations, on va pas se détester pour ça. Et pour le reste, s'aimer inconditionnellement, ça ne veut pas dire aimer tout chez soi.
Ça veut dire accepter d'être imparfait (oui, c'est un perfectionniste qui dit ça, parce qu'on ne peut être parfait pour tout, il faut choisir ses combats, mais techniquement on aura toujours des zones de faiblesses), sans pour autant ne pas s'aimer assez pour ne pas changer ce qui ne nous plaît pas pour tendre vers notre idéal. Car il faut s'aimer pour avoir la force de changer pour soi et pas pour les autres. Parfois c'est par fierté mais par amour-propre c'est essentiel aussi.
Très intéressant, et très juste.
En fait, je suis d’accord avec toi sur tous les « pourquoi ».
Je ne bloque pas tant sur les « pourquoi » que sur les « comment » : décider qu’un sentiment est souhaitable, voire indispensable (un amour raisonnable de soi-même) est une chose, déclencher son existence en est une autre.

la majorité des gens a des passes sombres et des éléments de vie personnelle peu joyeux. Les aspects type agression sexuelle ou maltraitance ça reste malgré tout et heureusement plus rare et il y a certainement beaucoup plus de travail pour s'en remettre. Malgré tout il faut le faire, pour soi et les autres avec qui tu veux frayer.
Comme dit par d'autres les gens qui traînent leur passé comme un boulet c'est compréhensible mais ça le fait pas.
Je suis tout à fait d’accord et tel n’est pas mon souhait. D’autant que j’ai été dans la position inverse (relation amoureuse avec une personne au passé lourd mal géré), et je ne veux infliger ça à personne.
Après certaines choses restent gravées à vie et c'est compréhensible.
Mon ambition reste quand même de me guérir de ces souvenirs. Un exemple : petite, j’ai fait une chute. Très douloureuse, et je me souviens avoir eu très mal en tombant. Des semaines de plâtre.
Cependant, il y a des photos de moi, petite, avec mon plâtre, et quand je les regarde, je ressens zéro douleur.
Je ne peux évidemment pas perdre la mémoire (ni ne le veux), mais j’aspire à transmuter mes souvenirs blessants en photos d’album inoffensives sur le plan cérébral. Un côté : oui, c’est bien moi, et c’est bien mon histoire, mais ça ne blesse plus du tout. Et j’en ai déjà transmuté un nombre non négligeable. Je suis par exemple capable de penser à mon agresseur avec un froid mépris plutôt indolore – avant, je ressentais de la rage et de la détresse. Même chose pour ma mère, de plus en plus. Elle m’a fait vraiment un mal fou, mais son fantôme perd de son pouvoir maléfique.
Mais, parfois, je l’avoue, c’est le découragement car les souvenirs sont là par milliers et la tâche est titanesque. Je ne baisse jamais les bras, mais je peux éprouver des pensées du genre « est-ce qu’il y aura une fin un jour ».

L’autre défi, c’est que les blessures subies lorsque l’on est dans une période de construction, enfance/petite enfance notamment, sont beaucoup plus dures à éradiquer que celles que l’on subit adulte, parce qu’elles formatent l’individu dès ses origines, programment des lignes de code dans son inconscient pour le reste de son existence et l’accès à ces lignes invisibles sous la surface est un travail introspectif/thérapeutique de très longue haleine.
Or, mon objectif final, ma « ligne d’arrivée », c’est de parvenir à me reformater et à recréer mon propre code, sans bugs. J'y reviendrai sûrement plus tard parce que c'est complexe. Au début, je pensais que ce serait impossible. Mais entre-temps, je crois avoir commencé à trouver des pistes.

Tant que c'est pas envahissant et permanent une personne qui t'aime devrait pouvoir comprendre. Et c'est un bon filtre. Les gens qui s'effraient de choses que tu as digérées et à qui ça donne envie de fuir, tu les aimes peut-être pour d'autres aspects mais objectivement tu devrais toi aussi les fuir.
C’est certainement un bon rappel. J’ai tendance à me mettre beaucoup à la place de l’autre (c’est pas intellectuel mais instinctif) et à « comprendre » tous ses ressentis négatifs envers moi. Ce qui prend parfois le dessus sur : prendre mon propre parti.

Perlambre
Je n'ai rien d'une "super jolie femme", ni hier ni aujourd'hui.
Je n’ai pas dit que tu l’étais. Juste, quand tu décris ta silhouette, spontanément, je l’imagine jolie.

Et si je l'écris c'est justement afin que les filles 1/ ne perdent pas confiance 2/ se concentrent sur leurs atouts plutôt que leurs manques. Et les atouts se travaillent.
Intéressant.

Point bis : chercher à allumer un mec est une chose, aller au bout de la rencontre peu importe sa durée en est une autre. Je pense sincèrement que pour une femme, il faut aimer séduire, pas seulement jouer à séduire. Pas non plus se contenter d'être séduite. Etre actrice, voilà ce dont je parle. De sa vie en général, de ses coups de cœur, de ses plans et pourquoi pas d'une vraie histoire.
Et voilà l'un de mes points névralgiques : je n'aime pas séduire. Je suis un peu dans la même situation qu'un gosse qui se met à détester l'école parce qu'il a tout le temps des sales notes, et qu'il a beau "essayer", il y a un truc qui ne passe pas. Dans les rapports homme-femme, ce que je déteste plus que tout, c'est "l'avant". La phase d'approche/de prise de contact (que ce soit pour du sérieux ou du pas sérieux). Pas de problème pour le "pendant". Ni pour "l'après". Mais je déteste "l'avant" à un point que quelqu'un n'ayant pas mes difficultés ne peut guère imaginer. C'est un cauchemar.

Sinon, je me sens actrice de ma vie en général, malgré mon énergie aléatoire et certaines phases de procrastination. Je déteste me croiser les bras, je prends souvent des initiatives, dans différents domaines. Le psy qui avait testé mon intelligence et mon équilibre psychique a noté en points forts, entre autres, dans le rapport qu’il m’a rendu, une « capacité à provoquer le changement ».
Exemple : quand j’étais ado, j’avais d’énormes difficultés sociales. Du genre : timidité maladive qui me rendait presque incapable d’adresser la parole à quelqu’un, ou alors, j’y arrivais et je passais ensuite des moments angoissants à scruter dans ma tête l’interaction récente, comme un examinateur impitoyable.
Je m’étais imposé des « défis » pour prendre la difficulté à bras-le-corps. Par exemple : tu détestes passer en exposé devant toute la classe, DONC, tu vas te forcer à le faire, et défense de prendre trop de notes et de lire les notes le nez sur le papier. Tu jettes juste des idées en vrac sur ton papier et tu te forces à « parler » en improvisant et en regardant l’auditoire.
Je l’ai fait. Plusieurs fois. Avec des nœuds au ventre atroces à chaque fois, mais je l’ai fait. Jusqu’à atteindre un stade où mon directeur de mémoire me dise, en fac : « vous avez vraiment un talent à l’oral, Alniyat. Vous êtes sûre que vous ne voulez pas enseigner ? »
Ou aller parler à des inconnus dans la rue. Sous des prétextes du genre leur demander l’heure ou le chemin (pour moi c’était un acte de bravoure énorme parce que j’étais persuadée de déranger et qu’on allait m’envoyer paître). Aujourd’hui, on dit de moi que j’ai « le contact facile ».
Pour moi, c'est moins tranché. J'ai des phases "yolo" où je peux copiner avec plein d'inconnus assez facilement, et des phases où l'existence de mon manque d'assurance foncier se fait davantage sentir.

En séduction je suis également actrice (au sens « agir ». Au sens « comédienne », non, pas du tout, en revanche). Du moins, j’essaie. Plusieurs de mes amies m’ont déjà dit qu’elles admiraient mon courage à « essayer » dans certaines situations. Sauf que… bah en général, ça marche pas XD Je pense que c’est un problème d’aura, de confiance, d’habiter son corps, ce que je dégage etc. Avec le temps et l’échec, ces situations sont juste devenues des situations de panique pure et simple. Quelqu’un d’un peu timide ça peut être vaguement craquant. Quelqu’un qui lutte contre sa panique pour aller vers toi c’est pas craquant. Les émotions se transmettent et sont contagieuses. Panique = mal-être. Et clairement, le mal-être ça fait pas envie. A personne.
Je ne pense pas que ce soit l’initiative ce qui me manque.
Au risque de te décevoir sur ma personnalité, certains de mes partenaires n'ont pas automatiquement 'habité' leur regard ou leur main… j'avais envie d'eux pour une raison bien étrangère à leurs petites personnes. Ils m'ont longtemps donné l'illusion de rester connectée à l'amour alors qu'il ne s'agissait que de sexe. J'ai aimé être actrice d'un film somme toute plutôt oubliable.
Pourquoi serais-je déçue par ta personnalité ? ^^
En fait voilà comment j’ai interprété les rencontres dont tu parlais avec le regard, la main : comme des rencontres pas forcément sérieuses (et il n’y a pas que les rencontres sérieuses qui soient intéressantes) mais avec une « connexion » a minima.
Pour ma part, je n’ai rien contre le fait d’être actrice d’un film oubliable, mais il me faut une étincelle, si le type est par exemple glauque/froid/bizarre/dérangeant dans son aura (même s’il est beau) ça ne va pas le faire. Qu’en penses-tu ?
Je suppose que cela marche en sens inverse (et je pense que mes émotions inconfortables genre « panique » éprouvées en situation n’aident pas).
Suis-je assurée ? Oui. Parce que pas assujettie à la dictature des réseaux sociaux que je ne fréquente pas.
Je ne suis sur aucun réseau moi non plus (parce que j’ai certaines positions sur la vie privée sur Internet, etc.).
Tu penses qu’il y a une corrélation entre être sur les réseaux et pouvoir manquer d’assurance ? Pourquoi ?
Ce qui ne signifie pas ne pas se poser des questions sur mon futur tant pro que perso et de ce fait oublier d'évoluer. Rien d'anxiogène néanmoins puisque je n'ai aucun modèle à suivre absolument.
Entièrement d’accord avec toi.
Parle-nous de séduction puisque côté vie sociale ça a l'air de rouler pour toi ;)
Il va bien falloir, je suppose. Je reviendrai plus tard en essayant d'expliquer plus en détail. J’ai préféré commencer par ce qui allait bien^^

Et pour moi, ce n’est pas hors sujet dans la mesure où les choses qui « vont bien » constituent aussi des ressources dans lesquelles je peux puiser pour réguler les autres situations.

Merci à tous deux de vos réponses :)

Alniyat a écrit :
16.02.20
je n'écoute pas les voix qui essayent de m'enfoncer ou celles qui sont implantées dans ma tête depuis que je suis tout petit et qui me dénigrent.
Ce que j'ai mis en gras me parle. J'essaie de ne pas me laisser téléguider par ces "voix". Dans ton cas, si j'ai bien compris, elles sont toujours là ? Envisages-tu un futur où elles pourraient cesser de t'apostropher psychiquement et juste se transformer dans ton esprit en zones de silence apaisé ?
Moi, c’est mon cas – à long terme je vise à fonctionner en unité apaisée et cohérente et non plus en cacophonie.
Non ces voix ne sont plus présentes. C'était un très long processus mais j'ai fini par m'en débarasser. C'était un processus conscient donc je peux te dire exactement comment j'ai fait: j'ai fait un effort conscient pour sortir de ma tête.

On peut rester enfermé dans ses pensées toute une journée, voir plusieurs mois ou plusieurs années d'affilée. Dans notre tête, il y a un discours constant et ce discours participe grandement à la création de ton mythos, càd, la manière dont tu te perçois et dont tu perçois le monde. Ton discours intérieur est nourri par tes interactions extérieures. Les personnes que tu fréquentes, les milieux que tu fréquentes, les livres que tu lis, les œuvres d'art qui te touchent... Lorsque l'on est enfermé dans sa propre tête, le monde extérieur qui est sensé influencer notre discours intérieur est souvent flou, difficile à appréhender parfois complètement effacé. Tu vois le chemin que tu prends tous les jours, mais tu ne le vois pas vraiment. Le ciel a toujours l'air d'être le même. La sensation du chaud et du froid est une sensation lointaine alors même que tu en souffres, tu restes tout de même enfermé dans tes pensées. Et tu te répètes les mêmes absurdités, encore et encore et encore, tu te flagelles...

J'ai pallié à ça en pratiquant la méditation en pleine conscience. C'est très simple: à chaque fois que tu prends conscience que tu es en train de te perdre dans tes pensées et que tu ne fais plus attention à ce qui t'entoure, tu te concentres pour revenir à l'instant présent et à vivre le moment. Tu ne pourras pas arrêter tes pensées et ton discours intérieur mais tu peux changer le degré de conscience, le focus que tu peux mettre sur l'un ou sur l'autre. Tu peux voir ça un peu comme une mise au point d'un appareil photo. Ton mode automatique a un focus sur tes pensées. Quand tu le mets en mode manuel, c'est toi qui choisis ce que tu vois en priorité et comment tu le vois. Mais si tu perds ta concentration, tu vas revenir au mode automatique sans t'en rendre compte. Et ce n'est pas grave, il ne faut pas s'énerver, il ne faut pas se désespérer. Juste revenir à l'instant présent et refaire son réglage manuel. Au bout d'un certain bout de temps, cela devient un automatisme et tu arrêtes de faire attention à ton discours intérieur quand tu en as envie. Et vu que tu ne t'écoutes plus penser, les pensées finissent par disparaître parce qu'elles n'ont plus de cible sur laquelle se nourrir.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Bonne idée ! le 25.02.20, 19h59 par Alniyat

Nonchalance, je note pour la méditation en pleine conscience... Tu es la deuxième personne à me la conseiller.

Je dois avouer que "méditer" en soi ne m'attire pas, mais j'ai peut-être tort et je ne suis pas contre tester une nouvelle voie.

J'avais tapé une suite où je récapitulais tout ce qui cloche chez moi. Et bim plantage en plein milieu.

J'en ai marre de l'informatique... J'en ai maaaaaaaarrrre des fois :shock:

Tant pis. Je retaperai tout plus tard.

Bon sinon, je note en passant une phrase échangée ce week-end avec un mec, j'ai trouvé sa façon de voir assez pertinente.
Conversation amicale samedi soir, on parlait vite fait de nos blessures respectives et des conséquences, j'expliquais que certaines personnes/certains drames avaient introduit des lignes de code foireuses dans mon programme de base, lignes de code expliquant certaines de mes difficultés dans la vie/avec le sexe opposé. Et que mon ambition du moment était en quelque sorte de hacker mon propre inconscient pour y injecter mon code, un code fonctionnel, et raccord avec mon identité/mes aspirations.
Son commentaire : "tu ne hackerais rien du tout. Les personnes qui t'ont blessée sont tes hackers. Si tu arrives à t'emparer de ton inconscient pour te le réapproprier, ce ne serait pas une effraction et donc pas un hack car cette part de toi est à toi et t'appartient. Il ne s'agirait que de débuguer."

Effectivement... ça aurait dû m'apparaître de façon plus rapide et plus évidente. Effectivement.

Deux images pas très pertinentes pour un problème au final. Aller vers un idéal. Que ce soit d'autres ou ton appréhension des situations qui t'aient causé cette aliénation de toi-même; le problème n'est pas là.
Sur certains points il s'agit peut-être de se retrouver.
Sur d'autres c'est toi qui doit changer.

Chercher moins les causes pour aller vers le changement c'est sans doute la clé. Comprendre la raison ne t'aiderait pas forcément à savoir comment agir. Savoir ce que tu veux et t'atteler à l'être oui.
Tu veux " guérir de tes blessures"? Agis pour être une personne qui n'agit pas en fonction d'elles. Ne te dis pas "je vais reconstruire la chair, puis la peau etc".
Quand tu te fais une plaie tu mets un pansement et tu oublies même si ton intégrité n'est pas restaurée. Tu es de nouveau fonctionnelle.
Tu n'as pas de handicaps psychologiques majeurs. C'est donc possible.
Ton problème n'est pas non plus de ne pas savoir ce qui ne va pas. Tu as l'air de dire que tu n'as pas la main sur le processus. Personne ne l'a. On apprend tous plus ou moins à l'utiliser. Tu dis que tu te sens incomprise, que tu as du mal à maîtriser ta communication et que c'est un boulet.
Mon avis est que c'est moins le fait que tu ne la maîtrises pas que le fait qu'il s'y surajoute ton malaise, tes difficultés avec ta féminité (et tous les complexes et leurs sources qui vont avec), ton impression de devoir te faire comprendre et ce besoin de validation par l'autre qui vont avec.
Ce sont plusieurs choses qui individuellement sont des tue l'amour suivant le degré.
Que tu sois très à l'aise sur d'autres aspects, intelligente et de bonne compagnie d'après ce qu'on peut lire de toi ne rattrape pas ça en séduction.

Si tu veux changer ne cherche pas midi à quatorze heures. Ne cherche pas un "mythique" problème de communication là où il est beaucoup plus évident que tu as des problèmes avec toi-même qui ne sont pas de l'ordre du détail. Même si tu dis aller bien, quand je lis cette liste, je me dis que tout est là.
À la différence, même quand je lis Perle qui se définit un peu comme androgyne, je n'ai pas de mal à penser que pour autant elle assume très bien sa féminité.
Tes obstacles sont là.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 25.02.20, 22h56 par Alniyat
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

A la réflexion, je vais quand même partager au moins un des points qui me handicapent le plus en situation de séduction... Pour plusieurs autres je pense qu'avec du boulot sur moi que personne ne peut faire à ma place je peux m'en sortir (faire des efforts sur mon apparence physique par exemple), pour celui-là je me sens assez larguée.

En gros :

J'ai beaucoup perdu confiance en ma capacité à évaluer une situation lors d'un échange avec un homme (si tant est que j'aie jamais eu une telle capacité, ce dont je doute de plus en plus).
Parfois, je crois qu'un mec éprouve de l'intérêt pour moi, alors qu'en fait c'est de la sympathie.
Parfois, je vois de la sympathie là où en fait il y avait de l'intérêt, et je passe à côté de possibilités intéressantes.
A plusieurs reprises j'ai agi par rapport à certaines choses que de bonne foi je croyais percevoir pour, soit vivre des situations humiliantes, soit gâcher des occasions.

Le résultat c'est que je me sens de plus en plus larguée et surtout face à un homme qui me plaît, je doute en permanence, je suis coincée dans une peur permanente de me tromper. Je perds mes moyens, je ne sais plus rien interpréter, je ne sais pas quoi penser, je perds un temps fou à m'interroger, c'est aussi l'une des raisons pour lesquelles la phase d'approche est aussi dure pour moi. Cela peut me paralyser totalement.

Pour l'instant, la seule parade que j'ai trouvée en attendant mieux, c'est de me faire accompagner par des amis lors de certaines soirées et de débriefer mes ressentis avec eux sur les "touches" que j'aurais pu avoir et voir si ça correspond avec ce qu'eux ont vu.

Je ne crois pas qu'il y ait d'articles sur FTS du genre "filles, voilà comment vous pouvez savoir si oui ou non vous plaisez à un mec".

Mais bon voilà, avoir des "copilotes" lors de circonstances collectives c'est un palliatif occasionnel. Ca ne remplace pas le fait de posséder soi-même une capacité d'évaluation des situations, sinon infaillible, au moins un minimum cohérente. Je ne la possède clairement pas.

Onmyoji a écrit :
25.02.20

Chercher moins les causes pour aller vers le changement c'est sans doute la clé. Comprendre la raison ne t'aiderait pas forcément à savoir comment agir. Savoir ce que tu veux et t'atteler à l'être oui.
Tu veux " guérir de tes blessures"? Agis pour être une personne qui n'agit pas en fonction d'elles. Ne te dis pas "je vais reconstruire la chair, puis la peau etc".
Quand tu te fais une plaie tu mets un pansement et tu oublies même si ton intégrité n'est pas restaurée. Tu es de nouveau fonctionnelle.

Onmyoji je te remercie de ta réponse et de tes avis, toujours constructifs.

Je vais essayer d'expliquer un - un seulement et il n'y a pas que celui-là - des éléments qui font que je pense à forcer l'inconscient et pas juste agir sur la surface.

Dans mes "moins", il y a mon langage corporel qui est complètement foireux, aussi.

J'ai des tics du genre me tasser, m'effacer, baisser la tête, parler avec la main devant la bouche, croiser les bras... Je me recroqueville aussi (un tic dû aux années de douleur physique aiguë), je me cogne aux objets, je me blesse à ce qui m'environne.

Un tas de tics... j'ai le langage d'une personne qui ne se sent pas légitime à exister et à prendre de la place, qui doute d'elle. Et oui, c'est pas vendeur, je le sais.

C'est pas que dans ma perception, mes amis me le disent (je les encourage à me signaler tous mes "bugs" en ce moment), ma psy me le dit.

Si j'adopte une discipline de surface, ET j'essaie vraiment de le faire, du genre : oups tiens je suis tassée là. Je vais me redresser avec dignité, parce que je n'ai pas de raison de me tasser, c'est mieux de se tenir droite.
Ca va marcher... jusqu'à ce que j'oublie de me tenir droite et que mon "naturel" reprenne le dessus. Ou alors, je vais faire un effort pour le dos droit, me concentrer là-dessus, et baisser la tête ou avoir une voix hésitante etc. etc.
Je veux modifier le fond POUR modifier la surface efficacement et durablement.

Et pour cela, je veux éliminer ces saloperies de lignes de code qui disent "je n'ai pas le droit d'exister", "je ne suis pas légitime","je ne vaux rien", parce que le legs de la maltraitance et de l'agression c'est ça. Mon langage corporel est une traduction de ces foutues lignes.
Si elles n'existaient pas, je n'aurais pas besoin de tout le temps penser à être droite. Je serais droite naturellement.
J'en suis fermement convaincue.
Et par ailleurs, j'ai une autre conviction, celle que le pouvoir que chacun de nous a sur son propre esprit est, ou peu s'en faut, illimité.

Donc, pour le coup, je crois que je ne suis pas d'accord avec toi sur le sens dans lequel aller pour trouver du remède. Ce qui ne m'empêche pas de trouver ta réponse - comme toutes les autres - utile et intéressante.

Merci d'avoir pris le temps.

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