Carnet de bord d’un apprenti dragueur

Note : 10

le 08.09.2020 par stephub

9 réponses / Dernière par stephub le 22.09.2020, 23h15

La vie est faite de virages, d'obstacles à surmonter, d'audace, de surprises et de rencontres décisives. Racontez votre histoire, entrez dans la légende; partagez vos cheminements, vos interrogations, vos rencontres, vos aventures - foirées ou réussies, c'est pas le plus important - et recevez les avis et conseils des autres membres.
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Ce récit raconte les différentes étapes de mon long et pénible apprentissage des relations avec les filles principalement en vue de les séduire puis, une fois la technique enfin comprise et acquise, la pratique effrénée de celle-ci pour accumuler un maximum de conquêtes et jouir de la vie. C’est également un partage des enseignements que j’ai tiré au fil de mon parcours et comment cela a modifié ma vision sur un grand nombre de thèmes au-delà de la drague.
Pourquoi ce sujet ? Car j’estime que mon expérience a une certaine singularité dans le rythme lent et contraint de mes vingt-huit premières années suivies d’une forte accélération grisante et euphorique les trois années suivantes. Je pense également qu’un grand nombre de jeunes hommes pourraient se reconnaitre dans les situations d’échecs et de réussites que j’ai vécues et j’aimerais leur partager mon analyse a posteriori. Je souhaitais décrire et analyser des événements vécus personnellement qui sont parfois en décalage avec une vision idéaliste et édulcorée des relations entre les hommes et les femmes souvent propagées dans les médias grand public. Par ailleurs, il me semble que ce récit pourrait intéresser un lectorat féminin curieux de découvrir ce qu’il peut se cacher dans la tête d’un garçon puis d’un jeune homme parmi tant d’autres.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] La suite, vite ! le 08.09.20, 21h41 par Allandrightnow
  • [+1] Bienvenue ! le 08.09.20, 22h01 par Onmyoji
  • [0] La suite, vite ! le 08.09.20, 22h17 par Verto
  • [+2] Bienvenue ! le 09.09.20, 22h09 par Jalapeno

doublon...

CHAPITRE 1 : LE PLONGEON DANS LA VIE

« Prépare-toi petit garçon
Elle s'ra longue l'expédition
Et même si on en revient jamais vivant
Il faut marcher droit devant»
Les cowboys fringants, Droit devant

L’enfance

Mon enfance fut heureuse, rythmée par des jeux avec mes frères et ma sœur, des vacances au ski l’hiver et à la plage l’été, des grands rassemblements de famille avec une bande de cousins pour refaire joyeusement la guerre des boutons.
Je n’ai manqué de rien sur le plan matériel. Mes parents faisaient attention à nos dépenses sur la nourriture et les vêtements mais ils mettaient le paquet sur notre éducation n’hésitant pas à nous payer des voyages linguistiques ou des cours de musique.
Cette enfance heureuse au sein d’un cocon familial joyeux m’a peut-être desservi à l’adolescence qui est la période où il est nécessaire de prendre temporairement de l’autonomie vis-à-vis de sa famille afin de se construire, de s’affirmer. J’éprouvais parfois de la culpabilité de délaisser ma famille et j’éprouvais aussi de temps en temps de la nostalgie au souvenir de ce temps où les relations étaient plus simples : sans arrières pensées ni double jeu, le collectif primait sur l’individu ce qui évitait d’éprouver l’angoisse de la solitude ou l’inconfort de la mise en concurrence.
Les relations avec les filles à cette période de ma vie m’étaient peu problématiques car il n’y avait pas la pression de séduire avec le risque d’être rejeté. Il est plus aisé de se faire une amie qu’une copine, cela demande moins d’efforts sur soi-même. Sortir avec une fille nécessite de s’extraire du groupe pour aller la voir, la distraire, lui plaire. Cela demande un minimum de confiance en soi et même une pointe de narcissisme pour se mettre en valeur.
Pour ma part, j’étais très naïf et idéaliste, doté d’une forte sensibilité intériorisée qui me faisait parfois surinterpréter les actions des autres. Mon tempérament rêveur et distrait m’amenait régulièrement à faire des maladresses involontaires.

La relation avec mes parents

De mémoire, la relation avec ma mère pendant mon enfance et l’adolescence fut bonne, la communication était plus facile et se développa dans le temps même si mon affection pour elle ne se traduisait pas souvent par des paroles ou des gestes concrets.
Je nourrissais à son égard une sorte d’admiration pour sa beauté et son intelligence. Malgré un caractère parfois rigide aux premiers abords, elle savait faire preuve d’écoute et ses observations psychologiques me semblaient souvent pertinentes. Je partage également avec ma mère le besoin de s’accrocher à des idéaux et les individus qui les incarnent.
Avec mon père, ce fut plus compliqué, complexe d’Œdipe oblige. J’eus pendant longtemps à son égard le sentiment de ne pas être digne de l’homme qu’il était et de ce qu’il avait vécu. Issu d’une famille de bouchers, son père avait commencé modestement puis avait développé son activité jusqu’à devenir le propriétaire d’une véritable PME dans le monde de la viande. Mon père travailla donc très jeune dans ce milieu exigeant techniquement et physiquement. Cela m’était complètement étranger et j’en éprouvais une gêne, un sentiment d’imposture de ne pas mériter ce que j’avais. De plus, mon tempérament distrait et rêveur tranchait avec l’image que j’avais de lui, débordant d’activité, à l’esprit logique et rigoureux, parfois rude et pour qui l’inaction était rapidement assimilée à de la paresse, ce qui était une faute grave à ses yeux. Il avait également un physique imposant donc dissuasif concernant toute velléité de rébellion frontale, je privilégiais par conséquent l’art de l’esquive ou le silence. Pour être plus juste à son propos, je tiens à préciser qu’il ne leva jamais la main sur moi ni sur aucun membre de la famille. Il pouvait également être tendre et farceur avec ses enfants en nous faisant des cadeaux surprises, imaginatif en nous construisant des cabanes, des ponts de singe et tyroliennes pour notre plus grand bonheur. Les soirs de vacances, nous jouions à d’innombrables jeux de société et parties de cartes, déclenchant de longs fous rires.

Mes deux parents étaient par ailleurs peu expressifs, ils avaient comme une certaine pudeur à exprimer leurs sentiments, encore une fois du fait de leur propre éducation et puis sans doute de leurs propres caractères. Tant que nous vivions en vase clos avec ma famille cela ne me surprenait pas, ce n’est que bien plus tard en m’éloignant du cercle familial que j’en pris conscience au contact des autres et en particulier des filles qui attendent des garçons qu’ils expriment clairement leurs émotions.
Il faut ajouter à cela ma propre personnalité qui me fit réagir d’une certaine manière à cette situation et que les effets auraient été différents avec d’autres. J’ai pu le constater en comparant les différences d’interprétations ou de ressentis par rapport à mes frères et ma sœur.

La fratrie à l’épreuve de l’adolescence

Ma sœur est probablement celle qui, dans ma famille, pâtit le plus de mon entrée progressive dans l’adolescence. Je devins distant et froid à son égard de manière plus ou moins consciente. Sans doute par gêne vis-à-vis de mon désir grandissant pour les filles et aussi en quelque sorte par mesure de représailles en tant que représentante arbitrairement désignée de la gent féminine qui devenait petit à petit l’objet de tous mes désirs et la cause principale de mes frustrations.
Il devenait compliqué également de continuer de jouer avec mon petit frère comme avant alors que la pensée amoureuse pour les filles commençait à m’obséder. J’avais besoin de mûrir pour les séduire mais j’étais tiraillé par ma tendresse pour mon frère et j’avais parfois le sentiment douloureux de l’abandonner.
Enfin, avec mon grand-frère, la relation était différente, nous étions relativement proches en âge et donc il y avait moins de décalage mais c’était lui qui avait la tâche parfois ingrate, parfois honorifique d’être l’éclaireur. Nous ne discutions pas des filles entre nous, il y avait une sorte de pudeur mutuelle, peut-être aussi l’orgueil de ne pas vouloir dévoiler nos questionnements, nos inquiétudes ou nos échecs quitte également à ne pas parler de nos réussites pour s’encourager. Comme je l’ai dit auparavant dans le paragraphe sur mes parents, c’était une habitude familiale.

Echecs amoureux en milieu scolaire

A l’adolescence, les traits de ma personnalité ainsi que mon environnement familial ne me facilitèrent pas la tâche avec les filles. Je n’avais pas de problèmes pour me faire des amis mais ma timidité et ma gentillesse couplées à mon manque de confiance me gênaient énormément quand il s’agissait de faire le premier pas. J’avais aussi tendance à me perdre dans mes rêves, je m’inventais des histoires avec les filles qui me plaisaient, je les vénérais et sortir avec l’une d’entre elles aurait été pour moi le paradis. Je m’imaginais les protégeant d’un danger dans des situations démontrant une grande maturité comme par exemple combattre courageusement un dragon crachant du feu mais cette témérité disparaissait aussitôt de retour à la réalité. Le peu de fois où je déclarais enfin ma flamme à quelques demoiselles, j’étais gentiment éconduit, ce qui nourrissait mon défaitisme. En voici quelques exemples pour vous faire une idée.
A la fin du collège, je tombais amoureux d’une fille de ma classe nommée Anaïs. On s’entendait bien comme deux vrais amis puis, petit à petit au gré de nos discussions, je succombais à son charme. Désormais je pensais à elle tout le temps, je faisais défiler son nom en fond d’écran sur mon téléphone pour le regarder d’un air hypnotisé pendant la nuit, j’écrivais son nom sur mes cahiers. Finalement je me lançai un soir à la sortie d’un cours, dans un couloir du collège. J’étais tétanisé par l’enjeu mais je parvins quand même à lui dire qu’elle me plaisait et à lui demander si elle avait envie de sortir avec moi. Sans doute pour ne pas me blesser brutalement par un refus frontal ou alors prise de cours par ma hardiesse, elle me répondit d’un « je ne sais pas » qui laissait entretenir le doute, si ce n’est l’espoir. Cependant, le lendemain, après m’être confié à mon meilleur ami de l’époque, celui-ci se proposa d’aller aux nouvelles et me réconforta ensuite quand la réponse fut négative.
Quelques mois après m’être fait gentiment éconduit, une amie me proposa de jouer les intermédiaires avec Céline, une autre jolie fille de la classe. Elle lui demanda si je lui plaisais et la réponse fut encore peu nette mais encourageante avec un « pourquoi pas ». Malgré ce signe positif, je ne fis rien. Je ne me souviens plus vraiment la raison, probablement par timidité, peut-être aussi par gêne de ne pas être à l’initiative et puis Anaïs était encore dans mes pensées. Un an plus tard, au début du lycée, je me décidais à proposer à Céline de sortir ensemble mais cette fois-ci elle avait un copain. Un an plus tard, elle fut de nouveau célibataire et me donna des signes d’intérêt pour moi mais je fis semblant de ne rien voir sans doute par esprit de revanche et puis aussi par peur de ne pas assurer.

Premier regret

Ainsi, à seize ans, je n’avais pas une seule fois embrassé une fille alors que j’avais un physique plutôt avantageux, ce qui était d’autant plus humiliant. De plus, ma pudeur couplée à ma fierté m’empêchaient de me confier à un ami pour recevoir ses conseils ou ses encouragements ce qui n’aida pas à me sortir de cette situation.
C’est à ce moment-là que je fis la rencontre d’Elodie. Sa mère était restée une grande amie de la mienne malgré la distance les séparant et elle était venu nous rendre visite avec ses enfants pendant une semaine aux vacances d’hiver. Mon grand frère était parti faire ses études supérieures donc Elodie occupait sa chambre. Elle avait un an de plus que moi, assez grande, brune, des yeux marrons et un nez légèrement arrondi. Aux premiers abords je la trouvais plutôt jolie mais ce n’était pas le coup de foudre. Ce serait progressivement au fil de nos discussions que mon obsession pour elle se formerait. Elle était différente des autres filles que je connaissais à l’époque. Sa passion pour l’univers du Seigneur des Anneaux était fascinante : elle portait d’ailleurs l’Anneau à son collier. Elle me fit également découvrir de nombreux groupes de rock et de métal (System of a down, Muse, Radiohead) que j’écouterais pendant des années en pensant à elle. Je la trouvais de plus en plus belle, j’aimais tout ce qu’elle était : son caractère, ses goûts, sa personnalité. Je sentais également une pointe de timidité chez elle comme pour moi, ce qui me rassura et m’aida à me rapprocher d’elle. Mais je n’osais pas faire le pas décisif, me découvrir et lui partager mes sentiments à son égard. La semaine touchait à sa fin et il ne restait plus qu’une soirée avant son départ avec sa famille. Après une énième partie de jeux de société tous ensemble à la maison, chacun rentra dans sa chambre. C’était le moment ou jamais. Après avoir longuement hésité, je sortis de ma chambre pour emprunter le couloir menant à la sienne. J’avançais d’un pas hésitant, l’estomac serré en me demandant ce que j’allais lui dire. Finalement je frappai timidement à sa porte. La seule excuse que j’avais trouvée était de lui emprunter un livre de Tolkien. Elle me le donna gentiment, j’étais tétanisé par l’enjeu, incapable de sortir un mot de ma bouche, de lui avouer que je l’aimais tout simplement. C’était simple et tellement dur à la fois, j’avais le sentiment d’être un funambule tenant mon amour à bout de bras et ayant peur de tomber dans le vide après avoir été rejeté. Finalement, je n’eus pas le courage de lui confier mes sentiments, je restai probablement moins de deux minutes avec elle, très gêné, puis je m’en allai piteusement. Le regret de cette opportunité manquée me hanterait pendant longtemps. Elle partit le lendemain matin, je m’imaginais la retenir par la main et lui déclarer ma flamme avec émotion devant ma famille et la sienne mais c’était encore une fois un rêve d’impuissant.
Plus tard elle m’envoya une lettre avec un CD sur lequel était gravée de la musique qui lui plaisait. Je garderais précieusement sa lettre en écoutant religieusement sa playlist pendant tout le lycée. Mon imagination débordante fonctionnerait à plein régime mais sans se traduire par des actes concrets. Je ne lui exprimerais jamais ce que je ressentis pour elle, peut-être que ce fut réciproque et que l’on aurait commencé une relation à distance, peut-être que l’on aurait fini par se séparer et je serais passé à autre chose mais je n’en saurais rien, me réfugiant dans mes rêves.
A la fin du lycée je finirais par brûler sa lettre et une photo d’elle que j’avais subtilisé à ma mère. Ce serait ma manière d’essayer de me libérer de ce poids et acter mon échec.
Des années plus tard je la retrouverais sur Facebook, encore plus belle qu’avant, en pleine fleur de l’âge, pleinement épanouie, la jeune ado geek, fan de rock et d’heroic fantasy un peu timide avait laissé place à une jeune femme séduisante désormais portée sur l’électro, croquant la vie à pleines dents et accessoirement en couple. Je passerais des heures à remonter le temps petit à petit en regardant son évolution à travers les photos qu’elle avait publié tout en essayant de combler le vide par mon imagination en rêvant d’avoir partagé ces moments de vie avec elle. Une fois installé à Paris quelques années plus tard, j’envisagerais de la recontacter, la considérant toujours comme mon idéal de femme mais je ne le ferais jamais, ne sachant pas comment lui expliquer. Je pensais que le temps effacerait tout mais certaines pensées étaient tenaces.

Quelques satisfactions

Malgré tout, je garde un bon souvenir de mes années lycée avec mes potes même si mon expérience avec les filles à l’époque tenait sur les doigts d’une main avec des histoires qui n’ont pas dépassé la semaine et sans sexe dont voici quelques exemples significatifs.
Quelques jours après le départ d’Elodie et sa famille, je m’en allais en voyage à Rome avec l’aumônerie du lycée. Ma vie sentimentale eut un cheminement très étrange, je venais de tomber raide dingue amoureux d’Elodie et j’étais abattu après son départ mais j’eus quand même une courte parenthèse d’oubli. Nous étions dans un train de nuit, garçons et filles mélangés dans le même compartiment et je m’étais allongé à côté d’une fille que je connaissais bien. Dans la pénombre, avec la proximité des corps et l’éloignement du cocon familial, mes sens s’étaient éveillés et je m’enhardissais. Je lui parlais doucement dans l’oreille et commençais à lui caresser le bras puis elle se tourna vers moi en se redressant pour mieux m’observer et enfin elle m’embrassa : ce fut mon premier baiser. Je me souviens du goût de la salive, la sensation nouvelle des langues qui se touchent puis se suivent dans un tourbillon buccal. Notre idylle dura à peine quelques jours, le charme de la soirée fut rompu pour moi dès le lever du jour car je n’étais pas intéressé, le souvenir d’Elodie occupait toutes mes pensées et pour longtemps encore.
Je ne peux malheureusement pas justifier mon peu d’expériences sentimentales au lycée par un manque d’opportunités car j’étais dans un lycée public où nous avions une grande liberté de mouvement tant que nous allions en cours et que nous respections les professeurs. Il y avait également une forte proportion de filles dont une bonne partie étaient jolies donc il n’y avait qu’à se lancer, elles étaient à porter de main mais les barrières psychologiques sont parfois plus dures à dépasser que les barrières physiques. Mes parents ne me laissaient pas facilement sortir le soir, compris le week-end sauf exception pour la soirée traditionnelle des repas de classe la veille des vacances. Ainsi à cette occasion, dès l’âge de seize ans, j’allais en boîte de nuit pendant ces soirées et je prenais mes premières cuites mais je n’en profitais pas beaucoup pour draguer. Il m’arriva de temps en temps de danser avec des filles, serrés l’un contre l’autre, mais je n’osais pas aller au bout, c’était à chaque fois comme un saut dans le vide sans savoir si mon parachute allait s’ouvrir.
A la fin du lycée, j’enchaînais les soirées avec les potes pour fêter la fin du Bac. Pendant l’une de ces soirées, j’étais allongé près d’une jeune et jolie fille devant un feu de camp quand je lui effleurai le dos par mégarde. Comme elle laissa faire, je pris confiance en lui caressant le dos puis je me redressai pour l’embrasser. Plus tard dans la soirée, nous étions couchés ensemble sur un matelas par terre dans la même chambre que deux amis et je continuais de l’embrasser dans l’obscurité. Je me sentais léger comme dans un songe, elle ne portait pas de soutien-gorge et mon désir naissant me poussa à lui enlever son débardeur pour embrasser et lécher délicatement ses seins. Elle posa ensuite sa main sur la mienne quand je lui caressais le bas du ventre. Le lendemain, je me levai tôt pour aller à un petit boulot d’étudiant, elle était allongée sur le ventre, laissant découvrir son dos nu protégé par de beaux cheveux blonds. Cela me fit penser à la couverture du livre « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan que je venais de lire, cette fille représentait un idéal de légèreté, le symbole de l’amour des vacances d’été : sublime mais éphémère.
Enfin, pendant les JMJ de Cologne, le même été, j’embrassais une nana de mon groupe en pleine procession dans la ville au milieu des chants religieux. Peut-être était-ce l’extase qui m’avait donné des ailes ou bien encore une fois la magie du voyage. Les vacances sont l’occasion de rencontrer de nouveaux visages en dehors du milieu habituel et sont donc souvent propices aux amours. Il y eut d’ailleurs beaucoup d’autres couples qui se formèrent pendant ces « Journées Matrimoniales de la Jeunesse » comme nous nous amusions à le dire mais pour ma part cela dura à peine trois jours. Après l’avoir embrassé j’étais incapable de lui parler ne trouvant aucun sujet de discussion, ce n’était pas naturel pour moi d’exprimer mes sentiments ou mes impressions. J’étais capable de faire de bonnes blagues et d’avoir des éclats de bonne humeur mais je n’arrivais pas à garder cet état d’esprit sur une longue durée.
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  • [+2] Intéressant le 09.09.20, 00h43 par Onmyoji

L’après lycée : première vraie relation amoureuse

Après le lycée, je quittais la maison familiale pour aller dans une grande ville de la région afin de suivre les classes préparatoires aux concours des écoles d’ingénieur pendant deux années. Je me fis rapidement de nouveaux amis notamment grâce à la semaine d’intégration et surtout à la vie d’internat. Nous vivions quasiment en vase clos en sortant très peu et en étudiant beaucoup dans une grande stimulation intellectuelle. Nous avions peu de temps pour draguer les filles auxquelles de toute façon j’avais très peu goûté pendant les années lycée alors que j’avais du temps libre. Les plus grandes chances de conclure pour un mec mal à l’aise comme moi étaient pendant les soirées étudiantes à la veille des vacances. L’alcool désinhibe et lors d’une soirée open bar avant Noël je me distinguai en choppant deux nanas dont une moche en m’agrippant à son string sur la piste de danse. Tout le monde me vit et je n’assumais pas vraiment le lendemain mais comme cela contribua à me bâtir une réputation de dragueur en soirée je m’en accommodais même si je savais au fond de moi que c’était une imposture, un malentendu.
Il fallut que j’attende un an avant de faire une nouvelle rencontre et pas n’importe laquelle. C’était à nouveau pendant la soirée open bar de Noël, j’avais prévu cette fois-ci de me tenir à carreau, quand soudain, j’aperçus sur la piste une jolie fille qui m’observait furtivement. Elle s’approcha ensuite discrètement de moi en dansant. C’était étrange mais malgré mon manque flagrant de confiance en moi et mon peu d’expérience à l’époque, j’arrivais parfois à me transformer en celui que j’aurais aimé être tout le temps : jovial, entreprenant et sûr de lui. La piste de danse en soirée était souvent pour moi un lieu propice à ce type de métamorphose avec un peu de potion magique alcoolisée. Ensuite mon charme de Cendrillon mâle se transformait au matin en garçon timide et rêveur.
Bref, je me sentais bien et je m’approchais à mon tour pour danser face à elle. Puis je l’invitai à boire un verre afin de pouvoir discuter malgré le bruit. Elle était splendide, j’étais à la fois impressionné et enthousiaste. Elle s’appelait Sonia et suivait les cours en prépa commerciale ce qui ajoutait à son charme car c’étaient à l’époque les études qui rassemblaient les plus jolies filles et donc alimentaient les fantasmes de nous autres les « taupins » scientifiques. On retourna danser sur la piste et je finis par l’embrasser timidement. A la fin de la soirée, je la raccompagnai à pied à sa résidence, bras dessus bras dessous, le cœur léger et nous nous souhaitâmes une bonne nuit sur le pas de la porte.
Je vivais comme dans un rêve en étant éveillé, je baignais dans le bonheur, Sonia était une fille belle et intelligente, avec du caractère, elle représentait tout ce que j’espérais depuis des années et ça me tombait dessus d’un coup, je n’en revenais pas. Tout mon passé de déceptions et de lâcheté me semblait désormais derrière moi. Je rattrapais le temps perdu en découvrant le plaisir immense d’avoir une copine : les tendres textos, les appels amoureux, les déjeuners ensemble à la cantine, les baisers et les caresses dans la chambre. Tout alla très vite, nous nous étions retrouvés une semaine après pour fêter le nouvel an avec ses amis et nous avions une chambre à part. Au moment de se coucher, je m’installais dans le lit en caleçon, un peu anxieux, puis elle apparut dans une chemisette de nuit ultra sexy avec son corps de rêve : j’étais en apesanteur. Mais mon absence d’expérience sexuelle se fit cruellement sentir et je lui avouai à demi-mot. Elle me rassura en se montrant douce à mon égard. On attendrait plus tard pour faire l’amour mais je savais qu’il fallait que je m’y prépare. J’achetais donc des préservatifs pour la première fois de ma vie à presque vingt ans ! Même si ça me gênait, je testais quand même les sensations en me masturbant dans une capote pour être prêt le moment venu.
Ce fut un samedi soir après un ciné, Sonia partageait une chambre en résidence et sa colocataire était absente donc on pouvait aller chez elle. On avait déjà passé des nuits ensemble pendant lesquelles nous avions pu nous découvrir petit à petit avec des caresses. J’avais pu apprécier son plaisir lorsque je glissais mes doigts entre ses cuisses, l’expression de son visage, les mouvements de son corps, elle était ravissante. Mais là j’étais tétanisé au moment de passer à l’acte final et incapable d’avoir une érection. En me voyant demeurer immobile Sonia finit par me demander ce qu’il se passait et je lui avouai piteusement la situation. Elle fut surprise mais me rassura gentiment puis nous éteignîmes la lumière alors que la honte m’empêchait de dormir. Plus tard dans la nuit, je me mis à bander fort, peut-être justement parce que j’étais moins stressé. J’étais furieux contre moi mais heureusement Sonia ne dormait pas non plus et nous reprîmes les préliminaires. Puis je montai sur elle et la pénétrai rapidement, sans même penser à mettre une capote, j’étais tout excité. J’ai le souvenir d’une impression de bestialité s’emparant de moi qui m’était tout à fait étrangère. J’éjaculai rapidement, ce n’était pas très glorieux mais au moins c’était fait : je n’étais plus puceau ! Et surtout avec une fille sublime. Par contre je ne réalisais pas sur le coup ma connerie de ne pas avoir mis de capote. Sonia prenait la pilule mais c’était quand même risqué. Une semaine plus tard commençaient les vacances de février, je lui offris une petite bague en avance de la Saint Valentin avant de rejoindre nos familles chacun de notre côté. Elle sembla agréablement surprise par cette attention de ma part.
Quelques jours plus tard elle m’appela, inquiète, car elle n’avait toujours pas eu ses règles et elle m’annonça avec tristesse qu’elle préférait en rester là. Ce fut uniquement à ce moment que je pris réellement conscience de ma coupable légèreté et des graves conséquences que cela aurait pu engendrer. J’aurais pu être papa du premier coup… Finalement Sonia eut ses règles et la situation s’apaisa.
On se revit au retour de vacances avec le sentiment partagé que l’on s’était manqué, elle me confit même avoir pleuré juste après notre rupture et qu’elle était contente de revoir mes beaux yeux bleus. Elle portait d’ailleurs la bague que je lui avais donné avant de se quitter : j’en étais comblé. On se remit finalement ensemble au bout d’une semaine. Beaucoup de regards étaient tournés vers nous, les potins circulaient et je n’étais pas peu fier cette fois-ci d’en faire l’objet. Je la trouvais si belle et son caractère affirmé se complétait bien avec le mien, plus souple. Elle était l’incarnation de la fille idéale dont j’avais toujours rêvé, je me sentais plus en confiance, épanoui.

Deuxième regret

Mais je n’en avais pas fini avec mes frustrations, bien au contraire. Echaudée par l’histoire de l’absence de capote, Sonia accepta les caresses mais refusa d’aller plus loin alors que de mon côté, au contraire, je voulais le refaire pour me rassurer. Je comprenais sa réaction mais petit à petit l’attente me pesait. Par ailleurs les concours approchaient, j’avais beaucoup de travail et la pression augmentait donc on avait de moins en moins de temps pour se voir. Je finis par lui faire part de mon impatience mais elle résista tout en me rassurant qu’elle était bien avec moi.
Cela ne me suffisait plus, mes passions intérieures s’étaient libérées et j’avais du mal à les canaliser, ça me travaillait. Je commençais même à songer à l’éventualité d’une nouvelle rupture du fait que l’on ne se voyait pas suffisamment et qu’elle refusait de coucher avec moi. Je le ressentais égoïstement comme un manque d’amour et une blessure pour mon orgueil. Par contre je ne réalisais pas du tout les conséquences de cette séparation et surtout je ne l’imaginais pas définitive, plutôt comme un moyen de lui faire comprendre que c’était important pour moi. Donc quand cela finit par arriver, j’étais plutôt détendu. Mais progressivement je me rendis compte du vide abyssal créé par son départ et quand je compris que, pour elle, notre relation était définitivement terminée, là je fus en panique. A cela s’ajoutait des résultats décevants aux concours écrits, j’étais dans une spirale infernale qui m’emmena au fond du trou, le désespoir me submergea, je ne contrôlais plus mes émotions. Je n’arrêtais pas de penser à elle, je dormais très mal et me levais tôt le matin pour marcher dans la rue seul, l’air hagard, ruminant mes erreurs. C’était mon premier chagrin d’amour, j’avais eu la naïveté de croire que ma vie était désormais sécurisée et toute tracée mais rien n’était acquis.
Lorsque je rentrai le week-end chez mes parents, j’étais en totale perte de confiance, complètement paumé et je craquai devant eux. Les larmes coulèrent sur mon visage, je n’avais pas pleuré depuis très longtemps, je ne m’en souvenais même plus. Avec mes amis j’arrivais quand même à faire bonne figure ainsi qu’avec Sonia quand on se croisait dans la cour, nous gardions des échanges amicaux. On s’envoyait même quelques textos mais finalement cela amplifiait ma souffrance en me donnant de l’espoir. Je me ressaisis lors des concours oraux, ce qui me permit d’améliorer mon classement et lorsque je découvris une école d’ingénieur qui avait l’air sympathique par le biais d’une plaquette de présentation, je donnai tout pour l’obtenir. En plus c’était dans une ville entourée par les montagnes, cela me permettrait de changer d’air.

Désert

A la rentrée, j’eus quand même du mal à tourner la page Sonia pendant les premières semaines d’intégration qui étaient pourtant prévues comme un sas de décompression après la prépa. C’était une longue succession de soirées étudiantes déjantées où l’alcool coulait à flot et pendant lesquelles de nombreux couples se faisaient puis se défaisaient. Malgré ces conditions favorables, je ne chopperais aucune fille, j’avais l’impression d’être redevenu l’adolescent timide et mal à l’aise du lycée restant avec son groupe de potes en cercle fermé.
Heureusement la montagne fut une échappatoire à ma frustration, je fis beaucoup de sport, j’adorais faire des randonnées en vélo, à pied ou en raquettes à neige. Les paysages sauvages étaient magnifiques, c’était un autre monde où mes rêves avaient tout l’espace nécessaire pour se développer. Chaque sortie à la montagne était une réjouissance, un hymne à la beauté majestueuse de la nature sauvage. Ce furent mes meilleurs souvenirs de cette période.
En deuxième année je fis un semestre d’étude en Suède avec le programme Erasmus, le pays des blondes aux yeux bleus, sportives et soi-disant entreprenantes lors des soirées alcoolisées. Malheureusement je ne fis pas l’objet de leur convoitise et comme j’étais toujours aussi passif, j’avais encore moins de chance de conclure. Pourtant je sortais souvent en soirée mais cela devait se voir sur mon visage que j’étais mal à l’aise et j’avais tendance à essayer de le cacher derrière un regard sévère ce qui n’arrangeait pas les choses. Bref ce n’était pas la joie affective au pays des belles blondes.
Je déclarerais quand même ma flamme à une espagnole de mon master, au téléphone, quasiment comme un gamin et elle déclinerait gentiment. Je commençais à me résigner à cette situation d’échec ce qui était encore pire. Pourtant je n’étais pas asocial, je me faisais beaucoup d’amis et on passait de bons moments ensemble, je faisais notamment la connaissance de Thibault, un autre français que je retrouverais à Paris des années plus tard et dans de bien meilleures dispositions. C’était juste sur les filles que je faisais un blocage.

Le mirage de l’oasis

Une lueur d’espoir apparut lorsque Sonia me recontacta sur MSN. On ne s’était pas parlé depuis quasiment un an, elle était désormais étudiante en première année à HEC Paris, la classe.
Dans certaines situations bien particulières comme notamment par écrans interposés, je pouvais devenir drôle et incisif, peut-être grâce à l’absence du regard de l’autre. La conversation se passa bien et on continua d’échanger régulièrement, je reprenais espoir. On discuta même de la possibilité de se revoir soit à mon retour en France ou bien à Milan quand elle y serait pour Erasmus à son tour quelques semaines plus tard.
Ce fut désormais mon mirage d’oasis que je garderais en ligne de mire dans l’espoir de sortir enfin de mon désert sexuel et affectif. Mais c’était trop beau pour être vrai, le chemin était encore long et semé d’embûches.

Troisième regret

On mit du temps à trouver un week-end de libre, je commençais à m’impatienter quand, par le plus grand des hasards, je découvris que le Bureau Des Arts (BDA) de mon école organisait un voyage à Milan : incroyable coïncidence ! Il n’en fallut pas plus pour me redonner espoir. Je me jetai sur l’occasion et m’inscrivis illico. Mon pote et colloc, Vincent, serait du voyage.
J’étais à la fois ému et stressé à l’idée de retrouver Sonia après tout ce temps. Nous faisions le voyage en bus de nuit, c’était long mais on finit enfin par arriver au petit matin. Nous avions prévu de nous retrouver avec Sonia sur la place centrale de Milan, la Piazza del Duomo. Vincent m’accompagnait. Soudain, une envie pressante me précipita dans les toilettes d’un restaurant afin de me délester prestement. C’était peut-être une solution pour mon corps d’évacuer la pression… Une fois l’esprit et l’estomac allégés je m’apprêtais enfin à retrouver l’élue de mon cœur après toutes ces épreuves.
Sonia était toujours aussi jolie. On se balada dans la ville en se racontant nos histoires, en comparant les us et coutumes italiens, français et suédois. Puis nous allâmes chez Sonia déposer mes affaires car j’y étais hébergé pour la nuit, sa colloc étant parti en vacances. Décidément je commençais à me dire que j’avais beaucoup de chance. On déjeuna dans son appart, elle m’avait même cuisiné un gâteau pour mon anniversaire : j’étais comblé et ma confiance en fut renforcée. On se balada toute l’après-midi puis nous rejoignîmes le groupe de mon école dans un restaurant. Sonia fit une entrée remarquée, elle sortait du lot des filles en école d’ingénieurs, et ce n’était pas pour me déplaire. Je pris un air détaché comme si j’étais sûr de moi en la laissant discuter avec d’autres sans m’incruster, sachant de toute manière que c’était moi qui rentrerais avec elle après la soirée.
Mais dès que l’on se retrouva tous les deux sur le chemin du retour, ma confiance s’effrita et mon corps se raidit. Était-ce le bon moment pour lui prendre la main, lui dire que je l’aimais et l’embrasser ? Toutes ces questions s’agitaient dans ma tête sans prise de décision de ma part dans un silence gêné. Finalement nous arrivâmes chez elle et nous nous souhaitâmes une bonne nuit.
Seul dans ma chambre, le spectre de mon échec avec Elodie refit surface, je me retrouvais dans la même situation. Je n’allais quand même pas laisser passer ça et revivre cette déception ! C’en était trop, je rassemblai mes forces et m’avançai dans le couloir vers sa chambre, mon cœur battait la chamade. Je frappai doucement à sa porte, Sonia ouvrit d’un air interrogateur et je lui demandai tout de go si elle avait eu un copain après moi. Je pensais naïvement et par orgueil que non mais elle me répondit par l’affirmative : première flèche dans le cœur ! Un peu déstabilisé je lui demandai comme un adolescent prépubère si elle voudrait bien sortir avec moi. Elle fut surprise et me dit que notre histoire remontait à longtemps (deux années s’étaient écoulées), que l’on venait à peine de se revoir donc c’était trop tôt. J’acquiesçai avec gêne puis je baragouinai quelques mots d’excuse et me retirai piteusement dans ma chambre.
J’étais sonné. Pourtant j’aurais pu relativiser, ce n’était pas un refus, simplement un appel à la patience mais le fait qu’elle avait eu d’autres histoires après moi me renvoyait à la face ma condition pitoyable de naïf timide sans expériences. Comment avais-je pu imaginer qu’elle fut restée seule pendant si longtemps comme moi ? Je n’arrivais pas à dormir, j’en vins à me branler dans un désespoir total, remplis de frustration et d’impuissance.
Le lendemain matin j’étais en très mauvaise forme, mon orgueil blessé se transforma en colère sourde et Sonia le perçut. Elle me demanda si je comptais déjeuner avec mes amis et je l’interprétai comme un moyen pour elle de se libérer de moi. Je le pris mal et m’en allai précipitamment en lui disant à peine au revoir. Quelques heures plus tard, elle m’envoya un texto amical en me disant que c’était dommage que je fusse parti si vite. Ce fut seulement à ce moment que je pris conscience de ma méprise, encore une fois j’avais mal interprété et je m’étais emmuré dans mon silence. J’essayai de l’appeler puis je lui envoyai un texto me confondant en excuses et en regrets. Trop tard il était temps de partir.
Le retour en bus fut long mais propice à la réflexion, j’étais surpris de mon comportement avec Sonia, comme si je découvrais une autre personne en moi. C’est souvent face à l’autre que l’on apprend qui nous sommes vraiment au fond de nous. Comment avais-je pu foutre en l’air une telle chance ?
Une fois rentré, j’écrivis un mail à Sonia où je revenais sur ce qu’il s’était passé et j’essayais d’expliquer ma méprise tout en m’excusant de mon empressement. Elle me répondit d’un ton aimable que je l’avais effectivement mal compris, qu’elle avait bien l’intention de venir déjeuner avec moi et mes amis mais comme j’avais l’air fâché contre elle, le doute s’était installé. Elle n’était pas choquée par ma proposition de se mettre ensemble mais simplement surprise étant donné que l’on venait à peine de se revoir après quasiment deux ans d’absence.
J’ai oublié de préciser lors de la soirée fatale à Milan, qu’après que Sonia ait répondu à ma question sur sa vie sentimentale, je lui avais menti pour sauver la face en disant que moi aussi j’avais eu des histoires et comme ça n’avait pas marché je pensais que je pourrais réessayer avec elle. Sonia me faisait gentiment remarquer que cette phrase était maladroite. A la lecture de ce message, mon cœur s’emballa à nouveau : donc tout n’était pas perdu, quel idiot ! Je décidai de me confier à elle et tout lui expliquer, je lui avouai n’avoir eu aucune relation après elle, que j’étais conscient que c’était très étrange et que je n’avais pas d’explications puis je lui déclarais ma flamme, qu’elle me plaisait énormément et que j’espérais de tout cœur la revoir. J’étais un enfant désespéré qui tendais la main à sa maman en espérant être secouru. Il n’y aurait pas de réponse, je l’accepterais avec fatalisme et résignation.
Quelques jours après, je choppais une nana très moche en étant bourré, je la tripotais sur la piste de dance tandis qu’elle me racontait des histoires graveleuses, je finis par fuir de honte. Voilà où en était mon état affectif à ce moment.
Heureusement, du côté des études ça se passait bien, j’avais de bons amis et je me dépensais sans compter à la montagne, c’était mes bouées de sauvetage.

Renaissance

Peu de temps après, je fis la connaissance de Justine lors d’un rassemblement régional de jeunes catholiques. Nous étions dans le même groupe et nous avions rapidement sympathisé. Le soir, en partant, je lui demandai son numéro puis on s’échangea des nouvelles régulièrement. C’était l’été, je faisais mon stage dans la ville de mes études qui était déserte pendant les vacances scolaires avec une chaleur estivale étouffante. Heureusement la vue des montagnes verdoyantes compensait. Justine et moi n’habitions pas dans la même ville mais on se retrouva rapidement à l’occasion d’une visite à l’un de ses amis qui habitait près de chez moi pendant un week-end. En fait nous passâmes quasiment tout le week-end ensemble, le courant passait bien. Puis elle me proposa de venir la voir dans sa ville et c’est là que notre histoire commença.
De retour de soirée après un sympathique dîner suivie d’une tournée des bars, je l’embrassai sur un quai au bord du fleuve. Ce ne fut pas le coup de foudre mais sa présence m’apaisait, j’appréciais sa personnalité bienveillante tout en ayant du caractère et son intelligence. On se vit régulièrement pendant l’été en faisant de nombreuses randos à la montagne et en dormant sous la tente après avoir admiré le ciel étoilé. J’avais enfin une vie sociale et affective remplie comme je l’espérais depuis le début de l’école d’ingé : je vivais en colloc avec mes potes et j’étais en couple. Ce fut long mais j’y étais enfin arrivé et j’avais envie de rattraper le temps perdu.
Je m’empressais donc de présenter fièrement Justine à mes potes et même d’en informer ma famille alors que l’on n’avait jamais évoqué mes histoires de cœur. J’avais envie que cela se sache pour rassurer et surtout me rassurer, me sentir enfin comme les autres. Mais il y avait encore un long chemin à parcourir, surtout sur le plan sexuel. Justine et moi avions peu d’expériences dans ce domaine donc les débuts furent laborieux mais excitants. Je connaissais enfin le plaisir du sexe régulier, par contre cela ouvrit une boîte de Pandore où tous mes désirs refoulés et mes pulsions se libérèrent. J’en étais moi-même gêné et je n’osais pas en parler. Je commençais à regarder du porno pour la première fois, j’en devins accro : voir des filles sexy se faire prendre dans tous les sens en hurlant de plaisir m’obsédait. Je ressentais un manque et ma relation avec Justine ne suffisait pas à le combler. J’étais honteux de ma double attitude : copain affectueux et tendre d’un côté, obsédé sexuel de l’autre. Mais comme d’habitude je cachais sous le tapis ces contradictions et les questions qu’elles soulevaient. Surtout ne pas remettre en cause ma relation avec Justine que j’avais tant attendu, j’avais trop souffert de la solitude, je voulais avancer coûte que coûte. De plus, j’appris beaucoup à ses côtés et au contact de ses amis ou de sa famille. Elle venait d’un milieu plus modeste que le mien mais dans un cadre de vie agréable : ses parents habitaient une maison bien entretenue avec un jardin au-dessus d’un plateau surplombant une plaine. J’aimais y passer le week-end avec elle, c’était reposant. Les relations dans sa famille étaient également différentes de la mienne, Justine avait deux sœurs qui avaient l’habitude de se confier et d’exprimer leurs sentiments.
Je reverrais quand même Sonia une fois lors d’un voyage à Paris. Comme désormais j’avais une copine, je me disais que je serais plus à l’aise avec elle et j’espérais au fond de moi que l’on puisse se remettre ensemble. Nous prîmes un thé en se racontant des banalités mais ce n’était qu’un début d’après ma stratégie de reconquête, mon objectif étant de ne pas faire de vagues comme la dernière fois pour la rassurer sur mon état. Ensuite je pensais que l’on se reverrait et que j’aurais temps de renouer les liens petit à petit. Ce fut peine perdue, le peu de fois où je passais à Paris elle n’était jamais disponible et nos échanges demeuraient brefs et creux donc je finis par couper les ponts. Toutefois, je ne pouvais m’empêcher de temps en temps de chercher son nom sur internet en espérant glaner quelques photos ou la moindre information sur sa vie.
Donc je m’accrochais à Justine. A la fin de mes études je trouvai un boulot à Paris et elle me rejoignit quelques mois plus tard. On s’installa ensemble, une nouvelle vie de couple commençait. Cela se passa bien entre nous même si sur le plan sexuel ce n’était pas la folie, en grande partie à cause de moi, j’y reviendrai plus tard. Mais sur le reste tout allait bien, nos salaires de cadre nous permettaient d’avoir un bon niveau de vie avec un agréable appartement dans Paris, d’aller au théâtre, de partir régulièrement en vacances à l’étranger, au ski ou pour revoir nos familles. On se fit également de nouveaux amis à Paris notamment sur l’initiative de Justine via la paroisse de notre quartier qui était jeune et dynamique, j’en garde encore un bon souvenir. Justine avait du tempérament et de la volonté, souvent elle m’incita à agir et m’engager.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Intéressant le 09.09.20, 01h13 par Onmyoji

Bonsoir à tous!
Je n'ai pas l'habitude des forums et je me rends compte que j'aurais pu faire une meilleure introduction :D
Alors voilà j'ai la trentaine et j'ai écrit un récit sur mon expérience avec les femmes car j'avais envie de la partager et qu'il me semblait que ça pourrait intéresser des personnes qui auraient été dans des situations proches.
Je l'ai écrit sous format livre papier et ebook pour aller jusqu'au bout de la démarche mais ce n'est pas facile à diffuser et finalement ce qui m'importe le plus c'est d'avoir un retour et de pouvoir échanger sur le sujet donc voilà pourquoi j'ai décidé de le publier sur ce forum. Je suis donc preneur de vos avis positifs ou négatifs sur le fond comme sur la forme!
Bonne lecture.

CHAPITRE 2 : TOUCHER LE FOND POUR REMONTER A LA SURFACE

« Les matins se suivent et se ressemblent
Quand l’amour fait place au quotidien
On n’était pas fait pour vivre ensemble
Ça ne suffit pas toujours de s’aimer bien »
Joe Dassin, Salut les amoureux


Premier élément perturbateur : la rupture de l’engagement pour Elle

Petit à petit, l’idée de passer à l’étape supérieure avec Justine fit son chemin. Nous étions en couple depuis trois ans, nous habitions ensemble et nous menions une vie stable, relativement heureuse. De plus nous étions catholiques pratiquants donc toutes les cases étaient cochées. Je n’y pensais pas trop mais après quelques allusions subtiles de certains proches je commençais à m’interroger sérieusement. Effectivement, pourquoi ne pas aller au bout de l’engagement sinon cela voudrait dire que je ne l’aimais pas vraiment ? Pendant plusieurs mois je me triturais le cerveau en pesant le pour et le contre mais finalement sans jamais oser regarder au fond de moi de manière lucide.
Je finis par me décider d’acheter une bague de fiançailles en prévoyant de lui offrir lors d’un prochain voyage à New York. Ce fut de nuit dans un bar restaurant sur le toit d’un gratte-ciel. J’avais un trac énorme et j’avais hésité longuement pendant les jours d’avant, quelque chose au fond de moi me bloquait mais j’avais peur d’y regarder de plus près, tellement les conséquences pouvaient être douloureuses. A l’instant où je demandai à Justine de devenir ma femme et qu’elle accepta, le voile de mon déni se déchira et je compris à ce moment que c’était une erreur. Plus rien ne serait comme avant.
Je n’osais pas en parler, c’était trop con de tout foutre en l’air après tout ce que l’on avait vécu ensemble donc je pris sur moi bien que cela devenait de plus en plus difficile. Nous annonçâmes la nouvelle à nos familles et nos proches, au fur et à mesure l’étau se resserrait mais je restais mutique tout en retardant discrètement les préparatifs. J’espérais lâchement que les gens finiraient par comprendre d’eux-mêmes ou alors que je changerais d’avis. J’étais de plus en plus pensif, je luttais intérieurement en pesant le pour et le contre mais il m’était désormais impossible de nier mes sentiments profonds. La digue avait sauté et j’avais été emporté par le flot de mes frustrations cachées, de mes désirs et de mes rêves trop longtemps refoulés. Je cherchais à m’évader en regardant des vidéos de voyageurs aux quatre coins du monde. Je me réfugiais également dans l’écriture autobiographique pour essayer de mieux comprendre ce qu’il m’arrivait et comment j’en étais arrivé là. On ne faisait quasiment plus l’amour avec Justine, elle se doutait que quelque chose clochait mais nous n’en parlions pas. Comme je n’étais pas très discret et que nous utilisions le même ordinateur elle finit par découvrir mes confessions écrites, peut-être était-ce un acte manqué de ma part ?
Il est difficile pour moi d’imaginer avec justesse les sentiments qui la traversèrent à la lecture de ce document mais ce fut probablement l’équivalent d’un coup de poignard dans le cœur, une surprise totale. Je m‘étais parfois livré sans retenue par écrit et certains passages lui firent beaucoup de mal, surtout en l’apprenant de cette manière. Quelques temps plus tard, nous célébrâmes nos fiançailles dans la ville de mon enfance avec nos familles. Ce fut une belle cérémonie organisée par ma mère dans une jolie petite église romane perchée en haut d’une colline à l’abris des regards, ce cadre intime était tout à fait ce qu’il me fallait. Justine m’observait avec attention depuis sa découverte pour essayer de déceler mes sentiments réels mais je gardais mon masque. Mes parents s’aperçurent tout de même qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas et m’en parlèrent séparément. Ils se montrèrent très compréhensifs et tendres à mon égard, je leur en fus énormément reconnaissant. Avec Justine, ce fut évidemment plus compliqué. Elle attendit le soir lorsque nous fûmes seuls dans ma chambre pour m’avertir qu’elle avait tout découvert : elle était dévastée et j’étais complètement désemparé, honteux.
Désormais elle ne me faisait plus confiance, à juste raison. Nous restions quand même ensemble en espérant tous les deux une amélioration de la situation mais malgré mes nombreuses prières, rien ne changea. J’en vins même à me confesser à un prêtre, je ne l’avais pas fait depuis au moins dix ans. Ma gentillesse menait à l’indécision quand les conséquences de chacune des options pouvait blesser d’autres personnes et cette attitude faisait finalement plus de mal qu’un choix franc, même brutal. Heureusement ma famille et mes amis proches se montrèrent bienveillants à mon égard pendant cette épreuve, ce fut l’occasion de découvrir à quel point ils étaient importants pour moi, la base de tout.
Au bout de quelques semaines, la situation avec Justine devint intenable alors que nous vivions encore sous le même toit et que je dormais sur le canapé. Je n’ai plus de souvenirs précis de cette période, ce fut un lent processus où la fin de notre histoire devint peu à peu inéluctable à mes yeux. Je ne sais plus comment j’annonçai ma décision à Justine, sans doute pudiquement pour ne pas dire lâchement. Je me rappelle simplement avoir envoyé le préavis de résiliation du bail de notre appartement, ce fut le premier symbole concret de notre rupture. Puis je prévins les proches, moment délicat mais nécessaire, je n’aimais pas parler de mes sentiments, j’allais être servi… Ceux qui n’étaient pas au courant de mon tiraillement furent très surpris mais aucun ne me jugea, je les en remercie.

Tourner la page en s’engageant pour les Autres

Maintenant j’avais besoin de tourner la page, de prendre l’air. Je me lançai le défi de rejoindre Londres à vélo en partant de Paris. Ce fut un gros effort physique et mental couronné par la satisfaction d’arriver au bout d’une aventure excitante, une grande découverte qui me donna envie de refaire ce type de périple pendant plusieurs années.
Par ailleurs, Justine et moi nous étions engagés sur son initiative dans une association. J’avais participé à quelques sorties lorsque le renouvellement de l’équipe d’animation de notre groupe eut lieu. A ma grande surprise on me demanda de réfléchir à en devenir le responsable. Au début je pensais dire non car j’avais très peu d’expérience dans ce domaine mais ils me rassurèrent en m’expliquant qu’il y avait déjà eu des situations analogues et que cela s’était bien passé. C’était un engagement fort de deux ans avec des sorties régulières le week-end ainsi que des réunions des soirs en semaine et du travail de coordination au quotidien. Je songeais à partir faire un tour du monde pour recommencer à zéro mais je fus sensible à cette proposition, je croyais en la destinée et c’était une opportunité de découvrir un autre univers. Finalement j’acceptai la proposition et je ne serais pas déçu mais comme ce n’est pas le sujet de ce récit je n’en donnerais pas plus de détails.
Donc comme je ne partirais pas en voyage, je décidais de me jeter à corps perdu dans l’engagement pour les autres, peut-être dans l’idée de racheter ma conduite et puis aussi pour combler le vide dans ma vie. Je ne m’étais pas donné à Justine donc je me donnerais aux Autres.

Briser la solitude

Cependant ma vie affective était au point mort, je ne sortais quasiment pas en soirée, la plupart de mes potes étaient casés et j’avais perdu de vue les autres. Ce fut long à me reconstruire un réseau et j’étais de toute façon très occupé.
Finalement, après quelques mois de ce rythme de vie quasi monacal, j’accompagnais des collègues dans un bar latino à Paris lors d’un match de la coupe de monde qui se passait au Brésil. Je remarquais une jolie fille se tenant à l’écart d’un groupe et qui semblait s’ennuyer. Sans doute légèrement grisé par l’alcool et l’ambiance festive, je l’abordai d’un ton désinvolte. Elle apprécia mon initiative donc nous continuâmes la conversation, elle venait du Mexique et elle était en stage à Paris. Nous discutâmes un temps jusqu’au moment où le personnel du bar retira les tables pour faire de la place sur la piste. Le DJ monta le son, j’en profitai pour l’inviter à danser malgré mon peu de connaissance de la salsa. Elle se montra compréhensive et nous commençâmes à nous coller l’un à l’autre. Ses amis nous laissèrent tranquilles, je me sentais léger, le désir montait en moi mais je n’osais pas l’embrasser, faire le pas décisif en prenant le risque d’être rejeté. Le temps passa, elle finit par s’en aller avec ses copines et je n’eus même pas la présence d’esprit de lui demander son numéro. Ce ne fut qu’après, lorsque je me retrouvai seul, que je me rendis compte de ma connerie et je le regretterais pendant longtemps. Au moins cet épisode me servit d’électrochoc, je pris conscience que cette situation ne pouvait plus durer et que j’avais besoin de trouver une copine.
C’est à ce moment-là que mon pote Vincent se fit larguer, je retrouvais donc un compère célibataire motivé pour sortir et faire des rencontres même si j’avais toujours peu d’occasions en raison de mon engagement associatif. On redécouvrit les sorties dans les bars et boîtes de Paris pour draguer comme des novices, un peu déboussolés mais excités par l’inconnu. On se fit recaler de temps en temps à l’entrée, souvent il ne se passa rien avec les filles mais on persévérait.
Finalement je finis par chopper une nana dans un bar dansant près des grands boulevards. Elle fit le premier pas en me posant une question banale et j’embrayai là-dessus en confiance. A nouveau je constatais ma métamorphose en soirée sur la piste de danse avec de la musique et la lumière tamisée : j’étais plus détendu, à la recherche de rencontres. Donc je ne tardai pas à lui proposer de danser ensemble et nos corps se rapprochèrent, je la serrai dans mes bras puis je remontai ma main pour saisir délicatement son coup et l’embrasser langoureusement. Un collègue était présent par hasard avec ses potes, cela me fit une réputation de dragueur bien loin de la réalité à l’époque.
Ensuite on se vit régulièrement avec la nana et je finis par me lancer en l’invitant un soir à dîner chez moi. J’étais pressé de passer à la vitesse supérieure pour exorciser toutes mes frustrations mais j’étais encore loin de la fin de mes peines. Pourtant tout se passait bien, elle avait apprécié ma cuisine, on était passé à l’effeuillage pour le dessert et elle avait l’air très à l’aise contrairement à moi. Je commençai par lui caresser le clitoris afin de me mettre en confiance en lui donnant du plaisir puis je saisis une capote mais elle décida d’abord de me récompenser par une gâterie. C’était la première pipe de ma vie, j’étais surpris et à peine se mit-elle à l’œuvre que je jouis. J’étais très gêné, elle était évidemment surprise mais elle ne le prit pas trop mal. Je décidai de lui faire un cunnilingus en attendant de bander à nouveau mais ça ne revint pas. J’étais à nouveau confronté à mon impuissance et à mon manque de contrôle comme avec Sonia, le problème n’était pas du tout résolu. Vexé et honteux, je m’enfermais dans le silence même si elle se montra très gentille et patiente à mon égard. On continua de se voir après mais elle évita les situations propices au sexe sauf une fois chez elle où, après avoir pris du plaisir avec mes caresses, elle me proposa une nouvelle fellation que je déclinai par pudeur et aussi en redoutant de subir le même échec. Elle me quitta peu de temps après probablement lassée par mon insistance pour coucher ensemble. Retour à la case départ.

Deuxième élément perturbateur : le nouveau Captain

Quelques semaines plus tard, j’allais à Rennes pour un week-end avec des potes de prépa dont le dénommé Captain. On s’était un peu perdu de vue mais j’avais pu observer l’évolution de sa personnalité au gré de nos retrouvailles épisodiques. Le jeune homme que j’avais connu en prépa fondu de sciences pures, très bon pédagogue, doué pour les imitations ironiques de nos professeurs mais un peu réservé avait laissé progressivement place à un jeune homme décontracté, confiant, épanoui et à l’humour communicatif. De par nos rares discussions, j’avais compris qu’il avait éclos suite à son entrée dans la vie active à Paris en devenant un grand dragueur et je voulais mettre à profit ce week-end pour en savoir plus. Il se confia à nous sans ambages, de manière très simple avec quelques formules qui me frappèrent comme « l’important ce n’est pas le pourcentage de réussite mais le nombre de réussites ». C’est-à-dire il ne faut pas se laisser abattre par les échecs mais continuer inlassablement et ça finirait par payer. Il nous racontait ses débuts craintifs et hasardeux puis ses premiers succès et enfin un état de grâce où il multipliait les conquêtes en tout lieu et en toute situation jusqu’à en devenir saturé.
Son discours fit le plus grand effet sur ma conception des relations entre filles et garçons et notamment sur la drague. J’avais jusqu’ici une image très idéaliste de la femme à la fois vertueuse et inaccessible qui était bien mise à mal par la description de ces expériences concrètes. Ainsi il était possible de séduire des nanas en grande quantité en pratiquant la drague inlassablement et la confiance viendrait avec les premières conquêtes. Je ne réalisais pas encore tout ce que cela signifiait et je n’osais pas lui en parler plus en détails de peur de montrer mon ignorance sur le sujet mais j’y réfléchis longtemps après cette rencontre, je sentais qu’il y avait quelque chose à creuser, que ma vision était erronée.

Troisième élément perturbateur : face à la vérité

Quelques mois plus tard intervint un élément déterminant dans ma vie affective lors d’une banale soirée encore avec mes potes de prépa sur Paris. Au hasard de la conversation j’appris que mon amour de l’époque, Sonia, avec qui j’avais eu une histoire passionnée, avait couché avec un sombre type de ma classe quelques mois après notre rupture. Je n’étais pas sûr d’avoir bien entendu mais je n’osais en parler devant tout le monde donc j’attendis la fin de la soirée pour demander la confirmation à un ami qui acquiesça en précisant à la vue de mon regard désespéré que ça n’avait pas duré longtemps.
A ces mots, mon cœur s’arrêta de battre et mon estomac se noua. Le monde idéaliste que j’avais bâti autour de moi s’écroulait, le voile de mon ignorance naïve se déchirait et me laissait entrevoir la réalité brute, sans interprétation possible. C’était un fait indéniable. J’étais déboussolé, je titubais en rentrant chez moi. Je me rendais compte qu’il y avait quelque chose qui clochait en moi, j’étais complètement déconnecté de la réalité car jamais je n’aurais imaginé cela. J’avais idéalisé notre relation avec Sonia à un point où je la croyais unique et exclusive ou du moins mon orgueil ne pouvait concevoir qu’un gars de mes connaissances puisse coucher avec elle. J’avais déjà pris conscience de certaines incohérences de mon système de pensée mais là c’était le coup de tonnerre dans mon esprit obscur. Plus rien ne serait comme avant.
Pendant plusieurs mois l’image de Sonia avec ce type me hanta, je voulais bien ne plus être avec elle mais je ne concevais pas qu’un autre prenne ma place et encore moins un type comme lui. C’était puéril de ma part mais je ne pouvais plus me cacher ces sentiments qui me harcelaient en continue, je n’arrêtais pas d’y penser, j’avais des maux d’estomacs, je ne dormais plus la nuit. Pendant mes longues périodes de solitude j’avais pris l’habitude de me réfugier dans le souvenir de notre histoire avec Sonia et désormais je ne pouvais plus utiliser ce réconfort mental. Ou plutôt cette prison car cette technique de secours m’empêchait d’aller de l’avant. Cette fois-ci je m’obligeais à regarder la vérité en face, je ne voulais plus rien me cacher même si c’était douloureux. La honte et le désespoir me submergèrent mais je continuais de ressasser ces images en les confrontant à celles, naïves et idéalistes, que j’avais imaginé après notre rupture pour me réconforter. Je replongeais dans mon passé avec mes yeux neufs pour comprendre ce qu’il s’était passé et comment j’avais pu en arriver là.
C’était trop dur pour garder cette souffrance pour moi, je décidais donc de l’exprimer à mon pote Vincent lors d’un voyage en Inde. J’étais hanté par cet échec avec Sonia, j’avais tout fait de travers, j’en avais les larmes aux yeux et la gorge étouffée par la honte quand je lui en parlais. Cela me fit du bien de me confier à lui, je me libérais d’un fardeau et il me réconforta. Mes frustrations enfouies depuis longtemps traversaient mon corps et se diluaient dans mes larmes ou s’évaporaient dans mes paroles. Les pensées négatives agissent sur le corps jusqu’à ce que l’on arrive à s’en libérer en les matérialisant par la voix, les pleurs ou les gestes.

Le changement c’est maintenant : les dates

Plus rien ne serait comme avant, je me le jurais, l’orgueil blessé fit place à la rage et me sauva du désespoir. Tout devait changer, il fallait désormais que je pense à ma gueule car j’étais au bord du précipice, c’était une question de survie. J’avais gâché ma jeunesse, j’avais ruiné de nombreuses occasions par ma lâcheté alors que j’avais de bonnes cartes en main : il fallait que ça change.
En rentrant d’Inde je m’inscrits illico sur le site de rencontre Adopte un Mec, je voulais rattraper le temps perdu par tous les moyens quitte à repartir de zéro à 28 ans, comme un puceau. Je me fichais des convenances, des jugements, seul le résultat comptait, mon plaisir était devenu ma priorité.
Je découvris les recherches de profil, les premiers matchs, les discussions pour susciter l’intérêt puis les premiers dates. C’était un nouveau monde où les nombreuses filles de Paris inscrites sur ce site défilaient sous mes yeux par le simple mouvement de mes doigts. Cela avait tendance à développer un esprit de consommateur bien que pour ma part les résultats furent lents. C’était quand même pratique pour s’exercer dans la séduction par la discussion, susciter l’intérêt en peu de phrases car les filles avaient l’embarras du choix et peu de temps disponible.
Je ne fis pas trop la fine bouche pour les débuts et je finis par emballer à pleine langue comme un assoiffé une moche après un premier rendez-vous bien arrosé. Je lui proposai même d’aller chez moi tout excité mais elle refusa. Je passais mes soirées en semaine à draguer sur internet en multipliant les approches et les prises de contact. Peu de temps après, pendant un week-end où j’étais dans un bar avec Vincent, je choppais une nana sur la piste de danse, la confiance revenait.
A la même période, j’entretenais depuis plusieurs mois une relation amicale ambiguë avec une de mes collègues et, dans mon nouvel état d’esprit, je finis par me lancer à la fin d’une soirée entre collègues. Je lui pris la main en quittant le bar et l’embrassai dans la rue. On continua notre histoire pendant plusieurs semaines en discutant beaucoup, cela me fit du bien et je commençais à sortir la tête de l’eau. On fut même tout proche de conclure mais elle préféra en rester là. Puis on reprit nos distances sachant chacun que cette histoire n’avait pas d’avenir et qu’il valait mieux rester amis.
Même si je multipliais les rencontres, j’envisageais encore à ce moment de me poser avec une fille qui me plut mais j’explorais toutes les pistes en parallèle, je ne voulais plus perdre de temps.
Certaines filles me menèrent en bateau dans d’interminables rendez-vous à répétition sans qu’il ne se passe rien. Je fis même cinq dates avec une nana dont deux sorties au théâtre et deux dîners au restaurant qui n’aboutiront à rien, je n’arrivais pas à découvrir ses intentions et je n’osais pas pour le moment exprimer clairement les miennes. Mais au moins je m’entraînais à séduire, j’apprenais ce qui fonctionnait ou pas donc ce n’était pas du temps perdu. Ce qui me paraissait impossible auparavant me semblait désormais accessible.

Introspection

J’avais également beaucoup réfléchi à mes problèmes fréquents d’éjaculation précoce et d’impuissance, je m’étais renseigné sur internet et j’y appris que les causes étaient souvent mentales. Effectivement, je finis par faire le rapprochement avec ma gêne face au plaisir personnel issue à la fois de mon sentiment d’imposture vis-à-vis de l’image que j’avais de la vie de mon père qui avait travaillé dur toute sa vie et aussi d’une interprétation littérale de la morale catholique qui tendait à me sentir coupable d’éprouver du plaisir s’il était avant tout personnel.
L’Eglise d’aujourd’hui ne condamne plus frontalement la sexualité hors du mariage mais sa doctrine n’a pas beaucoup évolué si on l’interroge sur ce sujet. De là apparait une forme d’hypocrisie où les croyants pratiquants respectueux des préceptes qu’on leur enseigne se retrouvent tiraillés entre leurs besoins physiologiques dont la sexualité fait partie et leur fidélité à la morale chrétienne. Cette situation est d’autant plus difficile à gérer dès l’émergence du désir amoureux et sexuel pendant la puberté qui demande des essais pour mieux se connaître afin de pouvoir ensuite trouver la bonne personne. La nécessité de découvrir son corps et sa personnalité est complètement occultée la doctrine catholique. D’après mon expérience personnelle, beaucoup de croyants comme je l’ai été passent outre l’interdit de sexe avant le mariage et utilisent des moyens contraceptifs. Les prêtres n’en parlent pas beaucoup tant que ces comportements restent discrets. Mais il me semble que cette pudeur hypocrite et ce décalage avec la réalité de la nature humaine contribuent à la diminution du nombre de pratiquants alors que certains messages du christianisme, comme par exemple la charité, l’humilité et le pardon mériteraient d’être davantage mis en avant dans notre société.
Ainsi ce sentiment d’imposture vis-à-vis de mon père et cette culpabilité du plaisir personnel combinés à mon tempérament idéaliste avec une tendance à la surinterprétation m’avaient beaucoup desservi. Mais peu importe, désormais le plus important était d’avoir identifié les causes du mal pour pouvoir trouver un remède efficace qui ne pouvait venir, au final, que de moi. J’étais à la fois le problème et la solution, mon ennemi le plus dangereux et mon allié le plus puissant. Bien sûr, j’aurais pu le découvrir plus tôt grâce à de l’aide extérieure mais mieux valait tard que jamais.
Dans la même période, je passais la main dans mon asso ce qui me laissait beaucoup de temps libre que je comptais utiliser pour le sport et la drague.

La (re)découverte de soi, réflexions sur la nature humaine

Je redécouvrais le sport comme une métaphore de la vie, de notre combat de tous les jours contre nos lâchetés, notre manque de confiance et un moyen de comparaison avec les autres, de confrontation pacifique. Cela permet de travailler la volonté, la persévérance, la gestion de l’échec et de la pression, le contrôle puis le dépassement de soi qui sont toutes des compétences très utiles pour la drague. L’escalade fut notamment pour moi un bon exercice pour les développer. On commence au pied du mur et il faut grimper tout en haut sans lâcher, en restant concentré sur ses gestes, dosant ses efforts, utilisant son instinct et domptant la peur du vide jusqu’au bout. Réessayer tant que l’on échoue et même après avoir réussi il faut recommencer du point de départ.
J’en profitais aussi pour mater les filles à la silhouette sportive avec un nouveau regard d’envie presque non dissimulée, j’assumais mon instinct animal, je m’imaginais les prendre et les faire jouir mais ce n’était pas encore le moment.
Je réfléchissais beaucoup également à la nature humaine, je me rendais compte que nous n’étions pas aussi libres que je le pensais avec cette idée serinée pendant toute la scolarité que l’on pouvait tout faire tant que l’on s’en donnait les moyens. Ce n’était pas vrai et cette croyance pouvait conduire à beaucoup de frustrations jusqu’au fatalisme suite à des échecs répétés dans une situation sans issue. Je pris conscience qu’une partie de mes traits de caractère étaient innés et que je pouvais difficilement les modifier. C’est ce qui fait également tout l’intérêt de l’humanité avec des individus différents sinon cela voudrait dire que nous pourrions tous devenir identiques dans nos humeurs, nos faiblesses et nos forces.
Bien entendu il y a également le cadre social et familial qui a une forte influence pour favoriser les succès d’un côté ou les rendre plus difficiles de l’autre et il tient donc de créer les conditions suffisantes pour que chacun puisse développer au mieux ses compétences.
Paradoxalement, cette découverte de notre liberté encadrée par des lois de la nature me rendis plus libre car je me délestais du poids de la culpabilité, n’étant pas responsable de ce que j’étais. Par contre j’étais responsable de ce que je faisais. Jugeons les actes plutôt que les personnalités.
Donc mieux vaut découvrir le plus rapidement possible ce que nous sommes en ayant un regard lucide sur le résultat de nos actions, sur les sentiments que nous éprouvons et sur l’avis des personnes qui nous entourent. Bien sûr il faut persévérer et multiplier les expériences avant d’en tirer des conclusions afin de distinguer les objectifs irréalistes de ceux que l’on peut atteindre après des efforts. Il y a un risque de se tromper mais c’est toujours mieux que de rester dans l’illusion que tout est possible et s’obstiner dans l’échec avec parfois la bonne intention de faire plaisir aux autres. Ce slogan trompeur culpabilise les perdants ou engendre des biais injustes pour les plus méritants en essayant de maintenir à tout prix un idéal irréaliste d’égalité.
Le culte du choix d’orientation libre se heurte à la dure réalité de la nature humaine, à son animalité instinctive et innée. Évidemment il faut la raisonner mais pas la museler. Le désir sexuel, l’ambition, l’égoïsme, la joie, l’amitié et, pour un homme, la virilité font partie selon moi de cet instinct animal qui surgit en nous et dont nous devons admettre l’existence avec lucidité, en peser les avantages et inconvénients avec notre raison en se basant sur l’expérience, parfois y céder et d’autres fois le contenir tel un équilibriste.
Il est important de prendre conscience de ce qui est au fond de nous, de s’écouter, même si les risques sont de succomber à l’individualisme et à l’égoïsme. Il faut parfois en passer par là surtout quand on déprime et que l’on perd confiance. Revenir à soi, penser d’abord à son bien-être et moins compter sur les autres. Devenir acteur de sa vie, avoir un regard lucide sur la réalité quitte à briser certains idéaux comme pour moi l’avaient été le catholicisme et ma vision policée des relations entre les hommes et les femmes. Il ne faut pas subir mais être le plus possible en position d’assumer ses choix de vie ou bien même ses non choix, c’est-à-dire ce que nous ne pouvons pas changer comme par exemple nos défauts physiques ou de caractère. Évidement il faut réduire au minimum les effets négatifs de ses défauts et développer au maximum ses qualités mais parfois il est plus bénéfique d’avoir le courage d’accepter ce que l’on ne peut pas changer plutôt que d’essayer inlassablement en échouant et en se lamentant toute sa vie.
Par exemple, longtemps j’ai eu un complexe sur la taille de mon pénis d’après ce que je lisais sur les forums internet ou bien en comparant furtivement dans les douches collectives. J’étais également très préoccupé par mon éjaculation précoce et ma difficulté parfois à bander. Pour les deux derniers défauts j’ai pu les corriger après une introspection mais pour le premier il a bien fallu finir par l’accepter tout en donnant le meilleur de ce que j’avais et vous pourrez constater prochainement dans ce récit que cela ne me poserait finalement pas de problèmes pour donner du plaisir aux filles et que même elles en redemanderaient ! Donc pas de fatalisme négatif mais une lucidité combative.
Voilà qu’elle était devenue ma philosophie de vie à ce moment, je reprenais confiance en moi, j’étais plus à l’aise avec mon corps. Même si je n’avais pas encore la preuve concrète de pouvoir séduire et satisfaire une fille, désormais, à bientôt 29 ans, je n’en doutais plus.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 11.09.20, 07h31 par The_PoP

CHAPITRE 3 : NAGE LIBRE AVEC LES SIRENES

« J'ai besoin de vivre
De vivre devant moi
Ceux qui m'aiment me suivent
Je sais, toi, tu restes là
J'ai besoin d'aimer
Je ne sais rien faire d'autre
J'ai besoin d'aimer et c'est pas ta faute
C'est ma faute à toi»
La rue Ketanou, Ma faute à toi

Nouveau départ

Ma nouvelle vie commença au Café Chéri dans mon quartier, près de Belleville. J’y étais avec mon pote Thibault que j’avais rencontré des années auparavant en Suède pendant mes études Erasmus et avec qui j’avais repris contact récemment. J’étais en train de fumer une clope en terrasse lorsqu’une nana me demanda du feu. Elle avait un nez fin et droit très mignon, un joli visage et un petit accent qui me permit de trouver facilement une accroche.
J’ouvre une petite parenthèse polémique qui se vérifiera plusieurs fois dans mes prochaines expériences : oui le tabac tue mais il donne aussi des opportunités de conclure…
Donc on commença à discuter de nos vies : Alexa suivait des études de psychologie en France après avoir été informaticienne en Grèce, son pays d’origine. Une fois sa clope terminée, elle rejoignit ses copines à l’intérieur et je la retrouvai plus tard sur la piste de danse, mon lieu de prédilection. Le DJ était bon, la musique entrainante, la lumière rouge tamisée et la densité de population facilitaient le rapprochement des corps, les premiers touchers. On finit par se coller l’un à l’autre en dansant puis je la saisis par la hanche et l’embrassai goulûment sur le tube « Night Call » du film Drive. Je l’emballais tout en la serrant fort contre moi puis je la plaquais contre le mur, ça devenait de plus en plus sensuel, le désir montait en moi et je sentais qu’elle appréciait, elle se donnait pleinement.
A la fermeture du bar nous fîmes une petite balade dans le quartier près du canal Saint Martin puis je lui proposai de venir chez moi. C’était le bordel dans mon studio, je revenais du sport et j’avais tout juste étendu ma lessive donc mes affaires humides trainaient partout. Qu’à cela ne tienne, nous étions trop excités pour y prêter attention et on se déshabilla sur le canapé tout en se caressant mutuellement. Je bandais et je n’avais pas peur cette fois-ci d’échouer, je ne pensais qu’à mon désir de la prendre, de jouir et faire jouir. Je la pris dans tous les sens, elle exprimait son plaisir par des petits cris aigus avec sa voix féminine qui décuplait mon désir. On fit l’amour toute la nuit, j’étais tellement excité que je n’arrivai même pas à éjaculer mais je préférais ça à la précocité.
Le premier acte était posé, plus rien ne serait comme avant.
Après cette nuit torride on se retrouva régulièrement, Alexa habitait à deux pas de chez moi, elle était jolie, cultivée, merveilleuse cuisinière, douce et affectueuse : je nageais en pleine félicité. Je découvris avec elle les joies du sexe trop longtemps attendues : les massages, la douche, la branlette mutuelle, la pipe… Tout se faisait simplement dans une grande complicité et chacun était satisfait. Je commençais à la présenter fièrement à mes amis, on partait ensemble en week-end, je « profitais de la vie » (expression française qu’elle détestait car trop matérialiste à son goût) sans réfléchir à la nature de notre relation.

Voyage et débats

Puis je partis en vacances au Japon pendant deux semaines pour le mariage d’un pote de prépa, j’y retrouvais notamment Captain qui était désormais en couple depuis plus d’un an. Nous partagions ensemble le goût du débat et un vif intérêt pour la politique, l’histoire et les problématiques de fond en tout genre. Il était beaucoup plus avancé que moi sur certains thèmes, notamment l’économie et sur la vision globale de la société et nous aurions des discussions passionnantes pendant toutes les vacances. J’apprendrais beaucoup à ses côtés, il ferait évoluer mon avis sur de nombreux sujets comme auparavant sur la drague dont nous reparlions également mêlant les sujets sérieux et plus légers. Il en connaissait un rayon mais il gardait toujours un ton amical et pédagogue pour partager son savoir, sans prétention.
Ce fut aussi l’occasion de revoir le sombre type qui s’était tapé Sonia après moi. J’appréhendais notre rencontre car la douleur était encore vive, la cicatrice ne s’était pas complètement refermée. Un an après mon tremblement de terre émotionnel dont il était indirectement à l’origine, je me retrouvais face à lui. Je savais que mon jugement était biaisé, que j’en aurais fait probablement tout autant à sa place mais les sentiments de colère et de douleur étaient trop forts pour les faire taire. J’arrivais à me contenir lorsque nous nous revîmes mais je me confiais ensuite un soir à Captain avec des sanglots dans la voix, cela m’aida à tourner la page. Le pouvoir d’exorcisation de la douleur par la parole est puissant.
Ce voyage me permit également de réfléchir à ma relation avec Alexa et j’en tirais peu à peu la conclusion que je ne souhaitais pas me poser avec une fille, je voulais avoir d’autres expériences sans engagement. Ce fut difficile de le lui expliquer à mon retour d’autant plus que mon comportement laissait entendre tout le contraire donc elle fut très déçue et me le reprocha amèrement à juste titre. Je le regrette tout en plaidant l’inexpérience.

Retour à la drague

J’étais désormais libre et je comptais bien faire feu de tout bois. Je me réinscrivis donc sur les sites de rencontre pour me lancer à corps perdu dans les dates. On me proposa en parallèle une nouvelle responsabilité pour aider à l’organisation d’une grande fête de mon asso, j’acceptai car c’était une mission différente et sur une durée plus courte. Dans la même période, je commençais à avoir de nombreux déplacements à l’étranger pour mon boulot. Tant pis, je me battrais sur tous les fronts !
En m’organisant bien grâce notamment à la flexibilité offerte par les sites de rencontres j’arrivais à faire des dates régulièrement. Au bout d’un mois j’étais sur une bonne piste : une jolie nana plus âgée de quelques années se montra curieuse à mon égard lorsque je lui déclarai franchement qu’à la lecture de son descriptif de profil j’étais au regret de ne pouvoir répondre à ses attentes de stabilité étant donné que je ne cherchais rien de sérieux bien qu’elle me plût. Je m’attendais à ce que l’on en reste là mais elle me relança en me posant des questions sur mes raisons et de là nous commençâmes à avoir une discussion plus approfondie. Je tentais donc quand même de la séduire et on se fixa finalement un rendez-vous. Elle me plaisait, je sentais que c’était réciproque mais elle repoussait doucement mes avances en regrettant mon refus de m’engager, elle avait besoin de réfléchir.
Quelques jours plus tard, je profitais d’une sortie à la boîte du Memphis, sur les grands boulevards, avec mon pote Vincent et des amis à lui pour lui proposer de nous rejoindre sachant qu’elle adorait cet endroit. Elle arriva dans une robe sexy et je sentis la pression montée surtout lorsque les potes de Vincent commencèrent à faire jouer la concurrence et qu’elle ne se priva pas pour faire monter les enchères.
Je ne m’attendais pas à cette situation et j’étais mal à l’aise, elle alternait les danses avec moi puis elle se jetait dans les bras d’inconnus en me rétorquant que de toute façon je ne cherchais rien de sérieux. J’étais désemparé, je la suivais en jappant comme un petit chien, ça faisait de la peine à voir. Un mec vint me voir tout étonné de mon attitude en me disant qu’il était ultra dominateur et qu’il ne laisserait jamais sa copine lui faire ça. Je lui répondis qu’elle n’était pas ma copine mais je n’étais pas très convaincu moi-même par mon argument… Au bout d’un long moment de cette humiliation à petit feu je finis par perdre patience et m’en allai sans adieux. La fureur me saisissait enfin et je me défoulais en lui envoyant un texto rageur.
A ma surprise elle répondit d’un ton doux et affectueux en se confiant à moi et je lui pardonnai rapidement. Je n’avais qu’une envie, c’était de la revoir et ce fut dès le lendemain. Elle m’invita chez elle soi-disant pour boire un verre et discuter mais j’avais d’autres intentions qui étaient probablement partagées mutuellement. Je pris mon temps sachant qu’il n’y avait pas de trouble-fête cette fois-ci, on discuta tranquillement, on dîna puis je m’approchai d’elle doucement en la caressant et en lui faisant de tendres baisers. Elle se laissa faire et nous allâmes au lit. J’éjaculai rapidement la première fois, sans doute à cause de ce trop plein d’émotions, mais je me rattraperais plus tard dans la nuit en la prenant en levrette car j’avais déduit qu’elle appréciait cette position de par ses gestes précédents. Cette fois-ci je tenais le bon bout, je la pris fermement tandis qu’elle se caressait le clito puis elle échappa un râle bruyant de jouissance. Là je me sentis vraiment être un homme.
Le deuxième acte était posé, plus rien ne serait comme avant.
Je rentrai chez moi le lendemain fier et apaisé. Ensuite je continuais sur ma lancée en tchatchant avec d’autres nanas sur le net et j’accrochais avec une russe en lui baragouinant quelques mots de sa langue natale que j’avais retenu du lycée. Cela fit son effet, on se donna rendez-vous dans la semaine. Le contact passa bien, on dîna puis je la raccompagnai à pied chez elle, nos corps se frôlèrent et elle ne s’écarta pas donc je m’enhardis en laissant trainer ma main sur son bras puis son sur épaule au fil de la discussion. Arrivés devant chez elle, je l’embrassai langoureusement, elle se laissa faire puis j’enfonçai ma langue plus profondément en la serrant fort contre moi et en la plaquant contre le mur. Elle finit par reprendre ses esprits et mettre fin à mon ardeur en me faisant remarquer que des gens nous regardaient dans la rue. On se quitta mais ça n’était que partie remise pour le week-end. Alors qu’elle s’apprêtait à rentrer chez elle à la fin de notre deuxième date je lui refis le coup du long baiser langoureux et elle succomba au désir en me proposant d’aller chez moi. Cela tombait bien j’habitais juste à côté. On hâta le pas, j’étais très excité, sans doute un peu trop car l’accouplement dura peu de temps. Je la ramenai ensuite en moto chez elle car elle bossait tôt le lendemain. On se revit une autre fois mais ça n’irait pas plus loin.
Puis je partis quelques jours à l’étranger pour le boulot mais heureusement les sites de rencontre me permettaient de continuer la drague à distance et j’accrochais bien cette fois-ci avec une sympathique allemande. On convint de se retrouver lors du bal des pompiers la veille du 14 juillet avec nos amis.

Les sites de rencontre et leur psychologie

Au fil du temps avec ma pratique assidue des sites de rencontre, je commençais à mieux comprendre la psychologie féminine en discutant avec elles et en lisant leurs profils. D’ailleurs je modifiais progressivement le mien en faisant attention à retirer les marques d’indécision, de manque de confiance, d’auto dénigrement gentillet en vue d’attirer la pitié mais qui donnaient rarement des résultats quand il s’agissait de mettre une fille dans son lit. J’optais pour un texte sobre mais direct, franc et ironique. Mieux vaut assumer ses goûts en les mettant en valeur même s’ils sont marginaux ou démodés plutôt que d’essayer de suivre les tendances. Les filles préfèrent généralement l’original à la copie. L’apparence physique est importante également : l’expression corporelle et le choix des vêtements donnent des indices sur notre personnalité donc il faut soigner son image notamment sur les photos de profil. L’habit ne fait pas toujours le moine mais il donne quand même une idée de la personnalité (original, radin, affirmé, neutre). Tout comme pour le descriptif, il est préférable de ne pas se travestir en quelqu’un d’autre mais montrer le meilleur de soi.
Une phrase sur un site qui donnait des conseils de nana pour les mecs m’avait plu, c’était : « les mecs, faite vous plaisir et cela nous donnera également du plaisir à nous les filles ». Bien entendu il ne faut pas le voir comme un appel au plaisir égoïste mais plutôt comme une incitation à réaliser ses envies et notre épanouissement rejaillirait sur notre copine plutôt que de l’emmerder avec nos névroses (cela revenait d’ailleurs souvent sur les profils de nana qui en avaient marre des mecs dépressifs qui n’arrivaient pas à oublier leur ex).

La bande des dragueurs

En parallèle, j’eus la chance de trouver à cette époque un nouveau groupe de potes célibataires et motivés pour sortir à Paris dont Vincent faisait partie depuis le début puis Thibault nous rejoignit et nous présenta rapidement Christophe qu’il avait rencontré à l’UCPA. Christophe était un brise-glace en matière d’approches. Je le découvris à une soirée dans un bar, il ne tenait pas en place, virevoltant d’une fille à l’autre avec un naturel déconcertant. Je l’observais d’un regard amusé et admiratif, il n’hésitait pas à aller au front, que la nana soit seule ou en groupe et quel que soit le lieu. Il était notamment un adepte de la drague de rue, pratique dans laquelle je n’étais pas très à l’aise, privilégiant pour ma part des endroits plus classiques comme le bar et la piste de danse. Souvent dans les futures soirées il nous donnerait du courage et de la motivation en y allant le premier.
Cette bande, je l’avais longtemps espéré pendant ma période de solitude extrême après ma rupture avec Justine donc à présent je savais pleinement apprécier cette situation en y voyant tous les bienfaits. Tout d’abord d’un point de vue purement matérialiste et égoïste : c’était augmenter les possibilités de sortir draguer avec moins de risque que personne ne soit disponible.
Ensuite, et c’était le plus important, sur le côté humain, nous nous racontions nos histoires, les échecs et les réussites toujours sur le ton de la plaisanterie. Nous nous donnions des conseils mais sans imposer notre vision, chacun avait sa technique. Il régnait une émulation positive pour se surpasser dans la drague, on s’encourageait. Il pouvait arriver parfois que nous ayons des vues sur la même fille, dans ce cas on s’était fixé la règle d’avoir une exclusivité chacun par soirée mais finalement nous ne l’utilisions pas souvent car Paris regorgeait de jolies filles célibataires.

En roue libre

Donc retour au bal des pompiers du 14 juillet. On se retrouva avec la bande dans la caserne et aussitôt mon pote Christophe se mit à aborder toutes les jolies nanas comme à son habitude et sans peur du rejet. Il s’exerça si bien qu’il en vint même à draguer de manière fortuite l’allemande avec qui j’avais rendez-vous !
On commença la discussion et le courant passa bien entre nous sauf que ma libido était débridée donc lorsqu’elle s’absenta pour aller aux toilettes avec ses copines et qu’une nana commença à me chauffer sur la piste, mon sang ne fit qu’un tour et je l’emballai sans hésitation. Évidemment je me fis griller par l’allemande et ses copines. Je revins m’excuser piteusement, elle ne m’engueula pas mais elle me repoussa logiquement. Sans trop de remords je retournai voir mon allumeuse, on resta un moment sur la piste le temps pour elle de me faire deux énormes suçons dans le cou que j’aurais bien du mal à cacher au boulot. Plus tard dans la soirée je l’invitai à venir chez moi mais elle fit la folle et ça commença à m’agacer donc je laissai tomber.
Pour autant je ne m’avouais pas vaincu, pendant la soirée j’avais échangé des messages avec la nana du Memphis et je lui demandais si je pouvais la rejoindre. Elle me proposa de la récupérer en moto pour la ramener chez elle, c’était dans la poche. Elle me précisa quand même que l’on ne coucherait pas ensemble mais je savais que ce genre de promesse n’était pas forcément définitive. On s’endormit finalement sagement puis au réveil des sens le matin elle finit par succomber à mes caresses. Je la doigtais dans sa position préférée, elle jouit puis je la pénétrais longuement et elle jouit de nouveau. La journée commençait bien !
Malheureusement mon épanouissement affectif et sexuel n’était pas en phase avec l’histoire de notre douce France qui connut à l’époque de terribles attentats à intervalle régulier comme celui qui eut lieu à Nice le lendemain du 14 juillet et dont j’appris la nouvelle en rentrant d’une nouvelle soirée. J’étais à chaque fois ébranlé par ces massacres d’innocents et j’éprouvais une grande tristesse pour leurs proches ayant moi-même connu personnellement des victimes des attaques à Paris mais je reconnais que je n’en continuais pas moins de vivre ma vie de mon côté.

La brève rencontre amoureuse


Donc je sortis à nouveau le lendemain soir, on se retrouva au café chéri avec Thibault comme quelques mois plus tôt lorsque j’avais rencontré Alexa. Le bar se remplissait doucement car on était en période de vacances mais j’aperçus quand même une jolie nana avec son groupe de potes sur la piste de danse. J’hésitais un peu avant d’y aller car elles étaient nombreuses. Finalement je profitai d’une ouverture dans le cercle lorsque l’une de ses copines partit aux toilettes pour l’aborder. En général je faisais dans la simplicité en adressant un banal « salut ça va ? » agrémenté d’un sourire. Puis je parlais du lieu, de la musique pour « contextualiser » comme le disait Christophe. Cette période était cruciale car c’est à ce moment que j’essayais de trouver des accroches avec les indices que la fille me donnait indirectement dans ses réponses pour ensuite passer à des sujets plus drôles ou plus personnels où je pouvais me mettre en valeur et la divertir.
Lorsque j’appris qu’elle venait du Brésil je ne pus réprimer une exclamation d’intérêt à l’évocation de ce pays qui dans mon imaginaire rimait avec football et plages de rêves où se prélassaient des bombes latines en string. Maria ne correspondait pas à ce stéréotype, elle portait une jolie robe fleurit qui reflétait bien son ouverture d’esprit et sa gaité apparente. Elle m’intéressait de plus en plus et cela semblait réciproque. Heureusement ses copines nous laissèrent tranquilles, j’inspirais sans doute confiance puisqu’après m’avoir posé quelques questions sur ce que je faisais dans la vie, elles se concertèrent rapidement puis s’en allèrent. Nous étions désormais tous les deux, cela me rappela la fois où j’avais dragué la mexicaine dans un bar pendant la coupe du monde et que je m’étais dégonflé. Cette fois-ci j’avais appris de mes erreurs et j’étais déterminé à ne pas renoncer.
On se mit à danser doucement en traçant des cercles concentriques dont les rayons rétrécissaient à chaque tour puis on finit cet exercice conjoint de géométrie variable par un bisou pour mon plus grand bonheur. Je lui proposais ensuite d’aller chez moi, ça tombait bien j’habitais à côté… On s’installa sur mon canapé, les baisers se mêlèrent aux caresses dans une atmosphère envoutante puis je l’allongeai. Je commençais à la déshabiller délicatement quand soudain elle me retint brusquement la main en me disant d’un air désolé que ce ne serait pas possible d’aller plus loin. On en resta donc là, je ne lui demandais pas plus d’explications par respect pour son intimité mais elle semblait contrariée.
Nous demeurions allongés l’un contre l’autre et je m’apprêtais à éteindre la lumière pour dormir lorsqu’elle me demanda si j’aimerais savoir pourquoi elle ne pouvait pas coucher avec moi. J’acquiesçai timidement. Maria me raconta qu’elle avait quitté le Brésil après une dispute avec son copain qui voulait coucher avec d’autres filles tout en restant avec elle en essayant de la convaincre que c’était normal car d’autres le faisaient. Elle était partie en France pour se changer les idées mais elle n’arrivait pas à l’oublier. Ses sanglots et son histoire m’émurent, je ressentais sa souffrance, elle en venait presque à culpabiliser d’avoir refusé la proposition de son copain et cela me remua. Je lui dis d’une voix nette en la serrant contre moi que ce n’était pas de sa faute, qu’elle n’avait rien à se reprocher et que si ça ne plaisait pas à certains, ils n’avaient qu’à aller se faire foutre ! Mes paroles l’apaisèrent, elle m’en remercia. Bizarrement je m’identifiais à elle dans son désarroi face à un chagrin d’amour et dans son sentiment de culpabilité, cela me renvoyait à ce que j’avais éprouvé pour Sonia même si la situation n’était pas comparable. Je voulais lui venir en aide par solidarité bien que, de mon côté, je souhaitais avoir des relations multiples comme son copain mais sans l’imposer à quiconque.
Le lendemain on se balada main dans la main le long du canal comme deux amoureux puis elle s’en alla rejoindre une amie. On échangea quelques textos dans la journée et elle revint chez moi le soir en me précisant qu’on ne ferait pas l’amour. Cette fois-ci je ne cherchais pas à insister car sa seule présence suffisait à m’apaiser. On finirait quand même par se laisser emporter par notre attirance mutuelle et il faudrait des tracas de fille pour nous empêcher d’aller au bout, on resta donc dans les bras l’un de l’autre tendrement. Malheureusement le jour de son départ était tout proche et je devais à nouveau m’absenter pour un voyage pro, elle me laissa donc un message manuscrit dans ma chambre que je garderais précieusement. Je penserais souvent à ces jours passés ensemble, à un tel point que lorsqu’un pote me proposerait de venir avec lui au Brésil je sauterais sur l’occasion !

Je les voulais toutes

J’étais triste quand Maria rentra au Brésil mais de l’autre côté je mesurais la chance de l’avoir rencontrer et surtout j’étais fier d’avoir eu le courage de l’aborder car sinon il ne se serait rien passé comme beaucoup de soirées avant. Si seulement j’avais pu m’en rendre compte plus tôt : quel temps perdu ! Tant pis, à ce moment j’étais bien décidé à en profiter au maximum et de saisir toutes les opportunités qui se présenteraient : j’avais envie de baiser toutes les nanas de la terre !
La prochaine occasion serait quelques jours après, en fin de semaine. Avec Vincent on participait à un cours de rock gratuit en plein air près de la Seine. Les tandems mixtes se succédaient et nous, les mecs, avions l’avantage d’être en nombre inférieurs à la demande. Je fis la connaissance de Charlotte, une petite gabonaise à la silhouette bien dessinée, on sympathisa pendant que nous effectuions les pas de danse en échangeant des regards complices. Puis je l’invitai à prolonger la soirée autour d’un verre sur les quais avec Vincent qui nous laissa ensuite tous les deux. La discussion se dirigea vers des sujets plus intimes et je lui confiai ne pas être intéressé par une relation sérieuse pour le moment. Elle sembla un peu déçue mais pas pour autant rebutée, je pris donc confiance et répondis franchement à ses questions pour expliquer mes raisons tout en lui montrant régulièrement mon intérêt pour elle. Puis on déambula le long de la Seine et je commençais à faire des allusions subtiles pour l’inviter chez moi. Elle faisait mine de ne pas y prêter attention mais je sentais qu’elle n’était pas insensible à ma proposition. Lorsque l’on s’arrêta à un carrefour pour guetter un taxi, je me fis plus entreprenant et elle accepta de rentrer avec moi. Une fois arrivés à mon studio on passa à la vitesse supérieure mais étrangement je n’arrivai pas à bander. Pourtant je n’avais pas trop bu, je ne comprenais pas pourquoi. Heureusement elle ne le prit pas mal et je n’étais pas trop stressé pour la suite donc on s’endormit tranquillement l’un contre l’autre. Je me réveillai dans la nuit avec le sexe dur et comme Charlotte ne dormait pas non plus on reprit nos affaires là où elles s’étaient arrêtées. A la fin je lui glissai malicieusement : « maintenant on peut dormir ».
Charlotte était couchée sur le côté en portant une simple culotte et j’observais avec envie les formes de son corps, ses petites fesses fermes et bien galbées attisaient mon désir brûlant. A son réveil je n’y tenais plus, je la pris vigoureusement en levrette, elle m’exprima sa satisfaction d’un commentaire sans ambages : « elle est bonne ta bite ». Alors là mon orgueil se gonfla comme mon sexe et je lui en fus reconnaissant car ce n’était pas fréquent de recevoir ce genre de compliment d’une fille, soit par pudeur ou par fierté ?
On se retrouva le dimanche pour une balade aux buttes Chaumont sous un beau soleil d’été. Charlotte me fit un massage bien agréable allongé dans l’herbe au milieu de la foule puis on alla chez moi. Aussitôt arrivés, elle défit mon pantalon et se mit à genoux pour me sucer avec ardeur. Je prenais énormément de plaisir et cette fois-ci j’étais capable de le faire durer, c’était tellement bon, je lui caressais la tête et ses fesses en échappant des râles de plaisir tandis que ses lèvres humides pressaient langoureusement mon sexe jusqu’à la jouissance finale : j’étais au comble de l’extase ! Après ça ce fut à mon tour de lui donner du plaisir : je la pris dans tous les coins de la pièce. Je sentais que j’avais passé une nouvelle étape.
On se revit régulièrement jusqu’à ce que je m’envole pour les fêtes de Bayonne avec mon inséparable Vincent et d’autres amis.
C’était une ville pittoresque dont le charme était renforcé pendant les fêtes par ses nombreuses peñas accueillant l’immense foule habillée de blanc et de rouge. Quelques jeux enfantins comme le ski bouteilles ou l’escalade de poteau sous une pluie de bouteilles en plastique contribuaient à la bonne humeur sans virer à la débauche dans l’ensemble contrairement à ce que j’avais pu entendre parfois.
Notre âge intermédiaire et notre bourse plus garnie nous incitèrent à privilégier avec mes amis la tournée des peñas plutôt que de rester dans les parcs de la ville à picoler avec les plus jeunes. Nous partagions un appartement avec Vincent et un autre ami dont nous avions également accepté d’héberger son frère et sa cousine. Cette dernière était une jolie rousse d’Angleterre plus jeune que nous de plusieurs années. Je n’avais pas de vues sur elle mais lors d’une soirée bien arrosée où l’on se perdit de vue dans la foule avec mes amis, je la retrouvai par hasard et on décida de rentrer ensemble. Je concède ne pas avoir trop insisté pour rechercher les autres en ayant une autre idée derrière la tête. On discuta sur le chemin du retour en se rapprochant progressivement et nous arrivâmes les premiers à l’appartement : l’occasion était belle donc je prolongeais la discussion pour finalement l’embrasser. A ce moment la sonnette sonna, c’était Vincent qui rentrait seul et suspendit temporairement notre mise en bouche le temps de se raconter notre soirée et de faire mine d’aller au lit. Puis lorsque Vincent se coucha, je me mis à fouiller discrètement dans mes affaires pour récupérer une capote et je filai à l’anglaise dans le salon. Pour éviter de réveiller Vincent par nos ébats on trouva refuge dans la salle de bain. Je n’étais même plus étonné par les heureuses rencontres que je faisais depuis quelques semaines, cela me semblait naturel mais toujours aussi appréciable.
Retour dans la capitale où je retrouvais Charlotte quelques jours avant ses vacances au Gabon pour l’été. Aussitôt après, je me reconnectais sur les sites de rencontre et je sympathisais avec une jolie blonde. On se vit quelques jours plus tard, le courant passait bien. Lors du deuxième date on finit par s’embrasser puis on se revit plusieurs fois dans le week-end sans aller jusqu’au bout malgré mes propositions discrètes. Elle aussi avait prévu des vacances et à la veille de son départ lorsque nous étions attablés dans un bar après un ciné, elle me demanda ce que j’attendais de notre relation. Je ne pouvais pas esquiver et je ne voulais pas non plus mentir donc je lui dis tout simplement mon penchant pour l’union sans engagement et non exclusive. Elle fut surprise et déçue mais elle me remercia quand même pour ma franchise. On continuerait par la suite de s’envoyer des messages et l’on se reverrait même une autre fois mais sans aller plus loin.
La belle saison de l’été à Paris suivait son cours, j’allais à une soirée dans un club éphémère dénommé La Boumette et situé près de l’Opéra en compagnie de mister Vincent et d’un pote à lui arborant un t-shirt de Poutine. J’étais surpris par ce choix vestimentaire extravagant mais il se révéla judicieux. En effet, à peine étions nous arrivés dans le lieu que j’aperçus une jolie blonde aux yeux bleus discutant avec ses deux amies et je me lançai à l’abordage sans sommation. Lorsque j’appris qu’elles étaient toutes les trois russes je sautai sur l’occasion pour inviter mes deux compères en plaisantant sur le fameux t-shirt. L’effet fut positif, elles s’en amusèrent et cela nous donna une bonne accroche pour continuer la discussion en se répartissant les couples. On alla boire un verre avec ma blonde qui se prénommait Irina et s’exprimait très bien en français. Il devenait évident que nous nous plaisions donc je l’invitai à danser sur la piste, ma zone de confiance. Là, tout se passa comme prévu, rapprochement des corps, premiers touchers puis baiser. Irina rentra ensuite avec ses copines et je restai avec mes potes. J’étais encore chaud comme la braise et je me fis draguer par une nana légèrement éméchée, pas au top physiquement mais comme j’avais une faim de loup je l’emballai et récupérai son numéro au cas où…
On se revit avec Irina pendant le week-end, elle me plaisait physiquement et intellectuellement : la Russie est un pays qui me passionne depuis que j’ai pris des cours au lycée avec un professeur franco-russe qui nous racontait l’histoire riche et tourmentée de cette terre immense. Il nous commentait également l’actualité avec une vision qui venait contrebalancer les préjugés hostiles véhiculés par nos médias occidentaux. Ce décalage me plaisait car il enrichissait ma vision du monde sous un autre angle. J’avais envie d’en savoir plus et je nourrissais ma curiosité grâce aux livres d’Emanuel Carrère et surtout du grand Sylvain Tesson. J’étais notamment en train de lire « Dans les forêts de Sibérie » lorsque je fis la connaissance d’Irina et je lui en parlais avec ferveur mais elle était surprise que je m’intéresse à l’histoire d’un type qui passait six mois de sa vie dans une cabane en bois au fin fond de la Sibérie. Cela lui paraissait en décalage complet avec l’époque moderne, avec sa vie et ses aspirations de citadine mais ça l’amusait quand même. Elle avait un très bon niveau de français et j’étais bluffé par certaines expressions typiques qu’elle utilisait bien à propos. J’aimais aussi son charactère tranchant avec une ironie hautaine typique des femmes russes dont je fis la connaissance. Je constatais également qu’elles assumaient pleinement leur féminité et savaient en jouer avec goût et adresse.
La seconde partie se joua en fin de semaine, après un dîner dans un restaurant j’essayais de convaincre Irina de venir chez elle après l’avoir fougueusement embrassé au pied de son immeuble. Elle hésita un instant puis accepta pour ma plus grande joie même si je devais me lever tôt le lendemain pour aller à un mariage.
J’étais resté en contact également avec la deuxième nana rencontrée à la Boumette et je lui précisais sans détour que je ne cherchais rien de sérieux. Elle fut un peu gênée mais on finit par se voir quand même un soir à son appart. Elle m’accueillit avec une bouteille de vin pour se mettre en confiance car elle m’avoua après quelques caresses ne pas être à l’aise dans cette situation. C’était la première fois qu’elle s’apprêtait à le faire de cette manière, uniquement pour le sexe. Je n’insistais pas, on continua la discussion en restant côte à côte. Au fil du temps la confiance se noua et le désir émergea, on s’embrassa tout en se déshabillant doucement puis elle m’invita à la suivre dans sa chambre. Le lendemain je me réveillais tout seul dans son lit, elle n’avait pas supporté mes ronflements et avait préféré dormir sur son canapé dans le salon. Je la quittai en m’excusant pour le bruit sachant que l’on ne se reverrait pas.

Double vie

A partir de ce moment je commençais à mener une double vie avec Irina d’un côté et Charlotte de l’autre. Je retrouvai Charlotte à son retour de vacances, on passa la nuit ensemble chez moi jusqu’au lendemain matin. Puis je rejoignis Irina pour une balade en barque sur le lac Daumesnil et on retourna faire des galipettes à mon appart quelques heures après. Je n’étais même plus surpris par cette situation, j’agissais de la sorte car tel était « mon bon plaisir » à l’instar de feu notre bon roi François 1er. J’avais envie des deux et je m’entendais bien avec chacune comme si nous étions en couple. Parfois j’éprouvais des remords, notamment à l’égard d’Irina car nous n’avions pas discuté de notre relation mais je m’accommodais de cette situation. Tant qu’elle n’abordait pas le sujet je ne lui en parlais pas. C’était aussi un moyen pour moi de rattraper le temps perdu en vivant des relations en parallèle.
Dans le même temps je faisais des voyages fréquents pour le boulot et j’étais de plus en plus impliqué dans la préparation de la grande fête de mon asso qui approchait. Je vivais à cent à l’heure en donnant tout dans chaque situation, j’optimisais au maximum mon emploi du temps pour répondre à toutes les attentes (dont les miennes) et je m’en sortais plutôt bien. J’arrivais à tenir ce rythme quelques semaines car je savais que les échéances de mes projets professionnels et associatifs étaient proches.
Afin de se voir plus souvent je proposai même à Charlotte qui avait du temps libre de me rejoindre un soir à mon hôtel en Belgique pendant un voyage professionnel. Comme elle avait ses règles je passai par la sortie de secours pour la première fois. Sensations mitigées pour moi mais j’étais satisfait car Charlotte avait pris du plaisir, pendant l’acte elle me lâcha un propos flatteur comme à son habitude pendant un moment de jouissance extrême. Ces compliments m’aidèrent à accepter plus facilement mes échecs du passé.

America latina

Juste après la fin de ma mission à l’étranger j’en profitais pour partir deux semaines en vacances au Brésil en suivant mon pote Bruno qui y allait pour un mariage avec d’autres amis. Je nourrissais l’espoir de revoir Maria, la brésilienne rencontrée au café chéri pendant l’été et qui m’avait ému.
On se rata de peu à Rio mais cela me donna l’occasion de rencontrer une argentine dans des circonstances improbables. On passa d’abord quelques jours avec Bruno sur la côte entre Sao Paulo et Rio où l’on fit la connaissance d’un belge un soir à l’hôtel. On le retrouva ensuite par hasard deux jours plus tard sur une île et encore une autre fois dans une rue de Rio ! Sur ce fait, on décida d’aller boire un verre pour célébrer les heureux hasards de la vie et on s’échangea nos numéros pour rester en contact.
Le lendemain, Bruno alla au mariage de son pote avec ses amis donc j’étais seul et je demandais au belge s’il était disponible pour sortir. Il me répondit qu’il avait rencontré deux argentines avec qui il avait prévu d’aller dîner et il m’invita à me joindre à eux. Super sympa le mec, en plus les deux nanas sont mignonnes et chaleureuses ! On se retrouva à un restaurant dans le quartier Santa Teresa qui ressemble à Montmartre avec ses rues pavées situées en haut d’une colline puis on alla écouter un concert de samba dans un bar de Lapa. Il y avait une bonne ambiance et on s’entendait bien tous les quatre. Je commençais à avoir le béguin pour l’une des deux et j’essayais de tâter le terrain en me rapprochant d’elle. Je lui frôlai légèrement le bras de la main pour voir sa réaction puis je profitai d’un moment où nous étions seuls pour me lancer en l’attirant doucement à moi et l’embrasser. On termina ensuite la soirée dans un autre bar en se collant l’un à l’autre puis on rentra tous se coucher en début de matinée chacun de son côté. On se revit le lendemain, il ne lui restait plus qu’un jour de vacances avant de repartir en Argentine donc on en profita à fond en visitant cette ville aux paysages grandioses puis on se posa tous les deux sur la plage de Copacabana le soir. On en resta aux préliminaires car elle avait ses règles, cela me donnerait une bonne raison d’aller à la découverte de l’Argentine une autre fois.
De retour au pays, je mis les bouchées doubles pour aider à l’organisation de la fête de l’asso car la date approchait. Tout se passa bien, ce fut un très beau et grand moment de joie, de bienveillance et de partage : tout ce que le christianisme a de plus beau.
Il était temps désormais pour moi de me retirer progressivement de mes engagements associatifs, je sentais que c’était le moment de me consacrer pleinement à mon propre épanouissement.
De même pour Irina et Charlotte, la situation ne pouvait plus durer, elles attendaient davantage de moi et je n’y étais pas disposé donc nous mîmes fin à nos relations sans heurts. On resta en contact et on se vit encore quelques fois de manière sporadique le temps de passer définitivement à autre chose.

Il ne se passerait rien… ou presque

Je repartis en chasse à une soirée au club de la Bellevilloise avec Vincent. J’aimais beaucoup cet endroit, la musique était bonne tout comme les filles et sans être trop jeunes (ce qui devenait rare en boîte). On se lança dans les approches et je choppai rapidement une étudiante en médecine, elle voulait sans doute s’échauffer avec moi ou rendre jaloux un mec car quelques minutes plus tard elle était dans les bras d’un autre… Je ne m’en offusquai pas car il y avait du choix, notamment une brune toute mimi qui me faisait penser à Elodie, mon amour inavoué de ma jeunesse. Je m’approchai d’elle et lui dit quelques banalités dont je n’ai plus le souvenir mais cela fonctionna. C’était la drague classique : discussion, dance, galoche. Elle me plut et le désir monta en moi, tellement que je finis par la plaquer contre un poteau en la pelotant, elle se laissa faire tout en s’inquiétant du jugement des autres. Puis je parvins à la convaincre de rentrer chez moi mais elle me précisa que l’« on ne ferait rien ». J’acceptais sachant d’expérience que ce type de déclaration n’était pas toujours suivie d’effets... En marchant bras dessus bras dessous la chaleur des corps augmenta et elle me glissa malicieusement qu’elle allait me chauffer mais sans aller jusqu’au bout et que je serais frustré. Je fis mine d’acquiescer mais une fois au lit ce fut une autre histoire : je déployai toutes mes compétences tactiles et elle finit par céder à la tentation. Par contre j’avais probablement mal enfilé la capote car elle craqua. Heureusement elle prenait la pilule mais ça la fit quand même stresser.
On continua de se voir régulièrement pendant un ou deux mois puis elle mit fin à notre relation sachant que c’était sans avenir.

Le textoteur compulsif

Je commençais à avoir un annuaire bien fourni et je ne me privais pas pour garder le contact ou relancer d’anciennes touches pas encore conclues. Parfois il m’arrivait d’avoir cinq à six discussions en parallèle sur WhatsApp, passant d’une nana à une autre d’un air amusé. C’était en décalage complet avec mes années de solitude où je recevais seulement des textos très espacés dans le temps de mes potes et de ma mère donc je n’en éprouvais aucun remords, c’était encore un moyen pour moi de rattraper le temps perdu.

Nouvelle année, même résolution

On fêta le nouvel an avec Vincent aux salons Vianey situés près du quai de la Rapée. C’était deux grandes salles décorées dans le style des hôtels huppés de la fin XIXème siècle. La classe du lieu dénotait avec l’ambiance de fête étudiante qui régnait où des rangées de verre en plastique remplis d’alcool bon marché étaient disposés sur des tréteaux en bois pour abreuver une foule de jeunes en délire dansant sur les tubes du moment. Pour l’occasion Vincent portait une cravate, ce qui ne manquait pas d’attirer l’attention du public et notamment un groupe de nanas dont une blonde délurée qui s’amusait à piquer les chapeaux et à dégrafer les soutiens gorges. Elle me plut mais elle était insaisissable, soufflant le chaud en étant aguicheuse puis le froid en esquivant mes approches. On finit quand même par s’emballer à la fermeture. Elle habitait à côté de chez moi mais elle hébergeait une copine et moi Vincent donc on se sépara. Je la revis quelques jours plus tard pour boire un verre mais elle se montra plus réservée et ne me donna plus de nouvelles à ma grande déception. Heureusement l’histoire n’étais pas finie et je conterais la suite plus tard.
Le début d’année fut plus calme avec le froid qui engourdi le corps et réfrène les ardeurs mais on continua quand même la drague avec la bande. Je commencerais même à « dater » la sœur de Christophe mais je n’irais pas plus loin par gêne sachant que je ne cherchais rien de sérieux.
En parallèle j’étais resté en contact avec Lucia, l’argentine rencontrée à Rio, qui m’envoyait régulièrement des photos auxquelles je ne restais pas insensible. N’y tenant plus je réservais des billets pour aller la voir une dizaine de jours à Buenos Aires.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] La suite, vite ! le 13.09.20, 09h07 par The_PoP
  • [+1] Like ! le 15.09.20, 09h03 par Jalapeno

CHAPITRE 4 : VOYAGE AU LARGE TOUTES VOILES DEHORS

« J'ai besoin encore et toujours
J'ai besoin d'entrer chez une femme
D'en sortir au petit jour
Avec un peu moins de flammes
Dans les yeux
Quand je te regarde
Car notre amour à tous les deux
Y'a que moi qui le garde»
La rue Ketanou, Ma faute à toi

Retour vers le passé

A ma surprise, Justine me recontacta dans cette période pour me proposer d’aller boire un verre. J’acceptai avec réserve, ne sachant pas de quoi il s’agirait, j’allai au rendez-vous un peu anxieux à l’idée de rouvrir la boite de Pandore. Après avoir échangé les nouvelles d’usage, Justine rentra dans le vif du sujet en me demandant calmement si je pensais l’avoir fait jouir quand on était ensemble. Alors là je ne m’y attendais pas ! Elle me balançait ça à la figure tout en douceur sous forme de question innocente alors que la réponse se devinait aisément… Heureusement que j’avais fait mes preuves depuis et que je m’étais rassuré sur ce sujet sinon j’aurais de nouveau flanché. Donc j’encaissais le coup et cachais mon amertume en lui répondant ironiquement que la réponse était dans sa question. Puis je me souvins que nous avions tous les deux souffert de nos silences pudiques sur ce sujet donc même si la forme me déplaisait, le fond avait le mérite d’exprimer clairement ce qu’elle avait ressenti. Cela devait la travailler depuis longtemps donc je compris qu’elle souhaitait m’en parler pour évacuer, j’avais moi-même pu faire l’expérience personnelle de ce bienfait.
Elle me raconta ensuite qu’elle avait mis du temps à se reconstruire après notre rupture puis qu’elle avait finalement rencontré un mec qui avait su l’éveiller et l’épanouir (j’en déduisis notamment sur le plan sexuel) et que cela lui avait été bénéfique même s’ils n’étaient plus ensemble.
On discuta ensuite de religion et des chemins différents que nous avions emprunté : je m’en étais éloigné tandis qu’elle y était restée attachée en ayant sa propre vision dont je lui fis remarquer qu’elle était parfois en contradiction avec certains dogmes. C’était d’ailleurs pour ça que je ne me considérais plus comme catholique même si je croyais encore en Dieu et que j’adhérais à certaines valeurs. J’estimais que les dogmes étaient trop en décalage avec la réalité de la nature humaine, notamment sur le plan sexuel, comme je l’ai déjà évoqué.
En rentrant chez moi, j’étais encore sonné par la révélation en introduction de Justine même si je m’en doutais. Mais, fidèle à ma nouvelle philosophie, je regardais en face mes échecs avec lucidité pour bien comprendre ce qu’il s’était passé, identifier ce que je pouvais changer et assumer le reste.

Rencontre inattendue

Heureusement j’avais une soirée pour me changer les idées, ça se passait à l’appart de Captain et sa copine avec leurs amis. J’y fis la rencontre de Fanny, une fille magnifique, brune aux yeux marrons pétillants, un nez gracieux droit et fin, une bouche ravissante. C’est elle qui vint me parler, j’aurais probablement hésité. La discussion se passa bien mais je n’étais pas très à l’aise dans cette soirée car je connaissais peu de monde donc je finis par faire mes adieux afin de rejoindre des potes à une autre soirée. Captain me rattrapa sur le pas de la porte en me faisant comprendre que Fanny aimerait bien que je reste. Là je ne pus pas me défiler même si j’étais un peu gêné car elle m’intimidait mais désormais je savais que je lui plaisais. Donc j’y retournais comme si de rien n’était, plus en confiance. On chanta en groupe pendant un karaoké puis on commença à danser ensemble, doucement, nos corps se rapprochèrent, je posai ma main sur sa hanche et de l’autre je lui saisis délicatement le cou pour l’embrasser tendrement comme à une boom de collégiens. Je la dévorais des yeux, son visage, ses cheveux, son nez, ses lèvres, tout était gracieux. La vie pouvait être délicieusement surprenante en passant en une journée du fond du trou au sommet d’une montagne.
On se retrouva une semaine après mais le moment n’était pas très opportun car mon voyage en Argentine approchait. Je décidais de jouer franc jeu avec Fanny lorsqu’elle m’interrogea sur mes intentions tout en insistant sur le fait qu’elle me plaisait beaucoup. Elle fut surprise mais j’avais l’impression qu’elle appréciait ma franchise et je pourrais d’ailleurs constater le même effet de cette attitude avec d’autres filles. Elles ont besoin de connaître tous les éléments nous concernant afin de se faire une idée précise et décider de la suite. Comme j’ai pu l’entendre : « L’homme propose et la femme dispose ». Il y a un risque de rupture mais, si ça passe, la relation est plus sereine.
Fanny accepta finalement de venir chez moi tout en continuant de m’interroger et de me lancer des petites piques ironiques constatant avec amusement que je n’étais pas très à l’aise dans cette situation. On s’en tint seulement aux embrassades car elle refusa d’aller plus loin cette nuit en me menaçant de ne plus la revoir donc on finit par s’endormir.
Mais la fameuse libido du matin n’étant pas une légende, Fanny céda finalement à mes douces avances. Sa voix était belle et excitante, tellement que je jouis rapidement. Elle ne se gêna pas pour me titiller là-dessus ce qui eut pour effet de me ressaisir et de la prendre à nouveau. On se quitta finalement sans trop savoir ce qui se passerait par la suite. Je rejoignis dans la précipitation mes deux potes Bruno et Martin à notre entraînement pour le marathon de Paris auquel nous nous étions inscrits pour un défi personnel à l’approche de la trentaine. J’en bavais mais je tins bon, tellement heureux des moments passés avec Fanny.
Le jour de mon départ en avion je lui envoyai un message en reconnaissant que la situation était bizarre mais en insistant sur mon envie et mon espoir de la revoir après.

Argentine : sexe et Netflix

Je fus accueilli chaleureusement par Lucia à l’aéroport, on s’emballa dès le trajet vers son appart et une fois arrivés chez elle on se sauta dessus. On passerait ainsi presque autant de temps dans son lit l’un sur l’autre tout en regardant Netflix qu’à arpenter les rues pendant mon séjour à Buenos Aires. J’aurais plus visité son corps que son pays. D’habitude en vacances je ne tenais pas en place et je voulais tout découvrir mais là ça ne me dérangeait pas. C’était une autre découverte : le sexe libre, prolongé et sans limites. Malgré notre différence d’âge (elle avait sept ans de plus que mois) et de taille (j’avais quelques décimètres de plus qu’elle), on s’entendait bien. Lucia était très attentionnée, sans complexe, naturelle, drôle et sensuelle : c’était le pied. Ce voyage fut une parenthèse un peu irréelle où j’avais une vie de couple en accéléré à l’autre bout du monde. Lucia me fit aussi découvrir sa ville, les bars et restau branchés, la culture et la gastronomie de son pays, je rencontrai ses amis et on fit quelques excursions en dehors de la ville. Le temps passa vite et les adieux furent brefs car nous en avions horreur tous les deux.

Hésitation

De retour en France j’envoyai un message à Fanny sans trop d’espoir mais à ma surprise elle me répondit et on convint de se revoir chez moi. J’avais encore du mal à y croire, je pensais même à un canular pour se venger mais non je l’aperçus en bas de ma rue qui se dirigeait vers moi avec une bouteille de vin à la main. On discuta, j’essayais d’éviter le sujet de l’Argentine ou de la rassurer en disant que c’était une histoire sans suite. Je commençais à m’interroger sincèrement sur la possibilité de commencer une relation sérieuse avec Fanny car ce n’était pas tous les jours que je croisais une fille comme elle.
Au moins j’essayerais pendant un temps, mais ma soif d’aventures n’était pas encore assouvie et dès que je ressortais en soirée avec les potes, l’excitation de rencontrer une belle inconnue me tiraillait. Je regardais les filles avec envie en me disant que peut-être une histoire m’attendait avec elle, l’attrait de la nouveauté primait sur la qualité. Je me sentais libre avec de multiples opportunités à saisir, tout était possible, c’était grisant.
Ainsi j’étais un soir au café chéri avec Christophe, celui-ci comme à son habitude aborda deux nanas et je les rejoignis. C’était deux sœurs, on se répartit furtivement les binômes avec Christophe puis on s’isola chacun avec sa nana. Je l’emmenai sur la piste de danse, ma zone de confort, et on finit par s’embrasser assez logiquement. Ensuite je récupérais son numéro en partant même si le remord me tracassais vis-à-vis de Fanny mais je ne lui en parlais pas. On resta en contact avec la nana bien que l’on ait du mal à trouver un créneau car c’était une jeune maman de deux enfants.
Entretemps je fêtai mes trente ans au café chéri avec Vincent et nos amis donc la question se posa d’inviter Fanny et par la même occasion d’officialiser notre relation. Finalement je renonçai car cela me paraissait trop tôt, surtout depuis que j’avais pu constater que ma volonté d’engagement était fragile. D’ailleurs je ne tardais pas à le prouver à nouveau après m’être enivré dans la soirée avec mes amis. Je choppais une française aux cheveux rouge de retour d’un exil à Berlin que j’essayais ensuite de ramener chez moi mais ses copines me firent un sale coup en l’enlevant sans même me laisser le temps de récupérer son numéro. La frustration de cette occasion manquée me transforma en pauvre type à l’air hagard, je la recherchais désespérément dans les bars puis sur Facebook avec seulement son prénom et sachant qu’elle avait habité à Berlin. J’étais obnubilé par cet échec si près du but, il fallait que je la retrouve coûte que coûte même si elle ne me plaisait pas tant que ça. C’était étrange l’importance pour moi de conclure chaque rencontre, cela touchait un point sensible sans doute parce que cela me rappelait de manière inconsciente les moments douloureux d’échecs et de rejets racontés précédemment.
Je finirais par la retrouver sur le net après des recherches minutieuses, on échangea quelques messages mais ça n’aboutit pas. Le lendemain de la soirée d’anniversaire j’appelais Fanny pour mettre fin à notre relation sachant que je ne pouvais pas tenir mon engagement mais elle me proposa quand même de se voir le soir même. Je ne pus pas résister et puis je me sentais plus apaisé après lui avoir dit la vérité. Par contre à partir de ce moment j’estimais ne plus être lié à un devoir de fidélité.

Marathon man

Le marathon approchait, je m’étais beaucoup entrainé avec mes deux potes Bruno et Martin tout en essayant de diminuer ma consommation d’alcool malgré les nombreuses soirées. Néanmoins j’arrivais enfin à trouver un créneau avec la jeune maman du café chéri mais c’était pile la veille du marathon. Tant pis, je ne voulais pas rater cette occasion. Elle me rejoignit dans mon quartier tard le soir après un apéro avec ses copines, sans doute pour se donner du courage. On alla boire un verre et je tournais un peu autour du pot avant de l’emballer histoire d’y mettre les formes mais il était tard donc j’accélérais en lui proposant d’aller chez moi. Elle accepta et me demanda mon adresse pour prévenir ses copines au cas où je serais un dangereux psychopathe. Ensuite on fit nos galipettes, j’eus du mal à éjaculer donc je prolongeais l’effort puis je finis à la main, j’étais crevé. Elle s’en alla dans la nuit.
Le lendemain il faisait beau sur la place de l’Etoile au départ de la course, l’ambiance était festive avec la foule et les nombreuses fanfares qui nous encourageaient tout le long du parcours mais à partir du trentième kilomètre je commençais à subir le fameux « mur » et je n’arrivais plus à suivre Martin. Heureusement Vincent était là pour m’accompagner sur les derniers kilomètres, chaque pas me coûtait et ce fut la délivrance sur la ligne d’arrivée. Au même moment j’entendis le speaker qui félicitait un participant japonais de quatre-vingt ans qui venait de terminer en même temps que moi : j’étais cloué sur place ! Pourtant je fis un temps honorable. On se tomba dans les bras avec Martin, épuisés de fatigue mais heureux de l’avoir fait. Bruno termina un peu plus tard, gêné par une douleur au genou.

Tentatives infructueuses

On continua de se voir avec Fanny mais les beaux jours du printemps me donnaient des ailes. Je fis la rencontre d’une infirmière qui me donna rendez-vous avec sa copine à une soirée de junky sur la péniche La Concrète. Je me pointai avec Vincent mais elles se montrèrent toutes les deux distantes et froides à notre égard. On finit par découvrir qu’elles carburaient aux drogues dures ce qui n’aidait pas à établir un lien donc on s’en alla par dépit.
A une autre soirée j’accrochais bien avec une jolie nana qui me donna son Facebook et le lendemain je découvris, dépité, sa photo de profil avec un mec. Elle confirma être en couple et me dit qu’elle s’entendait bien avec lui, elle voulait juste discuter. C’était pourtant évident que je la draguais, je ne comprenais pas et ça ne serait pas la dernière à me faire le coup…

Semi réussite

Un soir pluvieux du mois de mai, en milieu de semaine, on changea de lieu de drague avec Christophe pour se réfugier au Comptoir Général. C’était moins animé que pendant le week-end mais je repérai une américaine que je parvins à extirper de son groupe grâce à mon niveau d’anglais correct. Elle était à Paris pour un salon d’entreprises dans le secteur médical. Je récupérais son Facebook mais le temps pressait car elle ne restait qu’une semaine. On se revit donc le week-end pour boire un verre avec mes potes puis on se motiva pour aller dîner dans la pizzeria à côté du café chéri. Sur le trajet, à l’arrière de la Twingo de Vincent, j’en profitais pour tâter le terrain en posant innocemment ma main sur sa cuisse. En l’absence de réaction de sa part dans ce contexte, j’en déduisis que j’avais de bonnes chances de conclure. Après la pizza on embraya évidemment au café chéri où j’excellais avec une mécanique bien huilée et je lui fis un bon french kiss. Malheureusement elle devait prendre son avion très tôt le lendemain donc on n’eut pas le temps d’aller au bout. On resta en contact quelques temps, j’hésitais à aller la voir en Californie mais ça me paraissait risqué et puis j’avais d’autres chattes à fouetter.

Le festival du double jeu

Avec l’arrivée des beaux jours, on déplaça notre QG de dragueurs sur le toit de la cité de la mode près de la seine dans un bar boîte en plein air : la Nuba (ce lieu eut d’autres noms par la suite mais on lui préféra toujours l’ancien avec la bande).
Lors d’une partie de babyfoot on sympathisa avec un groupe de filles et je finis par sortir avec l’une d’entre elles pendant la troisième mi-temps. On se fréquenta pendant environ un mois de manière régulière puis je lui dis que je ne cherchais pas à me poser dans l’intention de mettre fin à notre relation et elle fut désagréablement surprise.
Quand j’étais encore avec elle on avait prévu de se retrouver un soir au festival Solidays dans le parc de Longchamp. On avait pris le pass trois jours avec Vincent comme l’année d’avant car on avait bien aimé l’ambiance et les concerts. En parallèle, j’avais choppé une autre nana lors d’un stage d’escalade UCPA, c’était la seule fille potable d’un petit groupe et j’étais fier d’avoir tiré mon épingle du jeu. Elle était bénévole lors du festival donc le but du jeu était de ne pas me faire chopper dans les bras de l’autre. C’était un peu risqué mais je m’en foutais, cela devenait même un jeu. J’allais boire un verre avec l’une puis je retrouvais l’autre une heure après à un concert dans une logistique millimétrée. J’aurais pu aussi me faire griller par des connaissances me voyant deux fois avec deux nanas différentes mais ça ne se produisit jamais ni même à Paris, c’est l’avantage des grandes villes.

Rien n’est perdu

Cerise sur le gâteau du festival, alors que j’étais seul en train de savourer la musique électro envoutante de Petit Biscuit, je croisais par hasard la fille que j’avais choppé à la soirée du nouvel an et qui m’avait claqué entre les doigts. Elle se mit face à moi et me demanda si je me rappelais d’elle. J’avais un gros trou de mémoire gênant donc elle évoqua la nuit du Réveillon puis tourna les talons et s’en alla sans un mot. Je restais planté là en essayant désespérément de me rappeler son nom, heureusement Vincent avait une meilleure mémoire et j’arrivais à retrouver son numéro.
Je lui proposai de se revoir et contre toute attente elle accepta. Ce fut dans notre quartier, au Follies, un café pratique pour les dates car on y était assis côte à côte face à la rue. Je la sentais bien plus disposée que la dernière fois, la discussion fut décontractée et je me laissais aller à quelques libertés tactiles qu’elle autorisa tacitement jusqu’au baiser. Puis je lui proposai d’un air faussement innocent d’aller chez moi pour écouter de la musique dont nous étions en train de discuter. Bien entendu cela se termina par une partie de jambes en l’air torride, je la pris les jambes renversées en arrière, sa chatte était toute humide et mon piston glissa parfaitement dans des mouvements de va et vient vigoureux. Comme elle quittait Paris définitivement on profita des derniers jours qu’il lui restait pour se voir fréquemment.

Record de vitesse

Pendant la fête de la musique à Paris, on se balada avec la bande dans les rues en écoutant les concerts en plein air, l’ambiance était joyeuse. Vincent était chaud comme la braise et suivait les traces de Christophe en allant accoster plein de nanas ce qui lui permit de récupérer pas mal de numéros. Cela n’aboutissait pas toujours mais c’était quand même amusant et encourageant pour la suite. On finit en fin de soirée au café chéri histoire de boire un dernier verre dans ce lieu mythique. L’endroit était quasiment désert mais je repérais quand même une fille mignonne au comptoir que j’abordais prestement avec le culot de la dernière chance. On alla discuter en terrasse, le sujet se porta par hasard sur la religion quand elle me dit être catho. J’aimais débattre en donnant la contradiction pour mieux approfondir les sujets et encore plus sur le thème du catholicisme où j’avais quelques griefs à son encontre. Ma position était devenue libertaire sur le sexe et réactionnaire sur les relations homme-femme à savoir que nous avions des caractères différents (en général) et qu’il fallait l’assumer sans se sentir ni supérieur ou inférieur mais plutôt complémentaires au lieu de chercher obstinément l’égalité en tout. Ces deux sujets ne laissaient jamais les filles indifférentes avec le risque de déplaire mais au moins elles réagissaient et parfois adhéraient à certaines de mes idées ou du moins appréciaient la remise en cause du discours dominant dans les médias à l’époque. Cette fois-ci, elle fut davantage amusée que choquée et j’opérais progressivement un rapprochement tactique et tactile qui s’avéra encourageant, la connexion buccale eut donc lieu. N’y tenant plus, je lui proposai sans transition d’aller chez moi, elle hésita un peu puis se laissa convaincre par mes arguments langoureux. Résultat, on se retrouva au lit moins d’une heure après s’être rencontré au bar : record battu !

A la recherche d’une autre vie avec plus de sens

En parallèle de ces histoires de sexe, je m’interrogeais beaucoup sur le sens de la vie, sur notre société, je lisais des livres sur différents sujets d’actualité ou sur l’Histoire de notre pays. J’avais aussi envie de redécouvrir mes origines notamment du côté de mon père issu du milieu de la boucherie que je ne connaissais pas bien. Ainsi je décidais de rejoindre mon oncle agriculteur et éleveur de porc dans le Limousin pour passer une semaine avec lui et sa famille pendant l’été. C’était important pour moi de savoir d’où je venais, d’avoir cet enracinement pour pouvoir grandir ensuite sans forcément suivre la même voie. Je souhaitais également me frotter à une existence plus concrète et voir de mes propres yeux l’envers du décor de mon mode de vie de pur consommateur. Du moins temporairement pour m’en faire une idée car je n’étais pas encore prêt à changer étant donné les bienfaits que j’en tirais à ce moment.

Dans l’arène

Juste avant de partir en vacances chez mon oncle, je ne pouvais pas rater le fameux bal des pompiers de Paris, notamment la soirée dans le lieu magique des arènes de Lutèce. On y entra avec Vincent, Christophe et Thibault comme des gladiateurs prêts à livrer le combat de la séduction face à des fauves félines au regard perçant, gracieuses mais redoutables. L’expérience nous invitait à essayer d’isoler la proie. Ensuite c’était une lutte à main nue où la parole était reine, le regard, les gestes, rien ne devait être laissé au hasard. Un moment d’égarement et c’était la sentence de frustration par abstinence mais l’espoir de la récompense nous donnait du cœur à l’ouvrage. « Avé César, ceux qui veulent baiser te saluent ! »
On se déplaça de groupe en groupe en essayant de capter des regards, de susciter l’intérêt. Notre avantage était qu’il y avait peu de gladiateurs intrépides comme nous donc moins de concurrence et plus d’effet de surprise positif pour les filles. Je finis par jeter mon filet sur une petite nana toute mimi en lui annonçant la prochaine chanson par instinct et comme j’eus la chance de ne pas m’être trompé, je l’invitai à danser. La musique latino très sensuelle me facilita la tâche et ce fut rapidement emballé. On dansa un long moment ensemble collés l’un à l’autre puis, lorsqu’elle chercha à aller aux toilettes je lui proposai carrément d’aller chez moi plutôt que d’attendre une heure à faire la queue. Elle me répondit « pourquoi pas » avec un regard complice et nous y allâmes. Le hic c’était que je partais en vacances le lendemain chez mon oncle et j’avais lancé une lessive juste avant donc mes vêtements étaient étendus partout dans mon studio pour sécher. Je la prévins par un léger euphémisme que « ça allait être un peu le bazar » mais comme elle me le dirait plus tard dans un texto assassin : j’étais « bien loin de la réalité ».
Je rangeais tant bien que mal pour faire de la place puis on passa aux choses sérieuses, c’était une fille petite mais bien foutue, une sportive au corps svelte. Au matin je lui fis un massage tout nu, mon sexe se tendait en se frottant sur ses fesses bombées, je n’y tins plus, j’enfilai une capote et la pénétrai doucement dans cette position : ce fut bon ! Ensuite douche, petit déj et je la raccompagnai au métro. Elle se rendit compte à la lumière du jour de l’état de propreté de ma cuisine et de ma salle de bain, ce qui la convaincrait de ne pas me revoir en m’expliquant plus tard dans son fameux message que je semblais « ignorer l’existence de l’éponge ». C’était bien envoyé mais je lui fis remarquer qu’elle ne s’était pas enfuie en courant, loin de là.

Déceptions et incompréhension

Voici une histoire typique de plusieurs rencontres que je fis dans lesquelles tous les signaux pour conclure étaient au vert mais au dernier moment je tombais sur une impasse. Cela m’arriva avec une nana plus âgée que moi rencontrée au café chéri. Elle avait l’air très cultivée d’après son parcours, notamment un ancien poste de professeur à sciences po et elle semblait aussi très ouverte sur le sexe, n’hésitant pas à faire des blagues graveleuses. Son profil me plut, j’étais curieux de mieux connaitre son histoire personnelle et ses idées. Elle ne céda pas à mes avances le premier soir mais elle me lança un défi pour se voir une prochaine fois. Il fallait que je retrouve son nom que j’avais oublié en utilisant les informations qu’elle m’avait données dans la soirée sachant qu’elle était assez bien référencée sur internet. Je me lançai donc à sa recherche et je finis effectivement par la retrouver en exploitant la piste de professeur à science po en histoire de la mode ou quelque chose du genre. J’eus donc le droit de la revoir et afin de me donner toutes les chances de conclure je l’invitai à dîner chez moi.
Je mis les petits plats dans les grands, tout excité à l’idée d’un échange riche intellectuellement puis sexuellement. Mais je fus déçu sur les deux plans. Au fil de la conversation je m’aperçus que ses idées étaient parfois très caricaturales, sans nuances, à la limite de la prétention notamment sur des sujets que j’avais récemment beaucoup étudié comme l’économie. Cela m’agaçait mais j’avais envie d’aller jusqu’au dessert donc je me rapprochais d’elle, l’embrassais puis l’allongeais sur le canapé en la caressant. Je commençais à la déshabiller lorsqu’elle m’arrêta brusquement en me disant que finalement elle n’en avait plus envie, qu’elle était gênée de la situation et préférait rentrer chez elle. Elle s’excusa piteusement de sa volte-face après m’avoir chauffé pendant plusieurs jours avant le dîner. J’en fus bouche bée mais je n’insistai pas, abrégeant la discussion d’un ton amer. L’image que je me faisais d’elle, une femme intelligente et coquine, ne correspondait pas du tout à la réalité, elle était plutôt immature et coincée. Cela m’apprendrait à faire des plans sur la comète.

I love America

Heureusement il était facile d’oublier ces histoires à Paris en passant à une autre, surtout en cette saison. Dans la même semaine, nous étions avec Christophe et Thibault au Comptoir Général lorsque je repérais une jolie blonde toute seule qu’ils m’encouragèrent à aller voir. Je suivis leur conseil et vins à sa rencontre en lui demandant tout simplement ce qu’elle faisait là. C’était une américaine en mission de quelques semaines à Paris pour un reportage télé. Ce bar devait être bien noté dans les guides touristiques car on y croisait beaucoup d’étrangères de passage. Grâce encore à mon niveau d’anglais, j’arrivais à maintenir une conversation intéressante et la confiance s’installa. Je m’enhardis en laissant trainer ma main sur sa cuisse tandis que nous discutions et voyant qu’elle laissait faire je l’embrassais, parcours classique mais toujours plaisant.
On sortit ensuite prendre l’air en marchant au bord du canal Saint Martin, c’était romantique et je ne manquai pas de lui faire découvrir la vue sur les écluses en haut d’une passerelle. J’en profitai pour la coller à moi en frottant doucement mon genou contre son entrejambe tout en lui faisant un bon french kiss. Le désir monta et pour ne pas troubler l’ordre public on rentra chez moi à l’abri des regards. Après l’effeuillage elle me suça sur le canapé puis monta sur moi sans capote, mon excitation était trop forte pour être contrôlée, je lui demandai juste si elle prenait la pilule et à peine eut-elle le temps d’acquiescer que je jouis en elle. Ce ne fut pas la première ni la dernière fois que je couchais avec une inconnue sans capote malgré les risques, c’était très con mais ma raison avait tendance à s’incliner dans ce genre de situations face à ma libido impatiente.
On se retrouva plusieurs fois pour faire des galipettes dans son appart Airbnb en plein centre de la capitale, c’était une fille enjouée, curieuse, sexy et torride au lit. Je fis mon premier 69 avec elle et, perdu pour perdu, on continua de baiser sans capote.

Argentina en Paris

Finalement on était restés en contact avec Lucia et, pendant une période où je me sentais seul, je lui avais proposé de venir me voir en France. On s’était finalement mis d’accord sur deux semaines au mois d’août. Même si j’étais très content de la revoir, je dois avouer que je regrettais d’être monopolisé pendant cette période bénie pour la drague à Paris. Mais qu’importe, autant profiter de sa venue et puis c’était une manière de la remercier de son accueil tendre et chaleureux à Buenos Aires. Donc je lui fis visiter un maximum d’endroits emblématiques de Paris et ses alentours ainsi que des régions typiques de la France comme la Bretagne et l’Auvergne.
On s’entendait très bien et on commençait à bien se connaître sur tous les plans. Elle était toujours disponible et enthousiaste tout en s’adaptant à mon caractère pensif et à mes silences. La veille de son départ on s’enfila chacun deux pintes de Chouffe à l’heure de l’apéro et les effets planants se firent rapidement sentir. On retrouva mes potes Vincent et Christophe sur le toit de la Nuba mais nos pensées étaient ailleurs, on avait très envie l’un de l’autre. N’y tenant plus, on quitta la soirée précipitamment pour aller dans notre chambre d’hôtel situé sur une péniche juste à côté, nous l’avions loué pour notre dernière nuit ensemble à Paris. Une fois arrivés, Lucia me dit qu’elle avait envie de me lécher sur tout le corps puis me demanda crûment de la baiser fort. Par docilité intéressée je la pénétrais fermement par derrière en lui attrapant les cheveux d’une main et en faisant claquer l’autre sur ses fesses. L’instinct animal prenait temporairement le contrôle du corps avec le consentement de la raison pour assouvir des pulsions sexuelles puis, lorsque la tension redescendrait après l’échange des fluides, la raison reprendrait sa place presque comme si de rien n’était. C’est un équilibre à trouver avec le temps, au gré des expériences et qui ne sera probablement jamais parfait mais moins dommageable que de nier ses pulsions.

Le grand chelem

Avant son dernier week-end avec moi à Paris, Lucia avait passé quelques jours avec de la famille habitant à Amsterdam et je restais seul dans la capitale. Mes potes n’étant pas dispos, j’avais décidé de sortir quand même au café chéri histoire de prendre l’air et, qui sait, peut-être faire une rencontre ? L’ambiance était assez calme en cette période estivale, je réussis quand même à aborder une nana en y allant au culot sur la piste de dance. Elle était tellement surprise de ma démarche qu’elle pensait que l’on s’était forcément déjà rencontré avant, elle croyait se souvenir de moi à l’école et pendant un temps je jouais le jeu pour plaisanter. Ensuite, on sortit fumer dehors et je l’embrassai, elle voulait continuer la soirée avec une pote en boîte mais ça ne m’intéressait pas donc je récupérais son numéro pour une prochaine fois.
Aussitôt après avoir raccompagné Lucia à l’aéroport quelques jours plus tard, je proposais à cette fille d’aller boire un verre le soir-même et elle accepta. On se retrouva au café Follies puis je la ramenai chez moi mais le débarquement anglais nous obligea à en rester aux préliminaires. Elle ne payait pas trop de mine mais elle avait de beaux seins et je n’avais jamais couché avec une asiatique. On alla dîner ensemble deux jours plus tard mais elle me laissa en plan sans explications sur le pas de ma porte. Ce ne fut que plus tard qu’elle m’expliqua sans plaisanter que c’était parce qu’on avait partagé l’addition alors que j’avais mangé plus qu’elle...
Entretemps, Fanny me recontacta innocemment après plusieurs mois de silence et on alla boire un verre dans un café pas trop loin de chez elle. Je fus agréablement surpris de la revoir et je me doutais que ce n’était pas uniquement pour me raconter ses vacances qu’elle était venue. On finit par s’embrasser assez naturellement puis je la suivis chez elle, dans son nouvel appartement. En entrant dans son immeuble j’eus une impression de déjà-vu. Effectivement je réaliserais plus tard que c’était le même immeuble où j’avais été un an auparavant pour retrouver la nana d’un soir rencontrée à la Boumette !
Je continuais sur ma lancée le jeudi de la même semaine en retrouvant Vincent et Christophe au Papa Cabane. C’était un bar en plein air près de Bercy, ouvert seulement l’été et construit avec des palettes en bois. Mon regard se posa sur Constantine, aux cheveux mi blonds mi roux et dont la jolie robe verte laissait apparaitre des formes généreuses. Elle faisait la queue toute seule pour commander à boire. Par défi avec les potes je tentai une approche sous leurs regards amusés. Le temps d’attente dans la file fut suffisant pour sympathiser puis nous fîmes la jonction entre nos groupes d’amis. Thibault m’accompagna tandis que Vincent continua sa tournée de drague. A la fin de la soirée je récupérais le numéro de Constantine en lui donnant rendez-vous pour le week-end.
Grisé par cette succession de conquêtes je pris de plus en plus confiance et le lendemain soir au café chéri j’interpellais une nana à la fermeture du bar qui se baladait avec un sceptre lumineux acheté à la sauvette. Cela me donna une bonne accroche, j’étais chaud et je ne me gênais pas pour lui faire passer le message de manière subliminal que j’aimerais passer la nuit avec elle. Elle nous proposa à Vincent et moi de la rejoindre avec ses potes au café Charbon près d’Oberkampf. On suivit son scooter avec la moto de Vincent. Sur place je fis monter la température sans trop m’intéresser à ses amies, Vincent s’en occupait. On finit par s’embrasser puis on décida de rentrer à pied chez moi. L’une de ses potes lui lança d’un air grivois un truc du genre « j’espère qu’il va bien te la mettre au fond ». La couleur était annoncée, on s’éloigna en donnant l’air de ne pas avoir entendu mais le souhait de son amie fut exaucé. Le matin, au réveil, on remit le couvert : je la fis jouir en la caressant puis je la pénétrais, elle me prévint qu’elle ne mouillait plus trop et que ça commençait à lui faire mal donc je me mis sur le dos et elle sur moi, cette position fit rapidement effet. Ensuite, après une douche, je la raccompagnai à son scooter.
En fin de journée je continuais mon marathon de dragues en retrouvant Constantine sur les quais de Seine en face de Bercy. Elle était toute fraîche, plus jeune que moi de plusieurs années. Comme elle devait bosser tôt le lendemain matin on se sépara en début de soirée après s’être embrassés. J’étais sur un nuage d’euphorie, je rejoignis la bande de dragueurs à la Nuba puis on se motiva à terminer la soirée au club de la Bellevilloise. Décidé à ne pas m’arrêter en si bon chemin je rattrapais une nana sur la piste de danse après l’avoir aperçue au comptoir. Ce fut rapide car elle voulait rester avec ses amies mais elle me donna son numéro et on se revit ensuite pour passer quelques nuits ensemble un peu trop bruyantes à mon goût.
Dimanche, je reçus Constantine chez moi pour dîner. En parlant de cuisine la veille, j’avais saisi l’occasion pour l’inviter à goûter à mon art culinaire. A peine était-elle arrivée que je ne résistais pas à lui enlever sa petite robe sexy, elle aussi en avait très envie, on fit l’amour avant même de passer à table. Puis on remit le couvert et elle me glissa d’un air malicieux « tu m’as tuée ». Cette semaine de folie se terminait en beauté.

American pie

La rentrée approchait, Fanny me proposa d’aller ensemble à la Braderie de Lille et j’étendis l’invitation à Vincent et Christophe. La veille du départ j’allais à la pendaison de crémaillère de Constantine et ses collocs à laquelle étaient conviés également mon inséparable duo de dragueurs qui ne se firent pas prier. Nous avions six ou sept ans d’écart avec la moyenne d’âge du groupe et ça se ressentait, on se serait cru à une soirée étudiante comme dans American Pie. Nous n’étions pas habitués à faire des grosses soirées dans les apparts, on privilégiait plutôt les bars.
Au milieu de la soirée, Constantine me susurra à l’oreille d’aller dans la salle de bain située juste à côté de l’immense salon cuisine où étaient tous les fêtards et elle me rejoindrait discrètement. C’est là où était l’unique toilette donc il ne fallait pas que l’on perde de temps. Aussitôt enfermés tous les deux, elle défit mon pantalon et se mit à genoux pour me sucer. Je n’en croyais pas mes yeux, là on était vraiment dans American Pie ! N’y tenant plus je la relevai et la pris debout contre le mur mais des amies jalouses ou à l’envie pressante commencèrent à tambouriner sur la porte, on se rhabilla donc en vitesse. Ce ne fut que partie remise, on se retrouva plus tard dehors pour se rouler des patins tandis que je lui caressais le sexe contre son pantalon. En fin de soirée, alors qu’il n’y avait plus grand monde et que nous étions installés dans un canapé, elle commença à me branler doucement à l’insu des personnes qui discutaient autour. Cette fois-ci on monta dans sa chambre située en mezzanine avec un rideau en guise de séparation et on baisa en silence tandis que les autres continuaient de faire la fête.
Le lendemain je me levais tôt pour attraper un train en direction de Lille où je rejoignis aussitôt Fanny. Je n’étais même plus étonné par cette vie multiple que je menais sans me poser de questions, passant d’une fille à l’autre. J’étais grisé, la vie me paraissait tellement simple désormais, mon plaisir personnel devenait mon unique boussole, je ne faisais plus de plans à long terme, je vivais au jour le jour.
On se reperdit de vue assez rapidement avec Fanny qui attendait plus d’engagement de ma part, ce à quoi je n’étais pas prêt, en particulier après cet été de folie que je venais de vivre. Par contre je commençais une relation ambiguë avec Constantine en tirant partie de notre relation stable pour avoir la garantie d’une activité sexuelle régulière tout en continuant de bénéficier d’une liberté de mouvement alors que je ne l’avais pas avertie de mes intentions. Pire, mon attitude laissait penser le contraire, voulant jouer sur tous les tableaux je me pris à l’inviter à des soirées où je la présentais à mes amis. Grave erreur qu’elle me reprocha logiquement quand je mis fin à notre relation.  

Et beh, tu t'es sacrément débloqué en cours de route :wink:
Curieux de voir où tu en es maintenant.

Salut Jalapeno, oui effectivement il y a eu du changement :)
Bah depuis je me suis calmé car je commençais à me lasser de ce mode de vie et je me suis mis à écrire ce récit.
Maintenant je me sens prêt à me pauser avec quelqu'un, on verra bien!
Dites-moi si vous êtes intéressés par la suite.

A+

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