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Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 03.02.21
par PeuImporte2021
Bonjour, j'ai longtemps lu vos messages en silence, je me décide enfin à prendre la plume (enfin : le clavier) pour vous livrer une expérience très personnelle.

Deux expériences en fait, dont je devine qu'elles seront clivantes et peut-être mal accueillies. Je vous les livre quand même, pour ceux et celles à qui ça pourrait parler, mais aussi parce que je sais que ça me profitera à moi aussi. J’espère que je n'enfreins aucune règle et que les modérateurs ne m'en voudront pas. Aucun problème si ce message doit être supprimé.

J'ai longtemps été malheureux, en décalage avec les autres, et, ça il m'a fallu du temps pour le réaliser, avec moi-même, au point que le sentiment de passer à côté de ma vie et de moi-même se faisait de plus en plus pesant. Au point, par moment, de me faire pencher du côté de l'angoisse débilitante.

Deux choses m'ont probablement sauvé la vie : le LSD, et me faire sodomiser par une femme. Laissez-moi expliquer.

J'ai grandi dans une famille équilibrée et saine. Libérale sur les choses de l'esprit mais réservée sur les choses du corps et du sexe. Le sexe n'a jamais été un sujet facile dans ma famille, et c'est tout naturellement que j'ai grandi dans une sorte de honte, de timidité du corps et de la sexualité. Parler ouvertement de sexe et de mes envies est impensable. Je suis réprimé dans ma sexualité et dans ma sensualité. J'ai aussi été victime de harcèlement scolaire, pendant tout le collège et une bonne partie du lycée. J'ai repris pied par la suite, mais le mal était fait : mon rapport aux autres, et le regard que je portais sur moi-même étaient abîmés au-delà de toute possibilité de réparation.

Cette période où les autres garçons étaient source d'agressions, de brimades et d'humiliations a imprimé en moi la méfiance des autres. J'ai eu quelques copines, mais j'ai réalisé sur le tard que pour être épanoui dans un couple, il faut être épanoui soi-même, et si possible, dès le début, car la personne qu'on ose être encourage l'autre à s'épanouir elle-aussi.

A 40 ans, je suis en couple avec ma compagne, frustré sexuellement car il manque quelque chose : notre sexualité est très basique. La peur d'être jugé, rejeté, moqué est prédominante.

Et psychologiquement, existentiellement, je me sens perdu : je sens qu'une part de moi m'échappe. Une part animale, primale, celle du mâle guerrier, conquérant. Je suis dans la fleur de l'âge, et pourtant la timidité prime. Je fonctionne mais je me sens inachevé. C'est un sentiment de défaillance ancrée profond, et bien sûr cela a des conséquences sur tous les aspects de ma vie.

J'ai bien sûr vu plusieurs thérapeutes et psychologues, qui m'ont aidé ou pas à mieux mettre des mots sur des sentiments vagues. AU fil des années, j'en suis venu donc à réaliser avec de plus en plus de clarté que j'ai été mal modelé par mes jeunes années, et que mon fonctionnement n'est pas celui qu'il aurait pu être. Pas celui qui m'aide à m'épanouir et à devenir le meilleur moi en tout cas.

Il y a quelques mois je suis tombé sur des articles qui traitaient de microdosing : le fait de prendre des doses micro de substances psychédéliques (psilocybine : les champignons hallucinogènes, ou LSD). Loin des doses "récréatives", ces doses très diluées ne produisent aucun effet notable, mais, à en croire les adeptes, permettent d'accroître la créativité, la sérénité, la clarté d'esprit, les capacités d'introspection, de lutter contre l'anxiété voire même le stress post traumatique. Aujourd'hui des études cliniques sont en bonne voie et semblent montrer que l'efficacité est réelle sur les traumas de l'esprit.

J'ai aussi lu beaucoup de témoignages de gens dans une situation similaire à la mienne qui, après avoir fait un ou plusieurs trips (à des doses hallucinogènes, pas des microdoses), relatent d'effets très bénéfiques sur leur vie intérieure.

J'ai longtemps hésité avant de sauter le pas. Je n'ai jamais consommé de drogues. Je ne bois même pas d'alcool. Et il m'est impensable de prendre quelque drogue dure que ce soit. Le fait que le LSD ne provoque ni dépendance ni accoutumance, même sur le long terme, est quelque chose qui m'a rassuré. Je n'aurais même pas envisagé la chose s'il y avait eu le moindre risque d'addiction. Je me suis beaucoup documenté, puis j'ai décidé de faire l'expérience d'un premier trip au LSD. Je m'en suis procuré sur Internet, j'ai acheté un kit de test pour m'assurer qu'il était pur et pas bidouillé. Ça vient sous la forme de bouts de papier imprégnés, appelés buvards.

J'ai expliqué ma démarche à une amie que je savais ouverte à cela, et, prétextant un déplacement pro à ma compagne, j'ai passé le weekend chez mon amie, la chargeant de veiller sur moi lors de mon expérience. Il est impératif de ne pas faire ce genre de choses seul : impossible de savoir comment on réagira, et il faut que quelqu'un soit là pour vous rassurer si les émotions se font trop fortes et trop négatives ; et vous empêcher de faire des choses potentiellement dangereuses.

J'ai rejoint mon amie un vendredi soir. J'ai jeuné dans la soirée, ne buvant que de l'eau, nous avons passé une soirée agréable où je me suis livré à elle sur mes expériences passées, mes difficultés et mon envie d'entamer une forme de reconstruction. Je me suis couché tôt. Le lendemain matin, j'ai pris ma dose, plaçant le buvard sous ma langue. Pendant que j'attendais que le LSD fasse effet, mon amie préparait des fruits frais, de l'eau, et j'ai pris place sur son canapé confortable. Il a fallu environ 20 minutes pour que les effets deviennent notables.
D'abord un sentiment de confort, puis de légère ébriété, puis de fourmillement. Puis les choses habituelles : des couleurs plus vives, une fascination pour les motifs, puis des formes et figures apparaissant dans les motifs, des échos, des mouvements, une sensation de flottement, comme si je volais...

J'ai vite perdu la notion du temps. J’ai commencé à avoir des flashs d'épisodes de mon enfance et de mon adolescence, des choses auxquelles je n'avais jamais repensé. Des épisodes heureux, et des épisodes moins heureux. J'ai ressenti de la joie, de la légèreté, de la peine et du chagrin. Je ne veux pas trop rentrer dans les détails, et j'ai d'ailleurs un souvenir assez confus de tout ça. Je sais juste que ça a duré toute la journée, et que je me suis réveillé le lendemain avec un sacré mal au crâne, et que j'ai passé le dimanche à dormir.

Les véritables effets sont devenus apparents au cours des semaines qui ont suivi. J'ai pris conscience que de nouvelles facettes étaient apparues dans mon introspection : de nouveaux problèmes à décortiquer, ou une façon nouvelle de voir des problèmes que je connaissais déjà. Pour certains d'entre eux, ils n'étaient tout simplement plus des problèmes : juste des souvenirs, sans aucune douleur ou amertume associée.

Je pense que des portes se sont ouvertes dans mon esprit. Je peux déjà dire que je me sens moins peureux des autres, comme si en moi commençait à germer une forme d'assurance, de sérénité nouvelle. Ce n'est pas fini, je ne sais pas encore où ça mène, mais je me sens en mouvement intérieur, et la direction semble bénéfique.

Je me perçois différemment en tout cas. Je perçois mon histoire personnelle de manière différente, plus apaisée, comme si j'arrivais désormais à poser un regard bienveillant ou indifférent sur des moments douloureux, comme forme de guérison, de cicatrisation.

Des idées nouvelles me sont apparues. Depuis ce premier trip, j'ai l'idée que ma pudeur, ma timidité sexuelle, mon rapport honteux à la sexualité et à l'intimité sont un taboo à lever. Toute ma vie j'ai pensé que c'était une loi immuable : le sexe est quelque chose qu'on l'on porte en cachette, un peu honteusement. Mais cette conception est en train de changer. J’ai le sentiment qu'il faut que j'apprenne à reprendre mon corps, mon animalité, à porter un regard bienveillant sur MA sexualité, MA sensualité, mes envies. C'est difficile. Comme dit plus haut, je me suis construit dans la fragilité, la timidité, la méfiance et la peur du rejet, des moqueries. Ce ne sont pas exactement des conditions qui favorisent la confiance en soi, l'audace et le lâcher prise. Lâcher-prise : ce mot a commencé à résonner particulièrement après mon trip au LSD. Comme si mon subconscient voulait que j'y pose mon attention.

J'ai commencé à comprendre des choses, à dessiner des contours. J'ai réalisé que les hommes étaient source de danger à mes yeux, une menace. Que les femmes étaient source de conquête, mais jamais d'abandon, jamais de réconfort. Lorsque je suis intime avec une femme, je lui donne et je lui prends, mais jamais je ne me mets en position de la laisser elle me donner. Je suis dans le contrôle. J'ai réalisé qu'il me fallait expérimenter un renversement des choses, des situations où je serais dans le lâcher prise et l'inversement des rôles.

Dans mes pratiques solitaires, j'ai exploré le plaisir anal, très fort pour moi (comme pour la plupart des hommes qui le pratiquent je pense). La stimulation anale est chez moi quelque chose de très fort, parfois plus encore que l'orgasme du pénis et de l'éjaculation. Il y a quelques mois encore, j'aurais trouvé impensable de parler ouvertement de ça. J'ai décidé que je voulais explorer ça davantage, et plus en solitaire (ce qui m'a trop longtemps défini : la solitude et l'autosuffisance), mais avec mes partenaires. Je n'ai strictement aucune attirance pour les hommes. Le corps masculin ne m'attire pas du tout et n'est pas source de fantasme. Je suis profondément hétérosexuel.

La sexualité et l'exploration n'étant pas des sujets facilement discutés avec ma compagne, dont je regrette le peu d'imagination sexuelle, et la démarche étant avant tout un voyage introspectif personnel, j'ai décidé de m'adresser à une professionnelle.

J'ai trouvé une professionnelle du sexe dont la démarche m'a paru qualitative plutôt que quantitative. Je lui ai expliqué ma démarche : expérimenter le lâcher prise, ne forme de soumission sans brutalité à une femme qui prenne le contrôle mais en toute bienveillance. L'humiliation et les sévices ne sont pas quelque chose qui m'intéressent pour le moment.

Nous avons convenu d'avoir une rencontre sexuelle avec rapports classiques, puis, lorsque je serais prêt, qu'elle me sodomiserait à l'aide d'un strapon. Je ne suis pas débutant, je me suis déjà introduit des godes de différentes tailles (seul), je ne m'aventurais donc pas en terrain totalement inconnu. La seule nouveauté était le fait de m'en ouvrir à quelqu'un d'autre, de baisser la garde, de m'en remettre à ma partenaire du moment.

L'expérience a été au-delà de toute attente. J'ai bien choisi la personne en question, et elle a bien rempli son rôle. Girl friend expérience comme disent les adeptes. Elle a su trouver la bonne attitude entre écoute, chaleur et confort. Elle a su me mettre en confiance, et j'ai eu l'impression de réellement connecter avec un être humain, pas juste de payer pour de la chair.

Lorsqu'elle m'a pénétré, mon cerveau a explosé. C'est comme si j'étais propulsé dans une autre dimension, pendant un bref instant. Il s'est produit quelque chose de plus fort encore que mon trip LSD : moins durable, mais infiniment plus bouleversant en intensité. Des portes se sont ouvertes dans mon cerveau, mon âme a changé de couleur, un déversement d'émotions refoulées. Sans parler du plaisir physique, profond, animal, c'est émotionnel que fût la vague. Sans mauvais jeu de mot : comme un verrou qui saute et libère un flot d'émotions refoulées, chagrin, culpabilité, honte, pudeur, sentiments d'être privé de contrôle, tous les souvenirs d'humiliation, de vexation : tout est remonté à la surface, a éclaté comme une bulle, et s'est transformé en exultation.

Je me suis senti, à travers cette brève expérience, devenir être sexuel, sexué, en prise avec mon corps, mes envies, ma sensualité personnelle et pas imposée par les attentes et la convenance. Le mélange d'émotions confuses et contradictoires de se sentir ainsi pris par une femme, d'abandonner pour un moment l'idée que l'on se fait de soi et que l'on veut de la masculinité. C'est difficile à décrire. Ce fut, je pense, une forme de transcendance (et je souhaite à quiconque me lit de connaître cela un jour). Je me suis élevé au-dessus de moi-même, et je suis redescendu une personne plus libre, plus légère, un peu plus forte.

Je suis convaincu que la sexualité, lorsqu'on la pratique avec le cerveau, est une des formes les plus puissantes de magie qui existe. Je ne parle pas de paranormal : je parle de phénomènes transformatifs, exhultatoires, qui nous élèvent au-dessus de notre condition animale pour nous rapprocher de la divinité. La musique en est une, les psychédéliques une autre, et l'abandon sexuel aussi. C'est ce que j'ai vécu à cette occasion.

le LSD m'a apporté un regard nouveau, une nouvelle souplesse introspective. Il m'a ouvert de nombreuses portes.
L'une de ces portes m'a amené sur un chemin nouveau dans ma sexualité et ma sensualité, des choses que je n'ai pas su cultiver dans ma jeunesse, et que je peux explorer. De cette première expérience de sodomie et du torrent de plaisir et d'émotions qu'elle m'a procurées, j'ai retiré une conviction profonde : l'épanouissement est réel dans le fait de se libérer des modèles, des carcans, et de revendiquer ses envies sans honte ni crainte.

Je suis un homme. J'ai mes plaies, mes peurs. Mais mon corps est mon corps, et il est à ma disposition, ainsi qu'à celle de mes partenaires. Et si j'arrive à me mettre dans le bon état d'esprit, dans un climat de confiance et de respect avec la bonne personne, il peut-être le vaisseau d'expérience émotionnelles, cérébrales et spirituelles quasi divines, surtout si je me libère des vieux taboo.

Accepter de m'offrir ainsi, vulnérable devant une femme, et de la sentir se faire un chemin dans ce qu'un humain a de plus intime, m'a guéri de ma stérilité sensuelle, de ma froideur sexuelle et m'a reconnecté avec une animalité primale que j'avais perdu de vue. Un processus de réappropriation s'est lancé. Pendant un instant, j'ai reconnecté mes émotions à ma sensualité, réparant ainsi un mécanisme de dissociation sensuelle hérité de mon adolescence.

J'ai entrouvert une porte sur un moi plus fort, plus libre, plus sensuel, plus animal, plus authentique. Je vais maintenant essayer de devenir cette personne à plein temps, d'entretenir ce sentiment. Plus que le plaisir anal ou la soumission, c'est le fait d'avoir osé m'offrir à une partenaire qui fut transcendantal. Mais le plaisir anal lui-même est (en tout cas pour moi) extrêmement plaisant et j'aurais du mal à m'en passer à présent.

Je me souviens être tombé sur le podcast d'une sex coach hippie californienne new age qui expliquait à sa clientèle féminine à quel point la sodomie faisait merveille contre le stress et l'anxiété : que c'était à la fois un sentiment d'abandon, de désarmement, mais aussi lié à l'extrême richesse sur le plan nerveux de cette partie de l'anatomie. Elle appelait ça le massage ultime, la plus directe voie d'accès vers l'âme, à condition d'être pratiqué avec la bonne personne et dans le bon contexte.

Messieurs, je vous souhaite de trouver le courage de peut-être essayer ça avec la bonne personne.
Mesdames, si vous pouvez offrir ça à votre partenaire si vous le sentez intéressé, c'est un incroyable cadeau, de plaisir et peut-être, de guérison que vous lui faites. Et je pense que vous pourriez apprécier l'expérience vous aussi (d'un côté ou de l'autre du gode).

Je ne veux pousser personne à essayer le LSD ou à se faire sodomiser. Je voulais juste témoigner de comment ces deux expériences m'ont libérées, m'ont sorties d'une impasse émotionnelle et m'ont, dans un sens, sauvé la vie.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 04.02.21
par Mapache
Deux choses m'ont probablement sauvé la vie : le LSD, et me faire sodomiser par une femme. Laissez-moi expliquer.
Au risque de finalement me griller sur mon identité FTS passée : je ne peux qu'approuver ce message.
Je ne suis pas tres branché microdosing, mais la thérapie assistée par psychédélique est un champ qui m'intéresse beaucoup.

Je ne vais pas faire l'apologie d'une substance illégale car ca ne serait pas cool pour FTS, mais il y a pas mal de littérature sur le sujet. Le dernier qu'on m'a conseillé :

The psychedelic explorer's guide

Quand au pegging, pas encore pratiqué, mais ayant eu un certain nombre de partenaires trans, je pense que je peux appréhender l'effet :)

Je résumerais tout simplement comme ca (mais c'est mon opinion) : on est vachement plus heureux quand on se libère des normes pour explorer ce dont on a vraiment envie / besoin. Et certaines expériences sont très libératrices à ce sujet, ne serait ce que pour constater que prendre un truc dans le cul ne nous transforme pas en "tapette" ou en "femme".

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 04.02.21
par voucny
Ton témoignage est passionnant.
Pour traverser également une période de libération et de transformation à l'aube de la quarantaine, j'ai quelques questions :
Tu sembles avoir fait ce cheminement assez seul (en dehors de l'amie chez qui tu as passé un week end), comment vis tu le fait de ne pas parler de toutes ces expériences et découvertes avec ta compagne ? Vous vivez ensemble ? Avec des enfants ? L'impossibilité d'échanger avec elle sur des sujets fondamentaux pour ta vie ne te frustre pas ? Trouves tu ta satisfaction dans une autre forme de communication avec elle ? Se rend elle compte que quelque chose change en toi ?

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 05.02.21
par Onmyoji
Warning pour le bien public/Note quand même à l'usage des curieux des trips psychédéliques "libérateurs": chez certaines personnes on constate parfois des flashbacks impromptus sans drogues. Pas adéquat donc si vous aimez les sports extrêmes, que vous conduisez des gens ou avez leur vie entre les mains.
Et les hallucinogènes favorisent aussi la dissociation de l'identité ou la schizophrénie chez des personnes ayant des prédispositions.
Il n'y a pas que des bénéfices. À manipuler avec précaution.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 05.02.21
par Mapache
Chaque ingestion de substance est à prendre en connaissance de cause, avec un dosage raisonnable et un environnement le plus cadré possible. Il ne s'agit effectivement pas de faire n'importe quoi.

Notons cependant que les substances psychédéliques sont considérées parmis les drogues les moins dangereuses pour l'humain, alors que nous ingérons légalement plusieurs drogues classées parmis les plus dangereuses, que ce soit en terme d'addiction ou d'effet sur le corps.

Il est important de mettre en garde, mais ne diabolisons pas des substances qui sont, en fin de compte, beaucoup plus safe que l'alcool, la cigarette ou le xanax. Ceci n'est pas mon point de vue, mais celui de la communauté scientifique.

(J'essaie de visualiser un monde ou a chaque fois que quelqu'un parle de sa cuite du week end on lui parle de coma éthylique et de cirrhose).

https://transcendrecoverycommunity.com/ ... gs-ranked/

https://serenitylane.org/resources/arti ... ful-drugs/

Il est évident qu'il faut aussi prendre en compte les risques légaux, que j'ai exclu de la réfléxion dans ce cadre précis.

Autre source, pour ceux qui ne savent pas quoi faire de leur week end : le documentaire "Have a nice trip", sur Netflix, ou Sting (entre autres personnes) parlent de leurs expérience.

Encore une fois, il n'est pas question de faire l'apologie de substances légales, mais de promouvoir une information la plus neutre possible, en incluant les risques (comme Onmiyoji l'a fait), et les potentiels bénéfices de chaque substance. La psilocybine est aujourd'hui étudiée pour son potentiel thérapeutique, ainsi que la MDMA et la Kétamine. Je m'égare et ne continuerai pas sur ce post, mais il est effectivement possible que certain.e.s en retirent des bénéfices.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 05.02.21
par Alex_B
PeuImporte,

Tout d'abord, félicitations pour ton style. Tu es très agréable à lire. :)

J'aimerais apporter un témoignage à ton témoignage. Tu n'es pas le seul hétérosexuel à aimer être sodomisé par une femme. Je connais un jeune homme avec qui j'ai fait connaissance il y a 7 ans environ sur Internet sur un forum dédié aux mangas et avec lequel je suis toujours en contact. Lui aussi aime ça, et quand je dis "aimer", c'est un euphémisme. Mais lui en plus aime être soumis, féminisé, etc.

Il a une copine depuis deux ans mais elle n'est pas intéressée par ce genre de choses. Quand il lui en a parlé, elle l'a un peu regardé avec dégoût. Il a arrêté de lui en parler et a continué de faire l'amour avec elle normalement mais il m'a dit que ce n'était pas trop son truc. Il s'en ouvre plutôt à moi et on joue virtuellement ensemble car au contraire, moi ça m'amuse.

Cela va faire 7 ans maintenant que l'on fait des jeux de rôles SM sur Internet, des webcams où il se déshabille puis s'enfonce des trucs devant moi et fait tout ce que je lui demande. On s'appelle au téléphone quelquefois. Je le considère comme un sex-friend virtuel car on est très complices tous les deux :)

Mais tout ça, c'est une double vie. Dans le dos de nos partenaires. Ceci dit, il n'y a rien de méchant là-dedans. Pas de quoi compromettre nos couples respectifs même si... j'avoue que sur le plan sexuel, je m'amuse beaucoup plus avec ce jeune homme qu'avec mon mari. Contrairement à toi, j'aime bien avoir le contrôle. (Ce qui est positif là-dedans, c'est qu'il y en a pour tous les goûts).

Récemment, il m'a dit qu'il aimerait qu'on se voit un jour en vrai le temps d'un week-end comme tu l'as fait avec ton amie. Je ne serais pas contre mais .... C'est vraiment compliqué et risqué à mettre en place quand on est en couple. Et toi que comptes-tu faire avec ta compagne ?
L'épanouissement est réel dans le fait de se libérer des modèles, des carcans, et de revendiquer ses envies sans honte ni crainte.
Je suis totalement d'accord avec ça ! :)

NB : Je constate aussi que la "crise de la quarantaine" est bel et bien une réalité ;) A l'aube de la quarantaine, je remets aussi beaucoup de choses en question dans ma manière d'appréhender l'existence : (métro, boulot, dodo).

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 07.02.21
par FK
Hello,
merci pour ton témoignage, personnellement je m'y reconnais sur pas mal d'aspects et je pense que je ne serai pas le seul.

J'aurais bien aimé (avec ta permission) déplacer la partie sur le pegging sur le forum Sexualité de FTS, où peut être davantage de gens oseraient s'exprimer et poser leurs questions sous couvert d'anonymat ?

(+ ce forum a une réelle utilité et mériterait un peu plus d'animation donc je vous encourage à en faire bon usage, voire, un usage ludique why not : y'a plein de sujets intéressants avec encore trop peu de réponses : créez-vous un compte, anonyme ou non et go !)

Soit copier coller le message initial, ou le déplacer carrément, ou autre, à voir. Je ne fais rien sans ta permission dans tous les cas.


(au passage : je n'ai jamais pris de dose récréative / hallucinogène de LSD, par contre je pratique le microdosing au LSD depuis quelques temps : pour moi personnellement, ça fait merveille et ça mériterait je pense un sujet à part entière; et je précise que de toute évidence, je fais très attention, même si le risque, du fait de la dose micro, est moindre qu'une dose macro). Et rappelons que la loi veut qu'on ne devrait même pas en parler en France, mais faisons comme si la liberté d'expression était encore quelque chose. Juste, tâchons de ne pas promouvoir l'usage de produits stupéfiants et ça devrait aller.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 07.02.21
par PeuImporte2021
Bonjour, merci pour vos réponses, je ne m'attendais pas à un tel accueil.
Mapache a écrit :
04.02.21
Je résumerais tout simplement comme ca (mais c'est mon opinion) : on est vachement plus heureux quand on se libère des normes pour explorer ce dont on a vraiment envie / besoin.
Merci pour ton message. Je ne peux qu'être d'accord avec ça.

Voucny, merci ! Pour te répondre : je n'ose pas en parler à ma compagne pour plusieurs raisons. La première : la peur d'être rejeté ou de la voir mal réagir, et ce n'est pas quelque chose que j'arriverais à expliquer sans me mettre sur la défensive. Je crains sa réaction, son incompréhension car elle n'a connu que moi, ne semble pas avoir des envies très élaborées, les rares fois où j'ai voulu l'entraîner sur des nouveaux terrains, je ne l'ai sentie très enthousiaste. Nous vivons ensemble, nous n'avons pas d'enfants. C'est difficile pour moi de me confier ouvertement à elle car j'ai l'impression d'avoir un rôle à tenir à ses yeux (celui de "son homme") et j'ai l'impression que les paramètres sont figés depuis le temps. J'ai d'autres envies d'exploration, la sexualité classique m'ennuie un peu, mais je pense qu'elle serait réticente, qu'elle ferait à contre cœur, et ça manquerait d'alchimie. Et c'est d'alchimie que j'ai besoin. C'est bien sûr frustrant (sexuellement, mais aussi au quotidien). J'aimerais que l'on ait ce genre de relation où l'on parvient à se livrer, et où l'on pourrait avoir une réelle fusionalité mais nous en sommes loin. A vrai dire j'ai peur que son regard sur moi change, qu'elle soit jugeante. Je ne sais pas si elle se rend compte de cela.

Le simple fait de pouvoir parler à quelqu'un, sur un plan personnel (pas un psy), me ferait beaucoup de bien je pense mais même avec l'amie qui m'a trip-sitté je n'oserais pas m'y aventurer. L'adolescence m'a marqué au fer rouge de la peur du jugement, pour l'instant ça m'est difficile à envisager.

Alex_B : c'est super que tu aies cette personne avec qui explorer en dehors de ton quotidien. Je t'envie un peu à vrai dire, j'aimerais bien avoir une personne avec qui il soit possible de parler librement, à cœur ouvert, sans crainte de jugement. C'est plus facile avec une inconnue car la relation part d'une page blanche et la bienveillance est convenue d'office. Une relation existante, je ne sais pas comment y introduire cela dedans, à brûle pourpoint. Dans l'idéal, j'espère arriver à ce niveau de liberté avec ma compagne mais je ne sais si son tempérament timide et le mien, pire encore, le permettrait.


FK : pas de problème, que dois je faire ? Dois-je me créer un compte sur l'autre forum ? Où est-il ?


Pour ce qui est des remarques par rapport au LSD, vous avez tout à fait raison de les faire, ce n'est pas anodin et ne devrait pas être pris à la légère. Je ne sais pas si je reproduira l'expérience, ça me fait un peu peur.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 07.02.21
par Alex_B
PeuImporte2021 a écrit :
07.02.21

Alex_B : c'est super que tu aies cette personne avec qui explorer en dehors de ton quotidien. Je t'envie un peu à vrai dire, j'aimerais bien avoir une personne avec qui il soit possible de parler librement, à cœur ouvert, sans crainte de jugement.
On peut en discuter par mp si tu veux ;). Je suis tout à fait disposée à discuter avec toi de tes recherches pour être plus en phase avec toi-même, de tes envies ou encore de tes problèmes rencontrés à l'adolescence. Comme tu veux :)

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 08.02.21
par PeuImporte2021
Volontiers, mais je ne parviens pas à t'envoyer de message, ça me dit que mon compte est trop récent. Si toi tu m'écris peut-être ? Ou sur l'autre forum ?

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 08.02.21
par Alex_B
Ok : ) mais j'ai l'impression que je rencontre des problèmes avec les mp aussi. Tu me le diras si tu n'as pas reçu mon message aujourd'hui.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 08.02.21
par Fauve noir
Salut PeuImporte2021, j'ai trouvé ton témoignage très intéressant et j'aurais souhaité te poser des questions en mp si cela ne te dérange pas.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 09.02.21
par PeuImporte2021
Bonjour, avec plaisir mais je ne peux ni envoyer ni répondre à mes messages, je ne sais pas si c'est un bug ou volontaire ? Peut être sur le forum sexe ?

Alex_B j'ai reçu le tien mais je ne sais pas comment répondre... Mapache aussi (merci pour ton message !)

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 09.02.21
par PeuImporte2021
Bizarre, je peux répondre à mes messages privés sur l'autre forum, je viens de vérifier. Je pense qu'il y a un bug sur celui-ci ?

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 09.02.21
par Alex_B
Possible, je vais m'inscrire sur l'autre forum alors ;)

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 11.02.21
par Saori
Bonsoir,

J'ai envie d'intervenir ici pour remercier PeuImporte2021 pour ce témoignage très intéressant, et pour évoquer les possibles alternatives au LSD afin d'expérimenter cette forme de voyage introspectif.

Je ne pense pas avoir eu une histoire personnelle très difficile, mais comme beaucoup j'ai rencontré (et rencontre toujours) certains blocages qui se manifestent dans mon rapport à moi-même et aux autres. J'ai été très malheureuse à l'adolescence jusqu'à ma vie d'adulte, je connais ce sentiment de décalage et de passer à côté de sa vie et de soi-même.

Un psychotrope comme le LSD induit un état modifié de conscience faisant perdre la notion de soi, de l'espace, du temps... De mon point de vue et sans entrer dans le mécanisme pharmacologique, c'est cette perte transitoire qui permet de reconsidérer ses problèmes sous un autre angle, d'acquérir une certaine souplesse, de développer une forme de créativité.
On peut retrouver cet état modifié de conscience sous hypnose ou en pratiquant la méditation, mais ces méthodes ont aussi leurs revers.
On ne parle plus beaucoup aujourd'hui du pouvoir cathartique du rêve qui est un état modifié de conscience accessible à tous.

Je suis persuadée d'avoir surmonté au moins un de mes blocages par le rêve. Le premier qui m'a chamboulée a eu lieu lors d'un vol long-courrier. Je n'avais jamais dormi aussi profondément dans un avion au point de me réveiller uniquement à l'atterrissage. Jusqu'au réveil, j'ai ressenti assez violemment un flot de sentiments contradictoires (humiliation, chagrin, empathie, indifférence, culpabilité, pardon) et par la suite mon rapport conflictuel avec mes parents s'en est trouvé grandement apaisé. Je précise que je n'ai jamais touché aux drogues et, pour ceux qui seraient tentés de me faire la réflexion, c'était avant la sortie d'"Inception".
D'autres rêves peuvent me faire réaliser que ce que je croyais être un problème dans ma vie n'en est tout simplement pas un. Et à partir de là, ma "cicatrisation" se met en marche.

Alors, comment provoquer ce genre de rêve ? Je n'en sais rien :lol:
Mais ce que je peux dire c'est que je me suis intéressée très jeune à mes expériences oniriques, je trouve fascinant le pouvoir qu'a notre cerveau de créer des histoires à notre insu (ou pas dans le cas des rêves lucides - ça n'a peut-être pas de rapport mais je pense qu'aujourd'hui 70% de mes rêves sont lucides). Et plus globalement, l'introspection a presque toujours fait partie de ma vie.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 11.02.21
par FK
Il m'est arrivé à plusieurs reprises de me rendre compte que des "blocages" profonds s'étaient "résolus" (ou dissouts) d'eux-même suite à un rêve (ou une série de rêves). Le subconscient qui travaille en arrière plan quand on dort fait des merveilles.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 11.02.21
par Mapache
Bon, j'avais pas trop envie de m'étendre sur le sujet des psychédéliques, mais je me dis que ca serait dommage de rater cette occasion.

(Coucou, c'est Owen, btw, vous m'aviez sans doute reconnu.)

J'ai une théorie sur la question des traumatismes et de la guérison via les expériences de conscience modifiée, et je suis un peu obligé de parler de mon aventure de samedi dernier pour l'illustrer.

J'avais pas pris de psychédéliques depuis 18 mois, j'étais encore avec mon ex à ce moment là.

En résumé : ca fait 18 mois que j'ai entamé une thérapie qui m'a fait énormément évoluer sur plein de trucs. J'ai vu deux thérapeutes exactement : une en TCC et une qui fait de l'hypnose / EMDR. J'ai beau n'avoir pas vraiment trouvé de preuve "scientifique" sur l'EMDR, je suis bien obligé d'admettre que ca marche tres bien sur moi.

Bref, d'abord l'histoire, ensuite la tentative d'explication.

Mon père est mort le 18 novembre d'une cirrhose du foie (ouais du coup on comprend mieux mes réactions devant certains comportements vis à vis des psychés VS l'alcool), je gère la succession quasi tout seul et j'avais pas eu un seul instant pour me poser depuis. Mon père étant alcoolique depuis toujours, je me trainais une sorte de PTSD, phobie d'abandon (il est parti de la maison quand j'avais 5 ans).

Bref, la thérapie a beaucoup aidé, mais je sentais un blocage au niveau de mes émotions depuis quelques semaines, une sorte de pression qui ne voulait pas partir et m'entrainait petit à petit dans la dépression.

C'est là que j'ai saisi l'occasion: mes colocs n'étaient pas à la maison. Je me suis levé à 6..30 et j'ai pris un buvard pour la premiere fois depuis longtemps.

J'avais un peu peur, mais je connais la bête : le probleme c'est pas la peur, c'est de ne pas vouloir voir en face les émotions qui surviennent. J'avais déjà pratiqué l'ayahuasca, c'est le même principe.

Je pense intimement que le "bad trip" à l'acide est surtout un trip difficile qu'on refuse d'accepter. L'acide (le LSD) te montre ce que tu dois voir, pas nécessairement ce que tu veux voir.

J'avais pas pris une dose de cheval non plus : 60ug + 60 plus tard.

Bref, j'ai du chialer toute la matinée, a écouter des vieilles musiques qui me faisaient penser à lui, et à revivre tous les instants de ma relation un peu foireuse avec mon père. Clairement, si quelqu'un était venu, il se serait dit "WTF".

Et puis j'ai senti les plaies se refermer. Genre "vraiment". J'ai vu comment ma thérapie m'avait permis de me construire un socle de confiance et d'amour de moi, et j'ai enfin pu relacher ces traumas.

C'est un peu tot pour dire si c'est durable, mais depuis samedi ma mélancolie / déprime est completement passée et je me sens hyper focus au taf, alors que j'arrivais a peine a me concentrer sur quoi que ce soit.

La théorie dans un deuxieme post pour ceux qui ont la flemme.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 11.02.21
par Mapache
Un peu de théorie sur les traumas et les expériences de conscience altérée
Un psychotrope comme le LSD induit un état modifié de conscience faisant perdre la notion de soi, de l'espace, du temps... De mon point de vue et sans entrer dans le mécanisme pharmacologique, c'est cette perte transitoire qui permet de reconsidérer ses problèmes sous un autre angle, d'acquérir une certaine souplesse, de développer une forme de créativité.
C'est grosso modo ca. Bien que ce soit difficile de savoir exactement ce qu'il en est, la plupart de mes lectures sur les traumas s'accordent sur un point :

Le traumas serait une sorte de réaction de défense face à une situation trop difficile à gérer émotionnellement. Les émotions se "bloquent" temporairement car on ne peut pas les absorber sur le coup. D'une certaine maniere, c'est le trauma ou la folie.

Beaucoup de traumas arrivent pendant l'enfance car a ce moment là on a moins de ressources pour les gérer.

Notons de maniere intéressante le rôle du rêve dans l'absorption de ces émotions : il est "recommandé" de dormir apres une expérience traumatisante au risque de développer plus de symptomes apres. Le rêve à un role de catalyseur émotionnel, je pense qu'on peut faire le lien ici avec vos expériences, FK et Saori.

Bref, du coup, si un trauma c'est une cristallisation d'émotions difficiles qui refuse de partir, on se rend compte que les traumas se reglent souvent 1) en diluant tellement petit à petit les émotions qu'un jour ils disparaissent, c'est la méthode "naturelle", on n'a pas trop de controle dessus, un jour on se leve et pouf, c'est fini.

2) en revivant le trauma et en laissant passer l'expérience afin quelle se cicatrise.

C'est là que l'hypnose, l'EMDR, les substances, la thérapie par la parole peuvent avoir un rôle a jouer.

Par exemple, dans le cas de la MDMA, l'état de bien être induit par la drogue permet au patient de revivre le traumatisme de la guerre (les études faites aujourd'hui le sont sur des syndromes de stress post traumatiques liés à la guerre, les patients étant en général des vétérans) tout en étant dans un cadre émotionnel moins intense / douloureux.

L'hypnose pratique souvent la dissociation, dans laquelle on se visualise dans une pièce de cinéma et on regarde le trauma comme si c'était un film.

Il semble (mais là c'est mon observation), qu'on ne soit pas nécessairement obligé d'encaisser la douleur pour laisser passer le trauma. Après, cette option fonctionne plutôt bien, c'est pour ca que pleurer aide a faire un deuil plus rapide en cas de mort d'un proche.

Quand au LSD, je ne suis pas exactement certain des mécanismes, mais déjà on sait qu'a priori il augmente la plasticité cérébrale (donc capacité à relacher certains schémas ancrés) et qu'il connecte des zones cérébrales entre elles qui ne sont pas connectées naturellement (d'ou les synésthesies), ce qui permet d'attaquer les traumas sous un autre angle de vue, comme le disait Saori. Par exemple, samedi j'ai pleuré, mais j'ai aussi pu voir comment cela m'avait forgé et ce pourquoi je pouvais être "content" que les choses se soient passées ainsi (VS enfant pourri gaté par exemple).

D'autres substances sont en cours d'investigation à ce sujet. Notamment la psilocybine (champis) et l'ibogaine (jamais essayé, c'est un peu flippant) qui travailleraient sur l'amygdale et permettraient potentiellement de réduire l'anxiété chronique.

Re: Je suis un homme, et deux choses m'ont sauvé la vie

Posté : 11.02.21
par Alex_B
Intéressant Mapache, je suis contente pour toi que cela t'ait aidé à surmonter l'épreuve du décès de ton père (du moins à aller mieux).

Pour continuer dans la discussion sur les rêves et ce qu'en dit Saori, je pense que ce sont surtout les cauchemars qui nous renseignent sur nous-mêmes et nous indiquent d'une certaine manière la voie à suivre.

Pendant un temps, je faisais régulièrement les trois mêmes types de cauchemars. Le genre de cauchemars dont on se souvient au réveil ou bien qui nous réveillent carrément.

Dans l'un de ces cauchemars, je me retrouvais systématiquement au lycée ou à la fac, dans un dédale de couloirs et d'escaliers à chercher désespérément où était ma salle de cours mais je n'y arrivais jamais, j'arrivais toujours à la fin du cours, j'essayais de me rattraper au cours suivant mais je me trompais de classe. Je regardais mon agenda mais je ne savais pas quel jour on était, je me paumais dans les changements d'horaires. Un vrai cauchemar, je me réveillais épuisée. Comme par hasard, je faisais ce rêve à chaque fois que je me sentais en limite de burn-out, voire en burn-out.

Mais les rêves ont peut-être leurs limites. Pour régler certains blocages ou traumas trop ancrés, il vaut mieux passer par des thérapies. Quant aux traitements auto-administrés par les substances psychotropes, ça peut aider mais ça présente aussi des risques comme l'a rappelé Onmyoji.