Fiancailles et séparation

Note : 1

le 19.04.2020 par Pyrosis

15 réponses / Dernière par SoComplicated le 04.06.2020, 19h38

C'était plus simple du temps de papa & maman. Pour celles et ceux qui veulent échanger autour de la vie de couple et des relations, et des différentes formes que tout ça peut prendre. Polyamour ou monogamie, relations libres, jalousie, engueulades dans la cuisine, routine, infidélité, la totale.
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Bonjour à tous,

Je connais FTS depuis que j'ai 16 et j'en ai maintenant 29 (ouille) même si je n'ai jamais encore posté, donc autant dire que j'ai beaucoup lu depuis mon adolescence à propos du game et le site a en parti été un point de départ pour un travail intérieur profond.
Bon je n'écris pas vraiment pour des conseils car je sais qu'au fond le mieux à faire dans mon cas est de couper les ponts mais j'écris peut être pour laisser une trace et pour évacuer cette tension qui fait Yo-Yo depuis ma séparation.

J'ai rencontré cette jeune fille pendant la fin de mes études, elle m'intéressait pas plus que ça car j'étais en couple à ce moment, mais on avait eu quelques échanges et de fil en aiguille elle a crée un lien intime très fort. A ce moment j'avais 24 ans et elle en avait 19, mes relations par le passé étaient assez chaotiques, quelques mois tout au plus. J'avais beaucoup de mal à me projeter avec quelqu'un, j'étais concentré sur mes études et j'accordais peu de place à une femme dans ma vie.
Donc j'ai rencontré cette fille, et tout collait plutôt bien que ce soit sexuellement, intellectuellement et émotionnellement. On était fait pour être ensemble. Sauf qu'elle avait un mec à ce moment et que moi j'étais avec quelqu'un. Après quelques semaines à sortir ensemble, se toucher gentillement, on a rompu chacun de notre côté pour se mettre à deux. Ca se passait plutôt bien, même si j'avais parfois des doutes, je me voyais avec d'autres filles etc.. bref j'avais encore du mal à me projeter, mais malgré cela elle me rassurait, j'étais bien avec elle, j'avais enfin confiance en quelqu'un, je sentais que quelque chose de sérieux pouvait fonctionner.

A la fin de la première année, j'ai déménagé à 400km et on a eu une relation à distance. Ca se passait toujours aussi bien, on faisait mille choses, sorties en montagne près de ma ville, escapade le weekend en amoureux etc.. La distance n'a fait que renforcer le lien que nous avions l'un pour l'autre.
A la fin de la seconde année, j'étais en plein doute dans ma vie pro (doctorat ? bosser ? reprendre les études de mes rêves mais passer un concours à la con ??). Bref c'était la galère, donc je suis revenu à Paris pour me poser et réfléchir. J'ai finalement commencé à bosser dans une start-up et c'était le kiff niveau pro au début mais intérieurement je sentais que je devenais plus distant avec ma compagne d'alors. Je sentais que le lien s'étiolait, je bossais comme un dingue la semaine et je restais même le samedi. On se voyait un peu le weekend, on faisait des sorties mais j'étais devenu maniaque dans mon boulot et ça me bouffait mais je ne le voyais pas à l'époque.
D'autant plus qu'une collègue de boulot m'attirait énormément et je me posais alors plein de questions sur mon couple, et mon ex le ressentait, ça créait alors pas mal de remous dans notre vie de couple. D'autant plus, qu'elle était assez jalouse et avait besoin de savoir qu'elle était l'unique élue de mon coeur. Malheureusement j'avais la fâcheuse tendance à lui faire ressentir que ce n'était pas le cas, que je pouvais parfois lui glisser entre les doigts, et pourtant au fond j'étais amoureux.

Mais j'ai toujours eu cette terrible tendance à me mettre des balles dans le pied, à essayer de tout détruire pour voir si l'autre était assez fort pour récupérer la relation. A ce qui paraît (après auto analyse), ce serait un complexe de l'abandon (et il est vrai que j'en ai vécu...). On use l'autre pour voir à quel point il peut résister et donc à quel point il nous aime. Etrange façon de chérir un couple et soi-même. Et puis vu qu'on est dans les confidences, j'ai toujours aussi eu cette tendance à ne pas me sentir bien dans l'absence d'action. Quand ça devenait plan-plan, ça me faisait stresser j'avais l'impression de perdre mon temps, qu'on s'enfermait dans une monotomie et donc soit je proposais quelque chose pour casser ça, soit je stressais et alors mon ex se sentait rejetée. Je donnais toujours l'impression d'avoir quelque chose de très important à faire... comme si l'humanité en dépendait. Et le couple devait passer en second. Que d'illusions !

A la fin de la troisième année ça allait déjà pas très fort. On s'aimait toujours. Elle m'aimait énormément. Moi aussi. Mais j'étais paumé dans mon avenir, j'avais du mal à me projeter. A ce moment je tente alors le concours médecine dans une autre ville que Paris, je le réussis du premier coup et voilà mon rêve de gamin qui démarre après 5 ans d'études dans un autre domaine. Sauf que je déménage, je me concentre sur mes études très prenantes et j'en oublie les allers retours vers Paris. C'est toujours à elle de venir. Elle le fait de bon coeur.
Je me dis alors que ce serait vraiment génial de se fiancer. Elle aussi. On se dit que c'est peut être le bon moment. Je fais faire la bague. Je l'annonce à ses parents. Une fois la bague dans mon tiroir, je (re)commence à douter. Je me dis que je suis trop jeune, que c'est peut être pas la fille de mes rêves, que peut être je serais mieux avec une médecin, que blablabla... Elle le sent. C'est terrible. On a des discussions qui s'éternisent là dessus. Mais finalement malgré ces doutes, on persévèrent parce que, et bien, on s'aime. Parce que cette fille malgré mes doutes, j'ai la sensation que c'est la bonne. Parce que malgré mes démons, elle reste un roc dans la tempête. Elle tient. Et donc ça me rassure. J'organise un voyage à l'autre bout du monde pour l'été, et je me dis que je lui ferai la demande le genou à terre à ce moment là. Ce sera romantique, ce sera beau, on s'en souviendra et on le racontera à nos enfants.

On y est à l'autre bout du monde. Sauf que tout se passe pas comme prévu. Déjà on fait beaucoup moins l'amour, j'ai plus trop envie alors qu'on est dans des supers hôtels, on passe de ville en ville, on s'éclate mine de rien, mais niveau sexe, je ne sais pas pourquoi j'ai pas envie. Elle, elle brûle, elle ne me le dira que plus tard. Elle me fait aussi une crise de jalousie parce que j'ai regardé une fille qui nageait nue dans la rivière. J'essaie de ne pas accorder d'importance à tout ça car ça me semble petit et que notre couple est grand, beau, spirituel ("ironie"). Sauf que les jours suivants, je sens que ça va trop, alors comme un con, je me dis que je vais lui faire la demande pour me rattraper pour recréer la magie. Ca marche, mais pas tellement. C'est pas le moment magique qu'on imagine, je le fais mais sans la passion, sans la verve, sans poser le genou à terre. Putin mais qu'est ce qui se passe ??? Tout se casse la gueule ou quoi ? Je comprends plus rien. Ce qui est censé être le plus beau moment de ta vie, devient un moment baclé, sans la magie qu'on nous vend dans les films... Je suis perdu. J'ai un peu peur de la perdre. Et j'ai raison.
On revient en France, on est fin août, ma médecin reprend en septembre. Ca se passe plus très bien mais elle porte la bague que j'ai faite faire sur mesure, dont je suis si fier. Elle la porte timidement.

On est à la fin de la quatrième année. J'ai repris médecine. Elle est parti en vacances avec quelques amis à elle avant sa rentrée. Elle m'envoie des messages, je réponds mais toujours un peu en retard. Et puis à un moment je reçois moins de messages, moins d'appels. J'ai un mauvais préssentiment mais je le mets loin de moi. Un midi, elle me manque, je l'appelle, et pour rire je lui demande si elle a rencontré quelqu'un. Elle me dit OUI. Rien qu'en l'écrivant j'en tremble. Et là tout s'écroule. Je fais une chute de tension. Tout mon monde s'écroule. Cette fille avec qui je pensais être toute ma vie, que je pensais posséder absolument malgré tous mes comportements, malgré mes crises, malgré mes doutes, m'avoue qu'elle est attirée par quelqu'un et quelle ne sait plus par rapport à nous. On venait de se fiancer. On est en septembre. Elle vient me voir, on passe le weekend ensemble, on en parle, j'essaie d'accepter, j'essaie de me dire que c'est un mauvais moment, que au moins grâce à ça je vais prendre conscience de la valeur de cette fille, que je vais faire plus d'efforts comme au début, pour la séduire, pour être ce mec dont elle était amoureuse. On fait l'amour comme des dingues. Les mois qui suivent je suis présent, malgré mes études, je fais plein d'allers retours à Paris pour la voir, je reste au téléphone des heures avec elle alors que d'habitude c'est pas ma tasse de thé (j'ai souvent l'impression de perdre mon temps à rien dire...). Je lui envoie des poèmes. Je suis de nouveau amoureux, mais je suis aussi en OI. Et puis quand elle me semble tout à fait séduite, je redeviens un peu distant, mais très légèrement. Alors là, elle me le refait payer par ses doutes, par ses envies d'aller avec d'autres mecs, par sa distance etc... je me dis toujours qu'on va dépasser ça. On passe noël avec sa famille comme s'y de rien n'était, on est fou amoureux, elle me dit je t'aime, on fait l'amour comme des Dieux ayant trop bu l'hydromel...

Et puis vient le 3 janvier quelques jours avant mes examens. Je sens que quelque chose ne va pas, elle ne répond plus à mes messages un peu coquin. Elle est froide. (Elle m'avouera qu'elle avait claqué la porte dans sa tête en septembre et une seconde fois en décembre). Je l'appelle et puis elle me dit qu'elle veut rompre. Je n'y crois pas trop. Elle me dit qu'elle a besoin de temps, qu'on pourrait se remettre ensemble dans quelques années, mais qu'elle a besoin d'avoir d'autres expériences même si je suis l'homme de sa vie. J'y crois alors on se donne rendez vous le 1er janvier 2021 dans un lieu précis. (Oui je suis très naif). Après mes examens que je passe en mode trauma, je me rends compte qu'on peut pas rompre de cette façon, 4 an et demie, des fiancailles, au téléphone en se promettant quelque chose de complètement absurde. Je la rappelle et puis on se voit le lendemain. On décide de ne pas rompre mais de faire un break d'un mois pour qu'elle y voit plus clair (comprendra qui pourra). Je respecte le break en souffrant en silence. C'est une période de famine, le ventre noué, impossible d'étudier, de faire du sport etc.. Je me remets à fumer, à boire.
J'en peux plus, au bout de 2 semaines je l'appelle, on parle, elle me dit qu'elle voit plus clair mais qu'elle ne sait toujours pas pour nous deux. On se dit qu'on se revoit dans deux semaines. D'ici là je pars faire une marche dans les montagnes pendant quelques jours avec ami pour me ressourcer et me sortir de cette déprime, de cette souffrance. En revenant, je passe par paris, on se voit. Elle m'avoue qu'elle a couché avec quelqu'un et qu'elle ne sait plus où elle en est car elle a des sentiments pour l'autre. En intello de service je lui dis que ce n'est pas grave, que je comprends même si sur le moment je casse un verre devant elle, je lui dis qu'on va pouvoir dépasser ça... On couche ensemble. Je sais au fond de moi que c'est la dernière fois qu'on se voit. Le lendemain je n'en peux plus, je lui dis que je ne peux pas rester dans cet entre deux, elle me redit qu'elle m'aime, qu'elle voulait faire sa vie avec moi mais qu'elle ne sait plus. Je lui dis qu'on arrête ce manège et qu'on se sépare pour de bon.

On se sépare pour de bon. Pour me changer les idées, je pars surfer dans les landes. Et il y a cette fille en médecine que j'ai pas vu depuis 8 ans qui habite à côté, je lui propose de me rejoindre. On passe une semaine de folie, j'ai complètement oublié mon ancienne fiancée. Cette fille des landes me dit qu'elle veut qu'on continue à se voir après cette semaine. J'ai l'impression que je suis guéri de ma déprime ; que je vais pouvoir vivre une idylle avec une belle surfeuse en médecine... La fille parfaite non ? Elle me propose avant le confinement de venir chez elle. J'y vais, je reste 3 semaines. C'est super. Sauf que je me rends compte que je n'ai pas du tout guéri et que mon ancienne fiancée revient dans ma tête quand je fais l'amour avec l'autre, que je les compare tout le temps. Merde, c'est pas aussi facile qu'on croit alors... Je suis honnête avec l'autre et lui dit que j'ai besoin d'être seul pour digérer ma séparation, que c'est trop tôt pour tenter quoique soit.
Je reviens chez moi, et on y est. Depuis quelques semaines j'oscille entre bien être et souvenirs. J'ai envie de recontacter mon ex, j'ai envie de comprendre pourquoi elle a claqué la porte si brutalement, j'ai envie de la revoir. Sa présence me manque. J'ai envie de croire qu'on se reverra dans quelques années et qu'on se mariera, qu'elle portera la bague qui est dans mon tiroir.

Et puis je comprends au fond de moi-même que ce mal être est provoquée aussi par une blessure dans mon ego, par une réactivation d'un syndrome de l'abandon, par le fait que l'autre à failli dans sa mission à être avec moi coûte que coûte parce que j'en vaux la peine. Je me rends compte aussi que lorsque quelqu'un me semble acquis, je me détourne de cette personne, comme si je devais être dans un état perpétuel de challenge. J'ai besoin de perdre pour regagner. J'ai besoin de souffrir pour ressentir.
Je me dis donc que même après tant d'années de travail sur moi, j'ai encore beaucoup à apprendre et j'espère que je ne reproduirais pas les mêmes erreurs qui m'ont fait perdre cette fille géniale.
Et puis je me dis aussi que ça sert à rien de culpabiliser, qu'on fait tous, du mieux qu'on peut avec ce qu'on est dans le moment.
Merci de m'avoir lu
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Courage le 19.04.20, 20h49 par The_PoP
  • [+1] Courage le 20.04.20, 13h04 par Jalapeno

Bienvenue à toi pour déposer tout ça et bon courage pour avancer puisque tu sais dans quel sens ça te fera du bien

Merci pour les encouragements !
Je pense que le sens est imposé par la situation elle-même et il serait absurde de vouloir s'y opposer. C'est un principe taoïste que j'essaie de suivre depuis longtemps... avec peu de succès car on veut toujours s'opposer au cours des choses. C'est un peu cette dichotomie entre raison et passion.

J'ai l'impression que le plus difficile en ce moment est de tuer absolument l'espoir d'avoir un futur avec elle. Je sens que mine de rien des pensées et des rêves nocturnes m'y rattachent et bien sûr ce confinement n'aide en rien.

J'ai envie de te répondre et pourtant ça m'est difficile de le faire sereinement sur ce sujet...


Je me lance quand même.
J'ai envie de recontacter mon ex, j'ai envie de comprendre pourquoi elle a claqué la porte si brutalement,
Là je crois que tu es dans l'erreur. Elle n'a pas claqué la porte brutalement. Des signaux d'alarme tu en as eu. Des moments où tu pouvais être conscient de son mal-être, tu en as eu aussi. Plein.
je sentais que je devenais plus distant avec ma compagne d'alors. Je sentais que le lien s'étiolait,
une collègue de boulot m'attirait énormément et je me posais alors plein de questions sur mon couple, et mon ex le ressentait, ça créait alors pas mal de remous dans notre vie de couple. D'autant plus, qu'elle était assez jalouse et avait besoin de savoir qu'elle était l'unique élue de mon coeur. Malheureusement j'avais la fâcheuse tendance à lui faire ressentir que ce n'était pas le cas, que je pouvais parfois lui glisser entre les doigts,
Quand ça devenait plan-plan, ça me faisait stresser j'avais l'impression de perdre mon temps, qu'on s'enfermait dans une monotomie et donc soit je proposais quelque chose pour casser ça, soit je stressais et alors mon ex se sentait rejetée.
Je donnais toujours l'impression d'avoir quelque chose de très important à faire... comme si l'humanité en dépendait. Et le couple devait passer en second.
je me concentre sur mes études très prenantes et j'en oublie les allers retours vers Paris. C'est toujours à elle de venir.
Je l'annonce à ses parents. Une fois la bague dans mon tiroir, je (re)commence à douter. Je me dis que je suis trop jeune, que c'est peut être pas la fille de mes rêves, que peut être je serais mieux avec une médecin, que blablabla... Elle le sent. C'est terrible. On a des discussions qui s'éternisent là dessus
Elle m'envoie des messages, je réponds mais toujours un peu en retard. Et puis à un moment je reçois moins de messages, moins d'appels.

Je pense qu'elle a tenu tant qu'elle a pu - tout en essayant de te faire comprendre que pour elle c'était pas si tenable.
Le fait qu'elle ait été attirée par d'autres mecs... C'est pas les autres mecs le problème, dans ce type de situation. Quand tout allait bien avec toi, des autres mecs il n'y en avait pas dans sa tête, si ? Tu as accumulé des comportements où tu la délaissais, où tu recevais de l'attention de sa part sans forcément lui donner en retour - elle devait tout le temps venir te voir, et pas l'inverse, etc., alors oui tu disais "elle le fait de bon coeur", mais ce n'est pas une raison pour ne pas se poser la question de la réciprocité, de ce que toi tu pourrais donner à l'autre, des pas que tu pourrais faire dans sa direction...
Imaginons qu'elle rencontre quelqu'un d'un peu plus attentionné, qui la courtise, qui la fait se sentir importante, qui fasse du chemin vers elle, bah forcément, si tu l'as laissée s'habituer à ce qu'elle se mette en quatre pour toi et pas l'inverse, ça fait tout de suite tilt.
Apparemment, elle donnait beaucoup, et tu recevais beaucoup (en tout cas je me fonde sur ce que tu en décris).
Je dis pas tout ça pour jouer les procureurs (et j'espère que mon ton n'est pas plus sec que je ne le voudrais, j'ai prévenu dès le début : c'est un sujet difficile pour moi, même s'il me donne envie de répondre). Je dis ça parce qu'en plus de cette vie amoureuse que tu as derrière toi, il y en a une autre devant toi, inconnue, qui t'attend. Si tu veux que ça marche pour cette vie amoureuse de l'avenir, intégrer totalement ce qui n'a pas marché dans celle du passé te sera utile.

Une petite note pour tes relations futures, que je te souhaite évidemment heureuses : ce n'est pas quand ta copine te dit "je pense à rompre" qu'il faut te réveiller et dépenser un max d'énergie à réparer une relation qu’elle ressent comme déjà gâchée. C'est bien en amont, quand elle commence à tirer les premiers signaux d'alarme. Le danger, c'est là qu'il commence.

Les trucs du genre, quand ta copine te montre qu'elle est pas bien en vacances avec toi, et que tu réagis façon :
J'essaie de ne pas accorder d'importance à tout ça

Ce que tu appelles sa "crise de jalousie", c'était simplement un mal-être qu'elle extériorisait, mal-être auquel tu as refusé de prêter suffisamment attention. Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu n'y prêtes pas attention ? Ca te paraissait sans importance ? Ca te contrariait ? Ca demandait trop d'effort ?

Sinon, quand je t'ai lu, je t'ai vu très centré sur toi. Peut-être que c’est subjectif, ou que je ne vois pas tout – difficile en un post de résumer des années de relation évidemment, et puis, peut-être aussi que mon passif, que je ne détaillerai pas ici, fait que je m’identifie plus à ton ex – mais c’est vraiment ce que je ressens. Je ne parle pas de ton amour, je ne doute pas de son authenticité, juste d’une certaine façon de toujours te mettre au centre et pas à l’équilibre. Toi. Tes besoins. Tes envies. De prendre des distances. De revenir. Mais TES envies, toujours TES envies. TA souffrance. TA déprime quand elle décidait de s'éloigner. TON intérêt quand tu avais tout à coup l'idée que oui, bof, peut-être, elle était pas si mal pour faire ta vie mais peut-être que les autres filles t'en avais envie aussi... TA zone de confort, TES souhaits. Il fallait qu'elle revienne parce que TU étais malheureux. C'est ce que j'ai ressenti. Que toi, tu n'avais pas d'empathie pour sa jalousie, quand tu étais attiré par d'autres filles ; en revanche, quand tu étais en danger toi de la perdre, là il fallait absolument qu'elle revienne coûte que coûte. Tu disais qu’elle était ton roc dans la tempête… Savais-tu être un roc pour elle aussi ? Un appui, un soutien, quelqu’un sur qui elle pouvait compter ?
Et j'ai l'impression que tu as beaucoup plus pensé à la "garder" par peur de la perdre, avec tout ce qu'elle représentait (une conjointe dévouée, sexy, compréhensive, aimante) que par souhait de réparer tes torts. En gros : que quand ça allait pas, tu te démenais pour qu'elle revienne, et que dès que ça s'apaisait un peu, bim, tu la délaissais de nouveau.
je vais prendre conscience de la valeur de cette fille, que je vais faire plus d'efforts comme au début, pour la séduire, pour être ce mec dont elle était amoureuse.
...
Je lui envoie des poèmes. Je suis de nouveau amoureux, mais je suis aussi en OI. Et puis quand elle me semble tout à fait séduite, je redeviens un peu distant, mais très légèrement. Alors là, elle me le refait payer par ses doutes,
On dirait que tu étais dans un schéma permanent de : je suis négligent, merde elle se barre, je vais me mettre en quatre pour qu'elle reste. Ah, ça y est, elle est revenue. Cool, je peux redevenir négligent.

Ton comportement me fait penser à celui de ces employés qui accumulent les fautes. Et qui reçoivent une lettre d’avertissement. « Ouhla merde, je vais me faire virer ». Se mettent à filer tout doux le temps que le patron change d’avis. Puis se relâchent de nouveau, bossent comme ça leur chante, jusqu’au prochain avertissement où là de nouveau ils font profil bas… le temps que ce soit nécessaire.
Jusqu'au jour où on se fait "remercier" et où tous les efforts du monde n'y pourront rien, parce qu'on a lassé la patience de la personne qui nous faisait confiance, à plusieurs reprises, et qu'elle a intégré qu'on était piégé dans un schéma d'échec...

Les efforts, dans une relation, c'est pas juste en dents de scie quand il y a le feu au lac... ce doit être une ligne continue.


Bon. Sur ce.
Je te conseillerais deux choses.
Premièrement : entamer une thérapie.
Si ce n'est bien sûr déjà fait mais il me semble que non.
Apparemment t'es peut-être abandonnique (si ce n’est déjà fait, je te conseille de faire des recherches sur ce terme, en lien avec le complexe d’abandon dont tu parlais), si oui c'est un problème grave, et je vois mal comment tu peux le gérer autrement que de façon thérapeutique.
C'est pas un jugement, ce n'est pas de ta faute, mais ce n'est pas parce que ce n'est pas de ta faute que tu ne dois pas le régler.
Parce que si je te lis, tu n'as pas été en voir, me semble-t-il :
A ce qui paraît (après auto analyse), ce serait un complexe de l'abandon (et il est vrai que j'en ai vécu...).
Auto-analyse... hein ?
Etre abandonnique, ne pas régler ça et essayer quand même de nouer des relations solides et durables, c'est comme essayer de marcher avec une jambe pétée non soignée.
Si tu es abandonnique - il me semble que c'est possible, mais bon évidemment impossible à confirmer avec un post de forum, seul un psy pourrait te le confirmer - considère que ta base relationnelle est lézardée. Tu ne pourras pas construire dessus tant que tu n'auras pas réglé ce problème avec tes démons personnels. Ou alors tu vas construire, et puis tu vas te saboter et puis tu vas te rendre malheureux de nouveau et rendre une autre personne malheureuse parce que tu vas tourner en boucle dans le même schéma.
J'ai bien dit : tu vas. Pas : tu pourrais.
Tu ne peux pas juste faire le constat que tu as des blessures d'abandon et t'en tenir là. Tu penses peut-être avoir compris intellectuellement les leçons de ta rupture, mais comprendre les erreurs que l'on a faites et débunker sa programmation négative sont deux choses différentes, d'ailleurs tu le dis toi-même, même quand tout allait bien il fallait que de TON côté quelque chose se mette à aller mal, que tu te poses la question de rester avec elle, que tu aies la sensation sortie de nulle part qu’il te manque quelque chose, etc., ou que tu "testes" votre couple, comme un instinct, quelque chose de plus fort que toi.
D’ailleurs même ta dernière relation, celle après ta fiancée, en porte le sceau. Tu t’es précipité avec cette dernière fille, comme si tu avais besoin, non pas juste d’une nouvelle partenaire ni même d’une nouvelle copine, mais de recréer absolument, très vite et artificiellement une relation fusionnelle, totale, sécurisante (tu parles d’idylle, de fille parfaite…). Tu sautes les étapes par panique affective et ça ne marche pas, ça ne peut pas marcher, ça ne peut pas remplacer la sécurité émotionnelle que ta fiancée t’offrait.
Tu DOIS régler ces blessures pour avancer. Et visiblement tu as eu assez de temps pour les régler seul et ça n'a pas fonctionné (normal, c'est quasiment infaisable de régler des soucis de ce calibre sans aide thérapeutique, et tes bonnes intentions, si fortes soient-elles, ne peuvent suffire à elles seules).

Tout problème de ce type peut être résolu quand on s'y met. Je te conseille donc de t'y mettre. Le plus tôt étant le mieux, ça prend du temps ces choses-là.

Deuxièmement : apprendre à ne pas aimer un autre que pour soi-même. On doit aussi l'aimer pour lui-même. Se poser la question de SON bonheur.
Cette fille avec qui je pensais être toute ma vie, que je pensais posséder absolument
Une personne qui partage ta vie n'est pas ta possession.
Elle est là, et même si ce n'est pas marqué, sous conditions. Sous conditions minimales que tu sois capable de donner ton dû dans une relation. Respecter l'autre, s'inquiéter de son bien-être, prendre ses besoins en compte, ce n'est pas une gentillesse, c'est un dû. Il me semble que tu l’as laissée en quelque sorte porter seule la charge mentale de sécuriser affectivement le couple, et que ça a duré plusieurs années. Si oui, réalises-tu le poids que ça a pu être pour elle et à quel point tes allers et retours ont pu être difficiles, et l’user moralement, émotionnellement ?
Je ne t’accuse pas de malfaisance, rien à voir, mais tu as fait preuve d’une certaine paresse et d’une certaine négligence. Tu n’as pas voulu je pense lui faire du mal, tu ne sembles pas être cruel, je ne remets pas non plus en question la sincérité et la force de tes sentiments pour elle. Cependant, tu t’es en quelque sorte beaucoup laissé vivre et beaucoup ballotter par tes propres indécisions et émotions. Tu te traitais avec une complaisance que tu n’aurais pourtant pas supportée de sa part – notamment en ne te cachant pas assez sur tes désirs d’aller voir ailleurs, en ne prenant pas assez la peine de ménager ses sentiments, alors que, quand tu as expérimenté la même chose de son côté, tu as bien vu que l’inverse était intolérable pour toi.
Il y avait des efforts que tu aurais pu faire. Que tu n’as pas faits, ou essayé mal et trop tard de faire. Avec un côté « tant qu’on n’est pas au bord du fossé, ce n’est pas la peine de les faire ». Pourquoi attendre ? Pourquoi toujours reporter ?

Personne ne t'aimera jamais inconditionnellement. Personne. J’ai l’impression qu’à travers tes chauds-froids et tes autosabotages, c’est ce fantasme-là que tu poursuis consciemment ou non, celui d’une personne qui t’aimerait tellement et de façon si totale qu’elle « accepterait » même tes plus instables comportements. Quelqu’un qui serait toujours là pour toi absolument quoi que tu fasses de bien ou de mal.
Si oui, fais ton deuil de ça : cet amour inconditionnel peut peut-être exister dans une relation parent-enfant (et encore, pas dans toutes), mais certainement pas dans une relation amoureuse, dans une relation entre adultes, d’égal à égal.
Tu es un adulte, en tant qu’adulte, l’amour de l’autre, tu dois aussi travailler à le mériter et à le maintenir. Si tu ne fais pas ce travail, un jour ou l’autre tu en payes les conséquences et comme tu le constates en ce moment même, ça fait mal. Maintenir artificiellement la relation en jouant les montagnes russes à coups de moments d’ivresse – ça va pas bien, alors je me jette à ses genoux, et puis on refait l’amour à la folie et puis je lui fais des déclarations et des cadeaux jusqu’à ce qu’elle change d’avis – ça n’a rien à voir avec un vrai travail sur soi et pour l’autre. Ca marche un temps. Et puis ça marche de moins en moins. Et puis ça ne marche plus.
Si tu ne traites pas bien une personne, tôt ou tard, elle se réveillera – et si c’est pas maintenant, ça peut être après dix années de mariage et deux gosses, et c’est peut-être encore pire – ou alors, elle restera, mais en s’éteignant moralement avec toi, ce qui ne te rendra pas heureux non plus. Il faut que tu saches donner et recevoir de façon équilibrée pour que ça marche. Et de ce que je lis, tu ne sais pas le faire. Je dis bien : tu ne sais pas (et pas : tu ne veux pas), c’est pour ça que je parle plus haut de thérapie.


C’est à toi de voir si tu souhaites encaisser la réparation et aller vers d’autres relations, ou, si tu y tiens absolument, essayer de ressusciter la flamme – mais si tu reviens vers elle, que ce soit prêt à changer définitivement. Plus de sabotage, plus de « je suis bien avec toi mais bon, les autres filles sont pas mal non plus », plus de mises en danger inutiles d'un couple avec une personne bien, qui te fait du bien. Et c’est même pas pour elle que tu dois changer. C’est pour toi ! Parce que le problème qui s’est posé avec elle se poserait avec n’importe quelle autre.
Mon ton ne paraîtra peut-être pas sympathique. Il n’en reste pas moins que je n’aurais pas passé du temps à te répondre si je n’avais pas envie d’apporter quelque chose. Et que je n’aurais pas pointé du doigt certaines failles, si je ne te pensais pas capable d’avancer sur elles. On peut TOUS avancer si on le veut.
Tu ne voulais pas de conseils, je t’en donne quand même, après, tu prends ou tu laisses, ça c’est à toi de voir.

Bon courage pour gérer ce deuil affectif qui n’est pas des plus faciles. Je te souhaite bonne chance pour la suite.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 28.04.20, 03h41 par Habibi
  • [+2] Abusé le 01.06.20, 08h37 par Bumble

Merci Alniyat pour ta longue et réfléchie réponse. Je suis toujours heureux d'avoir des conseils vis à vis de la situation, ça permet de se décentrer même si t'y as été un peu fort et que j'ai l'impression d'être complètement flingué en te lisant. En vrai je ne me reconnais pas totalement et je pense que cela vient du fait que tu ne peux te baser que sur le seul matériel que j'ai donné et qui est teinté d'un certain masochisme puisque je suis dans une phase de regret en ce moment... D'une certaine façon je donne le bâton pour me faire battre.

Et puis le couple est une dynamique, les démons de l'un répondent aux démons de l'autre dans une boucle infernale.

Je suis d'accord avec toi sur le fait que j'ai pu manquer d'empathie par moment vis à vis de sa souffrance, je suis d'accord que j'étais dans une indécision flagrante et que je ne savais pas gérer ce désir qui partait dans tous les sens, et que je n'ai pas su maintenir cette "ligne continue" comme tu dis.

Mais non je n'étais pas un pacha passif qui reçoit sans donner. J'ai donné, énormément, sans compter, je me suis mis en risque pour elle, en dehors de ma zone de confort, totalement, je lui ai montré les plus intimes de moi-même. Et sur le plan pratique, j'ai tout fait pour que tout soit bien et beau. Bien sûr, j'avais du mal avec les émotions, à dire les petites choses du quotidien qu'il aurait fallu dire mais je le faisais quand même quand mon coeur y était. Et oui c'est vrai j'avais ces moments de crises où les doutes me pétaient à la gueule et à la sienne... Elle avait aussi les siennes, différemment. Et je pense qu'on a pas pu en parler assez. Quand je dis "je n'y prêtais pas attention", c'est que ça me faisait souffrir. Je ne savais pas quoi faire pour la rassurer... encore une fois j'avais du mal avec les mots dans ces situations et j'agissais plutôt.. j'ai toujours été comme ça, l'action toujours l'action.
Pour revenir sur un point que tu soulignes, je pense qu'elle sécurisait le couple émotionnellement et je le sécurisais pratiquement.

Mais tu as raison je ne sais pas donner suffisamment émotionnellement quand j'ai l'impression que l'autre est acquis. C'est un gros problème qui bouffe car d'une autre façon j'ai envie de donner complètement mais c'est comme si un truc bloque et je deviens froid, distant. Mais enfin elle a été la première à briser cette carapace et c'est pourquoi ca a duré toutes ces années, mais ça revenait comme un démon qui frappe à la porte tous les ans à la même heure. Et je me souviens la dernière fois que ça s'est présenté, c'était la fois de trop.
Une thérapie effectivement serait de bon aloi parce que ça nous a trop fait souffrir et je ne veux pas recommencer ça. Et comme tu le pointes c'est un truc plus fort de soi qui sort de nulle part et qui pourri tout. Une explosion dans un ciel serein même si peu fréquent c'est trop...

Oui tu as raison, j'ai voulu la récupérer plus pour la garder que pour réparer mes torts. Mais parfois, il faut une réalité violente comme la séparation pour prendre vraiment conscience de ses torts. Sinon on les oublie une fois que l'autre est revenue surtout dans un laps de temps aussi court... La séparation a finalement été une décharge et elle a été courageuse de le faire.

Idéalement bien sûr j'aimerais qu'elle revienne, mais j'ai l'impression que c'est trop tôt, il faut d'abord que je puisse changer et puis, j'ai l'impression qu'elle a malheureusement complètement tourné la page, elle est devenue cordiale, distante, et je le comprends. Il y a une forme de retrait et de protection qu'elle doit manifester si elle veut évoluer elle aussi.

Ton message m'aide à comprendre qu'une aide extérieur serait bénéfique en effet pour bosser sur certains points qui résultent de l'enfance, mais il est aussi difficile à entendre car j'ai la sensation que tout a foiré par ma faute et que finalement, si j'avais pu, si j'avais vu, on aurait pu rester ensemble et construire quelque chose de beau.
Car malgré tous les aspects négatifs que j'ai présenté, il y avait un naturel entre nous deux, une beauté quand on était ensemble, une complicité, un désir d'immensité et d'élévation... Quel dommage !

Juste pour rebondir sur ton interrogation par rapport à l'auto-analyse. Pour moi le lâcher prise et la contemplation de soi même permettent d'observer ses comportements, ses pensées et ses émotions. Et sans chercher à comprendre le pourquoi du comment de la petite enfance, la seule action de s'observer de l'extérieur sans jugement permet en fait avec le temps nécessaire de panser ses douleurs. Pour mon cas perso, j'ai dépassé beaucoup de choses comme ça. Dans le cas présenté, ça n'a pas été suffisant.

t'y as été un peu fort et que j'ai l'impression d'être complètement flingué en te lisant. En vrai je ne me reconnais pas totalement et je pense que cela vient du fait que tu ne peux te baser que sur le seul matériel que j'ai donné et qui est teinté d'un certain masochisme puisque je suis dans une phase de regret en ce moment... D'une certaine façon je donne le bâton pour me faire battre.
Comme je le disais au début, le sujet m'était difficile, je pense que c'est parce que je me projette à la place de la conjointe (en lien avec mon histoire perso). Du coup, j'ai certainement intégré une subjectivité dans ma réponse. A vrai dire j'ai hésité entre répondre, ou pas, parce que j'étais consciente d'avoir un affect au milieu.
Avec les nouveaux éléments que tu donnes, je ne vois plus les choses de la même façon et je ne te vois en effet pas aussi "centré" que dans mon premier message. J'ai peut-être été injuste et trop dure. Tel n'était pas mon souhait.

Et puis le couple est une dynamique, les démons de l'un répondent aux démons de l'autre dans une boucle infernale.
C'est vrai. Tu avais parlé de tes démons mais pas des siens.
Je suis d'accord avec toi sur le fait que j'ai pu manquer d'empathie par moment vis à vis de sa souffrance, je suis d'accord que j'étais dans une indécision flagrante et que je ne savais pas gérer ce désir qui partait dans tous les sens, et que je n'ai pas su maintenir cette "ligne continue" comme tu dis.
Mais non je n'étais pas un pacha passif qui reçoit sans donner. J'ai donné, énormément, sans compter, je me suis mis en risque pour elle, en dehors de ma zone de confort, totalement, je lui ai montré les plus intimes de moi-même. Et sur le plan pratique, j'ai tout fait pour que tout soit bien et beau. Bien sûr, j'avais du mal avec les émotions, à dire les petites choses du quotidien qu'il aurait fallu dire mais je le faisais quand même quand mon coeur y était. Et oui c'est vrai j'avais ces moments de crises où les doutes me pétaient à la gueule et à la sienne... Elle avait aussi les siennes, différemment. Et je pense qu'on a pas pu en parler assez. Quand je dis "je n'y prêtais pas attention", c'est que ça me faisait souffrir. Je ne savais pas quoi faire pour la rassurer... encore une fois j'avais du mal avec les mots dans ces situations et j'agissais plutôt.. j'ai toujours été comme ça, l'action toujours l'action.
Pour revenir sur un point que tu soulignes, je pense qu'elle sécurisait le couple émotionnellement et je le sécurisais pratiquement.
Merci pour toutes ces précisions, qui nuancent en effet bien des choses. J'ai porté un regard par trop sévère sur ton histoire.
Elle rejoignent cependant mon sentiment que tu as des blessures qui sont en quelque sorte, pour l'instant, un poil plus fortes que ta bonne volonté et ton envie de bien faire. Et ce n'est pas de ta faute.

Mais tu as raison je ne sais pas donner suffisamment émotionnellement quand j'ai l'impression que l'autre est acquis. C'est un gros problème qui bouffe car d'une autre façon j'ai envie de donner complètement mais c'est comme si un truc bloque et je deviens froid, distant. Mais enfin elle a été la première à briser cette carapace et c'est pourquoi ca a duré toutes ces années, mais ça revenait comme un démon qui frappe à la porte tous les ans à la même heure. Et je me souviens la dernière fois que ça s'est présenté, c'était la fois de trop.
Une thérapie effectivement serait de bon aloi parce que ça nous a trop fait souffrir et je ne veux pas recommencer ça. Et comme tu le pointes c'est un truc plus fort de soi qui sort de nulle part et qui pourri tout. Une explosion dans un ciel serein même si peu fréquent c'est trop...
Oui, tout à fait, c'est pour ça que je te parlais "d'abandonnique" et de thérapie. Parce que bien entendu on ne peut pas décréter que tu es abandonnique via un forum. Mais après, quand tu parles de complexe de l'abandon + schéma relationnel plus fort que toi, c'est à cette possibilité que je pense.
Oui tu as raison, j'ai voulu la récupérer plus pour la garder que pour réparer mes torts. Mais parfois, il faut une réalité violente comme la séparation pour prendre vraiment conscience de ses torts.
C'est dommage. C'est vraiment dommage.
Idéalement bien sûr j'aimerais qu'elle revienne, mais j'ai l'impression que c'est trop tôt, il faut d'abord que je puisse changer et puis, j'ai l'impression qu'elle a malheureusement complètement tourné la page, elle est devenue cordiale, distante, et je le comprends. Il y a une forme de retrait et de protection qu'elle doit manifester si elle veut évoluer elle aussi.
Là encore je nuancerais ce que j'ai dit, tu dresses de ton ex un portrait plus instable et plus fragile dans ton deuxième post que dans ton premier. Dans ma première réponse, je te parlais de travailler sur toi. Je ne peux pas savoir s'il vous serait possible de reprendre (qui sait), mais du coup je pense que VOUS devriez travailler sur vous si vous reprenez. Puisque de ce que tu dis, elle a des démons elle aussi.
Parce que si c'est "on repart comme avant", sans avoir cassé les schémas répétitifs qui ne marchaient pas, ça ne pourra pas aller bien loin.
si vous êtes résolus tous les deux à changer ET que la volonté de revenir ensemble est là des deux côtés (si j'ai bien compris, tu éprouves ce désir, mais elle apparemment pas), cela pourrait mieux marcher.
Ton message m'aide à comprendre qu'une aide extérieur serait bénéfique en effet pour bosser sur certains points qui résultent de l'enfance, mais il est aussi difficile à entendre car j'ai la sensation que tout a foiré par ma faute et que finalement, si j'avais pu, si j'avais vu, on aurait pu rester ensemble et construire quelque chose de beau.
De ta faute, non, dans la mesure où tu n'es pas responsable de tes blessures d'enfance. Je pense en revanche qu'il est en ton pouvoir - même si c'est très dommage et très triste d'en être arrivé là - de prendre conscience du lien entre ces blessures et ce qui a pu saborder votre relation, afin de ne plus rester coincé dans les mêmes schémas.


Juste pour rebondir sur ton interrogation par rapport à l'auto-analyse. Pour moi le lâcher prise et la contemplation de soi même permettent d'observer ses comportements, ses pensées et ses émotions. Et sans chercher à comprendre le pourquoi du comment de la petite enfance, la seule action de s'observer de l'extérieur sans jugement permet en fait avec le temps nécessaire de panser ses douleurs. Pour mon cas perso, j'ai dépassé beaucoup de choses comme ça. Dans le cas présenté, ça n'a pas été suffisant.
Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'on peut régler plein de choses par l'auto-analyse, l'introspection, etc. Simplement, pour moi, un complexe d'abandon est un trop gros morceau pour que l'on puisse le gérer seul - sauf exception. Et ça n'a rien à voir avec une faute de ta part, ni avec ta valeur personnelle.

Je te remercie d'avoir développé davantage sur votre relation. Je me rends compte que les choses sont beaucoup plus nuancées que ce que je voyais d'après ton premier post et si c'était à refaire pour ma part, je serais moins dure dans ma réponse.

Je te souhaite bonne chance pour la suite.

Intéressant ce concept d'abandonnique. Je pense qu'on avait tous les deux des traits de cette personnalité sans tomber dans l'étiquette. Je me reconnais surtout sur la notion d'idéal, être constamment en quête de l'idéale et ne jamais le trouver. Je pense que j'ai été pas mal comme ça, trouver LA femme de ma vie. Sacré illusion et j'en reviens maintenant, j'adoucis les angles et me dit que c'est beaucoup plus subtil et nuancé que cet extrême. Finalement, elle avait très peur de l'abandon et cette peur s'accentuait pour des détails minimes malgré les réassurances. Et plus elle avait peur et plus j'étais distant car je ne comprenais pas. Maintenant je me dis qu'il aurait fallu rassurer et encore rassurer et ne pas être sur un aspect intellectuel (explications) mais vraiment émotionnel (montrer qu'on tient à l'autre). On en revient à la dynamique dans le couple, deux traits s'attirent mutuellement.

Sinon, je sens qu'il m'est difficile de lâcher prise sur la situation. Je rêve beaucoup d'elle et le matin, c'est difficile de commencer la journée sereinement. Parfois, je me dis que l'oubli total serait salutaire, mais c'est peut être seulement un moment à passer, j'espère que le temps amoindrira les émotions. Et puis pourquoi on doit à ce point idéaliser la relation passée... je ne vois que les bons côtés de sa personne et de la relation, et c'est d'autant plus difficile de lâcher prise, d'accepter que je ne la verrai plus comme un homme voit une femme aimée et aimante, qu'elle ne se montrera plus sous ce jour avec moi, que tous ces petits moments insignifiants ne se reproduiront plus avec elle. C'est peut être surtout ça qu'il est difficile de lâcher complètement, d'en faire le deuil.

Et puis si j'avais du boulot, si je pouvais oublier tout ça au lit des patients et me consacrer à autre chose qu'à moi même, mais pendant ce confinement, c'est comme si j'avais constamment un miroir face à mes pensées. Belle épreuve qui rend plus fort !

Pyrosis a écrit :
25.04.20
ne pas être sur un aspect intellectuel (explications) mais vraiment émotionnel (montrer qu'on tient à l'autre)
Si tu as compris ça mets le toi bien sous le coude ça te servira, parce que c'est un décalage fréquent, je crois, dans un couple, de répondre intellectuellement aux demandes émotionnelles de l'autre, et vice versa.

Bonjour,

Je reviens aux nouvelles, je passe à travers de tumultueux états émotionnels et parfois je me sens très démuni face à eux.

On ne s'est pas parlés depuis 1 mois et demi maintenant, la dernière conversation ne fut pas des plus réjouissantes. Juste un petit message d'anniversaire entre temps. Depuis, je suis resté focus sur mes examens et j'ai eu des jours plutôt calmes intérieurement et d'autres où c'était le feu dévorant de la tristesse/colère/culpabilité qui me léchait le bide.

En fait, je sens que la tristesse et la négativité viennent du fait que j'ai l'impression de ne pas faire ce qu'il faut pour la reconquérir. J'ai une sorte de vilaine Pensée qui me chuchote : t'aurais dû prendre ta voiture et faire 400km pour te faire pardonner, tu devrais l'appeler, tu devrais lui écrire un email de 10 pages, tu devrais etc... Et si tu le fais, alors elle verra que tu tiens à elle vraiment, et elle reviendra. Je sais bien que toutes ces pensées ne sont que des chimères, mais je me suis toujours battu dans ma vie, j'ai toujours fait des choses complètement dingues pour arriver là où j'en suis aujourd'hui, il m'est donc difficile de comprendre que ne rien faire est la meilleure solution. J'ai l'impression que c'est de la résignation.
Je me dis que si je ne fais rien, il est certain que ce sera totalement fini. En fait, ça vient du fait que je n'accepte pas encore que ce soit totalement fini... C'est ce totalement qui m'embête.

Qu'en pensez vous ?

Merci pour les nouvelles^^

mais je me suis toujours battu dans ma vie, j'ai toujours fait des choses complètement dingues pour arriver là où j'en suis aujourd'hui, il m'est donc difficile de comprendre que ne rien faire est la meilleure solution. J'ai l'impression que c'est de la résignation.
Je me dis que si je ne fais rien, il est certain que ce sera totalement fini. En fait, ça vient du fait que je n'accepte pas encore que ce soit totalement fini...


"Ne rien faire" n'est pas forcément de la résignation, ça peut être aussi une prise de conscience pour aller vers autre chose.

Après, je ne te dirais pas "vas-y, tente le tout pour le tout" ou "non, surtout pas" - ce sera ta décision.

Simplement, si tu choisissais d'aller vers elle, un simple "je t'aime, tu me manques, reviens", ça ne sert strictement à rien pour prendre un nouveau départ (ce sera un départ comme vous en avez déjà eu plusieurs). Si tu veux prendre un nouveau départ et l'en convaincre, il vaut mieux que ce soit "je t'aime, tu me manques, je veux que ça continue mais je suis conscient qu'on ne doit pas faire les mêmes erreurs qu'avant, j'ai des idées et des projets pour que ça change, je veux qu'on en discute".

Attends-toi aussi à la possibilité d'être rejeté, et sois prêt à l'affronter.

Hello merci de ta réponse!
Bon je l'ai appelé hier soir finalement. Coup de bélier quand ça me prend...
Elle était très froide, très distante mais polie. J'étais dans un bon état d'esprit et de coeur, plutôt léger, pas trop réactif à sa froideur. Je lui ai proposé qu'on se voit bientôt, mais elle a refusé me disant que c'était trop tôt pour elle. J'ai dit que je comprenais. Elle m'a juste glissé un "je pensais pas que ça me rendrait triste de t'entendre".
Et puis direct de nouveau super froide et distante. Je le vois comme une bonne grosse protection plutôt que comme un désintérêt.

Je voulais peut être écrire un mail pour élaborer un peu les non-dits, mais bon est-ce que c'est vraiment nécessaire au final, je suppose que non.
Dans tous les cas, je suppose qu'il est temps de clore cette histoire et de reprendre ma vie de célibataire assumé. Et profiter de ce temps de solitude, pour construire de bonne base de stabilité émotionnelle, me retrouver vraiment seul en étant bien.

Le point positif, c'est que son refus ne m'a pas fait mal et entendre sa voix m'a juste radouci le coeur. Je me dis que c'était quand même une super belle histoire.

J’ai lu toute ton histoire ainsi que les réponses très pertinentes. Je ne vais sans doute pas rajouter grand chose mais effectivement elle n’a pas claqué la porte brusquement comme cela a été dit mais ça été une accumulation de comportements que tu as eu avec elle notamment le fait de jouer le chaud et le froid, de la délaisser (je ne remue pas le couteau dans la plaie, on a tous fait des erreurs) ainsi que l’insécurité affective dans laquelle tu l’as mises à plusieurs reprises. Je doute, je l’aime puis je ne sais plus où j’en suis, je reviens vers elle pour sauver le truc etc. Un couple ça se travaille au quotidien, ça s’entretient. Tu attends qu’elle devienne à son tour distante pour tenter de rattraper le tout à la volée mais ça ne marche pas comme cela.

Est ce que ce n’est pas du au fait que tu as peur de renoncer à l’abondance des relations que tu pourrais avoir d’autres filles en étant célibataire ? T’es tu déjà posé la question de savoir si tu avais réellement envie de t’engager sérieusement dans une relation à l’heure actuelle ? A ton récit, on te sent complètement tirailler entre le fait d’être libre et de ne pas te prendre la tête dans cette relation et d’un côté, tu parles de fiançailles, de relation sérieuse. Ça paraît assez contradictoire. A mon sens, tu n'étais sûrement pas prêt. D’ailleurs avant de faire la demande, tu affirmes douter. Il n’y a rien de mal à attendre de voir comment les choses évoluent sans se mettre la pression.

Quand au fait que tu aies un comportement distant et ce syndrome de « l’abandon », je le connais totalement puisque je fonctionne comme ça également. Absolument devoir sentir que l’autre nous aime malgré nos agissements qui vont à l’encontre de ce que l’on voudrait être. Être distant pour mieux revenir puis regretter. Une espèce de lutte contre soit même, le fait de devoir toujours tester l’attachement de l’autre en permanence. Il y a également la peur d’aimer au fond..bref tout un travail à faire sur soi.

Je pense que tout n’est pas perdu. Lui écrire un mail avec les non dits serait à mon sens salvateur et permettait enfin de la rassurer. À toi de voir ; )

Merci de ton message.

J'ai écrit un email que je n'ai pas envoyer encore. J'y ai raconté ce dont j'ai pris conscience aujourd'hui avec du recul et j'ai aussi été transparent dans mes émotions pour elle. Mais j'ai quelques réticences à l'envoyer et produire un effet contraire de rejet encore plus fort.

Elle m'a dit dans le précédant appel qu'elle ne voulait pas qu'on se voit que c'était trop tôt (ça fait 4 mois). Je pense qu'elle a une aventure plus ou moins sérieuse (en fait j'en sais rien) et que ce mode de vie lui plaît pour le moment. C'est aussi ce qu'elle m'avait dit en novembre avant notre rupture, qu'elle avait besoin de liberté, de vivre ses choses à elle pour elle et qu'on se retrouverait un an plus tard... Il y a dans cette formulation un besoin de couper vraiment pour se retrouver (ou pas). Je crois qu'avec cette peur de l'abandon on étouffe l'autre (elle l'avait aussi cette peur de l'abandon alors je te dis pas le cocktail détonnant...) et le besoin de liberté en devient plus grand en contre réaction.

Je suis tiraillé entre être transparent et ne pas faire du forcing non plus.

Et puis, j'ai l'impression que le timing a aussi joué. On ne peut pas vivre ensemble pour le moment, elle est à la fin de son cursus et se cherche totalement, alors que moi je en médecine avec une voie toute tracée pendant au moins les 3 prochaines années. Elle a envie de bouger, de voyager, de vivre en communauté, alors que je suis engagé avec l'hosto... D'ailleurs elle m'avait dit, j'ai pas envie que tu fasses tes gardes plus tard pendant que je garderais les enfants. J'avais trouvé ça étrange, mais j'ai compris qu'elle ne voulait pas reproduire son modèle familial (père médecin, mère au foyer).

Et puis j'ai pas été que dans le chaud et le froid. Après septembre, j'ai vraiment été présent, rassurant le plus possible. Et ça me pesait aussi car j'avais l'impression que si je n'étais pas rassurant elle allait se barrer voir ailleurs, donc je te dis pas ce que ça générait comme insécurités de mon côté. Donc je ne sais pas si finalement la rupture provient d'une dynamique fondamentalement instable et qui ne pourrait être que résolu qu'en se retrouvant si le destin le permet, dans un long moment, quand chacun nous aurons assis une certaine stabilité. En même temps je trouve ça dommage de penser de cette façon, car j'ai l'impression que les individualités peuvent aussi évoluer, se construire dans le couple en apprenant mutuellement, mais bon ça demande certainement une maturité émotionnelle en socle.

Oui c’est une question de timing on dirait bien mais quand il y a des bases solides, il possible de traverser ça sans se dire « on se donne rdv dans un 1 an », ce qui me semble un peu radical.
Il faut la laisser partir pour mieux revenir et dans ce cas tu pourras alors lui dire le fond de ta pensée le moment opportun...si tu le sens mieux de cette façon.
Comment comptes tu vivres pendant un an, cette situation « d’entre deux ? » Tu comptes l’attendre ou ne pas te fermer de portes à de nouvelles rencontres ?

Hello,
Ce serait complètement illusoire de croire à cette histoire de 1 an, je crois que ces mots ont été prononcés à cause aussi d'une certaine culpabilité et indécision à rompre. Le monde est changeant, tout se transforme, et les mots sont réels dans le présent mais perdent de leur vérité avec le temps. Donc je vais vivre ma vie pleinement avec ce qu'elle apportera de nouveau.

J'ai envie de casser mes réflexes d'être toujours dans l'action, de prendre le lead dans tout... J'ai bien envie de bosser ça les prochains mois, d'être plus dans la réceptivité, de ne pas rechercher quoique ce soit de particulier et de voir alors ce qui vient. Je crois que ça va être une expérience transformatrice.

Je commence à faire preuve de discernement dans cette épreuve. De cette façon, j'évite trop les illusions et la perte de temps, et je peux avancer vers ma vie propre avec de jolis souvenirs en prime !

De toute façon il y a des choses qui dépendent de nous et d’autres non, là en l’occurrence c’est sa décision de prendre ses distances.
Tu as raison lâcher prise et le meilleur moyen d’avancer de la manière la plus paisible et de voir comment les choses évoluent naturellement.

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