L'usure du couple et la tentation de revivre ailleurs

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le 08.09.2020 par Deadpool

12 réponses / Dernière par The_PoP le 09.09.2020, 20h45

C'était plus simple du temps de papa & maman. Pour celles et ceux qui veulent échanger autour de la vie de couple et des relations, et des différentes formes que tout ça peut prendre. Polyamour ou monogamie, relations libres, jalousie, engueulades dans la cuisine, routine, infidélité, la totale.
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Bonjour à toutes et à tous,

Savoir qu'un couple peut se déliter avec le temps et (peut-être) le vivre, sont deux choses sacrément différentes. Et c'est foutrement déstabilisant.

Je suis avec ma nana, mère de mes deux ados, depuis 14 ans.

Au début, c'était le feu d'artifice. Les soirées jusqu'à pas d'heure, les spectacles, les voyages sur un coup de tête…l’alchimie corporelle.

L'arrivée des enfants l'a recentrée sur eux. Normal. Mais un sentiment d'être devenu accessoire dans le décor m'a gagné.

Il y a un an, j'en suis venu à quitter un boulot valorisant et qui me correspondait, sur un mouvement d'égo, pour un autre dans lequel je m'embourbe, mais dont j'espère sortir dans quelques semaines. cabossé mais retrouvé. J'en avais parlé ici.

Je me suis peu à peu enfoncé dans ce nouveau taff. Une superposition de clans sans moralité et adeptes des retournements en tous genres, du clientélisme, pas de plaisir, des missions insipides, des collègues étriqués, des chefs égotistes plus politiques qu'autre chose. De fil en aiguille, en plus de me foutre complètement de ce que je faisais et d'allonger mes pauses et absences – au point parfois que cela génère des frictions en interne (une fois à vrai dire mais avec un con qui a fait une habitude de bâcler son taff et de se faire détester) MAIS en remplissant tous mes objectifs - j'ai ramené cette déshérence à la maison. J'ai dégueulé ma frustration même en me forçant à laisser tout ça à la porte d'entrée de chez moi.

Ma nana m'a d'abord écouté, puis s'est mise a rationner son écoute puis (stade actuel) à me reprocher pêle-mêle : ma perte d'énergie, le temps consacré à dormir (ruminer, ça épuise) et, plus étonnement, mon souhait de changer de boulot, avec (relative) mobilité géographique à la clé. Ce changement est pourtant juste vital pour que je ne m'éteigne pas. Il devrait aussi lu assurer moins de sollicitations d'écoute.

Ce matin, j'ai eu droit à un réquisitoire en règle. Elle m'a dévidé tout ce que j'étais, selon elle. Pas glorieux pour un sou ça va sans dire. Elle m'a également reproché de ne pas contribuer aux tâches domestiques ou plutôt de ne pas en faire plus. Je contribue plus que les 3/4 des mecs que je connais, de loin, et à tout. Jusqu'à cette année, elle était à mi temps. Je couvrais l'essentiel des dépenses, et je continue de le faire. Je l'ai encouragée à rester à mi temps pour achever la formation qui lui tenait à coeur sans effet. Auparavant, je m’étais proposé pour l'aider à réaliser un projet de café philo pour lequel il lui manquait un peu de technique. Sans suite non plus.

Ce matin, ça sonnait comme un préavis. Je l'ai recadré en lui demandant de ne pas me manquer de respect, même si j'entendais ses difficultés, et lui ai rappelé que j'affrontais comme je pouvais les miennes. Elle a clairement franchi une ligne rouge. De mon côté je lui ai dit que c'était une garce. Et je pense encore qu'elle a eu l'attitude d'une garce, posée dans une attitude de consommatrice.

Point mort.

Je ne sais pas si je vais avoir la force de faire avec cette hostilité de l'intérieur, cumulée avec celle de l'extérieur. Pour l'anecdote, le mari d'une de ses amies, cadre sup libéral, rencontre bien plus de difficultés que moi. Cette amie se met en quatre pour l'accompagner. Je l'ai fait remarquer à ma femme sans me décharger de ma responsabilité sur elle. Ca ne lui a fait ni chaud ni froid., Elle m'a simplement répondu qu'elle ne vivait pas avec ce mec. Je lui ai proposé de partir à la montagne il y a quelques jours, à l'improviste, nous le pouvions car déchargés des enfants sur un week-end. Refus au motif qu'elle s’était déjà organisée par ailleurs.

A côté de cela, j'ai fait une très belle rencontre, que je n'ai jamais poussée jusqu'à l'adultère, par éthique. Est ce que je ne serais pas con d'endurer tout ça ?

Avis plus que bienvenus.

Salut,

J'ai l'impression que tu as 2 problèmes distincts : ton travail (pourquoi avoir quitté le 1er ?) et ton couple.

Est-ce qu'elle te reproche de vouloir changer de boulot ou d'en parler beaucoup, ce qui la fatigue et lui demande beaucoup d'écoute (en plus des enfants) ?

Pourquoi trouve t-elle que tu fais moins de tâches ménagères ?

Je pense que tu devrais éviter de comparer ta situation à celle de ton ami : l'herbe a souvent l'air plus verte ailleurs, et si tu as rencontré une fille ça peut te donner l'illusion que tu peux avoir beaucoup mieux et te pousser à la rupture.

Après c'est vrai que 14 ans c'est une durée.

A vrai dire, j'ai quitté le premier parce que je n'avais pas fait ce qu'il fallait pour récupérer psychologiquement. Entre la sur sollicitation, avec des enjeux de rentabilité, le manque de moyens et aussi les enfants, j'étais cuit.
Je mes suis focalisé là dessus et me suis fait un film comme quoi je n'étais pas assez reconnu etc. Plutôt que de souffler un bon coup, et de repartir, j'ai renversé la table. Ce qui était une connerie.

Pour mon couple, peut-être, je ne sais pas.

Parfois, je ne la comprends plus. Je me dis que je suis peut-être trop accommodant, en recherche de validation., et que du coup j'en deviens moins attirant. D'autres qu'on s’éloigne en terme d'objectifs de vie. je rêve encore d'aventures professionnelles et de stimulation personnelle. Elle, semble tendre vers plus de linéaire. Même ville, même job, même amis, mêmes activités pour le reste de sa vie.

Elle me reproche à la fois de parler trop de mon actuel boulot, qui me met au fond, et de vouloir en changer, en m'éloignant géographiquement. Dans son idéal, je resterai dans la même ville. Mais ce n'est pas possible, ou alors sur mon boulot actuel que je vomis.

J'aurais principalement 1 constat et 1 conseil, avisé ou pas :

- Si vos modes, objectifs de vie divergent trop, c'est pas bon car soit tu la suivras et seras frustré et la tromperas potentiellement, soit tu la quitteras ou elle te quittera car vous n'êtes plus sur la même longueur d'onde.

- Prends beaucoup de recul vis-à-vis de tes rencontres, car on ne peut pas comparer une femme avec qui on vit depuis 14 ans, avec une nana qui nous attire énormément et qui semble parfaite, sauf que tu ne la connais pas vraiment puisque tu ne vis pas avec elle.

Surtout si ton attirance pour elle se nourrit de la frustration née de l'autre...

Peut-être une rupture serait elle la meilleure solution je n'en sais rien, mais à condition de faire le vide et de prendre une grande distance avec :

- tes problèmes de boulot, surtout vu qu'ils impactent ton couple et ta vie de famille.

- ce que tu ressens pour d'autres filles, qui dégradent l'image que tu as de ta femme.

- Ce qui se passe chez les autres, car la réalité n'est pas toujours aussi reluisante que ne le suggèrent les apparences, et puis 2 histoires différentes ne sont pas toujours comparables.

- prends du recul éventuellement sur ce qu'elle dit : des fois on fait des reproches sur les tâches ménagères ou autres à cause d'un mal être plus profond.

Cela dit je constate que vous arrivez à un niveau où vous ne vous comprenez plus.

Autant avoir d'autres avis.

Tu as peut être raison.

Il ne peut qu'être bon de prendre du recul avant toute décision.

Ce qui me fait tiquer, néanmoins, c'est cette facilité, et cette régularité à balancer ces trucs blessants et qui tiennent à ma personne même. J'y vois une chute de son respect, ou de son admiration pour moi. Et je sais ce que ça signifie. Elle est peut être entrée dans une phase l'accumulation du ressentiment. Je me connais, de mon côté, j'ai du mal à rompre avec ceux avec qui ca a compté. Pris de façon dépersonnalisée, ce qu'elle me dit aurait motivé une rupture de mon côté. Il y a les enfants aussi, que j'aime fondamentalement.

Ce que je sais, c'est que l'eloignement va être un révélateur. Pour tous les deux. Et c'est très bien.

Salut Deadpool, quelques points qui me viennent en vrac.

Oublie ta nouvelle « conquête potentielle », si t’es dans le dur à côté, ça risque fortement de deconner et de ne pas être la moitié de ce que tu attendrais.

A mon sens tu devrais éviter de réagir comme tu as réagi lors de ton dernier problème au boulot : à l’égo en changeant pour moins bien.

Elle a forcément des trucs ou elle a raison. Les regarder en face permet d’être légitime par rapport aux points où elle a tort.

Le ménage et les tâches quotidiennes ça ne se juge pas par rapport aux autres. La seule question qui se pose c’est : est ce qu’elle en fait factuellement bien plus que toi, en prenant tout en compte : enfants/boulot/maison.

Une rupture avec deux ados au milieu ça va t’apporter un gros lot de merde au passage et de problématiques financières.

L’endroit où tu bosses ce n’est pas son problème si tu ne lui demandes pas de changer elle, pour assumer tes changements à toi.

Se montrer trop « faible » et trop en « détresse » ça n’a rien de sexy ou de séduisant. Sauf pour les saints Bernards. Plains toi du taf auprès de tes amis, ne lui balance pas tout à elle.

Check quand même que tu ne fasses pas une petite dépression des familles, il y a des signes pas aberrants.


Ça fait un peu requisitoire pour ta pomme j’en ai conscience mais commence par te mettre les fesses propres et tu pourras d’autant mieux la recadrer sur les points où elle le mérite. Et y en a à priori un paquet. Mais ce n’est pas elle qui est venue poster ici.



Bon courage à toi.
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

Salut The_PoP,

Merci pour les conseils. Il y a des chances en effet que je fasse une petite dépression. Je me force à être positif, à relativiser. Parfois ce dialogue intérieur m’apaise. Quand j’y arrive. Je mets le paquet aussi sur tout ce qui me divertit. Une fois le changement de job fait, je ne m’inquiète pas sur mon retour en forme.

Je vais suivre ta recommandation et ne rien faire à chaud. Ce que tu me dis de ma légitimité à changer dès lors que je ne lui impose pas de changement me conforte. Je lui laisse le choix, me suivre ou rester là où elle se sent bien, avec des contreparties à arbitrer de son côté, dans un cas comme dans l’autre. En restant, elle assumera les enfants seule jusqu’au week end, mais avec des aides. En me suivant, elle ne s’alourdit pas de ça mais devra faire avec un autre cadre de vie.

Sur le ménage, elle en fait plus que moi, oui, et je ne le nie pas, mais je mets sérieusement la main: couvert, repas, lave vaisselle, lave linge, ménage etc. Il n’y a que les courses qu’elle tient à assurer seule et le lavage du linge.

Ce qui m’a blessé, c’est l’enchaînement: tu es au fond du trou, déprécié dans mon échelle mais je ne veux pas que tu bouges non plus par confort...

Bref, je vais me regarder en face, laisser passer quelques jours et voir si une mise à plat sereine est jouable.

Je vais me botter les fesses en somme.

Merci.

Ben j’avais pas compris que tu envisageais de partir dans un lieu qui t’oblige à déménager. Ce qui change tout vu que pour le coup ça va l’impacter à mort. Je pensais simplement que tu aurais Juste plus de route...
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Oui, je ferai du célibat géographique la semaine. Mais on en avait parlé au moment de mon dernier changement de job. Ça devait arriver. C’était le deal. Il y a malgré tout les aides (ménage, conduite des enfants à l’école le matin etc)

C’est un sujet à discuter entre vous. Et il te faudra la convaincre. Parce que là en l’état de votre couple c’est rupture très probable juste après.

Garde en tête qu’en gros tu vas lui demander pour améliorer les choses pour ou de prendre une grosse charge supplémentaire sur les épaules.
Et là où elle te reproche de ne pas assez participer au foyer, ta réponse va être de te barrer 5 jours sur 7.

Quid des horizons communs ?
Ton boulot actuel est-il réellement insupportable ?
Ne pourrais tu trouver plus proche ?

Je connais pas assez le contexte global, mais là il y a un petit côté abandon de poste quand même vis à vis de ton couple et de ta famille non ?
Ça fait combien de temps que tu y es à ce poste ?
Ne penses tu pas que tu devrais prioriser les choses : soigner ta dépression, réparer ton couple, puis retrouver un regard neuf sur ton job et ta carrière et alors te mettre en route ?


J’imagine bien que tout ça est très compliqué et pénible à gérer. Mais de ce que j’en vois autour de moi, y a pas mal de gens séparés avec enfants qui regarde leur séparation d’un autre œil après coup.
Ça va te coûter très très cher, en argent, en temps, et en amour et en estime. Ça vaut peut être le coup d’essayer plutôt de réparer non ?


Quand à la question de son confort, elle peut dire les choses de la même façon également : on est bien installés, et tu veux nous mettre en difficulté pour ton confort professionnel, alors qu’on vient déjà de subir ton précédent changement ?
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Merci pour ton message The_PoP.

Oui, c'est très compliqué et pénible, je ne te le fais pas dire....

Pour ce qui est du boulot, j'ai essayé de chercher dans la même ville. J'ai eu une piste, mais le covid a retourné la boîte qui allait me proposer un contrat, et j'ai donc du ouvrir plus largement. Pour le côté insupportable, franchement, oui. Il y a de l'hostilité entre collègues, que je subis à mon niveau, et que j'ai aussi alimenté bêtement; les missions sont ultra politisées. En gros, lorsque je me lève le matin, malgré le travail que je peux abattre, j'ai l'impression de passer à côté de moi-même. Ce que je fais ne rime à rien. Je suis de tendance plutôt enthousiaste, il me faut des leviers émotionnels pour tout donner et m'investir. Et c'est sans doute un handicap.

Je pourrais rester encore quelques mois, années sur mon job, mais à quel prix? M'éteindre progressivement et alterner irritabilité et absences chez moi? Ma nana m'a dit qu'elle me préférait sur l'ancien. Et je pense qu'elle faisait référence à la partie de moi que j'y exprimais, pas seulement à mon humeur.

Je vais faire en sorte, si je pars, de caler toutes les aides et tous les supports pour la tranquilliser, sachant qu'elle ne le sera jamais complètement.

Je me dis que ce sera un révélateur. Parfois, lorsque tu vis ensemble, tu fais mine de ne plus voir ce qui cloche. Là, on ne pourra pas. A l'inverse, avec l'éloignement, certaines choses retrouvent leur valeur. Je n'en suis pas très sur. C'est confus. Ce que je sais c'est que je ne peux pas rester sur ce taff, dans ce cercle. Je n'y reste depuis plusieurs mois que parce que familialement, c'est confortable. Mais je prends cher. Est ce que tout le monde n'aurait pas à gagner à ce que je me retrouve? Plein de couples, plein de familles tiennent même avec l'éloignement, y compris avec un conjoint à l'étranger.

The Pop, par curiosité : qu'appelles-tu dépression des familles ? C'est une dépression réellement recensée ?

Oui c’est une de mes expressions. Lire simplement une dépression diagnostiquée.
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