Encourager un ex à tourner la page, 6 ans après ?

Note : 9

le 30.12.2015 par Saori

10 réponses / Dernière par Saori le 31.12.2020, 23h59

Pour celles et ceux qui veulent discuter et demander des conseils rencontres et séduction; comment faire avec cette fille ou ce mec; et plus généralement, comment pécho / trouver l'amour à l'ère du swipe left, notamment quand on est ni mannequin, ni un ninja de la drague.
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Bonjour,

Ce sujet aurait aussi pu s'intituler "À ne pas faire lorsque vous regrettez d'avoir quitté votre copine", ou "Quand tombe le masque de la résilience" pour faire écho au sujet lancé par Owen.

D'avance merci à celles et ceux qui prendront le temps de lire.


L'historique

Il avait pris la décision de rompre et de couper tout contact avec moi à cause de mon manque de disponibilité et de la distance géographique.

Cette décision assez soudaine de mettre fin à notre histoire pourtant nourrie de rêves et de projets communs, m'avait immédiatement plongée dans un état de profonde sidération. Aucune crise émotionnelle apparente. En "warrior" que j'étais, le déni avait vite pris le pas sur le sentiment d'humiliation, si bien que ne subsistait plus qu'une indifférence aimable et sereine à son égard.

C'est à ce moment là, soit une semaine après sa rupture, qu'il réapparaissait par email pour exprimer ses regrets et me proposer de nous remettre ensemble "comme avant". Rationnelle, je lui répondais que ma trop grande indépendance continuerait de poser problème et lui faisais part de mon besoin de solitude, sans que ce besoin ne remette en question l'importance qu'avait eu notre histoire à mes yeux.

Ne respectant pas ce besoin de me recentrer sur moi-même, il essayait de me revoir et je l'évitais ; il demandait pardon, martelant son souhait de récupérer la femme de sa vie et je ne répondais plus. Sa vaine tentative de renouer un semblant de dialogue a duré un an, un an que j'ai consacré au démarrage de ma vie professionnelle.

Dans mon esprit, ses excuses n'avaient pas lieu d'être puisqu'il n'avait pas causé de dégât en moi, et je priais pour qu'il réussisse comme moi à passer à autre chose.

Sauf que le torrent de larmes a fini par s'abattre dernièrement de manière totalement inattendue, lorsque j'ai pris la décision de mettre en pause une vie professionnelle exaltante, soit 5 ans et 8 mois après notre rupture. En apparence, ces deux événements n'ont rien en commun, si ce n'est le sentiment de perte et de gâchis engendré.
Mais c'est bien lors de cette nouvelle rupture que j'ai pris toute la mesure de la souffrance, de l'amertume, de la colère et de la culpabilité refoulées et qui ont fini par faire voler en éclat l'illusion soigneusement entretenue d'un deuil réussi.


Le contexte aujourd'hui

En poursuivant ce travail de réconciliation avec mes émotions, je prends conscience du chemin parcouru, des orientations prises, des objectifs de vie que je me suis fixés grâce à lui, grâce à notre rencontre, notre couple et notre rupture. La douleur est toujours présente - et je ne cherche plus à l'effacer - mais c'est avant tout une profonde gratitude qui me remplit et ne fait que grandir. J'aime l'emprunte qu'il a laissée sur moi et que je constate au quotidien dans mes réactions et mes modes de pensée.

En cherchant à savoir ce qu'il devenait, j'ai découvert qu'il vivait désormais dans la même ville que moi, mais la vraie surprise réside plutôt dans la mise en ligne d'une chanson qui parle du souvenir d'un amour passé. Et la mise en ligne a pour date le jour de mon dernier anniversaire.

Depuis, l'envie me prend de le contacter pour lui souhaiter le meilleur à l'occasion de la nouvelle année. Sans jamais faire référence à cette chanson, j'aimerais (enfin) lui communiquer mon pardon, mais surtout l'encourager à ne pas se condamner lui-même et à continuer d'avancer. Tout cela avec toute la bienveillance que je ressens, sans le blesser ni raviver un quelconque espoir de vie à deux.

Mais je crains que ma démarche ne soit trop incongrue, trop tardive, trop égoïste, et qu'elle ne lui fasse plus de mal que de bien...
Des avis ?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Post de qualité le 30.12.15, 07h41 par Blusher

Comment penses-tu qu'il réagisse?

(Jolie plume au passage)

Pour ma part je partage ton analyse :)

Je comprends le bon sentiment au fond de toi mais je crois que
- soit il est passé à autre chose (peu probable au vu de la chanson mais bon ça peut être un concours de circonstances...). Dans ce cas ta réapparition ne lui changera pas grand chose. Objectivement il ne s'est pas non plus comporte comme la dernière des charognes pour avoir besoin de ton pardon.

- soit il a du mal à passer à autre chose et ton retour va juste le faire espérer. Parce que quand on espère on se raccroche à beaucoup de choses. La ce serait un peu cruel de ta part...


Je crois que parfois quand on souhaite le bien de quelqu'un il faut juste accepter de laisser la place. De sortir de sa piste en douceur.

Un jour j'ai essayé d'aider une ex à avancer, puis je me suis rendu compte que la canne que je devenais ne l'aidait plus mais la freinait. Et que mes raisons de rester près d'elle était teintée aussi d'ego.

Bon courage à toi.
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

Ou il peut avoir écrit la chanson comme un hommage sans avoir pensé plus.

Dans tous les cas, tu es passée à autre chose avec ton boulot mais personnellement qu'en est-il?
Tu dis que le mec t'a beaucoup apporté, qu'il paraît maintenant avoir une logistique plus adéquate et toi même tu as mis en pause ton travail (pour quelle raison si c'était exaltant? ).
En gros vous avez fait un compromis avec vous mêmes chacun de votre côté.
C'est sûr qu'en six ans les gens changent mais peut être pas tant que ça puisque tu parles d'empreinte...

Si ça t'a fait souffrir c'est compréhensible mais c'est possible qu'à l'époque ça aurait pu mal tourner si vous aviez persisté. Aujourd'hui ce me semble plus jouable.
Est ce que tu penses que tu en aurait envie, si tu fais un point honnête?
Si oui je ne vois pas de raisons de ne pas essayer de se retrouver. Quitte à voir que c'était effectivement mort à l'époque.

Sinon vas de l'avant et ne te préoccupe pas trop de lui.
S'il n'a pas changé en six ans et qu'il fait vraiment une fixation le fait que tu sois bienveillante avec lui sera trop d'espoir.
Par contre tu dois toi aussi avancer et ne pas remplacer ta vie par un boulot.
Et c'est peut-être ce que tu as fait jusqu'à maintenant.

Tout d'abord, merci à tous pour vos avis et pistes de réflexion.
Comment penses-tu qu'il réagisse?
S'il reste fidèle à celui que j'ai connu, il me demandera sans doute ce que je deviens. Il s'agira là soit d'une vague forme de politesse, soit de la manifestation d'un intérêt amical. Je pense que la durée de mon silence a été suffisamment longue pour lui permettre de se faire une raison, et de se protéger de l'illusion d'un nouvel espoir.
Je n'écarte pas non plus la possibilité d'une réaction moins détendue...

Objectivement il ne s'est pas non plus comporte comme la dernière des charognes pour avoir besoin de ton pardon.
Peut-être n'a-t-il pas besoin de mon pardon, mais s'est-il lui-même pardonné du mal qu'il m'a fait (pour reprendre les mots de ses derniers emails) ? Quelques détails dans sa manière de se comporter sur les réseaux sociaux me laissent penser qu'il s'est condamné, ou du moins, fortement limité dans ses possibilités d'évolution.

Ou il peut avoir écrit la chanson comme un hommage sans avoir pensé plus.
J'ai aussi pensé que la chanson n'était qu'une forme d'hommage. Pour tout dire, j'ai d'abord supposé qu'elle était destinée à quelqu'un d'autre et que la date n'était qu'une coïncidence. Mais cette chanson parle clairement du souvenir qui le "poursuit", puis apparaît la question du pourquoi : pourquoi notre amour n'est-il plus qu'un souvenir ?

Le fait est que depuis la rupture, nous n'avons jamais pu discuter, faire le point ensemble sur les circonstances, les frustrations passées et les torts partagés qui nous ont mené à cette séparation. Chacun de nous a imposé à l'autre sa vision, lui en décidant brutalement de rompre, moi en coupant tout contact.
Je ressens maintenant la nécessité d'une mise à plat pour lui donner des clés de compréhension, lui permettre de tirer une conclusion de manière apaisée et d'écrire une nouvelle page de sa vie.


Onmyoji, je me permets de différer légèrement la réponse aux questions personnelles que tu soulèves, le temps de mettre en ordre mes pensées dans un prochain pavé.

(Jolie plume au passage)
Merci ! J'avoue, je m'y entraîne depuis des années.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Intéressant le 01.01.16, 14h36 par Onmyoji

S'il reste fidèle à celui que j'ai connu, il me demandera sans doute ce que je deviens. Il s'agira là soit d'une vague forme de politesse, soit de la manifestation d'un intérêt amical. Je pense que la durée de mon silence a été suffisamment longue pour lui permettre de se faire une raison, et de se protéger de l'illusion d'un nouvel espoir.
Je n'écarte pas non plus la possibilité d'une réaction moins détendue...
Toi, que veux-tu? Pourquoi reprendre contact?

Je connais tout aussi bien l'écriture de chansons nostalgiques que la culpabilité mal placée donc je me demande comment je réagirais si une fille que j'ai aimée revenait me voir... pour me pardonner... de quoi?

Ca paraitra peut être niais, mais je me dis que si ton but c'est pas de renouer les liens mais de régler un truc avec ton passé, que t'en as besoin, écris lui un email dans lequel tu es claire sur ta position mais ou tu lui expliques exactement ce que tu nous dit la... Par contre n'aie jamais la prétention de penser que si tu le fais c'est pour lui, ce sera pour toi, reconnais ça, ca t'évitera de lui faire du mal sans le vouloir en prenant une attitude condescendante que tu ne voulais pas du tout mais que tu auras juste mal calibré.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 01.01.16, 11h32 par The_PoP

tu dois toi aussi avancer et ne pas remplacer ta vie par un boulot.
Et c'est peut-être ce que tu as fait jusqu'à maintenant.
Si ça t'a fait souffrir c'est compréhensible mais c'est possible qu'à l'époque ça aurait pu mal tourner si vous aviez persisté. Aujourd'hui ce me semble plus jouable.
Est ce que tu penses que tu en aurait envie, si tu fais un point honnête?
Je me voile peut-être la face, mais je ne crois vraiment pas avoir remplacé ma vie par un boulot.

Dans ma vie, étude(s), travail et loisirs se rejoignent en une même passion captivante et grisante, ce qui laisse finalement peu de place à un homme n'ayant jamais connu cette forme d'unité. Et l'idée de vivre simplement un quotidien avec quelqu'un me semble tellement fade, cette platitude ne correspond en rien à "la vie" telle que je la conçois.

J'ai toujours aimé mener ma barque en solitaire, sans pour autant être totalement contre l'idée d'un compagnon de voyage. Mais je peux tout aussi bien m'en passer. Je trouve ma vie suffisamment riche telle qu'elle est, et je ne crains pas de la finir seule. Vous l'aurez compris, je n'attends pas d'un homme qu'il me rende heureuse. Par contre, j'adhère volontiers à l'idée selon laquelle il n'existe pas de chemin qui mène au bonheur... le bonheur est le chemin.

À plusieurs reprises, mon indépendance m'a été reprochée, à raison - même si je parlerais plutôt d'autonomie. Toutefois, il m'est arrivé de faire passer au second plan mon travail et mes petits intérêts personnels, de mettre de côté mes rêves pour construire un projet commun avec un homme. C'était avec lui.

Tout ce laïus pour dire que la possibilité de le retrouver m'a évidemment traversé l'esprit compte tenu de la proximité actuelle. Pour ce qui est de l'envie, je ne peux pas me prononcer avant d'avoir pu faire un éventuel bilan commun de notre histoire passée.

je me demande comment je réagirais si une fille que j'ai aimée revenait me voir... pour me pardonner... de quoi?
Le pardonner d'avoir voulu sauver sa peau en me faisant disparaître de sa vie ?

si ton but c'est pas de renouer les liens
Renouer un dialogue ne m'effraie pas, loin de moi l'idée de lui adresser une sorte de bombe pour m'enfuir ensuite.

Par contre n'aie jamais la prétention de penser que si tu le fais c'est pour lui, ce sera pour toi
Bien-sûr, il ne m'a jamais appelée à l'aide. Si je n'ai toujours pas franchi le pas, c'est parce qu'une voix me crie : "Mais pour qui te prends-tu pour oser croire que cette démarche lui sera profitable d'une quelconque manière ?"...

Aussi longtemps après les faits, tu peux envisager pleins d'options sur son réactif; on comprend ta démarche.

Tu as quelques pistes. Elles sont loin d'être certaines pour envisager l'état d'âme véritable de cet homme.

Ce que tu écris doit rester pour l'instant dans le domaine de la réflexion personnelle, je pense.

Il vaut mieux reprendre contact comme le feraient de vieux amis et lui réserver tes pensées lorsque vous vous verrez.

Cette première approche t'indiquera si tu peux poursuivre.

Quand on a des choses à se reprocher, on les évoque assez vite après une séparation.
Les conséquences de ta prise de conscience ont lieu maintenant. Mais lui, il a dû avancer plus ou moins bien dans son deuil, il faut le respecter.

Pour commencer c'est trop intrusif selon la vie qu'il mène, limite trop décalé.

Rester un peu plus neutre, en lui exprimant le souhait de prendre de ses nouvelles en lui proposant soit une communication ou une rencontre.
Là, tu te lâcheras!

Tu sais la différence est aussi une source d'intérêt renouvelé. J'ai pendant longtemps cherché des relations avec des filles qui avaient un peu la même tournure d'esprit que moi (et ça semble être la même que la tienne, même si niveau intérêts je suis très versatile), et au final j'ai l'impression qu'on ne peut être deux à avoir cet état d'esprit. Imagine un homme qui t'intéresserait et qui tiendrait ton discours.
Il semble qu'il y ait de la place pour un terrain commun, mais en fait non.
Bien sûr tu n'as besoin de personne pour te rendre heureuse et c'est très bien. Ça te donne une liberté. Ça se respecte. Cela dit pour en avoir fait l'expérience je me suis tout autant ennuyé avec des filles qui comprenait mon métier et ma vision du monde qu'avec celles qui étaient larguées.
Mais j'ai été tout aussi heureux. C'est de la que j'ai vu que c'était un faux besoin.

Et puis il a eu du temps pour changer. Et rien ne t'empêche de le sonder pour savoir. Quand je parle d'envie c'est évidemment s'il correspond aux limites que tu t'es fixées.

Sans parler de lui c'est parce que tu n'as pas parlé d'autres relations ou rencontres que je disais que tu t'étais enfermée dans ton boulot. Pour le côté exaltant c'est bien mais que ferais tu de ta vie si tu n'avais pas ce boulot? Tu dis que c'est aussi lié à tes loisirs. Si tu supprimes ça de ta vie elle est vide? Ou tu as des amis, des soupirants, d'autres centres d'intérêts, d'autres rêves?

Tu as quelques pistes. Elles sont loin d'être certaines pour envisager l'état d'âme véritable de cet homme.
Tout à fait. Après tout, je ne relève peut-être que ce qui m'arrange...

Il vaut mieux reprendre contact comme le feraient de vieux amis et lui réserver tes pensées lorsque vous vous verrez.
Je suis parvenue à la même conclusion. Ce sera beaucoup plus simple de cette façon.
Mettre directement les pieds dans le plat (je vois mal comment j'aurais pu m'y prendre d'ailleurs, à froid) risque d'être assez mal accueilli.
Merci pour ton avis !

Les conséquences de ta prise de conscience ont lieu maintenant. Mais lui, il a dû avancer plus ou moins bien dans son deuil, il faut le respecter.
Je respecterai ses besoins quels qu'ils soient, même si cela implique un silence définitif de sa part, quitte à ne jamais pouvoir lui dévoiler ce que j'ai sur le coeur.



Tu sais la différence est aussi une source d'intérêt renouvelé.
Je ne dis pas le contraire ;-)
La plupart des hommes que j'ai connus avaient une conception différente de la vie. Cette différence n'amoindrit en aucune façon la profondeur de mon estime à leur égard.
Un homme ne doit pas nécessairement côtoyer mon univers pour susciter mon intérêt. Mais une relation épanouissante, où chacun y trouve son compte dans une avancée dynamique, n'est envisageable qu'avec une personne qui adhère au même état d'esprit et/ou qui partage un intérêt commun. Et j'entends "intérêt commun" au sens large.
Mes intérêts personnels sont relativement variés et n'ont pas toujours de rapport entre eux de prime abord. Je parlais tout à l'heure de forme d'unité dans le sens où j'ai tendance à me plonger avec la même ferveur dans chacune de mes activités qui, aussi différentes soient-elles, se nourrissent mutuellement et me servent directement ou non dans l'atteinte de mes objectifs de vie.

Imagine un homme qui t'intéresserait et qui tiendrait ton discours.
Je connais quelqu'un qui tient un discours semblable au mien, nous travaillions ensemble. J'ai pris la décision de mettre un terme à notre collaboration (c'est la pause professionnelle dont j'ai parlé), suite à son insistance malgré mon refus clair et répété.
C'est à cette occasion que les émotions longtemps réprimées ont refait surface, sans que je ne parvienne tout de suite à comprendre le lien avec mon ex : j'ai notamment ressenti une colère que je ne me connaissais pas, déclenchée par ce qui m'apparaît comme une conduite inconséquente au regard de l'importance des projets communs en cours...
Si les sentiments avaient été partagés, j'aurais sans doute saisi cette chance de faire partie de la vie d'un homme animé par le même moteur que moi.

je me suis tout autant ennuyé avec des filles qui comprenait mon métier et ma vision du monde qu'avec celles qui étaient larguées.
Mais j'ai été tout aussi heureux. C'est de la que j'ai vu que c'était un faux besoin.
Ce que tu confies là m'interpelle... ou alors j'ai mal compris.
Pour ma part, je trouve ma vie de célibataire loin d'être ennuyeuse, et s'il m'arrivait de m'ennuyer avec quelqu'un je préférerais retrouver mon célibat au plus vite.

Quand je parle d'envie c'est évidemment s'il correspond aux limites que tu t'es fixées.
Alors oui, j'aurais envie de réessayer de faire un bout de chemin avec lui.

c'est parce que tu n'as pas parlé d'autres relations ou rencontres que je disais que tu t'étais enfermée dans ton boulot.
Oui j'ai fait en sorte de ne pas dévier du sujet initial, mais tu as raison de me questionner là-dessus car mon travail représentait à l'époque la plus facile des échappatoires.

Ou tu as des amis, des soupirants, d'autres centres d'intérêts, d'autres rêves?
Je réponds oui à tout.

Pour celles et ceux que mon histoire intéresse, en voici l’épilogue en espérant qu’il puisse être utile aux personnes qui feront face à une situation similaire.
Je n’en reviens pas que les années soient passées aussi vite depuis que j’ai lancé ce topic. Je suppose que c’est le temps qu’il m’a fallu pour comprendre certaines choses et me relever.

***

Je reprends donc contact avec mon ex sur un réseau social en début d’année 2016 pour prendre de ses nouvelles. Alors que je commence juste à me faire à l’idée qu’il ne veut plus entendre parler de moi, il me répond presque 2 mois plus tard en précisant qu’il n’a pas reçu de notification, que mon message le surprend et que beaucoup de choses ont changé dans sa vie depuis toutes ces années. Nous échangeons de brefs messages comme de vieux amis qui reprennent contact, sans toutefois aborder le sujet de nos situations amoureuses respectives, puis il propose de se revoir.

Les retrouvailles se déroulent le plus simplement du monde, avec beaucoup de joie des deux côtés. Il semble plus ouvert et plus heureux que ce que j’imaginais. Lui m’imaginait mariée et mère de famille.
Nous finissons par évoquer brièvement notre séparation et je réalise à travers son discours qu’il croit que je n’en ai jamais souffert (et pour cause, je n’avais rien laissé transparaître de mes émotions à l’époque). Sur le coup je n’arrive pas à contenir mes larmes, qu’il voit donc pour la première fois depuis notre rupture 6 ans auparavant.

A partir de là, il me propose de saisir cette seconde chance qui nous est donnée : nous sommes célibataires tous les deux, nous nous plaisons toujours, la distance n’est plus un problème et il reste persuadé que nous étions "faits l’un pour l’autre". J’hésite parce que ce n’est pas une décision anodine pour moi tandis que lui semble la prendre avec une certaine légèreté. Mais je finis rapidement par me laisser porter.

La désillusion arrive un peu plus tard lorsque je perçois à travers son attitude à mon égard qu’il n’est plus le même homme. En apparence il n'a pas changé mais son cœur est froid désormais, ce qui me perturbe profondément étant donné que c’est lui qui a souhaité prendre le risque de refaire le grand saut avec moi.
Pire encore, je me rends compte que les qualités que je lui trouvais à l’époque, celles qui le rendaient exceptionnel à mes yeux et justifiaient que mon choix s’était porté sur lui, se sont tout bonnement volatilisées. J'ai de plus en plus de mal à le reconnaître, il tente de me rassurer mais j’ai toujours l’impression d’avoir affaire à un imposteur.

Il m’apprend qu’après notre séparation, certaines épreuves ont déclenché une modification radicale de sa vision de la vie, et une volonté de changement pour lui-même. Au prix de nombreux efforts et de conflits avec ses proches, il est parvenu à modifier son caractère pour son plus grand bonheur personnel.
En parallèle, et bien qu’il dise me connaître comme s’il m’avait créée, je réalise être incapable de répondre en permanence à toutes ses attentes. Je lui dis de ne pas perdre son temps avec moi et nous finissons naturellement par prendre nos distances. Il m’annonce quelques mois plus tard être retourné dans sa ville d’origine.


Je me suis longtemps demandée si notre histoire passée avait eu le moindre sens ou s’il ne s’agissait que d’une longue pièce de théâtre. Je ne savais plus qui j’avais aimé. Et l’avais-je vraiment aimé tel qu’il était, ou tel que j’avais envie de le voir ?
Je suis longtemps restée en colère contre moi-même d’avoir remué le passé, de l’avoir sans doute fait souffrir à nouveau, et de m’être à ce point trompée, autant à son sujet que sur ma capacité à aimer de manière inconditionnelle. Dans les pires moments, j’aurais donné n’importe quoi pour que l’on détruise la moindre bribe de souvenirs que j’avais encore de lui dans mon esprit. Sauf que je me suis construite avec lui, qu’il fait partie de celle que je suis aujourd’hui et qu’il m’est impossible d’effacer ce pan de mon existence. Je me perdrais si je le faisais.

Il m’a fallu admettre l’idée que certaines personnes puissent radicalement changer sans que ce changement ne remette en question la valeur de l’expérience vécue à leur côté. Il m’a fallu admettre que l’homme que j’ai connu n’avait peut-être jamais véritablement existé mais que ce n’était pas le plus important. J’ai eu la chance de vivre cette expérience qui m’a permise de mieux me connaître, de prendre conscience de l’étendue de mes fragilités et de mieux les tolérer chez les autres. Et il était vraiment temps que je me prenne cette claque et que je grandisse.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 01.01.21, 01h01 par FK
  • [+3] Merci ! :) le 01.01.21, 04h25 par Onmyoji
  • [+1] Intéressant le 01.01.21, 11h22 par The_PoP
  • [+1] Instructif le 01.01.21, 14h00 par Gafano
  • [+1] Intéressant le 02.01.21, 19h34 par Esope

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