Associations bénévoles en Asie du sud-est

Note : 9

le 19.01.2015 par Zaik

13 réponses / Dernière par Zaik le 08.03.2015, 20h13

Les annonces importantes sur la vie de FTS, et vos différentes discussion hors sujet.
Règlement du forum | Sujets interdits | Infos & astuces utiles | Les tutos du forum
Répondre
Bonjour,

Une amie part en Asie du sud-est fin février, de manière un peu aléatoire quand aux pays qu'elle va visiter. Elle pense commencer par le Vietnam, éventuellement le Laos et la Thaïlande.

Elle part un peu à l'arrache sur une base de 5 à 6 mois, espérant pouvoir vivre avec les économies qu'elle a fait jusqu'à maintenant et en bossant pour des associations offrant un toit ou de la nourriture contre services.

Le problème c'est que ni elle ni moi ne connaissons ce genre d'associations, et on ne sait pas non plus ou chercher pour en trouver.

Comme je sais que FTS regorge de globetrotters, je me suis dit que demander ça ici serait peut être une bonne idée.

Si vous avez des liens, des bons plans hésitez pas à laisser un message ou à me contacter :)

Je suis pas du tout globetrotter. Mais j'ai pensé au wwoofing. C'est une formule qui correspond à ce qu'elle recherche. Mais je n'ai pas expérimenté moi même.

http://www.wwoof.asia
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Merci ! :) le 19.01.15, 18h47 par Zaik

Bonsoir,

En effet c'est le wwoofing qu'elle décrit. Alors j'arrive peut-être un peu tard mais voilà les deux sites les plus connus :
- http://www.workaway.info/
- http://www.helpx.net/

Ils sont payants mais permettent l'accès à des listes d'hôtes.

Et Facebook est aussi une mine d'or pour ce genre de projets, il y a beaucoup de pages et/ou de groupes intéressants et utiles, comme "Voyages Sac-à-dos ..." backpackers"" :wink:

Bon voyage à ton amie !

Pour se faire héberger provisoirement ya aussi le couchsurfing, c'est gratuit pour quelques jours et c'est un bon moyen de rencontrer des gens qui connaissent le coin.

Après c'est pas sûr qu'elle puisse en trouver dans des coins reculés au Laos, en Thaïlande et au Vietnam.

Dis lui surtout de faire attention et de bien réfléchir à ce qu'elle fait et aux conséquences. L'Asie du sud est un véritable piège pour ce genre de choses.
Le Viet-nam en particulier et le pays au monde avec le plus d'associations bénévoles sur site. Mais dans la pratique, beaucoup de ces associations ne sont qu'un prétexte à :
1) collecter des subventions ou dons.
2) avoir des bénévoles, qui ont pour seule valeur ajoutée les euros ou dollars qu'ils amènent avec eux et qu'ils dépensent sur place.

Outre la dégradation du rapport humain et de l'image de l'occident auprès des habitants, ce genre de choses a également un impact négatif sur l'économie, concentrant la manne européenne dans quelques mains malhonnètes au détriment des autres formes d'activité.

Le bénévolat dans les films et dans l'imaginaire, c'est cool. Mais sur le terrain, on fait souvent beaucoup de mal en pensant bien faire.


J'ai un exemple précis si tu veux.
Anecdote de voyage a écrit :Ça se passe en Bulgarie, il y a environ 5 ans. Un couple de Néo-Zélandais autour de la cinquantaine décide de s'installer dans l'arrière pays (du côté de Loveč) et de monter une ferme.
Ils rachètent une ferme, des terrains supplémentaires et se lancent. Pour trouver de la main d'œuvre, ils se mettent au wwoofing, et rapidement arrivent des quatre coins du monde des bénévoles. Les travaux sont faits, les premières récoltes arrivent. Les wwoofers sont super contents, aucun problème.

Aucun problème ? Presque. Avec toute la main d'œuvre gratuite dont ils disposent par le biais du wwoofing, notre couple de néo-zélandais s'attaque au marché local, et vend ses récoltes bien en dessous des autres fermes.
Les autres producteurs ne peuvent pas s'aligner sur ces tarifs, car eux ils doivent payer leurs employés. Leurs ventes sont catastrophiques. Nombre d'entre eux font faillite. Leurs employés se retrouvent au chômage, ou acceptent une baisse de salaire drastique. Avec beaucoup moins d'argent qui circule dans l'économie, le reste de l'activité de la région en souffre également.

Au final, le wwoofing et nos gentils, mais un peu naïfs bénévoles ont mis plusieurs centaines d'ouvriers au chômage et durablement déterioré l'économie de la région.
Ce genre de conséquences est extrèmement fréquent. Pensant bien faire, les bénévoles provoquent des dégâts important dans l'économie locale. Même quand les conséquences ne sont pas aussi violentes, il ne faut pas sous-estimer l'impact négatif : à chaque fois que tu fais du bénévolat pour une tâche qui aurait été faisable par un local, tu supprimes un emploi.

La seule exception, c'est sur du bénévolat sur des postes qualifiés, pour lesquels les compétences n'existent pas sur place. Parles en avec des personnes qui ont de l'expérience dans l'humanitaire, tu verras ce qu'ils pensent du bénévolat associatif.


En conclusion : tout n'est pas tout noir. Il existe des projets avec un impact positif. Mais c'est une petite minorité, et c'est la raison pour laquelle il est important de se renseigner avant de se lancer, et de réfléchir aux conséquences macroscopiques de son action.

[remarque : ceci s'applique au bénévolat dans des zones avec un niveau économique différent de celui du bénévole - aucun problème avec le bénévolat en France, en Australie ou aux USA]
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] 100% d'accord le 07.02.15, 19h37 par Cutter
  • [+2] Instructif le 07.02.15, 20h24 par Poivron
  • [+2] Instructif le 14.02.15, 11h26 par Zaik
  • [+1] Instructif le 14.02.15, 12h40 par tibdeconne
  • [+3] Instructif le 14.02.15, 20h28 par Iskandar

Toutafè d'accord avec du bénévolat associatif AVEC une qualification.
Sinon, tu es direct manutentionnaire employé à décharger des palettes de médocs, fringues, tout ce que tu veux, dans des entrepôts surchauffés.

Effectivement j'avais pas pensé à prendre la chose sous cet angle-là.. Merci beaucoup pour cette vision du bénévolat à laquelle on ne pense pas forcément.

Ceci étant dit, l'intention de départ est très bonne. Le but de mon message n'est pas de la/vous décourager, mais au contraire de vous inciter à vous intéresser davantage au projet avant de vous lancer.

Quelques questions par exemple :
- qui finance ? pourquoi ?
- quel est l'objectif du projet ? comment a t'il été défini ?
- quelle a été l'implication des personnes à qui il est supposé servir ?
- quelle est ta valeur ajoutée ?
- est-ce que les tâches pourraient être réalisées par quelqu'un qui habite sur place ? Si oui, pourquoi est-ce qu'on prend un bénévole à la place ?
- comment les choses vont se passer après ton départ ? Est-ce qu'un transfert d'activité et de compétences est prévu pour assurer la pérennité des objectifs ?

Et quelques questions plus spécifiques aux arnaques en Asie :
- est-ce que l'association est en partenariat avec l'endroit où tu vas loger ?
- qui va payer ton logement et ta nourriture ?
- est-ce que l'assocation propose des prestations payantes à l'usage des bénévoles ? (exemple d'assocation qui attire des bénévoles, puis joue juste le rôle d'une agence de voyage hors de prix)

C'est très triste que le bénévolat ait été en grande partie accaparé par des profiteurs, (ainsi que simplement des gens qui pensent bien faire mais ignorent ce dont les habitants ont réellement besoin).

Hélas, même les organisations humanitaires sérieuses aujourd'hui sont obligées de donner dans le clientèlisme : les donateurs ne veulent financer que des projets sexy, pour faire leur propre promotion.
Exemple au Liban en ce moment même : les fonds pour construire des écoles pour les réfugiés affluent. Mais on galère à leur trouver de quoi manger et boire. Parce que construire une école, c'est un projet qui se vend bien alors que distribuer 80€ par personne chaque mois pour qu'il puisse acheter à boire et à manger, personne veut financer.


Je suis désolé si j'ai terni l'image que pouvait avoir l'humanitaire et le bénévolat à vos yeux. Mais j'espère que vous gardez malgré tout l'envie initiale de faire quelque chose d'utile. Et si c'est le cas, j'espère que ces quelques lignes vous aideront à vous lancer dans un projet qui a vraiment un sens et dans lequel vous pourrez vraiment vous épanouir. Il y en a. Ils cherchent du monde. Et ils apprécieront vos questions, ça montrera que vous vous intéressez vraiment au projet et son impact. Vous n'avez pas idée du nombre de volontaires qui s'en foutent et qui en réalité veulent juste pouvoir frimer en rentrant.

Ça peut vraiment être génial pour vous, pour le projet et pour les habitants, si vous choisissez bien. Et si vous appréciez l'expérience, n'oubliez pas en rentrant qu'il y a en France aussi des associations qui cherchent des bénévoles. Enfants handicapés, sans abris, femmes seules avec enfants à charge, cours de Français pour immigrés, les besoins sont légion :)

@Ailether: Mais dans l'exemple de Lovec que tu donnes, il n'y a pas eu de réaction du gouvernement ou quelque chose comme ca pour régler le probleme ?

ailether a écrit : Quelques questions par exemple :
- qui finance ? pourquoi ?
- quel est l'objectif du projet ? comment a t'il été défini ?
- quelle a été l'implication des personnes à qui il est supposé servir ?
- quelle est ta valeur ajoutée ?
- est-ce que les tâches pourraient être réalisées par quelqu'un qui habite sur place ? Si oui, pourquoi est-ce qu'on prend un bénévole à la place ?
- comment les choses vont se passer après ton départ ? Est-ce qu'un transfert d'activité et de compétences est prévu pour assurer la pérennité des objectifs ?

Et quelques questions plus spécifiques aux arnaques en Asie :
- est-ce que l'association est en partenariat avec l'endroit où tu vas loger ?
- qui va payer ton logement et ta nourriture ?
- est-ce que l'assocation propose des prestations payantes à l'usage des bénévoles ? (exemple d'assocation qui attire des bénévoles, puis joue juste le rôle d'une agence de voyage hors de prix)


Je suis désolé si j'ai terni l'image que pouvait avoir l'humanitaire et le bénévolat à vos yeux. Mais j'espère que vous gardez malgré tout l'envie initiale de faire quelque chose d'utile. Et si c'est le cas, j'espère que ces quelques lignes vous aideront à vous lancer dans un projet qui a vraiment un sens et dans lequel vous pourrez vraiment vous épanouir. Il y en a. Ils cherchent du monde. Et ils apprécieront vos questions, ça montrera que vous vous intéressez vraiment au projet et son impact. Vous n'avez pas idée du nombre de volontaires qui s'en foutent et qui en réalité veulent juste pouvoir frimer en rentrant.
Une chose à regarder pour savoir à qui on a affaire: le rapport annuel, dans lequel on peut trouver les projets en cours, le rapport des comptes, et l'origine des financements.
Une ONG sérieuse, si elle compte mener des projets un minimum ambitieux, a besoin de fonds. Car ces projets vont coûter plusieurs milliers d'euros.
Pour cela elle va faire appel à des bailleurs de fonds (Etat, ambassade, collectivités territoriales, fondations d'entreprise...) et/ou à des particuliers, mais à moins d'avoir un super réseau les bailleurs de fonds seront indispensables.
Or les bailleurs de fonds ont des critères pour financer un projet et comme ils ne veulent pas jeter leur argent par les fenêtres ils valideront un projet qui sera un minimum sérieux. De plus un projet financé par un/des bailleur(s) sera évalué tout le long de sa durée de vie et à la fin.

Donc si on trouve une ONG qui n'existe que sur le papier, qui n'est pas financé et qui ne mène pas d'activités, il y a de quoi se poser des questions...

De plus on peut également se renseigner auprès de l'ambassade française du pays, généralement elle est également un bailleur de fonds et à ce titre connaît relativement bien les ONG locales.

Hélas, même les organisations humanitaires sérieuses aujourd'hui sont obligées de donner dans le clientèlisme : les donateurs ne veulent financer que des projets sexy, pour faire leur propre promotion.
Exemple au Liban en ce moment même : les fonds pour construire des écoles pour les réfugiés affluent. Mais on galère à leur trouver de quoi manger et boire. Parce que construire une école, c'est un projet qui se vend bien alors que distribuer 80€ par personne chaque mois pour qu'il puisse acheter à boire et à manger, personne veut financer.
Comme je viens de l'expliquer, tout dépend de quel donateur tu parles.
Si ce sont des bailleurs de fonds oui ils auront leur critères de sélection, et là effectivement les ONG vont être obligés de s'y plier.
Si on parle de donateurs privés, autrement dit de grand public, là ce sont des fonds qui sont non-affectés, donc pouvant autant être utilisés pour construire une école que pour distribuer de la nourriture.

Concrètement pour une ONG il vaut largement mieux se reposer sur des financements privés que sur des bailleurs de fonds. MSF l'a très bien compris, fonctionnant à 90% avec des donateurs privés.

Cela dit même pour le grand public, de mon expérience de recruteurs de donateurs j'en ai eus qui effectivement me disaient qu'ils préféraient financer l'éducation que la nourriture quand je bossais pour Action contre la Faim.
Cela m'a toujours étonné dans la mesure où je vois mal comment un enfant pourrait aller à l'école s'ils n'a pas à manger ou s'il ne peut pas se soigner.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Instructif le 16.02.15, 16h04 par ailether

@Iskandar> désolé, je n'ai pas suivi l'affaire depuis - il n'y avait pas encore de réaction à ce moment là. De ce que je connais de la Bulgarie, j'aurais tendance à supposer que le gouvernement s'en fout et n'a probablement pas plus réagi depuis, mais c'est de la pure supposition.

@tibdeconne> c'est une excellente idée en effet le rapport annuel. C'est tout con mais je n'y avais pas pensé, alors même que ça rassemble les réponses à plusieurs des questions essentielles.

Ce que tu dis sur les bailleurs de fonds est vrai également. Mais les grands donateurs privés, par exemple quand Google verse quelques millions à des organismes à but humanitaire, tu les ranges dans quelle catégorie ? Bailleurs de fonds également ?

ailether a écrit :@tibdeconne> c'est une excellente idée en effet le rapport annuel. C'est tout con mais je n'y avais pas pensé, alors même que ça rassemble les réponses à plusieurs des questions essentielles.

Ce que tu dis sur les bailleurs de fonds est vrai également. Mais les grands donateurs privés, par exemple quand Google verse quelques millions à des organismes à but humanitaire, tu les ranges dans quelle catégorie ? Bailleurs de fonds également ?
Google est une boite, donc selon moi un bailleur de fond.
Un "grand donateur privé" c'est une personne, plein aux as mais une personne tout de même.
Pour Bill Gates, même si la fondation porte son nom, ça reste un bailleur de fond parce qu'il fait ça via une fondation avec des critères de sélection.
Un grand donateur privé c'est comme si demain tu fais un don d'un million d'euros par chèque à MSF :wink:

Oui! En Thaïlande. Ma soeur est dans un cursus de développement durable. Elle veut faire carrière dans la protection animale. Il y a TOUT à faire sur ce sujet.

Bref, je crois qu'elle est située vers Phuket je demanderai à ma soeur l'endroit précis, elle y a été en volontariat pendant 3 mois. L'équipe est thaïlandaise mais parle anglais, et elle est financée par les dons et par les volontaires, ceux qui n'ont jamais travaillé là-bas payent mais peut-être que ça se discute... Bref elle serait logée nourrie donc payer l'asso semble pas si dur. C'est une association de réhabilitation des gibbons, singes thaïlandais drogués pour poser pour les photos avec les touristes.

Hop, infos et photos par rapport au sujet (mais ça n'est pas wfft l'asso dont je parlais éivdemment!)
http://www.wfft.org/education/wildlife- ... -campaign/

Ca a été une très bonne expérience pour ma soeur et elle va y retourner pour y faire son mémoire de fin d'études. Elle veut les aider avec un projet parallèle. Si ça t'intéresse, message privé.

Pour info à part, en France, les animaux sont encore reconnus comme des biens, des meubles. Un projet de loi n'est pas encore passé mais vise à les faire changer pour "êtres doués de sensibilité".
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Merci ! :) le 08.03.15, 20h10 par Zaik

[HS]

Il me semble que justement cette loi concernant les animaux est passée au début de l'année, j'en avais entendu parler.

Edit: Elle est effectivement passée, depuis le 28 janvier
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Constructif le 12.03.15, 23h04 par Nidwazo

Répondre