La lassitude sexuelle dans le couple et l'envie de diversité

Note : 14

le 11.02.2013 par Blusher

3 réponses / Dernière par Automatic le 19.03.2013, 19h22

Le forum sexualité de FTS est accessible ici : http://www.frenchtouchseduction.com/forum-sexualite-positive
Verrouillé
Le sujet revient avec la régularité des hirondelles au Printemps : un mec en couple depuis en moment se plaint d’avoir moins envie de sa copine. Généralement cette baisse de désir pour la girlfriend est proportionnelle à l’augmentation de l’envie de coucher avec n’importe quelle autre fille. Alors forcément, le mec culpabilise et rage de ne plus bander pour une fille qu’il aime pourtant. Sur d’autres sites ou lors d’un dîner en ville, il se prendra une volée de bois vert s’il ose parler de son dilemme. Des voix sans appel s’élèveront pour lui dire qu’il ne l’aime pas vraiment et qu’il ferait mieux de la quitter.

Dieu merci, nous sommes sur FTS et nous ne pratiquons pas le raisonnement simpliste et circulaire. Alors regardons ce phénomène sans se voiler la face.

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Avez-vous déjà entendu parler de Calvin Coolidge ? Il fut le 30éme Président des Etats-Unis de 1923 à 1929. Lors d’une visite dans une ferme gouvernementale, la légende veut qu’un fermier ait présenté à Madame Coolidge un coq aux ardeurs telles qu’il pouvait pratiquer une douzaine de coïts par jour. Celle-ci ne manquant pas d’esprit s’empressa de demander au fermier de transmettre le message à son mari pour qu’il en prenne de la graine. Le fermier ne manqua pas de le faire. Le Président Coolidge non moins facétieux que son épouse répliqua à celui-ci : « Douze fois par jour, d’accord… mais avec la même poule ? » Le fermier dut répondre par la négative ce à quoi Coolidge rétorqua : « vous direz ça à mon épouse. »

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Et tac. Right back at you.

Plus tard, le goût de la gente masculine pour un peu de diversité en terme de partenaires sexuelles fut baptisé : « Effet Coolidge » en mémoire de cette savoureuse anecdote.
Des expériences menées sur des rats mâles enfermées dans des cages contenant quatre ou cinq femelles en chaleur confirma ce que nous apprend déjà l’expérience personnelle de bien des hommes enfermés jour après jour en présence de jolies secrétaires.

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La raison pour ce phénomène se trouve dans le système limbique de notre cerveau associé au mécanisme de récompense. La production de dopamine décline au fil du temps avec une partenaire donnée. Il augmente à nouveau avec l’introduction de nouvelles partenaires. En un mot comme en cent, notre cerveau est équipé pour préférer la diversité. Le succès et le développement vertigineux du porno sur Internet doit beaucoup à ce principe physiologique.
Cela est vrai pour les hommes, mais aussi pour les femmes dans une moindre proportion. Il est permis de penser que cela sert à éviter de trop nombreuses grossesses qui mettraient l’espèce en danger ainsi qu’à favoriser la diversité génétique.

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Est-ce à dire que nous ne pouvons rien y faire et qu’il nous faut changer de partenaire en dépit des sentiments que nous lui portons ? Ce serait simpliste, mais force est de constater qu’il serait plus constructif de mettre en place des stratégies pour apporter à notre ‘cerveau primitif’ la diversité dont il a besoin.

Certains passent par l’adultère, d’autres par l’échangisme ou le mélangisme. Pourquoi pas, rien ne dit que l’être humain soit équipé pour la monogamie. D’autres encore suivent la tendance assez moderne et consumériste consistant à épicer ses ébats avec force gadgets, sextoys, et positions acrobatiques. D’autres encore, de plus en plus nombreux se shootent à la dopamine en matant du porno sur internet au point de ne préférer la branlette en solo à leur épouse.

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Ce sont des fuites en avant qui peuvent receler des plaisirs certains mais fugaces par nature. On s’y habitue comme à n’importe quelle drogue et l’on doit augmenter les doses sans cesse. La solution n’est guère pérenne même si elle peut égayer le menu de temps à autres.

Une stratégie plus durable et épanouissante consiste paradoxalement à prendre davantage son temps. Certains recommande ainsi la méditation tantrique, les yeux dans les yeux, destinée à reconnecter les amants qui prennent enfin le temps de se (re-) découvrir comme ils ne l’ont peut-être encore jamais fait.

Une étude menée par le Dr Peggy Kleinplatz publiée en 2009 dans The Canadian Journal of Human Sexuality semble donner raison aux tenants de cette approche. En interrogeant des sujets de différents pays, de différents âges et différentes orientations sexuelles ayant tous en commun un fort niveau de satisfaction sexuelle le Dr Kleinplatz est arrivée à des conclusions qui font rarement, sinon jamais les gros titres de Cosmopolitan. En effet, la recette d’une vie sexuelle extraordinaire semble ne pas devoir grand-chose à la virtuosité des amants, à leur connaissance des points G, H, I ni même J ou à la taille de leur pénis ; autant de critères objectifs souvent présentés comme déterminants dans la culture populaire.

Voici donc les éléments qui caractérisent une relation sexuelle extraordinaire :
1. Etre pleinement présent et dans le moment
2. L’intimité sexuelle et érotique entre partenaires
3. Une communication empathique et de qualité
4. Connexion et alignement des partenaires
5. Authenticité et transparence
6. Transcendance, paix et calme
7. Exploration, prise de risque et caractère ludique de la relation
8. Vulnérabilité et abandon de soi
Et vous ? Avez-vous essayé de développer ces éléments dans votre relation. Le jeu en vaut peut-être la chandelle si la vie sexuelle de votre couple bat de l’aile. Et pour cela, vous ne ferez pas l’économie d’une grande authenticité, ni d’une belle tendresse. Si le plaisir partagé est à ce prix, pourquoi s’en priver ?

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    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Instructif le 11.02.13, 08h27 par Raven
  • [+2] Post de qualité le 11.02.13, 13h40 par Olfff
  • [+3] Bonne idée ! le 19.03.13, 22h17 par Trip Fontaine
  • [+3] Post de qualité le 15.09.17, 13h40 par mistermint
Potius deficere quam desperare
Blusher a écrit : Voici donc les éléments qui caractérisent une relation sexuelle extraordinaire :
1. Etre pleinement présent et dans le moment
2. L’intimité sexuelle et érotique entre partenaires
3. Une communication empathique et de qualité
4. Connexion et alignement des partenaires
5. Authenticité et transparence
6. Transcendance, paix et calme
7. Exploration, prise de risque et caractère ludique de la relation
8. Vulnérabilité et abandon de soi
Et une relation extraordinaire tout court je dirais, c'est sûr que ça ne peut pas aller sexuellement si il n'y a pas déjà une bonne entente entre les partenaires à la base (je comprends qu'on finisse par préférer le porno que coucher avec une fille qui gueule en permanence à la maison par exemple).

Sympa l'effet Coolidge. J'ai vu récemment, sur FTS je crois mais impossible de la retrouver, une étude sur des rats aussi, cette fois-ci le rat n'était pas accompagné de plusieurs femelles à la fois mais une seule à chaque fois, changée régulièrement. On s'aperçoit qu'au début les rats baisent comme des lapins (...), et puis que plus le temps passe et plus le nombre de rapports est faible. Et dès qu'on enlève la femelle actuelle et qu'on la remplace par une autre, ce nombre repart fortement à la hausse.
Si quelqu'un retrouve l'étude, ce serait sympa de la poster. ;)
Et une relation extraordinaire tout court je dirais, c'est sûr que ça ne peut pas aller sexuellement si il n'y a pas déjà une bonne entente entre les partenaires à la base (je comprends qu'on finisse par préférer le porno que coucher avec une fille qui gueule en permanence à la maison par exemple).
C'est vrai, la causalité marche dans les deux sens. D'où l'intérêt de toujours privilégier une approche systémique plutôt que de se cantonner à traiter éternellement le symptôme.
Sympa l'effet Coolidge. J'ai vu récemment, sur FTS je crois mais impossible de la retrouver, une étude sur des rats aussi, cette fois-ci le rat n'était pas accompagné de plusieurs femelles à la fois mais une seule à chaque fois, changée régulièrement. On s'aperçoit qu'au début les rats baisent comme des lapins (...), et puis que plus le temps passe et plus le nombre de rapports est faible. Et dès qu'on enlève la femelle actuelle et qu'on la remplace par une autre, ce nombre repart fortement à la hausse.
Si quelqu'un retrouve l'étude, ce serait sympa de la poster. ;)
Mes sources:

^ Beach, F. A. & Jordan, L. (1956), "Sexual Exhaustion and Recovery in the Male Rat", Quarterly Journal of Experimental Psychology 8: 121–133

The Long Term Habituation of Sexual Arousal in The Human Male (1991) J Behav Ther Exp Psychiatry. 1991 Jun;22(2):87-96. O'Donohue W, Plaud JJ. Source: University of Maine, Department of Psychology.

The components of optimal sexuality:a portrait of "great sex" An article from: The Canadian Journal of Human Sexuality , March 22, 2009 , Kleinplatz, P.J.,

Ménard, A.D., & Kleinplatz, P.J., “Twenty-one moves guaranteed to make his thighs go up in flames: Depictions of great sex in popular magazines”,Sexuality and Culture, 12(1), 2008, 1-20
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Merci ! :) le 11.02.13, 11h18 par Syd_
Potius deficere quam desperare
J'espère que tu dis vrai et que c'est vraiment possible de garder un appétit sexuel décent pour une relation à long terme, mais parmi les gens dont j'ai confiance en la franchise, je n'en ai jamais rencontré une seule personne dans ce cas...

Personellement, mon désir a toujours baissé fort (pas disparu) après 6 mois max, sans que tes 8 points clés n'aient été mis de coté spécialement. Je sais que pour d'autres c'est plus long, ils sont bien un an voir plus, mais pas beaucoup plus. Et puis tes 8 points sont pas très bandants, ça ressemble + à du damage control qu'à un truc qui va vraiment te donner envie de baiser ta copine.
Genre l'harmonie et la complicité c'est mieux que le stress et les crises, mais ça va pas réveiller la brute dégoulinante de sexe qui sommeille en toi, le ying yang c'est bien, mais le sexe c'est aussi la conquête, au moins un peu, et quand la courtship devient un rituel symbolique, un genre de role play, plutot qu'une vraie conquête de l'autre, ben c'est moins bandant.

Désolé de cracher dans la soupe, je sais que je n'apporte pas de solution, mais je ne suis pas vraiment sur qu'il y en ait d'aussi rose que celle que tu formules.

Comme tu le dis, la diversité augmente le désir, les rares fois ou j'ai "trompé" un LTR (juste embrassé), j'ai vu mon désir augmenter pour ma partenaire quelques jours. Je peux, et j'espère, changer d'avis plus tard, mais mon opinion pour l'instant c'est qu'en couple monogame le désir baissera beaucoup, un point c'est tout, et que si quelqu'un veut se caser dans une relation traditionelle (et fidèle), pour avoir des enfants ou pour développer une relation plus profonde il doit prendre en compte dans l'équation que le sexe n'ira pas en s'améliorant et décider en conséquence.
Verrouillé