[Q] La résilience.

Note : 14

le 10.12.2015 par Owen

6 réponses / Dernière par Perlambre le 13.12.2015, 12h40

Un forum pour celles et ceux qui s'intéressent au dev perso, à l'équilibre intérieur, à la psychologie. Surmonter ses blocages, ses croyances limitantes, nourrir et développer ses forces, etc.
Répondre
Bonjour à tous.

Tout d'abord, je vais commencer en m'excusant : avec ma tendinite du pouce gauche et le pouce droit qui flanche, je dois vraiment éviter d'écrire sur le pc. La tentation est trop forte mais je vais faire tres court.

La résilience : concept clé de la psychologie que je comprends vaguement, ce serait la capacité à surmonter / transmuter ses blessures.

J'avais lu un livre de ce cher Boris Cyrulnik qui en parlait. Et aujourd'hui je me demande :

Est-il possible d'accroître ses capacités de résilience? Comment? Pourquoi? Etc.

Donc la résilience, on en parle?

Bisous (n'hésitez pas à redéfinir le terme).

Hello,

Oui, je crois que la résilience peut se définir comme ça: notre capacité à surmonter les difficultés. Mais pas seulement, il y a aussi une grosse part de psychologique. C'est aussi, je crois, une capacité à doter son histoire d'une signification, ce qui va nous permettre de dépasser, mieux digérer notre passé et les séquelles qu'il peut laisser.

Un peu comme la philosophie nous permet de regarder un événement sous un angle différent et complètement modifier notre comportement face à cet événement. L'événement reste tel qu'il est, objectif. Par contre, c'est notre représentation, subjective, qui va changer, et donc notre façon de voir les choses et notre façon de réagir.

FK en avait fait un très bon résumé dans cet article:

12 QUALITÉS ET TRAITS DE CARACTÈRES DE CEUX QUI RÉUSSISSENT LEUR VIE
FrenchKiss a écrit :
7. Cultiver sa résilience

Des claques, on en prend tous, et a priori, ça va continuer.

De grosses déceptions, on en aura tous.

On fera tous d’énormes erreurs, de grosses conneries.

On se prendra tous des méga-gifles qui nous laisseront sur le carreau. Qui nous heurteront l’égo, et feront mal à notre amour-propre.

Dans certains cas plus grave, on aura même des accidents de la vie qui nous laisseront appauvris, diminués, ou qui nous priveront d’êtres chers…

Parfois, on aura l’impression que les choses sont sacrément dures et mal barrées, et qu’il va être difficile de remonter la pente.

Sauf que toutes les pentes se remontent.
Certaines sont plus longues et pentues que d’autres, mais l’être humain a une capacité incroyable à se relever d’à peu près tout.

La résilience, c’est la capacité qu’on a à se relever épreuve après épreuve.
A courir encore 1km, alors que tout notre corps nous hurle qu’il est sur le point de tomber en miettes.
A ne pas se laisser crever même quand on est au bout du rouleau.

Savoir rebondir, savoir trouver la force d’accepter la douleur et d’analyser malgré tout les options qui se présentent à nous, c’est ce qui permet à certains de se relever de tout – quand d’autres baissent les bras et restent couchés là.

Savoir rebondir, c’est la condition sine qua non pour s’élever, en empilant ses échecs et erreurs et les enseignements qu’on en tire, pour devenir un peu meilleur à chaque fois.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Constructif le 10.12.15, 14h56 par Onmyoji

C'est un sujet qui me parle.
La résilience définit en effet la capacité à ne pas être ultérieurement affecté par un choc.
Mais il ne s'agit pas de mettre entre parenthèses le choc, il s'agit plutôt de l'intégrer correctement.
La vraie résilience, c'est la stabilité réelle après un ou plusieurs choc, à ne pas confondre avec le refoulement profond qui masque les fêlures, parfois pendant des années.

L'illusion de stabilité a un coût : anesthésie, somatisations, besoin de compensations passives et éphémères..
Elle puise son énergie dans l'action, les projets, les passions, elle permet "d'assurer"
Elle est utilisée pour éviter ce qui fait mal et protéger de la douleur mais elle nuit au travail d'intégration.

Un psy m'a expliqué que lorsqu'on donne l'illusion de stabilité pendant de nombreuses années, on est comme fragmenté, éparpillé. On est comme amputé d'une part de soi.
Tant qu'il y a de l'énergie, l'illusion est parfaite. Elle se fragilise et se morcèle en cas de d'affaiblissement, il faut dépenser énormément d'énergie pour ne pas s'effondrer complètement lorsque cela arrive.


La stabilité réelle, la vraie résilience est au contraire durable. Elle nécessite des ressources internes, du soutien, une grande lucidité, de la maturité pour intégrer ce qui a été vécu. C'est tout le contraire de la distance qu'on prend lorsqu'on donne l'illusion de stabilité , elle réconcilie tout les morceaux de soi, on ne se sent plus "brisé".

Perso, j'ai vécu un gros choc, que j'ai mal géré pendant des années. Je n'ai pas su atteindre la vraie résilience seule, j'ai consulté. Ca m'a vraiment beaucoup aidé mais je n'en suis pas encore au stade de la transmutation, je ne vois pas comment ce serait possible d'ailleurs.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Intéressant le 11.12.15, 08h51 par Bald_Soprano
  • [+1] Très intéressant le 11.12.15, 09h59 par Fredbart94
  • [+2] Ca va mieux en le disant le 11.12.15, 15h08 par Blusher

La résilience est à chercher au fond de nous. Tenter de l'apprivoiser sans aucune certitude de réussite, chuter, se relever, recommencer, râler parce que c'est difficile, parce que l'on en a besoin sans toujours en avoir envie. Et puis un jour l'accueillir pour ne pas devenir fou. Et la cultiver parce qu'elle peut permettre de nager sans prendre la tasse de trop.

Vivre un deuil d'un être cher semble insurmontable au premier abord. Je ne parle pas d'une histoire d'amour à sens unique mais de la perte de celui qu'il a fallut mettre en terre un jour dans un vrai cimetière.

Incompréhension, colère, tristesse, déni, les étapes pour être propulsée au 3ème sous-sol.

Et puis, le drame de la perte est remplacé par la douceur des moments partagés. Petit à petit. On se souvient des rires, des projets réalisés, de la douceur d'un baiser... Et le sourire revient, timidement mais il revient.

Et par respect pour celui qui a disparu bien trop tôt, on relève la tête, consciente d'avoir partagé une belle tranche de vie, heureuse de l'avoir vécue. Et on arrête de se dire que la vie est injuste.

La résilience n'efface rien, ne donne pas les clés du bonheur. Elle permet d'avancer, d'aimer à nouveau, de se tromper, de rebondir, bref de revivre tout simplement.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Courage le 18.01.16, 23h26 par voucny

La résilience serait une sorte de lâcher prise conscience et réfléchie la ou la résignation apparaît plus comme une fatalité ?

J'essaye de mettre des mots sur ce concept qui pourtant me parle.

Peut-on travailler sa résliience? Si oui, comment?

Le lâcher-prise est une condition préalable à la résilience.
En lâchant prise, on accepte les choses telles qu'elles sont, on ne s'accroche plus à nos souvenirs.

Dans la résilience, il y a plus que l'acceptation. Il y a action pour réparer ses blessures, apprendre à survivre et surtout à vivre. C'est une stratégie de lutte contre le malheur.

La résilience véhicule un message optimiste et anti-fataliste, tout le contraire de la résignation où l'on ne fait que subir sans réagir. Ce message d'espoir est le fil conducteur des ouvrages de Cyrulnik. Pour ceux que cela intéresse, "le murmure des fantômes" donne des pistes.

Ne nous leurrons pas, la blessure est présente et le restera toujours.
Mais l'on peut par exemple refuser de se croire condamné au malheur et cette révolte est déjà une action en soi.
Créer de nouveaux liens amicaux, sociaux permet également de ne pas de complaire dans la tristesse. L'exorciser passe aussi par l'écriture, le dessin, tout moyen d'expression est bon à prendre, à chacun de trouver le sien en fonction de sa sensibilité.

Et surtout, à un moment, on a vraiment envie de donner une autre image de nous que celle de la "pauvre fille qui n'a pas de chance". Se protéger de la pitié des autres devient une nécessité. Ok il faut se forcer, ce n'est pas facile de jouer à la "forte", de faire "comme si". Mais si on a un brin de fierté, c'est l'occasion où jamais de la laisser s'exprimer.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Constructif le 13.12.15, 17h13 par Blusher
  • [+2] A lire le 14.12.15, 16h21 par Bald_Soprano
  • [+2] Intéressant le 15.12.15, 14h30 par Sathinelilly
  • [+2] Merci ! :) le 15.12.15, 14h32 par Vinsanity

Répondre