[A] LSE / AW / H2G / Manipulatrices : attention aux généralisations abusives !

Note : 12

le 01.01.2018 par Popovski

1 réponses / Dernière par mistermint le 01.01.2018, 19h57

Pour celles et ceux qui veulent discuter et demander des conseils rencontres et séduction; comment faire avec cette fille ou ce mec; et plus généralement, comment pécho / trouver l'amour à l'ère du swipe left, notamment quand on est ni mannequin, ni un ninja de la drague.
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Parmi mes bonnes résolutions de cette année, il y en a une que je vais mettre en œuvre dès maintenant, réécrire des articles. Ça fait un bout de temps que je ne l'ai pas fait, et je me dis que ce serait cool de relancer des débats/discussions, histoire que chacun apporte ses idées :)

Et je vais commencer avec un thème qui est beaucoup revenu ces derniers mois : les AW / LSE / Manipulatrices, qui semble envahir l'espace social de plein de jeunes séducteurs plein de bonnes intentions et voulant progresser mais qui auraient tendance à voir des red flags un peu partout, y compris où il n'y en aurait pas (ou du moins, pas aussi gros qu'ils le pensent).

Lançons-nous !

LSE / AW / H2G / Manipulatrices : attention aux généralisations abusives !

Ces mots, vous les avez d'office lu si vous êtes sur FTS, même depuis peu. Que ce soit dans des journaux, articles ou sujets divers, ils font parties des notions régulièrement utilisées parmi tant d'autres, d'un lexique de la drague "à l'américaine/Pick Up".

D'où vient ce lexique ? Cette manière de parler ? La réponse se trouve en partie dans le paragraphe précédent : des conceptions américaines de la drague, d'une "communauté" s'étant fédérée autour d'un dénommé Mystery et d'autres coaches ayant commencé leur activité à la toute fin des années 90, et de concepts qu'ils ont créés eux-mêmes, soit à partir de leurs expériences, soit en s'inspirant de disciplines scientifiques comme les théories de la communication et de la psychologie, soit d'approches moins rigoureuses (d'autres diront plus hasardeuses) comme la PNL.

Et avec le recul, je trouve l'intention de base plutôt sympa et positive ! Même si vous comprendrez assez vite que dans les faits, je considère qu'il y a beaucoup à redire. Mais pour ce qui est du sympathique, je vais vous raconter mon histoire, que plein d'autres gars doivent vivre ou avoir vécu :)

Quand un monde nouveau s'ouvre à nous

Pour vous resituer le tableau, nous sommes fin novembre/début décembre 2012 et je viens d'avoir une illumination : alors que je pensais passer ma vie triste et seul dans mon coin, je découvre qu'en fait, moi aussi je peux emballer de jolies poupounes bien roulées en soirée !

Et alors que mon univers mental se limitait vaguement à un désert affectif immense (je pense qu'avec mes râteaux j'aurais pu ratisser l'Oklahoma :P ) couplé à une culture geek encyclopédique duquel était exclue toute notion d'intelligence sociale, répartie, assertivité, d'assumer mes envies, il s'est passé comme un déluge, engloutissant le désert affectif et les aspects trop caricaturaux de ma culture geek, laissant un terrain vierge sur lequel bâtir !

J'étais parti d'un constat : j'avais tellement à rattraper ! Et je voulais comprendre ! Et entre deux premiers rencards maladroits décrochés vaille-que-vaille sur Adopte (je me rappellerai toujours du premier, j'étais livide de peur et la cuillère de mon café entre mon pouce et mon index tintait comme un métronome sur les bords de ma tasse :lol: ) et quelques sorties improvisées avec Harry, un constat s'était imposé : je devais potasser le sujet ! Et l'ami Google m'a dirigé vers ce continent alors inconnu des PUA et autres haut-de-formes en moumoute

:awesome:

Et là, au bout de trois mois (et des partiels honteusement foirés), j'ai ingurgité tout ce qui me passait sous la main, au point de devenir un dico sur pattes du vocabulaire Pick Up. Une chose que j'ai adoré dans ces mots, c'est qu'ils collaient des étiquettes sur des choses que j'avais vu, sans les comprendre, elles me proposaient des clés d'interprétation. Et encore mieux : elles me donnaient l'impression d'avoir (enfin !) une emprise sur ma vie et sur ce qui m'entourait !

Et rien que pour ça, je ne regretterai jamais d'avoir découvert -en soi- toutes ces expressions : passer du "de toute façon je ne peux rien y faire, jamais ça ne changera" à "I got the power, World, brace yourself !", ça n'a pas de prix (spoiler alert : les choses sont bien, bien plus compliquées et nuancéess que ça en vrai).

Et comme beaucoup d'autres, j'ai couru vers le piège gros comme une maison et ai sauté dessus à pieds joints de ne voir le monde qu'au travers de ces lunettes, , ne voyant alors plus le monde qu'au travers des notions de wing, amog, cockblock, alpha, HB, bitchshield, et j'en passe pendant trois bons mois (arrivé fin avril/début mai, j'ai commencé à me poser quelques questions).

Et dans le tas, j'ai aussi commencé à voir des LSE, AW et autres manipulatrices.

De l'étiquette à la caricature

Parce que le gros problème avec toutes ces notions et étiquettes, c'est qu'autant elles peuvent libérer, encourager, autant elles enferment, surtout les autres, dans des rôles et caricatures ! Mes amis de longue dates m'avaient d'ailleurs une fois fait la remarque, me demandant "si non, c'est quand que tu recommences à parler français ?" :)

Et là où le bât blesse vraiment, c'est qui ce vocabulaire a le mérite de pousser à une certaine action et permet de se (re ?)donner une image positive, il peut aussi sacrément avoir tendance à ne pas mettre en avant ses propres failles, défauts et insécurités.

Bon,il y a bien les notions de "insecure", AFC (et toutes ses variantes), needy et Nice guy qui ont gardé pour moi une pertinence toujours aussi forte et dans lesquelles je me reconnais par rapport à il y a quelques années, mais pour le reste, on tape quand même méchamment dans la caricature.

C'est là où je veux en venir à force de ne voir les gens qu'avec ces étiquettes et sans recul, le monde social peut très vite se transformer en arène de gladiateurs ou un plateau d'échec, chacun scrute ses "opposants", préparant des plans et interactions cinq coups à l'avance et se méfiant de tout refus, réaction n'allant pas dans la direction prévue.

Pour être honnête, des fois j'ai l'impression de lire des thrillers psychologiques là où on devrait traiter en principe de rencontres funs et légères, de fesses et de fluides corporels :mrgreen: . Et souvent, ces tournures ont une cause : le fait que celui qui les utilise ne soit pas confiant, ou pas aussi confiant qu'il ne le pense ou le voudrait.

En fait, le ratio apport positif/effet négatif tendrait sur le long terme à plutôt pencher pour la seconde proposition.

Bon, j'avoue, cet article devient moins fun qu'au début. Est-ce que ce constat est grave ? Doit-on bannir toutes ces expressions ? Nous aurait-on menti depuis le début ? #tounéketrompri ?

Prise de recul et petit fond de vérité

Oui... et non. Surtout non en fait : si un lecteur s'est reconnu dans les travers exposés plus haut, qu'il se rassure : il n'est ni le premier, ni le dernier à tomber dedans, loin s'en faut ! Et je parle en connaissance de cause :) Puis entre nous, il vaut mieux passer par cette phase un peu cheloue et puis en sortir plutôt qu'être un ouin-ouin toute sa vie :wink:

Deuzio, même si ces expressions poussent bien trop loin la caricature et réduisent les choses de manière trop grossières, elles peuvent avoir comme mérite de faire admettre aux plus naïfs ou idéalistes d'entre nous que oui, même si on aimerait que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes, il arrive parfois que des gens aient des failles.

Et que parfois elles sont profondes. Et qu'elles peuvent même être irréversibles dans certains cas. Et qu'il existe aussi des personnes, avec ou sans faille, qui sont simplement méchantes. C'est un aspect du monde assez triste, mais qu'il ne faut pas passer sous silence non plus, dans son propre intérêt.

Juste, il est aussi avisé de ne pas devenir parano et de se remettre en question de temps à autres, à voir si on n'a pas aussi quelques failles qui posent problème :) C'est là le point central de mon article : à trop utiliser un certain vocabulaire, une grille de lecture formatante (et là, toute vision du monde est formatante, 'suffit de voir en politique la dichotomie gauche/droite, c'est flagrant, ce problème ne se limite clairement pas à la séduction), on finit par avoir un regard faussé.

Et donc pour les moins expérimentés/les plus grisés d'entre nous (souvent : ceux qui tombent sur l'univers du "game"), on peut passer d'une vision pessimiste à une vision méfiante, ce qui au final n'est probablement pas mieux :) L'idéal seraiten fait de porter un regard le plus complet et lucide possible sur les choses, ne pas troquer une vision déformée contre une autre.

Conclusion/pistes de réflexion

Vous l'aurez compris, je ne l'utilise plus trop : en prenant du recul, j'ai fini par me rendre compte qu'il y avait plein d'autres mots en français,et bien plus nuancés, pour aborder ces sujets et situations.

Et personnellement, je serais pour encourager ceux qui l'utilisent à employer d'autres expressions, voire des périphrases pouvant apporter plus de nuances. Et aussi pour les encourager à parler d'eux et de leur attitude dans une situation où il est question d'une H2G/LSE/AW/manipulatrice, pour les encourager à se demander ce qui dans leur comportement a aussi pu clocher :)

Mais je ne prétend pas non plus avoir le fin mot (hem...) de l'histoire. Qu'en pensez-vous ? Êtes-vous plutôt d'accord ? Pas d'accord ? Pourquoi ? Comment ? Et plus généralement, comment percevez-vous les choses ? Ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, profitez-en pour argumenter et donner votre avis, ça peut être intéressant d'avoir votre opinion !

Au plaisir de vous lire :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] A lire le 01.01.18, 18h29 par Moumane
  • [+1] Constructif le 01.01.18, 19h52 par Thedaze
  • [+2] A lire le 01.01.18, 19h57 par mistermint
  • [+2] Constructif le 01.01.18, 23h17 par Jalapeno
  • [+2] Oui le 03.01.18, 09h51 par valll
Bonne résolution :)

Pour ajouter quelques éléments de mon vécu surtout, je ne pense effectivement pas que cette segmentation du réel soit toxique en tant que telle. C’est très humain de se raccrocher à du binaire quand on ne connaît pas ou ne comprend pas quelque chose. Les enfants par exemple le font à 100%, scindant les gens en gentils et en méchants. Avec du blanc et du noir on fait un système suffisant pour avancer. Pas toujours au mieux, mais on met un pied devant l’autre. Ensuite on avance, on mélange les couleurs pour avancer un peu mieux et on devient moins manichéen.
Ici c’est pareil, ça a le mérite de dégrossir les choses, c’est une entrée en matière mais ça fait plafonner si on n’évolue pas derrière.

Se rappeler aussi que ces termes sont destinés à un public masculin un peu perdu face à une réalité de séduction incompréhensible, avec une propension à voir des manipulatrices et des « toutes des salopes » partout.

>> Si le monde entier semble avoir un problème, c’est généralement soi même le problème.

Et pour cause, quand on est émotionnellement instable (pas de connotation négative à instable, c’est juste normal quand on n’a pas connu là sécurités affective), on est à risque de se faire malmener.

Et on réalise en voyant le problème dans le miroir, qu’on trouve de moins en moins de LSE extraverties attention dans son entourage.

Inversement je connais un certain nombre de filles qui se plaignent de tomber sur des « pervers manipulateurs » sans remettre en question les causes du cercle vicieux.
On est tous câblés plus ou moins pareils avec des insécurités similaires, ça aide à s’apaiser de le voir comme ça plutôt que voir le danger partout dans ses relations.

Ah. Et comme pour beaucoup de choses, on gardant la tête sur les épaules, les insécurités diminuent très souvent en prenant quelques années. Comprendre que rien n’est si excessivement grave une fois qu’on a connu deux trois situations prétendument nazes, ça détend bien.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] +1 le 01.01.18, 20h56 par Thedaze
  • [+1] Constructif le 01.01.18, 23h18 par Jalapeno
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